QCM : Sociologie de l’action publique en santé — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle transformation caractérise l’évolution de la santé publique entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle ?

Elle passe d’une lutte contre les foyers infectieux à une priorité donnée aux maladies héréditaires
Elle passe d’une prise en charge hospitalière à une suppression des mesures contre les contagions
Elle passe d’une prévention coercitive des épidémies à des politiques hygiénistes et sociales
Elle passe d’une éducation sanitaire à une surveillance fondée sur la responsabilité individuelle

Elle passe d’une prévention coercitive des épidémies à des politiques hygiénistes et sociales

Explication

Cette période voit le passage progressif de mesures coercitives contre les épidémies vers l’hygiénisme, les politiques sociales et la lutte contre les foyers de contagion. L’hygiénisme ne supprime donc pas la lutte contre les contagions, mais l’inscrit dans une compréhension plus sociale des maladies.

2. Quelle formulation définit le mieux l’éducation sanitaire selon P. Delore en 1942 ?

Mesurer l’état sanitaire, classer les populations vulnérables et organiser la prise en charge hospitalière
Parler davantage de la santé, expliquer comment la conserver et développer une mentalité de santé
Présenter les traitements médicaux, rappeler les risques individuels et orienter vers les établissements de soins
Décrire les maladies infectieuses, imposer des comportements préventifs et surveiller les personnes exposées

Parler davantage de la santé, expliquer comment la conserver et développer une mentalité de santé

Explication

Pour P. Delore, l’éducation sanitaire met l’accent sur la santé, sa conservation et le développement d’une « mentalité de santé ». Elle ne se réduit donc ni à la description des maladies ni à la surveillance des populations.

3. Quel objectif principal les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 assignent-elles au régime général de la Sécurité sociale ?

Transférer aux individus la responsabilité financière de leur vieillesse
Garantir la gratuité de toutes les consultations médicales courantes
Protéger les travailleurs et leurs familles contre plusieurs risques sociaux
Organiser les campagnes nationales contre les maladies infectieuses

Protéger les travailleurs et leurs familles contre plusieurs risques sociaux

Explication

Les ordonnances de 1945 instaurent un régime général couvrant notamment la maladie, la vieillesse, la maternité et les charges familiales pour les travailleurs et leurs familles. Elles fondent donc une protection contre plusieurs risques sociaux, plutôt qu’un simple dispositif de prévention sanitaire.

4. Quelle affirmation correspond au Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 concernant la santé ?

La protection de la santé devient un devoir de l’État
La protection de la santé relève principalement des assurances professionnelles
La protection de la santé est limitée aux personnes atteintes d’une maladie grave
La protection de la santé dépend de l’adhésion à un régime de prévoyance

La protection de la santé devient un devoir de l’État

Explication

Le Préambule de 1946 garantit la protection de la santé et l’établit comme un devoir de l’État. Cette reconnaissance n’efface toutefois pas le rôle de la volonté individuelle dans l’entretien de la santé.

5. Selon la définition de l’OMS adoptée en 1952, que vise la santé publique ?

Soigner les malades, développer les hôpitaux et financer les traitements par une action administrative
Identifier les maladies transmissibles, isoler les personnes infectées et interrompre les chaînes de contagion
Prévenir les maladies, prolonger la vie et améliorer la santé par une action collective concertée
Réduire les dépenses médicales, responsabiliser les patients et contrôler les comportements à risque

Prévenir les maladies, prolonger la vie et améliorer la santé par une action collective concertée

Explication

L’OMS définit la santé publique comme la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé et la vitalité mentale et physique grâce à une action collective concertée. La définition dépasse donc l’organisation des soins ou le seul contrôle des contagions.

6. Quelle évolution de la conception de la maladie chronique apparaît depuis les années 1970 ?

L’individu est davantage considéré comme l’auteur de sa maladie par ses comportements
L’individu est davantage considéré comme le destinataire de mesures coercitives contre les épidémies
L’individu est davantage considéré comme le bénéficiaire passif d’une protection hospitalière
L’individu est davantage considéré comme le terrain biologique d’une maladie indépendante de ses choix

L’individu est davantage considéré comme l’auteur de sa maladie par ses comportements

Explication

Depuis les années 1970, les comportements individuels sont davantage associés à l’apparition des maladies chroniques, ce qui fait de l’individu un acteur de sa maladie. Cette conception se distingue de l’idée antérieure de l’individu surtout considéré comme le terrain de la maladie.

7. Qu'affirme la Charte d’Ottawa de 1986 à propos de la promotion de la santé ?

Elle dépasse les soins et mobilise les responsables politiques de tous les secteurs
Elle privilégie la contrainte individuelle pour réduire les comportements à risque
Elle renforce les soins curatifs en concentrant l’action sur le traitement des symptômes
Elle réserve la prévention aux professionnels de santé intervenant auprès des patients

Elle dépasse les soins et mobilise les responsables politiques de tous les secteurs

Explication

La Charte d’Ottawa affirme que la promotion de la santé ne se limite pas aux soins et qu’elle engage les responsables politiques de tous les secteurs. Elle se distingue ainsi d’une logique curative centrée sur le traitement médical.

8. Quelle transformation du rôle de l’usager est associée à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades ?

L’usager devient un acteur de sa propre santé
L’usager devient un observateur éloigné des choix thérapeutiques
L’usager devient un bénéficiaire guidé par les seules décisions professionnelles
L’usager devient un financeur chargé d’organiser les établissements

L’usager devient un acteur de sa propre santé

Explication

Cette loi reconnaît à l’usager une place active dans sa santé et dans les décisions qui le concernent. Cette conception se distingue de celle du patient passif, soumis aux seules décisions des professionnels.

9. Quelle évolution caractérise les politiques françaises de santé depuis les années 2000 ?

Un renforcement de la planification, de l’agencification et de la modernisation publique
Une diminution de la coordination au profit d’initiatives professionnelles isolées
Un remplacement des institutions sanitaires par des actions de prévention communautaire
Une réduction des politiques nationales au profit de décisions exclusivement locales

Un renforcement de la planification, de l’agencification et de la modernisation publique

Explication

Depuis les années 2000, l’action publique en santé s’appuie davantage sur la planification, les agences et la modernisation administrative. La prévention communautaire repose plutôt sur la participation des populations et ne se confond pas avec cette organisation institutionnelle.

10. Quel ensemble d’orientations appartient à la nouvelle santé publique ?

Organiser les traitements individuels, écarter les professionnels et fragmenter les prises en charge
Développer les soins curatifs, réduire l’implication des usagers et cloisonner les parcours
Prioriser les actes hospitaliers, limiter la prévention et déléguer les décisions aux experts
Prévenir les maladies chroniques, responsabiliser les acteurs et coordonner les soins

Prévenir les maladies chroniques, responsabiliser les acteurs et coordonner les soins

Explication

La nouvelle santé publique associe la prévention des maladies chroniques, la responsabilisation des usagers et des professionnels, ainsi que la coordination des parcours. Les autres propositions inversent ou affaiblissent ces orientations.

11. Une campagne de vaccination destinée à empêcher l’apparition d’une maladie relève de quel niveau de prévention ?

La prévention quaternaire
La prévention secondaire
La prévention tertiaire
La prévention primaire

La prévention primaire

Explication

La prévention primaire intervient avant l’apparition du problème de santé, notamment grâce à la vaccination ou à l’activité physique. Le dépistage précoce relèverait plutôt de la prévention secondaire.

12. Quel est l’objectif principal d’un dépistage réalisé à un stade précoce d’un cancer ?

Éviter toute apparition future de la maladie dans la population
Réduire la durée ou la progression du problème détecté
Protéger les patients contre les interventions et diagnostics superflus
Limiter les handicaps liés à une maladie chronique déjà installée

Réduire la durée ou la progression du problème détecté

Explication

La prévention secondaire agit lorsqu’un problème est déjà présent à un stade précoce afin d’en limiter la durée ou la progression. La réduction du handicap d’une maladie chronique installée correspond à la prévention tertiaire.

13. Chez une personne présentant des complications chroniques du diabète, quelle action relève de la prévention tertiaire ?

Éviter une intervention invasive chez une personne exposée à la surmédicalisation
Empêcher l’apparition initiale du diabète par une vaccination
Réduire le handicap fonctionnel lié aux complications
Repérer un diabète encore asymptomatique grâce à un dépistage

Réduire le handicap fonctionnel lié aux complications

Explication

La prévention tertiaire cherche à réduire les effets d’un problème chronique installé, notamment en minimisant le handicap fonctionnel. Le dépistage correspond à la prévention secondaire, tandis que la protection contre la surmédicalisation relève de la prévention quaternaire.

14. Quelle situation illustre la prévention quaternaire ?

Protéger un patient exposé à la surmédicalisation contre un acte invasif inutile
Réduire les séquelles fonctionnelles d’une maladie chronique
Dépister précocement une tumeur pour limiter sa progression
Vacciner une personne saine afin d’éviter l’apparition d’une infection

Protéger un patient exposé à la surmédicalisation contre un acte invasif inutile

Explication

La prévention quaternaire identifie les personnes exposées à la surmédicalisation ou à la iatrogénie afin d’éviter des interventions invasives et des surdiagnostics. Le dépistage précoce relève de la prévention secondaire.

15. Quel objet correspond à la sociologie des organisations appliquée aux systèmes de santé ?

L’élaboration des politiques sanitaires et leurs effets collectifs sur la population
L’organisation des systèmes, leurs acteurs, leur financement et l’accès aux soins
La santé globale des populations dans ses dimensions curative et sociale
La reconnaissance de la vie comme bien suprême dans les politiques sanitaires

L’organisation des systèmes, leurs acteurs, leur financement et l’accès aux soins

Explication

La sociologie des organisations étudie le fonctionnement concret des systèmes de santé, leurs acteurs, leur financement et la régulation de l’accès aux soins. L’élaboration des politiques et leurs effets collectifs appartiennent plutôt à la sociologie des politiques publiques.

16. Dans une démarche bottom-up en santé publique, quelle place est accordée aux acteurs ?

Les autorités définissent l’action avant toute remontée des besoins locaux
Les établissements appliquent des règles financières sans consultation des usagers
Les acteurs de terrain et les populations participent davantage à l’action
Les professionnels remplacent les populations dans la définition des priorités

Les acteurs de terrain et les populations participent davantage à l’action

Explication

Une démarche bottom-up accorde une importance accrue aux acteurs de terrain et aux populations dans la construction de l’action publique. Une démarche top-down part plutôt des autorités et descend vers les niveaux d’exécution.

17. Que cherche principalement à analyser la sociologie de la santé publique ?

La conception technique des traitements et l’évaluation biologique des médicaments
Les seules relations individuelles entre patients et professionnels de santé
Le fonctionnement administratif des établissements et la répartition de leurs financements
La santé globale des populations dans ses dimensions curative, préventive, éducative et sociale

La santé globale des populations dans ses dimensions curative, préventive, éducative et sociale

Explication

La sociologie de la santé publique considère la santé globale des populations sous ses dimensions curative, préventive, éducative et sociale. L’analyse de l’organisation, du financement et de la régulation des systèmes relève davantage de la sociologie des organisations.

18. Quelle définition correspond à l’action publique selon Thoenig ?

Une procédure juridique permettant de transformer une difficulté sociale en obligation réglementaire pour l’État
Un dispositif de mobilisation collective visant à rendre visibles les revendications de groupes sociaux organisés
Une intervention administrative destinée à appliquer les décisions prises par les autorités sanitaires compétentes
Un ensemble de relations, pratiques et représentations qui régulent légitimement les rapports sociaux liés à un problème public

Un ensemble de relations, pratiques et représentations qui régulent légitimement les rapports sociaux liés à un problème public

Explication

L’action publique désigne l’ensemble des relations, pratiques et représentations qui contribuent à produire des modes légitimés de régulation des rapports sociaux liés à un problème public. La mobilisation collective peut y participer, mais elle ne suffit pas à définir toute l’action publique.

19. Une nuisance d’abord vécue par quelques habitants devient un problème public nécessitant une loi, un financement et une administration dédiée : quel processus décrit cette transformation ?

La publicisation, qui rend la nuisance visible sans entraîner nécessairement une décision étatique
La mise à l’agenda, qui convertit un problème latent en objet d’intervention de l’État
La privatisation, qui confie la résolution de la nuisance à des acteurs économiques spécialisés
La médicalisation, qui transforme une expérience sociale en diagnostic individuel reconnu

La mise à l’agenda, qui convertit un problème latent en objet d’intervention de l’État

Explication

La mise à l’agenda transforme un problème privé ou latent en problème public appelant une intervention de l’État par des mesures législatives, administratives ou financières. La publicisation peut rendre une situation visible sans conduire encore à une intervention étatique.

20. Qu’est-ce qui caractérise un problème public dans l’analyse sociologique des problèmes sanitaires ?

Une situation construite socialement, portée par des acteurs et devenue une cause mobilisatrice ou un objet d’intervention collective
Une décision gouvernementale, élaborée par l’administration et appliquée aux populations concernées par la situation
Une pathologie médicalement établie, reconnue par les professionnels et traitée dans les établissements de soins
Une difficulté individuelle, signalée aux autorités puis intégrée aux statistiques nationales de santé publique

Une situation construite socialement, portée par des acteurs et devenue une cause mobilisatrice ou un objet d’intervention collective

Explication

Un problème public est une situation construite socialement, portée par des acteurs et relayée jusqu’à devenir mobilisatrice ou à susciter une intervention collective. Une pathologie reconnue médicalement peut contribuer à cette construction, mais elle ne constitue pas à elle seule un problème public.

21. Quelle proposition regroupe des injonctions contemporaines de santé publique ?

La spécialisation des établissements, la prise en charge distante, la délégation des décisions et la suppression des actions préventives
La coordination des parcours, la participation des patients, l’éducation thérapeutique et la lutte contre la sédentarité
La prescription médicamenteuse, la fermeture des réseaux de soins, l’autonomie professionnelle et la diminution de l’éducation sanitaire
La centralisation des soins, la réduction des échanges numériques, l’hospitalisation prolongée et la limitation de l’activité physique

La coordination des parcours, la participation des patients, l’éducation thérapeutique et la lutte contre la sédentarité

Explication

Les injonctions contemporaines comprennent notamment la coordination des parcours, la participation des patients, l’éducation thérapeutique, le numérique et la lutte contre la sédentarité. La limitation de l’activité physique contredit au contraire l’objectif de prévention de la sédentarité.

22. Quelle distinction décrit correctement la participation des patients et la coordination des parcours de soins ?

La participation concerne la pratique médicale à distance, tandis que la coordination développe l’éducation au développement durable
La participation vise la prévention de la sédentarité, tandis que la coordination renforce la sécurité des soins par le patient-acteur
La participation organise les relations entre professionnels, tandis que la coordination implique les patients dans leurs décisions de soins
La participation implique les patients dans les soins, tandis que la coordination organise les relations entre dispositifs et professionnels

La participation implique les patients dans les soins, tandis que la coordination organise les relations entre dispositifs et professionnels

Explication

La participation des patients concerne leur implication dans les soins, alors que la coordination des parcours organise les relations entre les dispositifs et les professionnels. La sécurité des soins et la prévention de la sédentarité relèvent d’autres dimensions des politiques contemporaines de santé.

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Quel était l'objectif principal des hôpitaux au Moyen Âge comme l’Hôtel-Dieu ?

Prendre soin de l’indigent « pour l’amour de Dieu ».

Comment la santé publique a-t-elle évolué du XVIIIe au début du XXe siècle ?

Elle est passée de la prévention coercitive des épidémies à l’hygiénisme et aux politiques sociales.

Quelle lutte sanitaire était une priorité au début du XXe siècle ?

La lutte contre la tuberculose.

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