★ À maîtriser
Les bactéries vaginales sont réparties en quatre groupes : le groupe I correspond à la flore habituelle non associée aux infections, les groupes II et III regroupent des bactéries pouvant menacer la grossesse dans certaines situations, et le groupe IV comprend notamment Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis, responsables de pathologies vénériennes.
Le prélèvement vaginal systématique en début de grossesse n’est pas recommandé, même après un antécédent d’accouchement prématuré, sauf si celui-ci était associé à une infection fœto-maternelle.
Un prélèvement vaginal est recommandé au neuvième mois pour dépister le streptocoque B et doit dater de moins de 5 semaines au moment de l’accouchement ; il est aussi indiqué dès le début de grossesse après une rupture prématurée des membranes ou un accouchement prématuré antérieur associé à une infection fœto-maternelle bactérienne.
Le score de Nugent, obtenu par examen direct après coloration de Gram, classe la flore vaginale comme normale pour un score de 0 à 3, intermédiaire pour un score de 4 à 6 et évocatrice de vaginose bactérienne pour un score de 7 à 10.
Compléments
📌 Un prélèvement vaginal est indiqué en présence de signes cliniques tels que leucorrhées anormales, vulvovaginite ou cervicite, leucocyturie avec ECBU négatif, contractions ou douleurs pelviennes, métrorragies ou rupture prématurée des membranes, ainsi qu’en cas de partenaires sexuels multiples ou d’infection urogénitale du partenaire.
📌 Un score de Nugent de 7 à 10 justifie un traitement, tandis qu’un score intermédiaire nécessite une décision selon les bactéries retrouvées, le contexte et les signes infectieux.
★ À maîtriser
La mycose vulvovaginale symptomatique se manifeste par des pertes blanches grumeleuses et inodores, accompagnées de prurit et de brûlures ; une mycose asymptomatique ne nécessite pas de traitement.
Le traitement de la mycose vulvovaginale pendant la grossesse repose sur des mesures hygiéno-diététiques, des imidazolés locaux en ovules renouvelés après 7 jours et une crème vulvaire appliquée pendant 10 jours.
La vaginose bactérienne peut être peu symptomatique ou provoquer prurit, brûlures, pertes grises ou verdâtres et une odeur de poisson ; elle est associée à la rupture prématurée des membranes et à l’accouchement prématuré.
📌 Le dépistage systématique de la vaginose bactérienne n’est pas indiqué dans la population générale, mais il est recommandé en début de grossesse après une rupture prématurée des membranes ou un accouchement prématuré antérieur associé à une infection fœto-maternelle bactérienne.
Compléments
La mycose vulvovaginale est l’infection génitale la plus fréquente pendant la grossesse et peut provoquer inconfort, douleurs ou contractions utérines, sans gravité particulière.
La vaginose bactérienne, présente chez 15 à 20 % des femmes enceintes, correspond au remplacement des lactobacilles par une flore diverse comprenant notamment Gardnerella vaginalis, des bactéries anaérobies et Mycoplasma hominis.
Le traitement de la vaginose bactérienne peut être du métronidazole à 2 g en prise unique ou à 500 mg matin et soir pendant 7 jours.
La mycose donne prurit et pertes blanches grumeleuses ; la vaginose remplace les lactobacilles et peut donner une odeur de poisson.
★ À maîtriser
Compléments
Les infections à Chlamydia et à mycoplasmes sont associées à une augmentation des menaces d’accouchement prématuré, des accouchements prématurés et des ruptures prématurées des membranes, avec un odds ratio supérieur à 4.
La transmission materno-fœtale de Chlamydia ou de mycoplasmes peut entraîner chez le nouveau-né une infection rhinopharyngée, une conjonctivite ou une pneumonie.
📌 Les condylomes ne sont traités que selon la gêne ; pendant la grossesse, l’imiquimod (Aldara) n’a pas d’autorisation de mise sur le marché, mais son utilisation est indiquée comme autorisée après le premier trimestre, et le laser peut être employé pour des lésions florides.
★ À maîtriser
En France, le streptocoque B est la première cause de mortalité par infection bactérienne chez les nouveau-nés et provoque notamment pneumonies, septicémies et méningites.
En France, le portage vaginal du streptocoque B concerne 10 à 15 % des femmes enceintes et est le plus souvent transitoire ou intermittent.
Les formes précoces d’infection néonatale à streptocoque B surviennent avant 7 jours, souvent dès la naissance, et se manifestent notamment par septicémie, méningite ou infection pulmonaire ; les formes tardives peuvent survenir jusqu’à 6 à 8 mois et sont surtout des méningites purulentes.
Toutes les femmes enceintes doivent être dépistées par prélèvement vaginal au tiers inférieur du vagin, sans spéculum, entre 34 et 38 SA, idéalement entre 35 et 37 SA et dans les 5 semaines précédant l’accouchement.
Le portage vaginal isolé du streptocoque B ne doit pas être traité pendant la grossesse, car le germe peut disparaître spontanément et les antibiotiques risquent de sélectionner des résistances.
Une antibioprophylaxie intrapartum est indiquée en cas de portage actuel du streptocoque B, d’antécédent d’infection néonatale à streptocoque B, d’infection urinaire ou de prélèvement vaginal positif pendant la grossesse, ou de statut inconnu associé à une rupture des membranes d’au moins 12 heures, une température supérieure à 38 °C ou un accouchement prématuré inexpliqué avant 37 SA.
L’antibioprophylaxie du streptocoque B débute au début du travail confirmé ou dès la rupture prématurée des membranes, même si l’accouchement n’est pas imminent, et elle est répétée jusqu’à la naissance ; elle est complète lorsque la naissance survient au moins 4 heures après la première injection.
Compléments
Le streptocoque B, ou Streptococcus agalactiae, est une bactérie à Gram positif anaérobie, disposée habituellement en paires ou en chaînes, et comporte les sérotypes Ia, Ib, II, III, IV, V et VI.
Les infections à streptocoque B représentent 30 à 40 % des infections bactériennes néonatales ; leur mortalité reste élevée et 25 à 50 % des enfants survivants gardent des séquelles neurologiques.
Le réservoir du streptocoque B est le tube digestif et la colonisation des voies génitales se fait par voie ascendante à partir du périnée ; 45 % des partenaires de femmes colonisées ont un prélèvement urétral positif.
Parmi les femmes colonisées en début de grossesse, environ un tiers seulement le reste de façon stable pendant toute la grossesse ; 20 à 31 % des prélèvements anténataux positifs sont suivis d’une culture négative à l’accouchement, tandis que 4 à 8 % des prélèvements négatifs deviennent positifs à l’accouchement.
La colonisation néonatale par le streptocoque B concerne en moyenne 5 à 20 % des nouveau-nés, et 50 à 75 % des nouveau-nés de mères colonisées sont colonisés à la naissance.
Les facteurs favorisant la colonisation néonatale sont : la prématurité, un poids de naissance inférieur à 1 000 g, la rupture prématurée des membranes, les grossesses multiples, une forte colonisation maternelle, une infection urinaire maternelle à streptocoque B
Les infections maternelles du post-partum à streptocoque B comprennent les endométrites, les septicémies et les abcès de paroi, favorisés par une colonisation génitale importante.
La PCR rapide Genexpert peut dépister le streptocoque B en moins d’une heure chez les patientes non dépistées ou dont le résultat n’est pas disponible à l’entrée en travail, mais elle ne détermine pas la sensibilité aux antibiotiques.
📌 L’antibioprophylaxie du streptocoque B n’est pas indiquée chez une femme ayant eu un portage lors d’une grossesse précédente sans infection néonatale, ni en cas de césarienne programmée à membranes intactes.
Tube digestif → périnée → vagin : voie de colonisation maternelle.
★ À maîtriser
📌 Toute fièvre d’origine non évidente persistant plus de 48 heures chez une femme enceinte doit être considérée comme une listériose et traitée comme telle.
La transmission materno-fœtale de Listeria se fait surtout par voie hématogène transplacentaire lors d’une bactériémie, plus rarement par voie transmembranaire ou lors de l’expulsion.
Le diagnostic maternel de listériose repose principalement sur les hémocultures ; la sérologie est peu sensible et trop tardive, tandis que les examens complémentaires peuvent inclure la bactériologie et l’histologie du placenta, un prélèvement vaginal en cas de rupture spontanée des membranes et des prélèvements néonataux.
Compléments
Listeria monocytogenes est une bactérie ubiquitaire retrouvée dans le sol, l’eau, les plantes et les matières organiques en décomposition ; la contamination humaine se fait principalement par l’alimentation.
Listeria monocytogenes peut contaminer notamment la charcuterie, la viande hachée, les poissons fumés et les fromages au lait cru ; elle est détruite par la cuisson et la pasteurisation, mais résiste au froid et à une congélation à −15 °C.
La listériose materno-fœtale représente 5 % des infections materno-fœtales bactériennes et le sérotype 4b est particulièrement impliqué dans les infections périnatales.
Les symptômes maternels de listériose sont aspécifiques et peuvent comprendre un syndrome septicémique, grippal ou pharyngé, une pyélonéphrite, un syndrome appendiculaire ou une gastro-entérite fébrile ; 30 % des femmes enceintes atteintes n’ont pas de symptômes maternels.
La listériose peut provoquer une mort fœtale in utero, une chorioamniotite, une fausse couche spontanée ou tardive, une menace ou un accouchement prématuré ; chez le nouveau-né, elle peut entraîner septicémie, détresse respiratoire, éruption maculopapuleuse, méningite ou pneumonie.
La mortalité de la listériose néonatale reste de l’ordre de 20 à 30 % malgré l’antibiothérapie.
Bactériémie maternelle → passage transplacentaire → infection fœtale.
★ À maîtriser
Les bêta-lactamines sont le traitement de choix d’une listériose avérée et d’une femme enceinte fébrile chez qui une listériose est possible.
L’amoxicilline IV est utilisée à la dose de 6 g/24 h, seule ou associée à un aminoside en cas de tableau très inquiétant, pendant 5 à 8 jours ou 2 semaines si la listériose est avérée.
La prévention de la listériose repose sur l’information des patientes, les prélèvements et l’antibiothérapie devant une pathologie infectieuse inexpliquée, ainsi que la détection précoce des formes épidémiques et leur déclaration obligatoire.
Compléments
En cas d’allergie aux bêta-lactamines, l’érythromycine, le Bactrim ou la vancomycine peuvent être utilisés contre la listériose.
La Listeria présente une résistance naturelle aux céphalosporines de troisième génération (C3G).
📌 Devant une fièvre persistante inexpliquée avec syndrome grippal sans point d’appel, un traitement probabiliste est poursuivi jusqu’à l’obtention d’hémocultures négatives, ce qui prend généralement 5 jours.
★ À maîtriser
En France, 70 % des femmes enceintes sont séronégatives pour la toxoplasmose et 0,2 % se contaminent pendant la grossesse.
Les sources de contamination comprennent : les oocystes de chat présents dans la terre ou la litière, les viandes d’herbivores ayant brouté une herbe contaminée, le jardinage, les légumes
Après la contamination, le parasite traverse la barrière intestinale, se multiplie dans la circulation sanguine, peut atteindre le placenta pendant cette phase, puis se localise dans les tissus sous forme de kystes quiescents.
La gravité dépend :
Pour dater une infection toxoplasmique lorsque la sérologie initiale est positive ou ambiguë, on compare les taux à 3 semaines d’intervalle et on utilise l’avidité des IgG ; la présence d’IgM ne prouve pas à elle seule une infection évolutive.
📌 Une avidité élevée des IgG indique des IgG anciennes, tandis qu’une avidité faible associée à une augmentation des IgG évoque une primo-infection récente.
📌 Avec l’avancement de la grossesse, la transmission de la toxoplasmose devient plus fréquente, tandis que le risque de lésions sévères diminue.
📌 Après une séroconversion toxoplasmique, la spiramycine est le traitement de première intention au premier trimestre, tandis que la pyriméthamine, la sulfadiazine et l’acide folinique sont utilisés aux deuxième et troisième trimestres.
📌 Après une amniocentèse toxoplasmique négative, le traitement est allégé mais poursuivi jusqu’à l’accouchement, avec une échographie mensuelle et un dépistage néonatal ; après un résultat positif, la surveillance échographique est réalisée toutes les 2 à 3 semaines.
Compléments
📌 Une infection toxoplasmique ancienne protège généralement contre une réinfection, sauf chez les personnes très immunodéprimées, notamment en cas de VIH ou de corticothérapie.
L’échographie peut montrer des calcifications cérébrales et des dilatations ventriculaires, mais une échographie normale n’exclut pas une atteinte cérébrale ou oculaire.
Au premier trimestre, la spiramycine est administrée à 3 MUI trois fois par jour et, en cas de rupture de stock, l’azithromycine peut être utilisée à 250 mg deux fois par jour.
Aux deuxième et troisième trimestres, le traitement associe pyriméthamine 50 mg par jour, sulfadiazine 500 mg à raison de 3 comprimés matin et soir, et acide folinique 25 mg à raison de 2 gélules par semaine.
Transmission plus fréquente en fin de grossesse, lésions plus graves en début de grossesse.
★ À maîtriser
📌 Le dépistage sérologique de la rubéole est réalisé en début de grossesse ; en l’absence d’IgG, la surveillance est poursuivie jusqu’à 20 SA.
Le risque de rubéole congénitale malformative est surtout associé au premier trimestre, les atteintes étant principalement sensorielles jusqu’à 20 SA et le risque étant nul après 20 SA.
Les atteintes possibles comprennent : une cataracte souvent bilatérale, une rétinopathie, une microphtalmie, une persistance du canal artériel, une hypoplasie de l’artère pulmonaire, une surdité, un retard psychomoteur, parfois associé à une microcéphalie, des anomalies osseuses, des anomalies dentaires, des anomalies du système nerveux central
📌 Une primo-infection rubéoleuse certaine chez une femme dont l’immunité antérieure est négative ou inconnue repose sur au moins deux des trois critères suivants : éruption ou contage daté, séroconversion, et IgM antirubéoleuses significatives ; une PCR positive dans le liquide amniotique ou des IgM fœtales significatives peuvent également l’étayer.
Compléments
La rubéole est une infection par un virus à ARN de la famille des Togaviridae et du genre Rubivirus, transmis par voie respiratoire.
La contagiosité de la rubéole commence 7 jours avant l’éruption et se poursuit 10 jours après celle-ci ; l’incubation est de 15 jours.
Les atteintes oculaires de la rubéole congénitale comprennent une rétinopathie dans 9 à 60 % des cas et une microphtalmie dans 16 à 63 % des cas ; les anomalies cardiaques et la surdité surviennent chacune dans 60 % des cas.
📌 Avant 12 SA, une infection fœtale confirmée conduit à discuter une interruption médicale de grossesse ; entre 12 et 18 SA, celle-ci peut être discutée selon le cas, et au-delà de 18 SA une surveillance postnatale est proposée pour les formes alors décrites comme asymptomatiques.
Le vaccin contre la rubéole est un vaccin vivant atténué efficace à 95 %, et la vaccination doit être accompagnée d’une contraception pendant 1 mois.
Parmi 296 femmes enceintes vaccinées sans connaître leur grossesse, aucun cas de transmission n’a été observé et il n’y a pas d’indication à une interruption médicale de grossesse pour cette seule raison.
★ À maîtriser
En 2025, la HAS recommande de déterminer le statut CMV au premier trimestre et de dépister les femmes séronégatives ou de statut inconnu, sans refaire de sérologie chez les femmes séropositives.
Le risque de transmission transplacentaire du CMV augmente avec le terme : il est de 15 % après une infection dans les deux mois précédant la conception, de 25 % autour de la conception, de 37 % au premier trimestre, de 40 % au deuxième trimestre et de 66 % au troisième trimestre.
Dès une primo-infection à CMV au premier trimestre et jusqu’aux résultats de l’amniocentèse, le valacyclovir est administré à 8 g par jour, idéalement à raison de 2 g toutes les 6 heures, avec surveillance hebdomadaire de la créatininémie.
L’amniocentèse pour recherche du CMV est réalisée à partir de 17 SA et la PCR du liquide amniotique comporte 8 à 10 % de faux négatifs, notamment en raison de passages transplacentaires tardifs.
📌 Si la PCR du liquide amniotique est négative, le traitement est arrêté, avec une échographie mensuelle et un dépistage néonatal par PCR urinaire et salivaire ; si elle est positive, le traitement peut être poursuivi jusqu’à l’accouchement, avec échographie tous les 15 jours et IRM cérébrale à 32 et 36 SA.
Compléments
Le CMV est responsable de 0,5 à 1 % des infections chez les nouveau-nés en Europe, soit environ 8 000 nouveau-nés atteints par an en France, et constitue la première cause de troubles auditifs de l’enfant.
La séroprévalence du CMV en France est de 60 % chez les femmes enceintes : 60 % sont séropositives et 40 % sont séronégatives.
Après une primo-infection à CMV au premier trimestre, environ 90 % des fœtus infectés sont asymptomatiques à la naissance, tandis que 10 % présentent des symptômes, notamment auditifs.
Les précautions de prévention du CMV comprennent le lavage fréquent des mains après contact avec un jeune enfant ou ses sécrétions, l’absence de partage des couverts, tétines et affaires de toilette, l’évitement des baisers sur la bouche et l’absence de contact avec les sécrétions de l’enfant ; elles s’appliquent aussi au conjoint jusqu’à l’accouchement.
Le valacyclovir instauré après une primo-infection à CMV réduit de 70 % le risque de passage transplacentaire ; pour une infection du premier trimestre, le risque de forme sévère rapporté diminue de 3 % à 1 % sous traitement.
L’échographie de référence focalisée détecte 92 % des séquelles du CMV et 100 % des séquelles sévères, tandis que l’IRM révèle des anomalies cérébrales dans 26 % des échographies normales.
★ À maîtriser
Le syndrome varicelleux congénital est un tableau malformatif après une varicelle maternelle survenue avant 20 SA, avec un risque de survenue de 1 à 2 %.
Une varicelle néonatale est dite grave lorsque la varicelle maternelle survient entre 7 jours avant et 7 jours après la naissance, ou dès 21 jours avant la naissance si l’enfant naît avant 28 SA ou pèse moins de 1 000 g.
La varicelle postnatale est acquise après la naissance par voie aérienne ou cutanée, tandis que la varicelle néonatale est acquise in utero par voie transplacentaire.
Le zona maternel ne présente pas de risque de transmission in utero parce qu’il n’entraîne pas de virémie ; s’il est guéri à l’accouchement, il n’y a pas de risque de syndrome varicelleux congénital ni de varicelle néonatale.
Compléments
La varicelle est une infection à virus à ADN de la famille des Herpesviridae, transmise par voie aérienne ou par le liquide des vésicules ; son incubation dure 14 jours et l’éruption 5 jours.
La varicelle est contagieuse à partir de 2 jours avant l’éruption et jusqu’à la fin de celle-ci, soit environ 7 jours au total.
La pneumopathie varicelleuse maternelle est particulièrement préoccupante au troisième trimestre et le cours rapporte un risque de mortalité de 10 %.
Une varicelle postnatale du nouveau-né débute généralement après 10 jours de vie et son risque de mortalité est multiplié par 8 par rapport à une varicelle survenant entre 1 et 4 ans.
Une varicelle non compliquée pendant la grossesse est traitée en ambulatoire par valacyclovir oral à 1 g trois fois par jour pendant 7 jours, idéalement commencé dans les 24 heures suivant le début de l’éruption.
Une pneumonie varicelleuse impose une hospitalisation individuelle avec précautions aériennes et de contact, et un traitement par aciclovir IV à 15 mg/kg toutes les 8 heures.
📌 Un zona maternel non guéri à l’accouchement expose à un risque de varicelle néonatale bénigne.
Varicelle : virémie et risque fœtal ; zona : pas de virémie, donc pas de transmission in utero.
★ À maîtriser
Environ 80 % des contaminations néonatales herpétiques surviennent lors du passage dans la filière génitale à l’accouchement, surtout lors d’un épisode initial plutôt que d’une récurrence.
Le risque d’herpès néonatal est de 25 à 44 % lors d’un épisode initial à l’accouchement, de 1 % lors d’une récurrence à l’accouchement, de 1/1 000 en cas d’antécédent sans lésion visible et de 1/10 000 sans antécédent connu.
📌 Après un épisode initial d’herpès génital pendant la grossesse, une prophylaxie antivirale est recommandée à partir de 36 SA, ou de 32 SA si le risque d’accouchement prématuré est important, jusqu’à la naissance.
📌 Après un épisode initial d’herpès génital survenu dans les 6 semaines précédant l’accouchement, une césarienne est indiquée en raison de l’excrétion virale prolongée ; la voie vaginale n’est envisagée que si les membranes sont intactes ou si la rupture date de moins de 4 heures.
Compléments
L’herpès néonatal est rare, avec une incidence rapportée de 3 cas pour 100 000 naissances, mais grave, car plus de la moitié des enfants atteints décèdent ou gardent de lourdes séquelles neurologiques.
La prophylaxie antivirale de l’herpès génital utilise l’aciclovir à 400 mg trois fois par jour ou le valacyclovir à 500 mg deux fois par jour.
En cas de récurrence herpétique pendant la grossesse, un traitement antiviral peut réduire l’excrétion virale et les symptômes de 1 à 2 jours, et une prophylaxie est recommandée dès 36 SA, ou plus tôt si le risque d’accouchement prématuré est élevé.
📌 Lors d’une récurrence herpétique en cours de travail, la césarienne est davantage envisagée si les membranes sont intactes, en cas de prématurité ou de séropositivité au VIH ; la voie vaginale est davantage envisagée si la rupture des membranes est prolongée, après 37 SA et en l’absence de séropositivité au VIH.
📌 En cas de récurrence herpétique et de voie basse autorisée, l’amniotomie doit être limitée aux indications validées, mais l’extraction instrumentale n’est pas contre-indiquée.
Épisode initial à l’accouchement : risque élevé ; récurrence : risque nettement plus faible.
★ À maîtriser
Le risque de primo-infection par le parvovirus B19 pendant la grossesse est d’environ 1 % en année habituelle et peut atteindre 13 % en période épidémique.
Après une primo-infection maternelle à parvovirus B19, une échographie hebdomadaire est organisée pendant 12 semaines pour rechercher une anémie fœtale, notamment par mesure du pic systolique de l’artère cérébrale moyenne, et ses conséquences comme l’anasarque.
Le parvovirus B19 détruit les érythroblastes, précurseurs des globules rouges, et peut provoquer une anémie fœtale sévère, une anasarque, une insuffisance cardiaque, une myocardite ou une mort fœtale.
En cas d’anémie fœtale sévère liée au parvovirus B19, une transfusion in utero peut être nécessaire et la recherche étiologique peut être menée en parallèle de la prise en charge thérapeutique.
Compléments
La transmission materno-fœtale du parvovirus B19 augmente au cours de la grossesse et est en moyenne d’environ 30 %, tandis que la virémie maternelle dure environ 5 jours.
Environ 30 % des anasarques fœtales liées au parvovirus B19 évoluent vers une mort fœtale et environ 30 % se résolvent spontanément lorsque le virus disparaît et que la production des globules rouges reprend.
Destruction des érythroblastes → anémie fœtale → atteinte cardiaque
★ À maîtriser
📌 Les tests tréponémiques, comme le TPPA et le TPLA, sont spécifiques des tréponèmes et restent généralement positifs à vie après une infection, tandis que les tests non tréponémiques sont moins spécifiques mais contribuent au diagnostic et au suivi.
📌 Une syphilis diagnostiquée pendant la grossesse doit être traitée, idéalement avant 16 semaines d’aménorrhée.
Compléments
📌 Les syphilis primaire et secondaire sont précoces lorsqu’elles évoluent depuis moins d’un an, tandis que les formes latentes ou tertiaires sont tardives lorsqu’elles évoluent depuis plus d’un an sans traitement.
📌 En cas de syphilis non traitée ou inadéquatement traitée, la voie basse reste possible et une césarienne n’est pas systématiquement indiquée.
★ À maîtriser
📌 L’antigène HBs témoigne d’une présence actuelle du virus, les anticorps anti-HBs témoignent d’une guérison ou d’une vaccination, et les anticorps anti-HBc témoignent d’un contact avec le virus.
📌 Le nouveau-né exposé au VHB reçoit une dose de vaccin et une dose d’immunoglobulines dans des sites musculaires opposés, habituellement dans les 12 heures suivant la naissance.
Compléments
📌 Le dépistage obligatoire de l’hépatite B repose sur la recherche de l’antigène HBs et, depuis 2016, il est réalisé au premier trimestre plutôt qu’au troisième trimestre.
📌 L’hépatite B ne constitue pas une indication de césarienne et l’allaitement est possible après séro-vaccination du nouveau-né.
📌 L’hépatite C ne justifie pas de césarienne et l’allaitement n’est pas généralement contre-indiqué, mais une suspension temporaire peut être proposée en cas de crevasses du mamelon avec saignement important, notamment si la charge virale est élevée.
VHB : séro-vaccination du nouveau-né ; VHC : pas de césarienne préventive
★ À maîtriser
📌 À l’accouchement, une charge virale inférieure à 50 copies permet la voie basse, une charge supérieure à 400 copies indique une césarienne, et une charge comprise entre 50 et 400 copies nécessite une décision individualisée.
📌 Une prophylaxie postnatale est systématique chez le nouveau-né exposé au VIH et son intensité est adaptée au niveau de risque maternel.
Compléments
Le VIH détruit progressivement les lymphocytes CD4 et son suivi repose notamment sur le nombre de CD4 et la charge virale.
La transmission mère-enfant du VIH peut survenir principalement à l’accouchement, avant la naissance en cas notamment d’immunodépression, ou après la naissance par allaitement lorsque la charge virale n’est pas contrôlée.
★ À maîtriser
📌 La vaccination contre la coqueluche est recommandée à chaque grossesse entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée et peut être réalisée en même temps que les vaccinations contre la grippe et la COVID-19.
Compléments
La stratégie de cocooning consiste à vacciner les personnes susceptibles d’être en contact avec le nouveau-né, notamment :
La vaccination contre la coqueluche est administrée dans un vaccin combiné DTP-coqueluche, car il n’existe pas de vaccin français spécifique utilisé seul.
Vaccination maternelle → transfert placentaire d’IgG → protection du nouveau-né
★ À maîtriser
📌 Abrysvo est un vaccin administré à la femme enceinte, tandis que Beyfortus est une prévention postnatale par immunoglobuline administrée au nouveau-né.
📌 La vaccination maternelle par Abrysvo est recommandée entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée, avec au moins 14 jours entre cette vaccination et la naissance et au moins 14 jours entre Abrysvo et le vaccin contre la coqueluche.
Compléments
Pour la période présentée, la prévention saisonnière du VRS s’étend du 14 septembre au 28 février.
L’efficacité d’Abrysvo est meilleure lorsque la vaccination est réalisée suffisamment tôt, idéalement avec environ 4 à 8 semaines avant l’accouchement, et peut alors être comparable à celle de Beyfortus pour prévenir les hospitalisations néonatales pour infection des voies respiratoires inférieures.
Beyfortus est administré au nouveau-né en injection unique, notamment à J3 selon l’organisation décrite.
📌 Il n’est pas actuellement recommandé de renouveler systématiquement Abrysvo lors d’une grossesse ultérieure après une vaccination pendant une grossesse précédente; une prévention postnatale par Beyfortus est alors privilégiée.
Abrysvo protège par vaccination maternelle ; Beyfortus par immunoglobuline postnatale
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1. Un laboratoire classe les bactéries d’un prélèvement vaginal en groupes. Quel groupe comprend notamment Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis, responsables de pathologies vénériennes ?
2. Une femme enceinte a un antécédent d’accouchement prématuré associé à une infection fœto-maternelle bactérienne. Quelle conduite de prélèvement est indiquée ?
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À quoi correspond le groupe I des bactéries vaginales ?
À la flore habituelle non associée aux infections.
Quand le prélèvement vaginal systématique en début de grossesse est-il indiqué après un accouchement prématuré antérieur ?
Seulement si l’accouchement était associé à une infection fœto-maternelle.
À quel moment de la grossesse le prélèvement vaginal dépiste-t-il le streptocoque B ?
Au neuvième mois, avec un prélèvement datant de moins de cinq semaines à l’accouchement.
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