Fiche de révision : Médicaments de l’hémostase primaire

Plan du Cours

  1. Prévention cardiovasculaire
  2. Interactions et notions pharmacologiques
  3. Antiagrégants salicylés
  4. Inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12
  5. Surveillance de la ticlopidine
  6. Anticoagulants liés à l’antithrombine
  7. Anticoagulants oraux directs
  8. Antivitamines K
  9. Antihémorragiques et hémostatiques

1. Prévention cardiovasculaire

Notions clés & Définitions

  • Prévention primaire : Ensemble des actes qui diminuent le risque d’apparition d’une maladie ou d’un trouble dans une population ne présentant pas de risque connu lié à cette maladie.
  • Prévention secondaire : Ensemble des actes qui diminuent la prévalence d’une maladie, d’un trouble ou de ses complications dans une population à risque d’aggravation ou de maladie à un stade précoce.
  • Prévalence : Nombre total de cas d’une maladie ou d’un trouble dans une population à un moment donné.

Points essentiels

  • La prévention primaire cardiovasculaire cherche à empêcher l’apparition d’une maladie ou d’un premier événement en réduisant ou supprimant les facteurs de risque chez une personne n’ayant jamais déclaré la maladie ciblée.

  • La prévention secondaire cardiovasculaire cherche à éviter les récidives ou les complications en réduisant les facteurs de risque chez une personne ayant déjà déclaré la maladie ciblée.

Astuce mémo

Primaire : empêcher le premier événement ; secondaire : éviter la récidive.

2. Interactions et notions pharmacologiques

Notions clés & Définitions

  • Interaction médicamenteuse : Modification de l’efficacité ou de la toxicité d’un médicament par la prise simultanée ou rapprochée d’une autre substance.
  • Médicament inducteur enzymatique : Médicament qui amplifie l’activité d’une enzyme en s’y fixant, ce qui augmente la métabolisation des substrats de cette enzyme.
  • Médicament inhibiteur enzymatique : Médicament qui ralentit l’activité d’une enzyme en s’y fixant, ce qui diminue la métabolisation des substrats de cette enzyme.
  • Prodrogue : Médicament administré sous forme inactive qui doit subir une biotransformation ou une métabolisation hépatique pour devenir actif et efficace.
  • Événement athérothrombotique : Événement qui entraîne un défaut de perfusion sanguine des tissus irrigués par les artères en raison de la formation d’un thrombus.
  • Fibrillation auriculaire : Trouble de la conduction électrique cardiaque qui entraîne un rythme cardiaque irrégulier et inefficace.
  • Thrombose veineuse profonde : Formation d’un thrombus dans le réseau veineux profond, qui bloque la circulation veineuse et expose principalement au risque d’embolie pulmonaire.
  • Clairance rénale : Capacité du rein à filtrer le sang, correspondant au volume de sang épuré en une minute, exprimé en ml/min.

Points essentiels

📌 Une contre-indication absolue correspond à une interaction exposant à un risque majeur de toxicité ou d’effet indésirable grave pouvant engager le pronostic vital.

📌 Une association déconseillée doit être évitée si possible car elle modifie l’effet du traitement de façon préjudiciable ; si elle est nécessaire, une surveillance étroite du patient est requise.

Astuce mémo

Inducteur : métabolisation accrue ; inhibiteur : métabolisation ralentie.

3. Antiagrégants salicylés

★ À maîtriser

  • L’acide acétylsalicylique est un antiagrégant plaquettaire salicylé commercialisé sous les noms Kardegic et Aspegic, aux doses de 75 à 300 mg.
  • L’acide acétylsalicylique inhibe irréversiblement la COX des plaquettes par liaison irréversible.

  • L’acide acétylsalicylique est indiqué en prévention secondaire des syndromes coronariens aigus ou chroniques, mais n’est pas recommandé pour prévenir les AVC chez les personnes présentant une fibrillation auriculaire ; lorsqu’un traitement antithrombotique est indiqué dans ce contexte, il repose sur une anticoagulation orale.

Compléments

  • La posologie indiquée de l’acide acétylsalicylique est d’une prise par jour au milieu du repas.

  • Les effets indésirables des salicylés comprennent :

    • des hémorragies digestives
    • des gingivorragies
    • des épistaxis
    • des ecchymoses
    • des troubles gastro-intestinaux
    • des bronchospasmes
    • des crises d’asthme

📌 Les salicylés sont absolument contre-indiqués en cas de lésion hémorragique évolutive, notamment d’ulcère gastro-intestinal ou d’AVC hémorragique.

📌 Les salicylés sont relativement contre-indiqués en cas d’antécédent gastrique après prise d’aspirine, d’antécédent d’asthme induit par un salicylé ou de grossesse à une dose supérieure ou égale à 100 mg.

  • Avec les salicylés, les interactions déconseillées concernent les anticoagulants oraux en cas d’antécédent d’ulcère gastro-duodénal, le probénécide, qui voit son effet uricosurique diminuer, et l’acétazolamide, qui augmente le risque de toxicité de l’acide acétylsalicylique.

4. Inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12

★ À maîtriser

  • Les inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12 comprennent :
    • la ticlopidine (Ticlid)
    • le clopidogrel (Plavix)
    • le prasugrel (Effient)
    • le ticagrelor (Brilique)
  • Les inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12 se fixent sur les récepteurs P2Y12 des plaquettes non activées et empêchent l’ADP d’activer et de recruter de nouvelles plaquettes.

📌 Le clopidogrel et le prasugrel se lient irréversiblement au récepteur P2Y12, tandis que le ticagrelor s’y lie réversiblement.

Compléments

  • Le délai d’action est de 4 h pour le clopidogrel et de 30 min pour le prasugrel et le ticagrelor.

  • La perte de l’activité antiagrégante survient après 7 jours pour le clopidogrel et le prasugrel, 5 jours pour le ticagrelor et 10 jours pour la ticlopidine.

  • Le clopidogrel et le prasugrel sont des prodrogues, tandis que le ticagrelor est actif d’emblée.

  • Le ticagrelor est indiqué avec l’aspirine en prévention secondaire des événements athérothrombotiques après un syndrome coronarien aigu, avec une dose de charge unique de 180 mg suivie de 90 mg ou 60 mg deux fois par jour.

  • Les inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12 peuvent entraîner des hémorragies, une dyspepsie, des ecchymoses, des céphalées et des vertiges ; le ticagrelor peut aussi provoquer dyspnée, crise de goutte et hyperuricémie, et la ticlopidine une toxicité hématologique importante.

📌 Les inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12 sont contre-indiqués en cas de lésion hémorragique évolutive, de grossesse ou d’allaitement ; le prasugrel est également contre-indiqué en cas d’antécédent d’AVC, et la ticlopidine en cas d’hémopathie ou d’antécédent de trouble hématologique.

  • Les inhibiteurs du CYP2C19, notamment l’oméprazole, les antifongiques azolés, l’éfavirenz, la fluoxétine et la fluvoxamine, sont déconseillés avec le clopidogrel.

📌 Les inducteurs du CYP3A4 sont absolument contre-indiqués avec le ticagrelor et déconseillés avec les autres inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12.

  • L’association des inhibiteurs de la voie ADP-P2Y12 avec les AINS, les anticoagulants oraux directs, les héparines, les thrombolytiques ou les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine avec ou sans noradrénaline nécessite une prise en compte du risque hémorragique accru.

5. Surveillance de la ticlopidine

Points essentiels

📌 La ticlopidine nécessite une surveillance de l’hémogramme pendant les 3 premiers mois de traitement.

6. Anticoagulants liés à l’antithrombine

★ À maîtriser

  • Les héparines non fractionnées et les héparines de bas poids moléculaire accélèrent l’action de l’antithrombine III sur plusieurs facteurs activés, tandis que le fondaparinux accélère son action uniquement sur le facteur Xa.

  • L’héparine non fractionnée a une activité anti-IIa égale à son activité anti-Xa, tandis que l’héparine de bas poids moléculaire a une activité anti-Xa supérieure à son activité anti-IIa.

  • Les héparines sont indiquées en traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires et des syndromes coronariens aigus, ainsi qu’en prévention des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires en situation à risque, sauf pour INNOHEP®.

  • Le fondaparinux est indiqué en prévention des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires en situation à risque, ainsi qu’en traitement des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des thromboses veineuses superficielles et des syndromes coronariens aigus.

Compléments

  • Les héparines citées sont :

    • l’héparine sodique
    • la calciparine
    • la daltéparine
    • l’énoxaparine
    • la nadroparine
    • la tinzaparine
  • Toutes les héparines sont inactivées par le tube digestif et sont administrées par voie injectable ; le danaparoïde est administré par voie intraveineuse.

  • Le risque hémorragique est plus élevé avec l’héparine non fractionnée qu’avec l’héparine de bas poids moléculaire.

📌 Les héparines sont contre-indiquées en cas de maladie hémorragique évolutive ; les héparines de bas poids moléculaire le sont aussi en cas d’insuffisance rénale sévère et d’endocardite aiguë bactérienne, et l’héparine non fractionnée en cas d’antécédent de thrombopénie.

  • Le fondaparinux se prend une fois par jour ; sa durée de traitement est de 3 à 6 mois pour une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire, et de 30 à 45 jours pour une thrombose veineuse superficielle.

Astuce mémo

L’héparine agit sur IIa et Xa, le fondaparinux sur Xa seul.

7. Anticoagulants oraux directs

★ À maîtriser

  • Le dabigatran inhibe directement le facteur IIa, tandis que l’apixaban et le rivaroxaban inhibent directement le facteur Xa.

  • Le rivaroxaban est indiqué en prévention des événements athérothrombotiques avec aspirine, contrairement à l’apixaban ; tous deux sont indiqués en prévention après chirurgie orthopédique, en prévention des AVC et embolies systémiques en cas de fibrillation atriale non valvulaire avec facteur de risque, et en traitement des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires.

  • Le dabigatran est indiqué en prévention après chirurgie orthopédique, en prévention des AVC et embolies systémiques en cas de fibrillation atriale avec facteur de risque, et en traitement ou prévention des récidives de thrombose veineuse profonde et d’embolie pulmonaire.

Compléments

  • Le dabigatran se fixe au facteur IIa libre et empêche le clivage du fibrinogène ainsi que l’activation du facteur XIII.

  • L’apixaban et le rivaroxaban se fixent au facteur Xa libre ou dans le complexe prothrombinase et empêchent l’activation de la thrombine.

  • Le rivaroxaban se prend une fois par jour, l’apixaban deux fois par jour et le dabigatran une ou deux fois par jour selon l’indication.

📌 Les anticoagulants oraux directs sont contre-indiqués en cas de maladie hémorragique évolutive, d’atteinte hépatique sévère, d’insuffisance rénale sévère, de grossesse ou d’allaitement ; le dabigatran est aussi contre-indiqué en présence d’une prothèse valvulaire cardiaque.

Astuce mémo

Dabigatran cible IIa ; apixaban et rivaroxaban ciblent Xa.

8. Antivitamines K

★ À maîtriser

  • Dans le foie, les antivitamines K empêchent la carboxylation des facteurs II, VII, IX et X, ce qui empêche leur fixation du calcium et leur activation.

📌 Les antivitamines K préviennent les embolies en cas de fibrillation atriale, de valvulopathie mitrale ou de prothèse valvulaire, et traitent les maladies thromboemboliques veineuses en relais de l’héparine ou du fondaparinux.

  • La cible d’INR est de 2 à 3 pour une maladie thromboembolique, un infarctus du myocarde en phase aiguë, une fibrillation atriale ou une valvulopathie, et de 4 à 4,5 pour une embolie systémique ou une prothèse valvulaire.

Compléments

  • Les antivitamines K citées sont l’acénocoumarol et la warfarine, dérivés coumariniques, ainsi que la fluindione, dérivé indane-dione.

  • Pour une maladie thromboembolique veineuse traitée par antivitamine K, la durée est de 3 mois si le facteur déclenchant est transitoire, tant que le facteur persiste s’il est persistant, et à vie si la maladie est idiopathique.

  • Sous antivitamine K, l’INR est surveillé tous les deux jours jusqu’à stabilisation, puis une fois par semaine pendant 15 jours, puis une fois par mois.

  • La warfarine se prend une fois par jour le soir, agit en 36 à 72 heures et dure 3 à 5 jours ; l’acénocoumarol se prend une fois par jour, agit en 24 à 48 heures et dure 2 à 3 jours ; la fluindione se prend une fois par jour le soir, agit en 36 à 72 heures et dure 3 à 4 jours.

Astuce mémo

La vitamine K oxydée empêche la carboxylation → les facteurs ne fixent plus le calcium.

9. Antihémorragiques et hémostatiques

★ À maîtriser

  • L’acide tranexamique (EXACYL®, SPOTOF®) est indiqué dans les syndromes hémorragiques primitifs ou après chirurgie.

  • La phytoménadione (vitamine K1) traite et prévient les hémorragies par carence, notamment chez le nouveau-né ou en cas de carence iatrogène liée aux antivitamines K, à la phénytoïne, aux salicylés à forte dose ou aux antibiotiques à large spectre.

Compléments

  • La protamine est indiquée en cas de surdosage en héparine non fractionnée ou en héparine de bas poids moléculaire.

  • L’étamsylate (DICYNONE®) est indiqué dans les hémorragies gynécologiques ou dentaires et dans l’insuffisance veineuse rétinienne ou choroïdienne.

  • Le facteur VII activé (NOVOSEVEN®) est indiqué dans l’hémophilie avec inhibiteurs ou la carence en facteur VII, le facteur VIII (FACTANE®) dans l’hémophilie A, et l’association facteur VIII–facteur von Willebrand (VONCENTO®) dans la maladie de Willebrand ou l’hémophilie A.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Médicaments de l’hémostase primaire avec 15 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant les notions de prévention primaire, de prévention secondaire et de prévalence :

2. Un patient reçoit deux substances à quelques heures d’intervalle ; cochez la (les) proposition(s) exacte(s) concernant les interactions médicamenteuses :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Médicaments de l’hémostase primaire avec 67 flashcards interactives.

Que regroupe la prévention primaire ?

Les actes diminuant le risque d’apparition d’une maladie dans une population sans risque connu lié à celle-ci.

Que regroupe la prévention secondaire ?

Les actes diminuant la prévalence d’une maladie ou de ses complications dans une population à risque d’aggravation ou présentant un stade précoce.

Qu’est-ce qu’une interaction médicamenteuse ?

Une modification de l’efficacité ou de la toxicité d’un médicament par une autre substance prise simultanément ou rapprochée.

Voir les flashcards →

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