Fiche de révision : Filarioses et helminthiases cutanées

Plan du Cours

  1. Classification des filarioses
  2. Filarioses lymphatiques
  3. Loase
  4. Onchocercose
  5. Diagnostic des filarioses
  6. Prévention des filarioses
  7. Autres filaires humaines
  8. Anguillulose à Strongyloides
  9. Ankylostomoses humaines
  10. Larva migrans cutanée
  11. Schistosomiases et bilharzioses

1. Classification des filarioses

Notions clés & Définitions

  • Filarioses : Maladies tropicales dues à des nématodes dont les adultes sont appelés filaires.

★ À maîtriser

  • Les femelles filaires sont vivipares et émettent des embryons appelés microfilaires.

Compléments

  • Les filarioses lymphatiques comprennent Brugia malayi, Brugia timori et Wuchereria bancrofti ; les filarioses cutanéo-dermiques comprennent Loa loa, Onchocerca volvulus, Dracunculus medinensis, Mansonella streptocerca et Mansonella ozzardi ; Mansonella perstans appartient aux filarioses des séreuses.

2. Filarioses lymphatiques

★ À maîtriser

  • Wuchereria bancrofti est responsable d’environ 90 % des filarioses lymphatiques, tandis que Brugia malayi et Brugia timori en représentent ensemble environ 10 %.

  • 🔄 Le cycle suit les étapes suivantes :

    1. Le moustique inocule des microfilaires lors d’un repas sanguin.
    2. Les microfilaires se différencient pendant 7 jours.
    3. Les formes adultes migrent dans le système lymphatique.
    4. Les adultes émettent des microfilaires dans le sang périphérique.

Compléments

  • Les filarioses lymphatiques exposent environ un milliard de personnes, infectent 20 millions de personnes et entraînent des signes cliniques importants chez 10 millions de personnes.

  • Les moustiques vecteurs des filarioses lymphatiques appartiennent notamment aux genres Anopheles, Culex et Aedes et piquent généralement la nuit.

  • Les filaires adultes mesurent 2 à 10 cm et vivent en moyenne 6 à 8 ans dans les vaisseaux lymphatiques.

  • Les manifestations précoces des filarioses lymphatiques comprennent la fièvre, les céphalées, les insomnies et la lymphangite des membres ou du tronc.

  • Les manifestations tardives des filarioses lymphatiques comprennent la fibrose des tissus sous-cutanés, l’éléphantiasis et la chylurie liée à la rupture de varices lymphatiques vésicales.

3. Loase

★ À maîtriser

  • La loase est une filariose cutanéo-dermique associée à Loa loa, maladie rurale et forestière strictement africaine.

  • Après ingestion de microfilaires par un taon du genre Chrysops, celles-ci se différencient en 10 à 12 jours, migrent vers la trompe et sont inoculées à l’humain lors d’une piqûre ; les adultes vivent dans les tissus sous-cutanés et émettent des microfilaires.

Compléments

  • La loase expose 20 millions de personnes et infecte 3 à 13 millions de personnes.

  • Les taons Chrysops piquent le jour, notamment aux heures chaudes.

  • Les adultes de Loa loa mesurent 2 à 7 cm et peuvent se trouver dans la chambre antérieure de l’œil.

  • Les signes de la loase comprennent le passage sous-conjonctival d’un adulte, l’œdème de Calabar allergique unilatéral, fugace, récidivant et migrateur, ainsi qu’un sillon sous-cutané mobile progressant à environ 1 cm par heure.

4. Onchocercose

★ À maîtriser

  • Onchocerca volvulus est transmis par la simulie, qui se reproduit près des cours d’eau ; la répartition de l’onchocercose suit ainsi le réseau hydrographique.

  • Après ingestion de microfilaires par une simulie, celles-ci se différencient dans l’insecte, puis les formes infectantes migrent vers la trompe et sont inoculées dans les tissus sous-cutanés lors d’une piqûre ; les adultes émettent des microfilaires dans la peau.

Compléments

  • Les adultes d’Onchocerca volvulus migrent sous la peau ou dans des nodules sous-cutanés appelés onchocercomes.
  • Les manifestations cutanées comprennent :
    • La peau épaissie avec papules, notamment le sowda au Yémen
    • La dépigmentation
    • Les onchocercomes
    • La gale filarienne
    • La pachydermie
  • 🔄 L’évolution oculaire peut suivre les étapes suivantes :

    1. Kératite ponctuée
    2. Kératite en U
    3. Kératite semi-lunaire
    4. Kératite semi-lunaire évolutive
    5. Cécité irréversible après plusieurs années
  • La lutte contre l’onchocercose comprend des programmes de lutte antivectorielle et des traitements de masse.

5. Diagnostic des filarioses

★ À maîtriser

  • Le diagnostic d’orientation des filarioses repose sur un voyage en zone d’endémie, les signes cliniques et une hyperéosinophilie supérieure à 0,5 G/L, pouvant atteindre 10 G/L dans la loase.

📌 L’examen direct des microfilaires sanguicoles et leur mobilité contribuent au diagnostic, tandis que l’observation sur frottis sanguin ou biopsie cutanée exsangue permet un diagnostic de certitude selon l’espèce.

Compléments

  • Les microfilaires de Wuchereria bancrofti se recherchent dans le sang vers minuit par examen direct, frottis, goutte épaisse, leucoconcentration ou filtration sur membrane ; une urine chyleuse peut également être examinée.

  • Les microfilaires d’Onchocerca volvulus se recherchent dans le derme par biopsie cutanée exsangue.

  • 🔄 La biopsie cutanée exsangue se déroule ainsi :

    1. Prélever la peau au niveau lombaire.
    2. Déposer le prélèvement dans du NaCl à 0,9 %.
    3. Attendre la libération des microfilaires.
  • L’identification microscopique des microfilaires repose notamment sur la présence et la coloration de la gaine, la taille, la forme et la position des noyaux somatiques, ainsi que l’aspect de l’extrémité caudale.

  • La détermination de la microfilarémie permet d’adapter la posologie de certains traitements microfilaricides.

📌 Le passage des microfilaires de Wuchereria bancrofti pacifica, apériodiques, dans le sang peut être provoqué deux heures avant par l’administration de Notézine® si le sujet n’est pas porteur d’une autre filaire pathogène.

6. Prévention des filarioses

★ À maîtriser

  • Il n’existe pas de vaccin contre les filarioses.

  • La protection personnelle comprend :

    • Le port de vêtements longs et couvrants
    • L’utilisation de répulsifs
    • L’utilisation de moustiquaires imprégnées
  • La chimioprophylaxie de masse contre les filarioses repose sur l’ivermectine, seule ou associée à l’albendazole, dans les populations vivant en zone d’endémie.

Compléments

  • La lutte collective contre les vecteurs comprend la destruction des gîtes larvaires, notamment les eaux stagnantes, ou leur traitement larvicide ; des pièges peuvent aussi être utilisés, mais leur emploi est difficile.

  • La chimioprophylaxie filarienne de masse peut aussi concerner les travailleurs et coopérants étrangers.

7. Autres filaires humaines

★ À maîtriser

  • Les Mansonella sont non pathogènes ou peu pathogènes chez l’homme.

📌 Dans les filarioses, les vers adultes sont associés aux signes cliniques, tandis que les microfilaires servent au diagnostic parasitaire par microscopie.

Compléments

  • La dracunculose est en voie d’éradication et peut provoquer des atteintes cutanées.

  • Les dirofilarioses humaines sont des zoonoses rares, signalées notamment en PACA, qui peuvent entraîner des atteintes cutanées ou pulmonaires.

📌 La gravité indiquée suit l’ordre décroissant suivant : onchocercose, filarioses lymphatiques, puis loase.

8. Anguillulose à Strongyloides

Notions clés & Définitions

  • Anguillulose : Infection digestive due à Strongyloides stercoralis, surtout présente en zone tropicale.

★ À maîtriser

  • Chez Strongyloides stercoralis, le cycle peut être direct en 36 heures si la température est inférieure à 20 °C, ou passer par plusieurs stades en 2 à 5 jours si elle est supérieure ou égale à 20 °C.
  • Le cycle d’autoinfestation de Strongyloides stercoralis peut entraîner une dissémination des larves dans les tissus, particulièrement en cas d’immunodépression.

📌 L’anguillulose maligne survient notamment chez les personnes immunodéprimées, telles que les patients recevant des corticoïdes à forte dose et au long cours, les greffés ou les personnes atteintes de rétroviroses, et peut provoquer une dissémination larvaire massive ainsi que le passage de bactéries entériques dans le sang, les poumons ou les méninges.

  • Le diagnostic parasitologique de l’anguillulose repose sur un examen des selles orienté par le prescripteur, notamment par la méthode de Baermann, qui extrait les larves attirées par l’eau et la chaleur.

Compléments

  • Les facteurs de risque d’anguillulose comprennent : la marche pieds nus, le contact avec des déchets humains ou des eaux usées, les activités agricoles, les activités minières

  • La phase d’invasion de l’anguillulose est parfois accompagnée d’un syndrome de Löffler, puis la phase d’état peut provoquer des douleurs épigastriques et des diarrhées.

  • La coproculture parasitaire peut déclencher le cycle stercoral et faire apparaître des adultes et des larves.

9. Ankylostomoses humaines

Notions clés & Définitions

  • Ankylostomoses : Infections digestives dues à Ancylostoma duodenale ou Necator americanus.

★ À maîtriser

  • La phase intestinale des ankylostomoses peut provoquer une duodénite, des diarrhées et une anémie, notamment avec Ancylostoma duodenale.
  • Le diagnostic parasitologique des ankylostomoses repose sur la recherche des œufs dans les selles, positive plus d’un mois après l’infection ; les œufs mesurent 60 × 40 μm et ne permettent pas un diagnostic d’espèce.

Compléments

  • Les facteurs de risque d’ankylostomose comprennent : la marche pieds nus, le contact avec des déchets humains ou des eaux usées, les activités agricoles, les activités minières, les travaux en tunnel

  • Les ankylostomes résistent plusieurs mois dans le sol et sont attirés par la chaleur, l’humidité et la peau.

  • Après pénétration cutanée, les larves d’ankylostomes migrent et peuvent irriter les voies aériennes supérieures avant l’installation de la phase intestinale.

📌 La prévention des ankylostomoses comprend l’hygiène, l’éducation sanitaire, l’élimination des déjections humaines et des eaux usées, le port de chaussures ainsi que le dépistage et le traitement à l’embauche des travailleurs exposés.

10. Larva migrans cutanée

Notions clés & Définitions

  • Larva migrans cutanée : Parasitose due à la pénétration transcutanée de larves d’ankylostomes d’animaux, notamment Ancylostoma caninum, A. braziliense et A. tubaeforme.

★ À maîtriser

  • Les larves pénètrent activement la peau après un contact avec un sol contaminé, puis provoquent des papules prurigineuses dans les 24 à 48 heures ; inadaptées à l’homme, elles meurent en environ un mois.

📌 Le traitement de la larva migrans cutanée repose sur une prise orale unique de Stromectol® (ivermectine), avec traitement des surinfections bactériennes si nécessaire.

Compléments

  • La transmission de la larva migrans cutanée survient surtout sur les plages chaudes et humides, notamment en zone intertropicale et dans les DOM-TOM, en présence de chiens errants.

  • Les lésions de larva migrans cutanée siègent surtout sur les régions en contact avec le sol, dans l’ordre suivant : pied, jambe, fesses, dos, puis thorax.

  • La migration sous-cutanée des larves dessine un trajet serpigineux qui avance d’environ 3 cm par jour.

📌 Pour se protéger sur une plage contaminée, il est recommandé de porter des chaussures légères et fermées ou de s’allonger sur une natte, car une serviette ne suffit pas à empêcher le passage des larves.

11. Schistosomiases et bilharzioses

Notions clés & Définitions

  • Schistosomiases : Infections dues à la pénétration transcutanée de cercaires aquatiques et pouvant être digestives ou urinaires.

★ À maîtriser

  • Les espèces citées sont :
    • Schistosoma mansoni
    • S. intercalatum
    • S. japonicum
    • S. mekongi
    • S. haematobium, associée à la forme urinaire
  • Les œufs de schistosomes traversent les parois des capillaires sanguins pour rejoindre le tube digestif ou l’arbre urinaire dans le cas de S. haematobium ; les microsaignements et la rétention des œufs peuvent déclencher une réaction immunitaire et former un granulome bilharzien.

📌 S. haematobium provoque une schistosomiase urogénitale avec hématurie et douleurs à la miction, tandis que S. mansoni et S. intercalatum provoquent surtout une schistosomiase intestinale avec selles diarrhéiques parfois striées de sang.

  • Le diagnostic des schistosomiases s’appuie sur le séjour en zone d’endémie, la baignade en eau douce, les signes cliniques, l’hyperéosinophilie, les anticorps sériques et la recherche des œufs dans les urines ou les selles.

Compléments

  • Les hôtes intermédiaires des schistosomiases sont des mollusques d’eau douce.

  • La dermatite cercarienne, aussi appelée dermatite des nageurs, peut suivre la pénétration des cercaires.

  • La phase d’invasion toxémique des schistosomiases peut provoquer asthénie, fièvre, céphalées et prurit allergique lors de la migration des schistosomules.

  • S. japonicum et S. mekongi peuvent provoquer des atteintes hépatospléniques graves, notamment une hypertension portale et une ascite.

  • La recherche des œufs dans les urines est réalisée le matin après un effort, et leur recherche dans les selles peut être complétée par des biopsies.

  • La prévention des schistosomiases associe : l’hygiène, l’éducation sanitaire, l’assainissement, l’élimination des zones de végétation, l’assèchement périodique des gîtes, la lutte biologique contre les mollusques par des prédateurs naturels, comme les poissons et les crustacés, la lutte chimique par épandage de molluscicides

  • Le praziquantel est utilisé en traitement préventif dans les zones d’endémie, notamment chez les enfants dans le cadre de programmes de lutte contre d’autres helminthiases.

Tableaux de synthèse

Formes cliniques des schistosomiases

EspèceLocalisationManifestations
S. haematobiumUrogénitaleHématurie et douleurs à la miction
S. mansoni, S. intercalatumIntestinaleDiarrhées, parfois selles striées de sang
S. japonicum, S. mekongiArtério-veineuseAtteintes hépatospléniques, hypertension portale et ascite

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Filarioses et helminthiases cutanées avec 30 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À quelle catégorie d’organismes appartiennent les parasites adultes responsables des filarioses ?

2. Quel phénomène caractérise la reproduction des femelles filaires ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Filarioses et helminthiases cutanées avec 85 flashcards interactives.

Quelles maladies sont appelées filarioses ?

Des maladies tropicales dues à des nématodes dont les adultes sont appelés filaires.

Quel mode de reproduction caractérise les femelles filaires ?

Elles sont vivipares.

Comment appelle-t-on les embryons émis par les femelles filaires ?

Des microfilaires.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches