QCM : Ingénierie psychosociale (18 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une psychologue doit améliorer l’accompagnement proposé dans son service. Comment adopte-t-elle une posture de praticienne-chercheuse ?

Elle applique une méthode reconnue sans examiner le contexte, puis vérifie si les professionnels l’ont mise en œuvre.
Elle privilégie les demandes du commanditaire, puis mesure la satisfaction des bénéficiaires à la fin de l’intervention.
Elle s’appuie sur son expérience pour choisir une intervention, puis compare les opinions des professionnels concernés.
Elle mobilise une démarche scientifique pour diagnostiquer la situation, choisir des interventions fondées sur des preuves et en évaluer les effets.

Elle mobilise une démarche scientifique pour diagnostiquer la situation, choisir des interventions fondées sur des preuves et en évaluer les effets.

Explication

La posture de praticienne-chercheuse consiste à intégrer la démarche scientifique à la pratique, depuis le diagnostic jusqu’à l’évaluation des effets. Se fier surtout à l’expérience ne garantit pas que l’intervention soit fondée sur des preuves.

2. Un commanditaire demande une formation, mais les échanges avec les équipes révèlent que leurs besoins concernent surtout la coordination. Quelle distinction permet de comprendre cet écart ?

La commande correspond au diagnostic établi par le praticien, tandis que la demande désigne les moyens choisis pour agir sur le terrain.
La commande désigne les besoins exprimés par les équipes, tandis que la demande correspond à la prestation définie par le commanditaire.
La commande désigne la prestation souhaitée par le commanditaire, tandis que la demande renvoie aux besoins réels exprimés ou implicites des acteurs du terrain.
La commande correspond aux objectifs mesurables de l’intervention, tandis que la demande désigne les résultats attendus par la direction.

La commande désigne la prestation souhaitée par le commanditaire, tandis que la demande renvoie aux besoins réels exprimés ou implicites des acteurs du terrain.

Explication

La commande est la prestation officiellement souhaitée, alors que la demande renvoie aux besoins réels des acteurs, qui peuvent différer de cette prestation. Inverser ces deux notions ferait attribuer aux équipes la commande et au commanditaire les besoins du terrain.

3. Avant de concevoir une intervention, que doit faire un psychologue social face à une commande formulée par la direction ?

Transformer la commande en objectifs d’intervention avant de recueillir les besoins des personnes concernées.
Clarifier la commande, la demande effective et les besoins du terrain sans projeter ses attentes sur la situation.
Prendre la commande comme description complète du problème et choisir une méthode adaptée à la prestation attendue.
Définir les besoins à partir de son expertise, puis vérifier auprès des acteurs que l’intervention est réalisable.

Clarifier la commande, la demande effective et les besoins du terrain sans projeter ses attentes sur la situation.

Explication

Le psychologue social clarifie la commande, la demande effective et les besoins du terrain avant d’intervenir, sans projeter ses propres attentes. Prendre la commande comme une description complète du problème risque de négliger les besoins réels des acteurs.

4. Une première intervention produit des résultats inattendus sur le terrain. Quelle manière de concevoir la suite correspond à une démarche psychosociale ?

Remplacer l’intervention par une recette éprouvée dans un contexte proche, sans réexaminer les hypothèses théoriques.
Reprendre les hypothèses à la lumière des données de terrain et des preuves empiriques, puis ajuster l’intervention en lien avec la théorie.
Maintenir la méthode prévue et interpréter les résultats inattendus comme des écarts temporaires à la procédure.
Choisir une nouvelle méthode à partir des préférences des acteurs, puis évaluer uniquement leur satisfaction.

Reprendre les hypothèses à la lumière des données de terrain et des preuves empiriques, puis ajuster l’intervention en lien avec la théorie.

Explication

La conception d’une intervention psychosociale est itérative et fait dialoguer théorie, données de terrain et preuves empiriques. Maintenir la méthode initiale sans réexaminer les résultats ne tient pas compte de cette logique d’ajustement.

5. Quelle conception de la recherche caractérise le modèle décrit par Py et Somat en 2007 ?

Il fait de la recherche appliquée une étape préalable à la recherche fondamentale, menée ensuite indépendamment des praticiens.
Il cherche à dépasser les séparations entre recherche fondamentale et appliquée, laboratoire et terrain, chercheur et praticien.
Il réserve la production théorique au laboratoire et confie aux praticiens la mise en œuvre des applications sur le terrain.
Il distingue les rôles du chercheur et du praticien tout en organisant leur coopération autour d’études de terrain.

Il cherche à dépasser les séparations entre recherche fondamentale et appliquée, laboratoire et terrain, chercheur et praticien.

Explication

Py et Somat décrivent un modèle qui vise à dépasser plusieurs séparations, notamment entre recherche fondamentale et appliquée, laboratoire et terrain, chercheur et praticien. Organiser une coopération tout en maintenant ces rôles séparés ne correspond pas à cette visée.

6. Pour préparer une modification concrète dans une organisation, quelle démarche correspond au modèle décrit par Py et Somat en 2007 ?

Élaborer une explication théorique du problème, en déduire une modification du système, puis évaluer son acceptation par les acteurs.
Partir d’une solution déjà éprouvée, l’appliquer au système étudié, puis recueillir des connaissances théoriques sur ses effets.
Mobiliser des connaissances théoriques et méthodologiques, analyser le contexte avec précision, puis concevoir et tester des modifications du système.
Décrire le contexte à partir des perceptions des acteurs, choisir une modification, puis la mettre en place sans phase de test.

Mobiliser des connaissances théoriques et méthodologiques, analyser le contexte avec précision, puis concevoir et tester des modifications du système.

Explication

La démarche associe des connaissances issues de la recherche, une analyse précise du contexte et la conception puis le test de modifications concrètes. Évaluer seulement l’acceptation d’une modification ne remplace pas le test de ses effets sur le système.

7. Une équipe veut comprendre pourquoi une activité de service produit des résultats irréguliers. Quels matériaux le diagnostic doit-il notamment examiner ?

Les réunions d’équipe et l’analyse des procédures prévues, afin de vérifier la connaissance des consignes par les professionnels.
L’observation de l’activité et l’analyse des archives, afin de comprendre les pratiques, leurs contraintes et leurs résultats.
Les questionnaires de satisfaction et l’analyse des objectifs annuels, afin de comparer les attentes des usagers et de la direction.
Les entretiens avec les responsables et l’analyse des organigrammes, afin de comprendre la répartition officielle des fonctions.

L’observation de l’activité et l’analyse des archives, afin de comprendre les pratiques, leurs contraintes et leurs résultats.

Explication

Le diagnostic s’appuie notamment sur l’observation de l’activité et l’analyse des archives pour éclairer les pratiques, leurs contraintes et leurs résultats. Les seuls objectifs annuels ne renseignent pas directement sur ce qui se déroule effectivement dans l’activité.

8. Une organisation souhaite réduire les délais, mais les dossiers montrent que les retards persistent sur le terrain. Que doit comparer le diagnostic ?

Les représentations des acteurs et les règles écrites de l’organisation, en examinant les écarts entre leurs interprétations.
Les délais observés dans les services et les objectifs fixés par la direction, en s’appuyant sur les données de gestion disponibles.
Ce que l’organisation souhaite obtenir et ce qui se passe effectivement sur le terrain, en tenant compte de la perception des acteurs.
Les résultats souhaités par la direction et les pratiques décrites par les responsables, en confrontant les points de vue hiérarchiques.

Ce que l’organisation souhaite obtenir et ce qui se passe effectivement sur le terrain, en tenant compte de la perception des acteurs.

Explication

Le diagnostic prend en compte la perception des acteurs et met en regard les objectifs de l’organisation avec la réalité du terrain. Comparer les délais aux objectifs sans intégrer le point de vue des acteurs omet un élément important du diagnostic.

9. Deux services rencontrent le même problème de coopération, mais les causes sous-jacentes semblent différentes. Comment choisir une intervention pertinente ?

Identifier d’abord les mécanismes qui contribuent au problème, car des causes différentes peuvent appeler des interventions différentes.
Traiter d’abord les effets visibles dans les deux services, puis déterminer si les causes appellent des ajustements.
Sélectionner l’intervention la plus familière aux équipes, puis rechercher quels mécanismes pourraient expliquer le problème.
Choisir une intervention commune pour les deux services, puis comparer leur efficacité après sa mise en place.

Identifier d’abord les mécanismes qui contribuent au problème, car des causes différentes peuvent appeler des interventions différentes.

Explication

Un même problème peut provenir de causes différentes et demander des interventions distinctes; le diagnostic doit donc identifier les mécanismes en jeu avant le choix d’une intervention. Appliquer une intervention commune avant d’examiner ces mécanismes risque de ne pas répondre aux causes propres à chaque service.

10. Quels éléments faut-il mettre en relation pour construire une solution après le diagnostic ?

Les connaissances scientifiques, les résultats du diagnostic et les objectifs de l’intervention
Les contraintes institutionnelles, les opinions du public et les résultats attendus à long terme
Les résultats d’une évaluation, les moyens de diffusion et les objectifs de formation
Les pratiques habituelles, les ressources disponibles et les préférences des intervenants

Les connaissances scientifiques, les résultats du diagnostic et les objectifs de l’intervention

Explication

La solution est élaborée après le diagnostic en articulant les connaissances scientifiques, les constats du diagnostic et les objectifs de l’intervention. Les contraintes pratiques peuvent compter, mais elles ne remplacent pas cette mise en relation.

11. Que peut nécessiter une démarche lorsque ni le terrain ni la littérature ne proposent de solution satisfaisante ?

Produire de nouvelles connaissances, notamment par la recherche fondamentale
Choisir une intervention en fonction de sa facilité de mise en œuvre
Remplacer le diagnostic par une consultation des professionnels
Étendre la solution la plus répandue à des publics différents

Produire de nouvelles connaissances, notamment par la recherche fondamentale

Explication

Quand les connaissances disponibles ne permettent pas de résoudre le problème, la démarche peut devoir en produire de nouvelles, par exemple au moyen de recherche fondamentale. Étendre une solution existante ne répond pas nécessairement au manque de connaissances.

12. Sur quelle logique repose la construction d’un dispositif d’intervention ?

Une estimation selon laquelle les objectifs suffisent à déterminer les composantes du dispositif
Une préférence pour les techniques qui ont déjà été utilisées dans d’autres contextes
Une supposition selon laquelle le problème disparaîtra avec une meilleure diffusion
Une hypothèse selon laquelle modifier le mécanisme ciblé peut modifier le problème

Une hypothèse selon laquelle modifier le mécanisme ciblé peut modifier le problème

Explication

Le dispositif repose sur une hypothèse concernant les mécanismes qui produisent ou entretiennent le problème ; agir sur le mécanisme ciblé devrait alors influer sur celui-ci. Une bonne diffusion ne constitue pas, à elle seule, une hypothèse sur les mécanismes du problème.

13. Dans quel ordre le test d’un modèle progresse-t-il vers son déploiement ?

Du terrain expérimental aux conditions ordinaires, puis au laboratoire contrôlé
Du laboratoire contrôlé aux conditions ordinaires, puis au terrain expérimental
Du laboratoire contrôlé au terrain expérimental, puis aux conditions ordinaires
Des conditions ordinaires au laboratoire contrôlé, puis au terrain expérimental

Du laboratoire contrôlé au terrain expérimental, puis aux conditions ordinaires

Explication

Le test progresse du laboratoire contrôlé au terrain expérimental, avant la mise en œuvre dans les conditions ordinaires de la situation problématique. Commencer par les conditions ordinaires inverse les étapes de cette progression.

14. Comment évaluer les effets d’une intervention de façon informative ?

En recueillant les impressions des participants après l’intervention et en les comparant à leurs attentes
En mesurant les ressources consommées et en les comparant aux moyens disponibles
En observant ses effets et, autant que possible, en les comparant à une situation de référence
En vérifiant que les activités prévues ont été réalisées et en les comparant au calendrier initial

En observant ses effets et, autant que possible, en les comparant à une situation de référence

Explication

L’évaluation porte sur les effets de l’intervention et gagne, autant que possible, à les comparer à une situation de référence. Vérifier la réalisation des activités renseigne sur le déroulement, mais pas à elle seule sur leurs effets.

15. Une intervention vise à modifier un comportement : quelle mesure correspond le mieux à cet objectif ?

Le comportement observé, plutôt que les seules intentions déclarées
L’attitude envers le comportement, plutôt que sa fréquence observée
La connaissance des recommandations, plutôt que leur mise en pratique
La satisfaction à l’égard de l’intervention, plutôt que les conduites adoptées

Le comportement observé, plutôt que les seules intentions déclarées

Explication

L’évaluation doit correspondre à l’objectif : si l’intervention vise un comportement, il faut évaluer le comportement lui-même. Une intention déclarée peut être pertinente, mais elle ne se confond pas avec la conduite observée.

16. Quelles étapes caractérisent le transfert d’une intervention dans les pratiques professionnelles ?

Adapter les outils, observer leur utilisation, comparer les équipes et transmettre les résultats aux décideurs
Diffuser des recommandations, vérifier leur lecture, recueillir les avis et attendre leur adoption spontanée
Concevoir des formations, former les professionnels, évaluer les apprentissages et accompagner les changements de pratiques
Présenter les résultats, sélectionner les professionnels motivés, mesurer leur satisfaction et publier les conclusions

Concevoir des formations, former les professionnels, évaluer les apprentissages et accompagner les changements de pratiques

Explication

Le transfert comprend la conception des formations, la formation des professionnels, l’évaluation des apprentissages et l’accompagnement des changements de pratiques. La diffusion de recommandations ne suffit pas à couvrir ces étapes.

17. Une contrainte rencontrée sur le terrain soulève une question qui n’avait pas été étudiée : que révèle cette situation ?

Les contraintes de mise en œuvre indiquent que les connaissances scientifiques ne sont pas utiles au terrain
Le terrain peut faire émerger de nouvelles questions de recherche, tandis que les connaissances scientifiques peuvent l’éclairer
Le terrain sert à appliquer les résultats scientifiques, tandis que les contraintes relèvent d’une étape distincte
Les questions de recherche doivent être établies avant l’intervention et rester indépendantes de sa mise en œuvre

Le terrain peut faire émerger de nouvelles questions de recherche, tandis que les connaissances scientifiques peuvent l’éclairer

Explication

Les contraintes du terrain peuvent susciter de nouvelles questions de recherche, et les connaissances scientifiques peuvent en retour nourrir l’action sur le terrain. Réduire le terrain à une simple application d’une théorie néglige cette interaction.

18. Quelle démarche correspond à l’ingénierie psychosociale ?

Partir d’un problème réel, analyser le terrain, mobiliser les connaissances, tester une solution et en vérifier l’efficacité et la faisabilité
Partir d’un problème réel, choisir une solution disponible, la mettre en œuvre et vérifier son acceptation par les équipes
Partir d’une théorie, sélectionner une intervention standard, la diffuser largement et recueillir les réactions des professionnels
Partir d’une demande de formation, transmettre des connaissances, mesurer leur mémorisation et diffuser les supports

Partir d’un problème réel, analyser le terrain, mobiliser les connaissances, tester une solution et en vérifier l’efficacité et la faisabilité

Explication

L’ingénierie psychosociale est une recherche appliquée qui va de l’analyse d’un problème réel et des contraintes du terrain jusqu’au test, puis à la vérification de l’efficacité et de la faisabilité en situation réelle. Vérifier l’acceptation par les équipes ne remplace pas l’évaluation de ces deux dimensions.

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Comment le praticien-chercheur mobilise-t-il la démarche scientifique dans sa pratique ?

Pour diagnostiquer rigoureusement, choisir des interventions fondées sur des preuves et en évaluer les effets.

Que désigne la commande dans une intervention psychosociale ?

La prestation souhaitée par un commanditaire.

Que désigne la demande dans une intervention psychosociale ?

Les besoins réels, parfois implicites, exprimés par le terrain et les acteurs concernés.

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