QCM : Droit civil des biens (40 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Qu’est-ce qui caractérise le droit objectif dans une société ?

Un ensemble de règles juridiques obligatoires, abstraites et impersonnelles dont le respect est garanti par l’autorité publique et la justice
Un ensemble de règles de conduite facultatives définies par chaque personne juridique
Une prérogative individuelle reconnue à une personne juridique pour défendre ses intérêts
Une catégorie de droits individuels évaluables en argent et transmissibles

Un ensemble de règles juridiques obligatoires, abstraites et impersonnelles dont le respect est garanti par l’autorité publique et la justice

Explication

Le droit objectif regroupe des règles obligatoires, abstraites et impersonnelles régissant la société, dont le respect est garanti par l’autorité publique et la justice. La « prérogative individuelle » correspond au droit subjectif, les « règles facultatives » méconnaissent le caractère obligatoire et les « droits évaluables en argent » désignent des droits patrimoniaux.

2. Une personne juridique peut exiger d’autrui le respect d’une prérogative qui lui est reconnue : de quelle notion s’agit-il ?

D’un droit patrimonial portant sur une chose appropriable
D’un droit subjectif reconnu à une personne juridique
D’une règle abstraite garantie par l’autorité publique
Du droit objectif régissant le fonctionnement de la société

D’un droit subjectif reconnu à une personne juridique

Explication

Le droit subjectif est une prérogative individuelle reconnue à une personne juridique. Le « droit objectif » désigne les règles générales de la société, le « droit patrimonial » est une catégorie de droits subjectifs, et la « règle abstraite » caractérise le droit objectif plutôt qu’une prérogative individuelle.

3. Lors d’un classement, une créance évaluable en argent et le droit au respect de la vie privée doivent être répartis entre droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux. Quel classement convient ?

Les deux droits sont patrimoniaux parce qu’ils sont reconnus à une personne
Les deux droits sont extrapatrimoniaux parce qu’ils ne portent pas sur une chose
La créance est patrimoniale et le droit au respect de la vie privée est extrapatrimonial
La créance est extrapatrimoniale et le droit au respect de la vie privée est patrimonial

La créance est patrimoniale et le droit au respect de la vie privée est extrapatrimonial

Explication

Les droits patrimoniaux sont évaluables en argent, tandis que les droits extrapatrimoniaux ne le sont pas et sont hors du commerce. L’inversion de l’évaluabilité classe mal la créance, le critère du « hors commerce » ne rend pas la créance extrapatrimoniale, et le fait qu’un droit porte ou non sur une chose ne définit pas cette distinction.

4. Une personne recueille un objet utile, susceptible d’appropriation, mais aucun droit patrimonial effectif ne porte encore sur lui. L’objet constitue-t-il déjà un bien au sens juridique ?

Oui, car la possibilité d’appropriation suffit à elle seule
Oui, car son utilité suffit à en faire un bien juridique
Non, car seuls les droits incorporels peuvent constituer des biens
Non, car une chose appropriable doit aussi faire l’objet d’un rapport patrimonial effectif

Non, car une chose appropriable doit aussi faire l’objet d’un rapport patrimonial effectif

Explication

La qualification de bien suppose à la fois une chose appropriable et un rapport patrimonial effectif résultant de son appropriation. L’« utilité » ne suffit pas sans appropriation, la « possibilité d’appropriation » ne remplace pas le rapport effectif, et les choses corporelles peuvent également être des biens.

5. Un usager compare un objet sans maître visé par l’article 713 du Code civil à une chose commune visée par l’article 714. Quelle distinction doit-il retenir ?

L’objet sans maître est appropriable, tandis que la chose commune est ouverte à l’usage de tous sans être appropriable
Les deux catégories sont appropriables, mais seule la chose commune est ouverte à l’usage de tous
Aucune des deux catégories n’est appropriable, mais l’objet sans maître est ouvert à l’usage de tous
L’objet sans maître est ouvert à l’usage de tous sans être appropriable, tandis que la chose commune est appropriable

L’objet sans maître est appropriable, tandis que la chose commune est ouverte à l’usage de tous sans être appropriable

Explication

Les choses sans maître de l’article 713 sont appropriables, alors que les choses communes de l’article 714 sont ouvertes à l’usage de tous et ne sont pas appropriables. L’inversion échange les régimes, l’usage collectif ne signifie pas appropriation privée, et les choses communes ne deviennent pas des objets sans maître.

6. Quelle caractéristique distingue le droit réel du droit personnel dans la relation qu’il établit ?

Il confère un pouvoir direct sur une chose.
Il donne un droit de gage général sur un patrimoine.
Il permet d’exiger une prestation d’un débiteur.
Il établit une obligation entre deux personnes.

Il confère un pouvoir direct sur une chose.

Explication

Le droit réel confère à son titulaire un pouvoir direct, certain et immédiat sur une chose. L’exigence d’une prestation relève du droit personnel, tandis que le gage général concerne les effets de celui-ci sur le patrimoine du débiteur.

7. Une banque affecte un immeuble au paiement d’une créance, sans que le créancier en tire directement l’utilité économique. De quel type de droit réel s’agit-il ?

D’un droit réel accessoire garantissant la créance.
D’un droit personnel permettant d’exiger une prestation.
D’un droit de propriété permettant de disposer du bien.
D’un droit réel principal procurant l’utilité du bien.

D’un droit réel accessoire garantissant la créance.

Explication

Un droit réel accessoire affecte un bien au paiement d’une créance, en s’appuyant sur sa valeur plutôt que sur son utilité économique directe. Tirer l’utilité du bien caractérise un droit réel principal; la prestation relève d’un droit personnel.

8. Quel ensemble de droits constitue des démembrements de la propriété au sens de l’article 544 du Code civil ?

La créance et l’obligation.
Les meubles et les immeubles.
Le gage et l’hypothèque.
L’usufruit et les servitudes.

L’usufruit et les servitudes.

Explication

La propriété, définie à l’article 544, comprend notamment l’usufruit et les servitudes parmi ses démembrements. Le gage et l’hypothèque sont des droits réels accessoires, tandis que la créance et l’obligation relèvent du droit personnel.

9. Un acheteur acquiert un bien grevé d’un droit réel opposable à tous. Quel effet caractéristique ce droit peut-il produire à l’égard du nouveau propriétaire ?

Permettre au titulaire d’agir contre le seul débiteur initial.
Donner au titulaire un gage général sur le patrimoine du nouveau propriétaire.
Permettre au titulaire de suivre la chose et de bénéficier d’une préférence.
Permettre au titulaire d’exiger une prestation de tout acquéreur.

Permettre au titulaire de suivre la chose et de bénéficier d’une préférence.

Explication

Le droit réel est opposable à tous et comporte notamment un droit de suite, qui permet de revendiquer la chose en quelque main qu’elle passe, ainsi qu’un droit de préférence. L’action contre le seul débiteur et le gage général caractérisent plutôt le droit personnel.

10. Quelle règle l’arrêt Maison de la Poésie du 31 octobre 2012 a-t-il consacrée au sujet de la jouissance spéciale d’un bien ?

Un propriétaire peut consentir un droit réel de jouissance spéciale sous réserve de l’ordre public.
Un droit réel de jouissance spéciale confère la propriété du bien.
Un propriétaire ne peut créer que les droits réels énumérés par la loi.
Un droit réel de jouissance spéciale est soumis à une durée maximale de 30 ans.

Un propriétaire peut consentir un droit réel de jouissance spéciale sous réserve de l’ordre public.

Explication

L’arrêt Maison de la Poésie du 31 octobre 2012 admet qu’un propriétaire consente, sous réserve de l’ordre public, un droit réel conférant une jouissance spéciale de son bien. La durée relève d’une question distincte, et ce droit n’équivaut pas à la propriété.

11. Une fondation, personne morale, reçoit par convention un droit réel de jouissance spéciale sans durée déterminée. Quelle durée maximale s’applique à ce droit ?

Aucune limite de durée.
Quatre-vingt-dix-neuf ans.
La durée de vie de la fondation.
Trente ans.

Trente ans.

Explication

En l’absence de durée fixée par la convention, le droit réel de jouissance spéciale ne peut être perpétuel et s’éteint selon les articles 619 et 625; pour une personne morale, la durée maximale est de 30 ans. La limite de 99 ans concerne le cas distinct d’un droit expressément fixé pour la durée d’une fondation.

12. Comment caractérise-t-on un droit extrapatrimonial ?

Un droit de valeur pécuniaire variable, transmissible et rattaché au patrimoine
Un droit sans valeur pécuniaire, hors du commerce et rattaché à la personne
Un droit sans valeur pécuniaire, disponible et détaché de son titulaire
Un droit de valeur pécuniaire faible, négociable et rattaché à un bien

Un droit sans valeur pécuniaire, hors du commerce et rattaché à la personne

Explication

Le droit extrapatrimonial n’a pas de valeur pécuniaire, est hors du commerce et demeure étroitement lié à la personne de son titulaire. La faible valeur confond absence et faiblesse de valeur, la transmissibilité le rapproche des droits patrimoniaux, et le détachement nie son lien personnel.

13. Une personne conteste une mesure qui la prive de la propriété de son bien. Quelle protection prévoit l’article 1er du Protocole additionnel n° 1 à la Convention EDH ?

La protection des seuls biens mobiliers et l’encadrement de leur transfert
Le maintien de la propriété et l’interdiction de toute privation de bien
Le respect des biens et l’encadrement des conditions de privation de propriété
L’indemnisation de toute atteinte sans protection du respect des biens

Le respect des biens et l’encadrement des conditions de privation de propriété

Explication

Le protocole protège le respect des biens et encadre les conditions dans lesquelles une privation de propriété peut intervenir. L’interdiction absolue confond encadrement et impossibilité de priver, la limitation aux meubles restreint indûment la protection, et la seule indemnisation omet le respect des biens.

14. Un juriste doit répartir l’ensemble des biens selon la summa divisio du Code civil. Quelle règle doit-il appliquer ?

Tous les biens sont meubles ou immeubles
Tous les biens sont appropriés ou non appropriés
Tous les biens sont corporels ou incorporels
Tous les biens sont meubles, immeubles ou mixtes

Tous les biens sont meubles ou immeubles

Explication

L’article 516 du Code civil prévoit que tous les biens sont meubles ou immeubles. Les biens corporels ou incorporels relèvent d’une autre distinction, tandis que les catégories mixtes et l’appropriation ne remplacent pas cette division.

15. Quelles catégories composent la classification des immeubles présentée par le droit civil et complétée par la doctrine ?

Par nature, par destination, par l’objet auquel ils s’appliquent et par détermination de la loi
Par nature, par destination, par incorporation et par détermination du propriétaire
Par nature, par l’objet auquel ils s’appliquent, par destination et par déplacement
Par destination, par détermination de la loi, par mobilité et par incorporation

Par nature, par destination, par l’objet auquel ils s’appliquent et par détermination de la loi

Explication

Les immeubles se répartissent entre ceux par nature, par destination et par l’objet auquel ils s’appliquent ; la doctrine ajoute ceux par détermination de la loi. L’incorporation et le déplacement ne constituent pas des catégories complémentaires, et la classification ne peut omettre les immeubles par l’objet.

16. Une machine, qui reste matériellement déplaçable, est affectée à un bâtiment par son propriétaire ; les deux biens appartiennent à la même personne. Quelle qualification peut recevoir la machine ?

Un immeuble par nature, parce qu’elle est affectée à un bâtiment
Un immeuble par destination, tout en restant matériellement meuble
Un immeuble par destination, même si le bâtiment a un autre propriétaire
Un meuble par nature, sans possibilité de traitement comme immeuble

Un immeuble par destination, tout en restant matériellement meuble

Explication

Un meuble peut être traité comme immeuble par destination en raison de son lien avec un immeuble par nature, à condition que les deux aient le même propriétaire ; il reste matériellement meuble. L’incorporation caractérise l’immeuble par nature, et une propriété distincte ne satisfait pas la condition requise.

17. Dans un bâtiment, un équipement secondaire est fixé de façon que son retrait porte atteinte à l’intégrité de la construction. Comment le qualifier au regard de son incorporation ?

Un immeuble par nature, car il fait corps avec le bâtiment et son retrait l’endommage
Un immeuble par destination, car l’atteinte au bâtiment établit l’identité du propriétaire
Un meuble par nature, car un équipement secondaire reste mobile malgré les dommages
Un immeuble par nature, car un simple raccordement électrique suffit

Un immeuble par nature, car il fait corps avec le bâtiment et son retrait l’endommage

Explication

Un équipement secondaire devient immeuble par nature lorsqu’il fait corps avec le bâtiment et que son retrait porte atteinte à l’intégrité de celui-ci. Un simple raccordement ne suffit pas ; le caractère secondaire ne le maintient pas meuble si le retrait endommage le bâtiment, et cette situation ne relève pas de la condition de propriété de l’immeuble par destination.

18. Une vente modifie la situation juridique d’un immeuble, tandis qu’un navire est vendu dans une autre opération. Quel régime de publicité s’applique à ces deux biens ?

L’immeuble relève du fichier immobilier ; le navire peut relever d’une immatriculation légale.
L’immeuble relève d’une immatriculation légale ; le navire relève du fichier immobilier.
Les deux biens relèvent du fichier immobilier en raison de la vente.
Aucun des deux biens ne relève d’une publicité juridique.

L’immeuble relève du fichier immobilier ; le navire peut relever d’une immatriculation légale.

Explication

Le fichier immobilier rend opposables aux tiers les actes modifiant la situation juridique des immeubles, tandis que les meubles échappent en principe à la publicité, sous réserve d’une immatriculation prévue par la loi, comme pour un navire. L’immatriculation du meuble ne le transforme pas en immeuble ; le fichier immobilier ne concerne pas le navire ; l’absence de publicité mobilière n’exclut pas l’exception légale.

19. Un propriétaire engage une action réelle concernant un immeuble situé à Lyon, tandis qu’un créancier intente une action mobilière contre un défendeur domicilié à Lille. Quels tribunaux sont compétents territorialement ?

Le tribunal de Lyon pour les deux actions, selon le lieu de situation du bien.
Le tribunal de Lille pour l’action immobilière et celui de Lyon pour l’action mobilière.
Le tribunal de Lyon pour l’action immobilière et celui de Lille pour l’action mobilière.
Le tribunal de Lille pour les deux actions, selon le domicile du défendeur.

Le tribunal de Lyon pour l’action immobilière et celui de Lille pour l’action mobilière.

Explication

L’action réelle immobilière relève du tribunal du lieu de situation de l’immeuble, tandis que l’action mobilière suit en principe le tribunal du domicile du défendeur. Le domicile ne gouverne donc pas l’action immobilière, et la situation du bien ne gouverne pas l’action mobilière ; le domicile du demandeur n’est pas la règle applicable.

20. Un vendeur immobilier démontre qu’il a été lésé de plus des 712\frac{7}{12} de la valeur du bien. Quelle conséquence peut-il invoquer, et comment cette règle se compare-t-elle à la saisie immobilière ?

La rescision pour lésion est ouverte ; la saisie immobilière obéit à un formalisme plus strict.
La rescision pour lésion est exclue ; la saisie immobilière obéit à un formalisme plus strict.
La rescision pour lésion est exclue ; les deux saisies obéissent au même formalisme.
La rescision pour lésion est ouverte ; la saisie mobilière obéit à un formalisme plus strict.

La rescision pour lésion est ouverte ; la saisie immobilière obéit à un formalisme plus strict.

Explication

La rescision de l’article 1674 est réservée aux ventes immobilières lorsque le vendeur est lésé de plus des 712\frac{7}{12} de la valeur du bien, et la saisie immobilière est plus formaliste que la saisie mobilière. Exclure cette rescision méconnaît son seuil, l’étendre aux meubles méconnaît son champ, et attribuer le formalisme renforcé à la saisie mobilière inverse la règle.

21. Après plusieurs années d’usage, une voiture perd de la valeur sans être détruite par chaque utilisation, tandis qu’un combustible est détruit lorsqu’il est utilisé. Comment classer ces deux biens ?

La voiture est non consomptible et le combustible est consomptible.
La voiture et le combustible sont non consomptibles, car ils peuvent être conservés.
La voiture est consomptible et le combustible est non consomptible.
La voiture et le combustible sont consomptibles, car ils perdent de la valeur.

La voiture est non consomptible et le combustible est consomptible.

Explication

Une chose est consomptible si son usage la détruit ; une chose non consomptible peut être utilisée sans être détruite, même si elle perd de la valeur avec le temps. La dépréciation de la voiture ne signifie pas sa destruction par l’usage, et les deux classements inversés appliquent à tort le critère.

22. À l’échéance d’un prêt, l’emprunteur doit rendre du blé consommé durant l’usage, tandis qu’un locataire doit rendre le même meuble loué. Quel mode de restitution convient à chaque bien ?

Du blé par équivalent et le meuble lui-même en nature.
Du blé en nature et le meuble par équivalent.
Du blé en nature et le meuble lui-même en nature.
Du blé par équivalent et le meuble par équivalent.

Du blé par équivalent et le meuble lui-même en nature.

Explication

Les choses consomptibles, comme le blé utilisé, se restituent par équivalent et relèvent du prêt de consommation ; les choses non consomptibles, comme le meuble loué, se restituent en nature. Rendre le blé lui-même confond consommation et conservation, tandis que restituer le meuble par équivalent applique à tort le régime des choses consomptibles.

23. Un acheteur acquiert une œuvre originale identifiée au contrat ainsi qu’une quantité de blé qui n’a pas encore été individualisée. À quel moment la propriété et les risques sont-ils transférés pour chacun ?

Dès l’échange des consentements pour les deux biens.
Dès l’échange des consentements pour l’œuvre, puis lors de l’individualisation du blé.
Lors de l’individualisation pour l’œuvre, puis dès l’échange des consentements pour le blé.
Lors de leur délivrance matérielle pour les deux biens.

Dès l’échange des consentements pour l’œuvre, puis lors de l’individualisation du blé.

Explication

Pour un corps certain comme l’œuvre identifiée, propriété et risques passent dès l’échange des consentements ; pour une chose de genre comme le blé, ils passent lors de son individualisation. Inverser les régimes méconnaît la distinction, transférer immédiatement le blé oublie son individualisation, et attendre la délivrance pour les deux biens retarde à tort le transfert de l’œuvre.

24. Un verger fournit chaque année des pommes sans que les arbres soient épuisés, tandis que l’extraction ponctuelle du minerai épuise le gisement. Comment qualifier ces deux productions ?

Les pommes et le minerai extrait sont des produits.
Les pommes sont des fruits et le minerai extrait est un produit.
Les pommes et le minerai extrait sont des fruits.
Les pommes sont des produits et le minerai extrait est un fruit.

Les pommes sont des fruits et le minerai extrait est un produit.

Explication

Les fruits sont produits périodiquement sans altérer la substance du bien, alors que les produits sont fournis sans périodicité et épuisent le bien. Qualifier les pommes de produits ignore leur périodicité, qualifier le minerai de fruit ignore l’épuisement du gisement, et les deux classements identiques effacent cette distinction.

25. Quelle définition correspond au patrimoine en droit civil ?

L’ensemble des biens matériels appartenant à une personne et réunis par leur usage commun
L’ensemble des droits appréciables en argent d’une personne, à l’exclusion de ses obligations
L’ensemble des droits et obligations appréciables en argent liés à une personne et formant une universalité juridique
Le regroupement des actifs d’une personne selon leur destination, sans lien avec ses obligations

L’ensemble des droits et obligations appréciables en argent liés à une personne et formant une universalité juridique

Explication

Le patrimoine rassemble les droits et les obligations appréciables en argent liés à une personne dans une universalité juridique. Les biens matériels réduisent à tort le contenu aux actifs corporels, l’exclusion des obligations omet le passif et le regroupement selon une destination commune décrit une universalité de fait.

26. Quel auteur a élaboré la théorie du patrimoine reprise en France par Aubry et Rau ?

Aubry et Rau
Zachariae
Planiol
Savigny

Zachariae

Explication

La théorie du patrimoine est issue de Zachariae, puis a été reprise en France par Aubry et Rau. Attribuer son origine à Aubry et Rau confond les repreneurs avec l’auteur initial, tandis que Planiol et Savigny ne sont pas les auteurs indiqués.

27. Une entreprise regroupe son bail, son enseigne et sa clientèle en raison de leur destination commerciale commune, sans inclure les dettes. De quel type d’universalité s’agit-il ?

Un passif grevé d’un droit de gage général
Un patrimoine comprenant actif et passif
Une universalité de droit
Une universalité de fait

Une universalité de fait

Explication

Une universalité de fait regroupe des actifs selon une destination commune et ne comprend pas de passif. L’universalité de droit est établie par la loi et lie actif et passif, tandis que le patrimoine désigne l’universalité juridique rattachée à une personne.

28. Un débiteur possède des biens présents et acquiert ensuite un nouvel actif. Quelle conséquence découle de l’article 2284 pour ses créanciers ?

Chaque actif répond d’une dette déterminée, sans gage général sur le patrimoine
Le débiteur engage ses biens présents, tandis que ses acquisitions ultérieures restent hors du gage
Les créanciers peuvent agir sur les actifs regroupés par destination, sans tenir compte du passif
Le débiteur engage ses biens présents et à venir, et l’actif répond globalement du passif

Le débiteur engage ses biens présents et à venir, et l’actif répond globalement du passif

Explication

L’article 2284 rattache au patrimoine un droit de gage général : l’actif répond globalement du passif et le débiteur est engagé sur ses biens présents et à venir. Limiter le gage aux biens présents omet son évolution dans le temps; affecter chaque actif à une dette déterminée méconnaît le caractère général du gage; le regroupement sans passif relève de l’universalité de fait.

29. Quelle proposition résume la conception classique du patrimoine d’Aubry et Rau ?

Seule une personne possédant des biens a un patrimoine, qui demeure unique
Toute personne a un patrimoine, et chaque personne peut en avoir plusieurs
Une personne n’a qu’un patrimoine, qui peut appartenir à plusieurs personnes
Toute personne a un patrimoine, et chaque personne n’en a qu’un

Toute personne a un patrimoine, et chaque personne n’en a qu’un

Explication

La théorie classique énonce qu’une personne a un patrimoine, que toute personne en a un et qu’une personne n’en a qu’un. Autoriser plusieurs patrimoines relève de la théorie d’affectation; exiger la possession de biens contredit le caractère lié à la personnalité juridique.

30. Une personne vivante souhaite transférer à un tiers, à titre gratuit, l’intégralité de son patrimoine. Que prévoit la théorie classique quant à cette transmission ?

Le patrimoine ne se transmet qu’au décès, mais peut cesser avant la mort
Le patrimoine ne se transmet qu’au décès et dure autant que la personne
Le patrimoine peut être transmis entre vifs, mais prend fin au décès
Le patrimoine dure autant que la personne et peut être cédé entre vifs

Le patrimoine ne se transmet qu’au décès et dure autant que la personne

Explication

Le patrimoine dure autant que son titulaire et est incessible entre vifs; sa transmission intervient au décès. La cession du vivant du titulaire confond le patrimoine avec un bien cessible, et le faire cesser avant la mort contredit son caractère viager.

31. Un associé crée une société dotée de la personnalité morale et celle-ci contracte une dette. Quel effet la personnalité morale produit-elle sur les patrimoines ?

La société a un patrimoine distinct de celui de l’associé, dont la responsabilité est en principe limitée à ses apports
La société et l’associé partagent un patrimoine unique, qui répond des dettes sociales
L’associé répond en principe des dettes sociales sur l’ensemble de ses biens personnels
La société a un patrimoine distinct, mais ses actifs restent confondus avec ceux de l’associé

La société a un patrimoine distinct de celui de l’associé, dont la responsabilité est en principe limitée à ses apports

Explication

La personnalité morale donne à la société un patrimoine distinct de celui de l’associé, dont la responsabilité est en principe limitée à ses apports. Le patrimoine unique correspond à la confusion associée à l’entrepreneur individuel classique; l’engagement de tous les biens personnels contredit la limitation de principe, et la dernière proposition nie la séparation patrimoniale.

32. Dans une fiducie, quel rôle joue le fiduciaire à l’égard des biens transférés par le constituant ?

Il les affecte nécessairement en garantie d’une créance du constituant.
Il les tient séparés de son patrimoine et agit dans un but déterminé au profit d’un bénéficiaire.
Il les reçoit comme bénéficiaire et en devient librement propriétaire à titre personnel.
Il les conserve dans le patrimoine du constituant et agit pour le compte de ses créanciers.

Il les tient séparés de son patrimoine et agit dans un but déterminé au profit d’un bénéficiaire.

Explication

Le fiduciaire tient les biens transférés à l’écart de son patrimoine propre et agit dans le but déterminé au profit du bénéficiaire. Le bénéficiaire est confondu avec le fiduciaire dans la réponse correspondante, la séparation est omise dans celle qui maintient les biens chez le constituant, et la garantie de créance relève de la fiducie-sûreté.

33. Une entreprise transfère des actifs à un fiduciaire chargé de les gérer au profit d’un bénéficiaire, sans garantir une dette. Quelle forme de fiducie correspond à cette opération ?

Une fiducie-libéralité.
Une fiducie-sûreté.
Une fiducie de transmission.
Une fiducie-gestion.

Une fiducie-gestion.

Explication

La fiducie-gestion organise la gestion d’un patrimoine d’affectation au profit d’un bénéficiaire. La fiducie-sûreté garantit une créance, la fiducie-libéralité procède d’une intention libérale prohibée, et la réponse relative à la transmission confond le bénéficiaire avec le constituant.

34. Un constituant transfère des biens en fiducie dans l’intention de gratifier le bénéficiaire. Quelle conséquence prévoit l’article 2013 du Code civil ?

La fiducie encourt une nullité d’ordre public.
La fiducie demeure valable comme fiducie-gestion.
La fiducie reste valable, mais devient inopposable aux créanciers.
La fiducie devient une garantie de la créance du bénéficiaire.

La fiducie encourt une nullité d’ordre public.

Explication

L’article 2013 prohibe la fiducie procédant d’une intention libérale au profit du bénéficiaire et la sanctionne par une nullité d’ordre public. La fiducie-gestion concerne la gestion au bénéfice d’une personne, tandis que la fiducie-sûreté garantit une créance; l’inopposabilité n’est pas la sanction indiquée.

35. Des créanciers personnels du constituant réclament des biens détenus dans un patrimoine fiduciaire; une créance est née de la gestion de la fiducie. Quel traitement correspond au principe applicable ?

Les biens échappent aux deux catégories de créanciers en raison de leur autonomie.
Les biens répondent des créanciers personnels, mais sont protégés contre la créance née de la gestion.
Les biens échappent en principe aux créanciers personnels, mais répondent de la créance née de la gestion.
Les biens répondent des deux catégories de créanciers comme s’ils appartenaient au constituant.

Les biens échappent en principe aux créanciers personnels, mais répondent de la créance née de la gestion.

Explication

Le patrimoine fiduciaire est autonome : ses biens échappent au droit de gage général des créanciers personnels du constituant, mais répondent des créances nées de la conservation ou de la gestion de la fiducie. La réponse qui inverse ces catégories confond les créanciers personnels avec ceux de la fiducie; l’autonomie ne supprime pas le passif et ne rend pas les biens saisissables par tous.

36. Une personne physique commence une activité en son nom propre le 20 mai 2022 et ne crée pas de société. Comment ses patrimoines sont-ils séparés ?

La séparation ne commence qu’après la création d’une société dotée d’une personne morale.
La séparation s’applique automatiquement à compter du 15 février 2022, quelle que soit l’activité.
La séparation s’applique seulement si elle dépose une déclaration d’affectation de type EIRL.
La séparation entre patrimoines professionnel et personnel s’applique automatiquement et impérativement.

La séparation entre patrimoines professionnel et personnel s’applique automatiquement et impérativement.

Explication

Depuis le 15 mai 2022, le statut de l’entrepreneur individuel instaure une séparation automatique et impérative des patrimoines. La déclaration d’affectation correspond à l’ancien mécanisme facultatif de l’EIRL, et la séparation n’exige pas la création d’une société.

37. Une entrepreneuse utilise une machine dans son activité et possède aussi un tableau sans utilité professionnelle. Quel élément relève de son patrimoine professionnel selon le critère applicable ?

Les deux biens, car ils appartiennent à l’entrepreneuse.
Le tableau sans utilité pour l’activité.
La machine utilisée dans l’activité.
Aucun des deux biens, car une personne physique n’a pas de patrimoine professionnel.

La machine utilisée dans l’activité.

Explication

Le patrimoine professionnel comprend les biens utiles à l’activité, c’est-à-dire matériellement affectés à l’exercice professionnel; la machine répond à ce critère. Le tableau sans utilité professionnelle relève du patrimoine personnel, l’appartenance à l’entrepreneuse ne suffit pas à classer les deux biens ensemble, et une personne physique peut avoir un patrimoine professionnel.

38. Un créancier professionnel cherche à saisir un bien personnel de l’entrepreneur individuel. Aucune circonstance particulière n’est établie et l’entrepreneur n’a pas renoncé à la protection. Quelle règle s’applique ?

Le bien personnel est saisissable si le créancier demande une renonciation implicite.
Le bien personnel est saisissable dès que la dette est professionnelle.
Le bien personnel est protégé seulement contre les créanciers personnels de l’entrepreneur.
Le bien personnel est en principe insaisissable par ce créancier.

Le bien personnel est en principe insaisissable par ce créancier.

Explication

Le patrimoine personnel est en principe insaisissable par les créanciers professionnels, sous réserve de motifs particuliers ou d’une renonciation expresse. La réponse qui autorise la saisie du seul fait de la dette professionnelle écarte cette protection, tandis qu’une renonciation implicite ne correspond pas à la condition indiquée.

39. Dans quelle partie du Code civil trouve-t-on principalement les règles du droit civil des biens, qui concerne surtout les droits réels ?

Dans le Livre III et le Livre IV
Dans le Livre I et le Livre III
Dans les Livres II et III
Dans le Livre I et le Livre II

Dans les Livres II et III

Explication

Le droit civil des biens concerne principalement les droits réels et figure notamment dans les Livres II et III du Code civil. Le Livre I renvoie notamment aux personnes et à la famille, tandis que les droits de créance relèvent d’une autre catégorie de droits patrimoniaux.

40. En mars 2022, une personne qui souhaite créer une entreprise individuelle peut-elle encore choisir le statut d’EIRL, et que devient une EIRL constituée avant la fermeture de cette possibilité ?

Non ; l’EIRL antérieure devient automatiquement une société
Non ; l’EIRL antérieure est dissoute à la fermeture de l’option
Oui ; l’EIRL reste ouverte et l’ancienne poursuit son régime
Non ; l’EIRL antérieure continue sous son régime d’origine

Non ; l’EIRL antérieure continue sous son régime d’origine

Explication

Depuis le 16 février 2022, il n’est plus possible d’opter pour le statut d’EIRL, mais celles constituées auparavant continuent sous leur régime d’origine. L’option encore ouverte méconnaît la date de fermeture, la dissolution automatique confond fin de création et disparition des structures existantes, et la conversion en société n’est pas prévue.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 92 flashcards sur Droit civil des biens.

Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles juridiques obligatoires, abstraites et impersonnelles qui régissent la société.

Qu’est-ce que le droit subjectif ?

Une prérogative individuelle reconnue à une personne juridique.

Qu’est-ce qui distingue les droits patrimoniaux des droits extrapatrimoniaux ?

Les droits patrimoniaux sont évaluables en argent, contrairement aux droits extrapatrimoniaux.

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