Fiche de révision : Conduites addictives

Plan du Cours

  1. Histoire et étymologie de l’addiction
  2. Addictologie et définition de l’addiction
  3. Dépendances naturelles et plaisir
  4. Système de récompense et contrôle cérébral
  5. Tolérance, manque et dépendance
  6. Continuum des usages et usages à risque
  7. Risques liés au tabac et au cannabis
  8. Usage nocif et dépendance
  9. Modèle biopsychosocial de l’addiction
  10. Facteurs individuels, produit et environnement

1. Histoire et étymologie de l’addiction

★ À maîtriser

  • En droit romain, l’« addictus » désigne celui qui, en raison de ses dettes, est condamné à devenir l’esclave de ses créanciers.

Compléments

  • Le latin « ad dicere » signifie « dire à » et évoque la situation des esclaves romains dits à leur maître.

  • En Angleterre, au XIVe siècle, l’addiction désigne la relation contractuelle de soumission d’un apprenti à son maître.

  • Au XIXe siècle, les psychiatres et aliénistes emploient le terme pour désigner notamment la toxicomanie, la dépendance et l’abus de substance.

Astuce mémo

Esclavage, soumission, passion, dépendance

2. Addictologie et définition de l’addiction

Notions clés & Définitions

  • Addictologie : Science des addictions qui étudie leurs causes, conséquences, tableaux cliniques, traitements, prévention, repérage, vulnérabilités, fonctionnements neurobiologiques, réinsertion et santé publique.
  • Addiction : Impossibilité répétée de contrôler un comportement, qui se poursuit malgré ses conséquences négatives physiques, psychiques, familiales, professionnelles ou sociales.

★ À maîtriser

📌 Les addictions peuvent être comportementales, par exemple au jeu, aux achats, à la nourriture, au sexe ou à Internet, ou liées à des substances psychoactives comme l’alcool, le tabac et les drogues.

Compléments

  • L’addiction aux substances psychoactives se traduit par un usage nocif ou une dépendance.

3. Dépendances naturelles et plaisir

★ À maîtriser

  • La dépendance à la nourriture, à la boisson, à l’air, aux parents et aux autres personnes fait partie des dépendances naturelles humaines.

  • Certains comportements et certaines drogues interfèrent avec les mécanismes naturels de dépendance.

  • Dans les addictions aux substances, les drogues agissent comme des leurres pharmacologiques qui prennent la place des neuromédiateurs naturels sur les voies du plaisir.

  • Les plaisirs naturels suivent une alternance autorégulée de désir, plaisir, apaisement et manque.

  • Les comportements addictifs font disparaître l’apaisement et la satiété, maintiennent la tension du désir et installent une alternance entre absence de manque et manque insupportable.

Compléments

📌 Dans les addictions comportementales, le comportement addictif dérègle le contrôle de la recherche du plaisir, de l’évitement de la souffrance et de la gestion des émotions positives et négatives.

Astuce mémo

Dépendances naturelles : régulation ; addiction : perte de contrôle

4. Système de récompense et contrôle cérébral

Notions clés & Définitions

  • Système de récompense : Système qui régule les plaisirs naturels et qui est constitué de neurones allant de l’aire tegmentale ventrale au nucleus accumbens.

★ À maîtriser

  • Les neurones du système de récompense sont des neurones à dopamine.

  • Les substances endogènes régulatrices comprennent :

    • les endorphines
    • les endocannabinoïdes
    • le GABA
  • Plus un objet ou une situation est récompensant, plus il est mis en mémoire pour être recherché et répété.

📌 Chez un sujet non addict, le cortex analyse la valeur de l’émotion mémorisée et contribue à l’autorégulation du système de récompense, tandis que l’addiction s’accompagne d’une perte de rétrocontrôle entre cortex, mémoire, motivation et récompense.

Compléments

  • L’augmentation de dopamine dans le nucleus accumbens renforce les motivations à reproduire les sensations plaisantes et le bien-être.

Astuce mémo

Récompense → mémoire → motivation → action

5. Tolérance, manque et dépendance

Notions clés & Définitions

  • Tolérance : Besoin d’augmenter les doses pour obtenir les mêmes effets.
  • Craving : Besoin irrépressible de consommer et forme de dépendance psychique.
  • Syndrome de sevrage : Signes physiques et psychiques de manque apparaissant lorsque la consommation cesse.

Points essentiels

  • L’installation de la dépendance suit une chaîne où l’action des drogues sur les voies dopaminergiques entraîne des concentrations de dopamine très élevées et durables, une récompense surpuissante et une perte de satiété, puis une appétence insatisfaite, une diminution des récepteurs post-synaptiques et des signes de manque à l’arrêt du produit.

Astuce mémo

Dopamine élevée et durable → tolérance → manque à l’arrêt

6. Continuum des usages et usages à risque

Notions clés & Définitions

  • Usage : Consommation sans risque ni conséquence ; aucune substance psychoactive ne répond à ce critère.
  • Usage à risque : L’usage à risque est défini dans le cours comme une consommation de substance pendant 12 mois avec au moins une conséquence psychosociale : manquement aux obligations majeures, prise de risques, transgression de la loi ou poursuite malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux.

★ À maîtriser

  • L’OMS distingue quatre niveaux :

    • l’usage
    • l’usage à risque
    • l’usage nocif
    • la dépendance
  • Les seuils d’usage à risque présentés dans le cours sont, pour l’alcool, plus de 21 verres par semaine chez l’homme ou 14 chez la femme, ainsi que plus de 4 verres par occasion ; pour le tabac, toute consommation ; pour le cannabis, une consommation quotidienne ou une ivresse cannabique ; pour la cocaïne et l’héroïne, toute consommation, avec un risque signalé pour toute consommation avant 15 ans.

Compléments

  • Le cours indique que l’ivresse aiguë constitue déjà un usage problématique et que les ivresses concernent davantage les jeunes, tandis que la consommation régulière d’alcool concerne davantage les personnes âgées.

  • L’évaluation de l’usage à risque pose trois questions :

    • dans quelles situations la consommation a lieu
    • selon quelles modalités la consommation a lieu
    • en quelle quantité la consommation a lieu
  • Les situations et modalités à risque comprennent : la conduite automobile, la grossesse, la prise de psychotropes, la précocité de consommation, la consommation à visée autothérapeutique, le cumul des consommations, les conduites d’excès, dont l’ivresse et le binge drinking, la répétition des consommations à risque

Astuce mémo

Usage → risque → nocif → dépendance

7. Risques liés au tabac et au cannabis

Notions clés & Définitions

  • Expérimentateur de cannabis : Un expérimentateur de cannabis en a consommé au moins une fois dans sa vie.
  • Consommateur actuel de cannabis : Un consommateur actuel de cannabis en a consommé au cours de l’année.

★ À maîtriser

  • La consommation de tabac est considérée comme un usage à risque même à faible dose ; le cours rapporte 1 mort toutes les 6 secondes dans le monde, 6 millions de morts par an dans le monde et 73 000 morts par an en France.

  • Le cours indique que le cannabis a connu une forte augmentation jusqu’en 2000 puis une stabilisation, avec 42 % d’expérimentateurs, 11 % de consommateurs actuels et 6 % de consommateurs réguliers.

Compléments

  • Le cours rapporte 30 % de fumeurs quotidiens et indique que la consommation de tabac diminue avec l’âge.

  • Le cours définit la consommation régulière de cannabis par au moins 10 consommations dans le mois et rapporte que 50 à 60 % des 15-18 ans en ont fait l’expérience.

8. Usage nocif et dépendance

Notions clés & Définitions

  • Usage nocif : Consommation répétée entraînant des dommages physiques, psychoaffectifs ou sociaux pour le sujet ou son entourage, sans atteindre le seuil de dépendance physique ou psychique.

★ À maîtriser

  • La dépendance est l’impossibilité de s’abstenir de consommer et associe une dépendance physique, marquée par la tolérance et le sevrage, et une dépendance psychique, marquée par le craving.

Compléments

  • Le caractère pathologique de l’usage nocif est défini par la répétition de la consommation et le constat des dommages induits.

  • L’usage nocif est difficile à limiter par la prévention parce qu’il ne bénéficie pas d’une représentation sociale négative spécifique, contrairement à la dépendance associée à des représentations comme l’alcoolisme ou la toxicomanie.

  • Le cours affirme qu’une réduction de la consommation d’alcool de 14 à 11 verres par jour a un effet sur le risque de mortalité dix fois supérieur à celui d’une réduction de 3 à 0 verres par jour.

Astuce mémo

Usage nocif : dommages sans dépendance ; dépendance : impossibilité de s’abstenir

9. Modèle biopsychosocial de l’addiction

★ À maîtriser

  • Le cours présente l’addiction comme une maladie du cerveau, et non comme un fléau social ou un problème moral, tout en soulignant qu’elle est aussi une habitude susceptible d’être remplacée par de nouvelles habitudes.

  • Le modèle biopsychosocial présente l’addiction comme le résultat multifactoriel de la rencontre d’un individu, d’un produit et d’un contexte socio-environnemental. - Olievenstein d’après Engel

Compléments

  • Le modèle biopsychosocial se substitue aux conceptions du « fléau alcool » et de l’« alcoolique fléau » associées respectivement à l’absinthe et à la loi de 1954.

10. Facteurs individuels, produit et environnement

★ À maîtriser

  • Les facteurs individuels comprennent la vulnérabilité ou la résilience somatique, psychique et génétique, ainsi que la période de vie.

  • Les facteurs liés au produit et à sa consommation comprennent :

    • le type de produit
    • la précocité
    • la consommation à visée autothérapeutique
    • la modification des modalités de consommation
    • les conduites d’excès
    • le cumul des consommations
    • la répétition des consommations à risque
  • Les facteurs environnementaux cités sont : le fonctionnement familial et les consommations familiales, l’exposition sociale liée à la consommation nationale, à l’âge, au sexe et au groupe social, la banalisation ou la valorisation d’un produit, la marginalisation ou la précarité, le fonctionnement des pairs

Compléments

  • Certains profils génétiques peuvent être liés à des comportements addictifs plus sévères.

  • Les traits de personnalité cités se répartissent entre :

    • recherche de sensations
    • faible évitement du danger
    • recherche de nouveautés
    • faible estime de soi
    • réactions émotionnelles excessives
    • difficultés relationnelles
  • Le cours rapporte 50 % de comorbidités psychiatriques et addictologiques.

  • Les proportions d’usagers dépendants rapportées sont (Étude du ministère de la Santé) :

    • cocaïne : 76 %
    • opioïdes : 73 %
    • tabac : 60 %
    • alcool : 39 %
    • amphétamines : 26 %
    • cannabis : 23 %
    • médicaments : 20 %
    • hallucinogènes : 0 %
  • La précocité de la consommation augmente le risque de dépendance, surtout lorsque l’usage se répète.

  • Le cumul des consommations accroît le risque d’intoxication pour toutes les substances psychoactives.

  • L’initiation à la consommation est liée aux pairs, tandis que l’engagement dans la consommation est lié aux facteurs personnels.

Teste tes connaissances

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1. En droit romain, que désignait un « addictus » ?

2. Quel sens les psychiatres et aliénistes donnent-ils notamment au terme « addiction » au XIXe siècle ?

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Que désigne l’« addictus » en droit romain ?

Un débiteur condamné à devenir l’esclave de ses créanciers.

Qu’étudie l’addictologie ?

La science des addictions.

Qu’est-ce que l’addiction ?

L’impossibilité répétée de contrôler un comportement malgré ses conséquences négatives.

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