Fiche de révision : Neurophysiologie du lien psyché-soma

Plan du Cours

  1. Neurophysiologie et lien psyché-soma
  2. Repères historiques du lien psyché-soma
  3. Mécanismes biologiques du stress
  4. Évaluation et prise en charge clinique
  5. Neurone et organisation nerveuse
  6. Potentiel de repos et potentiel d’action
  7. Synapses et action des neurotransmetteurs
  8. Construction et maturation du cerveau
  9. Plasticité, adolescence et vieillissement
  10. Localisation cérébrale et plans de coupe
  11. Protéger et vasculariser le cerveau
  12. Le cortex et ses fonctions
  13. Les structures profondes du cerveau
  14. Moelle épinière et réflexes
  15. Plasticité cérébrale et récupération
  16. Rééducation et reconstruction après lésion
  17. Traumatisme crânien et séquelles
  18. Syndrome du bébé secoué

1. Neurophysiologie et lien psyché-soma

Notions clés & Définitions

  • Neurophysiologie : Étude du fonctionnement du système nerveux central, du système nerveux périphérique et des muscles, notamment par l’imagerie et les tests neuropsychologiques.
  • Psychisme : Ensemble des processus mentaux conscients ou inconscients, comprenant notamment les émotions, les représentations, les mécanismes de défense, les fantasmes et les modes d’attachement.
  • Soma : Corps dans toutes ses dimensions, notamment le système nerveux, le système endocrinien, le système immunitaire et les fonctions sensorimotrices et motrices.

★ À maîtriser

  • En clinique, une plainte doit d’abord être examinée pour écarter une cause organique avant de conclure à une origine psychologique.

  • Une maladie organique réelle peut être aggravée ou améliorée par des facteurs psychologiques comme le stress, l’anxiété ou la dépression.

Compléments

  • La neurophysiologie est une discipline transdisciplinaire qui fait dialoguer médecine, biologie, imagerie, psychologie et psychanalyse.

  • Selon le physiologiste J. Caston, « L'homme est une unité ».

  • L’eczéma illustre le lien bidirectionnel psyché-soma : le stress augmente le risque de poussées, tandis que les plaques sont réelles, visibles et mesurables.

Astuce mémo

Psyché et soma sont distincts dans l’enseignement, mais indissociables en clinique.

2. Repères historiques du lien psyché-soma

Notions clés & Définitions

  • Trouble de conversion : Le trouble de conversion, aussi appelé trouble à symptomatologie neurologique fonctionnelle, correspond à un ou plusieurs symptômes d’altération des fonctions motrices volontaires ou sensorielles, incompatibles avec les affections neurologiques ou médicales reconnues, non mieux expliqués par un autre trouble médical ou mental et associés à une détresse cliniquement significative ou à une altération du fonctionnement justifiant une évaluation médicale.
  • Pensée opératoire : Marty, Fain, de M'Uzan - La pensée opératoire, décrite par l’École de Paris dans les années 1960, se caractérise chez certains patients somatiques chroniques par une pauvreté de la vie fantasmatique et une difficulté à symboliser les affects.

★ À maîtriser

  • Hippocrate (vers -400 av. J.-C.) développe la théorie des quatre humeurs — sang, flegme, bile jaune et bile noire — dont l’équilibre conditionne la santé physique et psychique.

📌 Dans le dualisme de Descartes (1641), la res cogitans est l’esprit libre et hors de l’étendue, tandis que la res extensa est le corps étendu, mécanique et déterminé ; les deux substances seraient reliées par la glande pinéale.

  • En 1677, Spinoza défend le monisme selon lequel le corps et l’esprit sont deux aspects d’une seule et même substance.

  • Freud et Breuer montrent avec le cas d’Anna O. (Bertha Pappenheim) dans Études sur l’hystérie (1895) que des conflits inconscients peuvent se convertir en symptômes physiques.

  • Marshall et Warren (1984 ; prix Nobel 2005) établissent que la plupart des ulcères sont dus à Helicobacter pylori ou à des médicaments anti-inflammatoires, et que le stress est un facteur aggravant plutôt que la cause principale.

Compléments

  • La trépanation préhistorique consistait à percer le crâne par découpage ou forage au silex, et certains patients survivaient à l’opération.

  • Les usages supposés de la trépanation comprenaient : l’emploi d’une amulette contre les esprits maléfiques, le traitement des maux de tête sévères ou de l’épilepsie, l’idée de faire sortir les mauvais esprits

  • Au IIe siècle, Galien ajoute que le tempérament influence la vulnérabilité aux maladies, associant notamment le colérique à l’impulsivité et à l’exubérance, et le mélancolique à l’anxiété et à la suspicion.

  • Au Moyen Âge, la saignée est utilisée pour « réguler les humeurs » contre la mélancolie, les maux de tête, les troubles digestifs ou le stress, traitant ainsi le psychique par une intervention corporelle.

  • En 1543, Vésale contribue au développement de l’observation anatomique rigoureuse en nommant les structures du corps à partir de la dissection humaine.

  • En 1887, Charcot étudie l’hystérie à la Salpêtrière par l’hypnose et montre que le psychisme peut influencer le fonctionnement corporel.

  • En 1907, Janet décrit la dissociation psychique, où certaines fonctions mentales se fragmentent et se manifestent par des symptômes corporels, mécanisme associé aujourd’hui au psychotraumatisme.

  • Les formes cliniques comprennent :

    • la cécité
    • la paralysie
    • la dystonie
    • les crises psychogènes non épileptiques
    • les anesthésies
    • les troubles de la déglutition ou du langage
    • les tics moteurs
    • les difficultés à marcher
  • Franz Alexander (1950) associe historiquement certaines maladies organiques à des profils de personnalité et à des conflits psychiques spécifiques, notamment l’ulcère gastro-duodénal à l’anxiété et à des conflits autour de la colère et de la dépendance.

Astuce mémo

Trépanation → humeurs → saignée → dualisme et monisme → psychopathologie → psychosomatique.

3. Mécanismes biologiques du stress

★ À maîtriser

  • Face à un stress, l’axe HPA suit la cascade hypothalamus (CRH) → hypophyse (ACTH) → glandes surrénales (cortisol).

📌 Le thalamus envoie l’information sensorielle au cortex par la voie longue, consciente et lente, et à l’amygdale par la voie courte, automatique, rapide et hors conscience.

  • Petticrew, Bell et Hunter (2002) ne trouvent pas de preuve solide que le style de coping influence la survie au cancer, même si le soutien psychologique améliore la qualité de vie.

Compléments

  • McEwen (1998) décrit largement l’axe HPA, ou axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, comme circuit de réponse au stress.

  • Joseph LeDoux (2000) montre que l’amygdale influence directement la fréquence cardiaque, la tension artérielle et l’activité intestinale.

  • Ader et Cohen (1975) montrent qu’une baisse de l’immunité peut être conditionnée chez le rat, et Ader popularise le terme psycho-neuro-immunologie en 1981.

  • Cohen, Tyrrell et Smith (1991) confirment que le stress augmente le risque d’infection chez l’être humain.

  • Selon les travaux d’Henri Laborit chez le rat, l’impossibilité de fuir ou de combattre une menace provoque rapidement des ulcères et une chute de l’immunité, phénomène appelé inhibition de l’action.

  • Chez des étudiants en période d’examens, le stress fait baisser de façon mesurable les lymphocytes T (Kiecolt-Glaser et al., 1984).

  • Les réactions psychologiques décrites se répartissent en quatre profils :

    • esprit combatif
    • déni
    • acceptation stoïque
    • impuissance-désespoir
  • Greer, Morris et Pettingale (1979) rapportent que cinq ans après l’opération, les patientes combatives ou dans le déni étaient plus souvent en vie et sans récidive que celles aux profils passifs.

Astuce mémo

Thalamus → cortex ou amygdale ; hypothalamus → hypophyse → surrénales.

4. Évaluation et prise en charge clinique

Notions clés & Définitions

  • Maladie psychosomatique : Maladie bien réelle dont l’évolution est fortement influencée par des facteurs psychologiques.

★ À maîtriser

📌 L’hyperthyroïdie est associée à l’anxiété, tandis que l’hypothyroïdie est associée à la dépression.

  • L’anorexie touche environ 1 à 1,5 % des femmes au cours de la vie (HAS, 2010) et présente une mortalité environ 5 à 6 fois supérieure à celle de la population du même âge (Arcelus et al., 2011).

  • Jean-Benjamin Stora (1999) préconise une prise en charge associant soins médicaux et psychiques, intégrant le contexte psychologique et social, l’alliance thérapeutique et la reconnaissance du vécu du patient.

Compléments

  • La sclérose en plaques et la maladie de Parkinson peuvent s’accompagner d’un état dépressif ; 15 à 20 % des cancers du pancréas sont également associés à un état dépressif.

  • Les corticoïdes et la cimétidine peuvent induire des symptômes dépressifs, voire psychotiques en cas d’abus.

  • La maladie de Cushing peut entraîner un excès de cortisol accompagné de troubles biologiques, dont l’obésité et l’hypertension, et de troubles psychiques comme la dépression.

  • L’asthme est un exemple classique de maladie psychosomatique et nécessite une prise en charge médicale et psychique.

  • Les plaques d’eczéma sont réelles et leur survenue est corrélée au niveau de stress.

  • Les champs cliniques liés au lien psyché-soma comprennent : la psychodermatologie, la psychocardiologie, la psycho-oncologie, les consultations douleur pour les douleurs aiguës et chroniques

  • Les outils d’évaluation psychologique comprennent : le TAS-20 (Bagby et al., 1994) pour l’alexithymie, le PSS (Cohen et al., 1983) pour le stress perçu, le HADS (Zigmond et Snaith, 1983) pour l’anxiété et la dépression

  • Les outils d’évaluation somatique comprennent : le PHQ-15 (Kroenke et al., 2002) pour la somatisation, l’EVA pour la douleur, le BPI pour la douleur chronique

  • Les marqueurs biologiques du stress et de l’inflammation comprennent :

    • le cortisol salivaire
    • les cytokines
    • la CRP

Astuce mémo

Hyperthyroïdie : anxiété ; hypothyroïdie : dépression.

5. Neurone et organisation nerveuse

Notions clés & Définitions

  • Cytoplasme : Tout ce qui se trouve à l’intérieur de la membrane cellulaire, à l’exception du noyau.

★ À maîtriser

  • Le système nerveux central comprend le cerveau et la moelle épinière, tandis que le système nerveux périphérique comprend les nerfs qui relient le système nerveux central au reste du corps.

  • Dans le système nerveux périphérique, les voies sensitives afférentes apportent l’information au SNC, tandis que les voies motrices efférentes transmettent l’information du SNC aux effecteurs.

  • Le système sympathique prépare à la fuite ou au combat, accélère le cœur, dilate les pupilles et met la digestion en pause ; le système parasympathique favorise le repos et la digestion, ralentit le cœur et soutient la récupération.

  • Golgi pense que le système nerveux forme un réseau continu fusionné, tandis que Cajal conclut que les neurones sont des cellules indépendantes séparées par un petit espace.

  • Les travaux de Cajal établissent la doctrine du neurone : les neurones sont en contiguïté et non en continuité, et l’espace qui les sépare est la synapse.

📌 Les dendrites reçoivent les messages des autres neurones, le soma contient notamment le noyau et intègre les messages, l’axone transmet le signal et les terminaisons synaptiques le transmettent au neurone suivant.

  • Le cerveau ne possède pas de réserve d’énergie et dépend en permanence du glucose et de l’oxygène apportés par le sang.

  • L’expression d’un gène comprend la transcription dans le noyau, où le gène est copié en ARNm, puis la traduction dans le cytoplasme, où les ribosomes lisent l’ARNm et fabriquent une protéine.

Compléments

  • La coloration de Nissl révèle les corps cellulaires des neurones, tandis que la réaction noire de Golgi montre des neurones entiers et leurs prolongements.

  • Golgi et Cajal reçoivent ensemble le prix Nobel en 1906, bien que Golgi y défende publiquement la théorie de la continuité à laquelle Cajal s’oppose.

  • La coloration de Nissl révèle les corps de Nissl autour du noyau et permet de compter les neurones et d’observer leur disposition en couches.

  • La coloration de Golgi ne colore qu’une petite partie des neurones, mais les montre en entier avec leur corps cellulaire et leurs neurites, axones et dendrites.

  • L’axone commence au cône axonique, où naît le potentiel d’action, et se termine par les terminaisons axoniques dont les boutons forment la zone de contact synaptique.

  • Le soma contient notamment : le noyau, le réticulum endoplasmique rugueux, qui fabrique les protéines, le réticulum endoplasmique lisse, l’appareil de Golgi, les mitochondries

  • Les mitochondries utilisent l’acide pyruvique issu des sucres, des protéines et des graisses, ainsi que l’oxygène, pour fabriquer de l’ATP au cours d’une série de réactions comprenant le cycle de Krebs.

Astuce mémo

Dendrites → soma → axone → terminaisons synaptiques.

6. Potentiel de repos et potentiel d’action

★ À maîtriser

  • Au repos, l’intérieur du neurone est plus négatif que l’extérieur, avec un potentiel d’environ −70 mV, état stable qui requiert une dépense permanente d’énergie.

  • La pompe sodium-potassium expulse 3 ions Na⁺ du cytoplasme en utilisant une molécule d’ATP, puis fait entrer 2 ions K⁺ depuis l’extérieur, maintenant une forte concentration de Na⁺ à l’extérieur et de K⁺ à l’intérieur.

  • Le potentiel d’action commence lorsqu’un signal dépasse le seuil d’environ −55 mV, provoquant l’ouverture massive des canaux Na⁺ et une dépolarisation jusqu’à environ +30 mV.

  • Pendant la repolarisation, les canaux Na⁺ se ferment et les canaux K⁺ s’ouvrent, provoquant la sortie du potassium et la baisse du potentiel membranaire.

  • Le potentiel d’action est un message électrique qui se propage le long du neurone et se transmet par les synapses jusqu’à la fibre musculaire.

  • Selon la loi du tout ou rien, un signal qui dépasse le seuil déclenche un potentiel d’action de forme et d’amplitude constantes, tandis qu’un signal sous le seuil n’en déclenche aucun.

  • Dans un axone myélinisé, le signal se régénère aux nœuds de Ranvier et saute d’un nœud à l’autre, tandis que dans un axone nu il se régénère progressivement le long de la membrane.

  • Dans le SNC, les oligodendrocytes peuvent myéliniser plusieurs axones, tandis que dans le SNP chaque cellule de Schwann forme un seul segment de myéline.

  • Dans la sclérose en plaques, le système immunitaire attaque la myéline du SNC, ce qui perturbe la conduction saltatoire et ralentit le signal ou l’interrompt.

Compléments

  • Durant l’hyperpolarisation, les canaux K⁺ restent ouverts un peu plus longtemps et le potentiel peut descendre vers −80 mV avant de revenir vers −70 mV.

📌 Pendant la période réfractaire absolue, le neurone ne peut pas déclencher un nouveau potentiel d’action, tandis que pendant la période réfractaire relative, il peut le déclencher difficilement.

  • Le retour au potentiel de repos mobilise les canaux de fuite potassiques, tandis que la pompe Na⁺/K⁺ entretient les gradients ioniques à long terme.

  • Hodgkin et Huxley décrivent le mécanisme ionique du potentiel d’action en 1952 et reçoivent le prix Nobel en 1963.

  • La conduction saltatoire peut atteindre 100 m/s, alors que la conduction dans un axone nu ne dépasse que quelques mètres par seconde.

  • La sclérose en plaques provoque notamment fatigue, troubles de la vision, faiblesse musculaire et troubles de l’équilibre, avec des symptômes variables selon les zones touchées et souvent par poussées.

  • En France, environ 120 000 personnes ont une sclérose en plaques, trois patients sur quatre sont des femmes et la maladie débute le plus souvent entre 25 et 35 ans.

Astuce mémo

Na⁺ entre à la dépolarisation ; K⁺ sort à la repolarisation.

7. Synapses et action des neurotransmetteurs

★ À maîtriser

  • La transmission synaptique comprend l’arrivée du potentiel d’action au bouton synaptique, la libération de neurotransmetteurs dans la fente synaptique, puis leur fixation sur les récepteurs du neurone suivant.

📌 Un neurotransmetteur excitateur rapproche le neurone suivant du seuil du potentiel d’action, tandis qu’un neurotransmetteur inhibiteur l’en éloigne.

  • Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du système nerveux central, tandis que le GABA en est le principal neurotransmetteur inhibiteur.

📌 La lidocaïne bloque les canaux Na⁺ voltage-dépendants dans l’axone, empêchant la dépolarisation et le potentiel d’action, tandis que le curare bloque la réception de l’acétylcholine sur les récepteurs musculaires et que la toxine botulique bloque sa libération.

  • Les rôles des principales cellules gliales sont les suivants :
    • Les oligodendrocytes et les cellules de Schwann fabriquent la myéline.
    • Les astrocytes assurent le soutien, la nutrition et la barrière hémato-encéphalique.
    • Les microglies assurent la défense immunitaire du cerveau.

Compléments

  • L’acétylcholine est principalement excitatrice à la synapse neurone-muscle et intervient notamment dans la contraction musculaire, l’attention et la mémoire.

  • La dopamine peut être excitatrice ou inhibitrice selon le récepteur auquel elle se fixe, le récepteur D2 ayant un effet inhibiteur.

  • La sérotonine est plutôt modulatrice et intervient notamment dans l’humeur, le sommeil et l’appétit.

  • Des traitements agissent sur les systèmes synaptiques de la manière suivante :

    • Les ISRS augmentent la sérotonine dans la fente synaptique.
    • Les benzodiazépines renforcent l’action du GABA.
    • Les antipsychotiques bloquent les récepteurs D2 de la dopamine.
  • La lidocaïne empêche la transmission de la douleur, tandis que le curare et la toxine botulique provoquent une paralysie musculaire en interrompant la transmission neurone-muscle.

  • Les formes de neurones se distinguent ainsi :

    • Les neurones unipolaires ont un seul prolongement et comprennent les neurones sensitifs dits pseudo-unipolaires.
    • Les neurones bipolaires ont un axone et une dendrite ; on en trouve dans la rétine.
    • Les neurones multipolaires ont un axone et plusieurs dendrites ; ils comprennent notamment les motoneurones.
  • Les cellules gliales sont à peu près aussi nombreuses que les neurones, dans un rapport proche de 1 pour 1.

Astuce mémo

Électrique → chimique → électrique

8. Construction et maturation du cerveau

★ À maîtriser

  • Entre 3 et 6 SA, la plaque neurale se creuse en gouttière puis se referme en tube neural ; le système nerveux provient de l’ectoderme et les crêtes neurales donnent le système nerveux périphérique.

  • Entre environ 8 et 24 SA, les neurones sont produits près des ventricules puis migrent le long de la glie radiaire pour former le cortex en six couches, de l’intérieur vers l’extérieur.

  • Entre 28 et 40 SA, le cortex se plisse rapidement, les synapses se multiplient, la myélinisation commence et environ la moitié des neurones produits meurent par apoptose.

  • À la naissance, le cerveau pèse environ 350-400 g, presque tous les neurones sont présents et la construction des connexions synaptiques et de la myéline se poursuit.

📌 Selon la règle de Hebb (1949), des neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble.

  • Après la naissance, les synapses sont surproduites puis celles qui sont utilisées sont renforcées tandis que les autres sont éliminées, et l’élagage se poursuit jusqu’à la fin de l’adolescence.

  • La maturation cérébrale progresse des aires sensorielles vers le langage puis le cortex préfrontal, qui mûrit jusqu’à environ 25 ans.

📌 Les périodes sont dites sensibles plutôt que critiques, car la plasticité diminue avec l’âge sans disparaître.

Compléments

  • Une mauvaise fermeture du tube neural peut provoquer un spina bifida ou une anencéphalie, et la prévention repose notamment sur la prise d’acide folique avant la conception.

  • L’exposition in utero au valproate est associée à environ 10 % de risque de malformation et jusqu’à 30 à 40 % de risque de troubles du neurodéveloppement (ANSM, 2015) ; le valproate est contre-indiqué pendant la grossesse sauf situation exceptionnelle.

  • Entre 6 et 8 SA, le tube neural se renfle en vésicules qui dessinent les futures grandes régions du cerveau, et ses cavités deviennent les ventricules.

  • Les premiers mouvements spontanés apparaissent vers 7-8 SA et la réaction au toucher autour de la bouche vers 8-9 SA, avant qu’un cortex fonctionnel soit en place.

  • La migration corticale forme d’abord les couches profondes et ensuite les couches superficielles, selon le modèle décrit par Rakic en 1972.

  • Entre 12 et 15 SA, le fœtus porte la main à la bouche et suce souvent le pouce droit, ce qui constitue un indice précoce de latéralisation (Hepper et al., 1991).

  • L’alcool peut perturber la production et la migration des neurones pendant toute la grossesse et provoquer des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale.

  • Entre 2006 et 2013, au moins un nouveau-né par jour en France a présenté une conséquence de l’alcoolisation fœtale (Santé publique France, 2018).

Astuce mémo

Tube neural → régions → neurones migrent → connexions → plissement

9. Plasticité, adolescence et vieillissement

Notions clés & Définitions

  • Réserve cognitive : La réserve cognitive correspond à la capacité à mieux résister aux lésions cérébrales grâce notamment aux études, aux activités intellectuelles, à la vie sociale, au bilinguisme et à l’activité physique (Stern, 2002).

★ À maîtriser

  • Chez l’adulte, la plasticité cérébrale repose surtout sur le remodelage des synapses, certaines étant créées, renforcées ou supprimées.

  • À partir d’environ 40 ans, le volume cérébral diminue d’environ 5 % par décennie, avec une accélération après 70 ans.

📌 L’intelligence fluide, qui consiste à raisonner sur des situations nouvelles, diminue avec l’âge, tandis que l’intelligence cristallisée, fondée sur les savoirs accumulés, se maintient.

📌 Dans l’oubli bénin, un indice aide à retrouver un nom, tandis que dans l’amnésie de type Alzheimer l’indice n’aide pas car l’information n’a pas été stockée.

Compléments

  • Chez les chauffeurs de taxi londoniens, le volume de l’hippocampe postérieur est associé aux années de navigation dans la ville (Maguire et al., 2000).

  • Dans le modèle HAROLD, les personnes âgées qui maintiennent de bonnes performances recrutent davantage les deux hémisphères pour une même tâche (Cabeza, 2002).

  • L’oubli bénin correspond surtout à un problème de récupération associé au préfrontal, tandis que l’amnésie de type Alzheimer implique un problème de stockage débutant dans l’hippocampe et le cortex entorhinal (Braak et Braak, 1991).

  • Selon la Lancet Commission (Livingston et al., 2024), environ 45 % des démences seraient liées à 14 facteurs modifiables, dont l’hypertension, la perte d’audition non appareillée, la sédentarité, le tabac, la dépression, l’isolement social, un faible niveau d’études, le diabète, l’obésité, l’alcool, la pollution, les traumatismes crâniens, la perte de vision et un LDL-cholestérol élevé.

Astuce mémo

Fluide diminue, cristallisée se maintient

10. Localisation cérébrale et plans de coupe

★ À maîtriser

  • Les régions cérébrales sont spécialisées dans des opérations élémentaires, mais un comportement complexe mobilise des réseaux de régions qui coopèrent.

  • Le système nerveux central (SNC) comprend l’encéphale — cerveau, tronc cérébral et cervelet — ainsi que la moelle épinière ; il intègre l’information et décide.

  • Le système nerveux périphérique (SNP) comprend les nerfs crâniens et spinaux et assure le transport de l’information.

  • Le versant sensitif du SNP conduit l’information des récepteurs vers le SNC, tandis que le versant moteur la conduit du SNC vers les effecteurs.

  • Le système moteur somatique commande volontairement les muscles squelettiques, tandis que le système autonome, ou végétatif, commande involontairement le cœur, les muscles lisses et les glandes.

  • L’encéphale compte environ 86 milliards de neurones et à peu près autant de cellules non neuronales ; le cortex cérébral contient environ 16 milliards de neurones et le cervelet environ 69 milliards. - Azevedo et al., 2009

📌 La substance grise, composée de corps cellulaires, dendrites et synapses, traite l’information, tandis que la substance blanche, composée de faisceaux d’axones myélinisés, relie les régions.

Compléments

📌 La phrénologie de Gall associait les facultés à des organes cérébraux dont les bosses du crâne révéleraient le développement, mais cette doctrine est fausse car la forme du crâne ne reflète pas celle du cerveau et ses hypothèses n’ont pas été démontrées expérimentalement.

  • En 1824, Pierre Flourens montre par des lésions chez l’animal que les organes décrits par la phrénologie ne sont pas retrouvés, tout en concluant à l’excès que le cortex fonctionne comme un tout.

  • En 1861, Paul Broca examine le cerveau de son patient Leborgne, surnommé « Tan », qui avait perdu la parole, et découvre une lésion du lobe frontal gauche, future aire de Broca.

  • Les plans sagittal, frontal (coronal) et horizontal (axial) séparent respectivement les côtés droit et gauche, l’avant et l’arrière, puis le haut et le bas.

  • Le système autonome comporte deux branches : le sympathique et le parasympathique.

  • Chez l’adulte, l’encéphale pèse environ 1,4 kg, soit environ 2 % de la masse corporelle, et consomme environ 20 % de l’énergie au repos ; sans réserve, il dépend continuellement de l’apport sanguin en oxygène et en glucose.

  • Dans le cerveau, la substance grise se trouve en surface dans le cortex et en profondeur dans les noyaux, tandis que la substance blanche se situe entre les deux ; dans la moelle épinière, cette disposition est inversée.

  • Les principales cellules gliales et leurs rôles sont :

    • Les astrocytes assurent le soutien, la nutrition et la barrière hémato-encéphalique.
    • Les oligodendrocytes produisent la myéline du SNC.
    • Les cellules de Schwann produisent la myéline du SNP.
    • La microglie assure la défense immunitaire.

📌 La sclérose en plaques détruit par plaques la myéline du SNC, tandis que le syndrome de Guillain-Barré atteint aiguëment la myéline du SNP, souvent après une infection.

Astuce mémo

Régions spécialisées, comportements complexes en réseaux

11. Protéger et vasculariser le cerveau

★ À maîtriser

  • De l’extérieur vers l’intérieur, les protections du SNC sont l’os, la dure-mère, l’arachnoïde, l’espace sous-arachnoïdien rempli de LCS, puis la pie-mère adhérant au tissu nerveux.

  • Le LCS amortit les chocs, porte le cerveau qui y flotte et évacue les déchets.

  • La barrière hémato-encéphalique, formée de capillaires entourés par les astrocytes, filtre sélectivement le passage du sang au cerveau et empêche de nombreux médicaments de l’atteindre.

  • Le sang cérébral arrive par les deux carotides internes en avant et les deux artères vertébrales en arrière, ces dernières se réunissant en tronc basilaire.

  • L’artère cérébrale moyenne, ou sylvienne, irrigue la majeure partie de la face latérale du cortex ; son obstruction peut provoquer une paralysie du visage et du bras opposés, une aphasie si l’hémisphère gauche est atteint ou une héminégligence si le droit est atteint.

📌 Un AVC ischémique résulte de l’obstruction d’une artère par un caillot et représente environ 8 cas sur 10, tandis qu’un AVC hémorragique résulte de la rupture d’une artère.

Compléments

  • Le liquide cérébrospinal (LCS), produit par les plexus choroïdes des ventricules, représente environ 150 mL et est renouvelé 3 à 4 fois par jour.

  • 🔄 Le LCS suit ce trajet :

    1. Ventricules latéraux.
    2. Troisième ventricule.
    3. Aqueduc du mésencéphale.
    4. Quatrième ventricule.
    5. Espaces sous-arachnoïdiens.
    6. Résorption veineuse.

📌 Un hématome extradural se situe entre l’os et la dure-mère, tandis qu’un hématome sous-dural se situe sous la dure-mère ; tous deux peuvent comprimer le cerveau après un traumatisme crânien.

  • Le polygone de Willis relie les artères à la base du cerveau et constitue une voie de suppléance lorsqu’une artère se bouche.

  • L’artère cérébrale antérieure irrigue la face médiale des lobes frontal et pariétal ; son obstruction entraîne surtout un déficit moteur et sensitif de la jambe opposée.

  • L’artère cérébrale postérieure irrigue le lobe occipital et la face inférieure du lobe temporal ; son obstruction peut faire perdre la moitié opposée du champ visuel.

  • La France compte plus de 140 000 AVC par an, soit environ un AVC toutes les quatre minutes ; l’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte.

Astuce mémo

Os → méninges → LCS → tissu nerveux.

12. Le cortex et ses fonctions

Notions clés & Définitions

  • Cortex cérébral : Écorce de substance grise qui recouvre les hémisphères ; il mesure 2 à 4 mm d’épaisseur, comporte six couches de neurones et présente des reliefs appelés gyri ou circonvolutions et des creux appelés sillons.

★ À maîtriser

  • Les deux hémisphères sont reliés par des faisceaux de substance blanche, dont le principal, le corps calleux, contient environ 200 millions d’axones.

📌 L’hémisphère gauche commande les muscles et reçoit les sensations de la moitié droite du corps, tandis que l’hémisphère droit assure ces fonctions pour la moitié gauche.

  • Les lobes cérébraux sont :
    • Le lobe frontal.
    • Le lobe pariétal.
    • Le lobe temporal.
    • Le lobe occipital.
    • L’insula, cachée au fond du sillon latéral.

📌 Les aires primaires constituent les portes d’entrée ou de sortie du cortex, tandis que les aires associatives combinent les informations et occupent la plus grande partie du cortex humain.

  • Le cortex moteur primaire commande les mouvements volontaires de la moitié opposée du corps, tandis que le cortex prémoteur et l’aire motrice supplémentaire préparent et enchaînent les gestes.

  • L’aire de Broca, située dans le lobe frontal inférieur gauche, participe à la production de la parole.

  • Les fonctions exécutives du cortex préfrontal comprennent :

    • Planifier.
    • Garder un but en tête.
    • Inhiber une réponse inadaptée.
    • Décider.
    • S’ajuster aux règles sociales.
  • L’aphasie de Broca entraîne un langage non fluide, hésitant et télégraphique, avec une compréhension globalement préservée, des difficultés grammaticales et de répétition, et souvent une écriture altérée.

  • Le cortex somesthésique primaire du gyrus postcentral reçoit le toucher, la position des membres, la température et la douleur de la moitié opposée du corps.

  • Une lésion pariétale droite peut provoquer une héminégligence : le patient ignore la moitié gauche de l’espace, sans que la vue soit atteinte, et souvent sans conscience de son trouble.

📌 L’aphasie de Broca associe une parole rare et laborieuse à une compréhension relativement préservée, tandis que l’aphasie de Wernicke associe une parole abondante et fluide mais vide de sens à une compréhension très altérée.

  • Le cortex visuel primaire V1, autour de la scissure calcarine, reçoit les informations de la rétine après un relais dans le thalamus ; chaque hémisphère reçoit la moitié opposée du champ visuel des deux yeux.

📌 La voie visuelle ventrale se dirige vers le lobe temporal et permet de reconnaître (« quoi ? »), tandis que la voie dorsale se dirige vers le lobe pariétal et sert à localiser et guider le geste (« où ? comment ? »). - Goodale et Milner, 1992

Compléments

  • Le langage dépend surtout de l’hémisphère gauche chez plus de 90 % des droitiers et environ 70 % des gauchers. - Knecht et al., 2000

  • L’hémisphère droit domine pour l’attention à l’espace, la reconnaissance des visages et la mélodie de la parole, mais les deux hémisphères travaillent ensemble en permanence.

13. Les structures profondes du cerveau

Notions clés & Définitions

  • Système limbique : Ensemble de structures situé à la face médiale des hémisphères, en anneau autour du diencéphale, dont les limites restent discutées.

★ À maîtriser

  • L’hippocampe transforme les expériences en souvenirs durables et participe à l’orientation dans l’espace.

  • L’amygdale attribue une valeur émotionnelle, surtout liée à la peur, et déclenche les réactions corporelles face au danger.

  • Le circuit de Papez suit ce trajet :

    • Hippocampe.
    • Fornix.
    • Corps mamillaires.
    • Thalamus.
    • Gyrus cingulaire.
    • Retour à l’hippocampe.
  • Après cette opération, H.M. ne pouvait plus former de souvenirs nouveaux et oubliait en quelques minutes ses expériences récentes, mais ses souvenirs anciens, son intelligence et son langage restaient intacts et il pouvait apprendre de nouveaux gestes sans se souvenir de les avoir appris. - Scoville et Milner, 1957

  • L’hippocampe est nécessaire à la fabrication des souvenirs, mais pas à leur stockage, et différentes formes de mémoire dépendent de structures différentes. - Brenda Milner

  • Les noyaux gris centraux fonctionnent en boucle avec le cortex selon le trajet cortex → striatum → pallidum → thalamus → cortex ; cette boucle autorise le programme moteur voulu et freine les programmes concurrents.

📌 La voie directe favorise le mouvement voulu en libérant le thalamus, tandis que la voie indirecte freine les mouvements parasites en augmentant l’inhibition du thalamus.

  • La dopamine de la substance noire compacte stimule la voie directe et inhibe la voie indirecte, ce qui facilite globalement le mouvement. - Albin et al., 1989

📌 Dans la maladie de Parkinson, la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la substance noire entraîne akinésie, rigidité et tremblement au repos, tandis que la maladie de Huntington, liée à une dégénérescence génétique des neurones striataux, provoque notamment une chorée et des troubles cognitifs et psychiques.

  • Le thalamus relaie vers le cortex la majorité des informations sensorielles, notamment visuelles, auditives, tactiles et gustatives ; l’olfaction le contourne.

  • L’hypothalamus règle l’homéostasie, notamment la température, la faim, la soif, le cycle veille-sommeil et le comportement sexuel, en commandant l’hypophyse et le système nerveux autonome.

Compléments

  • En 1953, Henry Molaison, dit H.M., subit l’ablation de la partie interne de ses deux lobes temporaux, hippocampes compris, pour traiter une épilepsie rebelle.

  • Les lésions de la maladie d’Alzheimer débutent dans la région de l’hippocampe, ce qui explique que l’oubli des faits récents soit souvent un premier signe.

  • Les principales structures des noyaux gris centraux sont :

    • Le noyau caudé.
    • Le putamen.
    • Le pallidum.
    • Le noyau sous-thalamique.
    • La substance noire.
  • La maladie de Huntington est autosomique dominante : chaque enfant d’un parent porteur a un risque de 50 % d’hériter de la maladie.

14. Moelle épinière et réflexes

★ À maîtriser

  • Le mésencéphale participe aux réflexes visuels et auditifs, le pont relaie le cortex et le cervelet et participe au sommeil, et le bulbe rachidien contient les centres de la respiration, du rythme cardiaque et de la pression artérielle.

  • Le tronc cérébral laisse passer les voies entre le cerveau et la moelle, donne naissance à 10 des 12 paires de nerfs crâniens et contient la formation réticulée, qui maintient le cortex en éveil. - Moruzzi et Magoun, 1949

📌 Le coma abolit l’éveil et la conscience, le locked-in syndrome préserve l’éveil mais paralyse presque toute la motricité volontaire, et la mort encéphalique correspond à un arrêt complet et irréversible de tout l’encéphale.

  • Il existe 12 paires de nerfs crâniens : les nerfs I et II sont rattachés au cerveau et les dix autres au tronc cérébral.

  • Le cervelet représente environ 10 % du volume de l’encéphale, mais contient environ 80 % de ses neurones.

  • Le cervelet reçoit une copie des commandes motrices et les informations sur le mouvement en cours, compare le mouvement prévu au mouvement réalisé et corrige continuellement l’équilibre, la posture et la coordination.

📌 Le cervelet ne déclenche pas le geste : une lésion cérébelleuse désorganise le mouvement sans provoquer de paralysie.

  • Le syndrome cérébelleux peut associer les signes suivants : une marche instable à pieds écartés (ataxie), une dysmétrie où le geste dépasse sa cible, un tremblement d’intention, une parole scandée ou irrégulière (dysarthrie), une hypotonie

  • Les fibres sensitives entrent dans la moelle par la racine dorsale, dont les corps cellulaires se trouvent dans le ganglion spinal, tandis que les neurones moteurs de la corne ventrale sortent par la racine ventrale.

  • La moelle épinière assure le relais entre le cerveau et le corps et sert aussi de centre réflexe, où la percussion du tendon rotulien provoque la contraction musculaire sans attendre une commande du cerveau.

  • Une lésion médullaire entraîne une perte de motricité et de sensibilité sous la lésion ; une lésion dorsale ou lombaire peut causer une paraplégie, tandis qu’une lésion cervicale peut causer une tétraplégie.

Compléments

  • Dans le locked-in syndrome, seuls les mouvements verticaux des yeux et des paupières peuvent subsister ; le patient ne respire plus spontanément et n’a plus de réflexes du tronc en cas de mort encéphalique.

📌 L’état d’éveil non répondant comporte des yeux ouverts sans signe de conscience, tandis que l’état de conscience minimale comporte des signes de conscience fluctuants mais reproductibles.

  • Les nerfs crâniens particulièrement à connaître sont :

    • Le II, optique : vision.
    • Le VII, facial : mimique et goût.
    • Le VIII, vestibulo-cochléaire : audition et équilibre.
    • Le X, vague : cœur, poumons, tube digestif et voix.
  • Une paralysie faciale périphérique due à une atteinte du nerf facial VII paralyse toute une moitié du visage, empêche parfois la fermeture de l’œil et régresse souvent en quelques semaines.

  • Le cervelet participe à l’apprentissage moteur, notamment pour le vélo, le piano et l’écriture, ainsi qu’à des fonctions cognitives et émotionnelles (Schmahmann et Sherman, 1998).

Astuce mémo

Entrée dorsale sensitive, sortie ventrale motrice

15. Plasticité cérébrale et récupération

Notions clés & Définitions

  • Plasticité cérébrale : Capacité du système nerveux à modifier sa structure et son fonctionnement en réponse à l’expérience, à l’apprentissage ou à une lésion.

★ À maîtriser

  • La voie motrice principale, ou voie pyramidale cortico-spinale, part du cortex moteur et croise la ligne médiane au bas du bulbe pour 80 à 90 % de ses fibres avant de descendre dans la moelle du côté opposé.

📌 Le toucher fin et la proprioception montent du même côté avant de croiser dans le bulbe, tandis que les voies de la douleur et de la température croisent dès leur entrée dans la moelle.

📌 Une lésion d’un hémisphère cérébral provoque un déficit du côté opposé du corps, tandis qu’une lésion du cervelet provoque des troubles du même côté.

  • La plasticité cérébrale existe toute la vie, mais diminue avec l’âge.

Compléments

📌 Dans le syndrome de Brown-Séquard, une hémisection médullaire entraîne du côté lésé une paralysie et une perte du toucher fin, et du côté opposé une perte de la sensibilité à la douleur et à la température.

  • Selon la règle de Hebb (1949), l’efficacité d’une synapse augmente lorsqu’elle est utilisée de façon répétée ; la potentialisation à long terme a été découverte dans l’hippocampe du lapin par Bliss et Lømo (1973).

  • Après l’amputation d’un doigt chez le singe adulte, les territoires corticaux des doigts voisins envahissent celui du doigt perdu (Merzenich et al., 1984).

  • Chez les personnes aveugles, la lecture du braille active le cortex visuel primaire, illustrant une plasticité intermodale (Sadato et al., 1996).

  • À partir de 1969, Paul Bach-y-Rita conçoit un dispositif qui transforme l’image d’une caméra en stimulations tactiles sur le dos de personnes aveugles, lesquelles apprennent à percevoir des formes avec l’entraînement.

16. Rééducation et reconstruction après lésion

★ À maîtriser

  • Après un AVC, la récupération peut impliquer le sauvetage de la pénombre dans les premières heures, la levée du diaschisis en quelques jours à semaines, la réorganisation péri-lésionnelle en semaines à mois, le bourgeonnement axonal vers 1 à 4 semaines, le recrutement de l’hémisphère opposé en semaines à mois et la compensation en mois à années (Murphy et Corbett, 2009 ; Yelnik, 2022).

📌 La récupération correspond au retour de la fonction grâce à la plasticité, tandis que la compensation consiste à réaliser l’activité autrement lorsque la fonction ne revient pas.

  • La thérapie par contrainte induite, développée par Edward Taub, immobilise le bras sain et entraîne intensément le bras atteint pour combattre le non-usage appris après un AVC.

Compléments

  • Après un AVC, la récupération des déficits moteurs demande au moins 3 à 6 mois et celle des activités peut demander davantage de temps (Yelnik, 2022).

  • La fenêtre de récupération est plus large au début après un AVC, mais des progrès restent possibles des années plus tard (Murphy et Corbett, 2009).

  • La récupération dépend notamment (Yelnik, 2022) : de la taille et surtout du siège de la lésion, de l’état du tissu cérébral épargné, de l’âge, notamment à travers les maladies associées, de la qualité de la rééducation

  • Chez le singe, après un petit infarctus de l’aire de la main motrice, l’entraînement quotidien de la main paralysée a préservé sa représentation dans le cortex voisin intact et a parfois étendu cette représentation aux zones auparavant dédiées au coude et à l’épaule (Nudo, 1996).

  • Après un AVC, immobiliser la main saine sans entraîner la main atteinte ne suffit pas à préserver la carte corticale de la main (Friel et al., 2000).

  • Dans l’essai EXCITE, 222 personnes présentant une faiblesse du bras 3 à 9 mois après un AVC ont suivi deux semaines d’exercices répétitifs plusieurs heures par jour en semaine, avec une moufle sur la main saine ; leur fonction et l’usage quotidien du bras se sont améliorés jusqu’à 12 mois par rapport aux soins habituels (Wolf et al., 2006).

  • La rééducation après un AVC doit être précoce, mobilisant dès le premier jour pour prévenir les complications de l’immobilité ; l’entraînement intensif peut être différé de quelques jours, car trop intense trop tôt, il pourrait être délétère (Murphy et Corbett, 2009 ; Yelnik, 2022).

  • L’intensité et la durée de la rééducation sont décisives pour son efficacité, et les déficits doivent être traités avant de travailler, si nécessaire, la compensation (Yelnik, 2022).

  • Après un traumatisme crânien grave, Terry Wallis retrouve la parole de façon fiable après 19 ans en état de conscience minimale, illustrant la possibilité d’une repousse tardive de connexions.

  • Après une lésion de l’hémisphère gauche, Gabrielle Giffords retrouve partiellement la parole, notamment grâce au chant qui mobilise des réseaux de l’hémisphère droit.

  • Des adultes opérés d’une hémisphérectomie dans l’enfance peuvent présenter des capacités cognitives relativement normales avec un seul hémisphère.

  • Après sa lésion médullaire, Gert-Jan Oskam a remarché avec un pont numérique qui décode son intention de marcher par des implants corticaux et commande un stimulateur médullaire sous la lésion ; après la rééducation, sa sensibilité et sa motricité se sont améliorées même lorsque l’interface était éteinte (Lorach et al., 2023).

Astuce mémo

CIMT : contrainte du bras sain, entraînement du bras atteint

17. Traumatisme crânien et séquelles

Notions clés & Définitions

  • Traumatisme crânien : Atteinte du cerveau provoquée par un choc sur la tête ou par une accélération-décélération brutale.
  • Syndrome post-commotionnel : Plaintes durables après un traumatisme crânien léger, associant maux de tête, fatigue, vertiges, irritabilité, lenteur et troubles de la mémoire et de l’attention.

★ À maîtriser

  • Chez 13 personnes amputées du bras, l’ampleur de la réorganisation du cortex somesthésique, où la carte du visage envahit celle de la main, est fortement corrélée à l’intensité de la douleur du membre fantôme (r = 0,93 ; Flor et al., 1995).

  • Une lésion étendue ou située dans une zone stratégique peut laisser des séquelles persistantes, auxquelles la compensation peut répondre.

  • Le score de Glasgow évalue l’ouverture des yeux, la réponse verbale et la réponse motrice sur une échelle de 3 à 15, de l’absence de réponse à la conscience normale.

  • Un traumatisme crânien est léger pour un score de Glasgow de 13 à 15, modéré de 9 à 12 et grave de 3 à 8.

📌 Les lésions primaires surviennent au moment du choc et comprennent les contusions par coup et contrecoup, les hématomes extradural et sous-dural et les lésions axonales diffuses ; les lésions secondaires surviennent dans les heures ou jours suivants, notamment par œdème, hausse de la pression intracrânienne ou manque d’oxygène ou de sang, tandis que les lésions tertiaires sont des processus dégénératifs à plus long terme.

  • Après un traumatisme crânien grave, les séquelles fréquentes comprennent des troubles de l’attention, de la mémoire et des fonctions exécutives, un ralentissement, une anosognosie souvent présente au début, ainsi que de l’irritabilité chez environ un patient sur trois, de l’agressivité chez 25 à 35 %, de l’apathie chez 20 à 70 %, de l’agitation chez environ 10 %, et une dépression chez 30 à 60 % (Luauté, 2024).

Compléments

  • Dans la boîte miroir, un miroir placé entre les bras donne au patient l’image du bras sain à la place du membre amputé ; le mouvement du bras sain peut alors sembler faire bouger le membre fantôme et soulager certaines douleurs (Ramachandran et Rogers-Ramachandran, 1996).

📌 Le cerveau de l’enfant est généralement plus plastique, mais une lésion très précoce peut perturber un développement encore en cours durant les périodes sensibles.

  • La neurogenèse adulte reste débattue chez l’humain et la récupération repose surtout sur le remodelage des connexions plutôt que sur la production de nouveaux neurones.

  • En France, la fréquence des traumatismes crâniens est de 150 à 500 pour 100 000 habitants par an, avec environ 3 000 nouveaux handicaps sévères annuels ; ils touchent deux hommes pour une femme, surtout les 15-24 ans et les plus de 75 ans, et plus de 90 % sont légers (Luauté, 2024).

  • Les causes des traumatismes crâniens graves comprennent (Luauté, 2024) :

    • les accidents de la route (60 %)
    • les chutes (25 %)
    • les sports et agressions (15 %)
  • Lors d’une décélération brutale souvent accompagnée d’une rotation de la tête, les axones de la substance blanche peuvent être étirés et cisaillés ; ces lésions axonales diffuses sont souvent invisibles au scanner et mieux visibles en IRM.

  • Les lobes frontaux et temporaux sont particulièrement exposés aux contusions en raison de leur proximité avec les reliefs osseux de la base du crâne, ce qui contribue aux troubles exécutifs, mnésiques et comportementaux après un traumatisme crânien.

  • Après un traumatisme crânien grave, le risque suicidaire est multiplié par 2 à 3 et le retour à l’école ou au travail dépend davantage des troubles cognitifs que des séquelles physiques. - Luauté, 2024

18. Syndrome du bébé secoué

Notions clés & Définitions

  • Syndrome du bébé secoué : HAS, 2017 - Traumatisme crânien non accidentel provoqué par un secouement violent, seul ou associé à un impact, et constituant une maltraitance touchant surtout les nourrissons.

★ À maîtriser

  • Lors d’un secouement violent, la tête lourde du nourrisson bascule car ses muscles du cou sont faibles ; le cerveau bouge dans la boîte crânienne et les veines ponts reliant le cerveau à la dure-mère sont étirées puis déchirées par l’accélération en rotation.

  • Les lésions possibles comprennent (HAS, 2017) : des hématomes sous-duraux, souvent multiples, des hémorragies rétiniennes, souvent bilatérales et très évocatrices, un œdème, des lésions par manque d’oxygène et des contusions, des lésions du cou ou de la moelle, des fractures de côtes et des ecchymoses

  • Après un traumatisme crânien, le psychologue peut évaluer l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives et le comportement, puis suivre leur évolution.

Compléments

  • En France, plusieurs centaines d’enfants sont victimes du syndrome du bébé secoué chaque année ; il survient surtout avant un an, deux tiers des cas concernant des enfants de moins de six mois, avec un pic entre deux et quatre mois ; plus de la moitié des bébés ont été secoués plusieurs fois avant le diagnostic, le déclencheur habituel étant les pleurs, environ un bébé sur dix décède et environ trois survivants sur quatre gardent des séquelles neurologiques graves (HAS, 2017 ; dossier de presse gouvernemental, 2022).

  • Les signes d’alerte comprennent : un malaise grave, la somnolence ou le coma, des convulsions et des pauses respiratoires, des vomissements sans fièvre, une fontanelle bombée et une hypotonie, un regard en coucher de soleil, l’irritabilité, des troubles de l’alimentation ou du sommeil et un mauvais contact visuel, des bleus chez un bébé qui ne se déplace pas encore, signe sentinelle

  • Les séquelles à long terme comprennent : un retard de développement et un handicap moteur, des troubles cognitifs et des apprentissages, des troubles du comportement, des déficits visuels pouvant aller jusqu’à la cécité et des déficits auditifs, l’épilepsie

  • Après un bébé secoué, certaines difficultés ne deviennent visibles qu’à l’âge scolaire ; un suivi prolongé est donc nécessaire, car une lésion précoce peut perturber le développement malgré la plasticité du cerveau du bébé.

  • Le psychologue participe à la remédiation cognitive et à la rééducation en lien avec les autres professionnels.

  • Le psychologue accompagne l’anosognosie, la dépression, l’anxiété et le bouleversement de l’identité après un traumatisme crânien, soutient les proches et prépare le retour à l’école ou au travail.

  • Après un AVC, la dépression post-AVC touche environ un tiers des patients et peut freiner la récupération (Hackett et Pickles, 2014).

  • Le psychologue soutient la motivation, car la rééducation est longue, répétitive et les progrès peuvent être lents.

  • Pour le syndrome du bébé secoué, le psychologue contribue à la prévention auprès des jeunes parents, au repérage des situations à risque, à la protection de l’enfance et au suivi du développement de l’enfant.

Tableaux de synthèse

Voies du traitement sensoriel

VoieTrajetTraitement
Voie longueThalamus → cortexConscient et lent
Voie courteThalamus → amygdaleAutomatique, rapide et hors conscience

Phases du potentiel d’action

PhaseÉvénement ioniquePotentiel
SeuilDéclenchement du tout ou rienEnviron −55 mV
DépolarisationEntrée massive de Na⁺Jusqu’à environ +30 mV
RepolarisationSortie de K⁺Le potentiel redescend
HyperpolarisationCanaux K⁺ encore ouvertsVers −80 mV, puis retour au repos

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Neurophysiologie du lien psyché-soma avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une personne consulte pour des douleurs et une fatigue qu’elle attribue au stress. Quelle démarche clinique doit être réalisée avant de conclure à une origine psychologique ?

2. Une maladie organique diagnostiquée s’aggrave pendant une période d’anxiété intense. Quelle interprétation respecte le lien entre facteurs psychologiques et maladie ?

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Mémorisez les concepts clés de Neurophysiologie du lien psyché-soma avec 10 flashcards interactives.

Qu’étudie la neurophysiologie ?

Le fonctionnement des systèmes nerveux central et périphérique, ainsi que des muscles.

Quelle citation J. Caston attribue-t-il à l’être humain ?

« L'homme est une unité ».

Quelle technique caractérisait la trépanation préhistorique ?

Le crâne était percé par découpage ou forage au silex.

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