Les signes « l’étoile du matin » et « l’étoile du soir » désignent tous deux Vénus, mais n’ont pas le même signifié.
Les signes « licorne » et « le roi de Tahiti » peuvent avoir un signifié sans référent existant.
Les déictiques dont le référent varie selon la situation sont :
Le phénomène du mot sur le bout de la langue montre que le concept peut être accessible alors que la forme du mot ne l’est pas.
Imaginez une feuille : signifiant et signifié en sont les deux faces, tandis que le référent reste hors de la feuille.
★ À maîtriser
📌 L’arbitraire relatif désigne une motivation partielle par composition : « dix-neuf » est motivé par « dix » et « neuf », contrairement à « vingt », tandis que « poirier » est motivé par « poire ». - Saussure
📌 Le lien entre signifiant et signifié est arbitraire, car rien dans le concept « sœur » n’impose la suite de sons /sœʁ/. - Saussure
Compléments
La diversité des langues et le changement linguistique montrent que le lien entre signifiant et signifié n’est pas naturel.
L’effet bouba/kiki correspond à l’association fréquente de « bouba » à une forme arrondie et de « kiki » à une forme anguleuse, dans de nombreuses cultures.
L’arbitraire reste le principe dominant du signe, même si l’iconicité sonore et la motivation relative le nuancent.
Coucou imite un son, mais ouah-ouah et wan-wan rappellent que chaque langue filtre cette imitation.
★ À maîtriser
Compléments
📌 Les langues des signes mobilisent l’espace et la simultanéité, ce qui montre que la linéarité stricte caractérise le canal audio-oral et non le langage en général.
Dans « Le chien mord l’homme », changer l’ordre change qui mord qui.
★ À maîtriser
📌 En anglais, « sheep » désigne l’animal et « mutton » la viande, alors que le français emploie « mouton » pour les deux, ce qui donne à « mouton » et « sheep » des valeurs différentes.
Compléments
📌 En français, « fleuve » et « rivière » sont deux termes distincts, tandis que l’anglais « river » couvre les deux domaines lexicaux.
📌 Le français distingue « savoir » et « connaître », tandis que l’anglais emploie « know » pour les deux domaines, sans que cela prouve que les anglophones ne perçoivent pas cette différence.
Mouton partage son domaine avec sheep et mutton : la valeur dépend des voisins du mot.
📌 « J’ai pris le vélo » à la place de « le bateau » est une erreur paradigmatique de substitution, tandis que « la corge de gorbeau » pour « la gorge de corbeau » est une erreur syntagmatique de permutation de segments présents.
Syntagme = combinaison présente ; paradigme = sélection absente.
★ À maîtriser
📌 Le structuralisme privilégie la langue sur la parole, le système sur le sujet et la synchronie sur l’histoire, au risque de négliger le locuteur réel, la variation, l’usage et le contexte.
Compléments
Parmi les systèmes de signes analysables figurent :
Roland Barthes a mis en œuvre le programme sémiologique, notamment dans « Éléments de sémiologie » (1964), en analysant la mode, la publicité et la photographie avec les outils saussuriens.
L’anthropologie de Lévi-Strauss traite les systèmes de parenté et les mythes comme des langues.
La psychanalyse de Lacan reformule Freud en termes de signifiant.
★ À maîtriser
La valeur d’un terme dépend du découpage lexical propre à sa langue et des oppositions qui structurent son champ, comme l’illustrent les termes de germanité en français et en tahitien.
Les termes tahitiens de germanité désignent : tua'ana, le germain plus âgé de même sexe que le locuteur, teina, le germain plus jeune de même sexe que le locuteur, tuahine, la sœur d’un homme, tuāne, le frère d’une femme
Compléments
Le français oblige à préciser le sexe de la personne désignée, tandis que le tahitien oblige à préciser une relation d’âge et une relation de sexe entre deux personnes.
Traduire fa'a'amu par « adopté », « placé », « confié » ou « élevé par » ne restitue pas entièrement son champ et peut lui attribuer des connotations administratives ou dramatiques absentes du terme tahitien.
L’« intraduisible » ne signifie pas « inexprimable » : presque tout peut être paraphrasé, mais une paraphrase ne correspond pas nécessairement à ce qu’une langue code d’un seul mot.
Les deux axes des relations linguistiques
| Axe | Relations | Exemple |
|---|---|---|
| Syntagmatique | Combinaison in praesentia | Le petit chat |
| Paradigmatique | Sélection in absentia | Petit, gros, vieux, joli |
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1. Dans le modèle de Saussure, quelles deux faces indissociables constituent le signe linguistique ?
2. En analysant le mot « arbre », une étudiante distingue la trace mentale de sa forme sonore du bruit produit quand on le prononce. Quel élément correspond au signifiant ?
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Selon Saussure, de quoi le signe linguistique est-il constitué ?
De deux faces psychiques indissociables : un concept et une image acoustique.
Selon Saussure, qu’est-ce que le signifiant ?
L’image acoustique, soit la trace mentale de la forme sonore, et non le son physique.
Selon Saussure, qu’est-ce que le signifié ?
Le concept, c’est-à-dire la représentation mentale associée au signe.
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