QCM : Organisation des juridictions (46 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une personne est poursuivie pour un délit, tandis qu’une autre est accusée d’un crime. Quelle juridiction est compétente pour juger chacune de ces infractions ?

La cour d’assises pour le délit et le tribunal correctionnel pour le crime
Le tribunal correctionnel pour le délit et le tribunal de police pour le crime
Le tribunal de police pour le délit et la cour d’assises pour le crime
Le tribunal correctionnel pour le délit et la cour d’assises pour le crime

Le tribunal correctionnel pour le délit et la cour d’assises pour le crime

Explication

Le tribunal correctionnel juge les délits, tandis que la cour d’assises juge les crimes. Le renversement des deux juridictions confond leurs compétences, le tribunal de police juge les contraventions et ne juge donc ni les délits ni les crimes.

2. Un agent public commet une faute grave qui entraîne une perte financière pour son administration. Quelle juridiction peut juger sa responsabilité, sans exclure des poursuites pénales pour les mêmes faits ?

La Cour nationale du droit d’asile
La Cour d’appel financière
La Cour des comptes
Le tribunal administratif

La Cour des comptes

Explication

La Cour des comptes juge la responsabilité de l’agent public lorsque sa faute grave entraîne un préjudice financier, sans préjudice de poursuites pénales. La juridiction d’asile traite des décisions de l’OFPRA, le tribunal administratif n’est pas la juridiction financière visée, et le contrôle des comptes ne désigne pas à lui seul le jugement de cette responsabilité.

3. Une infraction vient d’être commise et les enquêteurs doivent agir rapidement. Quel cadre d’enquête permet des pouvoirs coercitifs renforcés pendant la période initiale prévue ?

L’enquête préliminaire, pour une durée initiale de seize jours
L’enquête de flagrance, pour une durée initiale de huit jours
L’enquête de flagrance, pour une durée initiale de seize jours
L’enquête préliminaire, pour une durée initiale de huit jours

L’enquête de flagrance, pour une durée initiale de huit jours

Explication

La flagrance concerne une infraction qui vient d’être commise et permet des pouvoirs coercitifs renforcés pour une durée initiale de huit jours. L’enquête préliminaire est le cadre ordinaire moins contraignant, et seize jours correspond à une éventuelle prolongation de huit jours, non à la durée initiale.

4. Une partie conteste une décision en soutenant que le juge a mal apprécié la crédibilité d’un témoin, sans invoquer d’erreur dans l’application du droit. Quel contrôle la Cour de cassation peut-elle exercer ?

Apprécier l’opportunité de la décision au regard des circonstances du litige
Vérifier l’application et l’interprétation de la règle de droit, sans réévaluer la crédibilité du témoin
Reprendre l’ensemble du procès comme une juridiction d’appel
Réexaminer la crédibilité du témoin et vérifier l’application de la règle de droit

Vérifier l’application et l’interprétation de la règle de droit, sans réévaluer la crédibilité du témoin

Explication

La Cour de cassation contrôle l’application et l’interprétation du droit, mais n’apprécie pas les faits. Le réexamen de la crédibilité confond ce contrôle avec celui de la cour d’appel, l’opportunité relève d’une appréciation différente et le nouvel examen intégral assimile à tort la Cour à un troisième degré de juridiction.

5. Un membre du gouvernement est poursuivi pour un délit commis dans l’exercice de ses fonctions ministérielles. Quelle juridiction est compétente pour juger cette affaire ?

La Haute Cour
Une cour d’appel
Une juridiction de droit commun
La Cour de justice de la République

La Cour de justice de la République

Explication

La Cour de justice de la République juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Les « juridictions de droit commun » concernent les actes hors fonctions, tandis que la « Haute Cour » est compétente pour la destitution présidentielle.

6. Un pourvoi porte sur un litige relatif à un contrat relevant du droit des personnes et de la famille. Quelle chambre civile est spécialisée dans cette matière ?

La troisième chambre civile
La deuxième chambre civile
La première chambre civile
La chambre commerciale, économique et financière

La première chambre civile

Explication

La première chambre civile traite notamment du droit des personnes, de la famille et des contrats. La deuxième concerne la responsabilité et la procédure civile, la troisième l’urbanisme, l’immobilier et la propriété, tandis que la chambre commerciale traite les matières commerciales, économiques et financières.

7. Quelle est la composition de la cour criminelle départementale lorsqu’elle juge une affaire ?

Cinq magistrats professionnels, sans jury populaire
Cinq jurés citoyens, sans magistrat professionnel
Trois magistrats professionnels et deux assesseurs non professionnels
Trois magistrats professionnels et un jury populaire

Cinq magistrats professionnels, sans jury populaire

Explication

La cour criminelle départementale siège sans jury populaire et est composée de cinq magistrats professionnels. La composition avec jury citoyen correspond à la cour d’assises ; celle avec deux assesseurs non professionnels ne décrit pas cette juridiction.

8. Une personne demande une mesure de tutelle pour un parent majeur. Quel juge connaît notamment de ce type de demande ?

Le conseil de prud’hommes.
Le juge administratif.
Le juge compétent pour les baux d’habitation.
Le juge des contentieux de la protection.

Le juge des contentieux de la protection.

Explication

Le juge des contentieux de la protection connaît notamment des tutelles des majeurs. Le conseil de prud’hommes traite les litiges individuels nés d’un contrat de travail, et un bail d’habitation ou un litige administratif correspond à une autre matière.

9. Une personne souhaite faire appel d’un jugement d’un tribunal administratif portant sur un contentieux d’urbanisme situé dans une zone de forte tension sur l’offre de logement. Quelle règle doit-elle prendre en compte ?

Tous les jugements du tribunal administratif sont susceptibles d’appel
Tous les contentieux d’urbanisme sont exclus de l’appel
L’appel doit être porté devant la Cour de cassation
Certains contentieux d’urbanisme de cette catégorie sont exclus de l’appel

Certains contentieux d’urbanisme de cette catégorie sont exclus de l’appel

Explication

Les cours administratives d’appel examinent les jugements et ordonnances susceptibles d’appel, mais certains contentieux d’urbanisme en zones de forte tension sur le logement sont exclus de cette voie de recours. La règle ne rend pas tous les jugements appelables ni tous les contentieux d’urbanisme inappelables, et la Cour de cassation n’est pas la juridiction d’appel administrative.

10. Pendant son mandat, un Président fait l’objet en France d’une tentative d’ouverture d’une instruction concernant un acte accompli en qualité de chef de l’État. Quelle règle s’applique ?

L’instruction est exclue pour tout acte, même après la fin du mandat
L’instruction peut être engagée si elle porte sur une infraction grave
L’instruction ne peut être engagée pendant le mandat, sous réserve des exceptions constitutionnelles
L’instruction est remplacée par un procès devant la Haute Cour

L’instruction ne peut être engagée pendant le mandat, sous réserve des exceptions constitutionnelles

Explication

L’article 67 protège le Président, durant son mandat, contre les actes d’information, d’instruction et de poursuite devant les autorités françaises, sous réserve notamment des articles 53-2 et 68. Le « procès devant la Haute Cour » confond cette règle avec la destitution, tandis que l’« exclusion après le mandat » transforme une protection temporaire en immunité définitive.

11. En matière civile, une partie fait appel d’un jugement rendu après le 1er janvier 2020 et demande que son exécution soit suspendue. Quelle règle s’applique en principe ?

L’appel suspend l’exécution de droit, sauf décision contraire du premier président
L’exécution est différée de droit jusqu’à la décision de la cour d’appel
L’exécution provisoire s’applique de droit, sauf arrêt par le premier président
L’exécution provisoire s’applique de droit, sauf arrêt par la formation collégiale

L’exécution provisoire s’applique de droit, sauf arrêt par le premier président

Explication

Depuis le 1er janvier 2020, l’exécution provisoire est de droit en matière civile et l’appel n’est donc généralement plus suspensif ; le premier président peut toutefois arrêter cette exécution. L’« appel suspensif » reprend l’ancien principe, tandis que la « formation collégiale » attribue ce pouvoir à la mauvaise autorité.

12. Lors du contrôle a priori d’une loi, quel ensemble constitue les normes de référence du Conseil constitutionnel ?

Les seuls articles du texte constitutionnel de 1958, sans ses textes de référence
La Constitution de 1958 et son préambule, les textes de 1789 et de 1946, la Charte de l’environnement et les principes constitutionnels
Les seuls droits et libertés invoqués par une partie à un procès déjà engagé
Les traités internationaux et les lois ordinaires applicables au litige

La Constitution de 1958 et son préambule, les textes de 1789 et de 1946, la Charte de l’environnement et les principes constitutionnels

Explication

Le contrôle a priori confronte la loi à l’ensemble des normes constitutionnelles, dont les textes de 1789, 1946 et 2004 ainsi que les principes à valeur constitutionnelle. La limitation aux droits et libertés garantis concerne la QPC, tandis que les traités et lois ordinaires ne constituent pas cet ensemble de normes constitutionnelles.

13. Un préfet de département soumet une question au tribunal administratif, sans lui demander de trancher un litige. Quelle attribution le tribunal exerce-t-il ?

Une attribution préfectorale de jugement
Une attribution d’appel
Une attribution consultative
Une attribution contentieuse

Une attribution consultative

Explication

Les tribunaux administratifs peuvent donner leur avis sur les questions soumises par les préfets de département : il s’agit d’une attribution consultative. L’attribution contentieuse tranche un litige, le préfet ne rend pas l’avis du tribunal et l’appel relève des cours administratives d’appel.

14. Deux États envisagent de soumettre leur différend à la Cour internationale de justice. Quelle condition de saisine doivent-ils remplir ?

La saisine peut venir d’un seul État concerné sans acceptation préalable de l’autre
La saisine doit venir des États concernés, qui ont accepté au préalable la compétence de la Cour
La saisine doit venir du Conseil de sécurité après une décision d’une juridiction nationale
La saisine peut venir d’un particulier après épuisement des recours nationaux

La saisine doit venir des États concernés, qui ont accepté au préalable la compétence de la Cour

Explication

La CIJ ne peut être saisie que par les États concernés et sous condition de leur acceptation préalable. La saisine par un particulier après épuisement des recours correspond à la CEDH, et l’accès à la CIJ ne se fait pas sans acceptation préalable.

15. Lors d’une enquête préliminaire, un officier de police judiciaire estime nécessaire de requérir un expert. Quelle démarche doit-il suivre ?

Demander au tribunal correctionnel de désigner l’expert
Obtenir l’autorisation du procureur avant de requérir l’expert
Obtenir l’autorisation du juge d’instruction avant de requérir l’expert
Requérir directement l’expert, puis informer le procureur

Obtenir l’autorisation du procureur avant de requérir l’expert

Explication

En enquête préliminaire, la réquisition d’un médecin ou d’un expert par l’officier de police judiciaire nécessite l’autorisation du procureur. La réquisition directe est possible en flagrance, l’information du procureur ne remplace pas l’autorisation, et le juge d’instruction ou le tribunal correctionnel n’est pas l’autorité compétente dans cette situation.

16. Dans une procédure de césure concernant un mineur, quelle audience intervient après celle consacrée à la culpabilité ?

Une audience sur la sanction, quelques mois plus tard
Une audience sur la culpabilité, quelques mois plus tard
Une audience de mise en état, quelques mois plus tard
Une audience d’appel sur la culpabilité, quelques mois plus tard

Une audience sur la sanction, quelques mois plus tard

Explication

La procédure de césure se déroule en deux temps : l’audience sur la culpabilité, puis l’audience sur la sanction quelques mois plus tard. Répéter la première audience inverse ou déforme cette séquence ; l’appel et la mise en état ne sont pas les étapes décrites.

17. Dans un litige dont l’enjeu est de 4 200 €, quelle voie de recours est ouverte contre la décision du tribunal judiciaire ?

Un appel devant une cour d’appel.
Un appel, puis un pourvoi en cassation.
Aucun recours contre la décision.
Un pourvoi en cassation.

Un pourvoi en cassation.

Explication

Pour un enjeu inférieur à 5 000 €, le tribunal judiciaire statue en premier et dernier ressort : seul un pourvoi en cassation est possible. L’appel n’est donc pas ouvert, mais le seuil n’exclut pas le pourvoi en cassation.

18. Après avoir conclu une transaction sur un différend, une partie saisit un juge d’une action portant sur le même objet. Quel effet l’article 2052 du Code civil attache-t-il à la transaction ?

Elle suspend l’action jusqu’à la reprise des négociations.
Elle empêche une action portant sur un objet différent.
Elle transfère le litige à la juridiction arbitrale.
Elle fait obstacle à l’introduction ou à la poursuite de cette action.

Elle fait obstacle à l’introduction ou à la poursuite de cette action.

Explication

L’article 2052 prévoit que la transaction fait obstacle à l’introduction ou à la poursuite, entre les parties, d’une action en justice ayant le même objet. La suspension temporaire ne correspond pas à cet effet, l’objet visé est le même et la transaction ne transfère pas le litige à l’arbitrage.

19. Quel type de litiges la Cour internationale de justice tranche-t-elle, et sur quelles bases juridiques ?

Des différends entre États, au regard des conventions, de la coutume internationale et des principes généraux du droit
Des différends entre États, au regard des décisions des juridictions nationales uniquement
Des litiges entre particuliers, au regard des conventions et des contrats privés
Des accusations pénales contre des individus, au regard des codes pénaux nationaux

Des différends entre États, au regard des conventions, de la coutume internationale et des principes généraux du droit

Explication

La CIJ règle des différends entre États en se fondant sur les conventions internationales, la coutume et les principes généraux du droit reconnus. Les procès pénaux d’individus relèvent de la CPI, et les litiges privés ne sont pas ceux de la CIJ.

20. Deux gestionnaires sont responsables d’un préjudice financier de même montant, mais l’un travaille pour une entité dont le budget est bien plus élevé. Quel élément faut-il prendre en compte pour apprécier le caractère significatif du préjudice ?

Le montant du préjudice rapporté au budget de l’entité ou du service concerné
Le montant du préjudice rapporté au budget général de l’État
La gravité de la faute comparée à celle d’autres fautes de gestion
Le montant du préjudice considéré indépendamment des budgets concernés

Le montant du préjudice rapporté au budget de l’entité ou du service concerné

Explication

Le caractère significatif s’apprécie en rapportant le montant du préjudice au budget de l’entité ou du service relevant de la responsabilité du justiciable. Le budget général de l’État substitue une autre échelle, le montant isolé omet le critère relatif, et la gravité de la faute ne remplace pas cette comparaison budgétaire.

21. Quelles catégories de justiciables relèvent notamment des juridictions pénales spéciales ?

Les mineurs et certaines personnalités politiques
Les affaires traitées par des chambres pénales spécialisées
Les personnes poursuivies pour toute infraction de droit commun
Les auteurs d’infractions économiques et financières seulement

Les mineurs et certaines personnalités politiques

Explication

Les juridictions pénales spéciales concernent des catégories particulières de justiciables, notamment les mineurs et certaines personnalités politiques. Les chambres pénales spécialisées désignent une spécialisation des formations, et non ces catégories de juridictions.

22. Une loi vient d’être adoptée, mais n’a pas encore été promulguée. Qui peut saisir le Conseil constitutionnel pour exercer le contrôle a priori ?

Le président de la République, le Premier ministre, l’un des présidents des assemblées, 60 députés ou 60 sénateurs
Le président de la République ou une majorité simple de députés et de sénateurs
Le Conseil d’État ou la Cour de cassation, après l’entrée en vigueur de la loi
Toute partie à un procès, après transmission par le Conseil d’État ou la Cour de cassation

Le président de la République, le Premier ministre, l’un des présidents des assemblées, 60 députés ou 60 sénateurs

Explication

L’article 61 autorise la saisine avant promulgation par les autorités politiques citées et par 60 députés ou 60 sénateurs. La saisine par une partie relève de la QPC, tandis que les juridictions de filtrage interviennent dans cette procédure.

23. En appel devant une cour d’assises, une décision défavorable à l’accusé recueille neuf voix sur douze. Le seuil requis est-il atteint ?

Oui, car sept voix sur neuf suffisent en appel
Non, car il faut dix voix sur douze en appel
Oui, car huit voix sur douze suffisent en appel
Non, car il faut neuf voix sur douze en appel

Oui, car huit voix sur douze suffisent en appel

Explication

En appel, une décision défavorable à l’accusé exige huit voix sur douze ; neuf voix atteignent donc le seuil. Le seuil de sept sur neuf concerne la première instance, et les seuils de neuf ou dix sur douze ne sont pas ceux indiqués.

24. Quelle juridiction statue sur les décisions administratives rendues par l’OFPRA, établissement public ?

Le Conseil d’État
L’OFPRA
La Cour des comptes
La Cour nationale du droit d’asile

La Cour nationale du droit d’asile

Explication

La Cour nationale du droit d’asile statue sur les décisions administratives rendues par l’OFPRA. La Cour des comptes relève de la juridiction financière, le Conseil d’État n’est pas la juridiction désignée pour ce contentieux, et l’OFPRA est l’établissement qui rend les décisions contestées.

25. Au cours d’un procès civil, une partie estime qu’une disposition législative déjà en vigueur porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Quelle démarche correspond à une QPC ?

Soulever la question devant le Conseil d’État, car la procédure exclut les procès civils
Adresser directement la question au Conseil constitutionnel après le jugement définitif
Soulever la question pendant le procès, puis laisser la Cour de cassation filtrer sa transmission au Conseil constitutionnel
Saisir le Conseil constitutionnel avant la promulgation, sans passer par une juridiction

Soulever la question pendant le procès, puis laisser la Cour de cassation filtrer sa transmission au Conseil constitutionnel

Explication

Une partie à un procès judiciaire ou administratif peut soulever une QPC contre une disposition en vigueur, et la Cour de cassation ou le Conseil d’État filtre sa transmission. Le contrôle avant promulgation est le contrôle a priori, et le justiciable ne saisit pas directement le Conseil constitutionnel.

26. Une cour administrative d’appel a rendu un arrêt qu’une partie conteste devant le Conseil d’État. Quelle fonction celui-ci exerce-t-il dans cette affaire ?

Juge de cassation
Juge de premier ressort
Conseiller consultatif
Juge d’appel

Juge de cassation

Explication

Le Conseil d’État est juge de cassation des arrêts des cours administratives d’appel. Le juge d’appel réexamine une décision dans le cadre d’un appel, le premier ressort concerne le début du jugement, et la fonction consultative porte sur des projets de textes plutôt que sur l’arrêt contesté.

27. Quelle composition caractérise le jury et les magistrats de la cour d’assises en première instance ?

Trois magistrats professionnels et un jury de citoyens âgés d’au moins vingt-trois ans
Un magistrat professionnel et deux assesseurs non professionnels
Trois magistrats professionnels et un jury de citoyens âgés d’au moins dix-huit ans
Cinq magistrats professionnels sans jury de citoyens

Trois magistrats professionnels et un jury de citoyens âgés d’au moins vingt-trois ans

Explication

La cour d’assises comprend trois magistrats professionnels et un jury de citoyens âgés d’au moins vingt-trois ans. Les cinq magistrats sans jury caractérisent la cour criminelle départementale, tandis que les autres compositions ne correspondent pas à celle de la cour d’assises.

28. Le Parlement réuni en Haute Cour examine un manquement présidentiel manifestement incompatible avec l’exercice du mandat. Quel type de décision peut-il prendre ?

Destituer le Président sans prononcer de peine pénale
Suspendre temporairement le Président dans l’attente d’un procès
Juger toute infraction présidentielle comme une juridiction pénale
Condamner le Président à une peine pour l’infraction commise

Destituer le Président sans prononcer de peine pénale

Explication

La Haute Cour peut destituer le Président pour ce manquement, mais elle ne juge pas une infraction et ne prononce aucune peine. La « condamnation pénale » et le « procès pour toute infraction » confondent la Haute Cour avec une juridiction pénale ; la « suspension temporaire » n’est pas son pouvoir prévu.

29. Lorsqu’un gouvernement prépare un projet de loi et sollicite une expertise juridique et technique, quel rôle le Conseil d’État exerce-t-il ?

Il conseille le gouvernement et rend un avis juridique et technique
Il adopte le projet et lui confère force de loi
Il rend un avis politique sur l’opportunité du projet
Il tranche le litige et rend une décision juridictionnelle

Il conseille le gouvernement et rend un avis juridique et technique

Explication

Le Conseil d’État conseille le gouvernement et émet des avis juridiques et techniques sur les projets de lois, d’ordonnances et certains décrets. Un arbitrage politique ne correspond pas à la nature de cet avis, trancher un litige relève de sa fonction juridictionnelle, et l’adoption de la loi n’est pas son rôle.

30. Une personne souhaite saisir la Cour européenne des droits de l’homme après un arrêt définitif de la Cour de cassation. Elle a utilisé les recours nationaux disponibles. Dans quel délai doit-elle agir ?

Après l’arrêt définitif, sans délai déterminé
Dans les six mois suivant l’arrêt définitif
Dans les quatre mois suivant l’arrêt définitif
Dans les quatre mois suivant le début du litige

Dans les quatre mois suivant l’arrêt définitif

Explication

Un particulier doit avoir épuisé les voies de recours nationales et saisir la CEDH dans les quatre mois suivant l’arrêt définitif du Conseil d’État ou de la Cour de cassation. Le délai se calcule à partir de cet arrêt, et l’épuisement des recours ne supprime pas l’exigence de délai.

31. Un prévenu est jugé pour un délit figurant sur la liste permettant le recours au juge unique. Quelle composition le tribunal correctionnel peut-il adopter, et quelle est la portée actuelle de cette modalité ?

Un seul juge, dans une modalité qui concerne moins de la moitié des affaires pénales
Un seul juge, dans une modalité qui concerne plus de la moitié des affaires pénales
Trois juges, dans une modalité qui concerne plus de la moitié des affaires pénales
Deux juges, dans une modalité qui concerne plus de la moitié des affaires pénales

Un seul juge, dans une modalité qui concerne plus de la moitié des affaires pénales

Explication

Le tribunal correctionnel statue en principe à trois juges, mais les délits figurant sur une liste peuvent être jugés par un juge unique, modalité qui concerne aujourd’hui plus de la moitié des affaires pénales. La composition à trois juges est le principe, deux juges ne correspondent pas à la règle indiquée, et la part inférieure à la moitié inverse le constat.

32. Saisi en référé-liberté, un juge doit répondre rapidement à une menace contre une liberté fondamentale. Quelle décision peut-il rendre et dans quel délai ?

Trancher définitivement le fond du litige, dans les 48 heures
Ordonner une mesure nécessaire à la sauvegarde de la liberté, dans un délai d’un mois
Ordonner une mesure nécessaire à la sauvegarde de la liberté, dans les 48 heures
Accorder une indemnisation financière, dans les 48 heures

Ordonner une mesure nécessaire à la sauvegarde de la liberté, dans les 48 heures

Explication

En référé-liberté, le juge statue dans les 48 heures et peut ordonner les mesures nécessaires à la sauvegarde de la liberté menacée ; ces mesures sont provisoires et ne tranchent pas le fond. Le jugement définitif confond référé et juge du fond, le délai d’un mois ne correspond pas au délai indiqué, et le pouvoir du juge ne se limite pas à l’indemnisation.

33. Un litige civil n’est attribué par aucune disposition à une juridiction particulière. Quelle juridiction est compétente par défaut ?

La juridiction pénale.
Le tribunal judiciaire.
Une juridiction civile spécialisée.
Aucune juridiction.

Le tribunal judiciaire.

Explication

Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de droit commun : il connaît des litiges qui ne sont pas attribués par la loi à une autre juridiction. La compétence pénale est une autre matière, une juridiction spécialisée suppose une attribution particulière, et l’absence d’attribution ne laisse pas le litige sans juridiction compétente.

34. Après un jugement civil, une partie interjette appel et conteste à la fois les faits retenus et l’application de la règle de droit. Que réexamine la cour d’appel ?

Les faits, sans réexaminer l’application du droit
L’application du droit, sans réexaminer les faits
La régularité formelle du jugement, sans revoir le litige
Les faits et l’application du droit dans l’ensemble du litige

Les faits et l’application du droit dans l’ensemble du litige

Explication

L’appel est dévolutif : le litige est jugé une seconde fois dans son ensemble, tant pour les faits que pour l’application du droit. Le « contrôle limité à l’application du droit » correspond à la cassation ; les réponses réduisant l’examen aux seuls faits ou à la seule forme restreignent à tort l’appel.

35. Deux entreprises choisissent un arbitre privé pour trancher leur différend, tandis que deux autres règlent leur désaccord par un accord négocié sans faire intervenir de juridiction. Comment qualifier ces deux modes de résolution, dans cet ordre ?

Action judiciaire, puis transaction.
Arbitrage, puis transaction.
Arbitrage, puis action judiciaire.
Transaction, puis arbitrage.

Arbitrage, puis transaction.

Explication

L’arbitrage confie le règlement du litige à une juridiction privée choisie par les parties, tandis que la transaction règle le conflit par convention sans juridiction. La réponse « transaction, puis arbitrage » inverse ces notions, l’accord négocié sans juge n’est pas un arbitrage, et l’arbitrage décrit n’est pas une action devant une juridiction étatique.

36. Un enfant de douze ans est reconnu discernant par le juge. Quelle conséquence s’applique quant à la sanction pénale ?

La présomption de non-discernement empêche toute mesure
Une peine peut être prononcée si l’infraction est un crime
Seules des mesures éducatives peuvent être prononcées
Une peine peut être prononcée si le discernement est établi

Seules des mesures éducatives peuvent être prononcées

Explication

Avant treize ans, même si le mineur est jugé discernant, seules des mesures éducatives sont possibles et aucune peine ne peut être prononcée. Le discernement ne lève donc pas cette limite, et la présomption de non-discernement est simple plutôt qu’irréfragable.

37. Quel rôle le ministère public exerce-t-il au procès pénal ?

Défendre la personne poursuivie et contester les accusations portées contre elle
Représenter la société et l’ordre public, appliquer la politique pénale et exercer l’accusation
Conduire le jugement et décider de la culpabilité de la personne poursuivie
Représenter la victime dans ses intérêts personnels et demander réparation de son préjudice

Représenter la société et l’ordre public, appliquer la politique pénale et exercer l’accusation

Explication

Le ministère public représente les intérêts de la société et de l’ordre public, met en œuvre la politique pénale de l’État et exerce l’accusation. La défense des intérêts personnels relève de la victime, le jugement appartient à la juridiction et la défense de la personne poursuivie relève de son avocat.

38. Une association privée chargée d’un service public, agissant dans l’exercice de ses pouvoirs, porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La situation est urgente. Quelle procédure peut être engagée ?

Un recours en cassation
Une demande d’avis consultatif
Un référé-liberté
Un référé sans condition d’urgence

Un référé-liberté

Explication

Le référé-liberté requiert notamment l’urgence, une liberté fondamentale et une atteinte grave et manifestement illégale imputable à une personne publique ou à un organisme privé chargé d’un service public dans l’exercice de ses pouvoirs. Exclure cet organisme privé méconnaît la règle, une simple contestation de légalité ne suffit pas à caractériser l’atteinte exigée, et l’urgence est une condition de la procédure.

39. Un litige civil porte sur un enjeu financier de 4 800 euros. La partie qui perd en première instance souhaite interjeter appel : cette voie de recours est-elle ouverte ?

Non, car l’enjeu est inférieur à 5 000 euros
Oui, car l’enjeu atteint le seuil de 5 000 euros
Oui, car tout jugement civil ouvre une voie d’appel
Non, car seuls les litiges pénaux peuvent faire l’objet d’un appel

Non, car l’enjeu est inférieur à 5 000 euros

Explication

En matière civile, les jugements dont l’enjeu financier est inférieur à 5 000 euros sont insusceptibles d’appel ; 4 800 euros se situe sous ce seuil. Dire que l’enjeu « atteint le seuil » confond une valeur inférieure avec 5 000 euros, et les deux autres réponses écartent à tort le champ civil ou l’exception.

40. Une personne poursuit son employeur pour un différend individuel né de son contrat de travail. De quel ordre juridictionnel ce litige relève-t-il ?

De l’ordre pénal uniquement.
De l’ordre judiciaire.
De l’ordre administratif.
D’un ordre juridictionnel distinct des deux ordres.

De l’ordre judiciaire.

Explication

L’ordre judiciaire connaît notamment des litiges entre personnes privées et des infractions pénales, tandis que l’ordre administratif traite les litiges relevant de la juridiction administrative. Un différend individuel du travail ne devient pas administratif du seul fait qu’il oppose un salarié et son employeur, et ce litige n’est pas nécessairement pénal.

41. Dans un litige particulier, le tribunal doit déterminer quelle règle générale s’applique, tandis qu’une assemblée adopte une nouvelle norme générale et impersonnelle. Quel rôle revient au tribunal ?

Appliquer les lois au litige particulier.
Confier le litige à une juridiction privée.
Édicter une norme générale et impersonnelle.
Appliquer la loi à la place du législateur.

Appliquer les lois au litige particulier.

Explication

Les juridictions appliquent les lois aux litiges particuliers, tandis que le législateur édicte les normes générales et impersonnelles. Édicter une norme relève donc du législateur, et l’application au cas concret ne remplace pas son rôle normatif ni ne suppose un arbitrage.

42. Après examen d’un pourvoi, la Cour de cassation conclut qu’une erreur de droit justifie l’annulation de la décision, mais que les faits doivent être examinés à nouveau. Quelle décision peut-elle rendre ?

Rejeter le pourvoi et rendre la décision contestée définitive
Casser la décision sans renvoi et clore l’affaire
Casser la décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction
Demander un avis consultatif sans statuer sur le pourvoi

Casser la décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction

Explication

Lorsque la Cour casse une décision et que les faits doivent être appréciés à nouveau, elle renvoie l’affaire devant une autre juridiction. Le rejet maintiendrait la décision contestée, la cassation sans renvoi convient lorsque le réexamen des faits n’est pas nécessaire, et la demande d’avis est une procédure consultative distincte.

43. Une enquête porte sur un crime. Le dossier doit-il faire l’objet d’une instruction judiciaire ?

Non, l’instruction concerne les délits plutôt que les crimes
Oui, mais l’instruction dépend du choix de la juridiction de jugement
Oui, l’instruction est obligatoire en matière criminelle
Non, l’instruction est facultative en matière criminelle

Oui, l’instruction est obligatoire en matière criminelle

Explication

L’instruction est obligatoire en matière criminelle, tandis qu’elle est facultative en matière délictuelle. Le caractère facultatif concerne donc les délits, et l’obligation en matière criminelle ne dépend pas du choix de la juridiction de jugement.

44. Quelle description correspond au Tribunal pour Enfants ?

Il est présidé par un juge des enfants, comprend deux assesseurs non professionnels et ne prononce que des mesures éducatives
Il est présidé par un magistrat non professionnel, comprend deux juges des enfants et peut prononcer des peines
Il est présidé par un juge des enfants, comprend deux assesseurs non professionnels et peut prononcer des peines
Il est présidé par un juge des enfants, comprend trois magistrats professionnels et peut prononcer des peines

Il est présidé par un juge des enfants, comprend deux assesseurs non professionnels et peut prononcer des peines

Explication

Le Tribunal pour Enfants est présidé par un juge des enfants, comporte deux assesseurs non professionnels et peut prononcer des peines. Le fait qu’il puisse prononcer des peines le distingue de la fonction du juge des enfants statuant seul sur des mesures éducatives.

45. Quelle caractéristique définit une juridiction, indépendamment de la matière du litige ?

Elle a pour mission de trancher des litiges.
Elle a pour mission de trancher les seuls litiges civils.
Elle a pour mission d’édicter des normes générales.
Elle a pour mission de conseiller les parties en conflit.

Elle a pour mission de trancher des litiges.

Explication

Une juridiction se définit par sa mission de trancher des litiges, quelle que soit la matière concernée. L’édiction des normes relève du législateur, le conseil aux parties ne constitue pas cette mission, et la compétence juridictionnelle ne se limite pas au civil.

46. Un majeur est poursuivi en première instance pour un crime puni de vingt ans de réclusion, sans récidive légale. Quelle juridiction est compétente ?

La cour criminelle départementale
Le tribunal correctionnel
La cour d’assises
La cour d’assises d’appel

La cour criminelle départementale

Explication

La cour criminelle départementale juge en première instance certains crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion commis par des majeurs hors récidive légale. La cour d’assises est ici confondue avec la juridiction compétente pour ce crime, tandis que le tribunal correctionnel juge les délits et que la cour d’assises d’appel intervient en appel.

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Qu’est-ce qu’une juridiction ?

Une institution chargée de trancher des litiges, quelle que soit la matière concernée.

À quel attribut essentiel de l’État la justice est-elle liée ?

À sa souveraineté.

Comment la transaction règle-t-elle un conflit ?

Par convention, sans intervention d’une juridiction.

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