Fiche de révision : Hépatites virales A et E

Plan du Cours

  1. Virologie et transmission du VHA
  2. Clinique et prise en charge du VHA
  3. Classification et transmission du VHE
  4. Évolution et manifestations de l’hépatite E
  5. Diagnostic virologique de l’hépatite E
  6. Traitement et prévention de l’hépatite E
  7. Épidémiologie et clinique du VHB
  8. Marqueurs sérologiques et virologiques du VHB
  9. Traitement de l’hépatite B
  10. Virus de l’hépatite D
  11. Génotypes du VHC en France et dans le monde
  12. Transmission et prévalence du VHC
  13. Évolution clinique de l’hépatite C
  14. Outils biologiques et diagnostic du VHC
  15. Traitement antiviral de l’hépatite C

1. Virologie et transmission du VHA

★ À maîtriser

  • Cinq virus sont les principaux responsables d’hépatites virales : le VHA, le VHB, le VHC, le VHD et le VHE, auxquels peuvent occasionnellement s’ajouter des virus de la famille des Herpesviridae.

📌 Le VHB, le VHC et le VHD se transmettent par voie sérique, tandis que le VHA et le VHE se transmettent par voie entérale.

  • L’espèce Hepatovirus A comprend 6 génotypes, dont 3 infectent l’être humain en ciblant le foie, particulièrement les hépatocytes.

📌 Les virions du VHA excrétés dans les selles sont petits, mesurent 27 à 30 nm de diamètre et résistent particulièrement bien dans le milieu extérieur, tandis que les virions présents dans le sang circulant sont quasi enveloppés, enfermés dans des vésicules membranaires dérivées de la machinerie exosomale et peu sensibles aux anticorps neutralisants.

  • La prévalence du VHA est étroitement liée au statut socio-économique et aux conditions d’hygiène : dans les régions les plus pauvres, la séroprévalence dépasse 50 % à 5 ans et 90 % à 10 ans.

  • Le VHA résiste à : la congélation, au pH acide, à la chaleur, aux concentrations bactériostatiques de chlore

  • La transmission du VHA est féco-orale et interhumaine, et elle est favorisée par la promiscuité, le manque d’hygiène et les contacts rapprochés.

Compléments

  • Le VHA appartient à la famille des Picornaviridae et au genre Hepatovirus, qui comprend aussi des virus apparentés identifiés chez des mammifères et des chauves-souris.

  • Feng et al. ont montré en 2013 l’existence de deux formes infectieuses du VHA.

  • Le VHA est ubiquitaire et le nombre d’infections annuelles dans le monde était estimé à environ 50 millions avec près de 100 000 décès en 2010.

  • Dans les zones de faible ou très faible endémie, une part importante de la population reste non immunisée jusqu’à un âge avancé ; en France, moins de 50 % des adultes âgés de 50 ans sont immunisés.

  • L’être humain constitue le seul réservoir du VHA, qui est excrété en grande quantité dans les selles.

  • Des cas groupés de VHA sont observés dans les écoles maternelles, les communautés vivant dans un cadre précaire, notamment les gens du voyage, et chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, où des épidémies liées principalement à des pratiques sexuelles à risque sont décrites depuis les années 1980.

  • En France, la surveillance des cas sporadiques et groupés de VHA relève de la déclaration obligatoire mise en place fin 2005 auprès de Santé publique France.

Astuce mémo

VHA fécal-oral et entéral, VHB-VHC-VHD sériques

2. Clinique et prise en charge du VHA

★ À maîtriser

  • Après une incubation de 2 à 6 semaines, l’infection par le VHA peut être asymptomatique ou évoluer jusqu’à l’hépatite fulminante, et son expression clinique dépend de l’âge.

📌 Contrairement aux infections par les VHB, VHC, VHD et VHE, l’infection par le VHA ne devient pas persistante.

  • L’hépatite fulminante survient dans 0,1 % des cas symptomatiques et sa fréquence dépasse 2 % après l’âge de 50 ans.

  • Les marqueurs directs du VHA recherchent le virus ou l’un de ses constituants, notamment l’ARN viral dans le sang ou les selles par RT-PCR, tandis que les marqueurs indirects recherchent la réponse immune, notamment les IgM anti-VHA, les IgG anti-VHA ou l’avidité des IgG.

  • Devant une hépatite aiguë, le diagnostic de VHA repose sur la présence d’IgM anti-VHA dans le sérum, détectables chez les personnes symptomatiques comme asymptomatiques.

  • La valeur prédictive positive des IgM anti-VHA est élevée en présence de signes évocateurs d’infection aiguë, notamment des signes cliniques ou une élévation des transaminases, mais elle est moins bonne en l’absence de cytolyse hépatique ou de contexte épidémiologique évocateur.

  • Les IgG anti-VHA persistent toute la vie et protègent contre les réinfections ; leur présence, ou celle d’anticorps totaux, peut être recherchée avant vaccination, mais ces tests ne distinguent pas l’immunité naturelle de l’immunité vaccinale.

📌 La vaccination contre le VHA est utilisable après l’âge d’un an selon un schéma de deux doses séparées de 6 à 12 mois, intervalle qui peut être étendu à 4 ou 5 ans.

Compléments

  • L’asthénie, l’anorexie, les vomissements et les myalgies sont des symptômes non spécifiques pouvant précéder l’ictère, présent dans environ 75 % des formes symptomatiques.

  • L’évolution de l’hépatite A est généralement favorable en quelques semaines, mais la convalescence peut être prolongée et l’asthénie durable, surtout chez l’adulte.

  • Outre l’âge, l’hépatite fulminante liée au VHA est associée à une pathologie hépatique sous-jacente et à des facteurs génétiques de l’hôte.

  • Le facteur V, non dépendant de la vitamine K, est le meilleur marqueur de gravité mentionné pour l’hépatite A.

  • Le bilan complémentaire peut doser : l’activité sérique des ALAT, l’activité sérique des ASAT, la bilirubine sanguine, la phosphatase alcaline, les facteurs de coagulation en présence de signes cliniques de gravité

📌 Si les IgM anti-VHA sont exceptionnellement indétectables au moment d’une suspicion clinique, leur recherche doit être renouvelée 24 à 48 heures plus tard sur un nouveau prélèvement.

  • Les IgM anti-VHA peuvent persister plusieurs mois après l’infection aiguë et être détectées lors d’une activation polyclonale non spécifique liée à une autre infection, à une auto-immunité ou à des troubles hématologiques.

📌 En cas de forme clinique atypique, la recherche du génome viral dans le sang et la mesure de l’avidité des IgG peuvent confirmer le diagnostic de VHA.

3. Classification et transmission du VHE

★ À maîtriser

  • Le genre Orthohepevirus comprend quatre espèces :

    • Orthohepevirus A, dont certaines souches infectent l’être humain
    • Orthohepevirus B, dont les souches infectent les oiseaux
    • Orthohepevirus C, dont les souches infectent les rongeurs
    • Orthohepevirus D, dont les souches infectent les chauves-souris
  • Les génotypes de l’espèce Orthohepevirus A infectent :

    • l’être humain : les génotypes 1 à 4 et 7
    • le porc : les génotypes 3 à 6
    • les cervidés : le génotype 3
    • le lapin : le génotype 3
    • le chameau : le génotype 7
    • le dromadaire : le génotype 8

📌 Les génotypes 1 et 2 du VHE n’infectent que l’être humain et sont associés à des épidémies et à des cas sporadiques, principalement par contamination hydrique dans les pays à ressources limitées.

📌 Les génotypes 3 et 4 du VHE sont détectés chez l’être humain et chez l’animal et sont associés à des cas sporadiques, notamment après consommation de viande de porc ou de gibier contaminée en Europe et en Asie.

  • La période d’incubation de l’hépatite aiguë E varie de 15 à 60 jours.

  • La phase pré-ictérique de l’hépatite aiguë E est marquée principalement par des symptômes digestifs, puis la phase ictérique associe ictère, urines foncées et selles décolorées et dure 10 à 24 jours.

Compléments

  • Le VHE appartient à la famille des Hepeviridae et au genre Orthohepevirus, qui comprend des souches identifiées chez les mammifères et les espèces aviaires.

  • Le VHE possède une capside icosaédrique et mesure environ 27 à 34 nm de diamètre.

  • Dans les pays où l’hygiène collective et l’assainissement de l’eau sont insuffisants, la transmission féco-orale est le principal mode de transmission des génotypes 1 et 2 du VHE.

  • Le VHE est détecté dans :

    • les eaux de rivière
    • les eaux usées
    • les fruits de mer
  • L’ictère et l’asthénie sont les deux symptômes les plus fréquemment décrits au cours de l’hépatite aiguë E.

4. Évolution et manifestations de l’hépatite E

Notions clés & Définitions

  • Infection chronique par le VHE : Définie par la persistance du virus dans le sang pendant plus de 3 mois.

★ À maîtriser

  • L’évolution de l’hépatite aiguë E est spontanément favorable après une augmentation des transaminases, souvent accompagnée d’une augmentation de la bilirubine.

  • La létalité de l’hépatite E est due aux formes fulminantes, en particulier chez la femme enceinte.

  • Les individus immunodéprimés, notamment les transplantés d’organe solide, les patients atteints d’hémopathies malignes et les personnes VIH+ ayant un taux de LTCD4 inférieur à 250/mm3, peuvent développer une infection chronique par le VHE dans 60 % des cas.

  • Des manifestations neurologiques liées au VHE ont été décrites chez les individus immunocompétents comme immunodéprimés, avec une fréquence estimée à environ 15 % au stade aigu ou chronique.

Compléments

  • La cytolyse hépatique au cours de l’hépatite E est liée à la réponse immune cytotoxique.

  • Seules les souches de génotypes 3, 4 et 7 ont été associées aux infections chroniques par le VHE.

  • La persistance du VHE entraîne une progression rapide de la fibrose hépatique, qui peut évoluer vers une cirrhose.

  • Les manifestations neurologiques du VHE les plus fréquemment décrites sont le syndrome de Parsonage-Turner et le syndrome de Guillain-Barré ; des méningoencéphalites et des névrites ont également été décrites.

  • La pathogénèse des manifestations neurologiques du VHE pourrait relever d’un mécanisme immunopathologique ou d’une infection directe du système nerveux central.

5. Diagnostic virologique de l’hépatite E

★ À maîtriser

📌 Les marqueurs directs de l’infection par le VHE sont le virus ou l’un de ses constituants, notamment l’ARN viral détecté dans le sang ou les selles par RT-PCR, tandis que les marqueurs indirects sont les anticorps anti-VHE, dont les IgM et les IgG, ou l’avidité des IgG.

  • Les IgM anti-VHE sont des marqueurs d’infection aiguë et les trousses disponibles ont une sensibilité supérieure à 97 % et une spécificité supérieure à 99,5 %.

  • Chez un individu immunocompétent, la mise en évidence des IgM anti-VHE permet de poser le diagnostic d’hépatite aiguë E.

📌 Chez un individu immunodéprimé suspect d’infection récente par le VHE, il faut rechercher l’ARN viral dans le plasma ou les selles, quel que soit le résultat de détection des IgM, car la sensibilité des tests est moins bonne.

Compléments

  • Les IgG anti-VHE présentes isolément témoignent d’une infection ancienne ; les trousses de détection ont des limites de détection hétérogènes, de 0,25 à 2,5 unités OMS/mL, et le seuil de protection contre une réinfection reste à établir.

  • La RT-PCR de l’ARN viral dans le sang et les selles peut confirmer le diagnostic d’hépatite E et déterminer le génotype après envoi de la souche au Centre National de Référence.

📌 En cas d’encéphalite, la recherche d’ARN du VHE dans le liquide céphalo-rachidien peut être utile.

📌 Lorsque l’ARN du VHE persiste au-delà de 3 mois, l’élimination spontanée est peu probable et une intervention thérapeutique doit être envisagée.

  • La quantification de l’ARN viral dans le sang et les selles sert au suivi thérapeutique des individus sous traitement.

Astuce mémo

ARN viral direct ; anticorps indirects

6. Traitement et prévention de l’hépatite E

Notions clés & Définitions

  • Virus de l’hépatite B : Virus hépatotrope capable d’établir des infections aiguës, des insuffisances hépatiques aiguës et des infections chroniques chez l’homme.

★ À maîtriser

📌 Chez un transplanté d’organe solide atteint d’une infection chronique par le VHE, l’allègement du traitement immunosuppresseur doit être envisagé en première intention lorsqu’il est possible et permet une éradication dans 30 % des cas.

  • L’interféron et la ribavirine ont un effet antiviral démontré contre le VHE, mais l’interféron augmente le risque de rejet du greffon après transplantation rénale, cardiaque ou pulmonaire.

  • La ribavirine orale en monothérapie est le traitement de choix de l’infection chronique par le VHE chez les transplantés ; une dose de 600 mg par jour pendant 3 mois permet une réponse virologique dans 80 % des cas.

  • Le VHB appartient à la famille des Hepadnaviridae, dont les virus enveloppés portent une molécule d’ADN circulaire relâché partiellement double brin d’environ 3 200 paires de bases.

  • Les souches du VHB se répartissent en 10 génotypes, de A à J, qui diffèrent d’au moins 8 % sur l’ensemble du génome et de 4 % dans la région codant l’AgHBs.

  • La transmission du VHB se fait par le sang ou d’autres fluides corporels, notamment le sperme et les sécrétions vaginales.

  • Les trois principaux modes de transmission du VHB sont :

    • la transmission percutanée
    • la transmission sexuelle
    • la transmission verticale de la mère à l’enfant

Compléments

  • Un vaccin contre le VHE à base de protéines de capside est disponible de façon restreinte en Chine ; dans les études de phase 3, son efficacité clinique était de 100 % après 3 injections et se prolongeait au-delà de 3 ans.

  • La protection du vaccin contre les souches de génotype 3 et sa tolérance chez la femme enceinte restent inconnues.

  • La distribution géographique des génotypes A à H est la suivante :

    • A et D : Europe et Afrique
    • B et C : Asie
    • E : Afrique centrale et Afrique de l’Ouest
    • F et H : Amérique latine et Alaska
    • G : Europe et États-Unis

7. Épidémiologie et clinique du VHB

Notions clés & Définitions

  • Portage chronique du VHB : Défini par la persistance de l’antigène HBs pendant plus de 6 mois.

★ À maîtriser

  • Environ 250 millions d’individus dans le monde sont porteurs chroniques de l’AgHBs malgré l’existence d’un vaccin efficace et de médicaments puissants et bien tolérés.

  • L’incubation du VHB varie de 1 à 3 mois et dure en moyenne 10 semaines.

  • L’hépatite aiguë B est asymptomatique chez 60 % des sujets contaminés ; elle est plus souvent symptomatique chez les adolescents et les jeunes adultes, avec notamment des nausées, une asthénie, une anorexie, de la fièvre, des arthralgies et un ictère.

  • Les principales complications de l’infection chronique par le VHB sont la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.

  • L’AgHBs est l’élément clé du diagnostic de l’infection par le VHB, et le dépistage repose sur la détection de l’AgHBs, des anticorps anti-HBc et des anticorps anti-HBs.

📌 La présence d’AgHBs justifie l’orientation du patient vers une consultation spécialisée afin d’évaluer la maladie hépatique et les comorbidités et d’assurer le dépistage du carcinome hépatocellulaire.

Compléments

  • La prévalence de l’AgHBs est de 8,8 % en Afrique subsaharienne et de 5,3 % dans la région du Pacifique occidental, tandis qu’elle tend à diminuer en Europe depuis les années 2000.

  • En 2016, la prévalence de l’AgHBs en France était estimée à 0,30 %, soit près de 136 000 porteurs chroniques, dont une grande majorité ignorait son statut.

  • L’anomalie systématiquement présente dans l’hépatite aiguë B est une perturbation du bilan hépatique avec augmentation de l’activité sérique de l’ALAT, qui peut dépasser 10 fois la limite supérieure de la normale.

📌 En l’absence d’AgHBs et d’anticorps anti-HBs, une vaccination contre l’hépatite B peut être envisagée.

8. Marqueurs sérologiques et virologiques du VHB

★ À maîtriser

  • 🔄 Lors de la séroconversion HBe : la clairance de l’AgHBe, l’apparition des anticorps anti-HBe, une forte diminution de l’ADN du VHB chez les patients qui éliminent le virus

  • La quantification de l’ADN du VHB sert à : diagnostiquer l’hépatite chronique B active, évaluer le pronostic hépatique et le risque de cirrhose ou de cancer primitif du foie, déterminer l’indication thérapeutique, suivre la réponse antivirale, détecter les variants résistants

  • Les anticorps anti-HBc sont le meilleur marqueur sérologique d’un contact avec le VHB, et les IgM anti-HBc sont présentes à titre élevé au cours de l’infection aiguë.

Compléments

  • La protéine HBe, produit du gène preC/C portant le déterminant antigénique HBe, est excrétée dans le sang périphérique, mais son rôle physiopathologique n’est pas clairement défini.

  • L’AgHBe est détecté précocement au cours de l’infection aiguë, entre 6 et 12 semaines après le contage.

  • La persistance de l’AgHBe dans le sérum 3 à 4 mois après le contage indique généralement une évolution vers une infection chronique.

📌 Contrairement aux anticorps anti-HBs, les IgG anti-HBc ne sont pas protectrices.

  • L’AgHBcr, ou antigène HBc-related, est quantifiable dans le sérum et le plasma par une technique immunologique fondée sur la chimioluminescence et pourrait aider à déterminer la phase de l’infection chronique.

  • L’ARN du VHB peut être détecté et quantifié dans le sang, et sa cinétique pourrait prédire la réponse au traitement.

Astuce mémo

AgHBe apparaît, disparaît, puis les anti-HBe apparaissent.

9. Traitement de l’hépatite B

★ À maîtriser

  • La décision thérapeutique repose principalement sur la charge virale, l’activité sérique des ALAT et la sévérité de l’atteinte hépatique, parmi plusieurs paramètres cliniques, biologiques et pronostiques.

📌 Les analogues nucléos(t)idiques sont généralement administrés au long cours, parfois à vie, tandis que l’interféron pégylé est administré pour une durée finie de 48 semaines.

  • Les analogues nucléos(t)idiques ciblent le domaine transcriptase inverse de l’ADN polymérase du VHB et inhibent l’initiation de la transcription inverse et/ou l’élongation des brins de polarité négative ou positive, agissant alors comme terminateurs de chaîne.

  • La vaccination est la principale mesure de prévention de l’hépatite B.

Compléments

  • Les analogues nucléos(t)idiques sont administrés par voie orale et sont généralement bien tolérés.

  • Sous traitement prolongé par analogues nucléos(t)idiques, des variants viraux portant des substitutions amino-acidiques peuvent être sélectionnés, réduisant l’efficacité antivirale et entraînant des échappements virologiques et cliniques ainsi qu’une reprise de la progression de la maladie hépatique.

  • L’interféron pégylé vise à induire un contrôle immunologique durable malgré une durée de traitement finie.

  • La réponse à l’interféron pégylé est variable et sa tolérance généralement médiocre, de sorte que certains patients ne peuvent pas recevoir ce traitement ou le tolèrent mal.

10. Virus de l’hépatite D

Notions clés & Définitions

  • Virus de l’hépatite D : Virus à ARN défectif dont le virus auxiliaire est le VHB.

★ À maîtriser

  • Le VHD se transmet par voie sexuelle, parentérale ou horizontale interhumaine, notamment dans la petite enfance, et sa transmission augmente avec la promiscuité et la surpopulation.

📌 La coinfection correspond à une infection simultanée par le VHB et le VHD, tandis que la surinfection correspond à l’infection par le VHD d’une personne déjà infectée par le VHB.

  • Le dépistage de l’infection delta chez un porteur de l’AgHBs se déroule ainsi : recherche des anticorps totaux anti-HD sériques par ELISA, en cas de sérologie positive, recherche de l’ARN viral, éventuellement, mesure de la charge virale

Compléments

  • En 1977, Mario Rizzeto a décrit pour la première fois l’antigène delta sur des biopsies hépatiques de patients italiens porteurs chroniques du VHB.

  • Le VHD appartient au genre Deltavirus, dans la famille des Kolmioviridae, et son origine évolutive reste incertaine ; des liens avec les ARN satellites et les viroïdes des plantes ont été proposés.

  • La transmission mère-enfant du VHD est très rare.

  • Dans les régions non endémiques, le VHD se transmet surtout à l’âge adulte par voie sexuelle ou parentérale parmi les groupes à risque, notamment les usagers de drogues intraveineuses.

  • La coinfection représente environ 2 % des cas et provoque une hépatite aiguë, avec un risque d’hépatite fulminante de 2 à 5 % et une résolution de l’infection dans plus de 80 % des cas.

  • La surinfection entraîne une hépatite delta aiguë symptomatique chez la majorité des patients, un risque d’hépatite fulminante de 20 % et une évolution vers l’infection chronique dans plus de 90 % des cas.

  • Après une incubation de 2 à 7 semaines, l’hépatite delta aiguë peut provoquer un syndrome pseudo-grippal, une asthénie et des nausées, avec une cytolyse hépatique majeure.

  • Les IgM anti-VHD persistent en cas d’infection chronique, mais leur recherche peut être négative chez des patients d’origine africaine ayant pourtant une réplication active.

  • L’antigène delta est un marqueur précoce de l’infection delta aiguë, mais sa recherche sérique est inutile car sa présence est très fugace.

Astuce mémo

Coinfection : VHB et VHD ensemble ; surinfection : VHD chez un porteur du VHB.

11. Génotypes du VHC en France et dans le monde

★ À maîtriser

  • En France, la cartographie de 2001 relevait 57,7 % de génotype 1, dont 27,7 % de sous-type 1b et 18,5 % de sous-type 1a, puis 21,0 % de génotype 3, 9,4 % de génotype 2, 9,0 % de génotype 4, 2,7 % de génotype 5 et 0,2 % de génotype 6 (Payan et al., 2005).

Compléments

  • Le génotype 5 du VHC est quasi exclusivement retrouvé en Afrique du Sud.

  • Le génotype 6 du VHC est endémique en Asie du Sud-Est et fréquemment isolé à Hong Kong et en Chine.

  • En 2007, la surveillance nationale des centres experts a montré une répartition des génotypes comparable à celle de 2001, avec une légère augmentation des infections par le génotype 4.

12. Transmission et prévalence du VHC

Notions clés & Définitions

  • Transmission du VHC : La transmission du VHC se fait par le sang, notamment lors de la consommation de drogues injectables, d’injections ou de soins à risque, de transfusions non dépistées, de rapports sexuels traumatiques et de la transmission mère-enfant.

★ À maîtriser

  • L’utilisation de drogues par voie veineuse est le mode majeur de transmission du VHC.
  • Environ 71 millions d’individus sont porteurs chroniques de l’hépatite C dans le monde.

Compléments

  • La transmission sexuelle du VHC est faible chez les couples hétérosexuels.

  • La prévalence du VHC varie de 0,4 à 0,8 % en Europe de l’Ouest, atteint 1,6 % aux États-Unis et jusqu’à 5 % dans certaines régions d’Italie.

  • La prévalence est élevée en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, et atteint 9 % en Égypte.

  • En France, la séroprévalence des anticorps anti-VHC était de 0,84 % en 2004, correspondant à plus de 350 000 personnes ayant été infectées au cours de leur vie (Meffre et al., 2010).

  • En France, la prévalence de l’infection chronique était de 0,53 % en 2004, car plus de deux tiers des sujets séropositifs avaient de l’ARN du VHC.

  • En France, la prévalence des anticorps anti-VHC était estimée à 0,75 % en 2011 et celle de l’ARN du VHC à 0,42 %, soit environ 193 000 personnes ayant une infection chronique.

  • En France, la prévalence de l’ARN du VHC était estimée à 0,30 % en 2016, soit environ 133 000 personnes ayant une infection chronique, et près de 26 000 sujets restaient à dépister.

13. Évolution clinique de l’hépatite C

★ À maîtriser

  • L’hépatite aiguë C peut s’accompagner d’une perturbation du bilan hépatique, avec une activité sérique de l’ALAT pouvant dépasser 1 000 U/L.

  • Chez la majorité des personnes contaminées, l’infection par le VHC persiste et entraîne une hépatite chronique associée à une activité nécro-inflammatoire et à une fibrose hépatique de degrés variables.

  • Les principaux facteurs favorisant la fibrose hépatique sont : le sexe masculin, l’âge, la consommation excessive d’alcool, le syndrome métabolique, la coinfection par le VIH ou le VHB, à un moindre degré

Compléments

  • L’hépatite aiguë C est asymptomatique ou paucisymptomatique chez la plupart des sujets contaminés, avec parfois des nausées, une perte d’appétit, de la fatigue ou des douleurs abdominales.
  • Sans facteurs de comorbidité, l’évolution vers la cirrhose ou le carcinome hépatocellulaire est généralement lente et prend en moyenne 20 à 30 ans.

  • Sur une période de 30 ans, 2 à 30 % des patients atteints d’hépatite chronique C développeront une cirrhose, un carcinome hépatocellulaire ou les deux.

  • Le risque de cirrhose et de cancer augmente avec la durée de l’infection et est plus élevé en cas de coinfection par le VIH, de contamination après 40 ans ou de consommation excessive d’alcool.

  • La vascularite liée à une cryoglobulinémie est une manifestation extra-hépatique fréquente de l’hépatite chronique C et peut entraîner des atteintes cutanées, rénales, rhumatologiques ou neurologiques.

Astuce mémo

Co-morbidités → fibrose plus rapide et risque accru de cirrhose ou de cancer

14. Outils biologiques et diagnostic du VHC

Notions clés & Définitions

  • Infection chronique par le VHC : La persistance de l’ARN du VHC ou de l’antigène de capside au-delà de 6 mois définit l’infection chronique par le VHC.

★ À maîtriser

  • Les outils virologiques, biochimiques et histologiques sont indispensables au diagnostic et au dépistage du VHC, à la mise en place du traitement antiviral et au suivi de la réponse virologique.
  • Les anticorps anti-VHC indiquent un contact avec le virus, deviennent généralement détectables 8 à 11 semaines après la contamination et persistent chez les sujets qui développent une hépatite chronique C.

  • La détection et la quantification de l’ARN du VHC servent : à diagnostiquer l’hépatite C, à identifier les patients ayant une indication de traitement, à évaluer la réponse antivirale (RVS), à détecter l’émergence de variants résistants aux antiviraux directs

Compléments

  • Les tests classiques du VHC détectent les anticorps et détectent ou quantifient l’ARN viral dans le sang périphérique.

  • Les génotypes du VHC peuvent répondre différemment au traitement antiviral.

📌 Avec les traitements pangénotypiques SOF/VEL ou G/P, la détermination du génotype n’est plus indispensable et ne doit pas retarder la mise sous traitement, bien qu’elle puisse être utile dans certaines situations cliniques.

  • Le bilan complémentaire peut inclure : le dosage des transaminases ALAT et ASAT, le dosage de la bilirubine sanguine, le dosage de la phosphatase alcaline, le dosage des facteurs de coagulation en présence de signes cliniques de gravité, l’évaluation de la sévérité de la maladie hépatique

📌 La seule indication possible d’un test de résistance génotypique est avant le retraitement de patients en échec d’un ou plusieurs traitements antérieurs par antiviraux directs, afin d’adapter le retraitement aux mutations.

  • L’antigène de capside est un marqueur indirect de la réplication virale et constitue une alternative aux techniques de détection et de quantification de l’ARN du VHC, car son titre est corrélé à la charge virale.

Astuce mémo

Anticorps = contact avec le virus ; ARN ou antigène de capside persistant = infection chronique

15. Traitement antiviral de l’hépatite C

★ À maîtriser

📌 Contrairement aux infections chroniques par le VHB ou le VIH, l’infection par le VHC est curable par un traitement antiviral.

📌 Tous les patients atteints d’hépatite chronique C sont éligibles à un traitement antiviral par antiviraux directs, selon le principe d’accès universel au traitement.

  • Le traitement doit être débuté rapidement en cas de : fibrose significative METAVIR F2 ou F3, cirrhose METAVIR F4, y compris décompensée, manifestations extra-hépatiques, récidive virale C après transplantation, risque important d’aggravation de la maladie hépatique en raison de comorbidités, risque de transmission de l’infection

  • Les combinaisons d’antiviraux directs sont généralement bien tolérées et guérissent plus de 90 % des patients, indépendamment du génotype viral sauf le génotype 3, du stade de fibrose sauf les cirrhoses décompensées, et de la coinfection par le VIH.

Compléments

  • Les manifestations extra-hépatiques justifiant un traitement rapide comprennent :

    • la vascularite liée à une cryoglobulinémie
    • l’atteinte rénale
    • le lymphome B non hodgkinien
  • Les populations à risque de transmettre l’infection citées sont : les UDI, les HSH, les hémodialysés, les individus incarcérés, les femmes en âge de procréer ayant un désir de grossesse

  • Les traitements recommandés par l’AFEF ou l’EASL reposent sur l’utilisation d’un anti-NS5A associé à un ou deux antiviraux directs.

Tableaux de synthèse

Transmission des génotypes du VHE

GénotypesContexteTransmissionManifestations
1 et 2Pays à ressources limitéesSurtout hydrique et féco-oraleÉpidémies et cas sporadiques
3 et 4Pays industrialisés, notamment Europe et AsieViande de porc ou de gibier ; voie hydrique possibleCas sporadiques

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Hépatites virales A et E avec 55 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Un laboratoire compare les voies de transmission des hépatites virales. Quel classement distingue correctement les virus transmis par voie sérique de ceux transmis par voie entérale ?

2. Combien de génotypes de l’espèce Hepatovirus A peuvent infecter l’être humain et cibler particulièrement les hépatocytes ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Hépatites virales A et E avec 96 flashcards interactives.

Quels cinq virus sont les principaux responsables d’hépatites virales ?

Le VHA, le VHB, le VHC, le VHD et le VHE.

Par quelles voies se transmettent respectivement le VHB, le VHC et le VHD, puis le VHA et le VHE ?

Par voie sérique, puis par voie entérale.

Combien de génotypes comprend l’espèce Hepatovirus A ?

Six génotypes.

Voir les flashcards →

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