QCM : Institutions et dévolution du pouvoir (69 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une analyse qui oppose les institutions publiques aux relations de la société civile, quelle distinction correspond à la summa divisio ?

Le droit public règle principalement les relations entre individus, tandis que le droit privé organise les institutions publiques.
Le droit privé organise les institutions publiques, tandis que le droit public règle principalement les relations entre individus.
Le droit privé concerne les institutions et le collectif, tandis que le droit public concerne la société civile et les relations entre individus.
Le droit public concerne les institutions et le collectif, tandis que le droit privé concerne la société civile et les relations entre individus.

Le droit public concerne les institutions et le collectif, tandis que le droit privé concerne la société civile et les relations entre individus.

Explication

La summa divisio rattache le droit public aux institutions publiques et au collectif, et le droit privé aux relations entre individus. Inverser les domaines ou réduire le droit public aux relations privées traduit une confusion entre les deux sphères.

2. Une étudiante compare le système français à un système de common law : quelle caractéristique institutionnelle devrait-elle relever pour le système français ?

La distinction reste théorique en France, car le Conseil d’État et la Cour de cassation relèvent du même ordre.
La distinction est structurante, avec le Conseil d’État dans l’ordre judiciaire et la Cour de cassation dans l’ordre administratif.
La distinction est structurante, avec le Conseil d’État dans l’ordre administratif et la Cour de cassation dans l’ordre judiciaire.
La distinction caractérise le common law, avec le Conseil d’État dans l’ordre judiciaire et la Cour de cassation dans l’ordre administratif.

La distinction est structurante, avec le Conseil d’État dans l’ordre administratif et la Cour de cassation dans l’ordre judiciaire.

Explication

En France, la distinction public-privé structure le système juridictionnel : le Conseil d’État relève de l’ordre administratif et la Cour de cassation de l’ordre judiciaire. Le common law ne connaît pas cette division, et inverser les juridictions confond leurs compétences.

3. Dans une équipe, une responsable donne des consignes qu’un membre exécute : quelle notion décrit ce rapport asymétrique ?

Une relation symétrique de coopération entre partenaires.
Un rapport juridique exigeant un tiers pour trancher.
Un pouvoir politique portant sur l’ensemble de la société.
Un rapport de pouvoir social entre gouvernant et gouverné.

Un rapport de pouvoir social entre gouvernant et gouverné.

Explication

Le pouvoir social est un rapport asymétrique de commandement et d’obéissance, qui distingue gouvernants et gouvernés. L’exigence d’un tiers caractérise le droit, tandis qu’une coopération symétrique ne correspond pas à cette asymétrie.

4. Un appareil dirigeant dispose de la capacité d’anticiper les évolutions sociales, d’impulser des orientations et de prendre des décisions pour la société entière : à quelle définition cela correspond-il ?

Au pouvoir politique défini par Bertrand de Jouvenel.
Au pouvoir politique défini par Julien Freund.
À un pouvoir partiel qui n’affecte qu’un secteur social.
À un pouvoir social limité à une relation interpersonnelle.

Au pouvoir politique défini par Bertrand de Jouvenel.

Explication

Pour Bertrand de Jouvenel, le pouvoir politique affecte l’ensemble du champ social et permet à l’appareil dirigeant de prévoir, d’impulser et de décider. Le réduire à une relation interpersonnelle ou à un secteur partiel néglige son échelle sociale, et l’attribution à Freund confond les auteurs.

5. Un dirigeant trace une frontière politique en définissant un groupe comme intérieur et ami, et un autre comme extérieur et ennemi : quelle conception du politique applique-t-il ?

La conception de Julien Freund, centrée sur la mesure de l’écart entre règle et faits.
La conception de Bertrand de Jouvenel, structurée par l’opposition ami-ennemi.
La conception de Julien Freund, structurée par l’opposition ami-ennemi.
La conception de Julien Freund, qui place les ennemis à l’intérieur et les amis à l’extérieur.

La conception de Julien Freund, structurée par l’opposition ami-ennemi.

Explication

Julien Freund décrit le monde politique par l’opposition ami-ennemi et associe au pouvoir la délimitation des amis à l’intérieur et des ennemis à l’extérieur. La prévision et la décision renvoient à Jouvenel, tandis que la mesure de l’écart entre règle et faits relève de l’approche sociologique du droit.

6. Une équipe évalue une règle en comparant les comportements observés à ce qu’elle prescrit, tandis qu’une autre vérifie si la règle est effectivement appliquée : comment distinguer leurs démarches ?

Les sociologues mesurent l’efficacité et comparent la règle aux faits ; les juristes mesurent l’effectivité.
Les sociologues mesurent l’effectivité et comparent la règle aux faits ; les juristes mesurent l’efficacité.
Les juristes mesurent l’efficacité et comparent la règle aux faits ; les sociologues mesurent l’effectivité.
Les sociologues mesurent l’efficacité sans comparer la règle aux faits ; les juristes mesurent l’effectivité.

Les sociologues mesurent l’efficacité et comparent la règle aux faits ; les juristes mesurent l’effectivité.

Explication

L’étude sociologique examine l’efficacité du droit, notamment en comparant la règle aux faits, tandis que les juristes mesurent son effectivité. Inverser efficacité et effectivité ou attribuer la comparaison sociologique aux juristes brouille cette distinction.

7. Dans un régime, les gouvernés participent à la production des normes qui les régissent, même si cette participation n’est pas complète. Comment Kelsen caractériserait-il cette situation ?

Une tendance démocratique fondée sur l’autonomie
Une autocratie fondée sur l’hétéronomie
Une autocratie où la norme vient des gouvernés
Une démocratie pure sans mélange de traits

Une tendance démocratique fondée sur l’autonomie

Explication

Pour Kelsen, la production de la norme par ceux qui agissent relève de l’autonomie et caractérise la démocratie, même si les régimes réels se situent entre les idéaux. L’hétéronomie correspond à une norme venue de l’extérieur, et l’idée de régime pur méconnaît ce mélange.

8. Un gouvernement étend son contrôle à la vie familiale et réduit fortement l’intimité des personnes. À quel modèle cette situation correspond-elle plutôt qu’au libéralisme ?

Au totalitarisme
Au libéralisme
Au monisme
Au pluralisme

Au totalitarisme

Explication

Le totalitarisme supprime la séparation entre sphères publique et privée et réduit l’intimité. Le libéralisme protège une sphère privée, tandis que pluralisme et monisme décrivent la distribution du pouvoir entre tendances.

9. Dans un pays, plusieurs tendances politiques disposent de moyens pour s’exprimer et participer au pouvoir, sans que celui-ci soit entièrement réparti selon un modèle idéal. Quel concept décrit le mieux cette organisation ?

Le monisme
Le libéralisme
Le totalitarisme
Le pluralisme

Le pluralisme

Explication

Le pluralisme répartit le pouvoir entre plusieurs tendances capables de s’exprimer, et les régimes réels peuvent se situer entre les idéaux types. Le monisme concentre le pouvoir sans compétition, tandis que libéralisme et totalitarisme concernent le rapport entre sphères publique et privée.

10. Un juriste examine les règles qui organisent le partage du pouvoir entre plusieurs organes d’un État. Quel objet étudie-t-il ?

Le régime politique
La classification des fonctions
La forme de gouvernement
La distinction entre sphères publique et privée

Le régime politique

Explication

Un régime politique décrit juridiquement le partage du pouvoir entre organes dans un système de séparation des pouvoirs. La forme de gouvernement classe plutôt le pouvoir selon son détenteur, et la distinction entre sphères publique et privée relève d’un autre axe d’analyse.

11. Dans une institution, une personne dirige un service, exerce une fonction déterminée et peut prendre des décisions. Comment faut-il la considérer dans la classification des régimes ?

Comme une fonction
Comme une assemblée
Comme un contre-pouvoir
Comme un pouvoir

Comme un pouvoir

Explication

Un pouvoir peut être un organe, une personne ou un groupe qui exerce une fonction déterminée et dispose d’un pouvoir de décision. Il n’est donc pas limité à une assemblée ni à une fonction consultative.

12. Dans un régime, le parlement et l’exécutif ont chacun une fonction spécialisée, travaillent indépendamment et ne peuvent pas se renverser mutuellement. Quel type de séparation des pouvoirs est appliqué ?

La séparation stricte
La séparation souple
La séparation fédérative
La prééminence d’un organe

La séparation stricte

Explication

La séparation stricte repose sur la spécialisation des organes et leur indépendance, sans possibilité de se renverser mutuellement. La séparation souple organise plutôt leur collaboration et des moyens d’action réciproques.

13. Les textes d’un pays prévoient une collaboration entre organes, mais les pratiques donnent progressivement l’avantage à l’exécutif. Quelle conclusion correspond à la réalité des séparations de pouvoirs ?

La séparation souple peut conduire à la prééminence d’un organe
La séparation souple garantit un équilibre constant entre organes
La séparation stricte entraîne la prééminence de l’exécutif
La séparation stricte repose sur des moyens d’action réciproques

La séparation souple peut conduire à la prééminence d’un organe

Explication

Dans la pratique, les séparations des pouvoirs sont souples et peuvent produire soit un équilibre, soit la prééminence d’un organe selon les textes ou les pratiques. La collaboration ne garantit donc pas un équilibre constant, et les moyens d’action réciproques caractérisent la séparation souple.

14. Entre quelles dates la Convention gouverne-t-elle la France dans un régime dominé par l’assemblée ?

Du 9 novembre 1799 à l’avènement du Premier Empire
De 1795 à 1799
De 1814 à 1830
Du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795

Du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795

Explication

La Convention gouverne du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795, avec une prééminence de l’assemblée. La période 1795-1799 correspond au Directoire, tandis que le Consulat et la Restauration appartiennent à d’autres régimes.

15. Dans un régime où une assemblée unique élue au suffrage universel masculin contrôle étroitement des ministres issus de ses députés, quelle organisation institutionnelle décrit-on ?

La Convention, monocamérale et dominante
Une assemblée bicamérale contrôlant des ministres extérieurs
Un régime parlementaire fondé sur l’équilibre des pouvoirs
Le Consulat, avec quatre organes législatifs

La Convention, monocamérale et dominante

Explication

La Convention est une assemblée unique élue au suffrage universel masculin, et elle contrôle étroitement des ministres qui sont eux-mêmes députés. Les quatre organes législatifs renvoient au Consulat, tandis que l’équilibre et le bicaméralisme ne caractérisent pas cette organisation.

16. Un projet constitutionnel prévoit une assemblée monocamérale élue au suffrage universel, un référendum d’initiative populaire et un conseil exécutif de 24 membres élus par cette assemblée. Quelle affirmation s’applique à ce projet ?

Il s’agit du Directoire, dont les directeurs formaient un conseil de 24 membres
Il s’agit de la Constitution de 1793, qui n’a jamais été appliquée
Il s’agit de la Convention, qui gouverna effectivement jusqu’en 1795
Il s’agit du Consulat, doté d’une seconde chambre élue par référendum

Il s’agit de la Constitution de 1793, qui n’a jamais été appliquée

Explication

La Constitution de 1793 prévoyait ces institutions, mais elle n’a jamais été appliquée. La Convention, elle, a effectivement gouverné la France; le Directoire reposait sur cinq directeurs et le Consulat sur quatre organes législatifs.

17. Après le coup d’État de Bonaparte du 18 brumaire an VIII, quelle période correspond au début du Consulat ?

En 1795
En 1814
Le 9 novembre 1799
Le 18 brumaire an VIII, sans date de commencement distincte

Le 9 novembre 1799

Explication

Le Consulat commence le 9 novembre 1799, à la suite du coup d’État du 18 brumaire an VIII, et prend fin avec le Premier Empire. L’année 1795 marque le début du Directoire et 1814 celui de la Restauration.

18. Sous le Consulat, un texte de loi vient d’être préparé par le Conseil d’État : quel enchaînement décrit correctement son parcours institutionnel ?

Le Tribunal le discute, le Corps législatif le vote sans le discuter, puis le Sénat veille au respect de la Constitution
Le Tribunal en prend l’initiative, le Sénat le vote et le Conseil d’État contrôle la Constitution
Le Corps législatif le discute, le Tribunal le vote, puis le Sénat en prend l’initiative
Le Sénat le discute, le Conseil d’État le vote, puis le Tribunal veille à la Constitution

Le Tribunal le discute, le Corps législatif le vote sans le discuter, puis le Sénat veille au respect de la Constitution

Explication

Sous le Consulat, le Conseil d’État a l’initiative des lois; le Tribunal discute les textes, le Corps législatif les vote sans les discuter et le Sénat veille au respect de la Constitution. Confondre discussion et vote inverse les rôles du Tribunal et du Corps législatif, tandis que l’initiative n’appartient pas au Sénat.

19. Un système politique prévoit la collaboration des pouvoirs et un équilibre entre eux, sans qu’ils puissent se renverser mutuellement. À quel modèle cette organisation correspond-elle ?

À un système où les pouvoirs sont fusionnés dans un seul organe
Au régime présidentiel, fondé sur une séparation stricte
À un régime d’assemblée où un organe domine les autres
Au régime parlementaire, fondé sur une séparation souple

Au régime parlementaire, fondé sur une séparation souple

Explication

Le régime parlementaire se caractérise par une séparation souple, la collaboration et l’équilibre des pouvoirs; il est présenté comme d’origine britannique. La séparation stricte caractérise le régime présidentiel, tandis que la prééminence d’un organe désigne un déséquilibre.

20. Dans une monarchie constitutionnelle mise en place en 1814, comment sont composées les deux chambres du pouvoir législatif ?

Deux chambres élues au suffrage universel masculin
Une chambre basse élue au suffrage censitaire et une chambre haute de pairs désignés par le roi
Une chambre basse de pairs désignés par le roi et une chambre haute élue au suffrage censitaire
Une chambre basse nommée par le roi et une chambre haute élue au suffrage universel

Une chambre basse élue au suffrage censitaire et une chambre haute de pairs désignés par le roi

Explication

La Restauration de 1814 instaure un législatif bicaméral : la chambre basse est élue au suffrage censitaire et la chambre haute est composée de pairs désignés par le roi. Inverser ces modes de désignation méconnaît la distinction entre les deux chambres; le suffrage universel ne correspond pas à cette organisation.

21. Lorsqu’on distingue les deux chambres du Congrès américain, quelle attribution correspond au Sénat ?

Représenter les États fédérés
Former une chambre unique représentant directement les citoyens
Être élu au suffrage universel comme la Chambre des représentants
Être nommé par le président pour représenter l’administration

Représenter les États fédérés

Explication

Le Sénat représente les États fédérés, tandis que la Chambre des représentants est élue au suffrage universel. L’élection attribuée au Sénat confond les fonctions des deux chambres, et sa nomination présidentielle ou son statut de chambre unique ne correspondent pas à la composition du Congrès.

22. Après un conflit politique, le président souhaite mettre fin au Congrès et le Congrès cherche à révoquer le président par un vote politique ordinaire. Quelle règle institutionnelle s’applique ?

Le président peut dissoudre le Congrès, mais le Congrès ne peut le renverser
Aucun des deux ne peut renverser l’autre par ces moyens
Chaque organe peut renverser l’autre si le conflit persiste
Le Congrès peut renverser le président, mais le président ne peut le dissoudre

Aucun des deux ne peut renverser l’autre par ces moyens

Explication

Le président et le Congrès sont élus séparément et aucun ne peut renverser l’autre : le président ne peut dissoudre le Congrès, et le Congrès ne peut renverser le président. La dissolution présidentielle et la révocation parlementaire importent des mécanismes absents de cette relation.

23. Le président présente un budget et propose un traité ainsi qu’un nouveau chef d’administration. Quel rôle revient au Sénat dans ces démarches ?

Rédiger le budget et choisir les chefs d’administration, sans intervenir sur les traités
Adopter le budget sur demande présidentielle, le président ratifiant seul les traités
Approuver le budget et les nominations, tandis que la Chambre ratifie les traités
Voter le budget demandé et approuver les traités ainsi que ces nominations

Voter le budget demandé et approuver les traités ainsi que ces nominations

Explication

Le budget demandé par le président doit être voté par le Sénat, qui approuve également les traités internationaux et les nominations des chefs d’administration. Attribuer les traités à la Chambre confond son rôle, tandis que la demande budgétaire n’équivaut pas à une adoption automatique et que le président ne décide pas seul des approbations.

24. Un régime présente à la fois des traits parlementaires et présidentiels. Quelle conclusion convient aux classifications de ces régimes ?

La présence de traits mixtes signifie que le régime n’a aucune caractéristique identifiable
La coexistence de traits rend toute comparaison des régimes impossible
Les classifications ne décrivent jamais parfaitement les régimes, qui combinent souvent plusieurs traits
Chaque régime relève entièrement d’un modèle parlementaire ou présidentiel pur

Les classifications ne décrivent jamais parfaitement les régimes, qui combinent souvent plusieurs traits

Explication

Les classifications parlementaire et présidentielle sont des modèles imparfaits : les régimes combinent généralement plusieurs caractéristiques. Les modèles parfaitement étanches et les régimes entièrement purs ignorent ce caractère mixte, tandis que cela n’empêche pas toute comparaison.

25. Pour classer un régime, une analyste examine d’abord si un organe peut renverser un autre, puis si leurs activités sont spécialisées ou collaboratives. Comment doit-elle distinguer ces critères ?

Le renversement relève du plan fonctionnel et l’activité du plan organique
Les deux critères relèvent du plan organique, car ils concernent les pouvoirs
Les deux critères relèvent du plan fonctionnel, car ils décrivent le fonctionnement
Le renversement relève du plan organique et l’activité du plan fonctionnel

Le renversement relève du plan organique et l’activité du plan fonctionnel

Explication

Le plan organique concerne les rapports entre organes, notamment la possibilité qu’un organe en renverse un autre; le plan fonctionnel porte sur leurs activités. Inverser ces plans confond les relations institutionnelles avec le fonctionnement, et réduire les deux critères à un seul plan efface cette distinction.

26. Dans un pays, les citoyens obéissent par crainte des sanctions et parce que cette obéissance est devenue une habitude, sans estimer le pouvoir justifié. Quel fondement de l’obéissance décrit cette situation ?

La légitimité fondée sur l’adhésion du peuple
La légitimité légale-rationnelle fondée sur des règles
L’auctoritas comprise comme une adhésion morale
La force et l’habitude

La force et l’habitude

Explication

La force impose l’obéissance par la contrainte et l’habitude la maintient par accoutumance; aucune n’implique ici que le peuple juge le pouvoir justifié. La légitimité et l’auctoritas supposent une adhésion, tandis que la légitimité légale-rationnelle est une forme de légitimité, non une simple contrainte habituelle.

27. Quel auteur, dans son Discours de la servitude volontaire écrit en 1548, analyse l’obéissance habituelle et la crainte comme des appuis de la tyrannie ?

Jean Bodin
Thomas Hobbes
Étienne de La Boétie
Max Weber

Étienne de La Boétie

Explication

Étienne de La Boétie soutient dans le Discours de la servitude volontaire que la crainte et l’habitude d’obéir permettent aux tyrans de gouverner sans rébellion, et appelle à l’indignation et à la rébellion. Max Weber est associé aux formes de légitimité; Bodin et Hobbes sont d’autres penseurs politiques, mais ne sont pas l’auteur de cet ouvrage.

28. Dans un régime, les décisions publiques favorisent une petite élite plutôt que l’ensemble de la population. Quelle finalité du pouvoir cette situation illustre-t-elle ?

Une finalité fondée sur le subjectivisme
Une finalité monarchique ou oligarchique
Une finalité de démocratie participative
Une finalité républicaine

Une finalité monarchique ou oligarchique

Explication

La monarchie ou l’oligarchie vise à servir un groupe restreint, alors que la République gouverne dans l’intérêt de tous. L’intérêt général décrit la finalité républicaine, le consentement relève du subjectivisme et la participation directe concerne une forme de démocratie.

29. Quelle conception de l’individu et de la relation politique caractérise le subjectivisme ?

L’individu appartient à un groupe restreint et la relation politique sert ses intérêts
L’individu adhère à une puissance constituée et la relation politique repose sur une autorité préalable
L’individu est autonome et la relation politique repose sur le consentement de chacun
L’individu est soumis et la relation politique repose sur l’obéissance à un gouvernant

L’individu est autonome et la relation politique repose sur le consentement de chacun

Explication

Le subjectivisme considère l’individu comme un sujet autonome et fait passer la relation politique par la subjectivité et le consentement de chacun. L’obéissance sans autonomie, l’adhésion à une puissance déjà constituée et le service d’une élite correspondent à d’autres conceptions.

30. Quelle définition de la République Jean Bodin donne-t-il dans Les Six Livres de la République ?

Le droit gouvernement de plusieurs ménages, nécessairement opposé à la monarchie
Le gouvernement d’un seul ménage sur les affaires communes, sans puissance souveraine
Le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine
Le gouvernement de plusieurs ménages sans puissance souveraine ni gestion des choses communes

Le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine

Explication

Pour Bodin, la République est le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine. La définition n’écarte pas la souveraineté ni les affaires communes, et la République n’est pas opposée à la monarchie.

31. Des individus s’accordent entre eux pour établir un ordre politique et restent libres de ne pas y adhérer. De quel type de contrat s’agit-il ?

D’un contrat social vertical
D’une adhésion à une puissance publique déjà constituée
D’un contrat social horizontal
D’une relation politique sans consentement individuel

D’un contrat social horizontal

Explication

Dans un contrat social horizontal, les individus contractent entre eux et peuvent ne pas adhérer. Le contrat vertical correspond à l’adhésion à une puissance publique déjà constituée.

32. Un changement violent remplace un mode de gouvernement par un autre. Quelle notion désigne ce changement ?

Une révolution
Un coup d’État
Un mouvement astronomique
Un coup de force

Une révolution

Explication

Une révolution est un changement de mode de gouvernement qui s’opère par une action violente. Le coup d’État désigne un changement de gouvernants mené au sein de l’État, tandis que le sens astronomique est l’origine du mot, non sa définition politique.

33. Dans un débat constitutionnel, un responsable affirme qu’un corps peut exercer une autorité sans qu’elle émane de la nation. Quel principe de l’article 3 de la Déclaration du 26 août 1789 contredit cette affirmation ?

La garantie des droits détermine le titulaire de la souveraineté et l’origine de l’autorité
La séparation des pouvoirs autorise chaque corps à exercer une autorité propre
La souveraineté réside essentiellement dans le roi et toute autorité doit en émaner
La souveraineté réside essentiellement dans la nation et toute autorité doit en émaner

La souveraineté réside essentiellement dans la nation et toute autorité doit en émaner

Explication

L’article 3 affirme que la souveraineté réside essentiellement dans la nation et qu’aucun corps ni individu ne peut exercer une autorité qui n’en émane. Le roi n’en est donc pas le titulaire, et la garantie des droits comme la séparation des pouvoirs relèvent de l’article 16.

34. Une constitution organise la séparation des pouvoirs afin de limiter le pouvoir et de protéger les droits. Selon l’article 16 de la Déclaration de 1789, quel est le moyen et quelle est la finalité ?

La souveraineté nationale est le moyen, et la séparation des pouvoirs est la finalité
La séparation des pouvoirs est le moyen, et la souveraineté nationale est la finalité
La séparation des pouvoirs est le moyen, et la garantie des droits est la finalité
La garantie des droits est le moyen, et la séparation des pouvoirs est la finalité

La séparation des pouvoirs est le moyen, et la garantie des droits est la finalité

Explication

L’article 16 fait de la garantie des droits une exigence constitutionnelle et de la séparation des pouvoirs un moyen de garantir ces droits. Inverser leurs rôles, ou substituer la souveraineté nationale à la garantie des droits, confond des principes distincts.

35. Des dirigeants d’un État écartent les procédures constitutionnelles pour remplacer les gouvernants. Quelle qualification correspond à cette action entreprise au sein de l’État ?

Un coup de force
Une révolution
Un coup d’État
Une succession constitutionnelle

Un coup d’État

Explication

Un coup d’État est un changement de gouvernants hors des procédures constitutionnelles, entrepris au sein de l’État par ses dirigeants ou ses agents. Le coup de force est attribué à des particuliers, tandis qu’une révolution change le mode de gouvernement.

36. Quelles formes peuvent assurer une dévolution pacifique du pouvoir, la cooptation pouvant s’y ajouter ?

La transmission héréditaire et la conquête
La transmission héréditaire et le suffrage
Le suffrage et la désignation militaire
La cooptation et la désignation administrative

La transmission héréditaire et le suffrage

Explication

La dévolution pacifique repose sur la transmission héréditaire et le suffrage, auxquels peut s’ajouter la cooptation. La désignation administrative, la désignation militaire et la conquête ne correspondent pas aux formes énoncées.

37. Dans un conseil fermé de dirigeants, les membres s’accordent par vote pour choisir un successeur issu de leur propre groupe. Quel mécanisme de transmission du pouvoir utilisent-ils ?

Le suffrage universel
La cooptation
La succession héréditaire
Le scrutin proportionnel

La cooptation

Explication

La cooptation est un vote par consensus au sein d’un groupe restreint, qui transmet le pouvoir à l’intérieur de ce groupe. Le suffrage fait intervenir un corps électoral, la succession repose sur l’hérédité et le scrutin proportionnel répartit des sièges selon les voix.

38. À la mort d’un roi sans fils aîné pouvant lui succéder, la branche cadette fournit le mâle le plus proche et Henri IV accède au trône après Henri III : quelle règle rend cette succession possible ?

La masculinité sans règle de proximité
La collatéralité masculine
La cooptation des dirigeants
La primogéniture masculine

La collatéralité masculine

Explication

La collatéralité masculine permet à un mâle apparenté par une branche cadette de succéder, comme dans le passage d’Henri III à Henri IV. La primogéniture concerne l’aînesse masculine, tandis que la cooptation relève d’un choix au sein d’un groupe.

39. Un historien distingue les étapes françaises du suffrage universel masculin, féminin et mixte. Quelle chronologie associe correctement ces trois étapes ?

Masculin et féminin en 1848, mixte en 1944
Masculin en 1848, féminin en 1944 et mixte après 1944
Masculin en 1791, féminin en 1848 et mixte en 1944
Masculin en 1848, féminin et mixte en 1944

Masculin en 1848, féminin et mixte en 1944

Explication

Les repères sont 1848 pour le suffrage universel masculin et 1944 pour le suffrage universel féminin comme pour le suffrage universel mixte. La date de 1791 concerne le suffrage censitaire, et non le suffrage universel masculin.

40. En 1791, une règle électorale accorde le vote aux citoyens qui acquittent un montant déterminé d’impôts. De quel type de suffrage s’agit-il ?

Le scrutin majoritaire
Le suffrage capacitaire
Le suffrage universel
Le suffrage censitaire

Le suffrage censitaire

Explication

Le suffrage censitaire réserve le vote aux personnes qui paient un niveau déterminé d’impôts ; il est appliqué en France en 1791 et maintenu jusqu’en 1848. Le suffrage capacitaire dépend de la culture ou de l’éducation, tandis que le scrutin majoritaire est un mode de désignation.

41. Comment appelle-t-on le régime électoral qui définit les modalités de désignation des représentants par un corps électoral donné ?

Un mode de scrutin
Une assemblée représentative
Un corps électoral
Un résultat électoral

Un mode de scrutin

Explication

Un mode de scrutin est le régime électoral qui définit comment un corps électoral désigne ses représentants. Le corps électoral désigne les électeurs, et l’assemblée ou le résultat sont respectivement une institution et l’issue du processus.

42. Après une élection, un système transforme une avance électorale en victoire amplifiée, tandis qu’un autre répartit plus fidèlement les tendances et facilite le multipartisme. Quelle association est correcte ?

Les deux modes amplifient le gagnant et limitent le multipartisme
Les deux modes reflètent également les tendances et favorisent le multipartisme
Le scrutin majoritaire amplifie le gagnant ; la proportionnelle reflète davantage les tendances
Le scrutin majoritaire reflète davantage les tendances ; la proportionnelle amplifie le gagnant

Le scrutin majoritaire amplifie le gagnant ; la proportionnelle reflète davantage les tendances

Explication

Le scrutin majoritaire privilégie l’efficacité et amplifie la victoire du gagnant, tandis que la représentation proportionnelle reflète plus fidèlement les tendances et favorise le multipartisme. L’inversion de ces effets confond les caractéristiques propres aux deux systèmes.

43. Lors d’un scrutin majoritaire uninominal à un tour, aucun candidat n’obtient la majorité absolue, mais l’un d’eux recueille plus de voix que chacun de ses concurrents. Qui l’emporte ?

Les candidats selon leur part proportionnelle des voix
Le candidat ayant obtenu le plus de voix
Les deux candidats arrivés en tête au premier tour
Le candidat qui obtient la majorité absolue

Le candidat ayant obtenu le plus de voix

Explication

À un tour, le candidat ayant le plus de voix gagne même sans majorité absolue. Exiger cette majorité ou organiser un second tour relève d’une autre règle, tandis que la répartition proportionnelle n’est pas le scrutin majoritaire uninominal.

44. Une règle juridique prescrit une conduite qui n’est pas encore réalisée. Comment caractériser le droit dans cette perspective ?

Une description des comportements observés dans la société
Un système de significations qui pose un devoir-être
Un corpus de textes dont le sens est fixé par leur auteur
Un ensemble de faits sociaux déjà réalisés

Un système de significations qui pose un devoir-être

Explication

Le droit est un système de normes qui pose ce qui doit être, et non un fait déjà existant. L’option des faits confond prescription et constat, celle des textes assimile la norme à son support, et celle des comportements transforme la norme en description.

45. Dans une consigne orale, quel élément constitue la norme au sens de Hans Kelsen ?

Les paroles prononcées par la personne qui donne la consigne
La conduite effectivement adoptée par son destinataire
La signification selon laquelle une conduite doit être accomplie
La personne qui détient l’autorité de donner la consigne

La signification selon laquelle une conduite doit être accomplie

Explication

Pour Kelsen, la norme est la signification qui déclare que quelque chose doit être, tandis que les paroles ne sont que le signe qui la porte. Les paroles confondent signification et signe, l’autorité confond la norme avec son émetteur, et la conduite observée décrit un fait.

46. Deux avocats défendent des interprétations opposées d’un texte, puis le juge tranche avec une interprétation qui s’impose comme norme. Quel rôle le juge exerce-t-il ?

Celui d’interprète authentique
Celui de représentant des interprétations des avocats
Celui de rédacteur initial de la règle contestée
Celui de commentateur sans autorité normative

Celui d’interprète authentique

Explication

L’interprétation de l’autorité compétente vaut comme norme; le juge a le plus souvent le dernier mot. Une lecture d’avocat est une interprétation proposée, les parties ne rendent pas la décision normative, et le rédacteur initial n’est pas pour cela l’interprète authentique.

47. Un analyste constate qu’une administration a refusé une demande, puis conclut que l’administration aurait dû l’accepter. Quelle règle logique cette conclusion enfreint-elle ?

La distinction entre le signe et la norme
La compétence de l’interprète authentique
La distinction entre une norme et une proposition de norme
La loi de Hume

La loi de Hume

Explication

La loi de Hume interdit de déduire logiquement ce qui doit être de ce qui est : le refus constaté ne suffit donc pas à établir ce qui aurait dû arriver. La distinction signe-norme porte sur le support et sa signification, la distinction norme-proposition concerne leur statut logique, et l’interprète authentique concerne l’autorité d’interpréter.

48. Un organisme durable est créé dans un milieu social pour mener à bien un projet collectif. Quelle caractérisation correspond à la notion d’institution ?

Un événement ponctuel destiné à accomplir une tâche précise
Une abstraction durable fondée pour réaliser une œuvre ou une entreprise
Un ensemble d’individus considéré indépendamment de tout projet
Une règle de conduite isolée applicable à un groupe social

Une abstraction durable fondée pour réaliser une œuvre ou une entreprise

Explication

Une institution est une abstraction durable fondée pour réaliser une œuvre ou une entreprise dans un milieu social. Une règle isolée n’épuise pas la notion, les individus ne se confondent pas avec l’institution, et un événement ponctuel ne présente pas son caractère durable.

49. Dans une institution, de nouveaux membres proposent des initiatives, tandis que les règles en encadrent les effets. Selon Hauriou, comment comprendre ces deux forces ?

Les individus sont la force d’action et la règle la force de réaction
Les individus et la règle sont tous deux des forces de réaction
Le groupe domine l’individu et constitue la force d’action principale
La règle est la force d’action et les individus la force de réaction

Les individus sont la force d’action et la règle la force de réaction

Explication

Chez Hauriou, les individus apportent les forces d’action, tandis que la règle agit comme force de réaction en tempérant et limitant leur action. Inverser ces rôles méconnaît cette distinction; faire des deux des forces de réaction efface le rôle moteur des individus; la primauté du groupe renvoie à la position attribuée à Durkheim.

50. Après la Révolution de 1789, à quoi le statut de citoyen rattache-t-il les individus, contrairement au statut de sujet sous la monarchie ?

À l’obéissance au souverain
À la souveraineté nationale
À l’âge et à la nationalité
À la religion du monarque

À la souveraineté nationale

Explication

Le citoyen est rattaché à la souveraineté nationale, tandis que le sujet monarchique est défini par son obéissance au souverain. L’obéissance au roi correspond au statut de sujet, l’âge et la nationalité sont des conditions du droit de vote, et la religion du monarque relève de l’unification monarchique.

51. Dans une assemblée locale, une personne met de côté son avantage personnel pour réfléchir à ce qui est bénéfique au groupe territorial : quelle capacité manifeste-t-elle ?

La capacité de penser l’intérêt général
La capacité de se présenter à une élection
La capacité d’obéir à une autorité publique
La capacité de revendiquer une nationalité

La capacité de penser l’intérêt général

Explication

La citoyenneté consiste à dépasser ses intérêts individuels pour penser l’intérêt général du groupe territorial. L’éligibilité électorale et la nationalité sont des notions ou conditions distinctes, tandis que l’obéissance caractérise plutôt le rapport du sujet au pouvoir.

52. Une règle juridique impose plusieurs étapes successives et prévoit que leur omission invalide la norme adoptée : de quelle notion s’agit-il ?

Une séquence chronologique
Un processus
Une procédure
Une pratique administrative

Une procédure

Explication

Une procédure est une succession imposée de tâches dont le respect conditionne la validité juridique de la norme. Un processus est une démarche indicative relevant des faits, et une simple chronologie ou pratique ne comporte pas nécessairement cette exigence de validité.

53. Un juge vérifie la validité d’une norme dans le modèle de Kelsen : quel critère doit-il appliquer à la norme immédiatement supérieure ?

La norme doit suivre sa procédure d’adoption
La norme doit lui être compatible
La norme doit lui être supérieure
La norme doit être compatible avec une norme inférieure

La norme doit lui être compatible

Explication

Dans la théorie des normes par degrés de Kelsen, une norme est valide si elle est compatible avec la norme immédiatement supérieure. Être supérieure inverse le rapport hiérarchique, la procédure d’adoption ne remplace pas ce critère, et la compatibilité recherchée ne porte pas sur une norme inférieure.

54. Dans la hiérarchie juridique présentée, quelle norme doit prévaloir sur une norme législative en cas de conflit ?

Le droit international écrit
Une norme individuelle
Le bloc de constitutionnalité
Une norme réglementaire

Le bloc de constitutionnalité

Explication

Le bloc de constitutionnalité se situe au-dessus du droit international écrit, des normes législatives, réglementaires et individuelles. Le droit international écrit et les normes réglementaires sont placés plus bas, et les normes individuelles occupent le niveau inférieur.

55. Lorsqu’une décision de justice doit être rendue et exécutée, quel rôle revient à l’État dans l’organisation de la justice ?

La rendre au nom des parties et en déléguer l’exécution
La rendre au nom des juridictions et en partager l’exécution
La rendre au nom du gouvernement et en limiter l’exécution
La rendre au nom de l’État et en détenir l’exécution

La rendre au nom de l’État et en détenir l’exécution

Explication

La justice est rendue de façon indivisible au nom de l’État, qui détient aussi le monopole de l’exécution des décisions. La rendre au nom des parties ou partager l’exécution contredit cette indivisibilité et ce monopole; le rôle de l’État ne se limite pas au prononcé.

56. Une juridiction compare une loi en vigueur dans un État à une époque donnée à des normes extérieures à cet État afin d’en évaluer la légitimité. Quelle distinction s’applique ?

La loi relève du droit naturel et les normes extérieures de la légitimité positive
La loi relève du droit positif et les normes extérieures du droit naturel
La loi relève du droit positif et les normes extérieures de la légalité constitutionnelle
La loi relève du droit naturel et les normes extérieures du droit positif

La loi relève du droit positif et les normes extérieures du droit naturel

Explication

Le droit positif est applicable dans un État à une époque donnée, tandis que le droit naturel est extérieur à l’État et peut servir à juger la légitimité du droit positif. Confondre les deux inverse leur définition; l’applicabilité ne se confond pas avec la légitimité, et des normes constitutionnelles internes ne sont pas nécessairement extérieures à l’État.

57. À quels penseurs associe-t-on notamment le droit naturel classique, qui subordonne les règles humaines à un ordre intemporel du monde ?

Francisco de Vitoria et Grotius
Duguit et Grotius
Aristote et Duguit
Aristote et Thomas d’Aquin

Aristote et Thomas d’Aquin

Explication

Le droit naturel classique est notamment associé à Aristote et à Thomas d’Aquin, et rapporte la justice à un ordre intemporel du monde. Francisco de Vitoria et Grotius sont associés au développement moderne; Duguit relève de la conception sociologique, et l’école de Salamanque ne désigne pas l’association classique demandée.

58. Un juriste soutient que la réflexion sur le droit doit partir de la raison humaine et placer l’homme au centre, plutôt que de prendre pour référence un ordre naturel préétabli. De quelle conception s’agit-il ?

Du droit positif étatique
Du droit naturel moderne
Du droit naturel classique
Du droit naturel sociologique

Du droit naturel moderne

Explication

Le droit naturel moderne remplace l’ordre de la nature par la raison humaine et place l’homme au centre de la réflexion. L’ordre cosmique caractérise le droit naturel classique, tandis que l’observation sociologique fonde la conception sociologique; le droit positif désigne le droit applicable dans un État et à une époque.

59. Une équipe étudie les valeurs portées par une société en les observant au moyen d’enquêtes sociologiques, sans les fonder sur la raison humaine ni sur un ordre divin. Quelle conception du droit naturel mobilise-t-elle ?

Le droit naturel classique
Le droit positif étatique
Le droit naturel sociologique
Le droit naturel moderne

Le droit naturel sociologique

Explication

Le droit naturel sociologique considère que les sociétés portent des valeurs constatables par l’analyse sociologique, plutôt que fondées sur la raison ou un ordre divin. La raison humaine caractérise le droit naturel moderne, l’ordre cosmique le droit naturel classique, et le droit positif désigne le droit applicable dans un État à une époque donnée.

60. Un État souverain adopte des règles qui encadrent l’exercice de ses propres pouvoirs, sans reconnaître de limite juridique extérieure. Quel principe décrit cette situation ?

L’autolimitation
L’hétérolimitation
L’État légal
La souveraineté populaire sans encadrement

L’autolimitation

Explication

L’autolimitation désigne la limitation de l’État par le droit qu’il s’impose lui-même, parce qu’il est considéré comme souverain et non limité de l’extérieur. L’hétérolimitation fait provenir la limite d’un droit extérieur; la soumission de l’administration à la loi caractérise un aspect de l’État légal, non la définition générale demandée.

61. Quel ordre d’évolution Raymond Carré de Malberg présente-t-il pour l’autolimitation de l’État ?

État légal, État de police, puis État de droit
État de police, État légal, puis État de droit
État de police, État de droit, puis État légal
État de droit, État légal, puis État de police

État de police, État légal, puis État de droit

Explication

Dans la présentation de Carré de Malberg, l’autolimitation évolue de l’État de police à l’État légal, puis à l’État de droit. Placer l’État légal avant l’État de police ou l’État de droit avant l’État légal modifie cette succession; la distinction entre souveraineté et démocratie n’en est pas l’objet.

62. Une puissance publique adopte une mesure et des individus concluent des actes dans un système où leurs normes doivent être compatibles avec la Constitution, notamment avec les droits de l’homme. Quelle forme d’État ce critère caractérise-t-il ?

La démocratie sans limitation constitutionnelle
L’État de droit
L’État de police
L’État légal

L’État de droit

Explication

L’État de droit exige que les normes appliquées par la puissance publique et par les individus soient conformes ou compatibles avec la Constitution, notamment avec les droits de l’homme. L’État légal soumet l’administration à la loi sans soumettre aussi la loi à la Constitution; la démocratie sans limitation et l’État de police ne répondent pas à ce critère.

63. Dans un débat, une majorité élue veut exercer son pouvoir sans limite, tandis qu’un dispositif constitutionnel entend protéger les minorités en encadrant ce pouvoir. Quelle distinction est mise en évidence ?

La démocratie et l’État de droit désignent tous deux le pouvoir populaire sans limitation
La démocratie désigne le pouvoir populaire sans limitation, tandis que l’État de droit limite le pouvoir par la Constitution
La démocratie et l’État de droit désignent tous deux la soumission de l’administration à la loi
L’État de droit désigne le pouvoir populaire sans limitation, tandis que la démocratie limite le pouvoir par la Constitution

La démocratie désigne le pouvoir populaire sans limitation, tandis que l’État de droit limite le pouvoir par la Constitution

Explication

Dans la distinction exposée, la démocratie désigne le pouvoir du peuple sans limitation, tandis que l’État de droit limite le pouvoir par la Constitution, notamment pour protéger les minorités. Intervertir les notions attribue à la démocratie la limitation constitutionnelle; les réduire toutes deux au pouvoir sans limite ou au contrôle administratif par la loi efface leur différence.

64. Dans la classification d’Aristote, quelle forme déviée correspond à l’aristocratie lorsque le pouvoir ne vise plus l’intérêt commun ?

La ploutocratie
La tyrannie
L’oligarchie
La démocratie

L’oligarchie

Explication

L’aristocratie, gouvernement des meilleurs orienté vers l’intérêt commun, a pour forme déviée l’oligarchie. La tyrannie dévie la monarchie, la démocratie dévie la politeia et la ploutocratie désigne le pouvoir des riches.

65. Sous une charte, un gouvernement peut être contraint de démissionner par le roi ou par la chambre. De quel type de parlementarisme s’agit-il ?

Une monarchie constitutionnelle monocamérale
Un parlementarisme dualiste
Un parlementarisme moniste
Un régime présidentiel

Un parlementarisme dualiste

Explication

Le parlementarisme dualiste rend le gouvernement responsable à la fois devant le roi et devant la chambre. Le parlementarisme moniste retient la responsabilité devant le Parlement seul, tandis que la séparation stricte et la monarchie monocamérale désignent d’autres caractéristiques institutionnelles.

66. Dans une analyse institutionnelle des États-Unis, quelle organisation décrit correctement l’exécutif présidentiel ?

Un Congrès élu exerçant l’exécutif par l’intermédiaire de ses deux chambres
Un président élu dirigeant un gouvernement collégial où les ministres prennent les décisions ensemble
Un président élu entouré de ministères indépendants qui ne relèvent pas de son autorité
Un président élu entouré d’une administration organisée en agences, sans collégialité gouvernementale

Un président élu entouré d’une administration organisée en agences, sans collégialité gouvernementale

Explication

L’exécutif est exercé par un président élu, assisté d’une administration organisée en agences, et non par un gouvernement collégial. L’idée d’un gouvernement collégial confond administration et gouvernement, celle d’un Congrès exécutif attribue le pouvoir au législatif, et celle de ministères indépendants méconnaît leur lien direct avec le président.

67. Dans l’état de nature décrit par Hobbes, une personne peut employer ses moyens pour se conserver et comprend rationnellement qu’il faut rechercher la paix si elle est possible ; quelle distinction s’applique ?

La recherche de la paix relève du droit naturel, et la liberté de se conserver de la loi de nature
La liberté de se conserver relève de la loi de nature, et la recherche de la paix du droit naturel
La liberté de se conserver relève du droit naturel, et la recherche de la paix de la loi de nature
L’entrée dans l’État crée le droit naturel, tandis que la loi de nature garantit la conservation

La liberté de se conserver relève du droit naturel, et la recherche de la paix de la loi de nature

Explication

Chez Hobbes, le droit naturel est la liberté d’utiliser ses moyens pour se conserver, tandis que la loi de nature est le précepte rationnel de rechercher la paix lorsqu’elle est possible. Inverser les deux notions ou attribuer la liberté de conservation à la loi de nature confond leurs fonctions ; dire que l’État crée le droit naturel contredit son existence dès l’état de nature.

68. Après la fermeture de leur salle à Versailles, des députés du tiers état se réunissent avec quelques membres du clergé au Jeu de paume. Quel enchaînement décrit correctement leur démarche politique à partir du 6 mai 1789 ?

Ils se proclament Assemblée nationale, prennent le nom de communes, puis se réunissent au Jeu de paume.
Ils se réunissent au Jeu de paume, prennent le nom de communes, puis se proclament Assemblée nationale.
Ils prennent le nom de communes, se réunissent au Jeu de paume, puis se proclament Assemblée nationale.
Ils prennent le nom de communes, se proclament Assemblée nationale, puis se réunissent au Jeu de paume.

Ils prennent le nom de communes, se proclament Assemblée nationale, puis se réunissent au Jeu de paume.

Explication

Les députés prennent le nom de communes le 6 mai, se proclament Assemblée nationale le 17 juin, puis se réunissent au Jeu de paume le 20 juin après la fermeture de leur salle. Placer la réunion avant la proclamation confond deux étapes distinctes, tandis que les autres propositions inversent l’ordre des événements.

69. En retraçant la succession monarchique française, quelle séquence décrit le passage des Mérovingiens à la règle établie à partir de Philippe Auguste au XIIIe siècle ?

Hérédité mérovingienne, élection des premiers Capétiens, sacre des fils du vivant de leur père, puis maintien de l’élection.
Élection mérovingienne, hérédité des premiers Capétiens, sacre des fils du vivant de leur père, puis hérédité automatique.
Hérédité mérovingienne, élection des premiers Capétiens, hérédité automatique, puis sacre des fils du vivant de leur père.
Hérédité mérovingienne, élection des premiers Capétiens, sacre des fils du vivant de leur père, puis hérédité automatique.

Hérédité mérovingienne, élection des premiers Capétiens, sacre des fils du vivant de leur père, puis hérédité automatique.

Explication

La transmission passe de l’hérédité chez les Mérovingiens à l’élection des premiers Capétiens, puis au sacre anticipé des fils avant de devenir automatiquement héréditaire à partir de Philippe Auguste. L’élection mérovingienne inverse le point de départ, l’hérédité automatique est placée trop tôt dans une autre séquence, et le maintien de l’élection méconnaît l’évolution finale.

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Que distingue la summa divisio en droit français ?

Le droit public du droit privé.

À quoi le droit public est-il lié dans la summa divisio ?

Aux institutions publiques et au collectif.

Quelles juridictions illustrent la structuration public-privé du système français ?

Le Conseil d’État et la Cour de cassation.

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