Fiche de révision : Physiologie et pathologies rénales

Plan du Cours

  1. Fonctions et anatomie rénales
  2. Néphron et filtration glomérulaire
  3. Réabsorption et concentration urinaires
  4. Régulation hormonale et électrolytes
  5. Équilibre acido-basique et fonctions endocrines
  6. Évaluation rénale et maladie chronique
  7. Insuffisance rénale aiguë
  8. Syndromes urinaires et complications
  9. Médicaments et progression rénale
  10. Maladies rénales et examens
  11. Dialyse et transplantation
  12. Surveillance et raisonnement clinique

1. Fonctions et anatomie rénales

★ À maîtriser

  • Le cortex rénal contient principalement les glomérules et les tubules contournés proximaux et distaux, tandis que la médullaire contient les pyramides, les anses de Henlé, les tubes collecteurs et les vasa recta.

  • Les reins assurent des fonctions excrétrices, hydro-électrolytiques, acido-basiques, endocrines et métaboliques, notamment l’élimination de déchets et de médicaments ainsi que la régulation de l’eau, des électrolytes et de l’osmolarité.

  • Au repos, les reins reçoivent environ 20 à 25 % du débit cardiaque malgré leur masse relativement faible.

Compléments

  • Les reins sont des organes pairs rétro-péritonéaux situés approximativement entre T12 et L3, et le rein droit est généralement plus bas que le gauche en raison du foie.

  • 🔄 L’urine suit le trajet suivant :

    1. Des papilles aux petits calices
    2. Des petits calices aux grands calices
    3. Des grands calices au bassinet
    4. Du bassinet à l’uretère

2. Néphron et filtration glomérulaire

Notions clés & Définitions

  • Barrière de filtration glomérulaire : Endothélium capillaire fenestré, membrane basale glomérulaire et podocytes dont les pédicelles délimitent des diaphragmes de fente.

Points essentiels

  • Chaque rein contient environ un million de néphrons, dont le nombre varie selon les individus.

  • Le néphron comprend :

    • Le corpuscule rénal
    • Le tubule proximal
    • L’anse de Henlé
    • Le tubule distal
    • Le tube collecteur

📌 La filtration glomérulaire laisse passer l’eau et les petites molécules, notamment le sodium, le potassium, le glucose, l’urée, la créatinine et les bicarbonates, mais retient pratiquement les cellules sanguines et les grosses protéines plasmatiques.

  • L’albuminurie est un marqueur important d’atteinte glomérulaire.

  • Chez un adulte jeune en bonne santé, le DFG est généralement de l’ordre de 90–120 mL/min/1,73 m² et diminue physiologiquement avec l’âge.

Astuce mémo

Afférente → glomérule → efférente : le sang traverse deux artérioles.

3. Réabsorption et concentration urinaires

★ À maîtriser

  • Le tubule proximal réabsorbe environ 65–70 % du sodium et de l’eau filtrés, une grande partie du bicarbonate et des acides aminés, ainsi que pratiquement tout le glucose en conditions physiologiques.

  • Quand la glycémie dépasse la capacité maximale de réabsorption tubulaire du glucose, une glycosurie apparaît.

📌 La branche descendante de l’anse de Henlé est très perméable à l’eau, tandis que la branche ascendante l’est beaucoup moins et que sa portion épaisse possède un cotransporteur Na⁺/K⁺/2Cl⁻.

  • Le système à contre-courant implique l’anse de Henlé, les vasa recta, les tubes collecteurs et le gradient osmotique médullaire pour permettre l’adaptation de l’excrétion d’eau.

Compléments

📌 SGLT2 agit principalement dans le segment proximal initial, tandis que SGLT1 agit dans des segments plus distaux du tubule proximal.

  • Le tubule distal participe à la réabsorption du sodium et du chlorure grâce notamment au cotransporteur Na⁺/Cl⁻, cible des diurétiques thiazidiques.

Astuce mémo

Descendante : l’eau passe ; ascendante : elle passe beaucoup moins.

4. Régulation hormonale et électrolytes

★ À maîtriser

  • L’ADH, produite dans l’hypothalamus puis libérée par la neurohypophyse, augmente l’insertion d’aquaporines-2 dans les cellules principales du tube collecteur, ce qui accroît la réabsorption d’eau, diminue la diurèse et concentre les urines.

  • La rénine sécrétée par les cellules juxtaglomérulaires transforme l’angiotensinogène en angiotensine I, puis l’enzyme de conversion transforme l’angiotensine I en angiotensine II.

  • La sécrétion de rénine augmente notamment lorsque la pression de perfusion rénale ou l’arrivée de NaCl à la macula densa diminue, ou lors d’une stimulation sympathique β1.

  • L’angiotensine II provoque une vasoconstriction, stimule la sécrétion d’aldostérone et d’ADH, favorise la réabsorption sodée et augmente la pression artérielle ; elle vasoconstricte préférentiellement l’artériole efférente.

  • L’aldostérone, produite par la corticosurrénale, augmente au niveau du néphron distal et du tube collecteur la réabsorption de Na⁺ ainsi que l’excrétion de K⁺ et d’ions H⁺.

Compléments

  • L’excrétion du potassium dépend notamment de :
    • L’aldostérone
    • Le débit tubulaire distal
    • L’apport alimentaire en potassium
    • L’équilibre acido-basique

Astuce mémo

ADH → aquaporines-2 → réabsorption d’eau → urines concentrées.

5. Équilibre acido-basique et fonctions endocrines

★ À maîtriser

  • Le rein contribue à l’équilibre acido-basique par :

    • La réabsorption du bicarbonate
    • L’excrétion des ions H⁺
    • L’ammoniogénèse
    • La production de nouveaux bicarbonates
  • La diminution de la fonction rénale peut réduire l’excrétion des acides et les bicarbonates, entraînant une acidose métabolique.

  • L’érythropoïétine, principalement produite par des cellules interstitielles rénales, stimule la production des globules rouges dans la moelle osseuse.

  • Dans la MRC, la baisse de production d’EPO contribue à une anémie généralement normocytaire et normochrome, à laquelle peuvent s’ajouter carence martiale, inflammation, pertes sanguines ou carences vitaminiques.

  • Dans la MRC, la baisse de calcitriol peut diminuer l’absorption intestinale du calcium, perturber le métabolisme phosphocalcique et stimuler une hyperparathyroïdie secondaire.

Compléments

  • Le rein produit de l’ammoniac notamment à partir de la glutamine ; cet ammoniac tamponne les ions H⁺ dans les urines et facilite leur excrétion.

Astuce mémo

MRC → baisse d’EPO et de calcitriol → anémie et troubles phosphocalciques.

6. Évaluation rénale et maladie chronique

Notions clés & Définitions

  • Maladie rénale chronique : Anomalie de la structure ou de la fonction rénale présente depuis plus de 3 mois et ayant des conséquences pour la santé.

Points essentiels

  • L’évaluation de la fonction rénale repose principalement sur la créatinine, le DFG estimé, l’albuminurie ou la protéinurie, l’analyse urinaire et l’ionogramme, avec parfois une imagerie ou une biopsie rénale.

  • La créatinine provient du métabolisme musculaire et est filtrée par le glomérule, mais sa concentration dépend aussi de la masse musculaire, de l’âge, du sexe, de certains médicaments, de l’alimentation et de l’hydratation.

📌 Une créatinine normale ne garantit pas une fonction rénale normale, notamment chez une personne âgée sarcopénique dont la masse musculaire est diminuée.

  • Le DFG estimé est calculé par des équations utilisant notamment la créatinine, l’âge et, selon l’équation, le sexe ; il s’exprime en mL/min/1,73 m².

📌 Une MRC peut être définie par un DFG inférieur à 60 mL/min/1,73 m² pendant au moins 3 mois ou par des marqueurs persistants d’atteinte rénale, tels qu’une albuminurie, des anomalies du sédiment, histologiques ou structurales, ou un antécédent de transplantation rénale.

Astuce mémo

G1 ou G2 seuls ne signifient pas MRC : il faut aussi un marqueur d’atteinte rénale.

7. Insuffisance rénale aiguë

Notions clés & Définitions

  • Insuffisance rénale aiguë : Diminution brutale de la fonction rénale, qui se manifeste notamment par une hausse de la créatinine et parfois une diminution de la diurèse.

★ À maîtriser

📌 L’IRA pré-rénale est due à une diminution de la perfusion rénale, l’IRA intrinsèque à une atteinte directe du parenchyme et l’IRA post-rénale à une obstruction des voies urinaires.

  • Les causes fréquentes d’IRA pré-rénale comprennent :

    • La déshydratation
    • L’hémorragie
    • Le choc
    • L’insuffisance cardiaque
    • Le sepsis
    • Les pertes digestives
    • Les diurétiques dans certaines situations
  • Les causes d’IRA post-rénale comprennent :

    • L’hypertrophie prostatique
    • Les calculs
    • Les tumeurs
    • Les caillots
    • La compression extrinsèque

Compléments

  • Les principales causes d’IRA intrinsèque comprennent :

    • La nécrose tubulaire aiguë
    • La néphrite interstitielle aiguë
    • La glomérulonéphrite aiguë
    • La néphropathie vasculaire
  • Chez l’adulte, la diurèse habituelle est d’environ 1–2 L par jour selon les apports, et l’oligurie correspond classiquement à une diurèse inférieure à 0,5 mL/kg/h pendant plusieurs heures selon les critères utilisés.

Astuce mémo

Pré-rénale, rénale, post-rénale : trois localisations à rechercher.

8. Syndromes urinaires et complications

★ À maîtriser

  • Le syndrome néphritique associe classiquement :

    • Hématurie
    • Protéinurie généralement modérée
    • Hypertension
    • Insuffisance rénale variable
    • Œdèmes possibles
  • Le syndrome néphrotique associe :

    • Protéinurie importante
    • Hypoalbuminémie
    • Œdèmes
    • Hyperlipidémie fréquente
  • L’hyperkaliémie sévère peut entraîner des troubles de conduction et du rythme, une fibrillation ventriculaire ou une asystolie et constitue une urgence potentiellement vitale.

Compléments

  • Une hématurie glomérulaire est souvent associée à une protéinurie, à une dysmorphie des hématies et à des cylindres hématiques, lesquels orientent vers une origine glomérulaire.

  • Une protéinurie peut être :

    • Glomérulaire
    • Tubulaire
    • Fonctionnelle
    • Liée à une surcharge protéique
  • Les œdèmes peuvent résulter :

    • D’une rétention hydro-sodée
    • D’une hypoalbuminémie
    • D’une augmentation de la pression hydrostatique
    • D’une insuffisance cardiaque associée

Astuce mémo

Néphritique : hématurie ; néphrotique : protéinurie importante et hypoalbuminémie.

9. Médicaments et progression rénale

Points essentiels

  • Les inhibiteurs de SGLT2 diminuent la réabsorption du glucose, provoquent une glycosurie et une natriurèse, modifient le rétrocontrôle tubulo-glomérulaire et diminuent la pression intraglomérulaire.

📌 Les AINS peuvent réduire la perfusion rénale par inhibition des prostaglandines, tandis que les IEC et les ARA2 diminuent la pression intraglomérulaire notamment en dilatant l’artériole efférente.

  • L’association d’un IEC ou d’un ARA2, d’un diurétique et d’un AINS (« triple whammy ») peut fortement diminuer la pression de filtration glomérulaire, surtout chez les patients fragiles ou déshydratés.

  • Dans le « triple whammy », l’IEC ou l’ARA2 dilate l’artériole efférente, l’AINS provoque une vasoconstriction de l’artériole afférente et le diurétique diminue le volume circulant, ce qui réduit la pression de filtration glomérulaire.

📌 Une diminution du DFG peut réduire l’élimination rénale d’un médicament ou de ses métabolites, entraînant leur accumulation et un risque accru de toxicité.

📌 Les IEC et les ARA2 peuvent entraîner une augmentation initiale de la créatinine sans devoir être systématiquement arrêtés, car ils peuvent être néphroprotecteurs notamment en diminuant l’albuminurie ; la créatinine, le potassium, la pression artérielle et l’hydratation doivent être surveillés.

Astuce mémo

Le triple whammy serre l’arrivée, relâche la sortie et réduit le volume circulant.

10. Maladies rénales et examens

★ À maîtriser

  • Les principales causes de MRC comprennent :

    • Le diabète
    • L’hypertension
    • Les glomérulopathies
    • Les maladies héréditaires
    • Les néphropathies tubulo-interstitielles
    • Les obstructions chroniques
  • Dans la MRC, la baisse de l’excrétion du phosphate et du calcitriol favorise l’hyperphosphatémie, une hypocalcémie relative, la stimulation de la PTH et l’hyperparathyroïdie secondaire, puis à long terme une maladie osseuse rénale et des calcifications vasculaires.

  • Les principales complications de la MRC comprennent :

    • L’hypertension
    • La surcharge hydrosodée
    • L’hyperkaliémie
    • L’acidose métabolique
    • L’anémie
    • Les troubles phosphocalciques
    • L’hyperparathyroïdie secondaire
    • La dénutrition
    • Le syndrome urémique
    • L’augmentation du risque cardiovasculaire
  • Le syndrome urémique correspond aux conséquences systémiques de l’accumulation de substances normalement éliminées par le rein et peut provoquer des manifestations neurologiques, digestives, cutanées, cardiovasculaires et hématologiques.

  • Une colique néphrétique associée à de la fièvre, des frissons, une altération de l’état général, une anurie, un rein unique ou une insuffisance rénale fait rechercher une obstruction infectée ou une complication ; l’obstruction infectée est une urgence urologique.

Compléments

  • L’échographie rénale évalue notamment la taille des reins, la différenciation cortico-médullaire, une dilatation des cavités, une obstruction, des kystes et certaines anomalies morphologiques ; des reins petits et hyperéchogènes peuvent orienter vers une MRC avancée.

11. Dialyse et transplantation

★ À maîtriser

📌 L’hémodialyse fait circuler le sang dans un dialyseur, tandis que la dialyse péritonéale utilise le péritoine comme membrane d’échange.

  • La dialyse péritonéale utilise un liquide introduit dans la cavité péritonéale pour permettre la diffusion des solutés et l’ultrafiltration de l’eau ; elle peut être continue ambulatoire (DPCA) ou automatisée (DPA).

  • Une péritonite sous dialyse péritonéale peut se manifester par une douleur abdominale, un liquide de dialyse trouble, une fièvre, un malaise ou des nausées et nécessite une prise en charge rapide.

  • L’acronyme AEIOU rappelle les indications classiques de dialyse urgente : acidose métabolique sévère réfractaire, hyperkaliémie sévère réfractaire, certaines intoxications dialysables, surcharge hydrosodée sévère réfractaire et complications urémiques sévères.

Compléments

  • L’hémodialyse fait circuler le sang dans un dialyseur, où des échanges suivent des gradients de concentration et de pression, puis le sang épuré retourne au patient.

  • Les principaux accès vasculaires sont :

    • La fistule artério-veineuse
    • La prothèse vasculaire
    • Le cathéter veineux central

Astuce mémo

AEIOU : Acidose, Électrolytes, Intoxications, Overload, Urémie.

12. Surveillance et raisonnement clinique

★ À maîtriser

  • 🔄 L’approche d’une IRA suit ces étapes :

    1. Comparer à la créatinine antérieure
    2. Évaluer la gravité clinique et biologique
    3. Rechercher une cause pré-rénale, rénale ou post-rénale
    4. Vérifier les médicaments
    5. Rechercher une obstruction
    6. Surveiller l’évolution
  • L’évaluation d’une MRC intègre :

    • La cause
    • Le stade du DFG
    • L’albuminurie
    • La progression
    • Les complications
    • Le risque cardiovasculaire
    • Les médicaments
    • L’éducation thérapeutique
  • Une augmentation inexpliquée de la créatinine chez un transplanté rénal doit être prise au sérieux, car elle peut s’accompagner de signes de rejet tels qu’une diminution de la diurèse, une hypertension ou parfois une douleur du greffon.

  • Les recommandations nutritionnelles en MRC doivent être individualisées : les apports sodés, protéiques, potassiques et phosphatés sont adaptés au stade et au contexte, tout en prévenant la dénutrition.

  • Les signes d’alerte en néphrologie comprennent :

    • L’hyperkaliémie sévère ou des troubles ECG
    • L’anurie ou l’oligurie sévère
    • L’œdème aigu du poumon
    • L’IRA rapidement progressive ou l’acidose sévère
    • Le syndrome urémique
    • Une obstruction urinaire ou infectée
    • Une glomérulonéphrite rapidement progressive
    • Une hypertension sévère avec atteinte d’organe

Compléments

  • La décision de dialyse urgente dépend du contexte clinique global, même lorsque des indications classiques sont présentes.

Astuce mémo

IRA : confirmer, évaluer, chercher la cause, vérifier les médicaments, rechercher l’obstruction, surveiller.

Tableaux de synthèse

Comparaison des syndromes urinaires

SyndromeProtéinurieAutres signes caractéristiques
NéphritiqueGénéralement modéréeHématurie, hypertension, insuffisance rénale variable, œdèmes possibles
NéphrotiqueImportanteHypoalbuminémie, œdèmes, hyperlipidémie fréquente, hypercoagulabilité possible

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1. Quelle association décrit correctement les fonctions assurées par les reins ?

2. Quelle part du débit cardiaque les reins reçoivent-ils approximativement au repos, malgré leur masse relativement faible ?

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Combien de néphrons chaque rein contient-il environ ?

Environ un million, avec des variations individuelles.

Quelles structures composent le néphron ?

Le corpuscule rénal, les tubules proximal et distal, l’anse de Henlé et le tube collecteur.

Entre quelles vertèbres les reins sont-ils approximativement situés ?

Entre T12 et L3.

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