★ À maîtriser
📌 Une norme juridique se distingue d’une norme morale, religieuse ou sociale par son appartenance au système juridique, et non simplement par le comportement qu’elle commande.
La validité d’une norme juridique repose sur sa conformité à une norme supérieure, laquelle tient elle-même sa validité d’une norme encore supérieure, jusqu’à la Constitution dont la validité est présupposée.
La hiérarchie essentielle des normes en France est : Constitution, traités internationaux et droit de l’Union européenne, loi, règlements
Compléments
📌 Le mot « loi » désigne parfois l’ensemble des règles juridiques, mais au sens précis il désigne l’acte du pouvoir législatif.
Une pyramide où chaque norme s’appuie sur la norme supérieure.
★ À maîtriser
Les normes constitutionnelles ont une valeur supérieure à toutes les autres normes juridiques et peuvent les modifier ou les abroger, tandis que les normes inférieures ne peuvent pas modifier la Constitution.
La Constitution est le fondement de validité ultime de toutes les normes juridiques.
Compléments
Le constitutionnalisme, développé au XVIIIe siècle, considère que le pouvoir et la liberté s’opposent et que le pouvoir de l’État doit être limité par des règles appelées constitutions afin de garantir les libertés.
La Constitution fonde la validité d’autres normes juridiques, notamment de la loi.
Matériel : les règles portent sur l’État ; formel : elles se distinguent par leur place et leur rôle dans le système juridique.
En France, la loi est une norme juridique parce qu’elle est produite par le Parlement conformément à la Constitution.
La Constitution fonde la validité de la loi, qui peut à son tour fonder immédiatement la validité de normes produites par d’autres autorités, tandis que la Constitution constitue leur fondement ultime.
📌 Les normes constitutionnelles ne peuvent être modifiées par une loi ou une autre norme ordinaire et ne peuvent être révisées qu’au terme d’une procédure plus difficile que les procédures normatives ordinaires.
Constitution → loi → normes dérivées
★ À maîtriser
📌 Une règle est matériellement constitutionnelle lorsqu’elle concerne l’organisation ou le fonctionnement de l’État, tandis qu’elle est formellement constitutionnelle lorsqu’elle figure dans la Constitution et bénéficie de son régime de révision.
📌 Les rédacteurs protègent une règle en l’insérant dans la Constitution, et les juges reconnaissent sa valeur constitutionnelle lorsqu’elle ne peut être modifiée que par la procédure de révision constitutionnelle.
Compléments
Les normes constitutionnelles peuvent porter sur plusieurs objets : l’organisation du pouvoir, les droits de l’Homme, la proclamation d’une idéologie ou d’une croyance religieuse, des éléments symboliques comme le drapeau ou la devise
L’amendement de la Constitution américaine qui a instauré la prohibition de l’alcool était formellement constitutionnel, mais n’avait pas de contenu matériellement constitutionnel relatif à l’organisation de l’État.
La vente et la consommation d’alcool aux États-Unis ont été de nouveau permises par un autre amendement à la Constitution américaine.
En France, les règles sur l’élection des députés concernent le fonctionnement de l’État, mais se trouvent dans la loi ordinaire plutôt que dans la Constitution.
Une règle peut être constitutionnelle par son contenu sans l’être par sa forme, et inversement
Le droit constitutionnel comme discipline étudie les règles constitutionnelles, principalement celles qui sont formellement constitutionnelles et occasionnellement celles qui sont matériellement constitutionnelles sans l’être formellement.
L’étude de la Ve République vise à la situer dans l’histoire et à la comparer notamment aux régimes américain, anglais, italien et espagnol afin d’en comprendre l’origine, les spécificités et les points communs avec d’autres régimes.
★ À maîtriser
La Constitution du 3 septembre 1791 est une monarchie constitutionnelle et pose des principes majeurs du droit constitutionnel moderne français.
La Constitution de 1791 comprend la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 comme préambule, ainsi que le texte constitutionnel adopté en septembre 1791.
Compléments
Entre 1789 et 1799, la France a connu les constitutions du 3 septembre 1791, du 24 juin 1793 (an I) et du 22 août 1795 (an III).
La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 est restée inachevée, car les articles additionnels et la relecture envisagés après l’adoption de la Constitution n’ont jamais été réalisés.
★ À maîtriser
📌 Contrairement à la déclaration américaine d’inspiration religieuse, la DDHC n’est pas fondée sur la religion, malgré sa référence à l’être suprême.
📌 Hobbes mobilise le contrat social pour justifier l’absolutisme, tandis que Locke y voit un moyen de limiter le pouvoir étatique et de préserver les droits fondamentaux que l’Homme tient de la nature.
Compléments
Les mouvements intellectuels ayant contribué à la DDHC comprennent :
Le christianisme a contribué à l’émergence de la DDHC en favorisant le concept de dignité de la personne humaine et en limitant la soumission de la conscience à l’autorité, ce qui encourage la limitation du pouvoir étatique.
Au XIIIe siècle, Saint-Thomas d’Aquin défend déjà la théorie du droit naturel.
L’école du droit de la nature et des gens compte notamment :
La conception lockienne du contrat social a inspiré les déclarations américaines et françaises de la fin du XVIIIe siècle. - Locke
Locke préserve des droits naturels dans la société ; Hobbes justifie l’absolutisme.
★ À maîtriser
📌 Le contractualisme de Rousseau, selon lequel l’Homme se livre tout entier à la société, est incompatible avec une déclaration de droits opposables au pouvoir. - Du Contrat Social
Compléments
Les rédacteurs de la DDHC attribuent à la loi, élaborée par les représentants de la Nation, l’expression de la volonté générale, alors que Rousseau n’admettait pas la démocratie représentative.
Voltaire a influencé la DDHC concernant le concept d’être suprême et la reconnaissance de la liberté de conscience.
Les déclarations américaines ont influencé l’idée d’une déclaration des droits placée en préambule de la Constitution française.
Après l’indépendance des États-Unis en 1776, chacune des treize anciennes colonies élabore sa propre Constitution, le plus souvent précédée d’une déclaration des droits.
Rousseau inspire la liberté et la volonté générale, mais son contrat social efface les droits opposables au pouvoir.
★ À maîtriser
📌 Benjamin Constant distingue au XIXe siècle la liberté politique des Anciens, qui consiste à participer aux décisions de la cité, de la liberté civile des Modernes, qui vise à soustraire la vie individuelle à l’emprise du pouvoir.
Compléments
La DDHC proclame des droits humains naturels à portée universaliste, ce qui explique son rayonnement.
La DDHC associe liberté politique et liberté civile afin que l’organisation démocratique du pouvoir contribue à préserver les droits de l’Homme et du citoyen.
★ À maîtriser
📌 La souveraineté populaire appartient au peuple, ensemble réel des personnes vivantes, tandis que la souveraineté nationale appartient à la Nation, entité abstraite composée des vivants, des morts et des futurs.
La souveraineté populaire entraîne : le vote comme droit universel, la possibilité du référendum, des mandats impératifs révocables par le peuple
La souveraineté nationale fait du suffrage une fonction susceptible d’être restreinte, privilégie la démocratie représentative et interdit le mandat impératif.
Compléments
La souveraineté populaire peut s’exercer directement et implique, lorsque cela est possible, la démocratie directe.
La souveraineté nationale ne peut s’exercer directement, car la Nation est abstraite ; ses représentants, qu’elle ne choisit pas, expriment sa volonté.
Peuple réel et suffrage-droit contre Nation abstraite et suffrage-fonction.
★ À maîtriser
La Constitution de 1791 retient la souveraineté nationale et confie aux représentants l’exercice de la souveraineté, notamment la fonction législative.
La Constitution de 1791 distingue les citoyens actifs, seuls autorisés à voter après paiement d’un impôt spécifique et élevé, des citoyens passifs.
🔄 Le suffrage à deux degrés fonctionne ainsi :
La Constitution de 1791 interdit le mandat impératif.
La souveraineté consacrée par la Constitution de 1791 est unique et indivisible : nul ne peut l’exprimer sans délégation et chaque délégataire l’exprime dans sa totalité.
Sous la Constitution de 1791, l’Assemblée nationale législative vote des décrets soumis au Roi ; son accord leur donne force de loi, tandis que son veto suspensif peut être surmonté si les deux législatures suivantes reprennent le texte.
Compléments
Sur 24 millions d’habitants, 4,3 millions pouvaient voter sous la Constitution de 1791.
Sous la Constitution de 1791, 43 000 électeurs du second degré sont recensés et une personne peut être élue député sans avoir elle-même le droit de voter.
La souveraineté est inaliénable et imprescriptible : le souverain ne peut ni l’abandonner ni la confier à un autre, et elle ne s’éteint pas avec le temps.
📌 La délégation de l’exercice de la souveraineté est précaire et révocable ; si la souveraineté elle-même est transférée, il ne s’agit plus d’une simple délégation de son exercice.
★ À maîtriser
Au XVIIIe siècle, la séparation des pouvoirs est principalement un principe négatif interdisant à une même autorité de concentrer tous les pouvoirs ; la fonction juridictionnelle est alors généralement comprise comme une branche de la fonction exécutive.
L’article 16 de la DDHC fait de la séparation des pouvoirs une condition de l’existence d’une constitution, laquelle répartit les pouvoirs et garantit les droits.
📌 La séparation absolue des pouvoirs spécialise les organes, tandis que la balance des pouvoirs leur fait partager certaines fonctions pour empêcher qu’une autorité concentre tous les pouvoirs.
La Constitution de 1791 conserve une chambre législative unique et attribue au Roi un veto suspensif, plutôt que le bicamérisme et le veto absolu envisagés dans un projet de la Constituante.
Le corps législatif de 1791 est une assemblée unique, permanente, non dissoluble par le Roi et élue pour une législature de deux ans.
Sous la Constitution de 1791, le Roi est colégislateur et titulaire du pouvoir exécutif, tandis que le pouvoir exécutif est conçu comme l’exécution de la loi et non comme un pouvoir réglementaire.
Sous la Constitution de 1791, le Roi est inviolable et irresponsable, nomme et révoque librement les ministres, et ses actes sont contresignés par un ministre responsable de leur mauvaise exécution, susceptible d’être jugé par la Haute Cour nationale.
Compléments
La séparation absolue est défendue par Rousseau et les penseurs démocrates, tandis que Montesquieu défend la balance des pouvoirs contre le risque de dictature du législatif.
Dans le modèle anglais décrit par Montesquieu, le Parlement comprend la Chambre des Communes et la Chambre des Lords, tandis que le Roi participe au pouvoir législatif et exerce seul le pouvoir exécutif.
Pour préserver l’indépendance du Roi en tant que colégislateur sous la Constitution de 1791, sa liste civile est fixée pour tout son règne et il possède sa propre garde.
Séparation absolue : spécialisation ; balance des pouvoirs : participation réciproque pour empêcher la concentration.
★ À maîtriser
Compléments
Initiative populaire absente, veto populaire soumis au délai
★ À maîtriser
Le décret du 19 vendémiaire an II (10 octobre 1793) ajourne l’application de la Constitution de l’an I et dispose que le gouvernement sera révolutionnaire jusqu’à la paix.
Le décret du 14 frimaire an II (4 décembre 1793) centralise tous les pouvoirs entre les mains du Comité de salut public.
Le décret du 22 prairial an II (10 juin 1794) étend la catégorie des suspects à celle d’ennemis du peuple et prévoit la peine de mort comme seule peine.
La chute de Robespierre a lieu le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), et son exécution le lendemain met fin à la Grande Terreur.
Compléments
Guerre et insurrections → gouvernement révolutionnaire → Terreur
★ À maîtriser
La Constitution de l’an III est adoptée le 5 fructidor an III (22 août 1795) et approuvée par plébiscite le 1er vendémiaire an IV (23 septembre 1795), ouvrant la période du Directoire.
La Constitution de l’an III réserve la citoyenneté aux Français capables de payer une contribution et exclut les non-contribuables de l’exercice de la souveraineté.
La Constitution de l’an III rétablit le suffrage indirect à deux degrés : les assemblées primaires désignent des électeurs, qui se réunissent ensuite en assemblées électorales pour désigner les députés.
Compléments
📌 La Déclaration des droits et des devoirs de l’an III conserve des principes de 1789, mais supprime l’égalité politique, les libertés religieuse et de la presse, ainsi que les droits au travail, à l’assistance et à la résistance à l’oppression.
★ À maîtriser
La Constitution de l’an III partage le pouvoir législatif entre le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens afin de modérer les représentants et d’éviter la dictature d’une assemblée unique.
Les deux conseils sont élus pour 3 ans et renouvelés par tiers chaque année ; le Conseil des Cinq-Cents compte 500 membres âgés d’au moins 25 ans, tandis que le Conseil des Anciens compte 250 membres âgés d’au moins 40 ans, mariés ou veufs.
📌 Le Conseil des Cinq-Cents a l’initiative des lois ordinaires, tandis que le Conseil des Anciens approuve ou rejette en bloc ses résolutions ; en matière constitutionnelle, les Anciens ont l’initiative et les Cinq-Cents adoptent ou non la proposition.
Le pouvoir exécutif est confié à cinq directeurs, choisis par les Anciens sur une liste préparée par les Cinq-Cents.
Les directeurs ne peuvent ni proposer des lois, ni opposer leur veto, ni dissoudre les conseils, et les conseils ne peuvent pas les révoquer ni engager leur responsabilité politique.
Compléments
Les directeurs exercent le pouvoir exécutif, disposent d’un pouvoir réglementaire pour exécuter les lois, commandent la force armée, conduisent les relations diplomatiques et nomment ou révoquent librement les ministres.
Les conseils peuvent engager la responsabilité pénale des directeurs devant la Haute Cour de justice, notamment pour manœuvre visant à renverser la Constitution.
Deux conseils législatifs face à cinq directeurs exécutifs
★ À maîtriser
Compléments
Révision différée → Constitution inappliquée durablement → brumaire
★ À maîtriser
La Constitution de l’an VIII est adoptée le 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799), entre en vigueur le 3 nivôse (24 décembre 1799) et est approuvée par le peuple le 18 pluviôse an VIII (7 février 1800).
La Constitution de l’an VIII confie l’exécutif à trois consuls, mais concentre de fait le pouvoir entre les mains du premier consul, Bonaparte.
Le Tribunat exprime des vœux sur les projets de loi sans pouvoir les modifier, tandis que le Corps législatif adopte ou rejette les projets sans pouvoir les discuter.
📌 Le référendum demande au peuple de se prononcer sur une question, tandis que le plébiscite le fait se prononcer pour ou contre une personne.
Le référendum de l’an VIII constitue un plébiscite déguisé, car le vote porte sur la Constitution et sur la personne des consuls, notamment Bonaparte, nommé dans la question soumise au peuple.
En l’an X, un plébiscite approuve Bonaparte comme consul à vie, puis le sénatus-consulte du 16 thermidor an X renforce ses pouvoirs et lui permet de désigner son successeur.
Le sénatus-consulte du 28 floréal an XII (18 mai 1804) fonde l’Empire et soumet au peuple l’hérédité de la dignité impériale dans la famille Bonaparte.
Les plébiscites ont permis à Bonaparte de légitimer la concentration du pouvoir et le retour d’une souveraineté monarchique sous une apparence de souveraineté populaire, mécanisme qualifié de césarisme démocratique.
Compléments
La loi du 19 brumaire an VIII organise un consulat provisoire et charge une commission autour de Sieyès de rédiger une nouvelle constitution.
Le premier consul dirige les recettes et les dépenses de l’État, assure la sûreté intérieure et la défense extérieure, conduit les relations diplomatiques, négocie les traités, initie les lois et dispose du pouvoir réglementaire.
Le Sénat prononce la déchéance de Napoléon le 2 avril 1814 ; celui-ci abdique le 6 avril et s’exile sur l’île d’Elbe le 20 avril.
Plébiscites → légitimité personnelle → pouvoir impérial héréditaire
| Dimension | Populaire | Nationale |
|---|---|---|
| Titulaire | Peuple réel des vivants | Nation abstraite, vivants, morts et futurs |
| Suffrage | Droit universel | Fonction potentiellement restreinte |
| Démocratie | Directe lorsque possible | Représentative |
| Mandat | Impératif et révocable | Mandat impératif interdit |
| Référendum | Admis | Refusé selon la doctrine présentée |
| Conseil | Composition | Rôle législatif |
|---|---|---|
| Cinq-Cents | 500 membres, dès 25 ans | Initiative des lois ordinaires |
| Anciens | 250 membres, dès 40 ans, mariés ou veufs | Approuvent ou rejettent les résolutions ; initiative constitutionnelle |
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1. Qu’est-ce qui caractérise une norme juridique dans un système juridique hiérarchisé ?
2. Un voleur ordonne à une personne de lui remettre son portefeuille, tandis qu’un agent des impôts lui adresse un commandement valide. Lequel relève d’une norme juridique ?
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Qu’est-ce qu’une norme juridique ?
Une règle ou un principe appartenant au système juridique hiérarchisé, valide en vertu d’une norme supérieure.
Qu’est-ce qui distingue une norme juridique d’une norme morale, religieuse ou sociale ?
Son appartenance au système juridique.
Sur quoi repose la validité d’une norme juridique dans la hiérarchie des normes ?
Sur sa conformité à une norme supérieure.
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