Fiche de révision : Skiascopie statique

Plan du Cours

  1. Définition et instrument de skiascopie
  2. Principe optique et point neutre
  3. Mouvements et effets du reflet
  4. Conditions matérielles de l’examen
  5. Norme et facteurs d’influence
  6. Procédure et neutralisation
  7. Acuité et calculs réfractifs
  8. Difficultés et astuces pratiques
  9. Skiascopie et autoréfractométrie
  10. Méthode d’Indra Mohindra

1. Définition et instrument de skiascopie

Notions clés & Définitions

  • Skiascopie : Technique objective de réfraction qui recherche et évalue l’amétropie d’un œil et constitue un test standard de référence.

★ À maîtriser

  • La skiascopie peut dépister :
    • l’hyperopie accommodative
    • la pseudo-myopie
    • les spasmes accommodatifs

Compléments

📌 Le système d’illumination envoie la lumière vers l’œil, tandis que le système d’observation conduit la lumière réfléchie depuis la rétine du patient jusqu’à l’œil de l’observateur, sans être influencé par l’amétropie du clinicien.

  • Le skiascope peut fournir un spot rond ou une fente, cette dernière étant plus facile à utiliser pour les débutants, et peut avoir une grande ou une petite pupille.

2. Principe optique et point neutre

Notions clés & Définitions

  • Point neutre : État d’illumination ou d’extinction obtenu lorsque le remotum se trouve dans le plan du skiascope et de la pupille du clinicien.

Points essentiels

  • En skiascopie, la rétine du patient est considérée comme une source lumineuse secondaire et la lumière qui en est issue est focalisée au remotum de l’œil.

📌 Le but est de placer le remotum du patient dans l’aire pupillaire du clinicien, au moyen de verres ou en modifiant la distance d’observation.

📐 Formule - Avec interposition d’une sphère, l’amétropie se calcule par textAmeˊtropie=textSpheˋre−frac1textdistanced’observation\\text{Amétropie}=\\text{Sphère}-\\frac{1}{\\text{distance d’observation}}.

📐 Formule - Lorsque le clinicien se déplace sans interposer de sphère, l’amétropie se calcule par textAmeˊtropie=−frac1textdistanced’observation\\text{Amétropie}=-\\frac{1}{\\text{distance d’observation}}.

Astuce mémo

Remotum placé dans l’aire pupillaire → apparition du point neutre

3. Mouvements et effets du reflet

Notions clés & Définitions

  • Effet oblique : Phénomène apparaissant dans un œil astigmate lorsque le balayage est hors des méridiens principaux, avec un mouvement du reflet pupillaire non parallèle au déplacement du skiascope.

★ À maîtriser

📌 Avec un miroir plan et un faisceau divergent, la source secondaire rétinienne se déplace dans le même sens que le skiascope, quelles que soient l’amétropie et la distance d’observation.

📌 Avec un miroir concave, l’image de la source se forme devant le miroir et le mouvement de la lumière sur la rétine est opposé au déplacement du skiascope.

  • Le point neutre se caractérise par une vitesse apparente infinie, une illumination ou extinction et une luminosité maximale, mais il est rarement obtenu en pratique.

📌 Tout élément direct du reflet, même partiel ou minime, doit être neutralisé en ajoutant du convexe jusqu’à sa disparition complète.

Compléments

📌 Si le point neutre théorique est inaccessible, on conserve la sphère qui produit un reflet totalement inverse et homogène dans les deux sens de balayage.

Astuce mémo

Miroir plan : même sens ; miroir concave : sens opposé

4. Conditions matérielles de l’examen

★ À maîtriser

  • La cible recommandée est une lettre sur fond blanc, d’acuité visuelle de 1/10 ou 1/20, placée à 5–6 m, sans stimulus accommodatif ; il faut éviter le point lumineux et le duochrome.

  • L’éclairage ambiant doit correspondre aux conditions habituelles du sujet et être conservé, car l’obscurité peut induire le dark focus, associé à une accommodation d’environ +1,00 δ, et une skiascopie trop concave.

  • La distance de travail dépend de la morphologie du praticien ; les distances les plus fréquentes sont 50 cm et 67 cm, et une distance plus grande réduit les erreurs de parallaxe.

Compléments

  • L’utilité du brouillage controlatéral n’est pas démontrée et son emploi est laissé au choix du clinicien.

  • Selon Copeland, une parallaxe de 5° entraîne une erreur de 0,75 δ dans le sens d’une skiascopie plus concave.

5. Norme et facteurs d’influence

Notions clés & Définitions

  • Coma : Aberration résultant de l’obliquité du faisceau lumineux liée aux distorsions cornéennes et à l’inclinaison du cristallin ; elle produit un effet ciseau où le reflet se divise en une partie directe et une partie inverse, pas nécessairement symétriques.

★ À maîtriser

📌 Chez le jeune, la skiascopie est généralement plus convexe que la réfraction subjective de +0,50 à +0,75 δ, tandis que chez le sujet âgé les deux mesures sont similaires.

  • L’aberration sphérique, liée à l’absence des conditions de Gauss, peut produire des mouvements opposés dans l’aire pupillaire, directs au centre et inverses en périphérie, et augmente avec la mydriase.

Compléments

  • Chez le jeune, la réflexion se produit à l’interface rétine-vitré, en avant des photorécepteurs.

  • Les facteurs d’influence comprennent :

    • l’âge
    • la parallaxe
    • la distance de travail
    • l’irrégularité rétinienne
    • les aberrations optiques

6. Procédure et neutralisation

★ À maîtriser

  • 🔄 La méthode A se déroule ainsi : rechercher les méridiens principaux par un reflet parallèle au balayage, neutraliser avec des verres convexes le méridien direct le plus lent ou le seul méridien direct, neutraliser le second méridien avec un cylindre négatif axé selon le premier méridien neutralisé

📌 Dans la méthode A, le méridien exploré est perpendiculaire à l’orientation de la fente ; la fente est parallèle à l’axe du cylindre et la puissance cylindrique agit perpendiculairement à cet axe.

📌 Lors de la vérification d’un méridien de sphère ou de l’œil droit, un mouvement direct exige l’ajout de convexe, tandis qu’un point neutre ou un effet inverse ne doit pas être modifié car le sujet a accommodé.

Compléments

  • Pour neutraliser au cylindre dans la méthode A, on place d’abord un cylindre assez fort pour créer un effet direct, puis on le diminue jusqu’à ce qu’aucune partie du reflet ne soit encore directe.

  • 🔄 La méthode B suit cet ordre : rechercher les méridiens principaux, rechercher un effet inverse dans ces méridiens, repérer le mouvement inverse le plus rapide, neutraliser le méridien le plus rapide par des sphères, neutraliser le second méridien par un cylindre ou des sphères, vérifier les méridiens et les deux yeux

Astuce mémo

Repérer les méridiens, neutraliser le plus lent, puis le second

7. Acuité et calculs réfractifs

★ À maîtriser

  • Avec le verre de travail, l’acuité maximale indiquée est de 1/6 à une distance de travail de 67 cm et de 1/8 à 50 cm.

  • Selon la règle de Swaine, la myopisation de début de réfraction subjective correspond à un quart de l’acuité visuelle, et seul le verre sphérique trouvé selon cette règle est retiré.

  • La valeur inscrite au dossier optométrique est la skiascopie sans les verres de travail, quelle que soit l’acuité obtenue avec ces verres.

Compléments

  • À 67 cm, avec un verre de point neutre de +2,50 et une acuité de 1/4, la myopisation de Swaine est de −1,00 et le verre de début de réfraction subjective est +1,50.

  • Pour une skiascopie à 67 cm avec un verre de point neutre de +2,50, la valeur à noter au dossier optométrique est +1,00.

8. Difficultés et astuces pratiques

Points essentiels

  • Un reflet terne peut être associé à :
    • une forte amétropie
    • une opacité des milieux
    • une amblyopie
    • une perte de concentration
    • des piles déchargées dans le skiascope

📌 Si les méridiens principaux sont difficiles à repérer, on peut choisir arbitrairement l’horizontale ; à l’approche du point neutre, l’apparition d’un effet oblique indique que ce n’est pas un méridien principal.

📌 En cas d’effet ciseau, il faut ajouter du convexe jusqu’au premier effet totalement inverse et conserver cette valeur ; à l’approche du point neutre, il faut ralentir le balayage.

9. Skiascopie et autoréfractométrie

★ À maîtriser

  • La skiascopie est peu coûteuse, nécessite un apprentissage et un clinicien expérimenté, peut être utilisée chez les jeunes enfants et les personnes déficientes mentales, et est transportable en différents lieux.

  • La skiascopie apprécie l’amétropie totale, dépiste notamment les hypermétropies latentes et pseudo-myopies, et peut révéler des astigmatismes irréguliers, kératocônes, pupilles déformées, cataractes et aberrations sphériques.

  • L’autoréfracteur est rapide et peut être utilisé par n’importe qui, mais il est cher, difficile à transporter, difficile à utiliser chez les personnes déficientes mentales et peut être trop concave d’environ 1,50 par rapport à la skiascopie.

Compléments

  • L’autoréfracteur ne permet pas la mesure en vision de près et peut donner des valeurs de cylindres obliques ou inverses inexistants, tandis que la skiascopie permet d’évaluer le comportement accommodatif en vision de près.

  • Selon S. Fernand (1999), l’autoréfracteur peut être parfois plus concave que la réfraction subjective.

Astuce mémo

La skiascopie dépiste certaines anomalies ; l’autoréfracteur est rapide mais peut donner une mesure trop concave

10. Méthode d’Indra Mohindra

★ À maîtriser

  • La méthode s’adresse notamment à :

    • les nourrissons dès la naissance
    • les enfants ne parlant pas
    • les personnes handicapées mentales
    • les personnes autistes
  • La méthode de Mohindra se réalise dans l’obscurité complète à 50 cm, avec un œil caché ; les mouvements sont neutralisés par des verres d’essai pendant que le sujet se place au repos accommodatif, ou dark focus.

  • Dans la méthode de Mohindra, l’accommodation associée au dark focus est indiquée comme étant de +0,75 δ.

📌 Après neutralisation des deux méridiens, la méthode de Mohindra consiste à retirer la myopisation induite par les verres, indiquée dans le cours comme le verre de travail moins l’accommodation du dark focus, soit +1,25.

Compléments

  • Dans l’exemple de Mohindra, les points neutres sont +1,00 à 10° et +2,75 à 100°, soit une réfraction au point neutre de +2,75(−1,75)100° et une réfraction objective de +1,50(−1,75)100° après correction.

Astuce mémo

Obscurité, 50 cm, occlusion, neutralisation, correction du dark focus

Tableaux de synthèse

Skiascopie et autoréfracteur

DimensionSkiascopieAutoréfracteur
Coût et vitessePeu coûteuse ; nécessite un apprentissageRapide ; cher
Jeunes enfantsPossible, notamment avec MohindraImpossible chez les enfants en bas âge
DépistagePeut révéler certaines anomalies et apprécier l’amétropie totalePas de dépistage pathologique indiqué
Limites d’usageClinicien expérimenté requisDifficile chez les personnes déficientes mentales et à transporter

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1. Quelle différence entre skiascopie et réfraction subjective est généralement observée chez le jeune par rapport au sujet âgé ?

2. Lors d’un effet ciseau en skiascopie, quelle conduite permet de retenir une valeur tout en approchant du point neutre ?

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Révisez avec les flashcards

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Que recherche et évalue la skiascopie ?

L’amétropie d’un œil.

Quel statut de référence possède la skiascopie ?

C’est un test standard de référence.

Dans quels cas la skiascopie peut-elle parfois être prescriptible ?

Chez les nourrissons.

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