Fiche de révision : Processus obstructifs et soins associés

Plan du Cours

  1. Obstructions cardiovasculaires et respiratoires
  2. Rétrécissement aortique et prévention cardiovasculaire
  3. Soins cardiovasculaires et anticoagulants
  4. Occlusions digestives et cancer colorectal
  5. Lithiases biliaires
  6. Lithiases urinaires et colique néphrétique
  7. Soins digestifs et urinaires
  8. Cathétérisme, coronarographie et TAVI

1. Obstructions cardiovasculaires et respiratoires

★ À maîtriser

  • L’angor résulte d’un athérome entraînant une sténose coronaire et un manque d’oxygène au myocarde.

📌 L’angor provoque une douleur thoracique d’effort qui cède en moins de 5 minutes au repos ou à la trinitrine, tandis que le SCA/IDM provoque une douleur de repos durant plus de 20 minutes et non soulagée par la trinitrine.

  • Le SCA/IDM est causé par une thrombose sur plaque qui occlut une artère coronaire et constitue une urgence nécessitant l’appel au 15 et une reperfusion, notamment par angioplastie avec stent.

  • L’AVC peut être ischémique par caillot, dans 80 % des cas, ou hémorragique.

  • L’AOMI est due à l’athérome des artères des jambes et se manifeste notamment par une claudication intermittente, des pouls abolis, une peau froide ou une plaie.

  • L’embolie pulmonaire résulte du passage d’un caillot veineux vers une artère pulmonaire et peut provoquer une dyspnée brutale, une douleur thoracique, une tachycardie, une toux ou une hémoptysie.

  • La BPCO associe un rétrécissement bronchique lié au tabac et une obstruction non réversible, avec toux et expectoration chroniques ou dyspnée d’effort.

Compléments

📐 Formule - La spirométrie de la BPCO montre un rapport VEMSCVF<70%\frac{VEMS}{CVF} < 70\%.

Astuce mémo

Angor cède au repos ; SCA persiste au repos.

2. Rétrécissement aortique et prévention cardiovasculaire

Notions clés & Définitions

  • Rétrécissement aortique calcifié : Calcification de la valve aortique qui réduit son ouverture et entraîne une hypertrophie du ventricule gauche.

★ À maîtriser

  • Le rétrécissement aortique calcifié est longtemps silencieux puis peut provoquer une dyspnée ou un angor d’effort, une syncope d’effort et un souffle systolique.

📌 Un rétrécissement aortique calcifié symptomatique et serré nécessite un remplacement valvulaire par TAVI par voie fémorale ou par chirurgie (RVAo), après décision en staff médico-chirurgical.

  • Les facteurs de risque cardiovasculaire non modifiables sont :

    • l’âge
    • le sexe masculin
    • les antécédents familiaux
  • Les facteurs de risque cardiovasculaire modifiables sont :

    • le tabac
    • l’HTA
    • le diabète
    • le cholestérol
    • l’obésité
    • la sédentarité
    • l’alcool
    • le stress

Compléments

  • La surface normale de la valve aortique est de 3 à 4 cm².

  • Sans traitement, la survie après l’apparition des symptômes du rétrécissement aortique calcifié est d’environ 2 à 3 ans.

📌 Dans le rétrécissement aortique calcifié, la valve s’ouvre mal en systole mais se ferme correctement.

3. Soins cardiovasculaires et anticoagulants

★ À maîtriser

  • La surveillance infirmière d’une douleur thoracique ou d’un SCA comprend l’alerte médicale ou l’appel au 15, un ECG immédiat, la surveillance scopée, une voie veineuse, le repos strict, l’évaluation de la douleur et des constantes, ainsi qu’un bilan sanguin avec troponine.

  • Devant un AVC, l’infirmier recueille l’heure de début des signes, alerte, surveille les constantes et la glycémie, maintient le patient à jeun jusqu’au test de déglutition et prévient les chutes et escarres.

  • Sous héparine de bas poids moléculaire, l’infirmier surveille les plaquettes en raison du risque de TIH et recherche les saignements.

  • Sous AVK, l’infirmier surveille régulièrement l’INR selon la cible prescrite, conseille une alimentation stable en vitamine K et l’absence d’automédication par aspirine ou AINS, et vérifie le carnet de suivi et les signes de saignement.

Compléments

  • Pour l’AOMI, l’infirmier inspecte et soigne les pieds, surveille les plaies, les pouls, la coloration et la chaleur, et encourage la marche régulière.

  • Pour la BPCO, la surveillance infirmière porte notamment sur la SpO₂ et la fréquence respiratoire, avec oxygène prescrit à faible débit, position semi-assise, kinésithérapie respiratoire et éducation thérapeutique.

  • Sous anticoagulant, les signes d’hémorragie à repérer comprennent les saignements gingivaux, le sang dans les urines et les selles noires.

4. Occlusions digestives et cancer colorectal

★ À maîtriser

📌 L’occlusion du grêle débute brutalement, souvent sur brides ou hernie étranglée, avec vomissements précoces et douleurs coliques, tandis que l’occlusion colique débute progressivement, souvent sur cancer colique ou volvulus du sigmoïde, avec arrêt précoce des matières et des gaz, ballonnement important et vomissements tardifs.

  • Les signes généraux d’une occlusion digestive sont :

    • les douleurs abdominales
    • les vomissements
    • l’arrêt des matières et des gaz
    • le météorisme
  • Une occlusion digestive peut évoluer vers une ischémie, une nécrose, une perforation et une péritonite, et provoquer une déshydratation par troisième secteur, une insuffisance rénale, un choc ou une septicémie.

  • Le traitement urgent d’une occlusion digestive associe mise à jeun, perfusion de réhydratation avec antalgiques et antispasmodiques, sonde nasogastrique pour vidange et prévention de l’inhalation, puis traitement de la cause médical, endoscopique ou chirurgical, parfois avec stomie.

Compléments

  • Dans l’occlusion colique, les causes citées sont le cancer colique et le volvulus du sigmoïde ; une sténose liée à Crohn est également mentionnée comme cause d’occlusion.

  • Le cancer colorectal est le quatrième cancer le plus fréquent en France, les deux sexes confondus, et survient notamment après 65 ans ; il peut résulter de la transformation d’un polype bénin, le dépistage organisé repose sur un test immunologique de recherche de sang dans les selles, suivi d’une coloscopie si le test est positif, et le diagnostic sur l’histologie.

Astuce mémo

Obstruction → ischémie → nécrose → perforation → péritonite.

5. Lithiases biliaires

★ À maîtriser

  • Les formes de lithiase biliaire sont :
    • la colique hépatique avec douleur
    • la cholécystite avec douleur et fièvre
    • l’angiocholite avec douleur, fièvre et ictère
    • la pancréatite aiguë biliaire

Compléments

  • La lithiase biliaire est fréquente chez les femmes, les personnes âgées et les personnes en surpoids, et reste asymptomatique dans 80 % des cas.

📌 Le traitement de la lithiase biliaire est la cholécystectomie, réalisée par cœlioscopie.

  • En cas de lithiase biliaire aiguë, la surveillance infirmière comprend l’évaluation de la douleur quatre fois par jour, les antalgiques et antiémétiques, ainsi que des hémocultures en cas de frissons ou de fièvre.

Astuce mémo

Colique hépatique → cholécystite → angiocholite → pancréatite biliaire.

6. Lithiases urinaires et colique néphrétique

Notions clés & Définitions

  • Lithiase urinaire : Calcul situé sur les voies urinaires entre le rein et la vessie.

★ À maîtriser

  • La lithiase urinaire touche 10 % des hommes et 5 % des femmes, récidive dans plus de 50 % des cas à cinq ans, est oxalo-calcique dans 75 % des cas et s’élimine spontanément dans 80 % des cas.

  • La colique néphrétique provoque une douleur brutale, très intense, lombaire et unilatérale, irradiant vers les organes génitaux externes, sans position antalgique, avec agitation possible, hématurie et nausées ou vomissements.

📌 Une colique néphrétique compliquée impose l’hospitalisation lorsqu’elle est hyperalgique, fébrile en raison d’un risque de pyélonéphrite obstructive, ou anurique en raison d’un risque d’insuffisance rénale.

📌 Le traitement de la colique néphrétique peut associer AINS injectables, morphine IV et antispasmodique, mais une cure de diurèse ne doit pas être réalisée en urgence.

  • La prévention des lithiases urinaires repose sur une consommation d’eau supérieure à 2 L par jour répartie sur 24 heures, un apport en sel inférieur à 6 g par jour, des protéines modérées, un apport normal en calcium, l’éviction des sucres rapides et l’analyse du calcul récupéré.

Compléments

  • Les facteurs favorisant la lithiase urinaire sont :

    • une alimentation riche en protéines
    • une alimentation riche en sel
    • une alimentation riche en sucres rapides
    • une alimentation pauvre en fibres
    • une faible diurèse
    • les infections
    • certains médicaments
  • Le bilan d’une lithiase urinaire comprend BU, ECBU, créatinine, CRP et imagerie par scanner sans injection de référence, échographie ou ASP.

7. Soins digestifs et urinaires

★ À maîtriser

  • Pour une occlusion, l’infirmier maintient le patient à jeun, surveille la sonde nasogastrique et la perfusion, suit douleur, vomissements, transit, abdomen, fièvre et constantes, tient le bilan entrées-sorties et alerte en cas de tachycardie, hypotension ou fièvre.

  • Lors d’une colique néphrétique, l’infirmier évalue la douleur et les constantes, filtre les urines pour récupérer le calcul, surveille la diurèse et la couleur des urines, et sous morphine surveille nausées, somnolence et dépression respiratoire.

Compléments

  • En préopératoire d’une cœlioscopie ou laparotomie, la préparation comprend dossier et consentement, douche antiseptique, bilan, jeûne, préparation cutanée et tenue de bloc ; le patient ne doit pas se lever et doit être rassuré.

  • En postopératoire, l’infirmier surveille les constantes, les pansements, le drain de Kehr, les entrées-sorties, les signes d’hémorragie, la reprise du transit et la douleur.

  • Après une NLPC, l’infirmier surveille le saignement dans la poche, la pâleur, la fréquence cardiaque, la tension artérielle, le pansement et les signes infectieux urinaires ou au point de sortie du drain.

8. Cathétérisme, coronarographie et TAVI

★ À maîtriser

  • Les trois indications de la salle de cathétérisme sont le cathétérisme exploratoire des pressions gauches ou droites, notamment en contexte valvulaire, coronarien ou d’insuffisance cardiaque, la coronarographie pour angor stable ou instable, et la pose de TAVI en salle hybride.

  • Le TAVI consiste à poser une valve biologique par voie fémorale rétrograde.

Compléments

📌 Le cathétérisme et la coronarographie de routine peuvent être ambulatoires, tandis que le TAVI et la coronarographie à risque nécessitent une hospitalisation la veille.

  • L’équipe comprend deux IDE de cardiologie et un IDE ou manipulateur radio, avec un IBODE en plus pour le TAVI ; la décision est prise en staff médico-chirurgical.

  • 🔄 Avant l’acte, l’IDE : informe le patient et recueille son consentement, recherche les allergies, vérifie les médicaments et le bilan sanguin, prépare l’hygiène cutanée, complète la check-list, accueille et installe le patient

  • Pendant le cathétérisme, l’IDE respecte l’asepsie, branche et vérifie la tête de pression, surveille ECG, pressions et constantes, trace les dispositifs et gère notamment malaise, douleur thoracique, TV/FV ou hypoxémie.

  • À la fin d’un cathétérisme, l’IDE comprime le point de ponction puis le surveille et transmet le membre ponctionné, la diurèse, l’ECG et la douleur.

Astuce mémo

Avant : préparer ; pendant : surveiller ; fin : comprimer et transmettre.

Tableaux de synthèse

Obstructions cardiovasculaires et respiratoires

AffectionMécanismeRepères distinctifs
AngorSténose coronaire par athéromeDouleur d’effort cédant en moins de 5 minutes
SCA/IDMThrombose sur plaque avec occlusionDouleur de repos de plus de 20 minutes
AVC ischémiqueCaillot cérébral80 % des AVC
AOMIAthérome des artères des jambesClaudication intermittente
Embolie pulmonaireCaillot veineux vers une artère pulmonaireDyspnée brutale
BPCOObstruction bronchique non réversible liée au tabacVEMS/CVF inférieur à 70 %

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Processus obstructifs et soins associés avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une personne présente une douleur thoracique liée à une diminution de l’apport sanguin au myocarde. Quel mécanisme peut expliquer un angor ?

2. Une personne ressent une douleur thoracique au repos depuis 25 minutes, qui ne cède pas après la trinitrine. Quel tableau cette durée et cette réponse au traitement évoquent-elles ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Processus obstructifs et soins associés avec 10 flashcards interactives.

Quelle lésion entraîne la sténose coronaire dans l’angor ?

Un athérome.

Quelle durée et quelle circonstance caractérisent la douleur de l’angor ?

Une douleur d’effort cédant en moins de cinq minutes au repos ou à la trinitrine.

Qu’est-ce que le rétrécissement aortique calcifié ?

Une calcification valvulaire qui réduit l’ouverture aortique et entraîne une hypertrophie du ventricule gauche.

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