Fiche de révision : Approche transdiagnostique

Plan du Cours

  1. Évolution historique du DSM
  2. Organisation diagnostique du DSM-III
  3. Apports de l’approche catégorielle
  4. Limites de la conception essentialiste
  5. Réseaux de mécanismes et symptômes
  6. Comorbidité et approche transdiagnostique
  7. Définir et classer les processus
  8. Évitement émotionnel et processus unique
  9. Complémentarité des approches

Repères chronologiques

  1. 1952Le DSM-I a été publié après la Seconde Guerre mondiale pour classer les pathologies mentales et faciliter le diagnostic à partir de descriptions prototypiques de patients.
  2. 1968Le DSM-II recensait 182 troubles et évoluait peu par rapport au DSM-I.
  3. 1980Le DSM-III recensait 292 troubles et abandonnait l’organisation fondée sur la distinction entre psychoses et névroses.
  4. 1994Le DSM-IV a été publié puis révisé en 2000, sans changement majeur, et recensait 297 troubles.

1. Évolution historique du DSM

★ À maîtriser

  • Le DSM-5 conserve un modèle catégoriel tout en ouvrant davantage certains troubles à une approche dimensionnelle, et il abandonne le système multiaxial.

Compléments

  • Le DSM-I recensait 106 troubles considérés comme des réactions de la personnalité à des facteurs psychologiques, sociaux et biologiques.

Astuce mémo

DSM-I → DSM-II → rupture du DSM-III → révisions DSM-IV et DSM-5

2. Organisation diagnostique du DSM-III

Notions clés & Définitions

  • Diagnostic DSM-III : défini par une liste de critères objectifs et des règles d’exclusion, plutôt que par la seule présence de symptômes caractéristiques

Points essentiels

  • Le DSM-III introduit un système multiaxial permettant des évaluations indépendantes des troubles psychiatriques, de la personnalité et du retard mental, des affections médicales, des facteurs psychosociaux et environnementaux, et du fonctionnement global.

  • Le DSM-III se voulait athéorique et cherchait à refonder la psychiatrie sur des bases scientifiques, descriptives et biologiques.

Astuce mémo

Les cinq axes : troubles, personnalité, médical, environnement, fonctionnement

3. Apports de l’approche catégorielle

Notions clés & Définitions

  • Conception essentialiste : Van der Linden, 2016 — considère que les troubles mentaux possèdent une essence constitutive propre, partagée par les personnes atteintes et absente chez les autres

★ À maîtriser

  • L’approche catégorielle fournit des définitions opérationnelles et un langage commun entre psychologues, psychiatres et chercheurs du monde entier.

Compléments

  • L’approche catégorielle a permis le développement de nombreuses théories, de modèles et d’interventions thérapeutiques efficaces.

Astuce mémo

Catégorie utile pour décrire objectivement, mais opposée au continuum des symptômes

4. Limites de la conception essentialiste

★ À maîtriser

  • L’approche catégorielle s’adapte mal à la variabilité interne des catégories, car un trouble peut comporter plusieurs centaines de combinaisons symptomatiques, et à la forte comorbidité.

  • Le diagnostic catégoriel tout ou rien peut négliger le continuum des difficultés psychologiques et les expériences normales, tout en minimisant le contexte relationnel et les causes sociales.

  • Les critères du trouble dépressif caractérisé exigent au moins cinq symptômes pendant la même période de deux semaines, dont une humeur dépressive ou une perte d’intérêt ou de plaisir.

  • Selon Zimmerman et al. (2015), les critères du DSM-V permettent théoriquement 227 combinaisons diagnostiques de dépression, ou 14 528 combinaisons lorsque les symptômes opposés sont dissociés.

  • Dans l’étude de Fried et Nesse (2015) menée auprès de 3 703 personnes diagnostiquées dépressives, 1 030 profils symptomatiques distincts ont été observés, le profil le plus fréquent étant partagé par 2 % des patients et 48 % ayant un profil unique.

Compléments

  • Les neuf symptômes évalués sont:
    • l’humeur dépressive
    • la perte d’intérêt ou de plaisir
    • les variations de poids ou d’appétit
    • l’insomnie ou l’hypersomnie
    • l’agitation ou le ralentissement psychomoteur
    • la fatigue
    • la dévalorisation ou la culpabilité
    • les difficultés de pensée ou de concentration
    • les pensées de mort ou idées suicidaires

Astuce mémo

Une étiquette de dépression posée sur des profils symptomatiques très différents

5. Réseaux de mécanismes et symptômes

Notions clés & Définitions

  • Mécanistic property cluster : Kendler et al., 2011 — décrit les troubles mentaux comme des regroupements de propriétés qui coexistent en raison de réseaux de mécanismes causaux situés à plusieurs niveaux, notamment biologique, environnemental et socioculturel
  • Réseau de symptômes : Borsboom & Cramer, 2013 — conçoit le tableau clinique comme un ensemble de relations dynamiques entre des symptômes causalement reliés plutôt que comme l’expression d’une entité latente

Points essentiels

  • Dans l’étude répétée du BDI-II menée auprès de 182 personnes dépressives, la perte de plaisir avait l’effet de propagation le plus important, tandis que la perte d’intérêt et la tristesse avaient surtout un rôle réactif. — Bringmann et al., 2015

  • Un événement négatif peut entraîner une humeur négative, puis un sentiment de culpabilité, une insomnie, de la fatigue et des problèmes de concentration.

Astuce mémo

Un symptôme activé → d’autres symptômes → renforcement du réseau

6. Comorbidité et approche transdiagnostique

Notions clés & Définitions

  • Processus transdiagnostique : mécanisme psychologique susceptible de contribuer au développement, au maintien ou à l’évolution de manifestations psychopathologiques relevant de plusieurs catégories diagnostiques

Points essentiels

  • Kessler et al. (2004) estiment que 46,4 % des personnes présenteront au cours de leur vie les critères d’un trouble mental et que 27,7 % présenteront les critères d’au moins deux troubles.

  • La comorbidité concerne 70 à 80 % des personnes présentant un trouble des conduites alimentaires, 80 % des personnes souffrant d’un trouble anxieux généralisé et 61 % des personnes présentant un trouble bipolaire. — Harvey et al., 2004

  • Les processus transdiagnostiques permettent d’expliquer plus parcimonieusement les comorbidités, de transférer les avancées théoriques et thérapeutiques entre troubles et de comprendre l’efficacité d’un traitement sur des troubles comorbides.

Astuce mémo

Trouble spécifique versus processus commun à plusieurs diagnostics

7. Définir et classer les processus

Notions clés & Définitions

  • Processus psychologique : Philippot, 2016 — transforme un élément psychologique ou un élément parent en un autre élément psychologique ou parent

Points essentiels

  • Les éléments psychologiques comprennent notamment:

    • les jugements
    • les images mentales
    • les représentations
    • les sensations
    • les souvenirs
    • les commandes motrices
  • Les domaines de classification sont (Harvey et al., 2004):

    • l’attention
    • la mémoire
    • le raisonnement
    • la pensée
    • le comportement
  • La classification de Harvey et al. est critiquée parce qu’elle réduit les processus aux facteurs cognitifs et néglige les aspects motivationnels, émotionnels, interpersonnels et développementaux.

8. Évitement émotionnel et processus unique

Notions clés & Définitions

  • Évitement émotionnel : Barlow, 2006 — consiste à refuser une émotion perçue comme trop aversive, incontrôlable ou intolérable afin de ne pas l’éprouver

★ À maîtriser

  • Barlow a proposé que l’évitement émotionnel soit le moteur central de la plupart des troubles psychopathologiques et a développé un protocole unifié pour les troubles anxieux, les troubles de l’humeur et les troubles alimentaires. — Barlow & Allen, 2007

  • Selon Barlow, l’évitement émotionnel maintient ou amplifie l’émotion refusée, empêche la résolution du problème sous-jacent, augmente les coûts cognitifs et comportementaux, puis entretient un cercle vicieux d’impuissance et de désespoir.

Compléments

  • L’hypothèse d’un processus unique est limitée parce qu’un seul processus ne peut probablement pas expliquer tous les troubles et que l’évitement émotionnel est moins central dans les troubles psychotiques que les problèmes de traitement de l’information.

Astuce mémo

Non-acceptation de l’émotion → évitement → amplification et maintien de la détresse

9. Complémentarité des approches

★ À maîtriser

  • L’approche catégorielle centrée sur les troubles et l’approche transdiagnostique centrée sur les processus ne sont pas antagonistes, mais complémentaires.

Compléments

  • Des outils transdiagnostiques peuvent être adaptés à un trouble particulier, comme le RRS-ED ou le perfectionnisme-ED.

Astuce mémo

Approche catégorielle et approche transdiagnostique : différentes, mais complémentaires

Tableaux de synthèse

Approches des troubles mentaux

ApprocheObjet principalLimite ou avantage
CatégorielleCatégories diagnostiques définies par critèresLangage commun, mais variabilité et comorbidité mal prises en compte
EssentialisteEssence propre au troubleExplique mal la diversité des profils symptomatiques
Réseaux de symptômesInteractions causales entre symptômesRend compte des influences réciproques
TransdiagnostiqueProcessus communs à plusieurs troublesExplique les comorbidités et favorise le transfert thérapeutique

Évitement émotionnel

AspectConséquence
ÉvitementMaintien ou amplification de l’émotion
Non-résolutionPersistance de la problématique sous-jacente
CoûtAugmentation des coûts cognitifs et comportementaux
AcceptationRétablissement naturel possible de l’humeur

Teste tes connaissances

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1. Dans quelle population la comorbidité est-elle estimée à environ 80 % ?

2. Quelle situation illustre le mieux l’évitement émotionnel selon Barlow (2006) ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Approche transdiagnostique avec 55 flashcards interactives.

En quelle année le DSM-I a-t-il été publié ?

Le DSM-I a été publié en 1952.

Combien de troubles le DSM-I recensait-il ?

Le DSM-I recensait 106 troubles.

En quelle année le DSM-II a-t-il été publié ?

Le DSM-II a été publié en 1968.

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