Fiche de révision : Théorie de l’attachement chez l’enfant

Plan du Cours

  1. Origines de la théorie de l’attachement
  2. Fonctions et comportements d’attachement
  3. Développement du lien d’attachement
  4. Figures et liens d’attachement
  5. Évaluer les types d’attachement
  6. Effets de l’attachement et séparation
  7. Facteurs entravant l’attachement

1. Origines de la théorie de l’attachement

★ À maîtriser

  • Les recherches en psychopathologie et en éthologie ont mis en évidence le besoin primaire de contact entre congénères, chez les humains comme chez les animaux.

  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Bowlby décrit chez des enfants séparés de leur mère une détresse mentale et une prostration malgré des soins, une alimentation et une hygiène satisfaisants.

📌 Pour Bowlby, le besoin d’autrui est un besoin social primaire qui ne découle pas d’un besoin physiologique, tandis que Freud explique l’attachement à la mère par la satisfaction des besoins vitaux.

Compléments

  • Bowlby (1907-1990) a étudié les pathologies carentielles liées aux séparations durables, notamment chez les enfants orphelins ou abandonnés.

  • En 1930, Lorenz a observé que les oies suivent leur mère dans les minutes ou les heures qui suivent leur naissance.

  • Dans les expériences de Harlow menées dans les années 1950, de jeunes singes rhésus séparés de leur mère pouvaient se réconforter auprès d’une pseudo-mère en chiffon qui répondait à leurs besoins de confort et de sécurité.

2. Fonctions et comportements d’attachement

Notions clés & Définitions

  • Attachement : L’attachement est un lien affectif particulier qui procure un sentiment de sécurité, dure dans le temps et sert à maintenir la proximité avec une autre personne.

★ À maîtriser

  • Selon Bowlby, la fonction phylogénétique de l’attachement est la survie de l’enfant, qui n’est pas autonome, grâce à la protection contre les prédateurs.

  • Les comportements d’attachement deviennent observables vers 6 à 8 mois, âge où apparaissent la détresse face à la séparation, la méfiance envers les étrangers et la recherche de la figure d’attachement en situation de stress ou de peur.

  • Les comportements d’attachement se répartissent en trois catégories :

    • Les comportements de signalisation, comme vocaliser et sourire
    • Les comportements aversifs, comme crier et pleurer
    • Les comportements actifs, comme approcher, suivre et s’accrocher

Compléments

📌 La figure d’attachement constitue une base de sécurité pour l’enfant, tandis que le besoin d’indépendance et d’exploration l’éloigne temporairement de cette figure.

Astuce mémo

La figure d’attachement rapproche l’enfant ; la base de sécurité lui permet ensuite d’explorer.

3. Développement du lien d’attachement

★ À maîtriser

  • Le processus d’attachement repose sur la réciprocité entre les prédispositions de l’enfant et la sensibilité de la personne qui s’occupe de lui.

  • La sensibilité émotionnelle implique de :

    • Recevoir les signaux de l’enfant
    • Interpréter correctement ces signaux
    • Intervenir efficacement
    • Respecter les rythmes propres de l’enfant
    • Créer un milieu suffisamment régulier pour la prise de repères
  • Pendant la phase d’orientation, de 0 à 3 mois, le bébé émet des signaux sans discrimination d’une figure d’attachement et ne manifeste pas de préférence marquée, tout en distinguant les personnes familières des autres.

  • Pendant la phase d’attachement focalisé, de 3 à 6 ou 7 mois, le bébé discrimine davantage les personnes et montre des préférences nettes pour les figures familières.

  • Pendant la phase de consolidation, jusqu’à environ 18 mois, l’enfant maintient la proximité avec sa figure d’attachement, recherche son réconfort et l’utilise comme base pour explorer.

Compléments

  • Bowlby décrit cinq comportements contribuant à l’attachement :

    • Le sourire
    • Le contact physique et le suivi du regard
    • Les pleurs et les cris
    • L’étreinte dans les bras
    • La succion
  • Au cours de la consolidation, l’enfant construit une représentation interne de ses figures d’attachement qui lui permet de supporter leur absence et d’anticiper leur retour.

Astuce mémo

Orientation, focalisation, consolidation : le lien se précise puis se stabilise.

4. Figures et liens d’attachement

★ À maîtriser

  • L’enfant peut s’attacher à plusieurs personnes, souvent des membres de la famille, sans que ces liens soient moins solides ou moins profonds que celui établi avec sa première figure d’attachement.

  • Le choix des figures d’attachement semble déterminé par la continuité des relations, qui rend les soins prévisibles, et par la qualité des relations.

Compléments

  • Bowlby privilégiait la mère comme figure d’attachement dans le contexte culturel de 1958, mais un substitut maternel peut jouer le rôle de première figure d’attachement en cas d’absence de la mère.

  • Selon Schaffer et Emerson (1964), le multi-attachement protège l’enfant contre la perte de sa mère en assurant une plus grande continuité des soins et en réduisant le risque de traumatisme. - Schaffer & Emerson

📌 Le fait de prendre matériellement soin de l’enfant et la durée du temps passé avec lui ne déterminent pas à eux seuls l’attachement, contrairement à la continuité et à la qualité des relations.

  • Les styles interactifs décrits par Zaouche-Gaudron (2001) sont généralement plus actifs et stimulants chez les pères, et plus calmes et didactiques chez les mères.

  • La fonction maternante comprend les soins, la stimulation de l’enfant et la régulation émotionnelle, et contribue à l’organisation de sa personnalité.

  • La fonction maternante peut être remplie par le père, mais celui-ci ne se substitue pas totalement à la mère, car il ne porte pas l’enfant dans son ventre et ne l’allaite pas.

  • Le père possède une fonction organisatrice spécifique qui contribue à la différenciation de l’enfant au sein du couple mère-enfant.

  • Selon Winnicott, l’objet transitionnel, comme un doudou, participe à la différenciation de l’enfant et le protège contre l’angoisse de séparation.

5. Évaluer les types d’attachement

★ À maîtriser

  • En 1978, Ainsworth met au point la situation inhabituelle afin d’observer les réactions de l’enfant à une personne inconnue, à la séparation d’avec le parent et au retour de celui-ci.

  • Ainsworth distingue quatre formes principales d’attachement, liées aux conduites parentales et correspondant au modèle interne opérant de l’enfant.

  • L’attachement de type A est évitant : l’enfant semble peu perturbé par le départ et le retour du parent, l’utilise peu comme base de sécurité et explore son environnement ; ce type concerne 20 % des enfants.

  • L’attachement de type B est sécurisé : l’enfant proteste lors de la séparation, manifeste de la joie au retour du parent et recherche le contact avec lui, qui constitue une base de sécurité.

  • L’attachement de type C est ambivalent ou résistant : l’enfant est perturbé par la séparation, cherche du réconfort au retour, mais peut manifester de la colère ou refuser le contact ; ce type concerne 15 % des enfants.

  • L’attachement de type D est désorganisé ou désorienté : l’enfant manifeste de l’appréhension au retour du parent, qui peut être à la fois une source de peur et de réconfort. - Main, 1991

Compléments

  • La situation inhabituelle comporte sept épisodes de trois minutes durant lesquels l’enfant est successivement avec son parent, avec un inconnu, séparé du parent, puis confronté aux retours et départs du parent et de l’inconnu.

  • L’attachement désorganisé est fréquemment rencontré dans les situations où l’enfant est maltraité.

  • Les enfants de type A ont souvent eu des mères peu sensibles à leurs besoins et ont appris à éviter le contact.

  • Les enfants de type B ont souvent eu des mères sensibles et adaptées à leurs besoins, et ce type est majoritaire dans les cultures étudiées.

  • Les enfants de type C ont souvent eu des mères peu sensibles ou inconstantes dans leurs réponses aux besoins de l’enfant.

6. Effets de l’attachement et séparation

★ À maîtriser

  • L’estime de soi se construit et se maintient dans le rapport aux autres, et sa construction efficace est étroitement liée à la qualité de l’attachement.

  • Selon Sroufe (1989), les enfants ayant un attachement sécure sont plus sociables et ouverts, moins craintifs face aux inconnus, plus confiants, demandent de l’aide en cas de besoin, attirent moins l’attention, sont moins colériques et perturbateurs, et se concentrent davantage.

  • Le processus d’attachement s’accompagne d’un processus de détachement qui rend l’enfant capable d’accepter la séparation et de construire son émancipation.

Compléments

  • Pour Bowlby, l’attachement est essentiel au bon développement de l’enfant et lui permet d’établir des relations sociales.

Astuce mémo

Un attachement sécure favorise la confiance ; le lien soutient aussi l’émancipation.

7. Facteurs entravant l’attachement

★ À maîtriser

  • Les entraves à l’attachement comprennent :

    • Les soins non sensibles
    • La désorientation maternelle
    • Les comportements négatifs intrusifs
    • La confusion des rôles
    • Le retrait
  • Un environnement qui ne répond pas adéquatement aux besoins d’attachement limite les potentialités d’un développement affectif et cognitif optimal, en interaction avec le tempérament de l’enfant.

📌 Les facteurs d’entrave durables doivent être distingués de l’incapacité occasionnelle d’un parent qui répond habituellement de manière cohérente aux besoins de son enfant.

Compléments

  • Les soins non sensibles incluent la non-réponse chronique aux signaux de l’enfant, des réponses erratiques et des réponses intrusives qui sur-stimulent l’enfant malgré ses signaux de retrait.

  • La désorientation du parent peut se manifester par des expressions effrayées, une voix tremblante ou aiguë, une tension ou une perte soudaine d’affect sans lien avec l’environnement.

  • Les comportements négatifs intrusifs comprennent les moqueries ou le titillage verbal ainsi que des gestes physiques comme tirer l’enfant par le poignet.

  • La confusion des rôles comprend l’inversion des rôles, la sexualisation de la relation et les phrases autoréférentielles du parent, comme « Est-ce que je te manque ? ».

  • Le retrait peut être physique, lorsque le parent tient l’enfant à distance avec les bras raides, ou verbal, lorsqu’il ne le salue pas après une séparation.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Théorie de l’attachement chez l’enfant avec 23 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel ensemble décrit des facteurs susceptibles d’entraver l’attachement?

2. Un enfant ayant un attachement sécure rencontre une personne inconnue et éprouve une difficulté. Quel comportement est cohérent avec les effets associés à ce type d’attachement ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Théorie de l’attachement chez l’enfant avec 54 flashcards interactives.

Que montrent les recherches en psychopathologie et en éthologie sur le besoin de contact ?

Le contact entre congénères est un besoin primaire chez les humains comme chez les animaux.

Quel chercheur décrit la détresse d’enfants séparés de leur mère après la Seconde Guerre mondiale ?

Bowlby.

Selon Bowlby, de quel type est le besoin d’autrui ?

Un besoin social primaire, indépendant des besoins physiologiques.

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