QCM : Sociologie et psychologie du travail (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment peut-on définir le travail au sens général ?

Une activité contemplative destinée à interpréter le monde sans le modifier
Une activité politique organisée pour débattre des règles de la vie commune
Une activité artistique visant à créer des objets appréciés pour leur beauté
Une activité productive transformant l’environnement pour répondre aux besoins humains

Une activité productive transformant l’environnement pour répondre aux besoins humains

Explication

Le travail transforme l’environnement afin de satisfaire les besoins humains et de produire leurs conditions d’existence. L’activité politique relève plutôt de l’action collective et de la discussion entre citoyens.

2. Quel sens Philippe Supiot rattache-t-il au premier emploi attesté du mot « travail » en 1994 ?

Le labeur des artisans dans les ateliers urbains
La production agricole réalisée par les communautés rurales
Le travail des femmes pendant l’accouchement
La contrainte imposée aux prisonniers dans les mines

Le travail des femmes pendant l’accouchement

Explication

Philippe Supiot rattache le premier sens attesté du mot au travail des femmes pendant l’accouchement, associé à l’idée de souffrance. L’étymologie de tripalium renvoie bien à la contrainte, mais elle ne constitue pas le sens attesté retenu par Supiot.

3. Quelle distinction Hannah Arendt établit-elle entre le travail, l’œuvre et l’action ?

Le travail entretient la vie, l’œuvre crée un monde durable et l’action rend possible la vie politique commune
Le travail organise la discussion publique, l’œuvre entretient la vie et l’action fabrique des objets durables
Le travail produit la culture, l’œuvre gouverne la cité et l’action assure les fonctions biologiques
Le travail crée un monde durable, l’œuvre entretient la vie et l’action produit les biens nécessaires

Le travail entretient la vie, l’œuvre crée un monde durable et l’action rend possible la vie politique commune

Explication

Pour Hannah Arendt, le travail maintient l’existence biologique, l’œuvre construit un monde artificiel durable et l’action permet la discussion ainsi que l’existence politique commune. Confondre le travail avec l’action inverse notamment leurs fonctions respectives dans la vie collective.

4. Une personne participe à une assemblée où elle débat avec d’autres citoyens des règles de leur communauté. Quelle activité correspond le mieux à cette situation chez Hannah Arendt ?

L’action, parce qu’elle rend possible une existence politique commune
La fabrication, parce qu’elle transforme une matière en résultat utilisable
Le travail, parce qu’elle assure directement la subsistance biologique
L’œuvre, parce qu’elle produit un objet durable pour les générations futures

L’action, parce qu’elle rend possible une existence politique commune

Explication

Chez Arendt, l’action se manifeste dans la discussion et la participation à une existence politique et sociale commune. Le travail concerne plutôt le maintien de la vie biologique, tandis que l’œuvre produit un monde artificiel durable.

5. Pourquoi la notion générale de travail est-elle considérée comme une construction sociale ?

Parce qu’elle désigne une activité identique dans toutes les sociétés et toutes les époques
Parce que sa définition varie selon les sociétés, les périodes historiques et les disciplines
Parce qu’elle est définie par les outils techniques employés dans les activités productives
Parce qu’elle dépend principalement des aptitudes biologiques propres à chaque individu

Parce que sa définition varie selon les sociétés, les périodes historiques et les disciplines

Explication

La notion de travail est une construction sociale parce que son contenu et ses frontières varient selon les sociétés, les périodes historiques et les disciplines. La réduire aux outils ou aux aptitudes biologiques néglige la diversité des définitions sociales et historiques.

6. Quelle distinction permet de comprendre l’apparition historique de la catégorie sociale appelée « travail » ?

Une activité productive peut exister avant qu’une société la regroupe sous la catégorie de travail
Une catégorie sociale désigne nécessairement les activités productives reconnues dans toutes les sociétés
Une activité productive devient une catégorie sociale dès qu’elle est exercée par plusieurs personnes
Une catégorie sociale peut apparaître avant que les sociétés réalisent des activités productives

Une activité productive peut exister avant qu’une société la regroupe sous la catégorie de travail

Explication

Il faut distinguer l’existence d’activités productives de la formation d’une catégorie sociale nommée travail, car le terme apparaît progressivement dans les langues romanes aux XIVe et XVe siècles. Une activité productive ne reçoit donc pas automatiquement cette désignation dans tous les contextes historiques.

7. Laquelle des activités suivantes illustre le mieux le travail parental ?

Administrer un service public dans le cadre d’un contrat professionnel
Vendre des biens dans une entreprise en échange d’un salaire
Accompagner l’enfant, le soigner et soutenir son développement
Produire des marchandises selon des objectifs fixés par un employeur

Accompagner l’enfant, le soigner et soutenir son développement

Explication

Le travail parental regroupe des activités productives comme nourrir, soigner, éduquer, organiser et accompagner l’enfant, qu’elles soient rémunérées ou non. Le fait qu’une activité soit réalisée dans une entreprise contre un salaire relève plutôt de l’emploi professionnel.

8. Que rend visible la notion de double journée de travail ?

L’exercice de deux emplois professionnels dans des entreprises différentes
La combinaison d’une activité bénévole et d’un loisir personnel
Le cumul d’un emploi professionnel et de tâches domestiques ou parentales
La succession d’une formation professionnelle et d’une période de chômage

Le cumul d’un emploi professionnel et de tâches domestiques ou parentales

Explication

La double journée désigne le cumul entre l’emploi professionnel et le travail domestique ou parental, une charge principalement supportée par les femmes. Elle ne correspond donc pas à l’exercice de deux emplois professionnels.

9. Quelle mesure adoptée en 1791 a contribué à séparer le capital et le travail ?

La loi Le Chapelier, qui supprime les corporations de métier
L’instauration du salaire minimum, qui encadre les contrats de travail
La création des premières sociétés anonymes, qui réglemente les investissements
La nationalisation des manufactures, qui transfère leur gestion à l’État

La loi Le Chapelier, qui supprime les corporations de métier

Explication

En 1791, la loi Le Chapelier supprime les corporations de métier et favorise la liberté du commerce et de l’industrie, ce qui contribue à séparer le capital et le travail. Les autres mesures ne correspondent pas à cette loi ni à sa portée historique.

10. Dans quelle situation reconnaît-on une relation salariale ?

Un artisan échange directement un produit contre un autre produit avec un client
Un travailleur vend sa force de travail contre un salaire dans une entreprise organisée
Un bénévole participe à une association sans recevoir de rémunération pour son activité
Une personne réalise une activité productive personnelle sans rémunération ni employeur

Un travailleur vend sa force de travail contre un salaire dans une entreprise organisée

Explication

Le salariat est un rapport social dans lequel un travailleur échange sa force de travail contre un salaire dans le cadre organisé d’une entreprise. Une activité productive non rémunérée peut être du travail au sens large sans constituer une relation salariale.

11. Pourquoi la coordination est-elle nécessaire après la division des tâches ?

Elle remplace les tâches spécialisées par une activité identique pour chaque individu
Elle attribue une rémunération différente à chaque personne selon son ancienneté
Elle articule les tâches séparées afin d’obtenir un produit ou un service final
Elle transforme une activité productive en engagement personnel sans organisation collective

Elle articule les tâches séparées afin d’obtenir un produit ou un service final

Explication

Organiser le travail suppose de coordonner les tâches divisées pour qu’elles contribuent ensemble au produit ou au service final. La division des tâches ne suffit donc pas à elle seule à assurer la cohérence du résultat.

12. Une entreprise répartit la fabrication d’un bien entre plusieurs postes, puis planifie leur enchaînement : quel principe applique-t-elle ?

Une relation salariale fondée sur l’échange entre travail et salaire
Une double journée combinant emploi professionnel et activité domestique
Un travail parental consacré au développement et à la socialisation de l’enfant
Une organisation fondée sur la division et la coordination des tâches

Une organisation fondée sur la division et la coordination des tâches

Explication

La situation décrit d’abord une division des tâches entre plusieurs postes, puis leur coordination afin d’obtenir le bien final. Les autres notions concernent respectivement le salariat, le cumul professionnel et domestique, ou les activités liées à l’enfant.

13. Quelle caractéristique distingue principalement l’organisation scientifique du travail proposée par Frederick Taylor ?

La rotation libre des postes et l’autonomie complète des équipes
La mesure du travail et la séparation entre conception et exécution
La fixation des salaires selon l’ancienneté et les relations sociales
La production selon la demande et la réduction des stocks intermédiaires

La mesure du travail et la séparation entre conception et exécution

Explication

Le taylorisme rationalise le travail par le chronométrage, le découpage des tâches, la standardisation et la séparation entre conception et exécution. La production selon la demande et les stocks réduits relèvent plutôt du toyotisme.

14. Une entreprise fabrique de grandes quantités avant de les vendre grâce à une chaîne de convoyage et cherche à réduire le coût unitaire : quel modèle applique-t-elle ?

La bureaucratie, fondée sur la personnalisation des produits et la sous-traitance
Le toyotisme, fondé sur les stocks réduits et la production à la demande
Le fordisme, fondé sur la production de masse et la consommation de masse
Le taylorisme, fondé sur la polyvalence et l’ajustement des volumes vendus

Le fordisme, fondé sur la production de masse et la consommation de masse

Explication

Le fordisme associe la production de masse, la chaîne de convoyage, la baisse du coût unitaire et la consommation de masse. Le toyotisme ajuste davantage la production à la demande et cherche à limiter les stocks.

15. Sur quoi repose principalement l’autorité rationnelle-légale décrite par Max Weber ?

Sur les qualités personnelles reconnues d’un dirigeant exceptionnel
Sur la coutume transmise entre générations et les traditions collectives
Sur des règles, des lois et des procédures formalisées
Sur les liens affectifs établis entre un chef et ses collaborateurs

Sur des règles, des lois et des procédures formalisées

Explication

L’autorité rationnelle-légale tire sa légitimité de la raison, de la loi, des règles et des procédures. L’autorité traditionnelle repose sur la coutume, tandis que l’autorité charismatique dépend de la personnalité d’un individu.

16. Quelle réaction peut apparaître lorsque l’organisation formelle privilégie fortement la rationalité, le contrôle et la standardisation ?

Des résistances, de l’absentéisme, du freinage ou des stratégies collectives
Une adaptation spontanée des travailleurs aux objectifs fixés par la hiérarchie
Une augmentation automatique de l’engagement grâce à la prévisibilité des tâches
Une disparition des conflits grâce à des règles comprises par tous les salariés

Des résistances, de l’absentéisme, du freinage ou des stratégies collectives

Explication

Les contraintes de l’organisation formelle peuvent susciter des résistances, de l’absentéisme, du freinage ou des stratégies collectives. La standardisation améliore la prévisibilité, mais elle ne supprime pas les réactions des travailleurs.

17. Quelle conception de la motivation caractérise l’École des relations humaines par rapport au taylorisme ?

Elle privilégie la rémunération individuelle et la mesure précise des temps de travail
Elle met l’accent sur la reconnaissance, les relations sociales et le climat de travail
Elle considère la standardisation des gestes comme la principale source d’engagement
Elle explique la productivité par la réduction des échanges entre les membres du groupe

Elle met l’accent sur la reconnaissance, les relations sociales et le climat de travail

Explication

L’École des relations humaines accorde une place centrale aux besoins psychologiques et sociaux, à la reconnaissance, au groupe et au climat de travail. Le taylorisme privilégie davantage la motivation économique et la rationalisation technique du travail.

18. Comment peut-on définir l’effet Hawthorne dans une situation de travail ?

La division des tâches réduit les gestes inutiles et accélère les opérations répétitives
La hausse du salaire entraîne une augmentation mécanique de la productivité individuelle
L’attention portée aux travailleurs peut améliorer leur comportement et leur productivité
La production s’adapte aux commandes grâce à des stocks limités et au système kanban

L’attention portée aux travailleurs peut améliorer leur comportement et leur productivité

Explication

L’effet Hawthorne désigne l’influence positive possible de l’attention et de la considération accordées aux travailleurs sur leur comportement et leur productivité. La hausse salariale relève plutôt d’une motivation économique, tandis que le kanban appartient au toyotisme.

19. Quelle distinction caractérise le mieux la psychotechnique et la psychologie ergonomique ?

La psychotechnique étudie les relations sociales, tandis que la psychologie ergonomique évalue principalement la rémunération.
La psychotechnique repère les aptitudes professionnelles, tandis que la psychologie ergonomique analyse l’activité en situation réelle.
La psychotechnique observe les accidents, tandis que la psychologie ergonomique sélectionne les candidats selon leur personnalité.
La psychotechnique décrit les stratégies de travail, tandis que la psychologie ergonomique mesure les aptitudes indépendamment du contexte.

La psychotechnique repère les aptitudes professionnelles, tandis que la psychologie ergonomique analyse l’activité en situation réelle.

Explication

La psychotechnique cherche à faire correspondre des aptitudes à des fonctions, alors que la psychologie ergonomique étudie l’activité située et les performances en contexte réel. L’analyse des stratégies de travail relève plutôt de l’ergonomie que de la psychotechnique.

20. Dans l’analyse d’un poste, que désigne l’activité par rapport à la tâche prescrite et à la tâche effective ?

L’ensemble des stratégies, raisonnements et arbitrages mobilisés pour réaliser le travail.
La description officielle des objectifs et des consignes fixés par l’organisation.
La comparaison entre les compétences attendues et les résultats obtenus par l’équipe.
La liste des gestes observables réalisés sans tenir compte des raisonnements du travailleur.

L’ensemble des stratégies, raisonnements et arbitrages mobilisés pour réaliser le travail.

Explication

L’activité englobe les stratégies, raisonnements, arbitrages et opérations cognitives mobilisés pour accomplir la tâche. La tâche prescrite correspond aux demandes formulées, tandis que la tâche effective désigne ce qui est réellement fait.

21. Quel principe guide la psychologie ergonomique lorsqu’elle cherche à améliorer les conditions de travail ?

Concevoir le travail en fonction de l’humain et de son activité réelle.
Adapter les capacités humaines aux exigences fixes de chaque poste.
Évaluer les performances à partir des consignes sans observer le travail concret.
Réduire les variations individuelles afin d’uniformiser les pratiques professionnelles.

Concevoir le travail en fonction de l’humain et de son activité réelle.

Explication

La psychologie ergonomique considère que le travail doit s’adapter à l’humain, en tenant compte de l’activité réelle. L’adaptation des personnes à des exigences fixes inverse précisément le principe ergonomique.

22. Comment définir les risques psychosociaux dans le monde du travail ?

Des difficultés individuelles liées aux compétences professionnelles du salarié.
Des troubles médicaux résultant principalement de l’exposition à des agents physiques.
Des conflits portant principalement sur la répartition des tâches techniques.
Des risques situés à l’interface entre l’individu et son environnement social de travail.

Des risques situés à l’interface entre l’individu et son environnement social de travail.

Explication

Les risques psychosociaux se situent à l’interface entre l’individu et son environnement social de travail, avec notamment le stress, le harcèlement moral et les violences internes. Ils ne se réduisent donc ni aux agents physiques ni à une insuffisance de compétences.

23. Dans la définition psychologique du stress au travail, quel mécanisme est déterminant ?

La répétition de conflits interpersonnels indépendamment de la manière dont ils sont vécus.
L’écart entre les objectifs professionnels et les compétences techniques reconnues par l’employeur.
La présence d’une charge de travail élevée, quelle que soit l’évaluation des moyens disponibles.
La perception d’un déséquilibre entre les contraintes et les ressources disponibles pour y faire face.

La perception d’un déséquilibre entre les contraintes et les ressources disponibles pour y faire face.

Explication

Le stress correspond à la perception d’un déséquilibre entre les contraintes de l’environnement et les ressources personnelles disponibles pour y répondre. Une contrainte élevée ne suffit donc pas à elle seule à définir le stress, car l’évaluation des ressources intervient aussi.

24. Selon le modèle de Siegrist, quelle situation peut devenir particulièrement délétère pour la santé ?

L’association d’efforts professionnels élevés et de récompenses faibles.
La combinaison d’une rémunération élevée et d’opportunités régulières de carrière.
La présence d’exigences importantes accompagnées d’une estime professionnelle reconnue.
L’association d’efforts professionnels modérés et d’une forte autonomie décisionnelle.

L’association d’efforts professionnels élevés et de récompenses faibles.

Explication

Le modèle de Siegrist met en évidence le risque associé à des efforts élevés insuffisamment compensés par les récompenses, comme la rémunération, l’estime ou la sécurité de l’emploi. Une forte reconnaissance ou des perspectives favorables correspondent au contraire à des formes de récompense.

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Qu'est-ce que le travail selon la définition donnée ?

Une activité productive transformant l'environnement pour répondre aux besoins humains.

Quelle est l'origine latine du mot travail ?

Le mot vient de tripalium et tripaliare.

À quoi le mot travail était-il d'abord associé selon son étymologie latine ?

À la contrainte et à la souffrance.

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