Fiche de révision : Dommages et Préjudices en Droit

📋 Plan du Cours

  1. Dommage et préjudice
  2. Typologie des dommages
  3. Typologie des préjudices
  4. Enjeux distinction
  5. Caractères du préjudice
  6. Perte de chance
  7. Exposition au risque
  8. Légalité du préjudice

📖 1. Dommage et préjudice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dommage : Atteinte en fait à une personne ou à ses biens, pouvant être matérielle, corporelle, morale ou environnementale. Selon Quézel-Ambrunaz (2023), le dommage correspond à l’atteinte concrète et objective subie, qui peut se manifester par une perte ou une dégradation.
  • Préjudice : Notion juridique qui désigne la conséquence du dommage, c’est-à-dire la lésion d’un intérêt légitime susceptible d’être réparée en droit. Selon Quézel-Ambrunaz (2023), le préjudice est la manifestation juridique du dommage, résultant de l’atteinte en fait.
  • Lien entre dommage et préjudice : Le préjudice découle nécessairement du dommage ; il ne peut exister sans que celui-ci ne se soit produit, établissant ainsi une relation de causalité juridique entre l’atteinte en fait et la réparation en droit.

📝 Points essentiels

  • La distinction sémantique : le dommage désigne l’atteinte concrète (fait matériel ou moral), tandis que le préjudice désigne la conséquence juridique de cette atteinte, susceptible d’être indemnisée.
  • La typologie du dommage inclut notamment le dommage matériel, corporel, moral ou environnemental, qui sont des atteintes en fait.
  • Le préjudice, en tant que notion juridique, doit être certain, personnel, actuel, légitime et direct pour être réparable (voir section 5).
  • La relation entre dommage et préjudice est fondamentale : le préjudice est la manifestation juridique du dommage, qui doit être prouvé et quantifié pour obtenir réparation.
  • La jurisprudence insiste sur le fait que le préjudice doit résulter d’un dommage certain, et la réparation ne peut couvrir que ce qui est licite et légitime (art. 1303-5 du Code civil).

💡 À retenir

Le dommage est l’atteinte concrète en fait, tandis que le préjudice est la conséquence juridique de cette atteinte, qui doit être certain, personnel, actuel et légitime pour donner lieu à réparation.

📖 2. Typologie des dommages

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dommage matériel : Atteinte directe aux biens ou à leur valeur, comme la destruction ou la dégradation d’un objet ou d’un patrimoine.
  • Dommage corporel : Atteinte à la personne, comprenant les blessures physiques, la douleur, ou toute atteinte à l’intégrité physique.
  • Dommage moral : Préjudice non économique, affectant la personne dans ses sentiments, son état psychologique ou ses valeurs personnelles, comme le préjudice d’affection ou de souffrance.
  • Dommage économique « pur » : Atteinte économique sans lien avec une atteinte à la personne ou aux biens, par exemple, le préjudice résultant d’actes de concurrence déloyale ou de pertes financières sans dommage corporel ou matériel.
  • Pretium mortis : Dommage lié à la mort, comprenant la perte de la vie elle-même, ainsi que le préjudice moral et affectif subi par les proches.
  • Dommage écologique pur : Atteinte à l’environnement sans impact direct sur une personne ou un bien, comme la pollution ou la dégradation d’un écosystème, qui cause un préjudice environnemental mais pas immédiat à une personne ou à ses biens.

📝 Points essentiels

  • La typologie des dommages distingue principalement entre dommages matériels, corporels, moraux, environnementaux, et économiques « purs » (Quézel-Ambrunaz).
  • Le dommage matériel concerne la dégradation ou la destruction de biens tangibles.
  • Le dommage corporel inclut toute atteinte physique ou à l’intégrité de la personne, avec une reconnaissance jurisprudentielle du préjudice moral comme une catégorie distincte (Cass. civ., 21 novembre 2006).
  • Les dommages économiques « purs » se caractérisent par une atteinte à la situation financière sans lien direct avec une atteinte à la personne ou aux biens, notamment dans le cadre de la concurrence déloyale ou de la perte d’exploitation (Cass. civ., 6 mai 2025).
  • Le pretium mortis, reconnu en jurisprudence, concerne la réparation du préjudice subi par les proches de la victime décédée, incluant la perte de la vie et le préjudice moral (Cass. crim., 9 décembre 2025).
  • Le dommage écologique pur, sans impact immédiat sur une personne, peut néanmoins donner lieu à réparation si une atteinte à l’environnement est constatée, conformément à la typologie jurisprudentielle.

💡 À retenir

La typologie des dommages distingue entre dommages matériels, corporels, moraux, économiques « purs » et environnementaux, permettant une réparation adaptée à la nature précise de l’atteinte.

📖 3. Typologie des préjudices

🔑 Notions clés & Définitions

  • Préjudice patrimonial : Répercussions économiques directes ou indirectes résultant d’un dommage, telles que la perte subie ou le gain manqué, incluant toutes les conséquences financières (art. 1303-5). AUTEUR (date) : « Les préjudices patrimoniaux comprennent toutes les répercussions économiques de la lésion. »

  • Préjudice extrapatrimonial : Répercussions non-économiques, affectant la personne ou ses intérêts non financiers, comme la souffrance morale ou le préjudice moral (art. 1303-5). AUTEUR (date) : « Les préjudices extrapatrimoniaux comprennent toutes les répercussions non-économiques de la lésion. »

  • Dommage moral : Atteinte à l’intégrité psychique ou à la réputation, relevant des préjudices extrapatrimoniaux, notamment la souffrance morale ou le préjudice d’affection. AUTEUR (date) : mentionné dans la typologie des dommages.

  • Dommage écologique « pur » : Dommage causé à l’environnement sans atteinte à une personne ou à un bien spécifique, mais avec des conséquences non-économiques ou environnementales. AUTEUR (date) : « Dommage écologique « pur » »

  • Dommage économique « pur » : Dommage qui ne résulte ni d’une atteinte à la personne ni à un bien, mais entraîne des conséquences économiques négatives, comme la concurrence déloyale ou la perte de chiffre d’affaires. AUTEUR (date) : « Dommage économique « pur » »

📝 Points essentiels

  • La distinction entre préjudice patrimonial et extrapatrimonial est fondamentale pour déterminer la nature de l’indemnisation. Selon l’article 1303-5, tout préjudice certain résultant d’un dommage et portant sur un intérêt licite est réparable, qu’il soit patrimonial ou extrapatrimoniaux.

  • Les préjudices patrimoniaux comprennent toutes les répercussions économiques, telles que la perte subie ou le gain manqué, notamment dans le cadre de la responsabilité civile (ex : perte d’exploitation, diminution de revenus).

  • Les préjudices extrapatrimoniaux concernent les atteintes non-économiques, comme la souffrance morale, le préjudice d’affection ou le préjudice d’image. La jurisprudence reconnaît également le préjudice moral lié à la perte d’un animal ou à une atteinte à la vie privée.

  • La jurisprudence insiste sur la reconnaissance du préjudice moral dès lors qu’il existe une atteinte à un intérêt personnel ou collectif, comme dans l’affaire de l’enfant conçu après le décès de son père ou la souffrance morale liée à une perte de chance (Cass. civ., 21 novembre 2006).

  • La distinction est également cruciale pour la prescription et l’évaluation du préjudice, qui diffèrent selon la nature patrimoniale ou extrapatrimoniale.

💡 À retenir

Les préjudices patrimoniaux concernent les répercussions économiques, tandis que les préjudices extrapatrimoniaux touchent les aspects non-économiques de la personne ou de ses intérêts, et leur distinction influence directement l’évaluation et l’indemnisation en responsabilité civile.

📖 4. Enjeux distinction

🔑 Notions clés & Définitions

  • Différence de prescription : La distinction entre dommage et préjudice entraîne des règles de prescription différentes, notamment en ce qui concerne le délai pour agir en justice. Selon Christophe Quézel-Ambrunaz (source), cette différenciation impacte la durée pendant laquelle une victime peut engager sa responsabilité ou demander réparation.
  • Différences dans les règles d’évaluation : La manière dont le dommage ou le préjudice sont évalués varie selon leur nature. Le dommage matériel ou corporel se mesure en valeur objective, tandis que le préjudice extrapatrimonial nécessite une appréciation plus subjective, comme le préjudice moral ou d’affection, conformément aux enjeux évoqués par Quézel-Ambrunaz.
  • Projets de réforme : Des propositions législatives, telles que la proposition de loi n° 1829 déposée le 16 septembre 2025, visent à modifier la distinction entre dommage et préjudice pour améliorer l’indemnisation. Ces projets cherchent à uniformiser ou simplifier les règles, notamment en élargissant la réparation à certains préjudices jusque-là non indemnisés, tout en respectant le principe de légalité du préjudice (voir section 3).
  • Enjeux de la distinction : La différenciation influence la nature de la réparation, la prescription, et l’évaluation du préjudice, ce qui peut compliquer ou faciliter la réparation selon la situation. La distinction permet aussi de préserver la légitimité du préjudice, en évitant la réparation d’un avantage illégal ou non licite (voir section 3).
  • Notion de préjudice certain : La réparation suppose que le préjudice soit certain, c’est-à-dire qu’il doit être établi avec une certaine preuve, comme le souligne Cass. soc. (2025). La certitude du préjudice permet de garantir une réparation juste, notamment pour les préjudices futurs ou indirects.

📝 Points essentiels

  • La distinction entre dommage et préjudice a des implications concrètes sur la prescription, qui diffère selon la nature du préjudice (ex : délai de 5 ou 30 ans).
  • La différenciation influence aussi la méthode d’évaluation : le dommage matériel se calcule en valeur objective, alors que le préjudice extrapatrimonial, comme le préjudice moral, nécessite une appréciation plus subjective.
  • La réforme législative en cours, notamment la proposition n° 1829 (2025), vise à simplifier et à harmoniser ces distinctions pour une meilleure indemnisation des victimes, en élargissant notamment la réparation aux préjudices non encore indemnisés.
  • La jurisprudence insiste sur la nécessité de prouver la certitude du préjudice, notamment pour les préjudices futurs ou indirects, comme la perte de chance ou la souffrance morale.
  • La distinction sert aussi à préserver la légalité du préjudice : seul un intérêt licite peut donner lieu à réparation, évitant ainsi la réparation d’avantages illégitimes ou non fondés (voir section 3).

💡 À retenir

La distinction entre dommage et préjudice influence la prescription, l’évaluation, et la légitimité de la réparation, et des projets de réforme cherchent à uniformiser ces règles pour une indemnisation plus équitable.

📖 5. Caractères du préjudice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Caractère personnel : Le préjudice doit être directement lié à la personne de la victime, distinguant la victime directe de la victime par ricochet. La jurisprudence, notamment Cass. crim., 10 nov. 2020, n° 19-87.136, souligne que l’atteinte à un intérêt personnel et la perception du préjudice par la victime sont essentielles, même dans le cas d’incapacité ou de coma.
  • Caractère certain : Le préjudice doit être établi avec certitude, c’est-à-dire qu’il doit résulter d’un dommage actuel et non hypothétique. La règle de preuve "Actori incumbit probatio" s’applique, et la certitude permet de réparer un préjudice futur s’il est la prolongation certaine d’un état actuel (Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-23.294).
  • Caractère actuel : Le préjudice doit être actuel, c’est-à-dire qu’il doit exister au moment de la demande d’indemnisation. La jurisprudence insiste sur la nécessité d’un dommage immédiat ou d’un préjudice certain et actuel, comme dans l’affaire du cheval, où la perte d’un animal a été reconnue comme un préjudice actuel (Cass. crim., 9 déc. 2025, n° 24-84.250).
  • Caractère légitime/licite : Le préjudice doit porter sur un intérêt licite, c’est-à-dire que le droit ne peut indemniser un avantage illégal ou un intérêt interdit. La jurisprudence, notamment l’arrêt Lunus, 6 janv. 1962, précise que seul un intérêt légitime peut faire l’objet d’une réparation.
  • Caractère direct lié à la causalité : Le préjudice doit être la conséquence directe et immédiate d’un fait causal, sans intermédiaire ou cause étrangère. La causalité doit être claire pour que le préjudice soit réparable, comme dans l’affaire de l’accident de circulation où le lien de causalité entre l’accident et le préjudice moral a été reconnu.
  • Distinction victime directe et victime par ricochet : La victime directe subit l’atteinte en son personne ou ses intérêts, tandis que la victime par ricochet subit un préjudice indirect, par exemple les proches d’une victime décédée. La jurisprudence, notamment Cass. crim., 10 nov. 2020, précise que la perception du préjudice par la victime ou ses représentants est essentielle pour la réparation, même en cas d’incapacité ou de coma.

📝 Points essentiels

  • Le préjudice doit être personnel, c’est-à-dire lié à la victime elle-même, et non à un tiers ou à un intérêt collectif, sauf exceptions (ex : intérêt collectif protégé par la loi).
  • La certitude du préjudice est une condition sine qua non pour sa réparation ; il doit être certain, actuel et direct, sans ambiguïté.
  • La jurisprudence insiste sur la nécessité d’un lien causal direct entre le fait dommageable et le préjudice, évitant ainsi toute réparation pour des préjudices indirects ou hypothétiques.
  • La distinction victime directe/victime par ricochet influence la reconnaissance du préjudice, notamment dans les cas où la victime est incapable de percevoir ou de rapporter son préjudice (ex : victime dans le coma). La jurisprudence, notamment Cass. crim., 10 nov. 2020, précise que la représentation légale ou la perception par les proches peut suffire à établir le préjudice.
  • La reconnaissance du préjudice moral, notamment en cas de souffrance liée à la conscience de la mort ou de l’absence, doit respecter le caractère personnel et certain, comme dans l’affaire du décès d’un enfant ou d’un animal.
  • Le préjudice doit porter sur un intérêt licite, excluant ainsi la réparation d’avantages ou de situations illicites ou interdites.

💡 À retenir

Le préjudice réparable doit être personnel, certain, actuel, licite et lié directement à la causalité, la jurisprudence insistant sur la nécessité d’un lien direct et d’une perception claire par la victime ou ses représentants.

📖 6. Perte de chance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Perte de chance : Disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable, c’est-à-dire la disparition d’une possibilité de bénéficier d’un avantage ou d’éviter un dommage, qui aurait pu se réaliser si le fait dommageable ne s’était pas produit. Cass. civ., 21 novembre 2006 : « seule constitue une perte d'une chance réparable, la disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable ».
  • Indemnisation de la perte de chance : Calcul probabiliste qui consiste à multiplier le gain escompté ou le dommage évitable par la probabilité que cette chance se réalise ou aurait pu se réaliser.
  • Perte de chance comme préjudice distinct du préjudice final : La perte de chance est reconnue comme un préjudice autonome, distinct du dommage final, qui peut donner lieu à réparation même si le résultat attendu ne s’est pas réalisé.

📝 Points essentiels

  • La perte de chance ne se limite pas à la réparation du dommage final, mais concerne la disparition d’une possibilité favorable, même si cette chance ne s’est pas concrétisée.
  • La jurisprudence, notamment Cass. civ., 21 novembre 2006, précise que seule la disparition certaine et actuelle d’une chance est réparable.
  • La réparation de la perte de chance se fait par une évaluation probabiliste : on calcule le gain potentiel ou le dommage évitable multiplié par la probabilité que cette chance se réalise ou aurait pu se réaliser.
  • La perte de chance peut concerner divers domaines : santé, responsabilité civile, responsabilité médicale, etc.
  • La perte de chance est un préjudice distinct, qui peut se cumuler avec le préjudice final, mais ne doit pas être confondue avec celui-ci.
  • La jurisprudence insiste sur le caractère actuel et certain de la chance disparue pour que la réparation soit possible.

💡 À retenir

La perte de chance est la disparition d’une possibilité favorable, indemnisable par une méthode probabiliste, et constitue un préjudice autonome, distinct du dommage final, reconnu lorsque cette chance était certaine et actuelle.

📖 7. Exposition au risque

🔑 Notions clés & Définitions

  • Exposition au risque : Situation où une personne ou un bien est placé dans une condition susceptible de provoquer un dommage, sans que l’indemnisation puisse couvrir le risque lui-même, mais uniquement ses conséquences (voir exemples jurisprudentiels : amiante, éboulement, parcours de golf).
  • Impossibilité d’indemniser le risque lui-même : principe selon lequel il n’est pas possible de compenser la survenue du risque en tant que tel, mais seulement ses effets ou conséquences.
  • Indemnisation des conséquences de l’exposition au risque : réparation financière des dommages ou préjudices subis suite à une exposition à un risque, sans couvrir le risque lui-même.
  • Exemples jurisprudentiels d’exposition au risque : cas où la responsabilité est engagée pour les dommages liés à l’amiante (Cass. civ. 2, 11 mai 2010), à un éboulement (Cass. civ. 2, 15 mai 2008), ou à un parcours de golf (Cass. civ. 2, 10 juin 2004).

📝 Points essentiels

  • La responsabilité civile ne peut couvrir l’indemnisation du risque lui-même, mais uniquement celle des conséquences de l’exposition à ce risque.
  • La jurisprudence illustre cette distinction à travers plusieurs exemples :
    • La condamnation pour exposition à l’amiante, où seule la réparation des maladies ou préjudices liés à l’exposition est possible (Cass. civ. 2, 11 mai 2010).
    • La responsabilité pour éboulement, où la victime ne peut être indemnisée que pour les dommages résultant de l’éboulement, et non pour le risque d’éboulement en soi (Cass. civ. 2, 15 mai 2008).
    • La restriction à l’indemnisation des conséquences s’applique également dans le cas de nuisances ou de risques liés à des activités sportives ou récréatives, comme le parcours de golf (Cass. civ. 2, 10 juin 2004).
  • La distinction entre exposition au risque et dommage ou préjudice est fondamentale : on ne peut pas indemniser le risque lui-même, mais uniquement ses effets.
  • La jurisprudence insiste sur le fait que l’indemnisation porte sur le préjudice effectif, certain et actuel, résultant de l’exposition.

💡 À retenir

L’exposition au risque ne peut donner lieu à une indemnisation du risque lui-même, mais uniquement à celle des conséquences dommageables qui en découlent, comme le précise la jurisprudence à travers divers exemples jurisprudentiels.

📖 8. Légalité du préjudice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Principe de légalité du préjudice : Selon ce principe, seul un préjudice portant sur un intérêt licite peut donner lieu à réparation. Il s'agit d'assurer que l'indemnisation ne favorise pas des avantages illégaux ou contraires à l'ordre public. AUTEUR (date) : cette notion repose sur la nécessité que le préjudice soit conforme à la légalité, évitant ainsi toute indemnisation d’un avantage illicite.

  • Intérêt licite : Un intérêt est considéré comme licite s'il est conforme à l'ordre juridique et aux bonnes mœurs. La réparation ne peut concerner un intérêt illicite ou prohibé par la loi. AUTEUR (date) : cette notion est centrale pour limiter la réparation aux seuls intérêts légitimes.

  • Exclusion des préjudices non réparés : Certains préjudices, tels que le pretium mortis (dommage lié à la mort) ou la naissance, ne peuvent donner lieu à réparation car ils concernent des situations non conformes à la légalité ou à l’ordre public. AUTEUR (date) : ces exemples illustrent la limite de la réparation aux préjudices légitimes.

  • Jurisprudence sur la licéité : La jurisprudence insiste sur le fait que la réparation doit respecter la légalité, excluant ainsi toute indemnisation d’un avantage illégal ou d’un préjudice résultant d’un intérêt illicite. AUTEUR (date) : cette jurisprudence établit la limite entre préjudice réparable et préjudice non réparable.

📝 Points essentiels

  • La réparation du préjudice est subordonnée à la licéité de l’intérêt lésé, conformément au principe de légalité du préjudice. Seuls les intérêts licites peuvent faire l’objet d’une indemnisation, ce qui exclut la réparation d’avantages illégaux ou contraires à l’ordre public.

  • La jurisprudence a précisé que certains préjudices, comme ceux liés à la pretium mortis ou à la naissance, ne sont pas réparables car ils concernent des situations non conformes à la légalité ou à l’ordre public. Par exemple, la réparation du préjudice lié à la naissance d’un enfant ou à la pretium mortis est exclue, sauf exceptions prévues par la loi (arrêt Lunus, 6 janvier 1962).

  • La limite à la réparation est également affirmée par la jurisprudence qui refuse d’indemniser un avantage ou un intérêt illicite, assurant ainsi la conformité de la responsabilité civile avec l’ordre juridique. La loi et la jurisprudence veillent à ce que la réparation ne serve pas à favoriser des intérêts interdits ou contraires à la morale.

  • La loi n° 1829 (déposée le 16 septembre 2025) confirme que tout préjudice certain résultant d’un dommage et consistant dans la lésion d’un intérêt licite est réparable, renforçant cette notion de légalité.

💡 À retenir

Le principe de légalité du préjudice impose que seule la lésion d’un intérêt licite peut donner lieu à réparation, excluant ainsi tout avantage ou préjudice illicite, conformément à la jurisprudence et à la loi.

📊 Tableaux de Synthèse

Critère / TypologieDommage / PréjudiceDescription / ExempleAuteur / Référence
DommageAtteinte concrète en faitMatériel, corporel, moral, environnementalQuézel-Ambrunaz (2023)
PréjudiceConséquence juridique du dommageIndemnisation, réparationQuézel-Ambrunaz (2023)
Dommage matérielAtteinte aux biensDestruction, dégradationCass. civ., 21 nov. 2006
Dommage corporelAtteinte à la personneBlessures, douleurCass. civ., 21 nov. 2006
Dommage moralAtteinte aux sentimentsSouffrance, préjudice d’affectionCass. civ., 21 nov. 2006
Dommage écologique purAtteinte à l’environnementPollution, dégradationJurisprudence

| | | | | | Préjudice patrimonial | Répercussions économiques | Perte financière, gain manqué | Art. 1303-5 | | Préjudice extrapatrimonial | Non-économique | Souffrance morale, atteinte à la vie privée | Art. 1303-5 | | Dommage écologique | Impact environnemental | Non immédiat, réparation possible | Jurisprudence |

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre dommage et préjudice : le dommage est l’atteinte factuelle, le préjudice sa conséquence juridique.
  2. Négliger la distinction entre dommage moral et matériel : le moral concerne la souffrance, le matériel la perte ou dégradation tangible.
  3. Oublier que le dommage doit être certain, personnel, actuel, légitime pour donner lieu à réparation.
  4. Confondre dommage écologique pur et dommage environnemental avec impact direct sur une personne.
  5. Sous-estimer la différence entre préjudice patrimonial (économique) et extrapatrimonial (non-économique).
  6. Ignorer que le dommage économique « pur » ne nécessite pas d’atteinte à une personne ou un bien.
  7. Confondre la typologie des dommages avec celle des préjudices : elles sont complémentaires mais distinctes.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de Quézel-Ambrunaz sur le dommage et le préjudice.
  • Savoir différencier dommage matériel, corporel, moral, environnemental et économique « pur ».
  • Maîtriser la distinction entre préjudice patrimonial et extrapatrimonial selon l’article 1303-5.
  • Identifier les exemples jurisprudentiels illustrant chaque typologie de dommage.
  • Comprendre la relation de causalité entre dommage et préjudice.
  • Connaître la notion de pretium mortis et son application.
  • Être capable d’identifier un dommage écologique pur dans un cas pratique.
  • Connaître les enjeux liés à la prescription selon la distinction dommage / préjudice.
  • Savoir expliquer la différence entre dommage et préjudice en termes juridiques.
  • Maîtriser la typologie des préjudices et leur impact sur l’indemnisation.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : dommage, préjudice, patrimonial, extrapatrimonial.
  • Connaître la jurisprudence clé relative à la réparation du dommage moral.
  • Vérifier la compréhension des enjeux de la distinction en responsabilité civile.

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1. Selon Quézel-Ambrunaz (2023), qu'est-ce que le dommage dans le contexte juridique ?

2. Quelle catégorie de dommage concerne une atteinte à l’environnement sans impact direct sur une personne ou un bien ?

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Dommage — définition ?

Atteinte concrète en fait à une personne ou ses biens

Préjudice — rôle ?

Conséquence juridique du dommage, indemnisée en droit

Dommage matériel — exemple ?

Destruction ou dégradation d’un bien

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