Fiche de révision : Médicaments de la sphère digestive

Plan du Cours

  1. Fonctions digestives et RGO
  2. Ulcère et traitements antiacides
  3. Inhibiteurs de la pompe à protons
  4. Antihistaminiques H2 et stratégie
  5. Antispasmodiques digestifs
  6. Médicaments et maladies hépatiques
  7. Nausées et vomissements
  8. Antagonistes dopaminergiques
  9. Antiemétiques et précautions d’emploi
  10. Constipation et laxatifs
  11. Diarrhée et traitements
  12. Traitements des maladies inflammatoires intestinales
  13. Traitements des pathologies anales

1. Fonctions digestives et RGO

Notions clés & Définitions

  • Reflux gastro-œsophagien : La remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage, due à une défaillance du système anti-reflux.

★ À maîtriser

  • La fonction digestive repose sur trois processus :

    • la motricité, qui broie, mélange et propulse le contenu digestif dans le sens oral-aboral
    • la sécrétion d’enzymes, de mucus, d’ions et d’hormones
    • l’absorption de l’eau, des électrolytes et des molécules intestinales vers le sang et la lymphe
  • En France, 30 à 45 % des adultes déclarent avoir ressenti au moins une fois dans le mois des symptômes évocateurs de reflux gastro-œsophagien, et 5 à 10 % en ressentent quotidiennement.

  • Les symptômes typiques du reflux gastro-œsophagien sont les brûlures rétrosternales ascendantes, souvent après les repas ou en position penchée en avant ou allongée, et les régurgitations acides ou alimentaires.

  • Le reflux gastro-œsophagien devient pathologique lorsqu’il provoque des symptômes ou des lésions de la muqueuse œsophagienne.

Compléments

  • La digestion transforme les molécules organiques des aliments en éléments plus simples physiquement et chimiquement afin qu’ils traversent la paroi digestive et soient absorbés dans le sang ou la lymphe.

  • Le reflux gastro-œsophagien est favorisé par :

    • le surpoids
    • les repas copieux
    • le tabac
    • l’alcool
  • Les symptômes typiques permettent de poser le diagnostic de reflux gastro-œsophagien sans exploration supplémentaire chez neuf malades sur dix.

  • Le reflux gastro-œsophagien est le principal facteur d’adénocarcinome de l’œsophage, mais le risque associé est extrêmement faible.

2. Ulcère et traitements antiacides

Notions clés & Définitions

  • Ulcère gastroduodénal : Une plaie profonde de la paroi interne de l’estomac ou du duodénum.

★ À maîtriser

  • L’ulcère gastroduodénal est favorisé notamment par une gastrite liée à Helicobacter pylori, qui colonise la muqueuse de l’estomac, et par la prise d’AINS ou d’aspirine, agressifs pour cette muqueuse.

  • Les alginates, comme le Gaviscon, forment des pansements gastriques, tandis que les antiacides, comme le Rennie, tamponnent l’acidité gastrique.

  • Les antiacides et alginates neutralisent l’acidité et protègent la muqueuse œsophagienne par flottement des alginates au-dessus du contenu gastrique, formation d’une barrière visqueuse contre le reflux et élévation du pH gastrique par les antiacides.

📌 Les antiacides et alginates doivent être espacés d’au moins deux heures des autres médicaments, voire de quatre heures avec les antibiotiques de la famille des quinolones.

Compléments

  • L’effet toxique des AINS sur la muqueuse gastrique persiste environ deux mois après l’arrêt du traitement.

  • Les symptômes de l’ulcère gastroduodénal comprennent des douleurs épigastriques brûlantes ou des crampes et des hémorragies pouvant se manifester par un méléna.

  • Les mesures hygiéno-diététiques proposées sont : dîner au moins trois heures avant de se coucher, surélever la tête du lit, arrêter de fumer, perdre du poids en cas de surpoids, réduire les aliments sucrés, gras et épicés, réduire l’alcool, le chocolat, le thé et le café, fractionner les repas, éviter les efforts physiques après les repas

  • Les compositions citées sont :

    • Gaviscon : alginate, bicarbonate et carbonate de sodium
    • Rennie : carbonate de calcium et de magnésium
    • Maalox ou Xolaam : hydroxyde d’aluminium et de magnésium
    • Polysilane : diméticone
    • Ulcar : sucralfate
  • L’absorption des antiacides et alginates est très faible, de 1 à 2 %, et la fraction absorbée est éliminée principalement par voie rénale ; leur action est rapide et fugace.

  • Les sels d’aluminium peuvent entraîner une constipation, tandis que les sels de magnésium peuvent entraîner une diarrhée.

📌 En cas d’insuffisance rénale, l’aluminium peut s’accumuler et entraîner une encéphalopathie ; l’alginate de sodium est à éviter chez les enfants ayant un dysfonctionnement rénal connu ou supposé en raison du risque d’hyponatrémie.

📌 Les antiacides et alginates sont contre-indiqués en cas d’hypersensibilité à l’un de leurs constituants et peuvent être utilisés pendant la grossesse sans abus, car ils peuvent bloquer l’absorption de minéraux alimentaires.

  • Les autres facteurs associés à l’ulcère gastroduodénal sont :

    • le tabagisme chronique
    • l’alcoolisme chronique
    • le stress prolongé
    • l’alimentation
  • En France, 90 000 nouveaux cas d’ulcères sont diagnostiqués chaque année par endoscopie digestive haute.

  • Les aliments peuvent être classés selon l’acidité qu’ils induisent ; le café est présenté comme très acide et la banane comme très basique, sans que l’objectif soit de les éviter complètement mais de limiter et équilibrer le repas.

3. Inhibiteurs de la pompe à protons

Notions clés & Définitions

  • Pompe à protons : Une protéine transmembranaire située au pôle apical des cellules pariétales du fundus et responsable de la sécrétion d’ions H+ dans l’estomac.

★ À maîtriser

  • La pompe à protons est activée par : l’histamine, qui agit sur les récepteurs H2 des cellules pariétales, l’acétylcholine, qui agit directement sur les récepteurs et stimule indirectement la libération d’histamine, la gastrine, qui active directement les récepteurs CCK2 et stimule indirectement la libération d’histamine

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons bloquent spécifiquement et irréversiblement la pompe, ce qui diminue la sécrétion gastrique d’ions H+ et l’acidité gastrique.

  • La demi-vie des inhibiteurs de la pompe à protons est d’environ une heure, mais le blocage des pompes dure 24 heures, ce qui permet une prise quotidienne avant le premier repas pour un effet antisécrétoire maximal.

  • L’oméprazole et l’ésoméprazole inhibent le CYP2C19 et peuvent diminuer le métabolisme de médicaments substrats ; l’association de l’oméprazole au clopidogrel est à éviter car elle diminue l’efficacité de son métabolite actif.

Compléments

  • L’effet antisécrétoire des inhibiteurs de la pompe à protons est puissant, dose-dépendant et rapide, avec un plateau atteint entre le troisième et le cinquième jour de traitement.

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons sont des « prazoles », mais l’aripiprazole est un antipsychotique et non un inhibiteur de la pompe à protons.

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons cités sont :

    • l’oméprazole
    • l’ésoméprazole
    • le lansoprazole
    • le pantoprazole
    • le rabéprazole
  • Les effets indésirables fréquemment rapportés avec les inhibiteurs de la pompe à protons comprennent les céphalées et des troubles digestifs de toute nature, tandis que les réactions allergiques sont rares.

  • À long terme, l’augmentation du pH gastrique sous inhibiteur de la pompe à protons peut diminuer l’absorption du fer et du magnésium, être associée à une carence en calcium et à des fractures osseuses, à des infections pulmonaires ou ORL et à des troubles neurologiques liés à une baisse du sodium sanguin.

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons peuvent provoquer des réactions d’hypersensibilité associées à une thrombopénie, une neutropénie, une agranulocytose ou une hépatite ; une cytolyse hépatique sous pantoprazole impose la suspension de sa prescription.

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons peuvent modifier l’absorption des substances dépendante du pH gastrique et sont contre-indiqués avec certains antiviraux, comme l’atazanavir, tandis qu’une précaution est nécessaire avec les antifongiques azolés.

  • L’oméprazole, le lansoprazole et le pantoprazole sont métabolisés par le CYP2C19, dont le polymorphisme génétique peut expliquer un échec thérapeutique en cas de métabolisme très efficace.

  • La grossesse n’est pas une contre-indication aux inhibiteurs de la pompe à protons, mais l’oméprazole est privilégié par précaution car il s’agit d’une molécule ancienne.

  • Les inhibiteurs de la pompe à protons peuvent entraîner des interactions modérées qui doivent être surveillées, notamment lorsqu’elles s’accumulent avec d’autres interactions.

4. Antihistaminiques H2 et stratégie

★ À maîtriser

  • Les antihistaminiques H2 réduisent la sécrétion d’acide gastrique en bloquant l’action de l’histamine sur les récepteurs H2 et en inhibant ainsi la stimulation de la pompe à protons dans les cellules pariétales.

  • La suppression de l’acide gastrique par les antisécrétoires diminue l’effet bactéricide et augmente le risque d’infections nosocomiales et de pneumonie.

  • Chez les patients de moins de 50 ans sans signe d’alarme, la prise en charge des symptômes typiques peu invalidants ou intermittents associe les mesures hygiéno-diététiques, les alginates ou antiacides et une cure courte d’anti-H2 ou d’IPP à demi-dose.

📌 En cas d’ulcère avec infection à Helicobacter pylori, une trithérapie associant un IPP à deux antibiotiques, généralement l’amoxicilline et la clarithromycine, est souvent prescrite pendant 7 à 14 jours et permet l’éradication dans 85 à 95 % des cas.

Compléments

  • Les anti-H2 cités sont :

    • la cimétidine
    • la ranitidine
    • la famotidine
  • Les anti-H2 sont administrés une ou deux fois par jour par voie orale ou intraveineuse.

  • Les anti-H2 peuvent provoquer une diarrhée, une éruption cutanée, de la fièvre, des douleurs musculaires ou une confusion.

  • La cimétidine, et dans une moindre mesure la ranitidine, peuvent provoquer une gynécomastie, une hyperprolactinémie et une confusion mentale, notamment chez les personnes âgées atteintes d’insuffisance rénale.

  • Après 50 ans ou en présence de signes d’alarme, la prise en charge inclut une endoscopie en cas de résistance d’emblée ou de rechute rapide après le traitement initial afin d’éliminer une sténose ou un cancer, avec biopsies œsophagiennes en cas de dysphagie pour rechercher une œsophagite à éosinophiles.

  • En cas de réponse insuffisante, de résistance ou d’échec du traitement médical, le patient est adressé au gastro-entérologue pour déterminer les explorations ou l’éventualité d’une chirurgie.

  • Les symptômes modérés peuvent être traités de manière intermittente ou à la demande, tandis que des récidives à l’arrêt justifient un traitement continu par IPP à pleine dose ou à demi-dose.

  • La chirurgie est rarement discutée, surtout chez les sujets jeunes dépendants des IPP présentant une œsophagite sévère ou une hernie hiatale significative de plus de 3 à 4 cm.

5. Antispasmodiques digestifs

Notions clés & Définitions

  • Antispasmodiques : Des médicaments qui soulagent les spasmes des muscles lisses, notamment dans le tube digestif et les voies urinaires.
  • Spasme : Une contraction intense et durable des fibres musculaires lisses d’un organe creux et une douleur.

★ À maîtriser

📌 Les antispasmodiques neurotropes bloquent les récepteurs de l’acétylcholine pour relâcher les muscles, tandis que les antispasmodiques musculotropes agissent directement sur les muscles lisses pour favoriser leur relâchement.

  • Les indications citées sont : les manifestations spasmodiques ou douloureuses du tube digestif, les manifestations spasmodiques ou douloureuses des voies biliaires, les manifestations spasmodiques ou douloureuses des voies urinaires, les manifestations spasmodiques ou douloureuses d’origine utérine, les coliques hépatiques, les coliques néphrétiques

📌 Le phloroglucinol est le seul antispasmodique musculotrope indiqué comme utilisable pendant la grossesse et l’allaitement sans avis médical.

  • Contrairement aux antispasmodiques atropiniques, les antispasmodiques musculotropes n’ont pas leurs effets indésirables anticholinergiques et peuvent être indiqués en cas de glaucome ou d’adénome prostatique.

Compléments

📌 Les antispasmodiques se distinguent des myorelaxants périphériques ou centraux et des inhibiteurs du péristaltisme morphinomimétiques.

  • Les antispasmodiques neurotropes atropiniques, tels que l’atropine, la scopolamine, le clidinium et l’oxybutynine, bloquent les récepteurs muscariniques de l’acétylcholine et sont peu utilisés, sauf dans les cas réfractaires, en urgence ou en milieu hospitalier.

  • Les effets indésirables atropiniques dose-dépendants comprennent : la sécheresse buccale, la constipation, la mydriase et les troubles de l’accommodation, l’élévation de la pression intraoculaire, la diminution de la sécrétion lacrymale, la tachycardie et les palpitations, la rétention urinaire, l’épaississement des sécrétions bronchiques

📌 Les antispasmodiques neurotropes atropiniques sont contre-indiqués en cas de troubles vésico-prostatiques, de cardiopathie décompensée ou de glaucome par fermeture de l’angle, et sont également mentionnés comme contre-indiqués pendant l’allaitement.

  • Les antispasmodiques musculotropes cités sont :

    • le phloroglucinol
    • la trimébutine
    • la mébévérine
    • le pinavérium
    • l’alvérine
  • Le phloroglucinol favorise la décontraction musculaire par inhibition de l’entrée du calcium, tandis que la trimébutine est un agoniste enképhalinergique.

  • Les indications comprennent :

    • les douleurs abdominales
    • les spasmes digestifs
    • les coliques hépatiques
    • les coliques néphrétiques
    • les contractions utérines
    • les règles douloureuses
  • Les antispasmodiques musculotropes sont généralement bien tolérés ; leurs effets indésirables cités comprennent des troubles digestifs mineurs, des réactions cutanées allergiques et de rares épigastralgies.

📌 L’association du phloroglucinol avec la morphine ou ses dérivés doit être évitée, car les morphiniques annulent l’effet antispasmodique et sont spasmogènes.

📌 Le Spasfon Lyoc agit plus rapidement que le Spasfon classique, avec un délai annoncé de 12 à 20 minutes contre 40 à 60 minutes, car le comprimé lyophilisé fond sous la langue et permet une absorption par la muqueuse buccale.

6. Médicaments et maladies hépatiques

Notions clés & Définitions

  • Ictère : Une accumulation de bilirubine dans le sang traduisant une défaillance de la sécrétion biliaire et souvent associée à des urines foncées et des selles décolorées.

★ À maîtriser

  • Le foie métabolise les nutriments, détoxifie le sang, produit la bile pour la digestion et synthétise des protéines essentielles à l’organisme.

  • Les antiviraux contre l’hépatite B bloquent des étapes clés du cycle viral afin d’empêcher la multiplication et la propagation du virus, sans l’éliminer directement.

📌 En cas d’hépatite toxique ou médicamenteuse, l’arrêt du médicament ou du toxique responsable est obligatoire et sa réintroduction peut être gravissime.

  • Les mesures de prévention citées sont :
    • la vaccination contre l’hépatite B
    • l’arrêt de la consommation excessive d’alcool
    • la lutte contre l’obésité

Compléments

  • Les maladies hépatiques peuvent être aiguës ou chroniques, rester silencieuses au début et entraîner des conséquences importantes si elles ne sont pas repérées rapidement.

  • Les virus hépatiques peuvent se transmettre par le sang, les rapports sexuels ou l’ingestion d’eau contaminée dans le cas de l’hépatite A.

  • La consommation excessive d’alcool est une cause majeure de cirrhose en France et dans le monde.

  • Le prurit généralisé est un symptôme caractéristique de certaines maladies hépatiques, notamment la cholestase.

  • L’hépatomégalie correspond à une augmentation de la taille du foie, qui peut être ressentie ou détectée à la palpation abdominale.

  • Le bilan initial des maladies hépatiques comprend notamment les transaminases, la gamma-GT, la bilirubine et d’autres marqueurs de la fonction hépatique, avec des sérologies virales selon la situation.

  • L’échographie abdominale est la première imagerie prescrite ; un FibroScan peut évaluer la fibrose et une IRM peut fournir une analyse plus fine.

  • Le traitement des maladies hépatiques dépend principalement du type et du stade de la maladie.

  • Les antiviraux cités contre l’hépatite B sont :

    • la telbivudine
    • le ténofovir
    • l’entécavir
    • l’adéfovir
    • la lamivudine
  • L’interféron alpha pégylé est utilisé contre l’hépatite B en injection sous-cutanée hebdomadaire pour réduire la charge virale ; il se fixe sur des récepteurs des hépatocytes et stimule le système immunitaire contre le virus.

  • Les effets indésirables fréquents de l’interféron alfa comprennent un syndrome grippal, la fatigue, une perte d’appétit ou de poids, des troubles digestifs et des rougeurs cutanées, ainsi que des effets psychiques allant de l’irritabilité à un syndrome dépressif sévère.

7. Nausées et vomissements

Notions clés & Définitions

  • Nausée : Une sensation subjective de malaise gastrique accompagnée d’une envie de vomir, sans que le vomissement survienne nécessairement.
  • Vomissement : L’expulsion orale forcée et involontaire du contenu gastrique, associée à des contractions synchronisées des muscles abdominaux et thoraciques.

★ À maîtriser

  • La nausée résulte de l’activation du centre du vomissement situé dans le tronc cérébral, qui coordonne les signaux provenant de différentes zones de l’organisme.

  • Le centre du vomissement est situé dans la moelle allongée et peut être activé par des signaux mécaniques ou chimiques du tube digestif, des médicaments ou des émotions.

  • Le centre du vomissement reçoit des signaux : de la zone gâchette, sensible aux toxines et aux médicaments, du tube digestif par les voies afférentes vagales, du cortex cérébral lors de stimuli psychogènes, de l’appareil vestibulaire impliqué dans le mal des transports

  • Les antiémétiques sont le plus souvent des antagonistes des récepteurs des neurotransmetteurs excitateurs du centre du vomissement.

Compléments

  • L’area postrema est présentée comme une zone coordonnant les signaux impliqués dans les sensations nauséeuses.

  • Les manifestations possibles sont :

    • un malaise épigastrique
    • une salivation excessive
    • des vertiges
    • une pâleur
    • des sueurs froides
    • une accélération du rythme cardiaque
  • 🔄 Le vomissement se déroule ainsi : fermeture du pylore, contraction de l’estomac, contraction du diaphragme et des muscles abdominaux, ouverture du cardia et évacuation du liquide gastrique, élévation du voile du palais et fermeture de la glotte pour protéger les voies respiratoires

  • Les récepteurs excitateurs comprennent : les récepteurs dopaminergiques D2, les récepteurs sérotoninergiques 5HT, les récepteurs de la substance P NK1, les récepteurs histaminiques H1, les récepteurs cholinergiques ou muscariniques M

8. Antagonistes dopaminergiques

★ À maîtriser

📌 Les antagonistes dopaminergiques D2 à action périphérique seule comprennent la dompéridone, tandis que les antagonistes à action périphérique et centrale cités comprennent la métopimazine, le métoclopramide, l’halopéridol et le dropéridol.

  • La dompéridone est le seul médicament présenté comme utilisable en cas de maladie de Parkinson.

Compléments

📌 Les antagonistes dopaminergiques D2 sont contre-indiqués avec la L-DOPA, les IMAO-B et les neuroleptiques dopaminergiques.

  • Les effets indésirables des neuroleptiques antiémétiques comprennent le syndrome extrapyramidal et le syndrome malin des neuroleptiques.

  • La dompéridone est administrée à la dose habituelle d’un comprimé de 10 mg une à trois fois par jour, sans dépasser 30 mg par jour.

  • La dompéridone est métabolisée par le CYP3A4, ce qui impose une précaution avec les inhibiteurs de cette enzyme, notamment les macrolides, les inhibiteurs des protéases et les antifongiques azolés.

  • La dompéridone traverse peu la barrière hémato-encéphalique et entraîne donc peu d’effets centraux.

  • Les effets indésirables possibles de la dompéridone comprennent la sécheresse buccale, la somnolence, la confusion, les dyskinésies, des troubles digestifs, l’allongement du QT, les torsades de pointe et l’hyperprolactinémie pouvant entraîner impuissance, aménorrhée, galactorrhée ou gynécomastie.

📌 La dompéridone est contre-indiquée en cas d’hypersensibilité, de tumeur hypophysaire à prolactine, d’allaitement, de risque de glaucome par fermeture de l’angle ou de rétention urinaire.

  • La métopimazine est disponible par voie orale, intraveineuse, intramusculaire et rectale, notamment sous forme de lyophilisat à 7,5 mg, gélule à 15 mg, suppositoire à 5 mg, gouttes à 0,1 % et solution injectable à 10 mg/ml.

  • La métopimazine traverse peu la barrière hémato-encéphalique, ce qui réduit ses effets centraux et extrapyramidaux.

  • Chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans, la dose recommandée de métopimazine est de 15 à 30 mg par jour, soit deux à quatre lyophilisats par jour.

  • Chez les enfants de 6 à 12 ans pesant au moins 15 kg, la dose maximale de métopimazine est de 15 mg par jour.

  • À une dose cinq fois supérieure à la dose thérapeutique, la métopimazine peut entraîner une dépression du système nerveux central, une hypotonie ou une hypotension artérielle.

9. Antiemétiques et précautions d’emploi

Notions clés & Définitions

  • Antagonistes 5-HT3 : Les antagonistes sélectifs des récepteurs 5-HT3 de la sérotonine, tels que l’ondansétron, le granisétron et le palonosétron, ont un puissant effet antiémétique en agissant sur le centre du vomissement.
  • Antagonistes NK1 : Les antagonistes NK1, comme l’aprépitant et le fosaprépitant, bloquent sélectivement et avec une forte affinité les récepteurs NK1 de la substance P.
  • Scopolamine : La scopolamine est un antagoniste compétitif de l’acétylcholine qui bloque les récepteurs muscariniques du système nerveux central et périphérique.

★ À maîtriser

  • La métopimazine peut provoquer des effets anti-D2 centraux peu fréquents, notamment des dyskinésies précoces et tardives, un syndrome extrapyramidal et une hyperprolactinémie.

  • L’halopéridol et le dropéridol ont une action centrale élevée et sont indiqués dans la prévention et le traitement des nausées et vomissements postopératoires.

📌 Les antihistaminiques sont indiqués dans la prévention et le traitement du mal des transports ; certains sont également indiqués pour traiter les nausées et vomissements, notamment la doxylamine associée à la vitamine B6 pendant la grossesse.

Compléments

  • Les effets anticholinergiques de la métopimazine comprennent sécheresse buccale, constipation, rétention urinaire, troubles de l’accommodation, mydriase, photosensibilité et sédation.

📌 La métopimazine est utilisée avec prudence chez les personnes âgées en raison des risques de sédation et d’hypotension, ainsi qu’en cas d’insuffisance rénale ou hépatique en raison d’un risque de surdosage.

📌 La métopimazine peut être utilisée pendant la grossesse si nécessaire, car les données disponibles n’ont pas mis en évidence d’effet néfaste pour l’enfant à naître.

  • La métopimazine est contre-indiquée en cas de glaucome à angle fermé ou d’hypertrophie bénigne de la prostate, et ses interactions avec les neuroleptiques dopaminergiques, la L-DOPA et les IMAO-B entraînent un antagonisme d’action.

  • Le métoclopramide peut provoquer somnolence, hyperprolactinémie, hallucinations, confusion, convulsions, méthémoglobinémie, effets extrapyramidaux et, exceptionnellement, un syndrome malin des neuroleptiques.

📌 Le métoclopramide est contre-indiqué en cas d’antécédent de dyskinésie tardive aux neuroleptiques ou de méthémoglobinémie, de phéochromocytome, pendant la grossesse ou l’allaitement et chez l’enfant de moins de 18 ans.

  • L’halopéridol et le dropéridol traversent fortement la barrière hémato-encéphalique, ce qui entraîne des effets centraux marqués.

  • Les effets indésirables de l’halopéridol et du dropéridol comprennent des effets extrapyramidaux, dyskinésies, hyperprolactinémie, sédation, somnolence, allongement du QT, hypotension orthostatique et arythmies.

📌 L’halopéridol et le dropéridol sont contre-indiqués en cas de coma, de dépression du système nerveux central, d’infarctus récent, d’arythmie ou d’insuffisance cardiaque décompensée, ainsi que pendant la grossesse et l’allaitement.

📌 Les neuroleptiques dopaminergiques, la L-DOPA et les IMAO-B antagonisent l’action de l’halopéridol et du dropéridol, tandis que les médicaments torsadogènes augmentent le risque cardiaque.

Astuce mémo

Les sétrons et les antagonistes NK1 ciblent la sérotonine et la substance P, contrairement aux neuroleptiques dopaminergiques.

10. Constipation et laxatifs

Notions clés & Définitions

  • Constipation : La constipation est une diminution de la fréquence des selles associée à une difficulté à les évacuer; chez l’adulte, elle peut être évoquée lorsque le rythme devient inférieur à trois selles par semaine et que les selles deviennent dures.

★ À maîtriser

📌 Le premier traitement de la constipation consiste à modifier l’hygiène de vie par une alimentation riche en fibres, de l’activité physique et une hydratation suffisante.

  • Les laxatifs osmotiques retiennent l’eau dans l’intestin par effet osmotique et leur effet débute généralement après 24 à 48 heures.
  • Les laxatifs de lest retiennent l’eau, augmentent le volume et la teneur en fibres des selles en formant un gel; leur effet survient en un à trois jours et nécessite une bonne hydratation.

📌 Les laxatifs stimulants augmentent la sécrétion colique d’eau et d’électrolytes et stimulent les contractions intestinales par irritation de la muqueuse recto-sigmoïdienne.

  • Les laxatifs locaux rectaux stimulent la muqueuse rectale et le réflexe d’exonération; ils sont réservés à la constipation terminale ou à un traitement ponctuel d’appoint et agissent en cinq à soixante minutes.

  • Les antagonistes des récepteurs opioïdes périphériques, dont le naloxégol, la naldémédine et la méthylnaltrexone, diminuent la constipation induite par les opioïdes sans neutraliser leurs effets sur le système nerveux central.

Compléments

  • La constipation peut s’accompagner d’inconfort abdominal, de crampes et de ballonnements, ainsi que de selles peu abondantes ou d’une sensation d’évacuation incomplète.

  • Les causes de constipation occasionnelle comprennent les changements d’habitudes ou de régime, les voyages, le stress, l’immobilisation, l’alitement, l’hospitalisation, les derniers mois de grossesse, certains médicaments contre la douleur et le fait de se retenir d’aller à la selle.

  • Les causes de constipation chronique comprennent une alimentation pauvre en fibres, une consommation insuffisante d’eau, un faible apport calorique, une activité physique faible, l’alitement, certains médicaments, des maladies intestinales ou rectales et des maladies telles que le diabète, l’hypothyroïdie, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, la dépression ou les troubles anxieux.

📌 Les laxatifs osmotiques sont contre-indiqués en cas de maladie inflammatoire du côlon, de syndrome occlusif ou subocclusif et de douleur abdominale de cause indéterminée; les polyéthylène glycols peuvent être prescrits chez la femme enceinte.

  • Les effets indésirables des laxatifs osmotiques comprennent ballonnements, douleurs abdominales, flatulences et diarrhées, qui sont fréquents au début du traitement puis tendent à disparaître.

  • Les laxatifs de lest comprennent : les gommes végétales, notamment le sterculia ou le karaya, les graines, notamment le psyllium ou l’ispaghul, les algues rouges, notamment l’agar-agar

📌 Les laxatifs de lest doivent être pris avec un grand volume d’eau et à distance des autres médicaments d’au moins deux heures afin de limiter le risque d’obstruction et les perturbations d’absorption.

📌 Les laxatifs stimulants doivent être utilisés brièvement, au maximum huit à dix jours, car leur usage régulier peut entraîner accoutumance, troubles intestinaux, perte de potassium et troubles du rythme cardiaque.

  • Les laxatifs stimulants peuvent provoquer crampes abdominales, diarrhées et nausées et sont contre-indiqués en cas d’occlusion intestinale, de maladie inflammatoire intestinale, de douleurs abdominales ou de déshydratation sévère.

11. Diarrhée et traitements

Notions clés & Définitions

  • Diarrhée : La diarrhée est l’émission d’au moins trois selles liquides ou molles par jour.

★ À maîtriser

  • La priorité du traitement de la diarrhée est d’éviter la déshydratation, notamment par l’hydratation et les solutions de réhydratation orale.

  • Le lopéramide ralentit le transit intestinal, réduit la sécrétion d’eau et de sels minéraux et augmente le tonus du sphincter anal.

  • Le racécadotril bloque les enképhalinases qui détruisent les enképhalines, ce qui diminue l’hypersécrétion intestinale d’eau et d’électrolytes sans ralentir le transit.

Compléments

  • Les principales causes de diarrhée sont : les infections virales, les infections bactériennes, la prise de médicaments, notamment les antibiotiques, les intolérances alimentaires

  • La préparation orale recommandée par l’OMS contient, par litre d’eau stérile, 3,5 g de chlorure de sodium, 2,5 g de bicarbonate de sodium, 1,5 g de chlorure de potassium et 20 g de glucose.

📌 Une solution de réhydratation orale en sachet se prépare en dissolvant un sachet dans 200 ml d’eau faiblement minéralisée, se conserve au réfrigérateur et s’utilise dans les 24 heures.

  • Chez l’adulte, la posologie du lopéramide est de 4 mg initialement, puis 2 mg après chaque selle liquide, sans dépasser 16 mg par jour; le traitement ne doit pas dépasser sept jours et doit être arrêté dès amélioration.

📌 Le lopéramide n’est pas recommandé en cas de diarrhée infectieuse invasive ou de toxi-infection avec fièvre, car il peut retenir les toxines ou favoriser la diffusion de l’infection.

  • La posologie indiquée du racécadotril est de 100 mg initialement puis de trois prises de 100 mg réparties dans la journée, avant les repas et pendant sept jours au maximum.

📌 Contrairement au lopéramide, le racécadotril ne ralentit pas le transit et ne provoque pas de constipation secondaire.

📌 Le racécadotril est contre-indiqué en cas d’allergie au médicament ou d’antécédent d’angio-œdème et nécessite un avis médical en cas de diarrhée bactérienne sévère, de diarrhée après antibiotiques, de grossesse ou d’allaitement.

  • Les pansements digestifs à base d’argile ou de silicate, comme la diosmectite et l’attapulgite, sont utilisés contre les diarrhées aiguës en complément de la réhydratation et des mesures diététiques.

📌 Les pansements digestifs peuvent provoquer une constipation et réduire l’absorption des autres médicaments s’ils sont pris à moins de deux heures d’intervalle.

📌 Les antibiotiques sont réservés aux diarrhées aiguës infectieuses graves ou à l’identification d’un germe spécifique, et leur choix dépend du germe identifié par l’examen coprologique.

  • Les probiotiques ont une place marginale dans le traitement des diarrhées en France, ne remplacent pas la réhydratation et visent à restaurer la flore intestinale.

12. Traitements des maladies inflammatoires intestinales

★ À maîtriser

📌 La maladie de Crohn peut toucher toute partie du tube digestif, atteint souvent la fin de l’intestin grêle et le côlon, et son inflammation intéresse toute l’épaisseur de la paroi intestinale.

📌 La rectocolite hémorragique est limitée au côlon et au rectum, commence toujours par le rectum, peut s’étendre continûment dans le côlon et touche seulement la muqueuse.

Compléments

  • La mésalamine et la sulfasalazine agissent directement sur la paroi intestinale et sont prescrites en première intention dans les formes légères à modérées de rectocolite hémorragique.

📌 Les corticoïdes, comme la prednisolone, la prednisone et le budésonide, traitent rapidement les poussées aiguës de Crohn ou de rectocolite hémorragique en cures courtes, car ils ne doivent pas être pris à long terme en raison de leurs effets secondaires.

  • L’azathioprine, la 6-mercaptopurine et le méthotrexate sont des immunomodulateurs de fond indiqués dans les formes modérées à sévères lorsque les corticoïdes sont insuffisants ou pour réduire la dépendance à ceux-ci; leur plein effet apparaît après plusieurs semaines ou mois.

  • Les traitements ciblés comprennent : les anti-TNF infliximab et adalimumab, l’anti-intégrine védolizumab, les anti-interleukines ustékinumab et risankizumab, les petites molécules orales upadacitinib et tofacitinib

13. Traitements des pathologies anales

★ À maîtriser

📌 Les hémorroïdes correspondent à un gonflement des veines de l’anus, la fissure anale à une petite coupure de la peau anale, et l’abcès ou la fistule à une infection sous la peau.

Compléments

  • Les traitements des pathologies anales visent à : soulager la douleur par des antalgiques, faciliter l’évacuation par des laxatifs, utiliser des traitements locaux proctologiques, recourir à des traitements spécifiques

  • Les veinotoniques comme la diosmine sont administrés par voie orale à forte dose pendant quelques jours pour augmenter la résistance des vaisseaux sanguins et réduire le gonflement des veines hémorroïdaires.

  • Les crèmes antihémorroïdaires peuvent contenir des protecteurs cutanés comme l’oxyde de zinc ou des anesthésiques locaux comme la lidocaïne pour calmer la brûlure.

📌 Les crèmes antihémorroïdaires s’appliquent matin et soir et après chaque selle, au maximum quatre fois par jour; en l’absence d’amélioration après sept jours, il faut les arrêter et consulter un médecin.

📌 Les corticoïdes locaux utilisés lors d’une crise hémorroïdaire doivent l’être pendant quelques jours au maximum afin de ne pas fragiliser la peau.

  • La dose citée pour le Daflon dans le traitement des hémorroïdes est de 3 000 mg par jour, soit six comprimés de 500 mg.

Tableaux de synthèse

Comparaison des traitements de diarrhée

TraitementActionPoint distinctif
LopéramideRalentit le transit et réduit les sécrétionsÀ éviter lors de diarrhée infectieuse invasive fébrile
RacécadotrilRéduit l’hypersécrétion sans ralentir le transitNe provoque pas de constipation secondaire
Pansements digestifsProtègent la muqueuse digestivePeuvent réduire l’absorption des médicaments

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1. En France, quelle description correspond aux fréquences rapportées des symptômes évocateurs de RGO ?

2. Une personne présente des brûlures rétrosternales ascendantes après le repas et des régurgitations acides ; quelles interprétations sont exactes ?

Faire le QCM →

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Quels sont les trois processus de la fonction digestive ?

La motricité, la sécrétion et l’absorption.

Qu’est-ce que le reflux gastro-œsophagien ?

La remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage due à une défaillance du système anti-reflux.

En France, quelle proportion d’adultes ressent des symptômes évocateurs de reflux chaque jour ?

De 5 à 10 %.

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