Fiche de révision : Sémiopathologie du diabète

Plan du Cours

  1. Définitions et seuils glycémiques
  2. Diabète de type 1
  3. Diabète de type 2
  4. Toxicité et complications chroniques
  5. Complications cardiovasculaires et rétiniennes
  6. Néphropathie et neuropathie diabétiques
  7. Acidocétose diabétique
  8. Urgences hyperosmolaire et hypoglycémique

1. Définitions et seuils glycémiques

Notions clés & Définitions

  • Diabète : Défini par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/L à deux reprises, ou par une glycémie supérieure ou égale à 2 g/L à tout moment en présence d’un syndrome polyuro-polydipsique.

★ À maîtriser

📌 Une glycémie à jeun normale est inférieure à 1,10 g/L, tandis qu’une hyperglycémie à jeun se situe entre 1,10 et 1,25 g/L.

Compléments

📌 À deux heures d’une HGPO, la glycémie est normale si elle est inférieure à 1,40 g/L, correspond à une intolérance aux hydrates de carbone entre 1,40 et 2 g/L, et définit un diabète au-delà de 2 g/L.

Astuce mémo

Normale < 1,10 g/L, hyperglycémie à jeun 1,10–1,25 g/L, diabète ≥ 1,26 g/L

2. Diabète de type 1

Notions clés & Définitions

  • Diabète de type 1 : Maladie auto-immune caractérisée par l’autodestruction des cellules β et une carence en insuline.

Points essentiels

  • Le diabète de type 1 débute généralement chez un sujet jeune, sans surpoids, avec amaigrissement, polyurie et polydipsie.

📌 Dans le diabète de type 1, le traitement insulinique devient rapidement vital.

Astuce mémo

Auto-immunité → destruction des cellules β → carence insulinique

3. Diabète de type 2

Notions clés & Définitions

  • Diabète de type 2 : Associe habituellement une insulinorésistance et une insulinopénie chez un sujet plus âgé présentant souvent un surpoids ou une obésité androïde.

★ À maîtriser

  • Les complications cardiovasculaires représentent 75 % des hospitalisations et 80 % de la mortalité associée au diabète de type 2.

Compléments

  • Les traitements comprennent:
    • la metformine
    • les sulfamides et glinides
    • les inhibiteurs de l’alpha-glucosidase
    • les glitazones
    • les inhibiteurs de DPP-4
    • les analogues du GLP-1
    • les inhibiteurs de SGLT2

Astuce mémo

Insulinorésistance et insulinopénie chez un sujet souvent âgé et en surpoids

4. Toxicité et complications chroniques

Points essentiels

  • Les voies impliquées sont: la voie des polyols, la voie des hexosamines, la voie de la PKC, la formation des produits avancés de glycation (AGE)

📌 Les complications microvasculaires comprennent principalement la rétinopathie, la néphropathie et la neuropathie, tandis que les complications macrovasculaires touchent les coronaires, les artères cérébrales et les artères périphériques.

Astuce mémo

Hyperglycémie chronique → voies métaboliques toxiques → lésions microvasculaires et macrovasculaires

5. Complications cardiovasculaires et rétiniennes

Notions clés & Définitions

  • Rétinopathie diabétique : Complication microvasculaire, cause majeure de malvoyance et de cécité, dont la prévalence augmente avec la durée du diabète et le niveau de l’hyperglycémie.

★ À maîtriser

  • La morbidité et la mortalité cardiovasculaires du diabète sont multipliées par 2 à 3 chez l’homme et par 4 à 5 chez la femme.

Compléments

  • Le diabète équivaut à un vieillissement prématuré de 15 ans et son impact cardiovasculaire est proportionnellement plus important chez la femme.

  • La rétinopathie diabétique concerne environ 10 % des patients lorsque le diabète évolue depuis moins de 5 ans et 40 à 70 % lorsque son évolution dépasse 20 ans.

Astuce mémo

Macroangiopathie : infarctus et AVC ; rétinopathie : malvoyance et cécité

6. Néphropathie et neuropathie diabétiques

★ À maîtriser

  • La microalbuminurie correspond à une excrétion urinaire d’albumine comprise entre 30 et 300 mg par 24 heures.

📌 La polyneuropathie diabétique est le plus souvent sensitive, distale, bilatérale et symétrique, avec une distribution en chaussette, tandis que les mononeuropathies sont focales et peuvent provoquer des déficits moteurs et des douleurs nocturnes.

Compléments

  • Le dépistage repose sur: le ratio albuminurie/créatininurie, la mesure de la protéinurie, le calcul de la clairance selon la formule CKD-EPI, la recherche d’une hématurie, la recherche d’une infection par bandelette urinaire

  • Le diagnostic repose notamment sur:

    • le monofilament
    • le diapason gradué
    • l’étude des réflexes ostéotendineux

Astuce mémo

Un pied en chaussette insensible, relié à un rein qui perd son albumine

7. Acidocétose diabétique

Notions clés & Définitions

  • Acidocétose diabétique : L’acidocétose diabétique associe une glycémie supérieure à 2,50 g/L, une cétonémie supérieure à 3 mmol/L ou une cétonurie supérieure ou égale à 2 croix, un pH inférieur à 7,3 et des bicarbonates inférieurs à 18 mmol/L.

Points essentiels

  • L’acidocétose diabétique s’observe surtout dans le diabète de type 1, parfois comme manifestation inaugurale, et plus rarement dans le diabète de type 2 lors d’une maladie intercurrente sévère.

  • Les principaux facteurs déclenchants de l’acidocétose sont l’infection dans 20 à 56 % des cas, l’oubli d’insuline dans 15 à 40 % des cas et la découverte d’un diabète de type 1 dans 10 à 20 % des cas.

  • Le traitement initial de l’acidocétose associe une insulinothérapie intraveineuse, une réhydratation progressive par soluté salé, une surveillance et une correction du potassium, ainsi qu’un apport de bicarbonate si le pH est inférieur à 7.

Astuce mémo

Hyperglycémie → cétose → acidose → déshydratation

8. Urgences hyperosmolaire et hypoglycémique

Notions clés & Définitions

  • Coma hyperosmolaire : Coma métabolique sans cétose, associé à une déshydratation massive, une osmolarité supérieure à 350 mosm/L, une hypernatrémie et une glycémie supérieure à 6 g/L.
  • Hypoglycémie : Correspond à une glycémie inférieure à 70 mg/dL, soit 3,9 mmol/L, avec ou sans symptômes; elle est profonde ou cliniquement importante sous 54 mg/dL, soit 3 mmol/L.

Points essentiels

  • 🔄 Le mécanisme suit la séquence:
    1. hyperglycémie
    2. polyurie osmotique
    3. hypovolémie
    4. insuffisance rénale fonctionnelle
    5. élévation du seuil rénal du glucose

📐 Formule — L’osmolalité calculée du coma hyperosmolaire est donnée par (Na++13)×2+glyceˊmie({Na^+}+13)\times 2+\text{glycémie}, avec le sodium et la glycémie exprimés en mmol/L.

  • Les signes de l’hypoglycémie apparaissent d’abord sous forme adrénergique, puis sous forme de neuroglycopénie avec troubles cognitifs, convulsions ou coma lorsque la glycémie baisse davantage.

📌 Le traitement d’une hypoglycémie consciente consiste à absorber 10 à 20 g de sucre, avec 10 g si la glycémie est comprise entre 54 et 70 mg/dL et 20 g si elle est inférieure à 54 mg/dL.

Astuce mémo

Hyperosmolarité : hyperglycémie sans cétose ; hypoglycémie : signes adrénergiques puis neurologiques

Tableaux de synthèse

Seuils diagnostiques glycémiques

SituationGlycémie à jeunGlycémie à 2 h d’une HGPO
Normale< 1,10 g/L< 1,40 g/L
Hyperglycémie à jeun / intolérance1,10–1,25 g/L1,40–2 g/L
Diabète≥ 1,26 g/L> 2 g/L

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1. Quel critère glycémique permet de définir un diabète en l’absence de symptômes, s’il est confirmé à deux reprises ?

2. Comment distinguer une glycémie à jeun normale d’une hyperglycémie à jeun ?

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Quelle glycémie à jeun définit le diabète ?

Une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/L à deux reprises.

Quelle glycémie définit le diabète à tout moment avec syndrome polyuro-polydipsique ?

Une glycémie supérieure ou égale à 2 g/L.

Quelle valeur définit une glycémie à jeun normale ?

Une glycémie à jeun inférieure à 1,10 g/L.

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