Fiche de révision : Acteurs supra-étatiques de l’environnement

Plan du Cours

  1. Acteurs et sujets du droit international
  2. Fonctions des organisations internationales
  3. Absence d’organisation mondiale de l’environnement
  4. Institutions onusiennes et environnement
  5. Institutions spécialisées de l’ONU
  6. Organisations mondiales et environnement
  7. Organisations européennes de coopération
  8. Compétences environnementales de l’Union
  9. Institutions européennes de l’environnement
  10. Juge de l’Union et protection environnementale
  11. Souveraineté et rôle de l’État
  12. Contraintes environnementales de l’État
  13. Émergence des acteurs infra-étatiques
  14. Rôle des organisations non gouvernementales
  15. Multinationales et responsabilité environnementale
  16. Responsabilité sociale des entreprises
  17. Encadrement international et européen de la RSE
  18. Individu et droit international environnemental

Repères chronologiques

  1. XIXe siècleLes premières organisations internationales concernent notamment la gestion de cours d’eau, comme la Commission centrale sur le Rhin et la Commission du Danube.
  2. 1992Le principe des responsabilités communes mais différenciées a été formalisé dans le principe 7 de la Déclaration de Rio.
  3. 3 novembre 2001Le Traité sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture a été adopté et complète la Convention sur la diversité biologique.
  4. 7 mai 2018La France a soumis le projet de Pacte mondial pour l’environnement à l’Assemblée générale des Nations unies
  5. 20 décembre 2019Dans l’affaire Urgenda, la Cour suprême des Pays-Bas a condamné l’État néerlandais à agir contre le changement climatique. — Urgenda c/ Pays-Bas, 2019
  6. 12 novembre 2024La Cour d’appel de La Haye a annulé l’injonction imposant à Shell une réduction chiffrée de 45 %, tout en confirmant le principe d’une obligation de vigilance climatique pesant sur les grandes entreprises.
  7. 3 avril 2025La directive dite « Stop the clock » a reporté d’un an l’entrée en application de la CSDDD et de deux ans celle de la CSRD pour les deuxième et troisième vagues d’entreprises
  8. 23 juillet 2025La CIJ a rendu un avis consultatif sur les obligations des États en matière de changement climatique.
  9. 15 septembre 2025L’Accord de l’OMC sur les subventions à la pêche est entré en vigueur après avoir atteint le seuil nécessaire de ratifications.

1. Acteurs et sujets du droit international

★ À maîtriser

📌 Les acteurs du droit international de l’environnement agissent pour défendre leurs intérêts, tandis que les sujets du droit international sont titulaires de droits et d’obligations et capables de les exercer.

  • Selon la formule de la CPJI dans l’avis consultatif du 3 mars 1928, Compétence des tribunaux de Dantzig, les sujets du droit international sont en principe les États, sauf lorsqu’un traité confère directement des droits à des particuliers.

Compléments

  • La procédure consultative climatique de la CIJ, ouverte du 2 au 13 décembre 2024, a reçu plus de 250 interventions écrites et orales provenant de 96 à près de 100 États et d’une douzaine d’organisations internationales.

  • L’avis consultatif 32/25 de la Cour interaméricaine des droits de l’homme du 29 mai 2025 a permis à 613 entités, notamment des communautés locales, des peuples autochtones, des organisations de la société civile, des institutions académiques et de jeunes activistes, de déposer des observations écrites.

  • Selon les données 2025 du Grantham Research Institute de la London School of Economics, plus de 2 967 procédures climatiques étaient recensées dans le monde en 2024, dans près de 60 pays, dont 226 nouvelles actions cette année-là.

Astuce mémo

Sujets : droits et obligations ; acteurs : capacité d’influence

2. Fonctions des organisations internationales

Notions clés & Définitions

  • Organisation internationale : Association d’États constituée par traité, dotée d’une constitution et d’organes communs, et possédant une personnalité juridique distincte de celle de ses États membres.

★ À maîtriser

📌 Les États sont les sujets primaires du droit international, tandis que les organisations internationales sont des sujets secondaires institués par la volonté des États.

  • Les organisations internationales exercent quatre fonctions principales:
    • Fonction réglementaire
    • Fonction technique de recherche et d’information
    • Fonction de contrôle de l’application des règles
    • Fonction de représentation de l’humanité

Compléments

  • Le GIEC a été créé conjointement par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement afin de produire des rapports d’expertise climatique.

Astuce mémo

R-T-C-H : réglementer, techniquer, contrôler, représenter l’humanité

3. Absence d’organisation mondiale de l’environnement

★ À maîtriser

  • La Conférence de Stockholm de 1972 a conduit à créer le PNUE comme organe subsidiaire de l’ONU plutôt qu’une organisation mondiale de l’environnement dotée d’un statut d’institution spécialisée et de contributions obligatoires.

📌 La création d’une organisation mondiale de l’environnement a été envisagée à Rio en 1992 puis lors de la conférence de Copenhague de 2009, mais elle a été écartée notamment en raison de la volonté des États de conserver leur marge de manœuvre et de la multiplication des organisations et conventions existantes.

Compléments

  • L’Autorité internationale des fonds marins, seule institution mondiale à compétence spécifiquement environnementale dotée d’un pouvoir réglementaire contraignant en germe, est bloquée depuis 2023 sur l’adoption de son code minier.

Astuce mémo

Marge étatique préservée → maintien d’un paysage institutionnel fragmenté

4. Institutions onusiennes et environnement

★ À maîtriser

  • L’Assemblée générale de l’ONU a joué un rôle environnemental en convoquant Stockholm en 1972, en créant la Commission Brundtland en 1983, en convoquant Rio en 1992 et en adoptant notamment la Charte mondiale de la nature en 1982.

  • L’Assemblée générale a institué le PNUE par sa résolution 2997(XXVII) du 15 décembre 1972, et le PNUE, dont le siège est à Nairobi, accueille les secrétariats et organes de coordination de près d’une vingtaine de conventions environnementales.

  • La CIJ, juridiction générale de l’ONU fonctionnant depuis 1946, règle les litiges entre États et rend des avis consultatifs à la demande d’organes principaux de l’ONU ou d’institutions spécialisées autorisées.

  • Les principaux apports environnementaux de la CIJ concernent:

    • Le principe de précaution dans l’affaire Gabčíkovo-Nagymaros
    • L’évaluation de l’impact environnemental transfrontière dans l’affaire de l’Usine de pâte à papier
    • La réparation du dommage écologique dans l’affaire Costa Rica c. Nicaragua

📌 Dans son avis consultatif climatique de 2025, la CIJ affirme que la violation des obligations climatiques constitue un fait internationalement illicite susceptible d’engager la responsabilité de l’État, avec cessation, garanties de non-répétition et réparation.

  • La CIJ a qualifié le changement climatique de menace urgente et existentielle pour l’humanité et a consacré l’objectif de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels comme objectif juridique primordial de l’Accord de Paris.

Compléments

  • L’Ecosoc a créé la Commission du développement durable par sa résolution 1993/207 du 12 février 1993 pour suivre l’application de l’Agenda 21, avant son remplacement par le Forum politique de haut niveau institué en 2013.

📌 Le Conseil de sécurité peut intervenir en matière environnementale sur le fondement du chapitre VII de la Charte lorsqu’une atteinte à l’environnement constitue une menace contre la paix, une rupture de la paix ou un acte d’agression.

  • La résolution 687 du Conseil de sécurité, adoptée le 3 avril 1991, a créé une Commission d’indemnisation des dommages causés à l’environnement et aux ressources naturelles après la première guerre du Golfe.

Astuce mémo

Assemblée générale → PNUE → Ecosoc → Conseil de sécurité → CIJ

5. Institutions spécialisées de l’ONU

★ À maîtriser

  • Les institutions spécialisées de l’ONU servent de cadre aux conventions internationales, participent à la production de recommandations, standards et codes de conduite, et centralisent des données permettant d’identifier les meilleures pratiques environnementales.

  • Le FIPOL, créé en 1971 et fonctionnant réellement depuis 1978, indemnise les dommages de pollution par les hydrocarbures, avec un plafond du Fonds complémentaire d’environ 1,15 milliard de dollars américains par catastrophe.

Compléments

  • La FAO, créée le 16 octobre 1945, intervient notamment dans l’agriculture, l’alimentation, la pêche, les forêts, la protection des sols et les ressources génétiques végétales.

  • L’OMI, créée en 1948 et fonctionnant depuis 1958, a élaboré une réglementation sur la navigation commerciale, la sûreté et la sécurité maritimes ainsi que la pollution par les hydrocarbures.

Astuce mémo

FAO : ressources naturelles ; OMI : pollution maritime

6. Organisations mondiales et environnement

★ À maîtriser

  • L’OMI a élaboré une réglementation portant notamment sur l’efficacité de la navigation, la sûreté maritime, la sécurité maritime et la pollution par les hydrocarbures.

📌 Selon la règle de l’acceptation tacite, une convention de l’OMI est réputée amendée après 16 à 18 mois, sauf objection d’un tiers des parties ou de parties représentant plus de 50 % de la flotte mondiale.

  • L’Organisation météorologique mondiale (OMM), créée le 23 mars 1950, compte 195 Membres et organise des réseaux planétaires d’observation ainsi que des échanges de données sur l’atmosphère, les océans, le climat et les ressources en eau.

  • L’OMM et le PNUE ont établi en 1988 le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), chargé de fournir des évaluations périodiques sur les changements climatiques, leurs incidences, les risques futurs et les stratégies d’adaptation.

📌 L’OMC a succédé au GATT le 1er janvier 1995, mais les Accords de Marrakech ne contiennent pas d’accord contraignant général sur les rapports entre commerce et environnement.

📌 L’article XX du GATT permet de déroger à la libre circulation des marchandises pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux, préserver les végétaux ou conserver les ressources naturelles épuisables, à condition que les mesures ne soient ni protectionnistes, ni discriminatoires, ni disproportionnées.

Compléments

  • L’Organisation maritime internationale (OMI) réunit 176 États membres et trois territoires associés : Hong-Kong, Macao et les îles Féroé.

  • Le FIPOL, Fonds d’indemnisation pour la pollution par les hydrocarbures, a été instauré en 1971 et fonctionne effectivement depuis 1978.

Astuce mémo

Sécurité maritime, climat et commerce : trois terrains d’action mondiale

7. Organisations européennes de coopération

Notions clés & Définitions

  • Droit à un environnement sain : Droit consacré de manière prétorienne par la Cour européenne des droits de l’homme, avec une dimension substantielle et une dimension procédurale.

Points essentiels

  • Le Conseil de l’Europe, institué par le traité de Londres du 5 mai 1949, réunit aujourd’hui 46 États membres et ne dispose pas d’un pouvoir normatif propre.

  • Les trois conventions environnementales du Conseil de l’Europe actuellement en vigueur sont l’Accord européen sur certains détergents de 1968, la Convention de Berne de 1979 et la Convention de Florence sur le paysage de 2000, entrée en vigueur le 1er mars 2004.

  • Les trois types d’activités environnementales de l’OCDE sont:

    • la diffusion et les échanges de connaissances
    • l’adoption de décisions et recommandations
    • l’évaluation et le suivi des politiques publiques
  • L’examen par les pairs de l’OCDE évalue une politique publique à partir de données du Secrétariat, au regard des principes et recommandations de l’Organisation, puis aboutit à un rapport public auquel l’État audité peut répondre dans les deux ans.

Astuce mémo

Conseil de l’Europe : conventions limitées ; OCDE : expertise et évaluation

8. Compétences environnementales de l’Union

Notions clés & Définitions

  • Principe de proportionnalité : Impose que le contenu et la forme de l’action de l’Union n’excèdent pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traités.
  • Principe de subsidiarité : Signifie que l’Union européenne n’intervient que si elle peut être plus efficace que les États membres.

Points essentiels

📌 Le principe d’attribution signifie que l’Union européenne ne dispose que des compétences que ses États membres lui ont attribuées par les traités.

  • Les catégories de compétences de l’Union européenne sont: les compétences exclusives, les compétences nationales résiduelles, les compétences d’appui ou de complément, les compétences partagées avec les États membres

  • L’Acte unique européen de 1986 a introduit les dispositions spécifiques fondant l’action environnementale de la CEE, tandis que le traité de Maastricht de 1992 a consacré une véritable politique environnementale reposant notamment sur la prévention, le pollueur-payeur et la précaution.

Astuce mémo

Attribution → catégorie de compétence → proportionnalité → subsidiarité → base juridique

9. Institutions européennes de l’environnement

Notions clés & Définitions

  • Agences européennes : Organismes de droit public européen, distincts des institutions et dotés d’une personnalité juridique propre, créés pour accomplir une tâche technique, scientifique ou de gestion spécifique.

★ À maîtriser

  • Le Conseil européen réunit les chefs d’État ou de gouvernement des 27 États membres, son président et le président de la Commission, et donne les impulsions politiques nécessaires au développement de l’Union.

  • La Commission européenne dispose du quasi-monopole de la proposition législative, d’un pouvoir d’exécution et d’une fonction de contrôle du respect du droit de l’Union.

  • Le Pacte vert présenté par la Commission en décembre 2019 vise une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 d’ici 2030 et la neutralité carbone en 2050.

📌 Dans la procédure législative ordinaire, le Conseil des ministres et le Parlement européen adoptent conjointement les actes européens, tandis que le vote du Conseil repose en principe sur une majorité qualifiée de 55 % des États représentant 65 % de la population de l’Union.

Compléments

  • L’Agence européenne pour l’environnement a été créée par le règlement (CEE) n° 1210/90 du 7 mai 1990, est opérationnelle depuis 1994 et siège à Copenhague.

Astuce mémo

C-C-C-P-A-J : Conseil européen, Commission, Conseil, Parlement, Agences, Juge

10. Juge de l’Union et protection environnementale

★ À maîtriser

  • La Cour de justice de l’Union européenne comprend la Cour de justice, qui fonctionne depuis 1952, et le Tribunal de l’Union, créé en 1988 et entré en fonction en septembre 1989.

  • Les principales voies de recours sont:

    • le recours en manquement
    • le recours en annulation
    • le recours en carence
    • le renvoi préjudiciel

📌 Le juge de l’Union admet qu’une protection environnementale puisse justifier une entrave à la libre circulation des marchandises si la mesure est non discriminatoire et proportionnée à l’objectif poursuivi.

Compléments

  • Depuis le 1er octobre 2024, le Tribunal de l’Union peut connaître, à titre dérivé, de certains renvois préjudiciels, notamment ceux concernant le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre.

  • Dans l’affaire de la mine de lignite de Turów, la Cour a ordonné à la Pologne de cesser l’extraction le 21 mai 2021, puis lui a infligé une astreinte journalière de 500 000 euros à partir du 20 septembre 2021 pour non-respect de cette injonction.

Astuce mémo

Interprétation proactive → protection environnementale renforcée → sanctions effectives

11. Souveraineté et rôle de l’État

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté de l’État : Compétence qu’il possède sur la base du droit international, et non un pouvoir d’agir sans limite.
  • Zone économique exclusive : Zone maritime pouvant s’étendre jusqu’à 200 milles depuis la côte, dans laquelle l’État côtier exerce une souveraineté limitée aux activités économiques, notamment à la pêche.

★ À maîtriser

  • L’État est une collectivité composée d’un territoire et d’une population soumis à un pouvoir politique organisé, caractérisée par la souveraineté.

  • La souveraineté étatique est limitée par les principes de la Charte de l’ONU, notamment l’interdiction du recours à la force, la non-ingérence et le règlement pacifique des différends, ainsi que par les principes essentiels du droit de l’environnement et les traités conclus par l’État.

Compléments

  • La Constitution française reconnaît la limitation de la souveraineté par le droit international, notamment dans son préambule et son article 88-2.

  • Le principe de souveraineté sur les ressources naturelles a été formalisé dans la Résolution 1803(XVII) de l’Assemblée générale de l’ONU du 14 décembre 1962.

Astuce mémo

Souveraineté ≠ liberté illimitée : elle s’exerce dans le cadre du droit international

12. Contraintes environnementales de l’État

Notions clés & Définitions

  • Responsabilités communes mais différenciées : Principe selon lequel tous les États contribuent à la dégradation de l’environnement, mais que leurs responsabilités et leurs efforts doivent varier selon leur rôle historique et leurs capacités respectives.
  • Utilisation non dommageable : Interdit à un État d’autoriser ou de mener sur son territoire des activités susceptibles de causer des dommages à d’autres États ou à des espaces ne relevant d’aucune juridiction nationale.
  • Obligation de coopération : Impose aux États de coordonner leur action environnementale internationale, notamment par l’information, la négociation et l’assistance.

★ À maîtriser

📌 Selon l’avis consultatif de la CIJ du 23 juillet 2025, la prévention des dommages transfrontières significatifs est une obligation coutumière de diligence requise : l’État doit faire de son mieux, en fonction de ses capacités, pour prévenir le dommage sans garantir un résultat.

Compléments

📌 Une évaluation de l’impact sur l’environnement est obligatoire en droit international général lorsqu’une activité industrielle projetée risque d’avoir un impact préjudiciable important dans un contexte transfrontière, notamment sur une ressource partagée. — CIJ, Usines de pâte à papier sur le fleuve Uruguay, 20 avril 2010

Astuce mémo

U-C-C : Utilisation non dommageable, Conservation, Coopération

13. Émergence des acteurs infra-étatiques

★ À maîtriser

  • L’émergence internationale des acteurs privés est particulièrement visible depuis le début des années 2000 et concerne notamment les entreprises multinationales, les ONG et les individus.

Compléments

  • La mondialisation, Internet et l’affaiblissement de la capacité d’action des États ont facilité l’irruption des acteurs infra-étatiques sur la scène environnementale internationale.

📌 Les collectivités publiques comme les villes et les régions sont techniquement rattachées aux acteurs infra-étatiques, mais le droit international et européen les envisage le plus souvent à travers l’État.

Astuce mémo

ONG, multinationales, individus : ordre d’apparition sur la scène internationale

14. Rôle des organisations non gouvernementales

Notions clés & Définitions

  • Organisation non gouvernementale : Groupement ou association sans but lucratif créé par des particuliers pour contribuer à la solidarité humaine, notamment dans le domaine de l’environnement.

★ À maîtriser

  • Depuis le Sommet de la Terre de Rio de 1992, de nombreuses ONG environnementales disposent d’un statut d’observateur auprès de l’ONU et de l’Union européenne, sans droit de vote mais avec des possibilités variables de prise de parole et de proposition d’amendements.

  • 🔄 Les ONG influencent le droit environnemental en: développant une expertise, participant à l’élaboration et au suivi des normes, soumettant parfois des mémoires d’Amicus Curiae, saisissant les tribunaux comme lanceurs d’alerte

Compléments

  • Il existerait plus de 25 000 ONG dans le monde, parmi lesquelles Greenpeace, Les Amis de la Terre et le World Wild Fund sont particulièrement connues pour la protection de l’environnement.

Astuce mémo

ONG parties prenantes dans les normes, puis lanceurs d’alerte devant le juge

15. Multinationales et responsabilité environnementale

★ À maîtriser

  • Les multinationales sont à l’origine de 80 % des déchets plastiques qui finissent dans les océans et représentent 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon les données citées dans le cours.

  • La Déclaration de Johannesburg de 2002 reconnaît le rôle des entreprises dans le développement durable et leur application du principe pollueur-payeur les oblige à réparer les conséquences environnementales d’une activité dangereuse.

Compléments

  • Les principales multinationales identifiées comme pollueurs des déchets plastiques sont:

    • Coca-Cola
    • Pepsi
    • Nestlé
    • Unilever
  • La norme ISO 14 001 concerne le management environnemental et peut faire l’objet d’une certification par un organisme indépendant agréé, et non par l’Organisation internationale de normalisation elle-même.

Astuce mémo

Activités industrielles → pollutions ; engagements volontaires → protection environnementale

16. Responsabilité sociale des entreprises

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité sociale des entreprises : Contribution des entreprises au développement durable, intégrant volontairement des préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités avec leurs partenaires et leurs clients.
  • Responsabilité sociale des entreprises : Contribution volontaire des entreprises au développement durable, intégrant dans leur activité et leurs relations avec leurs partenaires et clients des préoccupations sociales, environnementales et économiques, sous un encadrement juridique croissant.
  • Greenwashing : Fait pour une entreprise de présenter une démarche environnementale qui ne correspond pas réellement à ses pratiques afin d’améliorer son image.

Points essentiels

  • Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, notifié à l’ONU le 27 janvier 2025, est devenu officiellement effectif le 27 janvier 2026 après respect du délai de préavis d’un an prévu par l’article 28.

  • La coalition « America Is All In », successeure de « We Are Still In », rassemble des États fédérés, des villes, des universités et des entreprises souhaitant maintenir des engagements climatiques malgré la défaillance de l’exécutif fédéral américain.

  • La RSE peut procurer à l’entreprise des avantages stratégiques, économiques et sociaux, notamment une meilleure image de marque, la pérennisation de ses activités, des performances accrues et un dialogue social renforcé.

  • Selon une étude récente d’une entreprise britannique de consultants, une controverse peut faire diminuer la valorisation d’une entreprise jusqu’à 28 % en peu de temps.

Astuce mémo

Engagement volontaire → réputation, financement et encadrement juridique

17. Encadrement international et européen de la RSE

Notions clés & Définitions

  • Global Compact : Le Global Compact, créé au niveau de l’ONU en 2000, est un instrument non contraignant réunissant l’ONU, des ONG et des multinationales autour de dix principes relatifs aux droits de l’homme, aux droits sociaux, à l’environnement et à la lutte contre la corruption.
  • Principes directeurs de l’OCDE : Les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales encadrent la conduite responsable des entreprises grâce à des points de contacts nationaux chargés de promouvoir les principes, de recevoir les saisines et d’organiser une médiation ou une conciliation.

★ À maîtriser

  • La directive européenne 2014/95/UE du 22 octobre 2014 imposait aux groupes de plus de 500 salariés de publier des informations sur leurs impacts environnementaux et sociaux, les droits de l’homme et la lutte contre la corruption.

  • La directive CSRD (UE) 2022/2464 du 14 décembre 2022 a remplacé la NFRD, étendu progressivement le reporting extra-financier et imposé le principe de double matérialité, qui prend en compte l’impact de l’entreprise sur l’environnement et la société ainsi que l’impact inverse.

📌 La directive européenne CSDDD, adoptée le 24 mai 2024, impose aux grandes entreprises un devoir de vigilance sur l’ensemble de leur chaîne d’activités, notamment les filiales, fournisseurs et sous-traitants, en matière de droits humains et d’environnement.

Compléments

  • En France, le point de contact national est rattaché à Bercy et associe des représentants de l’État, des principaux syndicats et des entreprises, mais pas des ONG.

  • Le 24 février 2026, le Conseil a formellement approuvé le texte révisé de la CSDDD, fixant l’échéance de transposition au 26 juillet 2028 et l’application effective, selon les vagues d’entreprises, entre 2029 et 2031.

Astuce mémo

Reporting : informer ; devoir de vigilance : prévenir et agir

18. Individu et droit international environnemental

Notions clés & Définitions

  • Protection diplomatique : Permet à un État de décider d’agir au nom de son ressortissant victime d’un dommage dans un pays étranger et incapable d’agir lui-même.

★ À maîtriser

  • La Convention d’Aarhus du 25 juin 1998 consacre principalement des droits procéduraux environnementaux relatifs à l’accès à l’information, à la participation du public au processus décisionnel et à l’accès à la justice.

  • À l’échelle internationale, les individus ne peuvent actuellement saisir directement ni la Cour internationale de justice, ni le Tribunal international du droit de la mer, ni le système de règlement de l’OMC pour une question environnementale.

  • Pour l’avis consultatif du 23 juillet 2025, la Cour internationale de justice n’a admis que des États et des organisations internationales, tandis que la Cour interaméricaine des droits de l’homme a admis 613 entités, dont des individus et des représentants de la société civile, pour son avis 32/25 du 29 mai 2025.

📌 Depuis le traité de Lisbonne, l’initiative citoyenne européenne permet à un million de personnes appartenant à au moins sept États membres de demander à la Commission européenne d’envisager un texte nouveau ou la modification d’un texte existant, sans obliger la Commission à agir mais en l’obligeant à justifier son inaction.

📌 Tout citoyen européen peut adresser au Parlement européen une plainte ou une requête sur une question relevant du droit de l’Union, notamment en matière environnementale.

  • Pour dénoncer un manquement d’un État membre au droit de l’Union, un citoyen saisit la Commission européenne, qui peut enquêter puis engager une procédure en manquement susceptible d’être réglée par la Cour de justice.

📌 Un particulier directement et individuellement concerné par un acte européen peut en contester la légalité devant le Tribunal de l’Union, puis éventuellement former un pourvoi devant la Cour de justice.

📌 Tout règlement européen est directement invocable par un particulier devant un juge, tandis qu’un accord international conclu par l’Union ne bénéficie de l’effet direct que si la disposition invoquée est suffisamment précise et inconditionnelle.

  • Le projet de Pacte mondial pour l’environnement, élaboré en 2017, visait à lutter contre la fragmentation du droit international de l’environnement, à recenser des principes fondamentaux communs et à leur conférer une valeur contraignante.

  • L’article 1er du projet de Pacte mondial pour l’environnement reconnaissait à toute personne le droit de vivre dans un environnement écologiquement sain et propice à sa santé, à son bien-être, à sa dignité, à sa culture et à son épanouissement.

Compléments

  • Les juridictions régionales accessibles aux individus comprennent:

    • la Cour européenne des droits de l’homme
    • ses homologues africain et interaméricain
    • la Cour de justice de l’Union européenne
  • Les dispositions de la Convention d’Aarhus ne bénéficient pas actuellement de l’effet direct, mais les juges nationaux doivent interpréter le droit national à sa lumière.

Astuce mémo

CIJ fermée aux individus, juridictions régionales progressivement ouvertes

Tableaux de synthèse

Acteurs et qualité juridique

CatégorieQualité de sujetRôle environnemental
ÉtatsSujets primairesCréent les organisations et prennent des engagements
Organisations internationalesSujets secondairesCoordonnent, produisent des normes et contrôlent
ONG, multinationales et individusNormalement non-sujetsInfluencent l’élaboration et l’application du droit

Organisations européennes et environnement

OrganisationInstrument principalEffet environnemental
Conseil de l’EuropeConventions internationales et jurisprudence de la Cour EDHProtection de la nature et droit à un environnement sain
OCDERecommandations, indicateurs et examens par les pairsDiffusion, évaluation et influence sans contrainte directe
Union européenneRèglements, directives, décisions et jurisprudencePolitique environnementale normative et contraignante

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Acteurs supra-étatiques de l’environnement avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction caractérise les acteurs et les sujets du droit international de l’environnement ?

2. Selon la formule de la CPJI dans l’affaire Compétence des tribunaux de Dantzig, quelle est la règle concernant les sujets du droit international ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Acteurs supra-étatiques de l’environnement avec 10 flashcards interactives.

Quelle différence existe-t-il entre acteurs et sujets du droit international ?

Les acteurs défendent des intérêts, les sujets ont des droits et obligations.

Quels sont les sujets du droit international selon la CPJI en 1928 ?

Les États, sauf si un traité donne des droits aux particuliers.

Qu'est-ce qu'une organisation internationale selon sa définition juridique ?

Une association d’États constituée par traité avec une personnalité juridique distincte.

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