Fiche de révision : Déglutition et pathologies ORL

Plan du Cours

  1. Anatomie et innervation buccale
  2. Langue et muscles masticateurs
  3. Pharynx, voile et sphincters
  4. Phases de la déglutition
  5. Réflexe pharyngé et fausses routes
  6. Examen clinique et nasofibroscopie
  7. Explorations fonctionnelles
  8. Dysphagies et causes locales
  9. Cancers ORL et facteurs de risque
  10. Dysplasies et extension tumorale
  11. Adénopathies cervicales
  12. Bilan et traitement des cancers
  13. Chirurgies pharyngo-laryngées
  14. Réhabilitation et dispositifs respiratoires

1. Anatomie et innervation buccale

★ À maîtriser

  • La cavité buccale s’étend des lèvres à la face interne des joues et au V lingual ; son fonctionnement est volontaire, contrairement aux phases réflexes déclenchées après l’isthme.

Compléments

  • L’innervation motrice de la cavité buccale dépend du nerf facial VII et sa sensibilité du nerf trijumeau V.

  • La dysphagie est rapportée chez 30–40 % des patients après AVC, jusqu’à 75 % après investigation, chez 50 % des personnes âgées, chez 60–90 % des personnes âgées atteintes de démence, chez 15 % des personnes avec RGO et chez 50 % des patients atteints d’un cancer des VADS.

Astuce mémo

La bouche est volontaire ; après l’isthme, la déglutition devient réflexe.

2. Langue et muscles masticateurs

★ À maîtriser

  • Les muscles extrinsèques de la langue sont :

    • l’hyoglosse
    • le génioglosse
    • le palatoglosse
    • le styloglosse
  • Les muscles intrinsèques de la langue sont :

    • le longitudinal supérieur
    • le longitudinal inférieur
    • le transverse
    • le vertical
  • Le nerf hypoglosse XII commande les muscles de la langue, sauf le palatoglosse, innervé par les nerfs glossopharyngien IX et vague X.

  • La sensibilité des deux tiers antérieurs de la langue dépend du trijumeau V et celle du tiers postérieur du glossopharyngien IX ; le goût antérieur emprunte le lingual, branche du VII, et le goût postérieur le IX.

Compléments

  • Les mouvements de diduction mandibulaire résultent d’une contraction unilatérale des muscles masticateurs, tandis que l’élévation résulte d’une contraction bilatérale.

  • Les muscles masticateurs sont innervés par la branche mandibulaire V3 du trijumeau.

3. Pharynx, voile et sphincters

★ À maîtriser

  • Dans l’oropharynx, la base de langue est en avant, les piliers palatoglosses et palatopharyngés bordent latéralement les amygdales, et la paroi pharyngée postérieure forme un tube musculaire se prolongeant vers l’œsophage.
  • L’hypopharynx entoure le larynx ; les sinus piriformes y guident les aliments et le muscle cricopharyngien forme le sphincter supérieur de l’œsophage (SSO).

  • Le voile du palais sépare le nasopharynx de l’oropharynx ; son élévation et son recul pendant la déglutition empêchent le passage des aliments vers les fosses nasales.

Compléments

  • Les muscles du voile du palais sont :

    • le tenseur du voile
    • l’élévateur du voile
    • le muscle uvulaire
    • le palatoglosse
    • le palatopharyngien
  • Une insuffisance de cloisonnement vélopharyngé peut causer une rhinolalie ouverte ou des fausses routes nasales.

4. Phases de la déglutition

★ À maîtriser

  • La déglutition comprend une phase orale volontaire d’environ 1 seconde, une phase pharyngée réflexe d’environ 1 seconde et une phase œsophagienne réflexe de 4 à 20 secondes selon la texture.

  • La phase préparatoire labio-buccale rassemble mastication, formation d’un bolus homogène et hydratation par la salive.

  • La phase orale comprime le bolus sur le dos de la langue, puis la langue se creuse, se soulève contre le palais et recule pour propulser le bolus vers l’oropharynx.

  • L’isthme du gosier est la zone de passage entre cavité buccale et oropharynx où la déglutition passe du contrôle volontaire au réflexe.

Compléments

  • La salive hydrate la muqueuse, dissout et agglutine les aliments, initie leur digestion et nettoie la cavité buccale.

Astuce mémo

Préparer, propulser, protéger, faire progresser.

5. Réflexe pharyngé et fausses routes

★ À maîtriser

  • Le contact du bolus avec les zones réceptrices déclenche le réflexe pharyngé de déglutition, mécanisme de protection contre les fausses routes.
  • L’occlusion laryngée mobilise trois actions :

    • le rapprochement des cordes vocales
    • le rapprochement des bandes ventriculaires
    • la bascule antérieure des aryténoïdes
  • L’ascension et l’avancée du larynx mobilisent l’os hyoïde, le cartilage thyroïde et le larynx sous la base de langue, contribuant à protéger la trachée et à libérer le passage du bolus.

  • La pression de la base de langue, l’ascension du larynx et la pression du bolus font basculer l’épiglotte et dirigent les aliments vers les sinus piriformes plutôt que dans le larynx.

  • Le péristaltisme pharyngé fait progresser le bolus de l’oropharynx vers l’hypopharynx par la contraction séquentielle des constricteurs supérieur, moyen et inférieur, innervés par le vague X.

Compléments

  • La fermeture nasopharyngée rapproche les piliers postérieurs, rétrécit l’isthme et mobilise la luette, avec participation des muscles palatopharyngien, tenseur et élévateur du voile.

6. Examen clinique et nasofibroscopie

★ À maîtriser

  • L’examen clinique évalue notamment : les antécédents médicaux, ORL et neurologiques, l’état dentaire et muqueux, l’état général, la perte de poids et les infections pulmonaires, la stase salivaire dans les sinus piriformes

  • Le nasofibroscope permet d’examiner avant la déglutition la motricité vélaire, la motricité et la sensibilité laryngées, la motricité pharyngée, les stases, l’asymétrie des sinus piriformes et la base de langue.

  • La nasofibroscopie permet de repérer l’insuffisance vélaire, une fuite buccale postérieure et une stase dans les sinus piriformes, mais visualise difficilement le temps pharyngé, les fausses routes et l’ouverture du SSO.

Compléments

  • Les symptômes recherchés comprennent :

    • le bavage
    • la toux
    • la douleur à la déglutition
    • la fatigabilité
    • la xérostomie
    • le blocage
    • les régurgitations
  • L’eau pétillante peut être utilisée lors de l’évaluation de la déglutition car elle stimule davantage la muqueuse.

7. Explorations fonctionnelles

Notions clés & Définitions

  • Achalasie : Trouble de décontraction sphinctérienne entraînant un empilement alimentaire.

★ À maîtriser

  • Le transit pharyngo-œsophagien utilise un produit de contraste iodé opaque aux rayons X, administré sous forme liquide ou épaissie, pour repérer notamment fausses routes, rétrécissements et obstacles.

  • La vidéofluoroscopie de déglutition est le gold standard pour observer la propulsion linguale, l’occlusion vélaire, l’ouverture du SSO, les stases, les régurgitations et les fausses routes.

  • La manométrie du SSO, du pharynx et de l’œsophage mesure le tonus au repos et en activité, le péristaltisme et la coordination entre contraction pharyngée et relaxation sphinctérienne.

Compléments

  • La scintigraphie au technétium 99 utilise un produit radioactif avalé pour détecter et quantifier les fausses routes vers les poumons.

  • L’IRM dynamique en déglutition sèche visualise les déplacements des tissus mous, tandis que l’EMG étudie le fonctionnement nerveux et musculaire de la langue, du voile, des constricteurs et des muscles laryngés.

Astuce mémo

La vidéofluoroscopie observe le transit ; la manométrie mesure les pressions.

8. Dysphagies et causes locales

★ À maîtriser

📌 La dysphagie haute ou oropharyngée concerne les temps buccal et pharyngé jusqu’au SSO, tandis que la dysphagie basse ou œsophagienne concerne le temps œsophagien entre le SSO et le cardia.

  • Les fausses routes primaires surviennent avant le réflexe de déglutition, tandis que les fausses routes secondaires résultent du débordement de résidus accumulés dans le pharynx après le réflexe.

  • Le diverticule de Zenker résulte d’une faiblesse du SSO au point faible de Killian, où la muqueuse forme une poche dans laquelle les aliments s’accumulent.

Compléments

  • La dysphagie haute peut entraîner une sensation de blocage alimentaire, des déglutitions répétées, des régurgitations nasales, des fausses routes, une toux, un nasonnement, une dysphonie ou une dyspnée.

  • Les complications des troubles de déglutition comprennent la perte de poids, les pneumopathies, les épisodes fébriles ou asphyxiques et le retentissement social ; la trachéotomie, la xérostomie et l’absence de dents sont des facteurs favorisants.

  • Le diverticule de Zenker peut provoquer une dysphagie surtout aux solides, des fausses routes secondaires, des pneumopathies d’inhalation, une perte de poids et des régurgitations tardives appelées ruminations.

Astuce mémo

Dysphagie haute : bouche-pharynx ; dysphagie basse : œsophage.

9. Cancers ORL et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • Les principaux facteurs de risque des cancers ORL sont le tabac, l’alcool et les virus tels que le papillomavirus HPV.

  • L’association tabac-alcool est synergique : l’alcool facilite la pénétration des substances carcinogènes du tabac, et le risque lié au tabagisme augmente avec le nombre de paquets-années.

  • Les carcinomes épidermoïdes représentent 90 % des carcinomes des VADS.

Compléments

  • Les cancers des sinus nasaux et nasosinusiens incluent des adénocarcinomes associés aux poussières de bois et aux tanins du cuir ; leur localisation dans une cavité cachée peut retarder le diagnostic.

  • Les carcinomes indifférenciés du nasopharynx sont associés au virus Epstein-Barr, à certains facteurs nutritionnels comme les nitrosamines et à des profils génétiques, mais l’alcool et le tabac ne sont pas incriminés dans le cours.

Astuce mémo

Tabac, alcool ou HPV favorisent des cancers des VADS.

10. Dysplasies et extension tumorale

Notions clés & Définitions

  • Dysplasie : Atypie correspondant à une modification cellulaire associant des anomalies architecturales et cytologiques.

★ À maîtriser

📌 Un carcinome in situ n’a pas franchi la membrane basale, tandis qu’un carcinome infiltrant l’a franchie et peut métastaser.

  • La gradation des dysplasies distingue :

    • grade 1 : hyperplasie et/ou kératose avec ou sans dysplasie légère
    • grade 2 : dysplasie modérée
    • grade 3 : dysplasie sévère ou carcinome in situ
  • La classification TNM évalue T de 0 à 4 pour l’invasion locale, N de 0 à 3 pour l’atteinte ganglionnaire et M de 0 à 1 pour les métastases à distance.

Compléments

  • La kératose, l’hyperkératose et la leucoplasie correspondent à une kératinisation superficielle donnant des plaques blanches, tandis que l’érythroplasie est une plaque muqueuse rouge.

Astuce mémo

Dysplasie, franchissement de la membrane basale, invasion.

11. Adénopathies cervicales

Notions clés & Définitions

  • Adénopathie : Ganglion lymphatique pathologique dont la taille ou la consistance diffère de la normale.

★ À maîtriser

  • Un ganglion cervical de moins de 10 mm est considéré comme normal, une taille de 10 à 20 mm justifie une surveillance et une taille supérieure à 20 mm est pathologique.

  • Les causes des adénopathies cervicales chroniques comprennent les affections inflammatoires, infectieuses et tumorales locales ou générales, notamment VIH, lymphome et maladie de Hodgkin.

Compléments

  • Une adénopathie immobile est un signe défavorable pouvant indiquer qu’une tumeur a rompu la capsule ganglionnaire.

  • Le bilan peut recourir à :

    • la NFS-VS
    • la sérologie VIH selon le contexte
    • les radiographies pulmonaires
    • la ponction cytologique
    • l’exérèse ganglionnaire
    • l’examen histologique

12. Bilan et traitement des cancers

★ À maîtriser

  • Le bilan des cancers des VADS associe examen clinique local et ganglionnaire, panendoscopie avec biopsie, bilan dentaire et imagerie par scanner, IRM ou PET-scan selon l’extension.

  • La prise en charge des cancers des VADS est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire et peut associer chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie et immunothérapie.

Compléments

  • La radiothérapie externe des tumeurs est exprimée en gray et peut délivrer 60 à 75 gray pendant 6 semaines.

  • La surveillance post-thérapeutique recherche les incidents carcinologiques, récidives locales ou ganglionnaires, métastases et seconds cancers ; le calendrier indiqué est tous les 2 mois pendant les 18 premiers mois, puis tous les 4 mois pendant 3 ans, tous les 6 mois pendant 5 ans, puis annuellement pendant 10 ans.

  • Les complications décrites comprennent :

    • les réactions cutanées et muqueuses
    • les surinfections mycotiques
    • l’ostéoradionécrose
    • les caries et la candidose
    • l’hyposialie
    • la sclérose musculaire
    • la myélite

13. Chirurgies pharyngo-laryngées

★ À maîtriser

  • Les chirurgies tumorales peuvent altérer les zones de déglutition ou les nerfs XII et X, entraînant défaut de propulsion linguale, hyposensibilité réflexe, défaut de fermeture glottique, défaut d’élévation laryngée ou altération du péristaltisme pharyngé.

  • Une laryngectomie partielle préserve le cricoïde, socle du larynx nécessaire au sphincter laryngé et à une déglutition correcte.

  • La laryngectomie totale retire le larynx et sépare les voies respiratoire et digestive ; elle crée un trachéostome permanent et supprime les fausses routes vers les poumons par la voie naturelle.

Compléments

  • La chirurgie endoscopique au laser CO2 ou au robot Da Vinci est utilisée pour de petites tumeurs T1-T2 et entraîne généralement moins de troubles de déglutition.
  • Plus une cordectomie retire de tissus des cordes vocales, plus les troubles de phonation et de déglutition peuvent être importants.

  • La chirurgie d’élargissement postérieur des cordes vocales et la pose d’un stent peuvent soulager une dyspnée laryngée liée à une paralysie bilatérale des cordes vocales.

Astuce mémo

La laryngectomie totale sépare durablement respiration et déglutition.

14. Réhabilitation et dispositifs respiratoires

★ À maîtriser

  • La paralysie d’une corde vocale peut résulter d’une atteinte tumorale, chirurgicale, traumatique ou idiopathique ; la médialisation vise à rapprocher la corde paralysée de la ligne médiane.

📌 La trachéotomie ouvre temporairement la trachée et peut se refermer après retrait, tandis que la trachéostomie relie définitivement la trachée à la peau, notamment après laryngectomie totale.

Compléments

  • Les options thérapeutiques comprennent :
    • l’injection de graisse ou de silicone
    • la thyroplastie avec implant
    • l’arythénoïdopexie
    • la stimulation du nerf
    • la subluxation cricothyroïdienne
    • la réinnervation du récurrent

📌 La gastrostomie permet une nutrition entérale sans empêcher l’alimentation orale, tandis que la sonde nasogastrique est provisoire, gêne la rééducation orthophonique et peut constituer un obstacle à la déglutition.

  • La trachéotomie peut diminuer l’élévation laryngée, gêner la vidange œsophagienne, altérer la coordination pharyngolaryngée et désensibiliser progressivement les réflexes de déglutition.
  • La voix trachéo-œsophagienne utilise un implant à valve anti-retour qui conduit l’air pulmonaire vers la néoglotte pharyngo-œsophagienne pour la faire vibrer.

  • Une canule trachéale peut comporter une canule interne amovible, une canule externe, un ballonnet assurant l’étanchéité lorsqu’il est gonflé, un nez artificiel filtrant et humidifiant l’air, ou une fenêtre permettant la phonation.

Astuce mémo

Trachéotomie provisoire ; trachéostomie définitive après laryngectomie totale.

Tableaux de synthèse

Phases de la déglutition

PhaseContrôleTrajet ou durée
OraleVolontaireCavité buccale vers oropharynx ; environ 1 s
PharyngéeRéflexeOropharynx vers œsophage ; environ 1 s
ŒsophagienneRéflexeEnviron 4 à 20 s selon la texture

Trachéotomie et trachéostomie

DispositifDuréeParticularité
TrachéotomieProvisoire ou définitiveL’orifice peut se refermer après retrait
TrachéostomieDéfinitiveTrachée reliée à la peau, notamment après laryngectomie totale

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Déglutition et pathologies ORL avec 43 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique distingue le fonctionnement de la cavité buccale des phases de déglutition qui suivent l’isthme ?

2. Lorsqu’on distingue la commande motrice et la sensibilité de la cavité buccale, quels nerfs leur sont associés respectivement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Déglutition et pathologies ORL avec 93 flashcards interactives.

Entre quelles limites s’étend la cavité buccale ?

Des lèvres au V lingual, en passant par la face interne des joues.

Quel est le mode de fonctionnement de la cavité buccale ?

Il est volontaire.

Quels sont les quatre muscles extrinsèques de la langue ?

L’hyoglosse, le génioglosse, le palatoglosse et le styloglosse.

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