Fiche de révision : Psychologie du développement

Plan du Cours

  1. Horloges et changements développementaux
  2. Évolution et développement de la conscience
  3. Continuité et stades du développement
  4. Origines biologiques et environnementales
  5. Binet et psychologie scientifique
  6. Génome et conceptions de l’inné
  7. Apprentissages et périodes sensibles
  8. Apprentissages préparés et détection
  9. Comportements, genre et langage
  10. Origines du développement moteur
  11. Tonus et émotions
  12. Rythmies et motricité spontanée
  13. Réflexes du nouveau-né
  14. Développement de la posture
  15. Bipédie et évolution humaine
  16. Acquisition de la locomotion
  17. Vision, préhension et latéralité
  18. Gestes et communication précoce

1. Horloges et changements développementaux

Notions clés & Définitions

  • Maturation : Processus séquentiel de changements programmés génétiquement, inscrit dans le corps et ne relevant pas de la pratique ou de l’entraînement.
  • Horloge sociale : Ensemble des expériences culturelles communes et des tranches d’âge associées à des tâches, des attentes et des normes sociales communes.

★ À maîtriser

  • Entre 2003 et 2007, 96 % des publications des meilleures revues scientifiques portaient sur des populations représentant 12 % de la population mondiale.

📌 La conception classique situe l’essor du développement dans l’enfance, associe l’âge adulte à la maturité et le vieillissement au déclin, tandis que la conception vie entière considère que les processus de changement se poursuivent toute la vie.

📌 Un changement quantitatif et continu est progressif, graduel, cumulatif et relativement facile à mesurer, tandis qu’un changement qualitatif et discontinu modifie la nature ou la structure d’une capacité.

Compléments

  • La révolution du deuxième mois correspond au début du sourire du bébé, tandis que celle du neuvième mois marque la naissance des échanges avec autrui.

  • La scolarisation commence généralement entre 5 et 7 ans dans de nombreuses régions du monde et s’accompagne notamment de changements cognitifs.

📌 Les déterminants biologiques et génétiques relèvent de l’inné, tandis que les déterminants environnementaux relèvent de l’acquis et de l’expérience sociale ou physique.

Astuce mémo

L’horloge biologique mûrit, l’horloge sociale organise les âges, l’horloge culturelle varie selon les sociétés

2. Évolution et développement de la conscience

Notions clés & Définitions

  • Phylogenèse : Étude et reconstitution de l’évolution d’une espèce ou d’organismes vivants.
  • Protoconscience : Daniel Dennett, 1942-2024 - Forme élémentaire et originelle de conscience qui sert de base aux évolutions ultérieures.
  • Tropisme : Réaction inconsciente, automatique et irrésistible qui oriente un organisme vers certains stimuli ou l’en éloigne, et qui ne permet pas de modifier le comportement.
  • Êtres popériens : Daniel Dennett, 1942-2024 - Êtres capables de manipuler des concepts abstraits.
  • Êtres grégoriens : Daniel Dennett, 1942-2024 - Êtres qui utilisent des outils et créent une base de connaissances commune.

★ À maîtriser

  • Darwin inclut l’être humain dans la théorie générale de l’évolution et défend une continuité entre l’animal et l’être humain. - Charles Darwin, 1809-1882

  • Pour Darwin, les capacités intellectuelles se perfectionnent graduellement sous l’effet de la sélection naturelle et la différence entre l’intelligence humaine et celle des mammifères supérieurs est une différence de degré, non de nature. - Charles Darwin, 1809-1882

  • Les êtres darwiniens peuvent présenter des comportements complexes génétiquement programmés, mais ils ne sont pas capables d’apprentissage. - Daniel Dennett, 1942-2024

  • Dans la présentation de Dennett, les êtres skinneriens apprennent par conditionnement opérant : les comportements aux résultats positifs sont renforcés et ceux aux résultats néfastes sont inhibés. - Daniel Dennett, 1942-2024

Compléments

  • Darwin s’oppose aux conceptions héritées de Descartes qui défendent une discontinuité radicale entre l’être humain et l’animal. - Charles Darwin, 1809-1882

Astuce mémo

Darwinien → Skinnerien → Popérien → Grégorien : du comportement programmé aux savoirs partagés

3. Continuité et stades du développement

Notions clés & Définitions

  • Permanence de l’objet : Piaget (1896-1980) - Compréhension que les objets existent indépendamment de l’enfant et continuent d’exister même lorsqu’ils ne sont perçus par aucun de ses cinq sens.
  • Ontogenèse : Étude du développement individuel et de ses modifications avec l’âge.
  • Expérience vicariante : Observation d’un individu similaire exécutant une activité, qui fournit une information importante influençant la perception d’auto-efficacité.
  • Tâches développementales : Havighurst, 1948 - Tâches normatives à résoudre à chaque étape de la vie, de manière adaptée ou non adaptée.

★ À maîtriser

  • Bandura et Skinner conçoivent le développement individuel comme continu, avec des changements graduels plutôt que soudains. - Bandura (1925-) & Skinner (1904-1990)

  • Une expérience d’apprentissage par vidéo montre qu’à 10 mois, les bébés peuvent apprendre par observation quel que soit le statut du modèle, bébé ou adulte, et qu’un référent social est important pour cet apprentissage.

📌 Dans le modèle de Piaget, les acquisitions d’un stade inférieur servent de base au stade suivant, aucun stade ne peut être sauté et l’ordre des stades est immuable d’un individu à l’autre. - Piaget (1896-1980)

📌 L’équifinalité désigne des trajectoires différentes conduisant au même résultat, tandis que la multifinalité désigne un même facteur pouvant générer des trajectoires différentes.

Compléments

  • Piaget développe la méthode clinico-critique en interrogeant les enfants sur les raisons de leurs réponses plutôt qu’en se limitant à cocher des cases dans les échelles de Binet et Simon. - Piaget (1896-1980)

  • La permanence de l’objet se développe entre 5 et 12 mois et rend possible l’accès à la représentation. - Piaget (1896-1980)

4. Origines biologiques et environnementales

Notions clés & Définitions

  • Zone proximale de développement : Lev Vygotski, 1896-1934 - Distance entre ce que l’enfant peut réaliser seul et ce qu’il peut réaliser avec une assistance adéquate.
  • Équilibration : Jean Piaget, 1896-1980 - Autorégulation active qui harmonise et dirige les autres facteurs du développement en répondant aux perturbations extérieures par assimilation ou accommodation.

★ À maîtriser

📌 Les facteurs endogènes sont déterminés par des contraintes biologiques ou génétiques, tandis que les facteurs exogènes proviennent de l’expérience et de l’environnement social ou physique.

  • Selon Gesell, la maturation biologique joue un rôle exclusif dans le développement moteur et perceptif de l’enfant, et le milieu permet seulement l’expression des comportements.

  • La perspective environnementaliste considère que la maturation fournit les fondations du développement, mais que ses causes majeures sont exogènes et que l’apprentissage en est le mécanisme principal.

  • Dans la perspective interactionniste de Piaget, la maturation est une condition nécessaire à certains comportements, mais ne suffit pas à expliquer tous les changements développementaux. - Jean Piaget, 1896-1980

Compléments

  • Pour Piaget, l’expérience et l’apprentissage social agissent par le filtre du système cognitif et nécessitent une assimilation active par l’enfant. - Jean Piaget, 1896-1980

  • Piaget distingue quatre facteurs du développement mental (Jean Piaget, 1896-1980) :

    • La maturation
    • L’expérience
    • Les interactions et transmissions sociales
    • L’équilibration

📌 L’assimilation ajoute une expérience à ce que l’enfant sait déjà, tandis que l’accommodation adapte ce qu’il sait déjà. - Jean Piaget, 1896-1980

  • Selon Vygotski, l’héritage biologique et l’environnement ont des effets différents selon l’organisation sociale, elle-même liée aux générations antérieures et à l’histoire du groupe de l’enfant. - Lev Vygotski, 1896-1934

Astuce mémo

Gesell privilégie la maturation ; Piaget fait interagir maturation, expérience et équilibration

5. Binet et psychologie scientifique

★ À maîtriser

  • Alfred Binet a contribué à une approche scientifique de l’éducation et a élaboré une échelle métrique de l’intelligence à la demande de l’Éducation nationale pour repérer les enfants présentant une déficience intellectuelle.

  • Binet considérait que la personne ayant une déficience mentale raisonne comme les autres, mais avec un retard, ce qui renvoie à la notion d’âge mental.

Compléments

  • Binet s’opposait à une classification strictement médicale des enfants et défendait une démarche de terrain fondée sur l’induction plutôt que l’expérimentation de chambre. - Alfred Binet

  • Le test de Binet de 1908 est présenté comme un précurseur des tests actuels, et ses travaux s’inscrivent dans la continuité des lois Ferry et de l’instruction pour tous.

  • Aux États-Unis, des tests d’intelligence ont été utilisés à Ellis Island pour évaluer les immigrés dans une perspective eugéniste.

6. Génome et conceptions de l’inné

★ À maîtriser

  • Les conceptions de l’inné associent les comportements à l’instinct, à la nature ou à une programmation biologique et prédisent leur caractère commun et uniforme au sein d’une espèce, tandis que les conceptions de l’acquis les associent à l’environnement, à l’apprentissage et à la culture.

  • Une corrélation est une relation apparente entre deux variables, tandis qu’une causalité est une relation causale établie entre elles.

  • Une cause proximale explique comment un stimulus déclenche une réponse comportementale, tandis qu’une cause ultime explique pourquoi un comportement s’inscrit dans la théorie de l’évolution.

Compléments

  • Le Projet Génome Humain a été finalisé le 14 avril 2003 afin de déterminer la séquence du génome humain.

  • Le projet ENCODE a commencé en septembre 2003 pour déterminer ce que fait le génome.

  • Une cellule humaine diploïde nucléée contient environ 2 mètres d’ADN et le génome humain comprend environ 20 000 gènes codant des protéines.

  • Le libre arbitre désigne l’autodétermination et le contrôle de sa pensée, même si les gènes et l’environnement influencent le comportement.

  • Chomsky soutient que les humains naissent avec une prédisposition innée à la grammaire et que les règles fondamentales du langage sont inscrites dans les gènes. - Noam Chomsky, 1928-

  • Dans la conception empiriste d’Aristote, l’esprit naît vierge et est formé par l’expérience seule.

  • Matt Ridley affirme que la nature contrôle l’expression des gènes plutôt que les gènes ne contrôlent la nature.

  • Chez les oiseaux, l’allongement des jours augmente l’exposition à la lumière, qui stimule l’hypophyse et la production d’hormones déclenchant le chant et la reproduction.

  • La reproduction printanière des oiseaux est favorisée par l’abondance de nourriture et les conditions météorologiques modérées, qui laissent aux jeunes le temps de se remplumer et d’apprendre à voler avant l’hiver.

7. Apprentissages et périodes sensibles

Notions clés & Définitions

  • Empreinte : Mise en place définitive d’un lien entre un déclencheur extérieur et un comportement instinctif.

★ À maîtriser

  • Dans l’expérience de Harlow menée avec 8 singes élevés en captivité, les petits préféraient s’agripper à la mère en tissu chaude plutôt qu’à la mère en grillage, même lorsque cette dernière fournissait le lait.

  • Les résultats de Harlow soutiennent l’existence d’une préférence innée pour le confort et la chaleur maternels, essentiels au bon développement des bébés singes.

  • Dans le conditionnement de Pavlov, les chiens salivent lorsque la clochette est présentée sans nourriture après avoir été associée à la nourriture.

  • Les oies apprennent le comportement d’escorte entre 15 heures et 3 jours après l’éclosion, et ne l’apprennent pas avant ou après cette période.

Compléments

  • Le conditionnement peut durablement modifier un comportement, mais il est réversible en fonction de l’environnement.

  • Chez les drosophiles, l’apprentissage du vol conditionné par une odeur dépend de gènes d’apprentissage, dont un des 17 gènes CREB.

  • Pour que l’apprentissage d’un comportement associé à une période sensible se déclenche, l’environnement doit solliciter les gènes pendant cette période.

Astuce mémo

Harlow : confort ; Pavlov : association ; Lorenz : fenêtre sensible

8. Apprentissages préparés et détection

★ À maîtriser

  • Les bébés singes élevés en laboratoire ne craignent pas spontanément les serpents, mais ils acquièrent cette peur en observant la réaction effrayée de leur mère sauvage.

  • Dans les expériences vidéo de Mineka, la réaction maternelle violente à des serpents entraîne une peur immédiate et durable des serpents, tandis que la réaction violente à des fleurs n’induit pas de peur correspondante.

Compléments

  • Chez les bébés singes, l’observation d’une mère réagissant à un serpent peut déclencher immédiatement et durablement la peur, même en l’absence ultérieure de la mère ou face à un serpent en plastique.

  • La vitesse de détection des serpents a été observée comme supérieure à celle de n’importe quel autre objet, mais cette hypothèse est contestée par des résultats indiquant une détection aussi rapide pour des peurs non phylogénétiques comme les armes à feu.

  • En France, le cours rapporte 3 190 morts dans des accidents de la route en 2024 et 0 à 3 décès par an dus aux morsures de serpent.

Astuce mémo

La peur des serpents s’apprend rapidement ; la peur des fleurs ne suit pas ce même apprentissage

9. Comportements, genre et langage

★ À maîtriser

  • Le gène FOXP2 est nécessaire pour parler et reconnaître la grammaire ou la syntaxe, mais son existence ne suffit pas à acquérir le langage, qui nécessite un apprentissage pendant une période sensible située entre 2 et 12 ans.

  • Dans l’étude sur MAOA-L, un environnement maltraitant associé à une activité faible du gène est lié à un niveau d’agressivité quatre fois supérieur à celui associé à une activité élevée.

📌 La version inactive de MAOA-L ne suffit pas à entraîner la violence : la maltraitance est également nécessaire, et la maltraitance seule ne conduit pas non plus systématiquement à la violence.

Compléments

  • À la sixième semaine du développement, le gène SRY situé sur le chromosome Y commande la masculinisation et la production de testostérone.

  • À la puberté, la testostérone participe au développement de caractéristiques sexuelles secondaires :

    • La carrure
    • La pilosité
    • La voix grave
    • La musculature
  • Une étude a suivi 442 garçons jusqu’à l’âge adulte et rapporte que 8 % ont été sévèrement maltraités entre 3 et 11 ans, tandis que 28 % ont probablement été maltraités.

  • Les jeunes garçons maltraités pendant l’enfance deviennent souvent des adultes violents, mais ce résultat ne concerne pas tous les enfants maltraités.

  • Chez les Yanomami, les leaders n’ont pas le statut de chefs et les hommes ayant tué davantage d’hommes ont davantage de partenaires sexuels.

10. Origines du développement moteur

Notions clés & Définitions

  • Systèmes dynamiques : Selon Thelen, le développement moteur émerge d’interactions ordonnées entre cerveau, corps et environnement et progresse par une succession d’états plus ou moins stables.
  • Motricité fonction-spécifique : Selon Bernstein (1896-1966), le contrôle du mouvement dépend du sujet, de la tâche et de l’environnement ; une même action peut donc mobiliser différemment le système musculaire selon les conditions.

★ À maîtriser

📌 Pour Gesell (1880-1961), le développement moteur est principalement programmé par la maturation du système nerveux central, qui organise des étapes communes à tous.

📌 Pour Skinner (1904-1990), le développement moteur résulte de l’apprentissage et du renforcement positif, tandis que le cerveau et la biologie sont les effecteurs du mouvement.

  • Dans l’étude de McGraw sur Jimmy et Johnny, l’entraînement et la stimulation de Johnny ne modifient pas son développement moteur pendant la première année, mais ses progrès ultérieurs montrent un effet de l’environnement ; Jimmy, pourtant plus développé à la naissance, apprend ensuite plus facilement.

Compléments

  • Pour Gesell, les réflexes primitifs constituent le socle du développement moteur ultérieur.

  • Dans l’hospitalisme décrit après-guerre, des enfants séparés de leur mère pendant leurs trois premiers mois, malgré la satisfaction de leurs besoins primaires, présentent une carence affective importante et notamment une perte d’appétit et de poids, du retrait, de l’insomnie, une mobilité peu développée, une rigidité faciale et des mouvements atypiques des doigts.

Astuce mémo

Gesell met l’accent sur la maturation ; Skinner sur l’apprentissage renforcé.

11. Tonus et émotions

Notions clés & Définitions

  • Affordance : Selon Gibson (1977), une affordance est une possibilité d’action motrice détectée par l’individu et dépendant des propriétés physiques de l’objet ainsi que des caractéristiques morphologiques et des possibilités d’action de celui qui le perçoit.
  • Tonus : Le tonus est un état de tension musculaire permanent mais variable en intensité, qui sous-tend la fonction posturale et accompagne les émotions par des modifications toniques (Wallon, 1956).

★ À maîtriser

📌 À la naissance, les capacités perceptives renseignent déjà l’enfant sur son environnement, tandis que les capacités posturales, locomotrices et de préhension restent limitées.

📌 Pour James (1884), les modifications corporelles précèdent l’expérience émotionnelle, tandis que pour Cannon (1929), l’interprétation cérébrale de la situation crée l’émotion qui entraîne le mouvement.

Compléments

📌 La motricité à fonction effectrice transporte le corps ou les objets, tandis que la motricité à fonction expressive sert à communiquer et à exprimer des émotions.

  • Le contrôle musculaire suit une loi céphalo-caudale, progressant de la tête vers les pieds, puis une loi proximo-distale, progressant du centre du corps vers la périphérie.

  • La reproduction de configurations corporelles associées à des émotions peut susciter les émotions correspondantes, indiquant qu’une action sur le tonus musculaire peut modifier l’état émotionnel.

  • Dans le Pen Study, les sujets tenant un crayon entre les dents, ce qui active les muscles du sourire, jugent un dessin animé plus drôle que ceux qui le tiennent entre les lèvres.

  • Selon Wallon (1956), le dialogue tonique mère-bébé associe le manque alimentaire à un état hypertonique avec réactions musculaires et pleurs, puis la satisfaction du besoin à un état hypotonique de détente.

Astuce mémo

James : le corps précède l’émotion ; Cannon : l’interprétation cérébrale la précède.

12. Rythmies et motricité spontanée

Notions clés & Définitions

  • Rythmies : Les rythmies sont des mouvements répétitifs, apparaissant dès la première semaine de vie et durant environ une seconde, comme l’ouverture et la fermeture des mains, le balancement ou les mouvements de pédalage des pieds.
  • Mouvements généraux : Les mouvements généraux sont des mouvements spontanés complexes mobilisant tous les segments corporels, présents du début de la vie fœtale jusqu’à l’âge de 3–4 mois et importants pour la survie et l’adaptation.
  • Amyotrophie spinale : L’amyotrophie spinale, ou SMA, est une maladie génétique rare qui provoque la dégénérescence progressive des neurones moteurs et une perte rapide des capacités à bouger, s’asseoir puis respirer ; sans traitement, l’espérance de vie est de 2 ans.

★ À maîtriser

  • Les mouvements généraux se succèdent selon trois types :

    • Préterme : mouvements très variés, surtout du tronc, avant 36–38 semaines in utero
    • Writhing : mouvements plus lents et plus puissants, entre 36–38 semaines et 6–8 semaines après terme
    • Fidgety : petits mouvements élégants de tout le corps, entre 6–8 semaines et 3–4 mois
  • Des mouvements franchement anormaux après 6 semaines sont associés à un risque d’infirmité motrice cérébrale de 70 %, qui atteint 98 % après 2 mois.

Compléments

  • Les rythmies ont plusieurs fonctions : interactions et expression émotionnelle en réponse à l’entourage, autostimulation des systèmes perceptifs, actes immatures précurseurs des actions motrices ultérieures

  • L’évaluation des mouvements généraux s’appuie sur leur variation, leur complexité et leur fluidité, en considérant leur organisation globale plutôt que des segments corporels isolés.

  • L’amyotrophie spinale a une prévalence d’un cas pour 6 000 naissances et est intégrée au dépistage néonatal systématique en France depuis 2025.

Astuce mémo

Préterme → writhing → fidgety : des mouvements variés vers des mouvements plus petits et élégants.

13. Réflexes du nouveau-né

Notions clés & Définitions

  • Réflexe : Réaction involontaire déclenchée par une stimulation externe, innée, non intentionnelle et rigide dans sa forme et son déroulement.

★ À maîtriser

📌 La perspective maturationniste explique la disparition de la marche réflexe par l’inhibition sous-corticale lors de la maturation corticale, tandis que Thelen (1984) l’associe notamment à l’augmentation de la masse adipeuse des membres inférieurs ; l’immersion, qui réduit l’effet de la pesanteur, peut faire réapparaître la marche.

Compléments

📌 Les réflexes du nourrisson sont des indices du fonctionnement neurologique et peuvent être adaptatifs, comme la succion, ou primitifs, comme la marche automatique.

  • La succion comporte trois composantes coordonnées :

    • pression à l’avant de la bouche
    • traction du dos de la langue
    • aspiration vers l’œsophage
  • Le réflexe de fouissement conduit le nouveau-né placé sur le ventre de sa mère après l’accouchement à ramper vers le sein et à chercher le mamelon.

  • La stimulation douce de la peau au coin de la bouche déclenche les points cardinaux et le réflexe de recherche, qui orientent le bébé vers la source de stimulation et contribuent à la recherche du sein.

  • Le réflexe de pré-atteinte consiste à tendre la main vers un objet attirant, avec une fermeture souvent trop précoce ou trop tardive ; vers 2–3 mois, il se transforme en atteinte contrôlée par la vue.

  • Le réflexe de Babinski est déclenché par la stimulation de la plante du pied et provoque une extension du gros orteil accompagnée d’un déploiement des autres orteils ; cette réponse est normale chez le nourrisson et disparaît généralement entre 12 et 24 mois, tandis que sa présence au-delà de cet âge peut indiquer une lésion de la voie motrice pyramidale.

  • Le réflexe d’agrippement palmaire se déclenche lorsqu’on presse le pouce dans la paume et ferme les doigts, tandis que le réflexe plantaire se déclenche lorsqu’on presse le pouce contre la base des orteils et fléchit ceux-ci.

  • Le réflexe de Moro, déclenché par un bruit fort ou une sensation de chute, provoque l’ouverture brusque des bras et des jambes puis leur fermeture autour du corps ; il disparaît vers 3 mois.

  • Le réflexe de marche automatique consiste en des mouvements alternés des jambes lorsque l’enfant est tenu en position verticale et disparaît vers 2 mois.

  • Les réflexes archaïques observés comme intacts comprennent :

    • points cardinaux
    • succion
    • réflexe de Moro

Astuce mémo

Maturationnistes : le cortex inhibe les réflexes ; Thelen : le corps change et reconfigure le mouvement.

14. Développement de la posture

★ À maîtriser

  • Le développement postural progresse du maintien de la tête vers 3–5 mois à la station assise vers 6–8 mois, puis à la station debout vers 9–12 mois.

📌 Les postures symétriques sont associées à la défense, à la vigilance et à l’antigravité ; les postures asymétriques favorisent l’exploration, l’adaptation perceptive et les interactions.

Compléments

  • À la naissance, le bébé présente une forte hypotonie du tronc et une hypertonie des extrémités, ce qui favorise la captation des objets par la bouche et l’exploration de l’espace buccal.

  • Dans la posture asymétrique dite de l’escrimeur, le côté vers lequel la tête est tournée est plus tonique, le bras correspondant est en extension et la main se trouve dans la zone de vision focale.

  • Avant que la rotation du buste soit installée, la bouche sert de relais pour transférer un objet d’une main à l’autre, contribuant à la fusion des espaces en un espace de préhension unifié.

Astuce mémo

Tête à 3–5 mois, assise à 6–8 mois, debout à 9–12 mois.

15. Bipédie et évolution humaine

★ À maîtriser

📌 La théorie de la savane d’East Side Story de Coppens (1994) relie la bipédie au changement climatique et à l’apparition de la savane, mais Coppens l’a récusée depuis 2003 ; la théorie du relief de Winder (2013) l’associe aux terrains accidentés, tandis que Deloison (1999) propose le maintien d’une bipédie ancestrale dans la lignée humaine.

Compléments

  • La bipédie procure un gain énergétique par rapport à la locomotion quadrupède : l’humain consomme un quart de l’énergie nécessaire aux chimpanzés pour se déplacer sur deux ou quatre pattes, et Sapiens est configuré pour parcourir environ 25 km par jour.

  • La bipédie libère les mains pour l’usage d’outils, mais impose des contraintes au squelette, notamment à la colonne vertébrale, et s’accompagne d’un rétrécissement de l’écart des hanches chez les femmes, d’une augmentation de la taille du crâne des bébés et d’accouchements plus précoces.

  • Les traces de Laetoli, en Tanzanie, attestent une locomotion bipède de trois hominidés datant de 3,7 millions d’années.

📌 Deloison (2004) propose que l’être humain ne descende pas d’un primate arboricole, en s’appuyant sur la main humaine qui n’aurait jamais été une patte et sur le pied spécialisé pour la marche bipède ; selon la loi de Dollo, l’évolution est irréversible et un organisme ne revient pas exactement à un état ancestral antérieur.

  • Selon Wolff (1952), la marche a libéré les deux mains de leur fonction locomotrice, permettant le maniement d’outils et contribuant ainsi au développement d’un cerveau complexe.

16. Acquisition de la locomotion

★ À maîtriser

  • Une locomotion adaptée permet de : anticiper les événements prévisibles, réagir rapidement aux événements imprévisibles, minimiser le coût énergétique de l’action

📌 Le principe d’économie conduit à sélectionner le patron moteur qui minimise l’énergie dépensée, et la longueur et la fréquence préférées des pas sont celles qui consomment le moins d’énergie par rapport aux possibilités imposées.

  • L’acquisition de la marche bipède passe par une intégration de la posture et du mouvement avec apprentissage des contraintes, puis par une phase d’ajustement qui se poursuit pendant les 5 à 6 premières années de marche indépendante.

Compléments

  • Après quatre semaines de déplacement à quatre pattes, le même patron moteur en diagonale est adopté ; ce mode de locomotion émergerait de l’interaction entre tâche, organisme et environnement plutôt que d’un programme génétique fixe.

  • L’exploration de locomotions variées est associée à une acquisition plus précoce de la marche à quatre pattes, et les mouvements répétitifs de la première année peuvent constituer un comportement exploratoire (Thelen, 1979).

📌 Le quatre-pattes n’est pas un prérequis des fonctions cognitives : 7 % des enfants ne passent pas par cette étape, et les sources citées ne montrent pas d’effet négatif établi du type de locomotion sur le développement psychomoteur et langagier.

  • Le cabotage apparaît dès 9 mois comme une étape intermédiaire entre le quatre-pattes et la marche ; il mobilise les bras, les jambes et le torse, est plus lent que le quatre-pattes et nécessite un support.

  • À 8 ans, la marche présente les caractéristiques de la marche adulte.

  • L’exercice moteur automatise l’action, diminue son coût cognitif, réduit l’activité frontale lorsque l’habileté est automatisée et enrichit la mémoire procédurale pour l’apprentissage de nouvelles compétences.

  • Dans la communauté Au de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les enfants sont portés environ 86 % du temps, ne rampent pas et se déplacent sur les fesses lorsqu’ils sont déposés avant d’apprendre à marcher.

Astuce mémo

Explorer plusieurs patrons moteurs → sélectionner celui qui minimise le coût énergétique.

17. Vision, préhension et latéralité

★ À maîtriser

  • La marche autonome des enfants aveugles complets est retardée, avec un âge médian de 22–24 mois et des écarts pouvant atteindre 30–32 mois chez les enfants sans atteinte motrice ; la coordination audition-préhension précède cette acquisition.

  • La préhension est préfigurée à la naissance par des mouvements de pré-atteinte lorsque le bébé est éveillé et tenu verticalement ; la vision du déplacement des segments corporels n’est pas nécessaire à l’apparition de ces mouvements.

Compléments

  • Les enfants aveugles marchent de façon asymétrique, en avançant un pied puis en ramenant l’autre sans le dépasser ; le double appui, particulièrement important lorsqu’ils marchent seuls, favorise la stabilité mais ralentit leur allure.

  • Une référence auditive fixe améliore la vitesse et la souplesse de la marche des enfants aveugles.

  • Lorsqu’ils se déplacent seuls sur un parcours de 100 m, les sujets aveugles ralentissent leur marche par rapport à leur vitesse préférée, réduisent la longueur de leurs pas et augmentent leur durée.

  • Dans les déplacements sans vision, des repères distants permettent d’élaborer une trajectoire, tandis que des repères proximaux peuvent conduire à tourner en rond.

  • La prise volontaire évolue de la prise cubito-palmaire vers 6 mois à la prise radio-palmaire vers 8 mois, puis à la pince vers 12 mois, âge où le bébé adapte aussi sa prise aux caractéristiques de l’objet.

  • La fréquence des mouvements spontanés du fœtus est plus élevée avec la main droite, et une étude longitudinale de 75 fœtus a trouvé 60 latéralités droites et 15 gauches ; à 12 ans, les 60 enfants initialement droitiers étaient droitiers et 10 des 15 enfants initialement gauchers étaient gauchers.

  • Les tâches bimanuelles constituent un meilleur indicateur de latéralité que les tâches unimanuelles, qui peuvent être influencées par le positionnement de l’objet ; l’utilisation de la main droite augmente pour les tâches bimanuelles et difficiles.

  • Chez les bébés aveugles, l’activité manuelle spontanée est très faible malgré des réflexes d’agrippement normaux ; la coordination audition-préhension apparaît vers 12–13 mois, contre 4–6 mois pour la coordination vision-préhension.

  • Chez les aveugles précoces, les aires visuelles peuvent être colonisées pour le traitement des informations tactiles, et les zones corticales de projection des doigts s’élargissent chez les bons lecteurs de braille.

  • Les bébés aveugles recherchent un objet tombé et devenu imperceptible vers 16 mois, contre 6–7 mois chez les bébés voyants.

18. Gestes et communication précoce

★ À maîtriser

  • Le pointage soutient la communication, tandis que l’attention conjointe consiste à partager un événement avec autrui en alternant son attention entre un objet et une personne.

Compléments

  • Ces échanges mobilisent notamment :
    • pointage
    • attention conjointe
    • émotions partagées
    • empathie

Tableaux de synthèse

Perspectives sur le développement

PerspectiveFacteur principalRôle du milieu
BiologiqueMaturation biologiquePermet l’expression des comportements
EnvironnementalisteExpérience et apprentissageCause majeure du développement
InteractionnisteMaturation et expérienceAgit par assimilation et équilibration
CulturalisteOrganisation sociale et cultureStructure les effets de l’héritage et de l’environnement

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Psychologie du développement avec 42 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Un étudiant compare les conceptions de Bandura et Skinner à la définition de l’ontogenèse et à l’apprentissage par observation. Quelles propositions sont exactes ?

2. Chez une personne, la taille augmente progressivement et une capacité change ensuite de structure ; concernant ces changements et leurs déterminants :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Psychologie du développement avec 95 flashcards interactives.

Qu’est-ce que la maturation ?

Un processus séquentiel de changements programmés génétiquement et inscrits dans le corps, indépendant de la pratique ou de l’entraînement.

Que désigne l’horloge sociale ?

Les expériences culturelles communes et les tranches d’âge associées à des tâches, attentes et normes sociales communes.

Quelle part des publications des meilleures revues scientifiques, entre 2003 et 2007, portait sur 12 % de la population mondiale ?

96 %.

Voir les flashcards →

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