Fiche de révision : Physiologie de l’immunité innée

Plan du Cours

  1. Caractéristiques et reconnaissance innées
  2. PAMP et récepteurs PRR
  3. Rôles de l’immunité innée
  4. Mécanismes cellulaires de défense
  5. Molécules effectrices innées
  6. Inflammation et fièvre

1. Caractéristiques et reconnaissance innées

★ À maîtriser

📌 L’immunité innée, aussi appelée naïve, naturelle ou non spécifique, agit en quelques minutes à quelques heures après le franchissement des barrières externes.

  • L’immunité innée distingue le soi, le non-soi et le soi modifié, et peut être stimulée par des signaux de danger ou d’absence du soi.

  • L’immunité innée est non adaptative parce que sa reconnaissance est indépendante des antigènes propres à un agent infectieux donné.

Compléments

  • Les récepteurs de l’immunité innée sont codés par la lignée germinale et reconnaissent des motifs moléculaires associés aux agents pathogènes.

📌 L’immunité innée ne développe pas de mémoire améliorant sa réponse aux rencontres répétées avec un même pathogène, mais un effet à long terme appelé priming ou trained immunity existe.

Astuce mémo

Réponse immédiate et non spécifique, contrairement à la réponse adaptative.

2. PAMP et récepteurs PRR

Notions clés & Définitions

  • PAMP : Structures moléculaires microbiennes absentes des cellules de mammifères, essentielles au métabolisme, à la survie ou à la pathogénicité des microbes et communes à des classes de pathogènes plutôt qu’à un pathogène donné.
  • PRR : Récepteurs codés par la lignée germinale qui détectent les PAMP et reconnaissent des classes de microbes.

Points essentiels

  • Les PAMP sont difficiles à muter parce qu’ils sont essentiels au métabolisme, à la survie ou à la pathogénicité des microbes.
  • Les PRR peuvent être solubles ou sécrétés dans les fluides corporels, phagocytaires ou endocytiques sur les membranes, ou transducteurs de signal dans le cytoplasme ou à la membrane.

  • Les cellules immunitaires innées et les cellules épithéliales expriment des PRR transducteurs du signal à leur surface ou dans leur cytoplasme.

3. Rôles de l’immunité innée

★ À maîtriser

  • L’immunité innée constitue la première ligne de défense grâce aux barrières épithéliales de la peau et des muqueuses.

  • Après le franchissement des barrières externes, l’immunité innée établit une deuxième ligne de défense caractérisée par l’inflammation, qui empêche les microbes d’établir des foyers infectieux.

📌 Si une infection dépasse un seuil critique, l’immunité innée active l’immunité adaptative et coopère avec elle pour éliminer les pathogènes.

Compléments

  • L’immunité innée contribue à mettre en place des systèmes de réparation lorsque des lésions surviennent pendant l’élimination des agresseurs ou de leurs effets.

Astuce mémo

Barrières → inflammation → coopération adaptative → réparation.

4. Mécanismes cellulaires de défense

★ À maîtriser

  • La phagocytose forme un phagosome qui fusionne avec un lysosome pour produire un phagolysosome, où interviennent des radicaux libres, des substances oxydantes comme H2O2, une augmentation du pH et des enzymes lysosomiales.

  • Les cellules tueuses naturelles (NK) sont cytotoxiques et participent à l’élimination des cellules cancéreuses et des cellules infectées par un virus.

📌 Les NK sont dépourvues de récepteurs liant l’antigène et reconnaissent les cellules hôtes modifiées grâce à des récepteurs NKR activateurs ou inhibiteurs dont l’équilibre est dynamique, ou à des récepteurs Fc de faible affinité pour les IgG.

Compléments

  • Les phagocytes mobilisés comprennent :

    • Granulocytes neutrophiles circulants
    • Cellules dendritiques migratoires
    • Macrophages issus des monocytes
    • Cellules de Kupffer résidentes du foie
  • Les NK produisent l’IFNγ, qui stimule les macrophages, et le TNFα, qui induit la maturation des cellules dendritiques.

  • L’IL-2 stimule la prolifération des lymphocytes B, des lymphocytes T cytotoxiques et des cellules NK.

5. Molécules effectrices innées

Notions clés & Définitions

  • Protéines de phase aiguë : Protéines plasmatiques présentes en permanence dans le sang, dont la concentration augmente lors d’une infection et qui sont sécrétées dans la circulation par le foie sous le contrôle des cytokines.

★ À maîtriser

  • Les peptides antimicrobiens sont des antibiotiques naturels à large spectre, actifs à concentration élevée et relargués par les neutrophiles ou produits par les épithéliums; ils sont présents chez les animaux et les plantes.

  • Le complément est un ensemble d’environ 30 protéines plasmatiques, notamment C1 à C9 et les facteurs B et D, activé par la reconnaissance des pathogènes au moyen d’une cascade protéolytique.

  • Le complément contribue à l’immunité innée par la lyse des pathogènes via le complexe d’attaque membranaire (MAC), l’opsonisation par C3b et le recrutement inflammatoire par C5a et C3a.

📌 Les IFN de type I (IFN-α et IFN-β), produits par la quasi-totalité des cellules après détection de signaux d’infection virale par les PRR, activent les NK et induisent un état de résistance antivirale non spécialisé.

Compléments

  • Les peptides antimicrobiens cités sont :

    • Sidérophilines
    • Dermicidines
    • Cathélicidines
    • Défensines
    • Thrombocidine
  • Les molécules de phase aiguë citées comprennent MBP/MBL, CRP, SAP, les facteurs du complément, LPS/LBP et des inhibiteurs de ROS.

  • L’IFNγ, sécrété par les Th1, les CTL et les NK activés, stimule la transformation des monocytes en macrophages, favorise la production d’anticorps IgG opsonisants et activateurs du complément, et inhibe la voie Th2.

6. Inflammation et fièvre

★ À maîtriser

  • Les quatre signes cardinaux sont : (Celse, av JC) :
    • Rubor : rougeur
    • Tumor : tuméfaction ou gonflement
    • Calor : chaleur
    • Dolor : douleur
  • La réaction inflammatoire survient après une blessure ou une infection et entraîne l’activation locale des cellules immunitaires innées, l’accumulation de liquide et de protéines plasmatiques ainsi que le recrutement de leucocytes.

  • La réaction inflammatoire est orchestrée notamment par les cytokines IL-1, IL-6 et TNF-α.

Compléments

  • La plupart des agents pathogènes ne se multiplient plus ou voient leur capacité de multiplication diminuer à des températures avoisinant 40 °C.
  • La réaction inflammatoire peut provoquer de la fièvre et un malaise général via le système nerveux, stimuler la synthèse hépatique de protéines de phase aiguë et accélérer l’hématopoïèse dans la moelle osseuse.

📌 Les réactions inflammatoires peuvent être aiguës ou chroniques et avoir des effets secondaires délétères pour l’hôte.

Astuce mémo

RTCD : rougeur, tuméfaction, chaleur, douleur.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Physiologie de l’immunité innée avec 18 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans quel délai l’immunité innée intervient-elle généralement après le franchissement des barrières externes ?

2. Quels types de signaux peuvent stimuler l’immunité innée ?

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Révisez avec les flashcards

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Quels autres noms désignent l’immunité innée ?

L’immunité naïve, naturelle ou non spécifique.

Quand l’immunité innée agit-elle après le franchissement des barrières externes ?

En quelques minutes à quelques heures.

Quels éléments l’immunité innée distingue-t-elle ?

Le soi, le non-soi et le soi modifié.

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