QCM : Application de la loi et sources (67 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un règlement est contesté parce qu’il ne respecte pas une loi supérieure. Quel principe permet de comprendre pourquoi cette non-conformité affecte sa validité ?

La validité d’une norme dépend de son adoption par le même organe que la norme supérieure.
Les normes de rang différent ont une validité indépendante de leur conformité.
La norme supérieure conditionne la validité de la norme inférieure à sa conformité.
La norme inférieure fixe les conditions de formation de la norme supérieure.

La norme supérieure conditionne la validité de la norme inférieure à sa conformité.

Explication

Dans la hiérarchie des normes, la norme supérieure fixe les conditions de formation des normes inférieures et leur conformité conditionne leur validité. L’inversion des rangs, l’indépendance de validité et l’exigence d’un organe identique méconnaissent ce principe.

2. Pourquoi la Constitution est-elle qualifiée de loi fondamentale de l’État plutôt que de loi ordinaire ?

Elle est votée par le Parlement selon la procédure ordinaire applicable aux lois.
Elle est élaborée par le pouvoir exécutif selon une procédure administrative particulière.
Elle porte sur l’organisation de l’État, mais suit la même procédure que la loi ordinaire.
Elle est élaborée et révisée selon une procédure spéciale supérieure à celle de la loi ordinaire.

Elle est élaborée et révisée selon une procédure spéciale supérieure à celle de la loi ordinaire.

Explication

La Constitution se distingue notamment parce que son élaboration et sa révision suivent une procédure spéciale, supérieure à celle de la loi ordinaire. La procédure parlementaire ordinaire, le seul objet des règles et une procédure administrative ne rendent pas compte de cette distinction.

3. Un projet de révision constitutionnelle a été approuvé en termes identiques par les deux assemblées. Quelle étape permet ensuite de le ratifier selon la procédure prévue ?

Le faire voter une seconde fois par l’Assemblée nationale, puis le promulguer.
Le soumettre au référendum ou au Congrès réuni à Versailles, où les trois cinquièmes des suffrages exprimés sont requis.
Le promulguer après un vote à la majorité simple du Congrès réuni à Versailles.
Le soumettre au référendum ou au Conseil constitutionnel pour une ratification à la majorité des trois cinquièmes.

Le soumettre au référendum ou au Congrès réuni à Versailles, où les trois cinquièmes des suffrages exprimés sont requis.

Explication

Après un vote en termes identiques par chaque assemblée, la révision est ratifiée par référendum ou par le Congrès réuni à Versailles à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. La promulgation simple, le vote d’une seule assemblée et la ratification par le Conseil constitutionnel ne correspondent pas à cette procédure.

4. Quelle décision a intégré le préambule de la Constitution et les textes auxquels il renvoie dans le contrôle constitutionnel ?

La décision du 1er mars 2010.
La décision du 16 juillet 1971.
La décision du 10 décembre 2009.
La décision du 4 octobre 1958.

La décision du 16 juillet 1971.

Explication

C’est par sa décision du 16 juillet 1971 que le Conseil constitutionnel a intégré le préambule et les textes auxquels il renvoie. La date de 1958 renvoie à la Constitution et à la création du Conseil, tandis que 2009 et 2010 concernent la question prioritaire de constitutionnalité.

5. Une règle écrite est adoptée par le Parlement. Comment la qualifier au sens formel ?

Un décret d’application pris par une autorité administrative.
Un règlement émanant du Gouvernement.
Un texte international adopté par des États.
Une loi émanant du Parlement.

Une loi émanant du Parlement.

Explication

Au sens formel, la loi est une règle qui émane du Parlement. Le règlement émane du pouvoir exécutif ou d’une autorité administrative, tandis qu’un décret d’application est un acte réglementaire et qu’un texte international relève d’une autre catégorie.

6. Une règle est adoptée par le Gouvernement et intervient dans un domaine réglementaire. Quel critère la distingue de la loi ?

Son mode d’élaboration administratif, tandis que la loi se distingue par son auteur exécutif.
Son mode d’élaboration gouvernemental, le domaine étant le seul critère de distinction.
Son mode d’élaboration parlementaire, ainsi que son domaine d’intervention.
Son mode d’élaboration gouvernemental ou administratif, ainsi que son domaine d’intervention.

Son mode d’élaboration gouvernemental ou administratif, ainsi que son domaine d’intervention.

Explication

La loi et le règlement se distinguent à la fois par leur mode d’élaboration et par leur domaine d’intervention. L’origine parlementaire ne caractérise pas le règlement, et réduire la distinction au seul domaine omet le critère de l’auteur et de la procédure.

7. Lorsqu’une matière relève de l’article 34, quelle forme d’intervention la loi peut-elle prendre ?

Elle peut fixer des principes fondamentaux ou laisser au Parlement leur application par décret.
Elle peut déterminer des principes fondamentaux ou régler elle-même leur exécution administrative.
Elle peut fixer certaines règles ou déterminer des principes fondamentaux.
Elle peut fixer certaines règles ou prendre des décrets d’application.

Elle peut fixer certaines règles ou déterminer des principes fondamentaux.

Explication

L’article 34 prévoit que la loi fixe certaines règles et détermine les principes fondamentaux dans d’autres matières. Les décrets relèvent du pouvoir réglementaire et peuvent préciser l’exécution de la loi, mais ne constituent pas l’un de ses deux modes d’action.

8. Le Gouvernement veut adopter une ordonnance dans le domaine de la loi. Quelle séquence doit-il respecter pour que ses dispositions aient valeur législative ?

Obtenir une loi d’habilitation, faire adopter l’ordonnance par le Parlement, puis la promulguer par décret.
Adopter l’ordonnance en Conseil des ministres, puis demander au Parlement une loi d’habilitation et une ratification.
Obtenir une loi d’habilitation, adopter l’ordonnance, puis la faire ratifier par un décret d’application.
Obtenir une loi d’habilitation, adopter l’ordonnance en Conseil des ministres, puis la faire ratifier par une loi.

Obtenir une loi d’habilitation, adopter l’ordonnance en Conseil des ministres, puis la faire ratifier par une loi.

Explication

L’ordonnance suppose une habilitation parlementaire, est adoptée en Conseil des ministres, puis doit être ratifiée par une loi pour que ses dispositions aient valeur législative. Un décret d’application ne remplace pas cette ratification, et l’habilitation doit précéder l’adoption.

9. Une entreprise veut faire annuler un décret qu’elle estime illégal, sans attendre un procès portant sur son application. Quelle voie peut-elle engager directement ?

Un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif
Un renvoi de la question de légalité au juge administratif
Un recours en contrôle de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel
Une exception d’illégalité soulevée au cours d’un procès

Un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif

Explication

Le recours pour excès de pouvoir permet de demander directement au juge administratif l’annulation d’un règlement illégal, et les décrets relèvent en principe du Conseil d’État. L’exception d’illégalité intervient au cours d’un procès, le renvoi concerne le juge civil et le contrôle de constitutionnalité porte sur les lois.

10. Lors d’un procès, une partie soutient qu’un règlement invoqué contre elle est illégal et ne devrait pas être appliqué à son cas. Quel mécanisme utilise-t-elle ?

Le renvoi préjudiciel de légalité
L’exception d’illégalité
Le recours pour excès de pouvoir
Le contrôle de constitutionnalité

L’exception d’illégalité

Explication

L’exception d’illégalité permet, au cours d’un procès, de contester la légalité d’un règlement pour empêcher son application au justiciable concerné. Le recours pour excès de pouvoir vise directement l’annulation du règlement, tandis que le contrôle de constitutionnalité concerne une loi.

11. Dans trois affaires distinctes, une exception d’illégalité est soulevée devant un tribunal administratif, un tribunal correctionnel et un tribunal civil. Quelle description du traitement de ces contestations est correcte ?

Le juge administratif l’examine, le juge pénal renvoie en principe la question au juge administratif et le juge civil peut aussi l’examiner
Le juge administratif l’examine, le juge pénal peut aussi l’examiner et le juge civil renvoie en principe la question au juge administratif
Le juge administratif et le juge civil l’examinent, tandis que le juge pénal renvoie en principe la question au juge administratif
Les trois juges l’examinent et peuvent chacun annuler le règlement contesté

Le juge administratif l’examine, le juge pénal peut aussi l’examiner et le juge civil renvoie en principe la question au juge administratif

Explication

L’exception est recevable devant les juridictions administratives et le juge pénal peut également l’examiner ; le juge civil renvoie en principe la question à une juridiction administrative. L’idée que le juge civil dispose du pouvoir du juge pénal ou qu’il peut annuler le règlement confond les rôles des juridictions.

12. Une personne invoque, plusieurs années après l’adoption d’un règlement, son illégalité dans un procès. Quel effet peut-elle obtenir par cette exception, par opposition à un recours pour excès de pouvoir ?

Faire écarter le règlement pour tous les justiciables, sans l’annuler
Faire déclarer le règlement illégal uniquement s’il est contesté dans un délai bref
Faire écarter le règlement pour son cas, sans le faire annuler
Faire annuler le règlement avec effet général, malgré le délai écoulé

Faire écarter le règlement pour son cas, sans le faire annuler

Explication

L’exception d’illégalité peut être soulevée sans limite de temps, mais elle permet seulement d’empêcher l’application du règlement au justiciable concerné ; elle ne l’annule pas. L’annulation du règlement relève du recours pour excès de pouvoir, tandis que l’idée d’un délai bref méconnaît le caractère perpétuel de l’exception.

13. Quelle distinction décrit correctement les effets habituels des traités internationaux à l’égard des États et des particuliers ?

La plupart imposent des obligations aux particuliers, tandis que certains confèrent des droits aux États contractants
La plupart obligent les États contractants, mais certains accordent aux particuliers des droits invocables devant les tribunaux français
La plupart accordent aux particuliers des droits invocables, mais certains obligent les États contractants
Les traités obligent les États contractants sans pouvoir conférer de droits invocables aux particuliers

La plupart obligent les États contractants, mais certains accordent aux particuliers des droits invocables devant les tribunaux français

Explication

Les traités créent le plus souvent des obligations pour les États contractants, mais certains attribuent aux particuliers des droits qu’ils peuvent invoquer devant les tribunaux français. La réponse qui généralise les droits individuels inverse la fréquence habituelle, et celle qui exclut ces droits méconnaît les exceptions.

14. Un juge examine un traité ratifié et publié, mais l’État partenaire ne le met pas en œuvre et le traité ne prévoit pas d’application directe. Une partie demande que le traité prévale sur une loi française. Quelle condition manque pour que cette primauté s’impose ?

La publication du traité et son adoption par une juridiction française
La ratification du traité et son approbation par l’État partenaire
La compatibilité de la loi française avec le traité et l’accord du Parlement
La satisfaction de la condition de réciprocité et l’application directe du traité

La satisfaction de la condition de réciprocité et l’application directe du traité

Explication

L’article 55 donne au traité autorité sur les lois si le traité est ratifié et publié, si la réciprocité est satisfaite et s’il est d’application directe. La publication et la ratification ne remplacent donc ni la réciprocité ni l’application directe.

15. Une loi française antérieure à un traité d’application directe, ratifié, publié et satisfaisant à la réciprocité, contredit une de ses dispositions. Que doit faire le juge dans la mesure de cette contradiction ?

Appliquer la loi incompatible, considérée comme implicitement confirmée par le traité
Écarter la loi incompatible, considérée comme implicitement abrogée dans cette mesure
Écarter le traité incompatible, considéré comme implicitement abrogé par la loi
Annuler intégralement la loi incompatible, même pour ses dispositions sans rapport avec le traité

Écarter la loi incompatible, considérée comme implicitement abrogée dans cette mesure

Explication

Lorsque la loi antérieure contredit un traité d’application directe qui remplit les conditions requises, le juge écarte la loi incompatible ; celle-ci est considérée comme implicitement abrogée dans cette mesure. L’annulation intégrale dépasse cet effet, et la postériorité du traité ne conduit pas à l’écarter.

16. Quelles sont les dates d’adoption de la Convention européenne des droits de l’homme et de ratification par la France ?

Adoption le 4 novembre 1950 et ratification française le 3 mai 1975
Adoption le 3 mai 1974 et ratification française le 4 novembre 1950
Adoption le 4 novembre 1949 et ratification française le 3 mai 1974
Adoption le 4 novembre 1950 et ratification française le 3 mai 1974

Adoption le 4 novembre 1950 et ratification française le 3 mai 1974

Explication

La Convention a été adoptée le 4 novembre 1950 et la France l’a ratifiée le 3 mai 1974. L’inversion des dates confond les deux étapes, tandis que les autres propositions modifient l’année de l’une d’elles.

17. Comment distingue-t-on le droit originaire du droit dérivé de l’Union européenne ?

Le droit originaire regroupe les décisions, le droit dérivé les traités fondateurs
Le droit originaire provient des organes de l’Union, le droit dérivé des traités
Le droit originaire provient des traités, le droit dérivé des normes des organes de l’Union
Le droit originaire est national, le droit dérivé est constitué des traités entre États

Le droit originaire provient des traités, le droit dérivé des normes des organes de l’Union

Explication

Le droit originaire comprend les traités fondamentaux et ultérieurs entre États membres, tandis que le droit dérivé émane des organes de l’Union. Attribuer les traités aux organes ou inverser ces sources confond les deux catégories.

18. Quelles sont les trois catégories de normes dérivées distinguées par l’article 189 du traité ?

Le règlement, la directive et la recommandation
Le traité, la directive et la décision
Le règlement, la directive et la décision
Le règlement, la Commission et la décision

Le règlement, la directive et la décision

Explication

L’article 189 distingue le règlement, la directive et la décision. La recommandation n’appartient pas à cette liste, la Commission est une institution, et le traité relève du droit originaire.

19. Une entreprise invoque une disposition d’un traité de l’Union qui est claire, inconditionnelle et suffisamment précise, sans qu’une mesure nationale ait été adoptée : quelle conséquence s’applique ?

La disposition reste sans effet tant qu’une mesure nationale d’exécution n’est pas adoptée
La disposition doit être reprise dans un règlement national avant de s’appliquer
La disposition doit être transposée par une loi nationale avant de s’appliquer
La disposition peut s’appliquer directement dans l’ordre juridique national

La disposition peut s’appliquer directement dans l’ordre juridique national

Explication

Une disposition de traité claire, inconditionnelle et suffisamment précise peut s’appliquer par elle-même, sans mesure nationale d’exécution. Exiger une transposition ou une mesure nationale méconnaît les conditions d’applicabilité directe.

20. Un État membre reçoit une directive qui fixe un objectif à atteindre : quelle obligation lui incombe ?

Prendre des mesures nationales pour transposer les objectifs fixés
Considérer les objectifs comme de simples recommandations facultatives
Attendre qu’un règlement remplace la directive pour agir
Appliquer la directive sans adopter de mesures nationales

Prendre des mesures nationales pour transposer les objectifs fixés

Explication

La directive lie les États membres quant aux objectifs à atteindre et leur impose de prendre des mesures nationales de transposition. L’application sans mesure nationale confond la directive avec le règlement, tandis que la réduire à un conseil nie sa force obligatoire.

21. Un litige concerne des faits survenus à Lyon, sans élément d’extranéité ni exception particulière : quel principe détermine l’application de la loi française ?

Le droit local alsacien-mosellan détermine en principe la loi applicable
La loi française s’applique en principe sur l’ensemble du territoire français
Un traité d’harmonisation doit fournir les règles communes applicables
Une règle de conflit doit désigner la loi d’un État étranger

La loi française s’applique en principe sur l’ensemble du territoire français

Explication

Le principe de territorialité prévoit que la loi française, au sens large, s’applique en principe à l’ensemble du territoire français. Une règle de conflit suppose un élément d’extranéité, et le droit local alsacien-mosellan constitue une exception territoriale particulière.

22. Dans un litige, que désigne un élément d’extranéité ?

La localisation d’un bien en dehors du territoire du juge
La divergence entre les lois nationales applicables au litige
Un lien de rattachement du litige avec plusieurs États
La nationalité étrangère de l’une des parties au litige

Un lien de rattachement du litige avec plusieurs États

Explication

Un élément d’extranéité est un lien de rattachement du litige avec plusieurs États. La nationalité d’une partie ou la localisation d’un bien peuvent constituer des indices de rattachement, mais ne définissent pas à eux seuls la notion.

23. Un juge est saisi d’un litige international. Quelle méthode désigne la loi nationale applicable sans régler directement le fond, et quelle méthode établit des règles communes par traité ?

L’harmonisation désigne la loi applicable ; la règle de conflit établit des règles communes
L’harmonisation choisit une loi nationale ; la règle de conflit unifie les règles
La règle de conflit tranche le fond ; l’harmonisation désigne une loi nationale
La règle de conflit désigne la loi applicable ; l’harmonisation établit des règles communes

La règle de conflit désigne la loi applicable ; l’harmonisation établit des règles communes

Explication

La règle de conflit désigne la loi nationale applicable sans résoudre directement le litige, tandis que l’harmonisation établit des règles communes par traité. Inverser ces méthodes confond le choix d’une loi avec l’unification de règles.

24. En Alsace-Moselle, une loi française a été adoptée après la réintégration du territoire, dans une matière qui n’est pas régie par le droit local : comment s’applique-t-elle ?

Elle exige une intégration expresse par décret ou par loi
Elle s’applique automatiquement
Elle demeure inapplicable en raison du maintien du droit local
Elle s’applique après une transposition par les autorités locales

Elle s’applique automatiquement

Explication

En Alsace-Moselle, les lois françaises postérieures à la réintégration s’appliquent automatiquement, sauf dans les matières régies par le droit local. L’intégration expresse concerne les lois antérieures à la réintégration, et non celles du cas présenté.

25. Une loi a été votée, mais elle n’a pas encore été promulguée ni publiée. Quelle condition nécessaire à son entrée en vigueur fait encore défaut ?

La promulgation seule
La promulgation et la publication
La date d’adoption parlementaire
La publication seule

La promulgation et la publication

Explication

L’entrée en vigueur est subordonnée à la promulgation et à la publication. L’adoption parlementaire ne remplace pas ces deux formalités, et chacune des deux, prise isolément, est insuffisante.

26. Quelle opération le chef de l’État accomplit-il lorsqu’il promulgue une loi ?

Il constate le vote définitif du Parlement et ordonne l’exécution de la loi.
Il adopte définitivement le texte à la place du Parlement.
Il fixe nécessairement la date d’entrée en vigueur de la loi.
Il rend le texte accessible au public par sa publication.

Il constate le vote définitif du Parlement et ordonne l’exécution de la loi.

Explication

La promulgation constate que le Parlement a définitivement voté la loi et en ordonne l’exécution par décret. La mise à disposition du public relève de la publication, tandis que le vote définitif revient au Parlement.

27. Une loi nécessite un décret pour organiser sa mise en œuvre, et son application sans ce décret est manifestement impossible. Quand peut-elle entrer en vigueur ?

À l’intervention du décret d’application
Le lendemain de sa promulgation
À la date du vote définitif du Parlement
Dès sa publication, même sans décret

À l’intervention du décret d’application

Explication

Lorsque l’application de la loi sans décret est manifestement impossible, son entrée en vigueur peut être retardée jusqu’à l’intervention du décret. La règle du lendemain de la publication ne neutralise pas ce retard prévu pour permettre sa mise en œuvre.

28. Une loi est publiée le 10 avril et ne prévoit pas de date différée ni de condition particulière. À quelle date entre-t-elle en vigueur selon la règle générale ?

Le 10 avril
Le 11 avril
À la date de promulgation
Le 12 avril

Le 11 avril

Explication

Selon la règle générale de l’article 1er du Code civil, une loi entre en vigueur le lendemain de sa publication : après une publication le 10 avril, elle entre donc en vigueur le 11 avril. Le 10 avril correspond au jour de publication, non au lendemain.

29. Une loi nouvelle prétend modifier les effets déjà produits par une situation juridique avant son entrée en vigueur. Quel principe de l’article 2 du Code civil s’y oppose ?

Le principe d’application immédiate
Le principe d’abrogation tacite
Le principe de promulgation préalable
Le principe de non-rétroactivité

Le principe de non-rétroactivité

Explication

L’article 2 du Code civil pose que la loi ne dispose que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif. L’application immédiate concerne les effets futurs des situations en cours, et non la modification d’effets déjà produits.

30. Une loi civile prévoit expressément une rétroactivité, mais le motif d’intérêt général invoqué est insuffisant. Quelle exigence, posée par le Conseil constitutionnel, n’est pas satisfaite ?

Un motif d’intérêt général suffisant
Une publication antérieure à la rétroactivité
Une décision du Parlement constatant l’urgence
L’accord préalable des personnes concernées

Un motif d’intérêt général suffisant

Explication

Une disposition rétroactive doit répondre à un motif d’intérêt général suffisant, selon le Conseil constitutionnel du 18 décembre 2001. La seule mention expresse de la rétroactivité ne satisfait pas cette exigence.

31. Une personne a commis une infraction avant l’entrée en vigueur d’une loi pénale plus douce, et son procès n’est pas encore définitivement jugé. Quelle loi s’applique ?

La loi en vigueur au moment de l’infraction
La loi la plus sévère entre les deux
La loi en vigueur au jour de l’ouverture du procès
La loi pénale nouvelle plus douce

La loi pénale nouvelle plus douce

Explication

Une loi pénale nouvelle plus douce s’applique aux infractions antérieures qui n’ont pas encore été définitivement jugées. La non-rétroactivité défavorable ne fait pas obstacle à cette application plus favorable à la personne poursuivie.

32. Un droit est acquis lors d’un événement ponctuel le 3 juin, puis une loi nouvelle entre en vigueur le 8 juin. Quelle loi détermine l’acquisition de ce droit ?

La loi en vigueur le 8 juin
La loi en vigueur à la date du litige
La loi en vigueur le 3 juin
La loi en vigueur à la date de la demande

La loi en vigueur le 3 juin

Explication

Pour un événement ponctuel comme l’acquisition d’un droit, la loi applicable est celle en vigueur au moment où l’événement se réalise. La date ultérieure d’entrée en vigueur de la loi nouvelle ne change pas la loi applicable à cet événement passé.

33. Quelle condition distingue une coutume d’un simple usage répété ?

La formulation de l’usage sous forme d’adage
La répétition régulière de l’usage dans le temps
L’ancienneté de l’usage dans un milieu déterminé
La croyance commune que l’usage est juridiquement obligatoire

La croyance commune que l’usage est juridiquement obligatoire

Explication

La coutume réunit une pratique et la croyance commune en son caractère juridiquement obligatoire. La répétition décrit un usage, l’ancienneté est un critère de diffusion temporelle et l’adage est une forme possible de règle coutumière.

34. Dans une profession, une pratique est largement suivie depuis peu, mais de façon régulière. Quel critère nécessaire à la formation d’une coutume fait encore défaut ?

Une répétition régulière de la pratique
Une pratique réservée à un milieu professionnel
Une diffusion suffisante dans le temps
Une diffusion dans l’ensemble du pays

Une diffusion suffisante dans le temps

Explication

L’usage doit être à la fois suffisamment répandu dans l’espace et ancien et régulièrement suivi dans le temps. Une pratique professionnelle peut satisfaire au critère spatial sans concerner toute la population; la régularité est déjà présente dans le cas décrit.

35. Dans un milieu professionnel, les membres suivent habituellement une pratique et estiment que son non-respect peut être sanctionné par le droit. Quel élément de la coutume cette conviction constitue-t-elle ?

La formulation coutumière
L’élément matériel
L’élément psychologique
La diffusion temporelle

L’élément psychologique

Explication

L’élément psychologique est la croyance commune que l’usage est juridiquement obligatoire et susceptible d’être sanctionné. Le comportement observable relève de l’élément matériel, tandis que l’ancienneté concerne la diffusion dans le temps et l’adage est une formule.

36. Comment qualifie-t-on une coutume à laquelle une disposition légale renvoie expressément ou implicitement ?

Une coutume contra legem
Une coutume praeter legem
Une coutume autonome
Une coutume secundum legem

Une coutume secundum legem

Explication

La coutume secundum legem est celle à laquelle la loi renvoie, expressément ou implicitement, ce qui en fait une source de droit incontestable. Praeter legem comble une lacune, contra legem prétend écarter une règle légale, et « autonome » ne désigne pas une coutume déléguée par la loi.

37. Un contrat ne précise pas une pratique contractuelle habituelle dans le milieu professionnel concerné. Quel principe de l’article 1194 du Code civil permet de tenir les parties à cette pratique ?

Les obligations comprennent uniquement les clauses expressément inscrites au contrat
Les obligations comprennent les suites que l’usage donne à l’obligation selon sa nature
Les obligations comprennent les pratiques suivies dans tout secteur professionnel
Les obligations comprennent les usages qui contredisent une règle légale impérative

Les obligations comprennent les suites que l’usage donne à l’obligation selon sa nature

Explication

L’article 1194 prévoit que les parties sont tenues de ce qui est exprimé au contrat ainsi que des suites que l’équité, l’usage ou la loi donne à l’obligation d’après sa nature. Une pratique n’a pas besoin d’être écrite dans le contrat, et le texte ne consacre pas l’éviction d’une règle impérative ni les usages de tous les secteurs.

38. Une pratique reconnue comme obligatoire règle une question que la loi n’a pas traitée, sans contredire une disposition légale. De quel type de coutume s’agit-il ?

Une coutume secundum legem
Une coutume contra legem
Une coutume conventionnelle
Une coutume praeter legem

Une coutume praeter legem

Explication

La coutume praeter legem comble une lacune de la loi et est reconnue comme obligatoire. La coutume secundum legem suppose un renvoi légal, tandis que contra legem prétend écarter une règle existante; une coutume conventionnelle renvoie à un autre contexte.

39. Deux débiteurs commerciaux sont liés par une obligation, sans convention sur la solidarité. Quelle règle s’applique par présomption ?

La solidarité entre les débiteurs est présumée
La solidarité dépend d’un renvoi légal au contrat
La solidarité dépend d’une stipulation écrite des débiteurs
La solidarité entre les débiteurs n’est pas présumée

La solidarité entre les débiteurs est présumée

Explication

En matière commerciale, la solidarité entre débiteurs est présumée en l’absence de convention contraire. La règle civile est différente, car la solidarité ne s’y présume pas; exiger une stipulation écrite inverse la présomption commerciale.

40. Quelle mission la Cour de cassation exerce-t-elle à l’égard des juridictions inférieures ?

Trancher elle-même le litige initial à la place des juridictions inférieures
Contrôler l’application et l’interprétation du droit, et contribuer à les unifier
Annuler toute décision contestée sans examiner le raisonnement juridique
Réexaminer les faits et substituer son appréciation à celle des juges du fond

Contrôler l’application et l’interprétation du droit, et contribuer à les unifier

Explication

La Cour contrôle la bonne application et l’interprétation de la règle de droit et contribue à unifier cette interprétation. Réexaminer les faits confond son rôle avec celui des juges du fond, tandis qu’annuler toute décision ou trancher directement le litige déforme sa mission.

41. Une partie forme un pourvoi en cassation et demande à la Cour de réexaminer le litige dans son ensemble : quelle caractéristique du pourvoi s’y oppose ?

Le pourvoi empêche la Cour de contrôler la conformité juridique de la décision
Le pourvoi n’a pas d’effet dévolutif et ne crée pas un troisième degré de juridiction
Le pourvoi transfère l’ensemble du litige à la Cour pour un nouvel examen au fond
Le pourvoi ouvre une nouvelle instance où les faits et le droit sont réévalués

Le pourvoi n’a pas d’effet dévolutif et ne crée pas un troisième degré de juridiction

Explication

Le pourvoi en cassation ne dévolue pas le litige à la Cour et ne fait pas d’elle un troisième degré de juridiction. L’effet dévolutif relève de la confusion avec l’appel, le nouvel examen au fond méconnaît l’office de la Cour et l’absence de contrôle juridique nie sa mission.

42. Dans un pourvoi, les faits matériels ont été constatés par les juges du fond, mais le demandeur conteste leur appréciation. Que contrôle en principe la Cour de cassation ?

L’appréciation juridique des faits par les seuls juges du fond
La conformité aux faits, en réévaluant leur matérialité et leur crédibilité
La conformité au droit, en tenant pour vrais les faits constatés par les juges du fond
La preuve de nouveau des faits devant la Cour de cassation

La conformité au droit, en tenant pour vrais les faits constatés par les juges du fond

Explication

La Cour contrôle la conformité au droit et tient en principe pour vrais les faits constatés par les juges du fond, souverains dans leur appréciation. Réévaluer leur matérialité confond les offices, tandis que confier le contrôle juridique aux juges du fond ou rouvrir la preuve déplace à tort le contrôle.

43. Une juridiction applique une règle de droit pertinente, mais sa décision n’explique pas suffisamment pourquoi les conditions de cette règle sont réunies. Que vérifie la Cour de cassation dans ce cas ?

Le choix de la règle, son application correcte et la suffisance des motifs
La véracité des faits, puis la substitution de sa propre appréciation
Le choix de la règle, sans examiner son application ni les motifs
Le résultat du litige, sans contrôler le raisonnement juridique

Le choix de la règle, son application correcte et la suffisance des motifs

Explication

Le contrôle porte sur le choix de la règle, son application et la suffisance de la motivation. Vérifier seulement le choix omet deux étapes, réévaluer les faits excède en principe l’office de la Cour, et contrôler uniquement le résultat néglige le raisonnement juridique.

44. Les motifs d’une décision ne précisent pas assez les faits constatés pour permettre de vérifier si la règle de droit a été respectée. Quel cas d’ouverture à cassation cela caractérise-t-il ?

Le défaut de base légale
La contestation de l’appréciation souveraine des faits
La dénaturation
La violation de la loi

Le défaut de base légale

Explication

Le défaut de base légale existe lorsque les constatations de fait sont insuffisantes pour permettre le contrôle de conformité au droit. La violation de la loi sanctionne une erreur sur la règle, la dénaturation concerne le sens clair d’un écrit, et l’appréciation souveraine des faits n’est pas en elle-même ce défaut.

45. Une décision expose des motifs, mais ceux-ci ne dégagent pas les faits nécessaires pour vérifier l’application de la loi. Quelle caractéristique décrit cette situation ?

Les motifs sont absents, de sorte que la décision ne comporte aucune justification
Les motifs établissent les faits nécessaires, mais la règle est interprétée à contresens
Les motifs énoncent une règle erronée, même si les faits sont suffisamment établis
Les motifs existent, mais les faits qu’ils dégagent ne permettent pas le contrôle juridique

Les motifs existent, mais les faits qu’ils dégagent ne permettent pas le contrôle juridique

Explication

Le défaut de base légale peut exister malgré la présence de motifs lorsque les faits nécessaires à l’application du droit n’ont pas été suffisamment dégagés. L’absence totale de justification n’est pas la même situation, et l’interprétation erronée ou l’énoncé d’une règle erronée relèvent d’une erreur de droit.

46. Une personne demande réparation sur le fondement de l’article 1240 du Code civil : quels éléments doit-elle établir pour satisfaire aux conditions de cette responsabilité ?

Un dommage et son montant, sans établir une faute
Une faute et son lien avec l’action, sans établir de dommage
Une faute, un dommage et un lien de causalité entre les deux
Une faute et un dommage, sans établir leur lien de causalité

Une faute, un dommage et un lien de causalité entre les deux

Explication

L’application de l’article 1240 requiert une faute, un dommage et un lien de causalité entre eux. Omettre le lien confond la causalité avec la simple coexistence des éléments, remplacer la faute par le montant du dommage néglige une condition distincte, et oublier le dommage laisse incomplètes les conditions.

47. Dans un litige fondé sur l’article 1240, les juges affirment que la faute et le dommage suffisent, en écartant le lien de causalité comme condition. Quelle qualification convient ?

Un défaut de base légale, car les faits relatifs au dommage sont insuffisamment décrits
Une dénaturation, car le sens d’un écrit clair est méconnu
Une absence d’effet dévolutif, car le litige n’est pas réexaminé au fond
Une violation de la loi, car les conditions juridiques énoncées sont erronées

Une violation de la loi, car les conditions juridiques énoncées sont erronées

Explication

Écarter le lien de causalité revient à énoncer des conditions juridiques erronées : il s’agit d’une violation de la loi. Le défaut de base légale concerne des constatations insuffisantes sur des conditions reconnues, la dénaturation suppose un écrit clair méconnu, et l’effet dévolutif ne qualifie pas cette erreur.

48. Dans une décision, quelle partie énonce la solution rendue pour l’affaire et quelle partie en justifie le raisonnement ?

Le dispositif énonce la solution, tandis que les motifs rapportent les arguments des parties.
Les motifs énoncent la solution, tandis que le dispositif la justifie.
Les motifs énoncent la solution générale, tandis que le dispositif fixe une règle pour les affaires futures.
Le dispositif énonce la solution, tandis que les motifs la justifient.

Le dispositif énonce la solution, tandis que les motifs la justifient.

Explication

Le dispositif tranche l’affaire, tandis que les motifs exposent le raisonnement qui justifie cette solution et peut servir de modèle. Inverser les rôles confond dispositif et motifs ; les arguments des parties ne définissent pas les motifs ; une règle générale pour l’avenir n’est pas le rôle du dispositif.

49. Un juge rédige une motivation formulée de manière générale, détachée des faits particuliers du litige et susceptible d’être reprise dans d’autres affaires. De quel type d’arrêt s’agit-il ?

D’un arrêt de principe.
D’un arrêt fondé sur les seules circonstances de l’espèce.
D’un arrêt dont le dispositif formule une règle générale.
D’un arrêt qui édicte une loi applicable à tous.

D’un arrêt de principe.

Explication

Un arrêt de principe comporte une motivation assez générale et détachée de l’espèce pour pouvoir être reprise par d’autres juges. Le dispositif tranche l’affaire, une motivation attachée aux faits ne présente pas cette généralité, et l’arrêt ne devient pas une loi.

50. Saisi d’un litige sur lequel la loi est silencieuse, un juge doit néanmoins rendre une décision. Quelle fonction de la jurisprudence exerce-t-il en apportant une réponse ?

La fonction législative.
La fonction d’adaptation.
La fonction d’interprétation d’un texte obscur.
La fonction de suppléance.

La fonction de suppléance.

Explication

La fonction de suppléance consiste à répondre lorsque la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante, conformément à l’interdiction du déni de justice. L’adaptation concerne le vieillissement des textes ; le juge ne remplace pas le législateur ; interpréter un texte obscur ne rend pas compte ici du silence de la loi.

51. Un juge interprète un texte ancien en tenant compte des nécessités actuelles, quitte à lui donner un sens différent de celui envisagé à l’origine par le législateur. Quelle fonction exerce-t-il ?

La fonction de création en l’absence de texte.
La fonction d’adaptation.
La fonction de suppléance.
La fonction d’abrogation.

La fonction d’adaptation.

Explication

La fonction d’adaptation permet aux juges d’ajuster des textes anciens aux nécessités actuelles, parfois en leur attribuant un sens différent de celui initialement prévu. La suppléance répond à l’absence ou à l’insuffisance de la loi ; adapter un texte ne l’abroge pas ; la création en l’absence de texte relève de la suppléance.

52. Comment désigne-t-on l’ensemble des opinions de juristes, notamment de professeurs, de magistrats et d’avocats, sur des questions juridiques ?

La législation.
La jurisprudence.
La coutume.
La doctrine.

La doctrine.

Explication

La doctrine regroupe les opinions émises par les juristes sur des questions de droit. La jurisprudence désigne les décisions de justice, la législation les textes adoptés par le législateur et la coutume des usages reconnus comme règles.

53. Même lorsque les juristes s’accordent sur une interprétation, quel statut la doctrine conserve-t-elle tout en pouvant influencer le droit positif ?

Elle acquiert la même force obligatoire qu’une loi votée.
Elle s’impose aux tribunaux dès qu’elle influence leurs décisions.
Elle devient une source de droit dès que les juristes sont unanimes.
Elle influence le droit positif sans constituer une source de droit.

Elle influence le droit positif sans constituer une source de droit.

Explication

La doctrine peut influencer le droit positif, la loi et la jurisprudence sans devenir pour autant une règle de droit, même si elle est unanime. L’unanimité ne vaut pas adoption législative, et l’influence sur les tribunaux ne rend pas les opinions doctrinales obligatoires.

54. Une équipe de juristes commente une loi avant plusieurs procès, puis analyse après les jugements une série de décisions pour en dégager des lignes directrices. Comment caractériser ces deux interventions ?

En amont, elle propose une réforme ; en aval, elle remplace les décisions rendues.
En amont, elle explique et interprète la loi ; en aval, elle systématise les décisions.
En amont, elle rédige les jugements ; en aval, elle adopte les règles législatives.
En amont, elle systématise les décisions ; en aval, elle interprète la loi.

En amont, elle explique et interprète la loi ; en aval, elle systématise les décisions.

Explication

En amont des décisions, la doctrine explique et interprète la loi et peut proposer des règles adoptées par les tribunaux ; en aval, elle sélectionne et systématise les décisions pour en dégager des lignes directrices. Inverser les phases confond leurs rôles ; les juristes ne rédigent pas les jugements ni ne remplacent les décisions.

55. Des divergences apparaissent entre deux chambres de la Cour de cassation. Quelle formation est compétente pour favoriser une interprétation cohérente au sein de cette juridiction ?

L’Assemblée plénière
La juridiction de renvoi
La chambre mixte
Le procureur général près la Cour de cassation

La chambre mixte

Explication

La chambre mixte assure l’unification interne, c’est-à-dire entre les chambres de la Cour de cassation. L’Assemblée plénière concerne l’unification externe, la juridiction de renvoi statue sur le litige et le procureur général peut former un pourvoi dans l’intérêt de la loi.

56. Après une première cassation et un renvoi, la juridiction de renvoi reprend la thèse juridique de la décision cassée. Un nouveau pourvoi est ensuite formé sur les mêmes moyens de droit : quelle conséquence s’ensuit ?

L’Assemblée plénière doit être saisie
L’Assemblée plénière peut être saisie dès le premier pourvoi
La chambre ordinaire doit statuer sans nouvelle saisine
La chambre mixte doit être saisie

L’Assemblée plénière doit être saisie

Explication

La saisine de l’Assemblée plénière est obligatoire lorsque, après cassation et renvoi, la juridiction de renvoi reprend la thèse censurée et qu’un nouveau pourvoi repose sur les mêmes moyens de droit. Une première cassation seule ne suffit pas, et ce mécanisme ne désigne pas la chambre mixte.

57. Saisie après une décision de la chambre mixte, une juridiction de renvoi envisage de retenir une solution différente. Quelle est sa marge de manœuvre ?

Elle peut ne pas suivre la décision de la chambre mixte
Elle doit transmettre l’affaire à l’Assemblée plénière
Elle doit suivre la décision de la chambre mixte
Elle doit saisir à nouveau la chambre mixte avant de statuer

Elle peut ne pas suivre la décision de la chambre mixte

Explication

La décision de la chambre mixte ne lie pas la juridiction de renvoi, qui reste libre de ne pas la suivre. L’obligation de se conformer concerne une décision de l’Assemblée plénière, et non une nouvelle saisine automatique.

58. Quel recours le procureur général près la Cour de cassation peut-il former contre une décision rendue en dernier ressort manifestement contraire à la loi, afin de rappeler la bonne interprétation sans changer la situation des parties ?

Le pourvoi ordinaire en cassation
La saisine pour avis
L’appel dans l’intérêt des parties
Le pourvoi dans l’intérêt de la loi

Le pourvoi dans l’intérêt de la loi

Explication

Le pourvoi dans l’intérêt de la loi est formé par le procureur général contre une décision rendue en dernier ressort manifestement contraire à la loi, pour rappeler l’interprétation correcte sans modifier la situation des parties. Le pourvoi ordinaire vise la contestation par les parties, tandis que la saisine pour avis porte sur une difficulté d’interprétation.

59. Quelle conséquence le principe de séparation des pouvoirs tire-t-il de la répartition des compétences législatives entre le Parlement et le Gouvernement ?

La jurisprudence peut édicter des règles dans les matières de l’article 37
La jurisprudence ne reçoit pas de compétence créatrice du droit
La jurisprudence partage la fonction législative avec le Parlement
La fonction législative appartient au Parlement dans toutes les matières

La jurisprudence ne reçoit pas de compétence créatrice du droit

Explication

La séparation des pouvoirs réserve la fonction législative au Parlement dans les matières de l’article 34 et au Gouvernement dans celles de l’article 37, sans attribuer de compétence créatrice à la jurisprudence. Interpréter le droit ne revient pas à recevoir le pouvoir d’édicter la loi.

60. Un juge veut imposer, par sa décision, une règle générale qui lierait les juridictions appelées à trancher des affaires semblables à l’avenir. Quelle règle s’oppose à cette démarche ?

La possibilité de solliciter un avis de la Cour de cassation
L’interdiction des arrêts de règlement prévue à l’article 5 du Code civil
La répartition des matières législatives prévue aux articles 34 et 37 de la Constitution
L’autorité relative de la chose jugée prévue à l’article 1355 du Code civil

L’interdiction des arrêts de règlement prévue à l’article 5 du Code civil

Explication

L’article 5 du Code civil interdit au juge de prononcer des arrêts de règlement qui prétendent édicter une règle générale pour les affaires futures. L’article 1355 limite plutôt l’autorité du jugement à ce qui a été tranché, tandis que les articles 34 et 37 répartissent les compétences législatives.

61. Une partie soutient qu’un jugement antérieur suffit à régler une question qui n’a pas été tranchée dans cette décision. Quelle limite découle de l’autorité relative de la chose jugée ?

L’autorité du jugement s’étend aux questions connexes soulevées ultérieurement
Le jugement ne produit d’effet qu’après confirmation par le Parlement
Le jugement fixe une règle générale pour les affaires futures semblables
L’autorité du jugement se limite à ce qui a fait l’objet de la décision

L’autorité du jugement se limite à ce qui a fait l’objet de la décision

Explication

Selon l’article 1355 du Code civil, l’autorité relative de la chose jugée limite l’effet du jugement à ce qui a fait l’objet de la décision. Étendre cet effet à une question non tranchée confond cette autorité avec une règle générale ou une intervention législative.

62. Dans une décision, quelle partie présente le raisonnement susceptible de servir de modèle à d’autres juges, plutôt que la solution propre au litige ?

Les motifs
Les circonstances de l’espèce
Le dispositif
La mention de publication

Les motifs

Explication

Les motifs exposent le raisonnement des juges, qui peut avoir une portée générale, tandis que le dispositif énonce la solution du litige. Les circonstances de l’espèce décrivent le contexte factuel, et la publication ne constitue pas le raisonnement.

63. Une juridiction formule une motivation générale, détachée des faits particuliers, que d’autres juges pourraient reprendre pour résoudre la même question de droit. De quel type de décision s’agit-il ?

Un arrêt de rejet
Une décision publiée
Un arrêt de principe
Une décision d’espèce

Un arrêt de principe

Explication

Un arrêt de principe se caractérise par des motifs suffisamment généraux pour guider d’autres juges sur une question de droit. Une décision d’espèce reste liée aux circonstances particulières, tandis que le rejet et la publication ne suffisent pas à caractériser cette portée.

64. Saisi d’un litige sur lequel la loi est silencieuse, un juge doit néanmoins statuer en vertu de l’article 4 du Code civil. Quelle fonction de la jurisprudence est alors en jeu ?

La fonction de suppléance
La fonction de codification
La fonction d’interprétation
La fonction d’adaptation

La fonction de suppléance

Explication

La suppléance consiste à élaborer une réponse jurisprudentielle lorsque la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante, puisque le juge doit statuer. L’adaptation concerne l’actualisation de textes anciens, et la codification relève d’une autre démarche.

65. Après plusieurs années de jurisprudence constante favorable à une partie, la Cour de cassation opère un revirement. Quelle conséquence cette partie doit-elle envisager ?

Elle ne peut opposer un droit acquis au maintien de cette jurisprudence
Elle peut exiger le maintien de la règle comme un droit acquis
Elle peut empêcher le revirement en invoquant la constance des décisions
Elle peut faire annuler le revirement comme une modification de la loi

Elle ne peut opposer un droit acquis au maintien de cette jurisprudence

Explication

Une règle jurisprudentielle est plus fragile qu’une règle légale, car la Cour de cassation peut opérer un revirement sans que le justiciable dispose d’un droit acquis au maintien de la jurisprudence constante. L’erreur consiste à traiter la jurisprudence établie comme une garantie immuable.

66. Quels auteurs ont dégagé le principe général de responsabilité du fait des choses à partir de l’article 1384, alinéa 1er, du Code civil, avant sa reprise par les tribunaux ?

Carbonnier et Catala
Catala et Terré
Saleilles et Josserand
Les tribunaux et Carbonnier

Saleilles et Josserand

Explication

Saleilles et Josserand ont dégagé ce principe à partir de l’article 1384, alinéa 1er, et les tribunaux l’ont ensuite repris. Carbonnier est associé aux réformes du droit de la famille, tandis que Catala et Terré sont liés à la réforme du droit des contrats.

67. Un juge prépare une décision sur une question déjà traitée dans de nombreux arrêts. Quel travail doctrinal réalisé après les décisions peut l’aider à dégager une orientation utile ?

Rendre une décision qui lie le juge saisi d’une question similaire
Proposer des réformes législatives et participer à leur élaboration
Sélectionner et systématiser les décisions pour en dégager les lignes directrices
Expliquer et interpréter la loi avant que les tribunaux ne statuent

Sélectionner et systématiser les décisions pour en dégager les lignes directrices

Explication

En aval des décisions, la doctrine sélectionne et systématise les arrêts importants afin d’en dégager les lignes directrices, ce qui fournit un outil aux juges. L’interprétation de la loi intervient en amont, les réformes concernent son influence sur la loi, et la doctrine ne rend pas les décisions judiciaires.

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