Fiche de révision : Urgences abdominales et outils de tri

Plan du Cours

  1. Colique néphrétique
  2. Occlusion intestinale
  3. Rétention aiguë d’urines
  4. Appendicite aiguë
  5. Péritonite aiguë
  6. Pancréatite aiguë
  7. Évaluation de la conscience
  8. Repérage du sepsis
  9. Échelles de douleur et sédation
  10. Évaluation pédiatrique et obstétricale

1. Colique néphrétique

Notions clés & Définitions

  • Colique néphrétique : Douleur lombaire aiguë et intense provoquée par la mise en tension brutale des voies urinaires après obstruction d’un uretère, le plus souvent par un calcul.

★ À maîtriser

  • Une colique néphrétique fébrile, l’anurie, le rein unique, la grossesse ou le choc hémodynamique sont des critères de priorité P0.

📌 Une douleur hyperalgique d’intensité ≥ 8/10 sans signe infectieux relève de la priorité P1, tandis qu’une douleur modérée ou en régression sans critère de gravité relève de P2.

Compléments

  • En présence de fièvre, de frissons ou d’anurie, le dossier doit être transmis immédiatement au médecin régulateur.

  • Pendant une crise de colique néphrétique, il ne faut pas boire de grandes quantités d’eau, car cela augmente la pression dans le rein et aggrave la douleur.

  • En cas de fièvre ou d’anurie si la régulation est impossible, il faut envoyer sans attendre un moyen de secours rapproché ou orienter directement le patient vers les urgences en raison du risque de choc septique sur pyélonéphrite obstructive.

2. Occlusion intestinale

Notions clés & Définitions

  • Occlusion intestinale : Arrêt complet et brutal du transit des matières et des gaz dans le tube digestif.

★ À maîtriser

  • L’occlusion intestinale expose à la nécrose intestinale, à la perforation et au choc septique.

📌 Les vomissements fécaloïdes, les signes de choc, une hernie étranglée ou une douleur intolérable classent une occlusion en P0.

Compléments

  • Un arrêt des matières et des gaz depuis plus de 24 heures avec douleurs et vomissements répétés, mais avec une hémodynamique stable, relève de P1.

  • En cas d’occlusion suspectée, il faut appliquer un jeûne absolu, ne donner ni médicament oral ni laxatif et garder le patient au repos.

  • Une occlusion intestinale ne peut pas se résoudre à domicile et nécessite un acheminement urgent vers un plateau technique chirurgical en raison du risque de perforation.

Astuce mémo

Obstruction → arrêt du transit → risque de perforation

3. Rétention aiguë d’urines

Notions clés & Définitions

  • Rétention aiguë d’urines : Incapacité totale et soudaine d’émettre des urines malgré une vessie pleine et distendue.

★ À maîtriser

  • La rétention aiguë d’urines est une urgence urologique douloureuse nécessitant une vidange de la vessie par sondage.

📌 La rétention aiguë franche, très douloureuse et sans signe infectieux relève de P1, tandis que la dysurie avec vidange encore possible et sans globe douloureux majeur relève de P2.

Compléments

  • Le questionnement recherche notamment : la dernière miction, une envie pressante et douloureuse sans possibilité d’uriner, une masse sus-pubienne, de la fièvre, du sang dans les urines, des antécédents prostatiques ou de sondage

📌 En cas de rétention aiguë, il ne faut pas pousser excessivement sur le ventre pour forcer la miction ni boire de liquides en abondance.

4. Appendicite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Appendicite aiguë : Inflammation brutale de l’appendice iléo-cæcal situé dans la fosse iliaque droite.

★ À maîtriser

  • L’appendicite aiguë est la cause la plus fréquente d’abdomen aigu chirurgical chez le sujet jeune et peut évoluer vers une péritonite sans intervention.

📌 Une douleur vive de la fosse iliaque droite avec défense localisée, fièvre modérée et vomissements chez un enfant ou un jeune adulte relève de P1.

Compléments

📌 Une douleur modérée de la fosse iliaque droite évoluant depuis plusieurs jours sans fièvre ni vomissements relève de P2, contrairement au tableau douloureux avec défense, fièvre et vomissements qui relève de P1.

📌 En cas de suspicion d’appendicite, le patient doit rester à jeun, être installé allongé avec les jambes repliées et ne pas recevoir de source de chaleur sur le ventre.

5. Péritonite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Péritonite : Infection aiguë, diffuse ou localisée, de la membrane péritonéale, le plus souvent secondaire à la perforation d’un organe creux comme l’appendice, un ulcère ou un diverticule.
  • Ventre de bois : Contracture abdominale involontaire, permanente et douloureuse, signe majeur de péritonite.

★ À maîtriser

  • Une péritonite non traitée peut rapidement conduire à un choc septique et constitue une urgence chirurgicale vitale absolue.

Compléments

📌 La suspicion de péritonite impose une alerte médicale immédiate et l’engagement sans délai d’une équipe médicalisée ou d’un VSAV armé en priorité avec consigne de médicalisation.

📌 En cas de péritonite suspectée, il faut imposer un jeûne absolu, ne pas déplacer le patient et surveiller continuellement sa conscience et sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours.

Astuce mémo

Perforation d’un organe creux → péritonite → choc septique

6. Pancréatite aiguë

Notions clés & Définitions

  • Pancréatite aiguë : Inflammation autodestructrice soudaine du pancréas, principalement causée par la migration d’un calcul biliaire ou la consommation d’alcool.

★ À maîtriser

  • La pancréatite aiguë se caractérise par une douleur épigastrique violente et transfixiante, souvent décrite comme une douleur en ceinture ou un coup de poignard, pouvant diffuser vers le dos.

  • Une pancréatite aiguë peut évoluer vers une défaillance multiorganique.

Compléments

📌 Une douleur épigastrique transfixiante intense avec vomissements répétés et sans défaillance vitale immédiate relève de P1, tandis qu’une douleur modérée sans vomissements ni signe de gravité relève de P2.

📌 En cas de pancréatite aiguë suspectée, le patient doit rester à jeun et peut être installé assis, en demi-assise ou penché en avant si cette position le soulage.

  • L’évaluation recherche :
    • des nausées ou vomissements
    • un ictère
    • une difficulté respiratoire
    • une tachycardie
    • des antécédents de calculs biliaires

Astuce mémo

Une douleur en ceinture part du creux de l’estomac et traverse vers le dos

7. Évaluation de la conscience

★ À maîtriser

  • Le score de Glasgow évalue l’ouverture des yeux sur 4 points, la réponse verbale sur 5 points et la réponse motrice sur 6 points, pour un total de 3 à 15 points.

  • Au Glasgow, les plages 13–15, 9–12 et 3–8 correspondent respectivement à une atteinte légère, modérée et sévère.

  • AVPU signifie Alert, Voice, Pain/pressure et Unresponsive, correspondant respectivement à une personne éveillée, une réaction à la voix, une réaction uniquement à une stimulation physique adaptée et l’absence de réponse.

Compléments

  • Le score de Glasgow doit être noté composante par composante sous la forme E/V/M, par exemple E3-V4-M6 = 13.

  • Si une composante du Glasgow n’est pas testable, elle doit être signalée « NT » plutôt que de recevoir arbitrairement 1 point.

  • AVPU est un outil de tri rapide, tandis que le Glasgow permet une évaluation neurologique plus détaillée lorsqu’elle est indiquée.

Astuce mémo

AVPU trie rapidement ; le Glasgow détaille les réponses

8. Repérage du sepsis

★ À maîtriser

  • Le qSOFA attribue un point pour chacun des critères suivants :
    • fréquence respiratoire ≥ 22/min
    • pression artérielle systolique ≤ 100 mmHg
    • altération de l’état mental

📌 Un qSOFA ≥ 2 chez un adulte avec infection suspectée signale un risque accru de mauvais pronostic et nécessite une évaluation rapide.

Compléments

📌 Un qSOFA bas n’exclut pas un sepsis.

  • Les critères SIRS classiques sont : température > 38 °C ou < 36 °C, fréquence cardiaque > 90/min, fréquence respiratoire > 20/min ou PaCO₂ < 32 mmHg, leucocytes > 12 000/mm³, < 4 000/mm³ ou > 10 % de formes immatures

📌 Au moins 2 critères SIRS sont nécessaires pour satisfaire le repère SIRS, mais ce résultat n’est ni spécifique d’une infection ni suffisant pour diagnostiquer un sepsis.

9. Échelles de douleur et sédation

★ À maîtriser

  • L’échelle numérique de douleur demande au patient communicant une note de 0 à 10, où 0 signifie aucune douleur et 10 la pire douleur imaginable.

  • Le RASS va de +4 (combatif ou dangereux) à −5 (aucune réponse à la voix ni à la stimulation physique), avec 0 correspondant à un patient éveillé et calme.

Compléments

  • L’EVA fait positionner l’intensité de la douleur sur une ligne graduée habituellement de 0 à 10 cm et s’adresse à un adulte capable de comprendre et d’utiliser cette ligne.

  • L’EVS propose les niveaux suivants :

    • aucune
    • faible
    • modérée
    • intense
    • très intense
  • FLACC évalue la face, les jambes, l’activité, les pleurs et la consolabilité, chaque item étant coté de 0 à 2 pour un total de 0 à 10, notamment chez le nourrisson, le jeune enfant ou le patient non verbal selon le protocole.

  • CPOT évalue l’expression faciale, les mouvements, la tension musculaire et l’adaptation au ventilateur ou la vocalisation, pour un total usuel de 0 à 8 chez le patient critique non communicant, avec formation et contexte requis.

10. Évaluation pédiatrique et obstétricale

★ À maîtriser

  • Le score de Silverman-Andersen observe :

    • le balancement thoraco-abdominal
    • le tirage intercostal
    • l’entonnoir xiphoïdien
    • le battement des ailes du nez
    • le geignement expiratoire
  • Dans le score de Silverman-Andersen, chaque item est habituellement coté de 0 à 2, pour un total de 0 à 10, et un score plus élevé indique une détresse respiratoire plus importante.

  • L’évaluation obstétricale en régulation recueille :

    • le terme en semaines d’aménorrhée
    • le nombre d’accouchements antérieurs
    • la rapidité des accouchements antérieurs
    • l’envie de pousser
    • les saignements
    • les pertes de liquide
    • la présentation si connue
    • l’adresse exacte

Compléments

  • Le score d’Apgar évalue le nouveau-né à 1 et 5 minutes.

📌 Pour l’imminence d’un accouchement hors maternité, le score de Malinas doit être appliqué selon le protocole du SAMU.

📌 Les protocoles locaux et les recommandations à jour doivent être vérifiés pour le recueil pédagogique ARM.

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1. Quelle situation provoque typiquement la douleur d’une colique néphrétique ?

2. Une personne présentant une colique néphrétique est enceinte, mais ne signale ni fièvre ni anurie et sa douleur est modérée. Quelle priorité s’applique ?

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Qu’est-ce qu’une colique néphrétique ?

Une douleur lombaire aiguë et intense due à la mise en tension brutale des voies urinaires après obstruction d’un uretère.

Quels critères classent une colique néphrétique en priorité P0 ?

La fièvre, l’anurie, le rein unique, la grossesse ou le choc hémodynamique.

Quelle priorité s’applique à une douleur hyperalgique sans signe infectieux ?

La priorité P1.

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