« 1 ; et-encore-1, 2 ; et-encore-1, 3 » : chaque ajout forme une nouvelle pluralité.
« Le deux » désigne un cube pointé ; « deux cubes » désigne la pluralité formée.
📌 La grandeur renvoie à une appréciation approximative, tandis que la quantité correspond à une détermination exacte à une unité près. - André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, 1926-1988
📌 Une collection de cailloux non organisée symbolise une quantité, mais ne constitue pas un symbole numérique donnant un accès immédiat au nombre correspondant.
La grandeur s’apprécie approximativement ; la quantité se vérifie à une unité près.
📌 Newton distingue le nombre de la quantité : le nombre est un rapport abstrait entre deux quantités de même espèce, dont l’une est prise pour unité.
📌 L’Encyclopédie distingue la raison arithmétique, qui correspond à la différence entre deux quantités, de la raison géométrique, qui correspond à leur rapport. - d’Alembert, Bossut, de la Lande et Condorcet
📌 Le Corre retient comme critère du principe cardinal la réussite à la tâche « Donne-moi N objets » pour N inférieur ou égal à 5, critère plus strict que répéter le dernier mot-nombre ou changer d’intonation à la question « Combien y a-t-il ? ». - Mathieu Le Corre, 2014
📌 L’accès au principe cardinal, compris comme la nominalisation d’une quantité représentée par une collection de numéros, ne coïncide pas avec l’accès au nombre, qui repose sur la comparaison des quantités.
Le principe de correspondance 1 unité–1 mot demande de dire un mot-nombre différent pour chaque unité pointée. - Gelman et Gallistel, The Child’s Understanding of Number, 1978
Le principe de suite stable exige que les mots-nombres soient produits dans le même ordre à chaque comptage. - Gelman et Gallistel, The Child’s Understanding of Number, 1978
Selon le principe dit « cardinal » de Gelman et Gallistel, le dernier mot-nombre prononcé lors d’un comptage donnerait précocement accès à la « numerosity ». - The Child’s Understanding of Number, 1978
Quatorze enfants sur les trente retenus échouent aux tâches d’estimation-comparaison et de comparaison, avec une réussite qui ne dépasse pas le hasard, bien qu’ils sachent donner 6 ou 10 unités. - Mathieu Le Corre, 2014
Nominaliser une quantité n’équivaut pas à accéder au nombre
Dans l’usage des numéraux, les cardinaux désignent des quantités, tandis que les ordinaux désignent des rangs.
Pour les ensembles infinis, et désignent le même cardinal mais des ordinaux distincts qui se suivent.
Pour les ensembles finis, le nombre est à la fois mise en relation des quantités et mise en ordre de ces quantités ; distinguer un aspect cardinal et un aspect ordinal est donc contradictoire dans ce cadre. - Piaget & Szeminska, 1941
Au XIXe siècle, les travaux de Cantor introduisent l’usage de « nombre cardinal » et de « nombre ordinal » pour distinguer des nombres infinis fondés respectivement sur la correspondance terme à terme et sur la création d’un ordre.
Quantités finies : cardinal et ordinal se rejoignent ; infinis : cardinal et ordinal divergent
📌 L’usage de « cardinal » pour désigner un usage des nombres ou des numéraux n’est pas le même que son usage mathématique pour qualifier certains nombres eux-mêmes, notamment les nombres infinis.
📌 Le critère renforcé du principe cardinal ajoute à la réussite de « Donne-moi N objets » jusqu’à 5 l’idée que l’enfant comprend l’itération de l’unité, au lieu de seulement répéter le dernier mot d’un comptage. - Sarnecka & Carey, 2008
Polysémie de « cardinal » → confusion entre quantité et nombre
📌 La réussite au principe cardinal compris comme nominalisation d’une quantité ne prouve pas que l’enfant maîtrise l’itération de l’unité ni qu’il accède au nombre.
Izard, Pica, Spelke & Dehaene (2008) identifient l’égalité exacte et la fonction successeur comme deux concepts clés de l’accès aux nombres exacts. - Véronique Izard, Pierre Pica, Elizabeth Spelke et Stanislas Dehaene, Exact equality and successor fonction : Two Key Concepts on the Path towards Understanding Exact Numbers
Rips présente l’itération de l’unité comme étant au cœur de la notion de nombre. - Lance Rips, Lines of Thought: Central Concepts in Cognitive Psychology, 2011
La répétition du dernier mot d’un comptage-numérotage n’est retenue par aucun chercheur comme critère d’accès au nombre.
L’appropriation de l’itération de l’unité est devenue une référence commune aux chercheurs comme porte d’entrée vers le nombre ou le nombre exact.
Dans l’expérience de Davidson, Eng & Barner, après le dénombrement de 4 objets, l’ajout d’un objet suivi de la question « 5 ou 6 objets ? » met à l’épreuve la compréhension de l’ajout d’une unité ; certains enfants répondent au hasard et les échecs sont massifs avec de plus grandes collections.
Égalité exacte des quantités → ajout d’une unité → nombre exact
📌 Le premier choix didactique enseigne directement les nombres en s’appuyant sur l’itération de l’unité et les décompositions, tandis que le second enseigne d’abord la quantification par comptage-numérotage et reporte l’accès au nombre.
Un élève peut lire « 347 » comme « trois-cent-quarante-sept » en appliquant des règles de lecture des colonnes sans comprendre que 3 signifie 3 fois 100 et 4 signifie 4 fois 10.
Pour représenter une collection importante, les éléments peuvent cesser d’être une unité de compte adaptée et être remplacés par des unités plus grandes, comme la dizaine puis la centaine. - Brissiaud, 1989
L’auteur considère que l’approche séparant mémoire de la quantité et mémoire de la position repose sur une conception erronée du nombre et constitue une variante du comptage-numérotage.
Comprendre que « 6, c’est 5 et encore 1 » exige de considérer « 6 » et « 5 » à la fois comme des numéros et des pluralités, et de comprendre que le numéro « 6 » représente « 1 de plus ».
Entrée directe dans le nombre contre quantification préalable par numéros
📌 Le nombre peut garder la mémoire des rangs, mais il permet aussi de mettre ces rangs en relation, comme lorsque la 7e case est la 1re après la 6e et la 2e après la 5e.
Résoudre un problème de repérage dans une file ne nécessite pas de savoir exprimer un nombre comme décomposition de nombres plus petits.
Pour garder la mémoire d’un rang, l’usage de numéros suffit sans que le nombre soit nécessaire.
Un numéro désigne un rang ; le nombre met les rangs en relation
📌 Le nombre peut garder la mémoire des quantités, mais il est aussi un moyen de mettre les quantités en relation.
Dans une tâche d’équipotence, compter-numéroter les objets des deux collections dans le même ordre permet de construire une collection équipotente sans mettre les quantités en relation.
Mémoriser le dernier mot d’un comptage permet de représenter la quantité précédemment exprimée par une collection de numéros, sans comprendre la notion de nombre.
Comprendre le nombre six suppose de le comparer aux nombres qui le précèdent et de s’intéresser à ses décompositions. - Brissiaud, Premiers Pas vers les Maths, 2007
Les stratégies de décomposition-recomposition analysent une collection en sous-groupes, puis la désignent par l’expression de ces sous-groupes ou par le nom du nombre correspondant.
Mémoriser une quantité par le dernier numéro ne suffit pas à la mettre en relation avec d’autres
📌 Le nombre ne peut être réduit ni à la quantité seule ni à la mise en ordre seule, car il met les quantités en relation selon leurs différences.
Quantité ou ordre isolés ne suffisent pas à constituer le nombre
La quasi-totalité des chercheurs en psychologie des apprentissages numériques considèrent l’accès à l’itération de l’unité comme la porte d’entrée vers le nombre.
Le comptage-dénombrement théâtralise l’itération de l’unité et attire l’attention sur ce qui fonde le nombre.
Le comptage-numérotage crée un obstacle langagier à l’accès au nombre et peut enfermer les élèves les plus fragiles dans la représentation des quantités par des collections de numéros.
Le comptage-dénombrement met en jeu l’unité ; le comptage-numérotage peut faire obstacle
Teste tes connaissances sur Apprentissages du nombre et comptage avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Une enseignante montre quatre jetons, puis en ajoute un à la collection avant de dire « cinq ». Quel principe décrit cette progression de la quantité ?
2. Dans une activité, l’enseignante dit « trois » après avoir ajouté un troisième cube à la collection déjà formée. Que désigne alors le nouveau mot-nombre dans le comptage-dénombrement ?
Mémorisez les concepts clés de Apprentissages du nombre et comptage avec 10 flashcards interactives.
Selon Pierre Gréco (1960, 1962, 1963), en quoi consiste l’itération de l’unité ?
À obtenir chaque quantité discrète en ajoutant une unité à la quantité précédente ou en enlevant une unité à la quantité supérieure.
Que comprend-on grâce à l’enseignement du comptage-dénombrement ?
Chaque nouveau mot-nombre désigne la pluralité formée par l’ajout d’une nouvelle unité.
Selon Brissiaud (1989, 1995), qu’est-ce que le comptage-numérotage ?
Une façon d’enseigner associant chaque mot-nombre à une unité isolée, comme un numéro.
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