Fiche de révision : Place de l’IPA en pneumologie chronique

Plan du Cours

  1. Interrogatoire et facteurs de risque
  2. Expositions respiratoires professionnelles
  3. Toux et expectoration
  4. Dyspnée et troubles ventilatoires
  5. Sommeil, hémoptysie et douleur
  6. Explorations fonctionnelles respiratoires
  7. Gazométrie et équilibre acido-basique
  8. Principales maladies chroniques respiratoires
  9. Insuffisance respiratoire et supports
  10. Rôle de l’IPA en situation chronique

1. Interrogatoire et facteurs de risque

Notions clés & Définitions

  • Interrogatoire : Premier temps de l’examen clinique qui permet de connaître le motif de consultation, l’âge, la profession et les facteurs de risque respiratoires du patient.

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque respiratoires comprennent:
    • des facteurs génétiques
    • des facteurs professionnels
    • des facteurs environnementaux
    • le tabac
    • l’hypertension artérielle
    • le diabète

Compléments

  • Les antécédents personnels respiratoires comprennent notamment:
    • l’asthme
    • la rhinite allergique de l’enfance
    • la tuberculose

2. Expositions respiratoires professionnelles

★ À maîtriser

📐 Formule — La consommation totale de tabac se calcule en paquets-année selon la relation PA=nombre de paquets de 20 cigarettes par jour×nombre danneˊes de tabagismePA = nombre\ de\ paquets\ de\ 20\ cigarettes\ par\ jour \times nombre\ d’années\ de\ tabagisme.

  • Un paquet de cigarettes par jour pendant 20 ans et un demi-paquet par jour pendant 40 ans correspondent chacun à 20 paquets-année.

  • Les expositions professionnelles concernent 15 % à 20 % des cas des trois grandes maladies respiratoires chroniques : l’asthme, la BPCO et le cancer bronchique.

Compléments

  • Les six métiers exposant au risque d’asthme professionnel sont boulanger, coiffeur, professionnel de santé, peintre, travailleur du bois et agent d’entretien.

  • L’amiante est utilisé comme isolant:

    • thermique
    • phonique
    • électrique

Astuce mémo

Exposition à l’amiante ou à la silice → maladies respiratoires et cancers

3. Toux et expectoration

Notions clés & Définitions

  • Bronchite chronique : Expectoration présente au moins 3 mois par an pendant au moins 2 années consécutives.

★ À maîtriser

📌 La toux aiguë dure moins de 3 semaines, tandis que la toux chronique dure plus de 8 semaines et nécessite une enquête diagnostique systématique.

  • Une toux nocturne est observée dans l’asthme et constitue un élément important de l’évaluation de son contrôle.

  • Une expectoration purulente contient du pus et doit faire évoquer une infection respiratoire haute ou basse.

Compléments

  • La coqueluche est principalement causée par Bordetella pertussis et se manifeste par des quintes épuisantes persistantes de plus de trois semaines avec reprise inspiratoire difficile, parfois accompagnées d’apnées, de cyanose ou de vomissements.

Astuce mémo

Toux sèche réflexe ≠ toux productive avec expectoration

4. Dyspnée et troubles ventilatoires

Notions clés & Définitions

  • Dyspnée : Expérience subjective d’inconfort respiratoire faite de sensations qualitativement distinctes et d’intensité variable.

Points essentiels

📌 Les sifflements inspiratoires orientent vers une pathologie des voies aériennes supérieures, tandis que les sifflements expiratoires orientent vers une pathologie bronchique.

  • L’orthopnée est une dyspnée en décubitus dorsal et peut être liée à une insuffisance cardiaque, une dysfonction diaphragmatique ou l’obésité.

  • L’échelle MMRC classe la dyspnée de 0, absente sauf lors d’exercices intensifs, à 4, présente au moindre effort comme parler, s’habiller ou se raser.

Astuce mémo

Sifflement inspiratoire = voies supérieures ; expiratoire = bronches

5. Sommeil, hémoptysie et douleur

Notions clés & Définitions

  • Hémoptysie : Saignement des voies respiratoires inférieures, extériorisé ou non, provenant le plus souvent de la circulation systémique des artères bronchiques.

★ À maîtriser

  • Les grandes causes d’hémoptysie sont:
    • l’aspergillome
    • la tuberculose
    • le cancer
    • la dilatation des bronches
    • l’embolie pulmonaire

📌 Une hémoptysie est grave notamment lorsque le volume dépasse 150 cc, lorsqu’elle entraîne un retentissement respiratoire ou lorsqu’elle survient chez un patient ayant un statut respiratoire fragile.

Compléments

  • Un score de somnolence supérieur à 10 témoigne très probablement d’une somnolence accrue.

  • La douleur thoracique respiratoire est souvent basithoracique, en point de côté, majorée par l’inspiration profonde ou la toux et peut bloquer la respiration.

Astuce mémo

ABCDE : Aspergillome, BK, Cancer, Dilatation de bronche, Embolie pulmonaire

6. Explorations fonctionnelles respiratoires

Notions clés & Définitions

  • Trouble ventilatoire obstructif : Le trouble ventilatoire obstructif correspond à une obstruction bronchique définie en spirométrie par un rapport de Tiffeneau VEMS/CVF<0,7VEMS/CVF < 0{,}7.
  • Trouble ventilatoire restrictif : Le trouble ventilatoire restrictif correspond à une restriction des volumes pulmonaires confirmée par une capacité pulmonaire totale inférieure à 80 % en pléthysmographie.

Points essentiels

  • Les explorations fonctionnelles respiratoires comprennent: la spirométrie, la pléthysmographie, l’étude du transfert du CO, les gaz du sang, le test de marche de 6 minutes, l’épreuve fonctionnelle à l’exercice, la polygraphie ventilatoire et la polysomnographie

📌 La spirométrie mesure les volumes pulmonaires mobilisables, tandis que la pléthysmographie mesure notamment les volumes non mobilisables comme le volume résiduel.

  • 🔄 Le test de réversibilité se déroule ainsi: réaliser une première spirométrie, faire inhaler un bêta-2 mimétique de courte durée d’action, attendre 15 minutes, réaliser une seconde spirométrie

📌 La réversibilité est définie par une amélioration du VEMS d’au moins 200 mL et 12 % après bronchodilatateur.

Astuce mémo

Spirométrie → réversibilité → restriction → distension

7. Gazométrie et équilibre acido-basique

Notions clés & Définitions

  • Gazométrie artérielle : La gazométrie artérielle mesure notamment la PaO2, la PaCO2, le pH et les bicarbonates, généralement au repos, après réalisation de la manœuvre d’Allen et ponction de l’artère radiale.

Points essentiels

📐 Formule — L’équation d’Henderson-Hasselbalch relie le pH aux bicarbonates et à la PaCO2 selon pH=6,1+log([HCO3]0,03×PaCO2)pH = 6{,}1 + \log\left(\frac{[HCO_3^-]}{0{,}03 \times PaCO_2}\right).

  • Les valeurs usuelles de référence sont un pH de 7,35 à 7,45, une PaCO2 de 35 à 45 mmHg et des bicarbonates de 22 à 26 mmol/L.

📌 Une acidose respiratoire associe habituellement un pH inférieur à 7,35 et une PaCO2 supérieure à 45 mmHg, tandis qu’une acidose métabolique associe un pH inférieur à 7,35 et des bicarbonates inférieurs à 22 mmol/L.

📐 Formule — Le trou anionique se calcule selon TA=[Na+]([Cl]+[HCO3])TA = [Na^+] - ([Cl^-] + [HCO_3^-]) et sa valeur de référence est d’environ 12 ± 4 mmol/L sans intégrer le potassium.

Astuce mémo

pH → PaCO₂ ou HCO₃⁻ → compensation → trou anionique

8. Principales maladies chroniques respiratoires

★ À maîtriser

  • Les principales maladies respiratoires chroniques comprennent:

    • la BPCO
    • l’asthme
    • l’hypertension pulmonaire
    • la mucoviscidose
    • les pathologies neuromusculaires
    • le syndrome d’obésité-hypoventilation
  • La BPCO est la quatrième cause de décès dans le monde, avec environ 3,5 millions de décès en 2021, et 70 % des BPCO sont imputables au tabac.

  • L’asthme se manifeste notamment par une toux nocturne sifflante, une oppression thoracique et une dyspnée à l’effort ou au repos.

Compléments

  • La mucoviscidose associe des manifestations respiratoires comme la toux, les infections et la dyspnée à des manifestations digestives liées à l’insuffisance pancréatique.

9. Insuffisance respiratoire et supports

Notions clés & Définitions

  • Insuffisance respiratoire : Défaillance du système d’oxygénation, du système de ventilation ou des deux systèmes.

★ À maîtriser

  • La ventilation correspond à l’inspiration et à l’expiration, tandis que l’hématose correspond aux échanges gazeux.

Compléments

  • Les supports respiratoires comprennent:
    • les lunettes
    • le masque
    • l’oxygène haut débit
    • la ventilation invasive
    • la ventilation non invasive

Astuce mémo

Hypoxémie = défaut d’oxygénation ; hypoventilation = hypoxémie et hypercapnie

10. Rôle de l’IPA en situation chronique

Points essentiels

  • En suivi chronique, l’IPA vérifie la bonne prise des médicaments et la bonne utilisation des dispositifs, notamment les traitements inhalés, la ventilation non invasive et l’oxygène.

  • Toute modification des symptômes ou majoration des traitements habituels chez un patient atteint d’une maladie respiratoire chronique doit faire rechercher une décompensation.

  • Chez un patient sous oxygène ou ventilation non invasive, l’augmentation de l’utilisation est une urgence quelle que soit la pathologie sous-jacente et justifie d’appeler le 15.

  • Chez un patient asthmatique, une utilisation quasi quotidienne de la Ventoline témoigne d’un mauvais contrôle et impose de vérifier les critères d’urgence et la bonne prise du traitement de fond.

  • Une somnolence importante chez un patient sous oxygénothérapie au long cours constitue une urgence et justifie d’appeler le 15.

Astuce mémo

Symptômes ou traitements majorés → décompensation potentielle → adressage adapté

Tableaux de synthèse

Interprétation des troubles ventilatoires

TroubleExamenCritère principalOrientation
ObstructifSpirométrieVEMS/CVF < 0,7Asthme ou BPCO
RéversibleSpirométrie après bronchodilatateurVEMS + 200 mL et 12 %Asthme
RestrictifPléthysmographieCPT < 80 %Restriction des volumes
DistensionPléthysmographieCPT > 120 %Hyperinflation, souvent avec TVO

Valeurs clés du déséquilibre acido-basique

ParamètreAcidoseNormalAlcalose
pH< 7,357,35–7,45> 7,45
PaCO2> 45 mmHg35–45 mmHg< 35 mmHg
HCO3−< 22 mmol/L22–26 mmol/L> 26 mmol/L

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1. Quel est le rôle premier de l’interrogatoire dans l’examen clinique respiratoire ?

2. Lequel de ces éléments appartient aux facteurs de risque respiratoires modifiables ?

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Qu'est-ce que l'interrogatoire en examen clinique ?

Le premier temps de l'examen clinique.

Quels facteurs de risque respiratoires inclut l'interrogatoire ?

Les facteurs constitutionnels, professionnels, environnementaux et modifiables.

Quels antécédents personnels respiratoires doit-on rechercher ?

L'asthme, la rhinite allergique de l'enfance et la tuberculose.

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