★ À maîtriser
📌 L’initiative, le déroulement et la rupture des négociations précontractuelles sont libres, mais doivent impérativement respecter la bonne foi exigée par l’article 1104 du Code civil.
📌 La rupture des pourparlers n’est pas fautive en elle-même : seule la manière dont elle intervient peut caractériser un abus de droit.
Compléments
La bonne foi précontractuelle constitue un devoir général de comportement et non une obligation contractuelle, puisque le contrat n’est pas encore formé.
Les parties peuvent mener plusieurs négociations parallèles avec des concurrents, car la liberté des pourparlers autorise la mise en concurrence.
Liberté de négocier, mais la déloyauté engage la responsabilité
★ À maîtriser
📌 Plus les négociations sont avancées, plus l’exigence de loyauté lors de leur rupture s’intensifie, tandis qu’une négociation brève fait en principe naître moins d’attentes légitimes.
📌 La victime d’une faute dans des pourparlers non formalisés peut obtenir la réparation de son intérêt négatif, notamment les frais exposés à perte et les préjudices occasionnels liés aux circonstances fautives.
Compléments
📌 Le tiers qui contracte avec une personne engagée dans des pourparlers ne commet en principe pas de faute, même s’il en connaît l’existence, sauf intention de nuire ou manœuvres frauduleuses.
Circonstances fautives → intérêt négatif, jamais intérêt positif
★ À maîtriser
📌 Le contrat de négociation organise exclusivement le processus des pourparlers, tandis que l’accord de principe porte même partiellement sur le contrat futur envisagé.
📌 Un accord préparatoire peut imposer une obligation d’entreprendre les discussions, analysée comme une obligation de résultat, et une obligation de les conduire de bonne foi, analysée comme une obligation de moyen.
Compléments
📌 La violation d’un contrat de négociation n’oblige pas à conclure le contrat définitif et est en principe sanctionnée par des dommages et intérêts plutôt que par une exécution forcée des discussions.
📌 Lorsque l’accord de principe fixe tous les éléments essentiels du contrat définitif, le juge peut le requalifier en contrat définitif, sauf conditions suspensives ou renvoi explicite à des négociations ultérieures.
Accord de principe : quoi négocier ; contrat de négociation : comment négocier
★ À maîtriser
Le pacte de préférence ne crée aucune obligation de négocier et le bénéficiaire reste libre d’accepter, de refuser ou de discuter l’offre qui lui est proposée.
Lorsque le promettant décide de contracter et que le bénéficiaire exerce son droit de priorité, le promettant est tenu de contracter avec lui.
En cas de violation du pacte de préférence, le bénéficiaire peut demander des dommages et intérêts et, sous conditions, la nullité du contrat conclu avec le tiers ou sa substitution à ce tiers.
🔄 L’action interrogatoire permet au tiers de: demander si le bénéficiaire est titulaire du pacte, demander s’il entend s’en prévaloir, tirer les conséquences de l’absence de réponse dans le délai
Compléments
📌 La nullité ou la substitution supposent que le bénéficiaire prouve que le tiers connaissait l’existence du pacte et que le bénéficiaire entendait s’en prévaloir.
Préférence → violation → nullité ou substitution
★ À maîtriser
La promesse unilatérale est un contrat résultant d’un accord de volontés sur le mécanisme de l’option, tandis que l’offre est un acte unilatéral rétractable émanant d’une seule volonté.
La révocation de la promesse unilatérale pendant le délai d’option n’empêche pas la formation du contrat promis lorsque le bénéficiaire lève l’option dans ce délai.
Le contrat conclu avec un tiers en violation d’une promesse unilatérale est nul lorsque ce tiers connaissait l’existence de la promesse.
Compléments
Le droit d’option du bénéficiaire est un droit potestatif et patrimonial qui peut être cédé, notamment au moyen d’une clause de substitution.
L’indemnité d’immobilisation versée dans certaines promesses unilatérales immobilières avoisine en pratique 10 % du prix de vente envisagé, s’impute sur le prix si l’option est levée et reste acquise au promettant sinon.
📌 Une condition suspensive non réalisée lors de la levée d’option empêche la formation immédiate de la vente et la levée d’option ne vaut ni renonciation à cette condition ni preuve de sa réalisation.
Promettant engagé, bénéficiaire libre de lever l’option
Dans une promesse synallagmatique, aucune partie ne conserve une liberté de se raviser sans engager sa responsabilité, contrairement à la promesse unilatérale dans laquelle le bénéficiaire dispose d’un droit d’option.
La promesse synallagmatique peut être soumise à une condition suspensive, comme l’obtention d’un prêt, qui maintient le contrat en attente de produire ses effets tant qu’elle n’est pas réalisée.
Pour un contrat consensuel, la promesse peut suffire à engager les parties avant une formalité d’exécution, tandis que pour un contrat solennel elle crée une obligation d’accomplir la formalité nécessaire à la formation du contrat définitif.
PU : un seul engagé ; PS : engagement réciproque
★ À maîtriser
Une proposition constitue une offre seulement si elle est à la fois précise, parce qu’elle contient les éléments essentiels du contrat, et ferme, parce que son auteur ne se réserve pas la possibilité de se retirer.
Les éléments essentiels d’une offre peuvent être objectivement essentiels, comme la chose et le prix dans la vente, ou subjectivement essentiels lorsqu’ils sont rendus déterminants par la volonté des parties.
La fermeté d’une offre ne signifie pas l’absence de toute condition, mais l’absence d’une réserve permettant à son auteur de se retirer librement.
Compléments
Offre = précise et ferme
★ À maîtriser
Une proposition ne constitue une offre que si elle est à la fois précise et ferme ; à défaut de l’une de ces conditions, elle constitue une invitation à entrer en négociation.
Les éléments objectivement essentiels sont imposés par la loi ou la nature du contrat, tandis que les éléments subjectivement essentiels sont rendus déterminants par la volonté des parties.
La fermeté de l’offre exige que son auteur manifeste sa volonté d’être définitivement engagé en cas d’acceptation, sans se réserver une faculté de retrait unilatéral.
Compléments
📌 L’offre au public s’entend dans la limite des stocks disponibles et de la capacité de son auteur à l’exécuter ; elle devient caduque lorsque les stocks sont épuisés.
Dans un arrêt du 8 novembre 2018, la troisième chambre civile a jugé qu’un courriel notifiant le prix fixé par un vendeur constituait une information et non une offre de vente, faute de manifestation de la volonté du vendeur d’être lié. — 3e Ch. Civ., 8 nov. 2018
Dans un arrêt du 25 septembre 2019, la chambre commerciale a retenu qu’un engagement de versement sans volume d’achat minimum manquait de précision et ne constituait pas une offre aboutie. — ch.Com, 25 sept 2019
Précise sur le contenu, ferme sur l’engagement
★ À maîtriser
La rétractation est la disparition volontaire de l’offre par décision de l’offrant, tandis que la caducité est sa disparition automatique en raison d’un élément extérieur.
Selon l’article 1115 du Code civil, l’offre peut être librement rétractée tant qu’elle n’est pas parvenue à son destinataire.
Selon l’article 1116 du Code civil, la rétractation d’une offre avant l’expiration du délai fixé par son auteur ou d’un délai raisonnable empêche la conclusion du contrat mais engage la responsabilité extracontractuelle de l’offrant.
La responsabilité de l’offrant qui rétracte fautivement suppose une faute, un préjudice et un lien de causalité, mais elle ne répare pas les avantages attendus du contrat ; seuls les frais engagés pour étudier ou préparer l’offre sont réparables.
L’offre devient caduque dans les cas suivants: refus du destinataire, expiration du délai fixé par l’offrant, expiration d’un délai raisonnable, décès ou incapacité de l’offrant ou du destinataire
Compléments
Dans un arrêt du 7 mai 2008, la troisième chambre civile a jugé que l’offrant qui s’était engagé à maintenir son offre pendant un délai ne pouvait la retirer avant cette échéance sans empêcher la demande de formation du contrat. — 3e Ch.Civ
Dans un arrêt du 30 mai 2018, la chambre sociale a jugé que seul l’auteur de l’offre pouvait se prévaloir de sa caducité résultant de l’expiration d’un délai raisonnable. — Ch.Soc.
Rétractation volontaire, caducité automatique
★ À maîtriser
L’acceptation peut être expresse, par une déclaration orale ou écrite non ambiguë, ou tacite, par un comportement non équivoque.
Selon l’article 1120 du Code civil, le silence ne vaut pas acceptation, sauf lorsque la loi, les usages, les relations d’affaires habituelles ou des circonstances particulières lui attribuent cette valeur.
Une acceptation pure et simple forme le contrat, une acceptation modifiant un élément de l’offre constitue une contre-offre, et une acceptation des éléments principaux assortie d’une discussion sur des modalités secondaires constitue seulement un accord de principe.
Compléments
📌 Lorsque l’offre porte sur des éléments divisibles et non liés entre eux, le destinataire peut accepter seulement une partie de l’offre, ce qui produit un accord partiel.
Silence ne vaut pas acceptation, sauf exceptions
★ À maîtriser
Selon l’article 1121 du Code civil, le contrat est conclu dès que l’acceptation parvient à l’offrant et il est réputé conclu au lieu où cette acceptation est parvenue.
La théorie de l’émission situe la formation du contrat lors de l’expédition de l’acceptation, tandis que la théorie de la réception la situe lors de son arrivée chez l’offrant ; l’article 1121 retient la théorie de la réception.
Le délai de réflexion interdit au destinataire d’accepter avant son expiration, tandis que le délai de rétractation permet de revenir sur un contrat déjà formé.
Compléments
📌 Une acceptation qui n’est pas encore parvenue à l’offrant peut être rétractée, à condition que la rétractation parvienne avant l’acceptation.
📌 Les parties peuvent conventionnellement étendre la faculté de rétractation à un professionnel, même si cette faculté protège normalement la partie réputée la plus faible.
Acceptation reçue → contrat formé → lieu déterminé
★ À maîtriser
Selon l’article 1119, les conditions générales ne sont opposables au cocontractant que si elles ont été portées à sa connaissance et acceptées par lui.
Des conditions générales non portées à la connaissance du cocontractant sont inopposables et n’ont pas de valeur contractuelle, même si elles figurent de manière peu lisible au verso d’un bon de commande.
En présence de conditions générales contradictoires, les clauses incompatibles sont neutralisées réciproquement et le droit supplétif s’applique au point litigieux.
En cas de discordance entre conditions générales et conditions particulières, les conditions particulières prévalent car elles sont spécifiques à la relation contractuelle.
La conclusion électronique repose sur la règle du double clic : le premier clic permet de vérifier la commande, son prix total et de corriger les erreurs, puis le second clic confirme définitivement l’acceptation.
Compléments
📌 Dans les contrats électroniques, l’information précontractuelle doit rester accessible sur un support durable et le professionnel doit accuser réception de la commande par voie électronique.
Conditions particulières contre conditions générales
| Avant-contrat | Engagement du promettant | Situation du bénéficiaire | Sanction ou effet principal |
|---|---|---|---|
| Pacte de préférence | Donner priorité si décision de contracter | Droit de priorité, sans obligation d’accepter | Dommages et intérêts, nullité ou substitution sous conditions |
| Promesse unilatérale | Consentement définitif au contrat futur | Droit d’option | Formation forcée et nullité du contrat conclu avec un tiers connaissant la promesse |
| Promesse synallagmatique | Engagement ferme | Engagement ferme réciproque | Responsabilité en cas de refus de conclure |
| Mécanisme | Origine | Effet |
|---|---|---|
| Rétractation | Acte volontaire de l’offrant | Empêche la formation du contrat et peut engager sa responsabilité |
| Caducité | Événement extérieur | Disparition automatique de l’offre |
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Qu'est-ce que les négociations précontractuelles ?
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Que requiert l'article 1104 du Code civil dans les négociations ?
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