QCM : Cultural Studies et sociologie de l’image — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Comment des images ou des vidéos peuvent-elles être utilisées dans un entretien de recherche ?

Elles peuvent servir de supports pour rétablir l’asymétrie entre enquêteur et enquêté
Elles peuvent limiter l’entretien aux réactions spontanées devant des documents médiatiques
Elles peuvent remplacer les réponses des enquêtés par une interprétation du chercheur
Elles peuvent imposer un questionnaire identique à tous les participants de l’enquête

Elles peuvent servir de supports pour rétablir l’asymétrie entre enquêteur et enquêté

Explication

Des entretiens fondés sur des images ou des vidéos peuvent contribuer à rétablir l’asymétrie de la situation d’entretien. Leur fonction n’est pas de remplacer la parole des enquêtés par l’interprétation du chercheur.

2. Pourquoi l’étude des images remet-elle en question les frontières entre disciplines ?

Parce qu’elle remplace les cadres théoriques par une observation directe des comportements
Parce qu’elle mobilise notamment la sémiologie et la psychologie, ainsi que leurs méthodes
Parce qu’elle relève principalement de l’histoire de l’art et de ses méthodes d’interprétation
Parce qu’elle impose aux chercheurs de privilégier les entretiens plutôt que les documents visuels

Parce qu’elle mobilise notamment la sémiologie et la psychologie, ainsi que leurs méthodes

Explication

Travailler sur l’image mobilise notamment la sémiologie et la psychologie, ce qui interroge les frontières disciplinaires ainsi que les cadres théoriques et méthodologiques. Réduire cette étude à l’histoire de l’art contredit son caractère interdisciplinaire.

3. Contre quelle conception de la culture les Cultural Studies défendent-elles une approche ordinaire et anthropologique ?

Contre une conception élitiste et civilisatrice centrée sur les œuvres et les auteurs consacrés
Contre une conception relationnelle qui analyse la culture comme un produit des rapports sociaux
Contre une conception sociale attentive aux pratiques populaires et aux expériences quotidiennes
Contre une conception anthropologique qui étudie les manières de vivre des groupes sociaux

Contre une conception élitiste et civilisatrice centrée sur les œuvres et les auteurs consacrés

Explication

Les Cultural Studies s’opposent à une conception élitiste et civilisatrice centrée sur les grands auteurs, les grandes œuvres et les grands musées. Leur approche ordinaire inclut au contraire les pratiques populaires et les expériences quotidiennes.

4. Quels penseurs sont considérés comme les quatre auteurs majeurs des Cultural Studies ?

Edward P. Thompson, Arnold, Frank Raymond Leavis et Raymond Williams
Raymond Williams, Queenie Dorothy Leavis, Stuart Hall et Arnold
Richard Hoggart, Raymond Williams, Edward P. Thompson et Stuart Hall
Frank Raymond Leavis, Arnold, Richard Hoggart et Stuart Hall

Richard Hoggart, Raymond Williams, Edward P. Thompson et Stuart Hall

Explication

Les quatre auteurs majeurs sont Richard Hoggart, Raymond Williams, Edward P. Thompson et Stuart Hall. Les autres propositions mélangent ces auteurs avec des figures liées aux débats sur les canons littéraires, mais elles ne constituent pas le groupe des quatre fondateurs majeurs.

5. Quelle politique éducative Arnold défend-il pour garantir l’idée nationale ?

Une instruction professionnelle facultative organisée par les entreprises industrielles
Un système scolaire sélectif réservé aux élites administratives et économiques
Un État minimal laissant l’éducation aux familles, aux Églises et aux associations
Un État éducateur reposant sur une école obligatoire, universelle et laïque

Un État éducateur reposant sur une école obligatoire, universelle et laïque

Explication

Arnold soutient l’intervention de l’État dans l’éducation à travers un système scolaire obligatoire, universel et laïque. Cette position se distingue de la crainte d’une emprise étatique sur les consciences associée à Stuart Mill.

6. Que désigne l’expression « société de l’image » ?

Une société où les images ont remplacé les échanges verbaux dans les institutions
Une société où les images occupent une place centrale dans la vie sociale
Une société où la production d’images dépend principalement des médias imprimés
Une société où les images sont principalement réservées aux recherches scientifiques

Une société où les images occupent une place centrale dans la vie sociale

Explication

La « société de l’image » désigne la centralité sociale des images, notion particulièrement utilisée depuis l’avènement de la télévision. Cette expression ne signifie pas que les images sont devenues un outil scientifique dominant.

7. Quelle opposition caractérise le débat universitaire sur l’étude des grands textes littéraires ?

Comparer les auteurs anglais ou traduire leurs œuvres
Privilégier les œuvres anciennes ou publier les œuvres contemporaines
Étudier les romans ou analyser les productions théâtrales
Isoler les textes ou les relier à leur réalité sociale

Isoler les textes ou les relier à leur réalité sociale

Explication

Le débat oppose l’analyse strictement littéraire, qui isole les textes, à leur contextualisation sociale, qui les relie à leur réalité historique et collective. La distinction ne repose pas principalement sur le genre littéraire ou la période de publication.

8. Pourquoi Hoggart conteste-t-il l’idée d’une homogénéisation complète des cultures populaires par la culture de masse ?

Les pratiques populaires disparaissent lorsque les industries culturelles se développent
Les classes populaires produisent des œuvres dépourvues de toute influence extérieure
Les classes populaires peuvent filtrer ou ignorer certains produits culturels
Les médias de masse restent accessibles principalement aux groupes favorisés

Les classes populaires peuvent filtrer ou ignorer certains produits culturels

Explication

Hoggart souligne que les classes populaires disposent d’une capacité de filtrage : elles peuvent sélectionner, interpréter ou ignorer les produits de la culture de masse. Cette idée s’oppose à une conception d’une influence médiatique totale et uniforme.

9. Pourquoi Carlyle considère-t-il les hommes de lettres comme un « quatrième ordre » ?

Parce qu’ils doivent remplacer les institutions religieuses par une autorité économique
Parce qu’ils doivent administrer les manufactures au nom des classes populaires
Parce qu’ils doivent défendre les privilèges politiques de la noblesse héréditaire
Parce qu’ils doivent guider la société par l’exercice de la littérature

Parce qu’ils doivent guider la société par l’exercice de la littérature

Explication

Carlyle ajoute les hommes de lettres à la noblesse, au clergé et au Tiers-État en leur attribuant une mission de direction sociale par la littérature. Leur rôle n’est donc pas principalement industriel, économique ou administratif.

10. Comment la culture peut-elle être étudiée dans les sciences sociales ?

Comme une pratique institutionnelle ou comme une forme de communication médiatique
Comme un produit des rapports sociaux ou comme une cause qui contribue à les produire
Comme une propriété individuelle ou comme une caractéristique biologique héritée
Comme un ensemble de connaissances scolaires ou comme un patrimoine artistique reconnu

Comme un produit des rapports sociaux ou comme une cause qui contribue à les produire

Explication

Les sciences sociales peuvent analyser la culture comme le résultat de rapports sociaux ou comme un facteur qui contribue à produire ces rapports. La réduire aux connaissances scolaires et au patrimoine artistique reprend une conception plus élitiste de la culture.

11. Dans quel contexte historique les Cultural Studies se structurent-elles en Angleterre au XXe siècle ?

Dans un contexte de restauration monarchique, de déclin industriel et de retour de l’aristocratie
Dans un contexte de renouveau religieux, de désindustrialisation et d’affaiblissement des échanges
Dans un contexte de Révolution industrielle, de machinisation et d’essor de la classe moyenne
Dans un contexte de révolution agricole, de recul urbain et de disparition des classes sociales

Dans un contexte de Révolution industrielle, de machinisation et d’essor de la classe moyenne

Explication

Les Cultural Studies se développent dans une société transformée par l’industrialisation, la machinisation, les nouveaux rapports sociaux et l’émergence de la classe moyenne. L’idée d’un recul industriel et urbain ne correspond pas au contexte qui favorise leur naissance.

12. Comment Denys Cuche définit-il la culture ?

Comme un répertoire de grandes œuvres transmis par les institutions éducatives et artistiques
Comme une collection de comportements individuels acquis au cours de la socialisation familiale
Comme un système de signes permettant aux individus de communiquer dans les espaces publics
Comme l’ensemble des manières sédimentées de vivre, sentir et penser propres à un groupe social

Comme l’ensemble des manières sédimentées de vivre, sentir et penser propres à un groupe social

Explication

Pour Denys Cuche, la culture rassemble des manières sédimentées de vivre, de sentir et de penser propres à un groupe social. Cette définition ne la limite ni aux grandes œuvres ni à la seule transmission scolaire.

13. Quelle critique Thomas Carlyle adresse-t-il à la société industrielle dans Past and Present ?

Il critique son égalitarisme, son traditionalisme et la protection accordée aux ouvriers
Il critique son parlementarisme, son éducation publique et la diffusion des œuvres littéraires
Il critique son idéalisme, son romantisme et la disparition des institutions religieuses
Il critique son matérialisme, son utilitarisme et les effets sociaux du capitalisme

Il critique son matérialisme, son utilitarisme et les effets sociaux du capitalisme

Explication

Carlyle dénonce le matérialisme et l’utilitarisme de la société industrielle ainsi que la misère ouvrière produite par les effets sociaux du capitalisme. L’utilitarisme ne désigne pas une défense de la solidarité ouvrière, mais une conception qui rapporte le juste à l’utile.

14. Comment Matthew Arnold définit-il la culture et quelle fonction sociale lui attribue-t-il ?

Il la définit comme une accumulation de richesses et un moyen de concurrence sociale
Il la définit comme une tradition nationale et un moyen de préserver les hiérarchies
Il la définit comme un ensemble de loisirs et un moyen de distinction individuelle
Il la définit comme une quête de perfection et un moyen de cohésion sociale

Il la définit comme une quête de perfection et un moyen de cohésion sociale

Explication

Pour Arnold, la culture vise la perfection totale et peut restaurer la cohésion sociale face au désordre engendré par la Révolution industrielle. Elle ne se réduit donc ni aux loisirs ni à l’accumulation matérielle.

15. Quel changement institutionnel intervient à Cambridge en 1926 concernant l’étude de la littérature anglaise ?

Un institut consacré aux cultures populaires est ouvert à l’université
Un enseignement de littérature américaine est ajouté au programme
Un département de littérature comparée est créé à l’université
Un cours de littérature anglaise est intégré à l’université

Un cours de littérature anglaise est intégré à l’université

Explication

En 1926, Cambridge intègre pour la première fois un cours consacré à la littérature anglaise. Auparavant, cette matière était rattachée à l’histoire, et non à la littérature comparée ou aux cultures populaires.

16. Quel objectif Frank Raymond Leavis et Queenie Dorothy Leavis poursuivent-ils en fondant la revue Scrutiny ?

Défendre l’autonomie des études historiques
Mesurer l’influence commerciale du cinéma américain
Définir les canons de la littérature anglaise
Décrire les loisirs des classes populaires anglaises

Définir les canons de la littérature anglaise

Explication

Les époux Leavis fondent Scrutiny afin de contribuer à la définition des canons de la littérature anglaise. La revue ne porte pas principalement sur les loisirs populaires ni sur l’histoire institutionnelle.

17. Quelle relation Clifford Geertz établit-il entre culture et vision du monde ?

La culture est une institution qui organise les rapports sociaux sans modifier les représentations individuelles
La culture est une toile d’araignée à laquelle les individus sont socialisés et qui structure leur vision du monde
La culture est un ensemble de connaissances générales permettant aux individus de distinguer les œuvres légitimes
La culture est une tradition nationale transmise aux individus indépendamment de leur socialisation

La culture est une toile d’araignée à laquelle les individus sont socialisés et qui structure leur vision du monde

Explication

Pour Clifford Geertz, la culture peut être comparée à une toile d’araignée : les individus y sont socialisés et elle contribue à définir leur vision du monde. Elle ne se réduit donc pas à une culture générale scolaire.

18. Quelle distinction oppose le mieux les Cultural Studies aux approches élitistes de la culture ?

Les Cultural Studies analysent les grandes œuvres, tandis que l’élitisme privilégie les pratiques ordinaires
Les Cultural Studies étudient les institutions scolaires, tandis que l’élitisme analyse les rapports économiques
Les Cultural Studies valorisent les auteurs classiques, tandis que l’élitisme observe les médias de masse
Les Cultural Studies analysent les cultures populaires, tandis que l’élitisme privilégie les œuvres consacrées

Les Cultural Studies analysent les cultures populaires, tandis que l’élitisme privilégie les œuvres consacrées

Explication

Les Cultural Studies prennent pour objet les cultures et les classes populaires, contrairement aux approches élitistes centrées sur la culture légitime et les grandes œuvres. L’analyse des auteurs classiques caractérise plutôt l’approche élitiste.

19. Quel objet Richard Hoggart étudie-t-il dans La Culture du pauvre ?

L’évolution des institutions politiques qui encadrent la presse britannique
La formation des canons littéraires anglais dans les universités britanniques
La réception du cinéma hollywoodien par les élites culturelles londoniennes
La vie quotidienne des classes populaires de Leeds pendant l’entre-deux-guerres

La vie quotidienne des classes populaires de Leeds pendant l’entre-deux-guerres

Explication

Hoggart décrit ethnographiquement la vie quotidienne des classes populaires de Leeds pendant l’entre-deux-guerres à travers leurs pratiques culturelles. Son approche se distingue de l’étude élitiste centrée sur les grands textes littéraires.

20. Pourquoi l’image est-elle longtemps restée peu présente en science politique ?

Parce que les images étaient principalement étudiées par les historiens de l’art
Parce que les institutions politiques limitaient l’accès aux archives audiovisuelles
Parce que les thèses et les restitutions visuelles d’enquêtes étaient peu nombreuses
Parce que les chercheurs privilégiaient les enquêtes quantitatives sur les pratiques culturelles

Parce que les thèses et les restitutions visuelles d’enquêtes étaient peu nombreuses

Explication

La science politique a longtemps accordé une place réduite à l’image en raison du faible nombre de thèses consacrées à cet objet et de la rareté des restitutions visuelles d’enquêtes. L’idée d’une préférence générale pour les enquêtes quantitatives ne correspond pas à la raison explicitement avancée ici.

21. Comment Williams et Thompson conçoivent-ils le rapport entre culture et économie ?

La culture reproduit mécaniquement les intérêts économiques des groupes dominants
La culture est liée aux rapports de classe sans se réduire à un simple reflet économique
La culture dépend principalement des œuvres reconnues par les institutions universitaires
La culture est séparée des rapports de pouvoir et évolue selon une logique autonome

La culture est liée aux rapports de classe sans se réduire à un simple reflet économique

Explication

Pour Williams et Thompson, la culture reste liée aux rapports de classe et aux stratégies de changement social, mais elle ne constitue pas un simple reflet de l’économie. La conception d’une reproduction mécanique réduit à tort l’autonomie et la complexité des pratiques culturelles.

22. Pourquoi les images peuvent-elles être qualifiées de sensibles dans l’analyse politique ?

Parce qu’elles décrivent les événements politiques avec davantage de précision que les textes
Parce qu’elles sont produites par des institutions qui contrôlent leur réception publique
Parce qu’elles transmettent des informations dont l’interprétation reste stable malgré leur circulation
Parce qu’elles sollicitent les sens et les émotions et que leur signification peut évoluer

Parce qu’elles sollicitent les sens et les émotions et que leur signification peut évoluer

Explication

Les images sont sensibles parce qu’elles mobilisent fortement les sens et les émotions, circulent et peuvent voir leur sens transformé par le cadrage, la couleur ou la lumière. Leur circulation ne garantit donc pas la conservation de leur signification initiale.

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Pourquoi l’image était-elle peu présente en science politique ?

À cause du faible nombre de thèses et de la rareté des restitutions visuelles.

Que désigne la notion de « société de l’image » ?

Une société où les images occupent une place centrale.

Pourquoi les images sont-elles considérées comme sensibles ?

Parce qu’elles mobilisent les sens et les émotions.

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