Fiche de révision : Chirurgie digestive et soins infirmiers

Plan du Cours

  1. Champ et méthodes de chirurgie digestive
  2. Évaluation préopératoire du patient
  3. Préparations avant intervention
  4. Surveillance postopératoire initiale
  5. Surveillance des complications postopératoires
  6. Transit et équilibre nutritionnel
  7. Drainages chirurgicaux

1. Champ et méthodes de chirurgie digestive

Notions clés & Définitions

  • Chirurgie digestive : Traite les affections de l’abdomen et du pelvis.

★ À maîtriser

📌 La cœlioscopie utilise une optique introduite par une incision ombilicale, un écran, une insufflation de CO2 et des trocarts, tandis que la laparotomie s’effectue par une incision abdominale.

Compléments

  • Les domaines de la chirurgie digestive comprennent :
    • la chirurgie gastrique
    • la chirurgie colorectale
    • la chirurgie biliaire
    • la chirurgie des hernies et des éventrations
    • la chirurgie abdominale d’urgence

Astuce mémo

Cœlioscopie : accès par trocarts et vision sur écran ; laparotomie : incision abdominale.

2. Évaluation préopératoire du patient

Notions clés & Définitions

  • Préopératoire : Période qui s’étend de la décision d’opérer jusqu’à l’intervention.

★ À maîtriser

📌 La chirurgie peut être programmée, dite « à froid », ou urgente, et chaque type d’admission suit ses propres protocoles et préparations.

📌 Les consultations du chirurgien et de l’anesthésiste sont obligatoires au moins 48 h avant l’intervention, sauf en cas d’urgence.

Compléments

  • La consultation préopératoire comprend le recueil du consentement éclairé et le choix entre hospitalisation conventionnelle et ambulatoire.

  • Le bilan biologique préopératoire peut comprendre : une NFS, un bilan de coagulation, un ionogramme sanguin, de l’urée et de la créatinine, un bilan hépatique et/ou pancréatique selon la chirurgie, éventuellement un bilan inflammatoire, un bilan pré-transfusionnel

  • Le bilan préopératoire peut inclure une radiographie, une échographie, un scanner ou une IRM, ainsi qu’un ECG selon l’âge et les antécédents et des EFR en cas de thoracotomie ou pour la kinésithérapie respiratoire postopératoire.

  • L’examen clinique initial relève la tension artérielle, les pulsations, la température et la saturation en oxygène ; une bandelette urinaire est réalisée seulement en cas de symptômes urinaires.

3. Préparations avant intervention

★ À maîtriser

📌 Le patient respecte une période de jeûne, avec mise à jeun à minuit selon le protocole et adaptation de l’alimentation du soir selon l’intervention.

Compléments

  • La préparation colique par purge, avec éventuellement un régime sans résidus, dépend de la chirurgie.

  • L’immuno-nutrition préopératoire vise à aider le patient à supporter une chirurgie lourde et une perte de poids prévisible, tout en diminuant les complications postopératoires.

  • La préparation cutanée comprend dépilation, douche antiseptique et retrait du vernis à ongles, des bijoux et des piercings.

  • La préparation immédiate comprend : l’habillage du patient avec la chemise d’opéré, le lavage des dents, le retrait de l’appareil dentaire, la miction, la pose de bas de contention, la pose du bracelet d’identification, l’administration de la prémédication

📌 Avant le départ au bloc, l’équipe vérifie la totalité du dossier, le fait signer si nécessaire et prépare le matériel requis pour le retour, notamment oxygène, potence et aspiration.

4. Surveillance postopératoire initiale

Notions clés & Définitions

  • Postopératoire : Période qui commence immédiatement après l’intervention et se poursuit jusqu’au retour de l’équilibre biologique, physiologique et de l’autonomie du patient.

Points essentiels

  • Après l’intervention, le patient est surveillé en SSPI, puis transféré en chirurgie digestive, avec parfois un passage en soins intensifs en cas de contexte opératoire ou de complications.

  • L’iléus paralytique, correspondant à un arrêt temporaire du péristaltisme, peut se manifester 24 à 48 h après l’intervention, tandis que certaines infections peuvent apparaître plusieurs jours plus tard.

Astuce mémo

Intervention → SSPI → service de chirurgie, parfois soins intensifs.

5. Surveillance des complications postopératoires

★ À maîtriser

  • La surveillance de la douleur comprend une évaluation par une échelle adaptée, l’évaluation de la consommation d’antalgiques, l’administration des traitements prescrits avec surveillance de leur efficacité et de leurs effets secondaires, des mesures de confort et l’appréciation de la reprise du transit.

  • La surveillance du risque hémorragique porte sur la couleur des conjonctives, la tension artérielle, le pouls, le pansement et les drainages, dont la quantité, l’aspect, la coloration, l’aspiration ou le siphonnage, la perméabilité et l’écoulement sont contrôlés.

  • La surveillance respiratoire comprend la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène, la dyspnée, la polypnée et l’encombrement pulmonaire ; la mobilisation, la position assise, la kinésithérapie et l’éducation à la toux et aux expectorations sont encouragées.

  • Les complications chirurgicales à surveiller comprennent :

    • la péritonite
    • l’éviscération
    • la fistule digestive
  • La prévention et la surveillance du risque infectieux comprennent le contrôle de la température, la réfection du pansement selon le protocole, la surveillance des drainages et écoulements, de la voie veineuse périphérique, des voies centrales et de la sonde à demeure.

  • La prévention du risque thromboembolique repose sur un lever précoce à J1 si possible, l’administration d’anticoagulants sur prescription et la surveillance de l’absence de phlébite et d’embolie pulmonaire.

Compléments

  • En cas d’ecchymose ou d’hématome au pansement, la zone est délimitée à J0.

  • La prise en charge des nausées et vomissements peut inclure la surveillance de la sonde nasogastrique, le lever au fauteuil ou la position demi-assise, les antiémétiques prescrits et les soins de bouche ; l’ablation de la sonde se fait sur prescription médicale.

  • Le changement de la voie veineuse périphérique est indiqué toutes les 72 h et celui des voies centrales tous les 7 jours.

6. Transit et équilibre nutritionnel

★ À maîtriser

  • La reprise du transit est surveillée par l’apparition des gaz vers J3-J4 et des selles vers J5-J6, ainsi que par l’absence de météorisme abdominal, d’éructations et de douleur.

📌 Après une opération, les aliments sont réintroduits graduellement selon un régime spécifique prescrit par le chirurgien ou fondé sur un protocole, afin de réduire la charge de travail digestive et d’éviter les complications.

  • La prévention et la surveillance de la dénutrition et de la déshydratation comprennent la reprise alimentaire selon le protocole, une pesée hebdomadaire, la surveillance de l’albuminémie sur prescription, une compensation nutritionnelle, l’hydratation parentérale, le bilan des entrées et sorties et l’observation du pli cutané et des muqueuses.

Compléments

  • Une alimentation entérale peut être administrée par sonde nasogastrique, gastrostomie ou jéjunostomie, tandis que la nutrition parentérale peut compenser les besoins avec des acides aminés, des lipides et du glucose.

  • Les apports de réanimation et les ions sont adaptés selon les résultats biologiques quotidiens.

7. Drainages chirurgicaux

Notions clés & Définitions

  • Drainage chirurgical : Système qui soutient la guérison, aide à surveiller les risques hémorragique et infectieux, et permet d’évaluer la cicatrisation et le succès opératoire par la quantité et la qualité de l’exsudat.
  • Drain de Redon : Système de drainage postopératoire fermé et actif, utilisé sous ou sans vide pour évacuer et mesurer les liquides biologiques accumulés dans une cavité ou sous la peau et prévenir l’infection.
  • Drain de Jackson-Pratt : Système stérile réutilisable pour un même patient, assurant une aspiration continue des tissus sous-cutanés après vidange du récipient lorsqu’il est plein ou lorsque le vide est insuffisant.
  • Drain de Kehr : Drain en T en latex ou en silicone, non aspiratif, relié à une poche de recueil, qui dérive la bile du cholédoque et protège les sutures ; il reste en place en moyenne 3 à 4 semaines.
  • Lame de Delbet : Lame ondulée en PVC, souvent placée en contre-incision, qui assure le drainage passif des plaies profondes, des abcès ou des collections liquidiennes ; sa longueur est de 25, 30 ou 40 cm et sa largeur de 2,5, 4,5 ou 7 cm.

Tableaux de synthèse

Principaux drains chirurgicaux

DrainFonctionnementUsage ou caractéristique
RedonFermé, actif, sous ou sans videÉvacue et mesure les liquides biologiques
Jackson-PrattAspiration continueTissus sous-cutanés ; vidange du récipient
KehrNon aspiratif, relié à une pocheDérive la bile du cholédoque
Lame de DelbetDrainage passifPlaies profondes, abcès ou collections
MultitubulaireConduits internes et rainures de surfaceDrainage modulable en étoile

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1. Quel est le champ principal de la chirurgie digestive, aussi appelée chirurgie viscérale ?

2. Quelle caractéristique distingue la cœlioscopie de la laparotomie ?

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Quelles régions la chirurgie digestive, ou viscérale, traite-t-elle ?

L’abdomen et le pelvis.

Quelles sont les limites de la période préopératoire ?

De la décision d’opérer jusqu’à l’intervention.

Quelles formes de chirurgie déterminent des protocoles et préparations propres ?

La chirurgie programmée (« à froid ») et la chirurgie urgente.

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