Fiche de révision : Prévention du risque infectieux

Plan du Cours

  1. Épidémies et infections associées aux soins
  2. Facteurs de risque et réservoirs
  3. Principaux agents infectieux
  4. Bactéries et résistances aux antibiotiques
  5. Réservoirs et voies de transmission
  6. Infection et défenses immunitaires
  7. Prévention et rôle soignant
  8. Entretien de l’environnement et du matériel
  9. Tenue professionnelle et hygiène des mains
  10. Précautions complémentaires contact
  11. Précautions complémentaires respiratoires
  12. Masques et protection respiratoire

1. Épidémies et infections associées aux soins

Notions clés & Définitions

  • Endémie : Persistance d’une maladie particulière dans une région, soit de manière constante, soit à des époques déterminées.
  • Infection associée aux soins : Infection qui survient au cours ou au décours d’une prise en charge et qui n’était ni présente ni en incubation au début de celle-ci.

★ À maîtriser

📌 Une épidémie est l’apparition rapide d’un grand nombre de cas d’une maladie infectieuse dans une région ou une population, tandis qu’une pandémie s’étend à un continent ou au monde entier.

  • Lorsque l’état infectieux initial est inconnu, un délai d’au moins 48 heures ou supérieur à la période d’incubation est couramment retenu pour définir une IAS.

  • Une infection du site opératoire est retenue dans les 30 jours suivant l’intervention, ou dans l’année si un implant ou une prothèse a été posé.

Compléments

  • En 2022, l’enquête nationale de prévalence rapporte que 5 à 6 patients hospitalisés sur 100 contractent une IAS. - enquête nationale de prévalence IAS/ES

Astuce mémo

Épidémie : diffusion locale ; pandémie : diffusion continentale ou mondiale

2. Facteurs de risque et réservoirs

★ À maîtriser

  • Le diabète, l’immunodépression, l’insuffisance respiratoire et l’insuffisance rénale sont des terrains favorisant les IAS, et l’immunodépression multiplie le risque par deux.

  • Une sonde urinaire multiplie le risque infectieux par 4, tandis qu’un cathéter le multiplie par 2 à 6.

  • Les réservoirs de germes comprennent :

    • le patient ou résident
    • l’environnement
    • les professionnels
    • les visiteurs

Compléments

  • En EHPAD, l’enquête de prévalence de 2024 rapporte que 2,35 résidents sur 100 contractent une IAS. - enquête de prévalence IAS

  • Les âges extrêmes de la vie, notamment après 65 ans et chez le nourrisson, favorisent les IAS.

  • Les escarres sont associées à un risque infectieux multiplié par 4 à 6.

Astuce mémo

Acte invasif → porte d’entrée supplémentaire

3. Principaux agents infectieux

Notions clés & Définitions

  • Prion : Protéine anormale transmissible, responsable de maladies neurodégénératives rares, transmissibles et toujours fatales regroupées dans les encéphalopathies spongiformes transmissibles.
  • Parasite : Organisme vivant du règne animal qui se nourrit et se reproduit à partir d’un hôte et provoque des parasitoses.
  • Champignon : Organismes microscopiques du monde végétal, vivant dans des endroits humides et chauds et responsables des mycoses.

★ À maîtriser

  • Les virus ne peuvent pas se reproduire de façon autonome et dépendent d’une cellule.

  • Les bactéries responsables d’environ 80 % des infections nosocomiales mesurent de 1 à 10 μm et peuvent survivre dans le milieu extérieur.

Compléments

  • Les prions résistent fortement aux procédés habituels de destruction des micro-organismes ; la stérilisation indiquée par l’OMS utilise de la vapeur sous 3 bars à 134 °C pendant 18 minutes.

4. Bactéries et résistances aux antibiotiques

Points essentiels

📌 Une bactérie aérobie vit avec de l’oxygène, tandis qu’une bactérie anaérobie vit sans oxygène.

  • Les bactéries peuvent se reproduire rapidement, à raison d’une à deux cellules toutes les 20 minutes, et sont favorisées par la chaleur de 10 à 60 °C, l’humidité et les salissures.

📌 Les bactéries multi-résistantes (BMR) résistent à plusieurs antibiotiques, tandis que les bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe) résistent à de nombreux antibiotiques avec un mécanisme transférable entre bactéries.

  • Les BMR et les BHRe ne sont pas plus virulentes, ne provoquent pas de maladies plus graves et ne sont pas résistantes aux solutions hydroalcooliques.

📌 La prévention de l’émergence des résistances repose sur la maîtrise de la prescription des antibiotiques, et la prévention de la transmission croisée repose sur les précautions standard, notamment l’hygiène des mains.

Astuce mémo

BMR : plusieurs résistances ; BHRe : résistance hautement émergente

5. Réservoirs et voies de transmission

★ À maîtriser

📌 La contamination endogène provient des micro-organismes propres au patient, tandis que la contamination exogène provient du personnel, de l’environnement ou des visiteurs.

  • Les portes d’entrée comprennent :
    • la voie rhino-pharyngée
    • la voie digestive
    • la voie cutanée
    • la voie sanguine
    • la voie génitale
    • la voie urinaire
    • les muqueuses buccale et oculaire

📌 La transmission par gouttelettes dépose directement les particules sur les muqueuses sans passage par l’air, tandis que la transmission aérienne implique des gouttelettes ou particules en suspension dans l’air.

  • La transmission manuportée est à l’origine de plus de 70 % des infections selon le cours.

Compléments

  • Les réservoirs possibles comprennent :
    • l’homme
    • l’air et les poussières
    • les surfaces
    • le matériel
    • les aliments
    • l’eau
    • la terre
    • les animaux

Astuce mémo

Réservoir → transmission → porte d’entrée

6. Infection et défenses immunitaires

Notions clés & Définitions

  • Immunité : Propriété d’un organisme vivant de développer des moyens spécifiques de défense, naturels ou acquis, contre un agent pathogène ou un corps étranger.

★ À maîtriser

📌 L’infection correspond à la présence de micro-organismes dans un site anatomique habituellement stérile avec des signes cliniques ou biologiques, tandis que la colonisation ne présente pas ces signes.

  • L’immunité naturelle non spécifique comprend :
    • la peau
    • les muqueuses
    • les larmes
    • la salive
    • la réaction inflammatoire
    • la fièvre

📌 La vaccination introduit des antigènes très atténués pour favoriser la fabrication d’anticorps, tandis que la sérothérapie injecte un sérum contenant des anticorps spécifiques provenant de sujets immunisés.

  • Les signes inflammatoires locaux sont :
    • la douleur
    • la chaleur
    • la rougeur
    • l’œdème

Compléments

  • L’immunité spécifique peut être humorale, fondée sur les antigènes et les anticorps, ou cellulaire, mettant en jeu les globules blancs et les lymphocytes T.

Astuce mémo

Infection : signes cliniques ou biologiques ; colonisation : aucun signe

7. Prévention et rôle soignant

★ À maîtriser

  • La prévention repose notamment sur :
    • les vaccinations
    • l’hygiène de l’environnement
    • l’hygiène corporelle
    • l’hygiène hospitalière

📌 Les précautions standard s’appliquent à tout patient, quel que soit son état infectieux, et les précautions complémentaires s’y ajoutent dans certaines situations pour limiter la dissémination des microbes.

  • Le rôle soignant comprend : l’hygiène des mains, le port d’une tenue adaptée, la désinfection du matériel, l’entretien des locaux, la maîtrise du circuit du linge et des déchets, la gestion des excréta

Compléments

  • La lutte contre les IAS implique tous les acteurs et repose sur la coopération et la qualité des échanges autour du patient ou du résident.

8. Entretien de l’environnement et du matériel

Notions clés & Définitions

  • Détergent : Produit qui enlève les salissures et dont l’action élimine une partie des bactéries.
  • Désinfection : Opération qui élimine ou détruit de façon momentanée les microbes présents sur une surface ou un sol.

★ À maîtriser

📌 Le ménage assure une propreté visuelle par le nettoyage, tandis que le bionettoyage associe nettoyage et désinfection des surfaces, et parfois des sols, pour limiter la contamination croisée.

📌 Le bionettoyage s’effectue avec du matériel propre, en respectant les dilutions et modes d’emploi, sans mélanger les produits, du haut vers le bas et du propre vers le sale.

Compléments

  • La stabilité d’un produit dilué est le plus souvent de 24 heures ; il faut mettre l’eau avant le produit et ne jamais replonger une chiffonnette utilisée dans le seau.

📌 Pour un produit prêt à l’emploi, il faut vaporiser sur la chiffonnette plutôt que sur la surface afin de réduire la dispersion atmosphérique et les risques d’inhalation.

Astuce mémo

Nettoyer avant de désinfecter

9. Tenue professionnelle et hygiène des mains

★ À maîtriser

  • La tenue professionnelle vise à limiter la transmission des micro-organismes et à protéger le résident et le personnel ; elle doit être changée quotidiennement et chaque fois qu’elle est souillée.

📌 La tenue de travail doit être à manches courtes, fermée, sans vêtements civils portés par-dessus, et ne doit pas être rapportée au domicile pour y être lavée.

  • Les prérequis comprennent :
    • des cheveux propres et attachés
    • des ongles courts sans vernis ni faux ongles
    • l’absence de bijoux
    • l’absence de bagues, y compris l’alliance
    • l’absence de montre

Compléments

📌 Le lavage simple des mains ou la désinfection hygiénique des mains doit être réalisé avant de revêtir la tenue professionnelle et après l’avoir retirée lorsqu’elle est sale.

10. Précautions complémentaires contact

Notions clés & Définitions

  • Précautions complémentaires : Mesures qui s’ajoutent aux précautions standard lorsque celles-ci ne suffisent pas à limiter la transmission ; leur mise en place et leur levée relèvent d’une prescription médicale.

★ À maîtriser

  • Elles concernent notamment :
    • les BMR
    • les BHRe
    • Clostridium difficile
    • la gale

📌 En précautions contact, une chambre individuelle est préférable, les mains sont désinfectées avant et après le contact, et un tablier est porté au contact du patient ou de son environnement.

📌 En EHPAD ou au domicile, un porteur de BMR ou BHRe relève de précautions standard rigoureuses, tandis qu’en hospitalisation des précautions complémentaires sont mises en place selon le germe.

Compléments

📌 Les gants sont portés selon les précautions standard et non sur peau saine ; une surblouse à manches longues est indiquée pour Clostridium difficile ou la gale.

11. Précautions complémentaires respiratoires

★ À maîtriser

  • L’évaluation prend en compte :

    • la ventilation
    • le pathogène
    • la proximité de l’exposition
    • la durée de l’exposition
    • les gestes générant des aérosols
  • Les niveaux de précautions respiratoires sont :

    • simples
    • renforcés
    • maximaux

Compléments

  • Les seuils de durée d’exposition mentionnés pour l’évaluation du risque respiratoire sont 15 minutes et 30 minutes.

  • Le cours recommande un taux de CO₂ inférieur à 1 300 ppm dans un local occupé, et si possible inférieur à 800 ppm. - Code du travail, chapitre II « Aération, assainissement, article R4222-6 », 01/05/2008

📌 Les précautions respiratoires maximales prévoient une chambre à pression négative ou avec ventilation additionnelle, et un taux maximal de CO₂ de 800 ppm en occupation.

Astuce mémo

Ventilation, pathogène, exposition : trois repères du risque respiratoire

12. Masques et protection respiratoire

★ À maîtriser

📌 Le masque à usage médical réduit les émissions de particules respiratoires, tandis que le masque FFP2 protège les voies aériennes de la personne exposée.

  • La durée maximale d’utilisation indiquée pour un masque à usage médical est inférieure à 4 heures, selon le fabricant, et il doit être changé s’il est humide.

📌 Un FFP2 doit être mis avant d’entrer dans la chambre et retiré après en être sorti et avoir fermé la porte ; un contrôle d’ajustement doit être effectué à chaque utilisation.

Compléments

  • Pendant les épidémies hivernales, le masque à usage médical est recommandé aux professionnels, patients et visiteurs dès l’entrée dans les bâtiments où circulent des patients ou résidents. - Réseau des CPias, Juillet 2025

Astuce mémo

Masque médical : limiter les émissions ; FFP2 : protéger les voies aériennes

Tableaux de synthèse

Transmission respiratoire et protection

ModeCaractéristiqueMesure citée
ContactContact direct ou environnement procheHygiène des mains et protections adaptées
GouttelettesDépôt direct sur les muqueuses sans passage par l’airPort du masque
AirParticules en suspension dans l’airMasque, traitement de l’air et ventilation

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Prévention du risque infectieux avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la distinction entre épidémie et pandémie :

2. Parmi les caractéristiques des terrains favorisant les infections associées aux soins, lesquelles sont exactes ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Prévention du risque infectieux avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce qui distingue une épidémie d’une pandémie par leur étendue ?

Une épidémie concerne une région ou une population, tandis qu’une pandémie s’étend à un continent ou au monde entier.

Selon quelle enquête et quelle année, 5 à 6 patients hospitalisés sur 100 contractent-ils une IAS ?

L’enquête nationale de prévalence IAS/ES, 2022.

Selon l’enquête de prévalence IAS de 2024, combien de résidents en EHPAD contractent une IAS sur 100 ?

2,35 résidents sur 100.

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