QCM : Analyse de l’activité située (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un chercheur décrit le cerveau comme transformant des entrées en sorties grâce à des représentations internes et à des règles prédéterminées. Quel cadre théorique adopte-t-il ?

La psychologie culturelle
Le modèle stimulus-réponse
La cognition située
Le traitement symbolique de l’information

Le traitement symbolique de l’information

Explication

Le traitement symbolique explique les sorties par la manipulation de représentations internes selon des règles prédéterminées. La cognition située met l’accent sur les ajustements au contexte, le modèle stimulus-réponse décrit le lien entre stimulus et réaction, et la psychologie culturelle s’intéresse aux significations partagées.

2. À partir des années 1980, quel courant regroupe des approches qui dépassent le cognitivisme pour mieux comprendre les processus cognitifs et l’activité du sujet en situation ?

Le traitement symbolique
Le post-cognitivisme
Le béhaviorisme
La psychologie culturelle

Le post-cognitivisme

Explication

Le post-cognitivisme regroupe, à partir des années 1980, des approches visant à dépasser le cognitivisme pour comprendre les processus cognitifs et l’activité en situation. Le traitement symbolique et le béhaviorisme renvoient au cadre antérieur centré sur les entrées et les sorties, tandis que la psychologie culturelle est une approche particulière associée à Bruner.

3. Une jardinière poursuit l’objectif de tailler un arbuste, mais modifie son geste et son plan lorsqu’elle découvre une branche fragile. Quel principe de l’action située cette conduite illustre-t-elle ?

Elle adapte ses actions et ses plans aux circonstances tout en poursuivant son objectif.
Elle négocie avec son entourage la signification culturelle de chaque geste.
Elle exécute une séquence d’actions fixée avant de commencer, sans la modifier.
Elle réagit à chaque stimulus sans maintenir d’objectif général pour son activité.

Elle adapte ses actions et ses plans aux circonstances tout en poursuivant son objectif.

Explication

Dans l’action située, le sujet poursuit un objectif général tout en adaptant ses actions et ses plans aux circonstances changeantes. Un plan fixe ignore ces ajustements, une réponse sans objectif général réduit l’activité au stimulus-réponse, et la négociation des significations relève d’un autre aspect de la psychologie culturelle.

4. Quelle conception de la culture et des significations Bruner défend-il ?

La culture laisse l’esprit indépendant et les significations restent propres à chaque individu.
La culture se limite aux comportements observables et les significations sont exclues de l’analyse.
La culture donne forme à l’esprit et les significations se partagent, se négocient et s’interprètent collectivement.
La culture fixe des règles prédéterminées et les significations découlent mécaniquement des stimuli.

La culture donne forme à l’esprit et les significations se partagent, se négocient et s’interprètent collectivement.

Explication

Pour Bruner, la culture donne forme à l’esprit et les significations sont partagées, négociées et interprétées dans la vie collective. L’idée d’un esprit indépendant néglige l’influence culturelle, les règles prédéterminées renvoient au traitement symbolique et la réduction aux comportements observables n’intègre pas les significations.

5. Une technicienne suit une procédure pour réparer une machine, mais découvre un outil défectueux et des conditions imprévues qui changent au cours du travail. Quelle conception de la cognition décrit le mieux les ajustements qu’elle doit effectuer ?

La cognition individuelle, reposant sur la mémoire de la technicienne
La cognition située, ajustée à un contexte singulier et évolutif
La cognition distribuée, répartie entre agents et représentations
La planification fixe, déterminée avant toute action concrète

La cognition située, ajustée à un contexte singulier et évolutif

Explication

La cognition située implique qu’une action finalisée s’ajuste à un contexte singulier, changeant et jamais entièrement prévisible. La cognition distribuée concerne la répartition de la cognition, la planification fixe néglige les changements du contexte et la mémoire interne seule omet les ajustements à l’environnement.

6. Dans une équipe, une consigne est comprise par un agent, inscrite dans un registre partagé puis relayée par un collègue à l’aide d’un outil numérique. Quelle analyse rend compte de la cognition mobilisée par ce travail ?

La cognition individuelle, limitée aux souvenirs de l’agent initial
La cognition distribuée entre agents, représentations internes et supports externes
La cognition technique, portée uniquement par le registre numérique
La cognition située, ajustée aux circonstances imprévisibles de l’équipe

La cognition distribuée entre agents, représentations internes et supports externes

Explication

La cognition distribuée se répartit entre les agents, leurs représentations et mémoires internes, ainsi que les représentations externes relayées par des médias humains et techniques. La cognition située met l’accent sur l’ajustement au contexte, tandis que les réponses centrées sur l’agent ou l’outil réduisent indûment cette répartition.

7. Une éducatrice adapte une activité aux règles, aux pratiques langagières et aux relations propres au milieu de l’enfant. Quelle interprétation correspond à la psychologie socioculturelle ?

L’action se déroule indépendamment des pratiques du milieu de l’enfant
L’action est médiatisée par un outil matériel sans dimension culturelle
L’action est médiatisée par l’environnement socioculturel où elle se réalise
L’action manifeste des capacités individuelles sans influence du contexte

L’action est médiatisée par l’environnement socioculturel où elle se réalise

Explication

La psychologie socioculturelle considère que l’action humaine est médiatisée par l’environnement socioculturel et ne peut être séparée du milieu où elle se déroule. La séparation d’avec le milieu, la médiation réduite à un outil matériel et l’explication par les seules capacités individuelles écartent cette idée.

8. Un élève utilise une calculatrice et des méthodes apprises en classe pour résoudre un problème de géométrie. Selon la théorie de l’activité de Leontiev, quelle unité convient à l’analyse de cette situation ?

Les outils de calcul, indépendamment du sujet et de son objectif
L’objet du problème, indépendamment de l’élève qui agit
L’activité finalisée et médiatisée du sujet agissant sur un objet
Le sujet pris séparément, indépendamment de l’objet et des outils

L’activité finalisée et médiatisée du sujet agissant sur un objet

Explication

Pour Leontiev, l’unité d’analyse est l’activité finalisée et médiatisée : un sujet agit sur un ou plusieurs objets à l’aide d’outils socioculturels. Considérer isolément le sujet, l’objet ou les outils laisse de côté les relations qui constituent l’activité.

9. Une équipe organise une campagne parce qu’elle veut améliorer l’accès aux soins, répartit les tâches pour contacter les habitants et choisit des horaires adaptés aux disponibilités. Dans la hiérarchie de Leontiev, que représentent respectivement ces trois éléments ?

Les conditions de l’activité, le motif des actions, les buts des opérations
Le but de l’activité, les conditions des opérations, le motif des actions
Le motif de l’activité, les buts des actions, les conditions des opérations
Le motif des opérations, les conditions de l’activité, les buts des actions

Le motif de l’activité, les buts des actions, les conditions des opérations

Explication

Dans cette hiérarchie, le motif oriente l’activité, les buts orientent les actions et les conditions concrètes déterminent les opérations. Assimiler le motif au but, les actions aux conditions ou les opérations au motif brouille ces niveaux distincts.

10. Après avoir répété une procédure, une employée l’exécute sans y prêter consciemment attention. Un changement complexe survient ensuite et l’oblige à réfléchir à chaque étape. Comment interpréter cette évolution ?

La pratique transforme l’opération en action consciente, puis la difficulté automatise davantage la procédure
La pratique maintient la procédure au niveau d’action consciente, puis la difficulté la transforme en opération
La pratique transforme l’action en opération, puis la difficulté ramène l’opération au niveau d’action consciente
La pratique supprime l’activité, puis la difficulté fait réapparaître une procédure sans réflexion

La pratique transforme l’action en opération, puis la difficulté ramène l’opération au niveau d’action consciente

Explication

Avec la pratique, une action consciente peut devenir automatique et se transformer en opération ; une difficulté ou une complexification peut ensuite faire redevenir cette opération une action consciente. L’inversion des étapes, le maintien de l’automatisme malgré la difficulté et l’idée de disparition de l’activité contredisent ce modèle dynamique.

11. Une équipe analyse une activité collective dans une organisation en ajoutant des dimensions sociales et organisationnelles à la triade sujet-objet-outil. Quels pôles supplémentaires le système d’activité d’Engeström mobilise-t-il ?

Les autres sujets, l’objet et l’instrument
Le motif, les actions et les opérations
Le sujet, l’objet et l’instrument
La communauté, les règles et la division du travail

La communauté, les règles et la division du travail

Explication

Le système d’activité d’Engeström complète la triade sujet-objet-outil par la communauté, les règles et la division du travail, afin de situer l’activité dans son organisation. La triade initiale omet ces ajouts, les autres sujets relèvent du modèle instrumental et le motif, les actions et les opérations décrivent des niveaux de l’activité.

12. Dans quels domaines les extensions de la théorie de l’activité sont-elles utilisées dans les pays scandinaves ?

Dans l’analyse de la communauté, des règles et de la division du travail
En ergonomie francophone, dans l’éducation et l’analyse des gestes professionnels
En éducation, en santé au travail, dans les changements organisationnels et l’innovation
Dans l’étude du sujet, de l’objet et de l’instrument en situation

En éducation, en santé au travail, dans les changements organisationnels et l’innovation

Explication

Les extensions sont mobilisées en Scandinavie en sciences de l’éducation, en santé au travail, pour accompagner les changements organisationnels et dans l’innovation. L’ergonomie francophone est un autre ancrage géographique, tandis que les pôles cités décrivent des modèles ou une échelle d’analyse plutôt que les domaines d’usage indiqués.

13. Une chercheuse décrit une activité instrumentée en distinguant la personne qui agit, les personnes avec lesquelles elle interagit, le but de l’activité et le moyen employé. Quel modèle mobilise-t-elle ?

Le modèle quadripolaire de Rabardel
La triade sujet-objet-outil
Le système d’activité d’Engeström
La classification des médiations

Le modèle quadripolaire de Rabardel

Explication

Le modèle quadripolaire de Rabardel analyse une situation instrumentée par le sujet, les autres sujets, l’objet et l’instrument. La triade omet deux pôles, le système d’Engeström ajoute des dimensions organisationnelles et les médiations désignent des orientations de la relation.

14. Un jardinier mesure la hauteur d’une haie avec un mètre laser afin de connaître l’objet sur lequel il agit. De quel type de médiation s’agit-il ?

Une médiation réflexive
Une médiation interpersonnelle
Une médiation épistémique
Une médiation pragmatique

Une médiation épistémique

Explication

Une médiation épistémique vise la prise de connaissance de l’objet, comme mesurer la hauteur de la haie. La médiation pragmatique soutient l’action sur l’objet, l’interpersonnelle relie le sujet aux autres et la réflexive est orientée vers le sujet lui-même.

15. À quels auteurs est associé le modèle de double régulation de l’activité, et en quelle année ?

Leplat et Cuny, 1977
Bruner et Cuny, 1977
Leplat et Hutchins, 1974
Bruner et Hutchins, 2012

Leplat et Cuny, 1977

Explication

Le modèle de double régulation de l’activité est associé à Leplat et Cuny en 1977. Bruner est lié à la signification, tandis que Hutchins est associé à l’observation en situation naturelle.

16. Dans l’analyse de l’activité, que désigne l’expression « déterminants de l’activité » ?

Les résultats positifs et négatifs produits par l’activité
Les éléments internes et externes qui conditionnent et influencent l’activité
Les actions réalisées par l’acteur au cours de son travail
Les méthodes d’observation et d’entretien employées sur le terrain

Les éléments internes et externes qui conditionnent et influencent l’activité

Explication

Les déterminants sont les éléments internes et externes qui influencent l’activité et aident à comprendre pourquoi l’acteur agit d’une certaine façon. Les résultats relèvent des effets, les actions de l’activité elle-même et les méthodes de la démarche d’analyse.

17. Dans une équipe, une organisation du travail conduit à une activité particulière, qui entraîne ensuite des retards et amène à revoir cette organisation. Quelle relation décrit cette situation ?

L’activité influence les déterminants, lesquels produisent ensuite les effets sans médiation
Les déterminants influencent les effets par l’intermédiaire de l’activité, puis les effets peuvent modifier les déterminants
Les déterminants produisent directement les effets, qui conduisent ensuite à modifier l’activité
Les effets précèdent l’activité et déterminent ensuite l’organisation du travail

Les déterminants influencent les effets par l’intermédiaire de l’activité, puis les effets peuvent modifier les déterminants

Explication

Dans le modèle, les effets sont liés aux déterminants par l’intermédiaire de l’activité et peuvent, en retour, conduire à réinterroger les déterminants. L’effet direct omet cette médiation, tandis que les autres formulations écartent ou inversent le rôle de l’activité et de la rétroaction.

18. Une analyste observe un jardinier et mène un entretien pour comprendre comment un outil défectueux conduit à des gestes pénibles et à des douleurs. Quelle démarche réalise-t-elle ?

Elle dresse une liste des effets sans les relier aux déterminants et à l’activité
Elle mesure la production de l’équipe sans observer les situations de travail
Elle formule une hypothèse reliant un déterminant à l’activité puis à un effet, à partir du terrain
Elle attribue les douleurs à l’outil sans examiner les gestes réalisés par le jardinier

Elle formule une hypothèse reliant un déterminant à l’activité puis à un effet, à partir du terrain

Explication

L’analyse de l’activité établit des liens entre déterminants, activité et effets à partir d’observations et d’entretiens, en formulant des hypothèses explicatives. Un simple inventaire, une attribution sans examen de l’activité ou une mesure de production ne suit pas cette démarche.

19. Quelle démarche correspond aux dimensions privilégiées par l’analyse de l’activité ?

Partir du point de vue de l’observateur, des mesures du poste et des résultats de production
Partir du point de vue du sujet, de son expérience et du sens construit en communauté, en situation naturelle et systémique
Partir des consignes prescrites, en écartant l’expérience personnelle et le sens partagé
Partir d’entretiens hors situation, en isolant l’individu de son contexte et de son système

Partir du point de vue du sujet, de son expérience et du sens construit en communauté, en situation naturelle et systémique

Explication

L’analyse privilégie le point de vue à la première personne, l’expérience et les connaissances du sujet, la construction et le partage du sens, l’observation en situation naturelle et une approche systémique. Les autres propositions privilégient la mesure externe, négligent le sens vécu ou détachent l’observation du contexte.

20. Une équipe analyse un modèle du comportement humain qui décrit les réactions observables, mais ne prend pas en compte l’imagination ni la planification. Quelle critique formulée dès les années 1950 s’applique à ce modèle ?

Il critique l’étude des stimuli et des réactions observables.
Il s’intéresse aux représentations internes plutôt qu’aux comportements.
Il néglige la pensée, l’imagination et les stratégies mentales.
Il explique les actions par la planification et l’imagination.

Il néglige la pensée, l’imagination et les stratégies mentales.

Explication

La critique du béhaviorisme, formulée dès les années 1950, porte sur la négligence de la pensée, de l’imagination, des stratégies mentales et de la planification. La planification et l’imagination sont ici attribuées à tort au modèle; les représentations internes caractérisent le traitement symbolique; les stimuli et les réactions observables ne sont pas l’objet de cette critique.

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Que désigne le traitement symbolique de l’information ?

Une conception du cerveau comme machine transformant des entrées en sorties par manipulation de représentations internes selon des règles prédéterminées.

À partir de quand le post-cognitivisme regroupe-t-il des approches dépassant le cognitivisme ?

À partir des années 1980.

Comment le sujet ajuste-t-il ses actions dans l’action située ?

Il les ajuste aux circonstances changeantes tout en poursuivant un objectif général.

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