★ À maîtriser
📌 Les besoins nutritionnels concernent les individus et relèvent d’une démarche physiologique et médicale, tandis que les apports conseillés s’adressent à une population dans une démarche de santé publique.
Compléments
📌 Les apports journaliers recommandés (AJR) correspondent à des quantités de nutriments évaluées par groupes d’individus à partir des besoins nutritionnels moyens, mais il est peu réaliste de les appliquer strictement chaque jour.
Besoin individuel, ANC collectif
★ À maîtriser
📌 Les fruits et légumes ont une densité nutritionnelle élevée et une densité énergétique faible, tandis que les graisses saturées et les glucides simples ont une faible densité nutritionnelle et une densité énergétique élevée.
📌 Les allégations nutritionnelles portent sur l’apport énergétique ou la teneur significative en nutriment, tandis que les allégations de santé expriment l’intérêt particulier d’un produit pour la santé.
Compléments
📌 Une alimentation optimale associe une densité nutritionnelle aussi élevée que possible à une densité énergétique faible, tout en couvrant les besoins énergétiques et qualitatifs; elle peut être favorisée par les fruits, les légumes et les glucides complexes peu raffinés, riches en fibres.
📌 Les allégations de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie ne sont pas autorisées, et les allégations portant sur la réduction d’un facteur de risque ou le développement des enfants font l’objet d’une évaluation préalable fondée sur des études probantes chez l’humain.
Densité énergétique ≠ densité nutritionnelle
★ À maîtriser
📌 Pour les lipides, l’objectif est un rapport d’acides gras polyinsaturés n-6/n-3 proche de 5, avec une place principale pour les acides gras mono-insaturés, notamment l’acide oléique, et une limitation des acides gras saturés.
Compléments
L’alimentation spontanée présente trois déséquilibres :
Les glucides simples devraient représenter environ 10 % de la ration énergétique, tandis que les produits céréaliers peu transformés et les légumineuses sont à privilégier.
La part des protéines animales, qui représente actuellement deux tiers des protéines consommées, gagnerait à être réduite au profit des protéines végétales; une proportion de protéines animales d’un tiers est indiquée comme suffisante pour couvrir les besoins en acides aminés essentiels et contribuer aux apports en vitamine B, calcium, fer et zinc.
La diversification alimentaire facilite la consommation quotidienne des grandes classes d’aliments, et aucun aliment ne compromet à lui seul l’équilibre alimentaire: c’est son usage qui compte.
Les compléments alimentaires ne devraient être utilisés que pour pallier une insuffisance établie ou supposée des apports journaliers.
★ À maîtriser
Durant la première moitié de la grossesse, la mère constitue des réserves, puis celles-ci sont mobilisées pendant la seconde moitié lors de la croissance fœtale rapide.
Au premier trimestre, l’hyperinsulinémie favorise la lipogenèse et le stockage des graisses; ensuite, l’insulinorésistance périphérique induit une lipolyse et, avec l’augmentation de la production hépatique de glucose, accroît la disponibilité des substrats énergétiques pour le fœtus.
Le coût énergétique théorique de la grossesse est estimé à 75 000 kcal, dont 15 000 kcal liées à la croissance fœtale.
📌 Une prise pondérale excessive accroît notamment le risque de macrosomie et de complications obstétricales, tandis qu’une prise insuffisante, surtout au troisième trimestre, est associée au retard de croissance intra-utérin, à la prématurité et à la morbi-mortalité néonatale.
Compléments
Le bilan azoté net devient positif dès le deuxième trimestre de la grossesse.
L’augmentation de la dépense énergétique maternelle représente 45 % du coût théorique total de la grossesse, et le métabolisme de repos augmente de façon conséquente après la 24e semaine pour atteindre 20 % durant le dernier mois.
📌 Les apports énergétiques supplémentaires consommés en pratique correspondent à environ la moitié du coût théorique total de la grossesse, et leur augmentation spontanée ne nécessite pas d’ajustement diététique tant que le gain pondéral reste adapté.
📌 Durant la grossesse, la ration énergétique devrait comporter environ 30 à 35 % de lipides et au moins 55 % de glucides; les besoins protéiques sont de l’ordre de 1 g/kg/j, soit environ 15 % de la ration énergétique.
★ À maîtriser
📌 La supplémentation systématique en fer n’est pas justifiée pendant la grossesse; elle est indiquée en cas d’anémie ferriprive ou d’hypoferritinémie franche chez la mère.
📌 Une supplémentation de 400 μg/j en folates est recommandée en période périconceptionnelle; en France, 5 mg/j sont prescrits aux femmes ayant des antécédents d’anomalie de fermeture du tube neural ou prenant un traitement antiépileptique, tandis que les femmes à haut risque reçoivent 4 mg/j au moins un mois avant la conception et pendant le premier trimestre, puis une supplémentation de 2 mg/j peut être proposée.
📌 Une supplémentation en vitamine D est recommandée en France à raison de 400 UI/j dès le début de grossesse, de 1 000 UI/j durant la seconde moitié, ou de 100 000 UI en prise unique au début du septième mois.
Compléments
📌 Les capacités d’absorption intestinale du fer augmentent pendant la grossesse et les besoins atteignent 5 à 6 mg/j en fin de grossesse; une alimentation équilibrée couvrant au moins 2 000 kcal/j suffit à les couvrir.
📌 Une supplémentation iodée systématique est souhaitée par de nombreux professionnels, mais son application en France reste subordonnée à l’approbation d’un consensus d’experts; des comprimés d’iodure de potassium de 100 à 200 μg/j pourraient pallier une subcarence.
📌 Trois à quatre portions de lait et de produits laitiers par jour permettent d’assurer un apport calcique supérieur à 1 g/j, sans qu’une supplémentation calcique systématique soit nécessaire.
Une alimentation suffisante et diversifiée couvre en principe les besoins en vitamines, à l’exception de la vitamine D; une supplémentation en vitamine A n’est pas indiquée en France car les apports excessifs peuvent être tératogènes.
La consommation de poisson et l’utilisation d’huile de colza ou de noix sont recommandées pour les apports en acides gras oméga 3; la supplémentation étudiée réduit l’incidence de la prématurité, mais n’a pas montré de bénéfice sur le retard de croissance intra-utérin ou la pré-éclampsie.
★ À maîtriser
📌 Toute consommation d’alcool pendant la grossesse doit être prohibée, car l’alcool est toxique pour le fœtus et favorise les déficits en folates, en vitamine A et en protéines.
📌 Le régime végétalien, qui exclut tout produit d’origine animale, nécessite obligatoirement une supplémentation en vitamine B12.
📌 En cas d’obésité pendant la grossesse, les risques d’HTA gravidique, de pré-éclampsie, de diabète gestationnel et de macrosomie fœtale sont contrôlés par une limitation de la prise pondérale grâce à un régime modérément hypocalorique qui ne descend pas sous 1500 kcal/j.
📌 Chez une femme enceinte non immunisée, la toxoplasmose peut entraîner un avortement, une mort fœtale ou une atteinte neurologique et rétinienne; en cas de séronégativité, il faut éviter la viande crue et le contact avec les chats, et laver soigneusement puis éplucher les fruits et légumes consommés crus.
📌 Listeria monocytogenes est une bactérie résistante au froid mais sensible à la chaleur, transmise par des aliments contaminés; la listériose, relativement bénigne pour la mère, peut provoquer un avortement spontané ou un accouchement prématuré.
Compléments
📌 Une évaluation nutritionnelle recherchant les erreurs alimentaires ou les carences est souhaitable lorsqu’une femme exprime un désir de grossesse ou lors du diagnostic de grossesse.
Le tabagisme pendant la grossesse diminue la ration énergétique et s’accompagne d’une faible consommation de fruits et de légumes.
La toxicomanie pendant la grossesse est souvent associée à la précarité socio-économique, à une diminution des apports alimentaires ainsi qu’au tabagisme et à l’alcoolisme.
📌 Le végétarisme peut satisfaire globalement les besoins de grossesse à condition de respecter la complémentarité entre céréales et légumineuses.
La constipation peut être améliorée par :
En France, les tests sérologiques recherchant une primo-infection toxoplasmique sont obligatoires lors de la déclaration de grossesse.
★ À maîtriser
📌 L’alimentation maternelle pendant la lactation doit notamment fournir les acides gras indispensables au développement du nourrisson, en particulier les AG n-3 et les AG n-6.
📌 La lactation ne nécessite pas de supplémentation spécifique, mais une alimentation suffisante, diversifiée et équilibrée.
Compléments
La sécrétion lactée est peu affectée par les conditions nutritionnelles ambiantes et n’est compromise que dans des situations extrêmes comme la famine.
Une partie des précurseurs du lait, principalement lipidiques, provient des réserves maternelles, tandis que le métabolisme de repos de la mère qui allaite est le même que celui d’une femme qui n’allaite pas.
Un supplément de calcium pendant la lactation a peu d’effet sur la densité osseuse maternelle ou sur la teneur en calcium du lait, car les besoins calciques sont couverts par la mobilisation réversible du calcium osseux et la réduction des pertes urinaires.
★ À maîtriser
Avec le vieillissement, la masse maigre diminue tandis que le tissu adipeux périviscéral tend à augmenter aux dépens de la graisse sous-cutanée.
La diminution de la perception des odeurs, du goût et des saveurs avec l’âge contribue à la baisse de l’appétit, qui peut être contournée par une adaptation des recettes.
À effort comparable, les besoins énergétiques du sujet âgé sont supérieurs de 20 % à ceux de l’adulte jeune, et l’augmentation des besoins liée à l’activité physique ou à une agression métabolique peut ne pas être compensée par les apports spontanés.
Les causes classiques de fragilité nutritionnelle sont :
Chez la personne âgée en bonne santé, les apports nutritionnels conseillés sont de 36 kcal/kg/j et de 1 g/kg/j de protéines.
📌 La lutte contre la sarcopénie associe un apport énergétique et protéique suffisant au maintien d’une activité physique régulière et adaptée.
Compléments
📌 La prévention de l’ostéopénie et de l’ostéoporose repose sur des apports énergétiques, protéiques, calciques et en vitamine D suffisants, avec supplémentation si nécessaire, et surtout sur une activité physique significative.
Baisse sensorielle → appétit diminué → risque de malnutrition
★ À maîtriser
La pratique sportive habituelle ne nécessite pas de modification fondamentale de l’équilibre alimentaire; les apports énergétiques doivent correspondre aux dépenses et l’apport glucidique est majoré.
L’hydrolyse d’une mole d’ATP fournit 7,3 kcal dans les conditions standard biochimiques, et le muscle contient 3 g d’ATP/kg, soit environ 0,043 kcal/kg disponibles dans ces conditions pour un effort maximal d’environ 3 secondes.
Au-delà de quelques minutes d’effort, le métabolisme aérobie devient la principale source d’ATP en oxydant le glucose et les acides gras et, à moindre degré, les acides aminés qui fournissent 5 à 15 % de l’énergie.
Les glucides fournissent au moins 55 % de la ration énergétique des sportifs et jusqu’à 70 % dans les sports d’endurance.
Le glycogène musculaire est utilisé localement sans pouvoir être resynthétisé pendant l’effort, tandis que le glycogène hépatique maintient la glycémie et que son épuisement provoque une hypoglycémie.
Pendant une épreuve sportive, l’hydratation peut atteindre 1,5 l/h lorsque l’activité dépasse une heure; au-delà de trois heures, les besoins sont de l’ordre de 0,5 à 1 l/h.
Les boissons énergétiques sont des boissons de l’effort à composition réglementée adaptée aux besoins du sportif, tandis que les boissons énergisantes contiennent des substances stimulantes et peuvent retarder la perception de la fatigue et favoriser des troubles du rythme.
La consommation de compléments alimentaires par les sportifs ne se justifie que pour compléter des apports jugés insuffisants par un médecin ou un diététicien.
Compléments
Le métabolisme anaérobie lactique se met en route lorsque l’effort dépasse 10 à 15 secondes et s’accompagne d’une acidification musculaire, mais les lactates ne sont pas responsables de cette acidification ni une cause démontrée des crampes musculaires.
Les besoins en protéines des sportifs de haut niveau et des culturistes peuvent nécessiter une augmentation des apports nutritionnels conseillés d’un facteur 1,5 à 2.
📌 Après l’exercice, le sportif doit boire une quantité compensant 150 % de la perte de poids constatée pendant l’épreuve.
Boisson énergétique : effort ; boisson énergisante : stimulants
★ À maîtriser
De zéro à cinq mois, le lait est l’aliment essentiel et unique du bébé et suffit à couvrir ses besoins nutritionnels.
L’allaitement au sein est la référence nutritionnelle pour le nourrisson et contribue aussi à renforcer le lien mère-enfant.
Les préparations lactées pour nourrissons apportent 60 à 75 kcal/100 ml.
📐 Formule - La quantité théorique quotidienne de lait d’un nourrisson, en millilitres, se calcule ainsi : .
📌 Il ne faut pas forcer un bébé bien portant à finir son lait s’il semble rassasié, et les courbes de poids et de taille aident à évaluer si son alimentation suffit.
📐 Formule - L’apport moyen de fibres recommandé est de par jour ; à 7 ans, il est de 12 g par jour.
Compléments
À défaut d’allaitement maternel, une préparation lactée pour nourrisson, souvent appelée lait du premier âge, est utilisée pour couvrir les besoins.
Les préparations destinées aux nourrissons pendant les quatre à six premiers mois sont conçues pour répondre à elles seules aux besoins nutritionnels de cette catégorie.
Pour 100 kcal, les teneurs en protéines indiquées sont de 2,25 à 3 g pour les protéines de lait de vache non modifiées, de 1,8 à 3 g pour les protéines de lait de vache modifiées (caséine/lactosérum) et de 2,25 à 3 g pour les protéines de soja.
Entre 0 et 3 ans, le cerveau passe de 300 à 1 000 g et arrive à maturation à 3 ans.
Les fibres apportent de l’eau, des minéraux et des vitamines, régulent la réponse glycémique et la faim, et limitent l’absorption du cholestérol, mais peuvent réduire l’absorption du calcium, du fer et de certaines vitamines.
★ À maîtriser
À partir de 6 mois, la diversification peut commencer par une purée de légumes et un laitage à midi, ou une compote de fruits après un laitage au goûter.
Avec la diversification, les lipides passent de 50 % de la ration énergétique quotidienne avec le lait maternel à 30–35 %, et les besoins en acides gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés doivent être couverts, notamment par des sources végétales et du poisson.
📌 Il est conseillé de ne pas introduire avant l’âge d’un an les protéines potentiellement allergisantes.
📌 Une alimentation diversifiée suffit généralement à éviter les carences, sauf notamment en fluor ou en iode selon les régions, mais il faut prévenir les excès d’énergie et de sodium, le grignotage et les aliments à haute densité énergétique, comme les boissons sucrées.
Compléments
📌 La suppression du biberon peut supprimer l’apport lacté du matin, et le maintien du biberon comme petit déjeuner pendant plusieurs mois ou années ne présente pas de danger.
📌 Si le lait est remplacé rapidement par du fromage, il faut veiller à apporter de l’eau à l’enfant, car boire du lait apporte aussi de l’eau.
La viande apporte du fer, qui peut aussi provenir de céréales enrichies ou de laits du troisième âge ou de croissance enrichis en fer.
Les œufs apportent des vitamines et des protéines riches en acides aminés, mais constituent aussi une source importante de cholestérol.
Les grignotages et les aliments à haute densité énergétique peuvent entraîner une prise de poids excessive et un rebond d’adiposité précoce.
★ À maîtriser
📌 Pour prévenir ou contrôler l’excès pondéral, il faut limiter les grandes quantités d’aliments très énergétiques et développer une activité physique régulière, plutôt que compter uniquement sur un exercice sportif hebdomadaire.
L’insatisfaction corporelle et les restrictions alimentaires chez les adolescents peuvent être associées à des troubles du comportement alimentaire, notamment la boulimie nerveuse et l’anorexie mentale, et les restrictions peuvent favoriser une évolution vers l’obésité.
L’adolescence est une période essentielle de minéralisation osseuse ; les apports en calcium et une supplémentation en vitamine D au moins une fois par an durant la période péri-pubertaire sont recommandés.
Le calcium peut être apporté par :
Les besoins en fer de l’adolescent sont de l’ordre de 15 à 22 mg par jour et sont plus élevés chez les filles ; les fibres et le thé peuvent réduire l’absorption du fer, tandis que la vitamine C favorise son apport assimilable.
Compléments
📌 Il est important d’interroger les adolescents sur leur comportement alimentaire et de les accompagner dans la gestion de leur poids, en pouvant les recevoir seuls.
★ À maîtriser
Les apports recommandés sont calculés en ajoutant deux écarts-types au besoin moyen, soit environ 130 % de celui-ci, ce qui couvre les besoins de 97,5 % des sujets.
Les dépenses énergétiques quotidiennes sont d’environ 2 400 à 2 500 kcal, soit 35 kcal/kg, chez un adulte vivant dans des conditions normales.
Un gramme de glucides fournit 4 kcal, un gramme de protides 4 kcal, un gramme de lipides 9 kcal et un gramme d’alcool 7 kcal.
Pour une activité physique normale, les besoins énergétiques moyens sont de 35 kcal/kg/24 h, avec une fourchette allant de 30 kcal/kg/24 h chez la femme âgée à 42 kcal/kg/24 h chez l’homme de 18 ans.
Un régime équilibré apporte 12 % de l’énergie sous forme de protides, 30 à 35 % sous forme de lipides et 50 à 55 % sous forme de glucides.
L’apport minimal de sécurité en protéines de haute valeur biologique est de 0,75 g/kg/jour, et les apports conseillés sont d’environ 1 g/kg, avec des besoins plus élevés lorsque les protéines sont surtout d’origine végétale.
Les acides gras essentiels sont l’acide linoléique (C18:2n-6) et l’acide alpha-linolénique (C18:3n-3), qui doivent être apportés par l’alimentation et sont principalement d’origine végétale.
Compléments
Les pertes quotidiennes d’eau se répartissent entre :
Les apports conseillés en eau sont de 2 300 mL, dont 1 300 mL d’eau de boisson et 1 000 mL dans les aliments solides, auxquels s’ajoutent environ 300 mL produits par l’oxydation des macronutriments.
Les besoins en eau varient selon les conditions de vie, l’activité et l’âge ; ceux du nourrisson sont proportionnellement 2 à 3 fois plus élevés que ceux de l’adulte.
Pour un homme adulte de 70 kg au repos complet, éveillé et en équilibre thermique, les dépenses énergétiques de base sont d’environ 1 500 kcal ; elles sont plus faibles chez la femme et après 40 ans.
En climat tempéré et en zone citadine, la thermorégulation représente moins de 5 % des dépenses énergétiques globales, tandis que la thermogenèse induite par les aliments représente environ 10 % des dépenses des 24 heures.
Les dépenses liées au travail musculaire sont presque nulles pendant le sommeil, de 20 à 30 kcal/h en position assise éveillée et de 150 à 200 kcal/h pendant la marche ; elles représentent 15 à 30 % des dépenses quotidiennes habituelles.
Chez l’adulte, l’apport minimum en acide linoléique est d’environ 3 g par jour, soit 1 % de la ration énergétique, et l’apport optimal est de 3 à 5 % de cette ration.
L’apport recommandé en acide alpha-linolénique est de 0,5 à 1 % de la ration énergétique.
★ À maîtriser
📐 Formule - L’indice de masse corporelle est le poids divisé par le carré de la taille : .
Les valeurs normales de l’IMC sont comprises entre 20 et 25, et une valeur inférieure à 17 marque une dénutrition avérée.
Les mesures anthropométriques courantes sont l’épaisseur cutanée tricipitale, le périmètre du bras et le périmètre musculaire brachial calculé à partir des deux mesures précédentes ; ce dernier reflète la masse musculaire de l’organisme.
L’albuminémie est peu sensible à la dénutrition récente ou modérée ; elle baisse lors d’une dénutrition sévère et ancienne ou de pertes rénales ou digestives, mais aussi en cas d’hémodilution, d’insuffisance hépatocellulaire ou de syndrome infectieux ou inflammatoire.
📌 La dénutrition énergétique se caractérise surtout par des anomalies du poids et de l’anthropométrie avec des protéines circulantes presque normales, la dénutrition protéique par une baisse des protéines plasmatiques et parfois des lymphocytes avec poids et anthropométrie préservés, et la dénutrition mixte par l’atteinte de tous les compartiments.
Compléments
L’examen clinique recherche : le degré d’activité et l’état psychique, les œdèmes déclives, les altérations de la peau, des ongles, des cheveux, des lèvres et de la langue, l’aspect du faciès et des masses musculaires
Le poids s’interprète par rapport au poids habituel antérieur et au poids idéal, en tenant compte de la vitesse de perte pondérale.
Les œdèmes indiquent une rétention d’eau d’environ 4 à 5 litres et peuvent masquer l’interprétation du poids ; l’ascite et l’inflation hydrosodée doivent aussi être prises en compte.
L’élimination urinaire de créatinine sur 24 heures reflète la masse musculaire : 1 g/24 h correspond à une masse musculaire de 17 à 20 kg.
La créatininurie peut être faussée par un recueil incomplet, une insuffisance rénale, un apport important de viande ou un hypercatabolisme musculaire après un traumatisme ou une intervention chirurgicale.
Pour interpréter une hypoalbuminémie, il faut disposer de l’hématocrite, du taux de prothrombine et de la protéine C-réactive ; une hémoconcentration peut au contraire corriger faussement l’albuminémie.
L’albuminémie normale est comprise entre 38 et 45 g/L et diminue avec l’âge ; sa demi-vie est d’environ 20 jours.
La transferrine a une demi-vie de 8 jours et peut être un marqueur sensible de dénutrition ; ses valeurs normales, de 2 à 3,50 g/L, varient selon l’âge et le sexe, augmentent en cas de carence martiale et diminuent lors d’un syndrome inflammatoire.
La préalbumine a une demi-vie de 2 jours et la protéine de liaison du rétinol une demi-vie de 12 heures ; ces deux protéines circulent liées dans un complexe et sont sensibles aux carences protéiques.
★ À maîtriser
La dénutrition peut retarder la cicatrisation, affaiblir les défenses contre l’infection, prolonger la convalescence, augmenter la morbimortalité après chirurgie et accroître la toxicité de nombreuses chimiothérapies.
Le maintien de l’équilibre nutritionnel exige un apport énergétique supérieur à la dépense énergétique de repos et un apport minimal de 50 à 60 g de protéines par jour.
Lorsque les besoins augmentent sans hausse suffisante des apports, la balance énergétique et le bilan azoté deviennent négatifs et entraînent une dénutrition, dont la rapidité dépend de l’importance du déficit et de l’augmentation des besoins.
📌 La dénutrition énergétique, comme le marasme, résulte d’une balance énergétique négative ; la dénutrition protéique, comme le kwashiorkor, résulte d’un bilan azoté négatif ; la dénutrition mixte associe les deux déficits.
La réduction des apports, notamment par anorexie, dysphagie, troubles digestifs, maldigestion ou malabsorption, entraîne généralement une dénutrition énergétique prédominante ; si elle est pure, la masse grasse et le poids diminuent d’abord, puis la masse musculaire, tandis que les protéines viscérales sont longtemps préservées.
L’hypercatabolisme lié à des affections septiques, néoplasiques ou inflammatoires graves touche rapidement les protéines, abaisse précocement l’albumine et les protéines à demi-vie courte, puis affecte plus tardivement le poids.
Les pertes protéiques anormales peuvent être :
Compléments
La dénutrition est généralement chronique, mais peut se constituer en quelques jours lors d’un coma après traumatisme crânien ou chez un grand brûlé.
La dénutrition énergétique se constitue progressivement par mobilisation des réserves adipeuses, tandis que la dénutrition protéique apparaît plus rapidement car les réserves musculaires et viscérales sont limitées et les synthèses protéiques rapidement affectées.
Une réduction alimentaire touchant surtout les protéines, notamment avec des céréales carencées en certains acides aminés essentiels, peut entraîner une dénutrition protéique de type kwashiorkor.
La dénutrition sévère peut affecter l’intestin grêle, le pancréas exocrine et la moelle osseuse, provoquant notamment une atrophie villositaire, une insuffisance sécrétoire et une anémie ou une leucopénie.
La dénutrition compromet l’immunocompétence, augmente la fréquence et la sévérité des infections et peut favoriser une pullulation microbienne intestinale qui aggrave les troubles de digestion et d’absorption.
La sarcopénie liée à la dénutrition réduit la force musculaire et augmente la fatigabilité, pouvant conduire à l’immobilisation et aux escarres ; l’atteinte du diaphragme et des muscles intercostaux diminue aussi la ventilation.
Apports insuffisants ou pertes → bilans négatifs → dénutrition
★ À maîtriser
La supplémentation alimentaire vise à accroître les apports spontanés en protéines et en énergie en adaptant la répartition des repas, la texture, la nature et la présentation des aliments, ainsi qu’en utilisant si nécessaire des suppléments diététiques concentrés.
La nutrition entérale administre un liquide nutritif dans la partie supérieure du tube digestif par sonde nasogastrique, gastrostomie ou jéjunostomie, généralement par pompe à faible débit continu.
La principale complication de la nutrition entérale est la broncho-pneumopathie d’inhalation par reflux, observée chez 2 à 5 % des sujets et prévenue par un faible débit ainsi que le maintien en position demi-assise, y compris la nuit.
Les apports approximatifs de nutrition entérale sont de 50 kcal et 1,5 g de protéines par kilogramme chez le malade de réanimation, contre 40 kcal et 1,25 g de protéines par kilogramme chez le dénutri chronique.
La nutrition parentérale perfuse des nutriments par un cathéter veineux central sous forme de glucose concentré, de solutions d’acides aminés et d’émulsions lipidiques.
Les complications infectieuses de la nutrition parentérale concernent 5 à 20 % des patients et peuvent conduire à une septicémie grave ; leur prévention repose sur une asepsie stricte lors de la pose et des manipulations.
Une nutrition parentérale exclusive doit apporter tous les micronutriments indispensables, notamment les acides gras essentiels, le phosphore, le zinc et les vitamines ; une carence en phosphore lors de la renutrition peut provoquer une insuffisance cardiaque aiguë mortelle appelée « refeeding syndrome ».
Une assistance nutritionnelle est envisagée si une dénutrition existe ou est prévisible à court terme et que les apports spontanés ne couvrent pas les besoins ; elle est notamment indiquée si l’alimentation orale est impossible ou insuffisante et avant une chirurgie majeure chez un patient dénutri.
Lorsque le tube digestif est morphologiquement indemne et fonctionnel, la nutrition entérale est généralement préférée pour sa tolérance, son coût et sa faisabilité ; la nutrition parentérale est réservée notamment à certaines situations de réanimation ou postopératoires et aux atteintes digestives extrêmes.
Compléments
📌 L’efficacité des mesures diététiques doit être vérifiée en comptant les apports réels et en évaluant l’évolution nutritionnelle, tout en les adaptant aux conditions socio-économiques et aux aides disponibles.
📌 La prévention de la dénutrition chez tout malade repose sur le maintien précoce d’apports protéiques suffisants, des conseils diététiques ou des compléments oraux si nécessaire, ainsi que le contrôle des apports et de l’état nutritionnel.
Tube digestif fonctionnel : entérale ; tube digestif inutilisable : parentérale
Comparaison des types de dénutrition
| Type | Atteinte dominante | Évolution décrite |
|---|---|---|
| Énergétique | Balance énergétique négative ; poids et masse grasse diminuent | Progressive, avec mobilisation des réserves adipeuses |
| Protéique | Bilan azoté négatif ; protéines plasmatiques touchées | Rapide, avec réserves limitées |
| Mixte | Bilans énergétique et azoté négatifs | Atteinte de plusieurs compartiments |
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1. Une équipe médicale évalue les besoins d’une personne, tandis qu’une autorité de santé publique fixe des repères pour une population. Quelle distinction s’applique à ces deux démarches ?
2. Pour établir un repère alimentaire destiné à une population, une équipe veut réduire le risque de déficience sans en faire une obligation réglementaire. Quelle cible correspond aux ANC ?
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À qui s’adressent les besoins nutritionnels et dans quelle démarche s’inscrivent-ils ?
Ils concernent les individus dans une démarche physiologique et médicale.
Que désignent les besoins nutritionnels ?
La quantité de nutriments, de micronutriments et d’énergie nécessaire pour couvrir les besoins nets, en tenant compte de l’absorption réelle.
Que mesure la densité énergétique d’un aliment ?
L’énergie apportée par 100 g d’aliment.
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