★ À maîtriser
Les contrats spéciaux sont soumis à la fois au droit commun des contrats et aux règles spécifiques propres à chaque espèce de contrat.
Un contrat nommé est doté par la loi d’un nom et d’un régime juridique propre, tandis qu’un contrat innommé est créé par la pratique sans régime légal particulier correspondant à son nom.
Selon l’article 1105 du Code civil, les règles générales s’appliquent à tous les contrats, les règles particulières régissent certains contrats et ces règles générales s’appliquent sous réserve des règles particulières.
Compléments
Droit commun pour tous, règles spéciales pour chacun
★ À maîtriser
Compléments
Code civil → sources internes → sources internationales
★ À maîtriser
Compléments
📌 Dans les contrats aléatoires, l’adage « l’aléa chasse la lésion » signifie que l’existence d’un aléa fait obstacle à l’invocation de la lésion.
Évolutions des contrats → projets de modernisation et de cohérence
L’interprétation autonomiste de l’adage specialia generalibus derogant écarte le droit commun chaque fois qu’une question est réglée par le droit spécial, tandis que l’interprétation cohérente ne l’écarte qu’en cas de contradiction entre les deux règles.
Lorsque la règle de droit commun est compatible avec la règle spéciale, les deux règles se complètent ; lorsqu’elles sont incompatibles, la règle spéciale écarte la règle de droit commun.
Les éléments essentiels déterminent la catégorie du contrat et ne peuvent pas être écartés par les parties, les éléments naturels existent par principe mais peuvent être exclus, et les éléments accidentels sont ajoutés par les parties sans appartenir normalement au contrat.
La qualification d’un contrat peut être:
Règle générale compatible = complément ; contradiction = règle spéciale
★ À maîtriser
📌 Les contrats relatifs aux choses transmettent la propriété ou procurent la jouissance d’un bien, tandis que les contrats relatifs aux services ont pour objet une obligation de faire.
Compléments
📌 La vente et l’apport en société peuvent être à titre onéreux, tandis que la donation est gratuite ; le bail est nécessairement onéreux alors que le prêt est en principe gratuit.
Utilité d’un bien : transférer la propriété ou procurer la jouissance
★ À maîtriser
La vente transfère à l’acheteur le droit de propriété, comprenant l’usus, le fructus et l’abusus, sauf si les parties limitent le transfert à certaines prérogatives dans un démembrement de propriété.
Le transfert de propriété est en principe immédiat dès l’échange des consentements, selon l’article 1583 du Code civil, mais une clause de réserve de propriété peut le reporter jusqu’au paiement complet du prix.
La vente est à titre onéreux, synallagmatique, commutative et consensuelle : elle comporte une contrepartie, des obligations réciproques, des avantages réputés équivalents et se forme par le seul échange des consentements.
La vente est parfaite dès l’accord sur la chose et le prix, même si la chose n’a pas encore été livrée ou payée, sauf lorsqu’un formalisme légal conditionne exceptionnellement sa validité.
Compléments
📌 La publicité foncière des ventes immobilières ne conditionne pas la validité de la vente mais son opposabilité aux tiers, notamment entre acquéreurs successifs où l’acte publié en premier est opposable.
Propriété → prix → consentement
📌 L’échange est le contrat par lequel les parties se donnent respectivement une chose pour une autre ; il transfère deux propriétés et peut comporter une soulte destinée à compenser une inégalité de valeur, sans constituer un prix.
📌 L’apport en nature n’est pas une vente car sa contrepartie est l’attribution de droits sociaux, tandis que l’apport peut aussi être réalisé en industrie ou en numéraire.
Vente : argent ; échange : chose contre chose ; apport : droits sociaux
★ À maîtriser
Les conditions de validité de la vente sont:
Le principe est la liberté d’acheter et de vendre, mais la loi peut interdire certaines acquisitions, imposer une vente ou imposer un cocontractant par un droit de préemption.
Le droit de préemption permet à son titulaire de se substituer à l’acquéreur initial après notification du projet de vente, en achetant le bien aux conditions prévues.
Le devoir précontractuel d’information impose de transmettre les informations déterminantes ignorées par le cocontractant, et le vendeur professionnel doit en outre conseiller l’acheteur sur l’adéquation du bien à ses besoins.
Le délai de réflexion intervient avant la conclusion du contrat, tandis que le délai de rétractation intervient après sa conclusion et permet de revenir sur son engagement pendant une période déterminée.
Dans la vente avec arrhes, l’acheteur peut se désengager en les perdant et le vendeur en restituant le double, tandis que l’acompte constitue seulement un paiement partiel sans faculté de se dédire.
La promesse synallagmatique engage réciproquement les parties et vaut en principe vente lorsque la chose et le prix sont convenus, tandis que la promesse unilatérale engage le promettant seul et laisse au bénéficiaire une option.
Compléments
📌 Depuis l’ordonnance de 2016, la rétractation du promettant dans une promesse unilatérale de vente peut être sanctionnée par l’exécution forcée de la vente en application de l’article 1124 du Code civil.
Liberté → qualité → expression du consentement
★ À maîtriser
Dans une promesse synallagmatique de vente, les parties sont engagées réciproquement, tandis que dans une promesse unilatérale, seul le promettant est engagé et le bénéficiaire dispose d’une option.
Lorsque les parties subordonnent la conclusion de la vente à un élément supplémentaire qui constitue leur consentement, la promesse synallagmatique ne vaut pas vente et la rétractation est sanctionnée par des dommages et intérêts. — CIV 3, 09/07/2014 n°13-12.4
Dans une promesse unilatérale de vente, le promettant est déjà engagé dans le contrat définitif parce que les éléments essentiels de celui-ci sont réunis, et la rétractation est sanctionnée par l’exécution forcée depuis l’ordonnance de 2016, conformément à l’article 1124 du Code civil.
L’indemnité d’immobilisation est acquise au promettant si l’option n’est pas levée ou imputée sur le prix si elle l’est, et elle rémunère l’exclusivité accordée au bénéficiaire sans constituer une clause pénale ni une clause de dédit.
Dans les promesses unilatérales croisées portant sur le même bien, la qualification de promesse synallagmatique peut être retenue au moyen de deux engagements soumis à des conditions suspensives potestatives, la vente devenant parfaite dès la levée de l’une des options. — Ch.com, 27/09/2017 n°16-13.1
Compléments
L’article 1589-1 du Code civil interdit, à peine de nullité depuis la loi du 13 décembre 2000, la pratique consistant à demander au candidat acquéreur d’un immeuble une offre d’achat accompagnée d’une somme sans engagement réciproque du candidat vendeur.
Si le montant de l’indemnité d’immobilisation prive en pratique le bénéficiaire de sa liberté de ne pas acheter, la promesse unilatérale est requalifiée en promesse synallagmatique. — CIV 3, 26/09/2012 n°10-23.9
La clause d’offre alternative ou buy or sell permet à un associé de proposer à l’autre soit de lui céder ses titres, soit de lui racheter ses propres titres au prix fixé par l’initiateur. — Ch.com, 28/04/2009 n°08-13.0
La fixation du prix par l’initiateur d’une clause buy or sell n’est pas une cause de nullité lorsque le déclenchement de la clause est soumis à des conditions objectives, et sa mise en œuvre doit être de bonne foi. — Ch.com, 12/02/2025 n°23-16.2
Synallagmatique : les deux parties sont engagées ; unilatérale : une seule partie promet et l’autre choisit.
★ À maîtriser
📌 La vente d’une chose future est commutative lorsque son existence est considérée comme certaine, aléatoire lorsqu’elle est incertaine mais que le prix reste dû, et conditionnelle lorsque ses effets dépendent de sa réalisation.
📌 La perte totale de la chose au moment de la conclusion de la vente entraîne sa nullité, tandis que la perte partielle permet à l’acheteur d’annuler la vente ou de la maintenir pour la partie existante avec réduction du prix, conformément à l’article 1601 du Code civil.
Compléments
📌 Dans la vente à la mesure, l’individualisation par la mesure ou la pesée permet le transfert de propriété, tandis que dans la vente en bloc la désignation du lieu ou du lot entraîne en principe le transfert immédiat de la propriété et des risques.
Exister, être déterminée, puis être individualisée.
★ À maîtriser
L’article 1598 du Code civil pose que toute chose dans le commerce peut être vendue, sauf lorsque la loi en interdit l’aliénation.
Une clause d’inaliénabilité conventionnelle est valable si elle est justifiée par un intérêt sérieux et légitime et limitée dans le temps, et la vente conclue en violation de cette clause est frappée de nullité relative. — CIV 1, 31/07/2007 n°05-14.2
La vente de la chose d’autrui est en principe nulle parce que le vendeur ne peut transférer plus de droits qu’il n’en possède, et l’acheteur risque une éviction par le véritable propriétaire.
La nullité de la vente de la chose d’autrui est relative et l’action appartient à l’acheteur, tandis que le véritable propriétaire doit agir en revendication car la vente lui est inopposable. — CIV 3, 09/03/2005
La vente de la quote-part indivise transfère à l’acquéreur les seuls droits indivis du vendeur, tandis que la vente du bien indivis entier par un seul indivisaire est en principe une vente de la chose d’autrui.
Compléments
📌 La nullité de la vente de la chose d’autrui peut être écartée lorsque le vendeur devient propriétaire avant ou pendant l’instance, car le risque d’éviction disparaît par consolidation du contrat. — CIV 3
📌 Lorsque l’acquéreur connaît l’indivision et que la vente porte sur le bien entier, la vente peut être valable entre les parties mais inopposable aux autres indivisaires et son efficacité dépend du résultat du partage.
Chose d’autrui : l’acheteur risque l’éviction ; chose du vendeur : le transfert peut s’opérer.
★ À maîtriser
Dans un contrat-cadre, le fournisseur peut fixer unilatéralement le prix des contrats d’application en vertu de l’article 1164 du Code civil, sous réserve de ne pas commettre d’abus dans la fixation du prix. — AP, 01/12/1995 n°95-15.5
Selon l’article 1592 du Code civil, les parties peuvent confier l’estimation du prix à un tiers indépendant, dont l’évaluation s’impose aux parties et au juge sauf erreur grossière.
La lésion n’est en principe pas une cause de nullité dans les contrats commutatifs, sauf lorsque la loi le prévoit notamment pour certaines ventes d’engrais, les cessions de droits d’auteur et les ventes d’immeubles.
Dans la vente d’un immeuble, seul le vendeur peut demander la rescision s’il a été lésé de plus de sept douzièmes, c’est-à-dire si le prix est inférieur aux cinq douzièmes de la valeur réelle de l’immeuble.
En cas de lésion, l’acheteur peut soit racheter la lésion en versant le complément du juste prix diminué d’un dixième, soit subir la rescision rétroactive avec restitutions réciproques.
Compléments
📌 L’action en rescision pour lésion doit être exercée dans les deux ans suivant la conclusion définitive de la vente, conformément à l’article 1676 du Code civil.
Prix déterminé ou déterminable, mais en principe non lésionnaire.
| Qualification | Critère | Effet |
|---|---|---|
| Unitaire | Une seule catégorie juridique | Application d’un régime unique |
| Mixte ou distributive | Obligations complexes ou hybrides | Répartition des règles par le juge |
| Sui generis | Aucune catégorie préexistante adaptée | Absence de rattachement à un régime existant |
| Notion | Engagement | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Promesse synallagmatique | Engagement réciproque | Vaut en principe vente |
| Promesse unilatérale | Engagement du promettant seul | Option laissée au bénéficiaire |
| Pacte de préférence | Priorité donnée au bénéficiaire si le promettant vend | Substitution possible selon les règles applicables |
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1. Quel ensemble de règles régit un contrat spécial ?
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À quoi sont soumis les contrats spéciaux ?
Au droit commun des contrats et aux règles spécifiques propres à chaque espèce.
Quelle différence existe entre un contrat nommé et un contrat innommé ?
Le contrat nommé a un nom et un régime juridique par la loi, le contrat innommé est créé par la pratique sans régime légal.
Que prévoit l’article 1105 du Code civil concernant les règles contractuelles ?
Les règles générales s’appliquent à tous les contrats sous réserve des règles particulières.
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