Fiche de révision : Infections urinaires de l’adulte

Plan du Cours

  1. Épidémiologie et facteurs favorisants
  2. Cystite aiguë simple féminine
  3. Cystites compliquées
  4. Pyélonéphrite aiguë
  5. Infections urinaires gravidiques
  6. Infection urinaire masculine
  7. Infection sur sonde urinaire
  8. Bactériurie et principes thérapeutiques

1. Épidémiologie et facteurs favorisants

★ À maîtriser

  • Chez les femmes âgées de 15 à 65 ans, une infection urinaire survient au moins une fois chez 10 à 30 % d’entre elles.

  • La contamination des voies urinaires est principalement ascendante à partir du réservoir digestif.

Compléments

  • Les principaux facteurs favorisants sont:
    • Lithiases
    • Reflux vésico-urétéral
    • Sténoses urétrales
    • Corps étranger intravésical
    • Manœuvres endo-urologiques
    • Rapports sexuels
    • Grossesse et ménopause
    • Constipation, vaginites, diabète et vessie neurologique

📌 Chez l’enfant présentant une infection urinaire, il faut rechercher une malformation urinaire.

Astuce mémo

Contamination ascendante → infection urinaire

2. Cystite aiguë simple féminine

Notions clés & Définitions

  • Cystite aiguë : Associe brûlures mictionnelles, urgenturie, pollakiurie, douleur hypogastrique et parfois hématurie, en l’absence de fièvre.

★ À maîtriser

  • La pyurie est retrouvée dans 96 % des infections urinaires de la femme.

  • Le seuil de détermination d’une pyurie est de 10410^4 leucocytes/mL et celui d’une bactériurie est de 10510^5 germes/mL.

📌 Chez la femme de 15 à 65 ans présentant une cystite aiguë simple, la bandelette urinaire est recommandée, tandis que l’ECBU et l’imagerie ne sont pas indiqués.

Compléments

  • La bandelette urinaire a une sensibilité de 90,4 %, une valeur prédictive négative de 99 % et une valeur prédictive positive de 33,5 %.

Astuce mémo

BU négative : exclusion ; BU positive : confirmation non certaine

3. Cystites compliquées

Notions clés & Définitions

  • Cystite compliquée : Survient chez un patient fragile, un homme, une femme enceinte ou un patient présentant un diabète, une immunodépression, une neutropénie, une uropathie malformative ou obstructive, ou un DFG inférieur à 30 mL/min.

★ À maîtriser

📌 En cas de cystite compliquée, l’ECBU est systématique, le contexte favorisant doit être pris en charge et l’antibiothérapie dure 7 à 10 jours.

Compléments

  • Les critères de gravité d’une infection urinaire compliquée sont le sepsis avec un qSOFA supérieur ou égal à 2, le choc septique et la survenue après une chirurgie endoscopique.

4. Pyélonéphrite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Pyélonéphrite aiguë : Infection de la muqueuse pyélo-calicielle et du parenchyme rénal, principalement par contamination ascendante chez la femme.

★ À maîtriser

  • La pyélonéphrite aiguë associe habituellement des signes de cystite, une fièvre supérieure à 38,5 °C, des frissons et une douleur lombaire unilatérale.

  • L’ECBU d’une pyélonéphrite recherche une bactériurie supérieure ou égale à 10510^5 germes/mL et une leucocyturie supérieure ou égale à 10410^4 leucocytes/mL.

📌 En cas d’obstacle urinaire associé à une pyélonéphrite, le drainage par sonde JJ ou néphrostomie constitue une urgence médico-chirurgicale.

Compléments

📌 Une imagerie est indiquée en cas de fièvre persistante à J+3 du traitement, à J+1 en présence d’un facteur de risque de complication, de doute diagnostique ou de douleur hyperalgique.

Astuce mémo

Cystite → fièvre et douleur lombaire → recherche d’obstacle

5. Infections urinaires gravidiques

Notions clés & Définitions

  • Bactériurie asymptomatique : Correspond à une bactériurie supérieure à 10510^5 germes/mL sans symptômes urinaires et complique 5 à 10 % des grossesses.

★ À maîtriser

  • L’infection urinaire complique 10 % des grossesses et expose notamment à l’accouchement prématuré.

  • Pendant la grossesse, la compression vésicale par l’utérus gravide favorise le reflux vésico-urétéral, tandis que la progestérone diminue le péristaltisme urinaire et le tonus du sphincter urétéro-vésical.

📌 La bactériurie asymptomatique est la seule infection urinaire hors chirurgie programmée qui doit être traitée systématiquement, avec un ECBU de contrôle en fin d’antibiothérapie.

Compléments

  • La pyélonéphrite aiguë complique 1 à 2 % des grossesses et constitue la première cause de fièvre au cours de la grossesse.

Astuce mémo

Grossesse → reflux et stase urinaire → bactériurie puis pyélonéphrite

6. Infection urinaire masculine

★ À maîtriser

  • L’infection urinaire masculine se manifeste par brûlures mictionnelles, pollakiurie, urgenturie, dysurie, douleurs pelviennes et parfois fièvre, hématurie ou rétention.

📌 Chez un homme bien tolérant, l’antibiothérapie peut être différée jusqu’à l’obtention des résultats bactériologiques, tandis qu’une mauvaise tolérance ou un globe urinaire impose une antibiothérapie probabiliste.

Compléments

📌 Le bilan d’une infection urinaire masculine comprend une NFS, une CRP, un ionogramme, la créatininémie, un ECBU et, en cas de fièvre, des hémocultures.

  • La durée de traitement d’une infection urinaire masculine est probablement de 10 jours, mais elle est souvent prolongée à 14 jours.

Astuce mémo

Prostatite : fièvre possible ; cystite masculine : absence de fièvre

7. Infection sur sonde urinaire

★ À maîtriser

  • Une infection sur sonde urinaire peut provoquer des urines troubles et malodorantes, de la fièvre, un inconfort ou des douleurs pelviennes.

📌 Le bilan d’une suspicion d’infection sur sonde comprend un ECBU et une échographie ou un bladder-scan pour vérifier la fonctionnalité de la sonde.

Compléments

  • 🔄 La prise en charge en cas de bonne tolérance suit ces étapes:
    1. Hydratation
    2. Antibiothérapie adaptée
    3. Retrait de la sonde
    4. Changement éventuel après 48 heures d’antibiothérapie

Astuce mémo

Bactériurie ≠ antibiothérapie : la clinique guide le traitement

8. Bactériurie et principes thérapeutiques

★ À maîtriser

  • Les principaux germes impliqués et leurs fréquences sont:
    • Escherichia coli : 79,8 %
    • Streptococcus du groupe D : 5,4 %
    • Proteus mirabilis : 5,2 %
    • Staphylococcus saprophyticus : 3,7 %

📌 Le traitement de la cystite aiguë simple repose sur le fosfomycine-trométamol en monodose, le pivmécillinam à 400 mg matin et soir pendant 5 jours, ou une fluoroquinolone ou une céphalosporine selon le contexte de résistance.

📌 La guérison d’une cystite simple correspond à la disparition des symptômes en 2 à 3 jours et ne justifie pas d’ECBU de contrôle.

Compléments

📌 Il est inutile d’associer deux antibiotiques dans le traitement habituel d’une cystite aiguë simple.

  • Les conseils préventifs comprennent une hydratation d’environ 2 L par jour, des mictions fréquentes et après les rapports sexuels, l’évitement des vêtements serrés, le port de sous-vêtements en coton et une toilette d’avant en arrière sans excès.

Tableaux de synthèse

Comparaison des principales infections urinaires

InfectionSignes caractéristiquesBilan ou durée
Cystite simpleSignes urinaires sans fièvreBU ; pas d’ECBU ni imagerie
Cystite compliquéeTerrain ou anomalie à risqueECBU systématique ; 7 à 10 jours
Pyélonéphrite aiguëFièvre supérieure à 38,5 °C et douleur lombaireECBU ; imagerie si évolution défavorable
ProstatiteSignes urinaires avec fièvre et douleurs pelviennes possiblesAntibiothérapie souvent 10 à 14 jours

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Infections urinaires de l’adulte avec 23 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Par quelle voie la contamination des voies urinaires survient-elle principalement ?

2. Quelle proportion de femmes âgées de 15 à 65 ans présente au moins une infection urinaire au cours de cette période ?

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Quelle proportion de femmes de 15 à 65 ans a une infection urinaire au moins une fois ?

10 à 30 % des femmes de 15 à 65 ans.

Comment se fait principalement la contamination des voies urinaires ?

Par voie ascendante à partir du réservoir digestif.

Quels sont quelques facteurs favorisants des infections urinaires ?

Les lithiases, reflux vésico-urétéral, sténoses urétrales, corps étranger intravésical, manœuvres endo-urologiques, rapports sexuels, grossesse, ménopause, constipation, vaginites, diabète, vessie neurologique.

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