Fiche de révision : Violences conjugales et accompagnement

Plan du Cours

  1. Définition des violences faites aux femmes
  2. Chiffres des violences conjugales
  3. Conflit et cycle de la violence
  4. Impacts des violences sur les victimes
  5. Repérage des victimes par l’IDE
  6. Principes d’intervention auprès des victimes
  7. Prise en charge paramédicale IDE

1. Définition des violences faites aux femmes

Notions clés & Définitions

  • Violence à l’égard des femmes : La Convention d’Istanbul définit la violence à l’égard des femmes comme une violation des droits humains et une discrimination comprenant les actes fondés sur le genre susceptibles d’entraîner des dommages physiques, sexuels, psychologiques ou économiques, ainsi que leurs menaces, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, dans la vie publique ou privée.

Points essentiels

  • La Convention d’Istanbul présente la violence à l’égard des femmes comme une manifestation de rapports de force historiquement inégaux ayant conduit à leur domination et à leur discrimination par les hommes. - Convention du Conseil de l’Europe, 1er novembre 2014

  • La Convention d’Istanbul indique que la violence domestique affecte les femmes de manière disproportionnée et que les hommes peuvent également en être victimes. - Convention du Conseil de l’Europe, 1er novembre 2014

  • La Convention d’Istanbul reconnaît les enfants comme victimes de la violence domestique, y compris lorsqu’ils sont témoins de violences au sein de leur famille. - Convention du Conseil de l’Europe, 1er novembre 2014

2. Chiffres des violences conjugales

★ À maîtriser

  • En 2024, 1 371 000 femmes déclaraient avoir subi des violences à caractère sexuel, soit une femme toutes les 23 secondes. - ministère de l’intérieur

  • En 2024, 277 000 femmes déclaraient avoir subi des viols ou des agressions sexuelles, soit une femme toutes les deux minutes. - ministère de l’intérieur

  • Parmi les viols sur majeurs enregistrés, 46 % ont eu lieu au sein du couple et 7 % des victimes ont déposé plainte. - ministère de l’intérieur, 2024

Compléments

  • Depuis 2016, 1 740 346 victimes de violences conjugales ont été recensées, dont 86 % étaient des femmes. - ministère de l’intérieur, 2024

  • En 2024, le nombre de violences au sein du couple enregistrées était supérieur de 119 % à celui de 2016. - ministère de l’intérieur

  • Les services ont identifié 21 880 enfants co-victimes par le 3919 et 5 237 par le 119. - ministère de l’intérieur, 2024

3. Conflit et cycle de la violence

★ À maîtriser

📌 Dans un conflit conjugal, deux points de vue s’opposent dans un rapport d’égalité et chacun conserve son autonomie, tandis que les violences reposent sur un rapport de domination et de prise de pouvoir de l’agresseur sur la victime.

  • Le cycle de la violence conjugale comprend quatre phases successives :
    • Tension
    • Agression
    • Justification
    • Rémission ou accalmie

Compléments

  • Les violences conjugales créent un climat permanent d’insécurité, de peur et de tension.

  • Pendant la phase de tension, l’agresseur est tendu ou colérique et la victime s’inquiète, anticipe ce qui peut arriver et tente de faire baisser la tension.

  • Pendant l’agression, l’agresseur passe à l’acte et la victime peut se sentir humiliée, triste, en colère ou injustement traitée.

  • Pendant la justification, l’agresseur s’excuse, minimise les faits, renvoie la responsabilité à la victime et promet de changer, tandis que celle-ci tente de comprendre et de l’aider.

  • Pendant la rémission ou l’accalmie, l’agresseur demande pardon, peut évoquer une thérapie ou menacer de se suicider, et adopte un comportement positif qui nourrit l’espoir de la victime.

Astuce mémo

Tension → agression → justification → accalmie : le cycle recommence.

4. Impacts des violences sur les victimes

★ À maîtriser

  • La victime peut paraître confuse et ambivalente en raison de l’emprise et des conséquences psychotraumatiques vécues pendant des semaines, des mois ou des années.

📌 En l’absence de danger, le professionnel doit respecter le processus et les choix de la victime, et l’aider à prendre conscience des violences et de l’emprise.

📌 La responsabilité des violences appartient à l’agresseur ; aucune tenue, parole ou conduite de la victime ne les justifie.

Compléments

  • Les hésitations, projets ou tentatives de séparation suivis d’un retour au domicile conjugal sont présentés comme des effets de l’emprise, et non comme une preuve d’ambivalence de la victime.

  • Protéger la mère contribue à protéger les enfants exposés aux violences conjugales.

5. Repérage des victimes par l’IDE

★ À maîtriser

  • Le repérage est évident lorsque des traces physiques de coups sont visibles ou lorsque la victime verbalise les violences, mais il est plus difficile lorsque les signaux sont diffus ou indirects.

📌 Le questionnement systématique sur l’existence de violences doit être proposé quel que soit le lieu d’intervention, afin d’ouvrir un espace de parole que la victime peut utiliser lorsqu’elle se sent prête.

Compléments

  • Il n’existe pas de portrait type de la femme victime ni du partenaire violent.

  • L’IDE peut demander si la personne a subi des violences dans le passé ou actuellement, dans l’enfance, au travail ou dans son couple, ou comment son partenaire se comporte en cas de désaccord.

  • En cas de doute ou de réponse négative, l’IDE reste attentif au langage non verbal, aux problèmes de santé chroniques, aux blessures répétées, aux dépendances, aux troubles alimentaires et à la dépression.

6. Principes d’intervention auprès des victimes

★ À maîtriser

📌 L’intervention vise à aider la victime à reconnaître les violences, à se dégager de l’emprise en comprenant qu’elle n’est pas seule, et à identifier les professionnels et associations pouvant l’accompagner.

Compléments

  • Le professionnel peut dire à la victime qu’elle n’est pas responsable, que l’agresseur est seul responsable, que la loi interdit et punit les violences, et qu’une aide professionnelle et associative est disponible.

  • Le professionnel peut informer la victime qu’elle peut appeler le 3919 pour connaître ses droits et les associations d’aide locales, et qu’elle peut déposer plainte.

📌 Le professionnel évite les formulations culpabilisantes telles que « Pourquoi vous acceptez ça ? », « Pourquoi vous ne voulez pas partir ? » ou « Vous êtes restée avec cet homme pendant tout ce temps ! ».

Astuce mémo

Dire « vous n’y êtes pour rien » ; éviter « pourquoi vous acceptez ça ? ».

7. Prise en charge paramédicale IDE

★ À maîtriser

📌 Les mesures de prise en charge nécessitent l’adhésion de la victime : l’IDE ne décide pas à sa place et respecte son rythme et son cheminement.

📌 En cas de danger, l’IDE alerte la victime et lui propose des mesures adaptées à l’urgence.

  • La prise en charge IDE repose sur l’évaluation de la situation et des risques, l’orientation vers les réseaux médicaux, sociaux, associatifs et judiciaires, ainsi que sur la bienveillance, l’écoute active, la sécurisation et le respect.

Compléments

  • L’IDE inscrit son action par rapport au cycle de la violence et en opposition aux stratégies de l’agresseur.

  • Pendant la lune de miel, la victime est difficilement accessible au dialogue et à l’aide ; pendant les tensions, la peur peut la rendre accessible aux conseils et l’amener à initier des aides.

  • Pendant l’agression, la victime peut être réceptive aux propositions d’aide et initier des démarches urgentes, ce qui appelle la recherche d’une solution immédiate.

  • Pendant la justification, la victime peut douter de ses perceptions, minimiser les faits et se sentir responsable, ce qui rend la communication difficile.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Violences conjugales et accompagnement avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle définition correspond à la violence à l’égard des femmes dans la Convention d’Istanbul ?

2. Un enfant assiste à des violences entre adultes de sa famille sans être directement frappé. Comment la Convention d’Istanbul le considère-t-elle ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Violences conjugales et accompagnement avec 10 flashcards interactives.

Comment la Convention d’Istanbul définit-elle la violence à l’égard des femmes ?

Une violation des droits humains et une discrimination comprenant les actes fondés sur le genre susceptibles d’entraîner des dommages, leurs menaces, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, dans la vie publique ou privée.

Selon le ministère de l’Intérieur en 2024, combien de femmes déclaraient des violences à caractère sexuel ?

1 371 000 femmes.

Selon le ministère de l’Intérieur en 2024, combien de femmes déclaraient des viols ou agressions sexuelles ?

277 000 femmes.

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