Fiche de révision : Institutions et dévolution du pouvoir

Plan du Cours

  1. La distinction entre droit public et privé
  2. Le pouvoir politique et ses méthodes d’étude
  3. Les modèles de classification du pouvoir
  4. La séparation des pouvoirs et ses régimes
  5. Les régimes à prééminence d’un organe
  6. Les régimes d’équilibre et la séparation stricte
  7. Le régime politique américain
  8. Force, habitude et légitimité
  9. Les finalités de la République
  10. Révolutions et coups d’État
  11. Les dévolutions pacifiques du pouvoir
  12. Suffrage et modes de scrutin
  13. Droit comme norme et science
  14. Théorie de l’institution
  15. Sujets et citoyenneté
  16. Formalisation juridique du pouvoir
  17. Droit naturel et hétérolimitation
  18. Autolimitation et État de droit

Repères chronologiques

  1. 1598L’édit de Nantes accorde le pluralisme religieux après les guerres de religion.
  2. 9 juillet 1789L’Assemblée se proclame constituante et commence à rédiger la Constitution de 1791.
  3. 18 brumaire an VIIINapoléon et Sieyès prennent le pouvoir après l’effondrement du Directoire, et le pouvoir est provisoirement confié à trois consuls.
  4. 27 au 29 juillet 1830Les Trois Glorieuses provoquent une insurrection à Paris et la chute de Charles X.
  5. 24 février 1848Une insurrection déclenchée dans le contexte de l’interdiction des réunions et banquets politiques entraîne l’abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la IIe République.
  6. 3 avril 2003Dans la décision 2003-468 DC, le Conseil constitutionnel a jugé irrégulier le remplacement, dans le projet de loi, du seuil de 10 % des suffrages exprimés par celui de 10 % des électeurs inscrits sans consultation du Conseil d’État sur cette modification.
  7. 16 février 2009Le Conseil d’État a admis que l’État devait indemniser les déportations et les persécutions de la Seconde Guerre mondiale.

1. La distinction entre droit public et privé

★ À maîtriser

📌 La summa divisio distingue le droit public, lié aux institutions publiques et au collectif, du droit privé, lié à la société civile et aux relations entre individus.

📌 La distinction public-privé structure le système français, notamment avec le Conseil d’État et la Cour de cassation, tandis que les systèmes de common law ne la connaissent pas.

Compléments

  • La distinction entre droit public et droit privé est un choix politique créé et maintenu par la France, où l’État est présenté comme ayant fait la nation.

  • Les pays conquis par Bonaparte et les anciennes colonies françaises ont repris la distinction entre droit public et droit privé, tandis que l’Allemagne est présentée comme intermédiaire.

  • Le droit public comprend notamment :

    • l’État
    • les tribunaux administratifs
    • les relations internationales
    • les collectivités territoriales

Astuce mémo

État et collectif d’un côté, société civile et individus de l’autre

2. Le pouvoir politique et ses méthodes d’étude

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir social : Rapport asymétrique de commandement et d’obéissance qui sépare gouvernants et gouvernés.
  • Pouvoir politique : de la souveraineté - Bertrand de Jouvenel définit le pouvoir politique comme celui qui affecte l’ensemble du champ social et qui permet à l’appareil dirigeant de prévoir, d’impulser et de décider à l’échelle de la société.
  • Activité politique : Bertrand de Jouvenel présente l’activité politique pure comme l’activité consolidatrice et conservatrice d’agrégats humains.
  • Paradigme : Un paradigme est un postulat ou une vérité de base ; la sociologie en comporte plusieurs, alors que chaque science est présentée comme ayant en principe un seul paradigme.

★ À maîtriser

  • Julien Freund décrit le monde politique comme structuré par l’opposition ami-ennemi et attribue au pouvoir politique la fonction de tracer des frontières entre amis à l’intérieur et ennemis à l’extérieur. - l’essence du politique, 1965

  • La science politique est présentée comme positiviste et limitée à l’établissement des faits, notamment par le recours à l’histoire et à la sociologie.

📌 La sociologie politique étudie les phénomènes de pouvoir, et la sociologie considère le droit comme un témoignage de pratiques dont elle mesure l’écart avec les faits.

📌 Les sociologues mesurent l’efficacité du droit, tandis que les juristes mesurent son effectivité ; l’étude sociologique compare notamment la règle et les faits.

Compléments

📌 Le pouvoir n’est pas nécessairement politique, car des pouvoirs partiels, comme celui de l’Église, ne s’exercent pas à l’échelle de l’ensemble du champ social.

  • Le pouvoir politique fixe par le droit la frontière entre sphère publique et sphère privée, frontière qui disparaît dans un système totalitaire.

  • L’histoire constitutionnelle éclaire les choix présents par les choix du passé, mais toute lecture historique comporte une interprétation et dépend de preuves écrites ou de témoignages.

  • L’herméneutique est la science de l’interprétation, et l’histoire est présentée comme intersubjectivement valable lorsque les interprétations et leurs preuves sont reconnues par plusieurs personnes.

  • Les outils sociologiques cités sont :

    • les questionnaires
    • les sondages
    • les entretiens
    • l’analyse de contenu
    • l’observation participante
    • le questionnement non participant
  • Sous la Ve République, l’article 5 présente juridiquement un président disposant de peu de pouvoir, alors que l’observation sociologique décrit les présidents comme des « hyper-présidents ».

Astuce mémo

Le juriste étudie la règle, le sociologue mesure l’écart entre règle et faits

3. Les modèles de classification du pouvoir

★ À maîtriser

  • Selon le détenteur du pouvoir, Aristote distingue :

    • la monarchie, gouvernement par un seul
    • l’oligarchie, gouvernement par un groupe
    • l’aristocratie, gouvernement des meilleurs
    • la ploutocratie, gouvernement par les riches
    • la démocratie, gouvernement de tous
  • Kelsen oppose l’autocratie, où la norme vient de l’extérieur des gouvernés, à la démocratie, fondée sur l’autonomie et la production de la norme par ceux qui agissent, tout en reconnaissant que les régimes réels se situent entre les deux.

  • Le totalitarisme supprime la séparation entre sphères publique et privée et réduit l’intimité, tandis que le libéralisme protège une sphère privée inviolable.

  • Le monisme concentre le pouvoir sans compétition, tandis que le pluralisme répartit le pouvoir entre plusieurs tendances pouvant s’exprimer ; les régimes réels se situent entre ces idéaux types.

Compléments

  • Les modèles de science politique et de sociologie servent à décrire qui détient le pouvoir, s’il est partagé, représentatif ou centralisé, et comment il est exercé, même s’ils restent abstraits.

📌 Une classification qualitative distingue les gouvernements selon la transmission du pouvoir : l’hérédité caractérise la monarchie, la cooptation peut caractériser l’aristocratie et le recoupement entre gouvernants et gouvernés caractérise la démocratie.

  • Polybe estime que les régimes réels sont toujours mixtes et combinent des formes telles que l’aristocratie, la monarchie et la démocratie.

  • Les régimes cités comme totalitaires sont :

    • le maoïsme
    • le national-socialisme
    • le stalinisme
    • le fascisme italien

📌 Benjamin Constant oppose la liberté des anciens, fondée sur la participation politique, à celle des modernes, qui inclut la protection de la vie privée.

4. La séparation des pouvoirs et ses régimes

Notions clés & Définitions

  • Régime politique : Un régime politique décrit juridiquement le partage du pouvoir entre organes dans un système de séparation des pouvoirs.
  • Pouvoir : Dans la classification des régimes, un pouvoir est un organe, une personne ou un groupe qui exerce une fonction déterminée et dispose d’un pouvoir de décision.

★ À maîtriser

📌 La séparation stricte spécialise les organes, qui exercent chacun leur fonction indépendamment sans pouvoir se renverser mutuellement, tandis que la séparation souple organise leur collaboration et permet des moyens d’action réciproques.

  • Dans la pratique, les séparations des pouvoirs sont souples et peuvent produire un équilibre ou une prééminence d’un organe selon les textes ou les pratiques.

Compléments

  • Montesquieu distingue les fonctions législative et exécutive et hésite à traiter la fonction judiciaire comme un pouvoir distinct, puisque le juge interprète et applique la loi.

  • John Locke distingue les fonctions : exécutive, législative, fédérative, qui permet de conclure des accords avec d’autres États

  • Maurice Hauriou considère le juge comme une partie de l’exécutif et identifie le suffrage populaire comme un troisième pouvoir pouvant départager exécutif et législatif.

  • La séparation souple autorise notamment :

    • l’initiative gouvernementale des lois
    • les ordonnances ayant valeur de loi
    • la motion de censure
    • la dissolution de l’assemblée

Astuce mémo

Séparation stricte : spécialisation et indépendance ; séparation souple : collaboration et moyens d’action réciproques

5. Les régimes à prééminence d’un organe

★ À maîtriser

  • La Convention gouverne la France du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795, dans un régime où l’assemblée domine le système.

  • La Convention est une assemblée unique, monocamérale et élue au suffrage universel masculin, qui contrôle étroitement des ministres issus des députés par l’intermédiaire de comités.

  • La Constitution de l’an I de 1793, jamais appliquée, prévoit un régime monocaméral fondé sur le suffrage universel, avec un référendum d’initiative populaire et un conseil exécutif de 24 membres élus par l’assemblée.

Compléments

  • Le 4 décembre 1793, la Convention est désignée comme le centre unique de l’impulsion gouvernementale.

  • Dans le régime du Directoire, de 1795 à 1799, le législatif est réparti entre le Corps législatif et le Sénat conservateur, tandis que l’exécutif appartient à un collège de cinq directeurs.

  • La période du Directoire est marquée par sept coups d’État, qui contribuent à l’instabilité du régime.

6. Les régimes d’équilibre et la séparation stricte

★ À maîtriser

  • Le Consulat, instauré à la suite du coup d’État de Bonaparte du 18 brumaire an VIII, commence le 9 novembre 1799 et se termine avec le Premier Empire.

  • Le processus législatif consulaire répartit les rôles ainsi : le Conseil d’État a l’initiative des lois, le Tribunal discute les textes sans les voter, le Corps législatif vote les textes sans les discuter, le Sénat veille au respect de la Constitution

📌 Le régime parlementaire repose sur une séparation souple des pouvoirs, leur collaboration et leur équilibre, et est présenté comme d’origine britannique.

  • La Restauration de 1814 met en place une monarchie constitutionnelle fondée sur deux légitimités, monarchique et démocratique, et sur un législatif bicaméral composé d’une chambre basse élue au suffrage censitaire et d’une chambre haute de pairs désignés par le roi.

  • La Charte de 1830 établit un parlementarisme dualiste où le premier ministre est responsable à la fois devant le roi et devant la chambre, notamment par la pratique de l’interpellation et du vote parlementaire.

📌 Le régime présidentiel se caractérise par une séparation stricte, la spécialisation et l’indépendance des pouvoirs, qu’aucun organe ne peut renverser mutuellement ; « présidentiel » ne signifie pas que le président domine.

Compléments

  • Sous la Charte de 1814, le roi peut dissoudre l’assemblée, mais celle-ci ne peut pas dissoudre le gouvernement et la responsabilité ministérielle n’est pas encore instituée.

  • Sous la Charte de 1814, la chambre basse peut mettre un ministre en accusation pour trahison ; le détournement de cette procédure pénale contribue à l’apparition de la responsabilité ministérielle.

  • Le parlementarisme qui se développe sous la Charte de 1814 comme sous celle de 1830 est dualiste : le gouvernement est responsable devant le roi et devant la chambre, tandis que le parlementarisme moniste ne retient que la responsabilité devant le Parlement.

  • En Espagne, le Congrès des députés peut renverser le gouvernement par une motion de censure constructive, qui doit proposer le remplaçant du chef du gouvernement.

  • La Constitution française de 1791 institue une monarchie constitutionnelle monocamérale où l’assemblée détient l’initiative des lois et où le roi dispose d’un veto suspensif surmonté si les deux législatures suivantes adoptent successivement le même décret dans les mêmes termes.

7. Le régime politique américain

★ À maîtriser

  • L’exécutif américain est exercé par un président élu, entouré d’une administration qui comprend 15 ministères directement liés à lui et fonctionne par agences, sans collégialité gouvernementale.

  • Le Congrès américain comprend la Chambre des représentants, élue au suffrage universel, et le Sénat, qui représente les États fédérés.

📌 Aux États-Unis, le président et le Congrès sont élus séparément et aucun ne peut renverser l’autre : le président ne peut dissoudre le Congrès et le Congrès ne peut renverser le président.

  • La collaboration entre président et Congrès passe notamment par le veto présidentiel sur les lois, le vote sénatorial du budget demandé par le président et l’approbation par le Sénat des traités internationaux et des nominations des chefs d’administration.

Compléments

  • La Constitution américaine date de 1787 et la Déclaration d’indépendance de 1776.

  • Le cours explique le fonctionnement du système américain par le bipartisme et par la négociation régulière entre les pouvoirs, malgré des conflits quotidiens.

  • La Constitution de 1848 établit en France une république présidentielle inspirée du régime présidentiel, mais Louis-Napoléon Bonaparte ne peut obtenir un second mandat sans révision constitutionnelle, refusée par les députés, ce qui conduit au coup d’État.

  • La Suisse est présentée comme un cas particulier de séparation assez stricte des pouvoirs où l’assemblée domine et où le peuple peut trancher par référendum.

Astuce mémo

Indépendance institutionnelle, mais collaboration quotidienne

8. Force, habitude et légitimité

★ À maîtriser

📌 Les classifications parlementaire et présidentielle ne décrivent jamais parfaitement les régimes politiques, qui combinent généralement plusieurs caractéristiques.

  • Les classifications fondées sur la dépendance ou l’indépendance et sur la spécialisation ou la collaboration reposent sur des critères distincts : le renversement d’un organe relève du plan organique, tandis que son activité relève du plan fonctionnel.

📌 La force et l’habitude fondent l’obéissance par la contrainte ou l’accoutumance, tandis que la légitimité suppose que le peuple considère le pouvoir comme justifié.

  • Dans son Discours de la servitude volontaire, écrit en 1548, Étienne de La Boétie soutient que l’habitude d’obéir et la crainte permettent aux tyrans de gouverner sans rébellion et appelle à l’indignation et à la rébellion.

📌 La potestas désigne la force ou la puissance, tandis que l’auctoritas désigne une légitimité morale à laquelle le peuple adhère.

  • Max Weber distingue trois formes de légitimité :
    • traditionnelle
    • charismatique
    • légale-rationnelle

Compléments

  • Les textes et la pratique peuvent produire des régimes politiques différents, et les classifications étudiées ne permettent pas de statuer sur la place du troisième pouvoir, celui des juges.

  • Le cours recense treize régimes politiques français depuis 1789, de la monarchie limitée de 1791-1792 à la république présidentialiste instaurée en 1958.

  • Les monarchomaques sont des auteurs protestants présentés comme les premiers penseurs de la rébellion contre le pouvoir.

  • La distinction entre auctoritas et potestas est présentée comme une création de l’Église catholique visant à légitimer le pouvoir temporel du pape face au roi.

📌 Chez Max Weber, la légitimité légale-rationnelle dépend du respect du droit par les autorités et non de la personnalité du gouvernant, tandis que les juristes positivistes distinguent la légalité de la légitimité.

Astuce mémo

Potestas contra auctoritas : puissance contre légitimité morale

9. Les finalités de la République

Notions clés & Définitions

  • Subjectivisme : L’idée que l’individu est un sujet autonome et que la relation politique passe par la subjectivité et le consentement de chacun.
  • République : Selon Jean Bodin, dans Les Six Livres de la République (1576), la république est le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine ; elle n’est pas opposée à la monarchie.

★ À maîtriser

📌 La monarchie ou l’oligarchie vise à servir un groupe restreint, tandis que la République vise à gouverner dans l’intérêt de tous.

📌 Dans un contrat social horizontal, les individus contractent entre eux et peuvent ne pas adhérer, tandis que dans un contrat vertical, ils adhèrent à une puissance publique déjà constituée.

  • Rousseau lie la République au contrat social et au consentement : tout État régi par des lois peut être une République, quelle que soit sa forme d’administration, lorsque l’intérêt public gouverne.

Compléments

  • La démocratie représentative peut conduire les représentants à capter le pouvoir à leur profit, contrairement à la démocratie directe ou participative.

  • La res publica romaine, instaurée vers 500 av. J.-C., remplace la monarchie et constitue une oligarchie patricienne collégiale plutôt qu’une démocratie.

  • Guillaume d’OCCAM associe le nominalisme à l’idée que les universaux sont des concepts ou des signes, sans existence réelle hors de l’esprit, et affirme que seuls les êtres singuliers existent dans la réalité.

  • Dans Le Désenchantement du monde (1985), Marcel Gauchet présente le citoyen comme un titulaire de droits et un porteur d’intérêts capable de penser l’intérêt général.

  • Chez Hobbes, la loi de nature est un précepte rationnel qui oblige l’individu à rechercher la paix lorsqu’elle est possible, tandis que le droit naturel est la liberté, présente dès l’état de nature, d’utiliser ses moyens pour se conserver ; l’entrée dans l’État vise la sécurité sans créer ce droit.

  • Dans la conception française de la laïcité, les convictions religieuses restent privées et ne régissent pas les règles communes, tandis que l’uniformité du droit dans les collectivités vise l’égalité des citoyens sur le territoire.

10. Révolutions et coups d’État

Notions clés & Définitions

  • Révolution : Une révolution est un changement de mode de gouvernement qui s’opère par une action violente ; le terme politique est repris de la Glorious Revolution de 1688.
  • Coup d’État : Un changement de gouvernants effectué hors des procédures constitutionnelles par une action entreprise au sein de l’État, au niveau de ses dirigeants ou de ses agents.

★ À maîtriser

  • Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme à l’article 3 que la souveraineté réside essentiellement dans la nation et qu’aucun corps ni individu ne peut exercer une autorité qui n’en émane.

  • L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 définit une constitution par la garantie des droits et la séparation des pouvoirs, cette dernière étant un moyen de garantir les droits.

  • Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée, suspend les libertés et fait arrêter des parlementaires avant de soumettre la fin de la IIe République à un plébiscite victorieux le 20 décembre.

Compléments

  • Les députés du tiers état prennent le nom de communes le 6 mai 1789, se proclament Assemblée nationale le 17 juin et se réunissent dans la salle du Jeu de paume le 20 juin après la fermeture de leur salle, avec quelques membres du clergé.

  • René Raymond distingue trois familles idéologiques de droite en France :

    • les légitimistes
    • les orléanistes
    • les bonapartistes
  • En mai 1958, René Coty confie le pouvoir à De Gaulle dans le contexte des troubles en Algérie et de l’impuissance gouvernementale ; De Gaulle fait rédiger une nouvelle constitution, et le cours qualifie cette arrivée au pouvoir de coup d’État légitime approuvé à 86 %.

Astuce mémo

Brumaire, décembre 1851, mai 1958 : trois prises de pouvoir contestées

11. Les dévolutions pacifiques du pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Cooptation : Un vote par consensus au sein d’un groupe restreint de dirigeants pour transmettre le pouvoir à l’intérieur de ce groupe.

★ À maîtriser

📌 La dévolution pacifique du pouvoir prend les formes de la transmission héréditaire et du suffrage, auxquelles peut s’ajouter la cooptation.

  • La succession royale française repose sur trois règles :

    • la primogéniture masculine
    • la masculinité
    • la collatéralité masculine
  • Le cours situe l’application du suffrage universel masculin en France en 1848, celle du suffrage universel féminin en 1944 et celle du suffrage universel mixte en 1944.

Compléments

  • À Rome, les chefs de familles cooptent d’abord les rois, puis Tarquin le Superbe fait basculer la monarchie cooptative vers une monarchie absolue au VIe siècle av. J.-C..

  • Au Vatican, les cardinaux élisent le pape, tandis que le président d’université est présenté comme coopté au sein du conseil d’administration.

  • En France, la transmission monarchique, héréditaire chez les Mérovingiens, passe de l’élection des premiers Capétiens au sacre des fils du vivant de leur père, puis à l’hérédité automatique à partir de Philippe Auguste au XIIIe siècle.

12. Suffrage et modes de scrutin

Notions clés & Définitions

  • Suffrage censitaire : Le suffrage censitaire réserve le vote aux personnes qui paient un niveau déterminé d’impôts; il est appliqué en France en 1791 et maintenu jusqu’en 1848.
  • Mode de scrutin : Un régime électoral définissant les modalités du processus de désignation des représentants par un corps électoral donné.
  • Représentation proportionnelle : Attribue aux listes des sièges en fonction des voix obtenues.
  • Suffrage capacitaire : Réserve le vote aux personnes présentant un certain niveau de culture ou d’éducation.

★ À maîtriser

  • Le scrutin majoritaire privilégie l’efficacité et amplifie la victoire du gagnant, tandis que la représentation proportionnelle reflète plus fidèlement les tendances politiques et favorise le multipartisme.

  • Le scrutin majoritaire uninominal à un tour attribue la victoire au candidat ayant le plus de voix, même sans majorité absolue, tandis qu’à deux tours le second tour oppose les deux candidats arrivés en tête si aucun n’a obtenu la majorité absolue au premier tour.

  • Pour les élections municipales des communes de plus de 3500 habitants depuis 1983 et pour les élections régionales depuis 2004, le scrutin mixte combine représentation proportionnelle et prime majoritaire.

  • Au premier tour, une liste qui obtient la majorité absolue reçoit une prime majoritaire correspondant à la moitié des sièges, ou à un quart des sièges au niveau régional.

  • Le scrutin mixte vise à dégager une majorité locale gouvernable tout en laissant aux partis minoritaires une représentation et un droit de regard.

Compléments

  • Le suffrage universel masculin est établi en France en 1848, tandis que le suffrage universel féminin est accordé en 1944 ; le cours mentionne aussi le Wyoming en 1869 et le Danemark en 1915 parmi les précurseurs du vote des femmes.

  • Le tirage au sort, pratiqué à Athènes, permettait principalement d’éviter la compétition politique.

  • Dans le vote alternatif, les électeurs classent les candidats par préférence et les voix des candidats éliminés sont redistribuées jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue.

  • Le scrutin majoritaire plurinominal permet d’élire plusieurs candidats dans une même circonscription et peut fonctionner avec des listes bloquées ou le panachage ; le cours le signale pour les élections municipales des communes de moins de 3 500 habitants.

  • Le scrutin majoritaire tend à produire une bipolarisation politique et peut donner une majorité de sièges à un parti qui n’a pas obtenu la majorité des voix.

📌 La proportionnelle intégrale répartit les sièges dans une circonscription unique sans seuil sélectif, tandis que la proportionnelle sélective impose un seuil de suffrages pour obtenir un siège, généralement 5 % et parfois 10 ou 15 %.

  • La répartition proportionnelle des sièges s’effectue à partir d’un quotient électoral, puis les sièges restants peuvent être attribués selon la méthode du plus fort reste ou celle de la plus forte moyenne.

Astuce mémo

Le majoritaire amplifie, la proportionnelle reflète

13. Droit comme norme et science

Notions clés & Définitions

  • Droit : Système de normes, c’est-à-dire de significations qui posent un devoir-être plutôt qu’un fait déjà existant.
  • Interprète authentique : Autorité dont l’interprétation d’un texte vaut comme norme, le juge ayant le plus souvent le dernier mot.

★ À maîtriser

  • Pour Hans Kelsen, une norme est la signification d’une phrase par laquelle on déclare que quelque chose doit être.

📌 Une norme exprime une volonté et n’est ni vraie ni fausse, tandis qu’une proposition de norme décrit une norme et peut être vraie ou fausse.

📌 La loi de Hume interdit de déduire logiquement ce qui doit être de ce qui est. - Kelsen

Compléments

📌 Dans le normativisme de Kelsen, la norme résulte de l’interprétation d’un signe, tandis que l’école de l’exégèse rattache la signification au texte et à l’intention de son auteur.

  • Selon Kelsen, une norme juridique est une norme émise par une institution capable d’émettre des normes juridiques.

📌 La doctrine ne crée pas elle-même le droit, mais elle peut en être une source lorsque le jurislateur s’inspire de ses propositions.

Astuce mémo

La norme prescrit ; la proposition de norme décrit

14. Théorie de l’institution

Notions clés & Définitions

  • Institution : Abstraction durable, fondée pour réaliser une œuvre ou une entreprise dans un milieu social.

★ À maîtriser

  • Maurice Hauriou définit en 1925 l’institution comme une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social, grâce à un pouvoir organisé en organes et à des manifestations de communion réglées par des procédures.

Compléments

📌 Chez Hauriou, les individus constituent les forces d’action qui renouvellent l’institution, tandis que la règle est une force de réaction qui tempère et limite leur action.

  • Pour Hauriou, les forces d’action des individus sont supérieures à la force de réaction de la règle, et l’institution est d’abord l’action.

15. Sujets et citoyenneté

Notions clés & Définitions

  • Citoyenneté : Capacité de dépasser ses intérêts individuels pour penser l’intérêt général d’un groupe territorial.

★ À maîtriser

📌 Sous la monarchie, les sujets reçoivent un statut de droits et de devoirs, tandis qu’après la Révolution de 1789 le statut de citoyen les rattache à la souveraineté nationale.

Compléments

  • À l’époque féodale, l’allégeance lie le suzerain, qui protège et détient la force, à son vassal.

  • La politique d’unification monarchique autour de la formule « un roi, une loi, une foi » vise notamment à imposer la religion du roi aux sujets.

  • La citoyenneté peut être :

    • locale
    • nationale
    • européenne

Astuce mémo

Sujet du monarque : obéir ; citoyen : penser l’intérêt général

16. Formalisation juridique du pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Procédure : Succession imposée de tâches dont le respect conditionne la validité juridique de la norme.
  • Personnalité juridique : Aptitude à être titulaire de droits et d’obligations et centre d’imputation juridique.
  • Grundnorm : Kelsen - Norme fondamentale hypothétique et non écrite qui présuppose le respect de la norme suprême et fonde théoriquement la hiérarchie des normes.

★ À maîtriser

📌 Dans la théorie des normes par degrés de Kelsen, une norme est valide si elle est compatible avec la norme immédiatement supérieure. - Théorie pure du droit

  • La hiérarchie présentée place le bloc de constitutionnalité au-dessus du droit international écrit, des normes législatives, des normes réglementaires et des normes individuelles.

  • La justice est rendue de façon indivisible au nom de l’État, qui détient aussi le monopole de l’exécution des décisions de justice.

Compléments

  • Les articles 61 et 54 de la Constitution fondent respectivement le contrôle de conformité des lois à la Constitution et celui de la compatibilité des traités avec la Constitution avant leur ratification.

  • L’article 37 implique que les règlements doivent être conformes à la loi, tandis que l’article 55 établit la supériorité des traités régulièrement ratifiés sur les lois.

📌 Tout être humain qui naît vivant et viable reçoit la personnalité juridique, tandis que les embryons et les fœtus n’en ont pas.

  • La personnalité morale de l’État lui permet d’assurer sa continuité malgré le changement de ses agents, de posséder un patrimoine et d’être partie à un procès.

  • En mars 1790, l’Assemblée constituante rétablit au profit de la nation le monopole de la justice et crée les ordres judiciaire et administratif.

Astuce mémo

Procédure, hiérarchie, personnalité, justice : le droit organise le pouvoir

17. Droit naturel et hétérolimitation

★ À maîtriser

📌 Le droit positif est le droit applicable dans un État à une époque donnée, tandis que le droit naturel désigne des normes extérieures à l’État qui peuvent servir à juger la légitimité du droit positif.

  • Le droit naturel classique subordonne les règles humaines à un ordre du monde intemporel, voulu ou non par Dieu, et associe notamment les pensées d’Aristote et de Thomas d’Aquin. - Aristote et St-Thomas d’Aquin

  • Le droit naturel moderne remplace l’ordre de la nature par la raison humaine et place l’homme au centre de la réflexion.

  • Le droit naturel sociologique considère que les sociétés portent des valeurs observables par l’analyse sociologique plutôt que fondées sur la raison ou un ordre divin.

Compléments

  • L’école de Salamanque, associée notamment à Francisco de Vitoria, Sualez et Grotius, participe au développement du droit naturel moderne. - Francisco de Vitoria, Sualez, et Grotius

  • Dans la conception de Duguit, la solidarité est la valeur de la société française.

  • Pour Hauriou, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est la constitution sociale de la France, à laquelle le droit positif français doit être conforme sans qu’elle soit elle-même du droit positif.

Astuce mémo

Classique : ordre du monde ; moderne : raison humaine ; sociologique : valeurs sociales

18. Autolimitation et État de droit

Notions clés & Définitions

  • Autolimitation : Limitation de l’État par le droit qu’il s’impose lui-même, puisqu’il est considéré comme souverain et non limité de l’extérieur.
  • État de droit : État dans lequel les normes appliquées par la puissance publique et par les individus sont conformes ou compatibles avec la Constitution, notamment avec les droits de l’homme.

★ À maîtriser

  • Dans la présentation de Carré de Malberg, l’autolimitation de l’État évolue de l’État de police à l’État légal, puis à l’État de droit. - Raymond Carré de Malberg

📌 Dans la distinction exposée, la démocratie désigne le pouvoir du peuple sans limitation, tandis que l’État de droit limite le pouvoir par la Constitution afin de protéger notamment les minorités.

Compléments

  • Dans l’État légal, les lois stabilisent la volonté du souverain, renforcent la prévisibilité et la sécurité juridique, et soumettent l’administration au droit sous le contrôle du juge administratif.

  • Le compromis démo-libéral associe le principe démocratique à la limitation constitutionnelle du pouvoir.

Astuce mémo

État de police → État légal → État de droit

Tableaux de synthèse

Formes de séparation des pouvoirs

CritèreSéparation stricteSéparation souple
OrganisationOrganes spécialisésOrganes qui collaborent
RapportsIndépendance réciproqueMoyens d’action réciproques
Régime associéRégime présidentielRégime parlementaire

Parlementarisme moniste et dualiste

NotionResponsabilitéExemple cité
MonisteDevant un seul pôleCharte de 1814
DualisteDevant le roi et la chambreCharte de 1830

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1. Dans une analyse qui oppose les institutions publiques aux relations de la société civile, quelle distinction correspond à la summa divisio ?

2. Une étudiante compare le système français à un système de common law : quelle caractéristique institutionnelle devrait-elle relever pour le système français ?

Faire le QCM →

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Que distingue la summa divisio en droit français ?

Le droit public du droit privé.

À quoi le droit public est-il lié dans la summa divisio ?

Aux institutions publiques et au collectif.

Quelles juridictions illustrent la structuration public-privé du système français ?

Le Conseil d’État et la Cour de cassation.

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