QCM : Modes de scrutin et régimes politiques (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une société, quel rôle le droit remplit-il à l’égard des rapports entre individus ?

Il désigne le pouvoir de décision de l’appareil dirigeant.
Il règle la transmission du pouvoir entre gouvernants.
Il les régit afin de les organiser et de les pacifier.
Il sanctionne les comportements sans organiser les rapports.

Il les régit afin de les organiser et de les pacifier.

Explication

Le droit est l’ensemble des règles qui régissent les rapports sociaux et contribuent à les organiser et à les pacifier. Le pouvoir de décision relève du pouvoir politique, tandis que la sanction seule ou la transmission du pouvoir ne définissent pas le droit.

2. Une association conclut un contrat avec une société privée, tandis qu’une commune organise un service public et fixe les règles de son fonctionnement. Quelle qualification correspond à chacun de ces rapports ?

Le contrat relève du droit public et l’organisation du service du droit privé.
Les deux relèvent du droit public puisqu’ils concernent des collectivités.
Le contrat relève du droit privé et l’organisation du service du droit public.
Les deux relèvent du droit privé puisqu’ils impliquent des personnes morales.

Le contrat relève du droit privé et l’organisation du service du droit public.

Explication

Le droit privé gouverne les rapports entre particuliers ou collectivités privées, tandis que le droit public régit l’organisation des collectivités publiques. Classer le contrat privé en droit public confond les domaines, et les deux autres réponses inversent ou élargissent à tort la distinction.

3. Quelle définition correspond au droit constitutionnel ?

Les règles relatives à l’organisation administrative et financière des collectivités publiques.
Les règles qui organisent les relations entre États et les relations sociales internationales.
Les règles relatives à l’acquisition, à l’exercice et à la transmission du pouvoir politique.
Les règles qui gouvernent les rapports des particuliers entre eux et avec les collectivités privées.

Les règles relatives à l’acquisition, à l’exercice et à la transmission du pouvoir politique.

Explication

Le droit constitutionnel porte sur les modalités selon lesquelles le pouvoir politique s’acquiert, s’exerce et se transmet. Les rapports entre particuliers relèvent du droit privé, l’organisation administrative et financière appartient à d’autres branches du droit public, et les relations internationales forment un autre champ.

4. Après une succession de gouvernants imprévisible, une société crée des institutions distinctes des personnes qui dirigent et fixe des règles de succession ainsi que des limites à leur pouvoir. Quel effet décrit cette évolution ?

Elle supprime le pouvoir politique au profit des institutions privées.
Elle règle les rapports privés sans encadrer les gouvernants.
Elle organise l’exercice du pouvoir et rend sa transmission plus prévisible.
Elle remplace chaque gouvernant sans encadrer l’exercice du pouvoir.

Elle organise l’exercice du pouvoir et rend sa transmission plus prévisible.

Explication

L’institutionnalisation sépare les institutions des personnes des gouvernants, organise l’exercice du pouvoir et rend plus prévisibles sa transmission et les limites imposées aux dirigeants. Le simple remplacement des personnes ne suffit pas, et cette évolution ne supprime pas le pouvoir politique ni ne concerne les seuls rapports privés.

5. Un président quitte ses fonctions, mais l’institution présidentielle continue d’exister et un successeur exerce le pouvoir au nom de l’État. Quel principe explique cette continuité ?

Le transfert de compétences rend l’État dépendant de son successeur.
La personnalité morale de l’État dissocie le pouvoir de la personne du gouvernant.
La souveraineté externe garantit la permanence de chaque gouvernant en fonction.
La personnalité physique du président maintient l’institution après son départ.

La personnalité morale de l’État dissocie le pouvoir de la personne du gouvernant.

Explication

La personnalité morale permet de distinguer l’État et ses organes des personnes qui gouvernent temporairement en son nom. La souveraineté externe concerne l’indépendance envers les autres États, la personne du président ne perdure pas après son départ, et la continuité ne découle pas d’un transfert de compétences.

6. Quelle idée exprime la formule de Georg Jelinek selon laquelle l’État a la « compétence de ses compétences » ?

L’État est souverain parce qu’il n’assume aucune obligation extérieure.
L’État peut agir comme souverain parce que Jean Bodin a formulé cette expression.
L’État reçoit d’un pouvoir supérieur les compétences qu’il peut exercer.
L’État dispose d’un pouvoir originaire lui permettant de déterminer ses compétences.

L’État dispose d’un pouvoir originaire lui permettant de déterminer ses compétences.

Explication

La formule renvoie au pouvoir originaire et illimité de l’État de déterminer l’étendue de ses compétences. La soumission à un pouvoir supérieur contredit la souveraineté, l’indépendance extérieure n’en résume pas toute la portée, et l’expression est attribuée à Jelinek, même si Bodin a dégagé la notion de souveraineté.

7. Un État adopte librement sa Constitution, puis refuse qu’un autre État lui impose juridiquement une politique. À quels aspects de la souveraineté ces deux faits correspondent-ils ?

La première relève de la souveraineté externe et la seconde de la souveraineté interne.
La première relève de la souveraineté interne et la seconde de la souveraineté externe.
Les deux relèvent de la souveraineté interne, qui concerne l’organisation de l’État.
Les deux relèvent de la souveraineté externe, qui concerne les autres États.

La première relève de la souveraineté interne et la seconde de la souveraineté externe.

Explication

La souveraineté interne permet à l’État de s’organiser et d’élaborer ses règles; la souveraineté externe garantit son indépendance juridique à l’égard des autres États. Inverser les deux confond leurs champs, et attribuer les deux faits à une seule dimension néglige cette distinction.

8. Un juriste examine d’une part le contenu des règles qui répartissent et organisent le pouvoir politique et, d’autre part, les conditions particulières de leur adoption et de leur révision. Quelle distinction doit-il appliquer ?

Les deux examens portent sur la Constitution formelle, définie par le contenu des règles.
Les deux examens portent sur la Constitution matérielle, définie par une procédure renforcée.
Le premier examen porte sur la Constitution matérielle, le second sur la Constitution formelle.
Le premier examen porte sur la Constitution formelle, le second sur la Constitution matérielle.

Le premier examen porte sur la Constitution matérielle, le second sur la Constitution formelle.

Explication

La Constitution matérielle se définit par le contenu relatif à la dévolution et à l’exercice du pouvoir, tandis que la Constitution formelle se définit par une procédure d’adoption et de révision spécifique, plus complexe que celle d’une loi ordinaire. Inverser contenu et procédure brouille les critères; limiter le matériel à l’écrit ou ramener le formel à la procédure ordinaire est également erroné.

9. Dans une procédure constituante, le peuple élit une assemblée qui rédige le texte, mais ne participe pas à son adoption. Comment qualifier cette procédure ?

Une procédure pleinement démocratique
Un établissement non démocratique
Une procédure partiellement démocratique
Une procédure d’adoption populaire obligatoire

Une procédure partiellement démocratique

Explication

La procédure est partiellement démocratique puisque le peuple intervient à une seule étape, ici l’élaboration. La participation aux deux étapes confond les phases, l’absence totale d’intervention correspond à l’établissement non démocratique, et l’adoption populaire n’est pas requise dans ce cas.

10. Des dirigeants accordent une Constitution par décret, sans intervention du peuple à aucun moment. Quel type d’établissement constitutionnel cela décrit-il ?

Une procédure démocratique d’élaboration populaire
Une adoption populaire par référendum
Un établissement partiellement démocratique
Un établissement non démocratique

Un établissement non démocratique

Explication

Quand le peuple n’intervient à aucune étape et que les dirigeants octroient la Constitution, l’établissement est non démocratique. Une participation à l’élaboration ou à l’adoption rendrait la procédure partiellement démocratique, tandis qu’un référendum implique une intervention populaire.

11. Quelle notion P. Pactet définit-il comme le pouvoir de réviser la Constitution ?

Le pouvoir législatif
Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir exécutif
Le pouvoir constituant originaire

Le pouvoir constituant dérivé

Explication

P. Pactet définit le pouvoir constituant dérivé comme le pouvoir de réviser la Constitution. Le pouvoir constituant originaire établit une Constitution dans un vide constitutionnel, tandis que les pouvoirs législatif et exécutif sont des pouvoirs institués.

12. Un organe modifie une Constitution en respectant les règles de révision qu’elle prévoit. De quel pouvoir s’agit-il, par opposition à celui exercé dans un vide constitutionnel ?

Du pouvoir constituant originaire
Du pouvoir législatif ordinaire
Du pouvoir exécutif institué
Du pouvoir constituant dérivé

Du pouvoir constituant dérivé

Explication

Le pouvoir constituant dérivé révise la Constitution dans le cadre juridique de révision qu’elle a établi. Le pouvoir originaire s’exerce dans un vide constitutionnel, tandis que les pouvoirs législatif et exécutif sont des pouvoirs institués et non le pouvoir de révision constitutionnelle.

13. Que désigne la hiérarchie des normes juridiques ?

Le classement des règles selon leur date d’adoption
Un système où toutes les règles ont le même rang
Le classement des règles selon leur degré d’autorité
Le classement des règles selon leur territoire d’application

Le classement des règles selon leur degré d’autorité

Explication

La hiérarchie classe les normes selon leur degré d’autorité et établit des liens de subordination entre elles. L’ancienneté et le territoire sont d’autres critères, tandis que l’égalité de rang contredit la notion même de hiérarchie.

14. Dans une représentation en pyramide, quelle norme occupe le sommet et commande l’ensemble du système juridique ?

Un acte administratif
Une loi ordinaire adoptée par le Parlement
Une norme législative subordonnée
La Grundnorm, ou norme mère

La Grundnorm, ou norme mère

Explication

La Grundnorm est la norme située au sommet de la hiérarchie, à laquelle les autres normes sont subordonnées directement ou indirectement. Une loi et un acte administratif occupent des niveaux inférieurs et ne commandent pas l’ensemble du système.

15. Une norme inférieure est incompatible avec une norme qui lui est supérieure. Quel effet cette incompatibilité a-t-elle sur sa validité dans la hiérarchie des normes ?

Sa validité dépend de sa date d’adoption plutôt que de sa conformité
La norme supérieure perd sa validité au profit de la norme inférieure
Sa validité dépend de sa compatibilité avec une norme de même rang
Sa validité est mise en cause par son incompatibilité avec la norme supérieure

Sa validité est mise en cause par son incompatibilité avec la norme supérieure

Explication

La validité d’une norme dépend de sa conformité, ou au moins de sa compatibilité, avec les normes qui lui sont supérieures. L’inversion de la subordination, le critère de date et la référence à une norme de même rang ne correspondent pas à cette règle.

16. Un juriste décrit un système où le droit interne et le droit international forment deux ordres distincts et égaux. Quelle conception décrit-il ?

Le dualisme
La subordination du droit interne au droit international
La primauté du droit international sur la loi
L’intégration du droit international dans l’ordre interne

Le dualisme

Explication

Le dualisme traite le droit interne et le droit international comme deux ordres distincts et égaux. L’intégration et la primauté du droit international sur la loi décrivent l’évolution opposée, tandis que la subordination du droit interne n’est pas la caractéristique donnée du dualisme.

17. Dans un pays, tout juge peut écarter une loi qu’il estime contraire à la Constitution au cours d’une affaire. À quel modèle cette organisation correspond-elle ?

Au modèle américain, car le contrôle est diffus entre les juges
Au modèle américain, car le contrôle relève du monopole d’une juridiction
Au modèle européen, car la saisine appartient aux autorités politiques
Au modèle européen, car le contrôle est concentré dans une juridiction

Au modèle américain, car le contrôle est diffus entre les juges

Explication

Le modèle américain est diffus : tout juge fédéral ou étatique peut exercer le contrôle. Le contrôle concentré désigne le monopole d’une juridiction constitutionnelle, tandis que la saisine politique abstraite caractérise en principe le modèle européen.

18. Une personne conteste la constitutionnalité de la loi qui doit être appliquée dans son procès. Quel aspect du modèle américain cette situation illustre-t-elle ?

Une saisine générale déclenchée avant l’adoption de la loi
Une saisine individuelle concrète liée à un litige
Une saisine politique abstraite en dehors d’un litige
Une saisine réservée à une juridiction constitutionnelle spécialisée

Une saisine individuelle concrète liée à un litige

Explication

Dans le modèle américain, un particulier peut contester, à l’occasion d’un litige, la constitutionnalité de la loi applicable : le contrôle est concret. La saisine politique hors litige et le monopole d’une juridiction relèvent en principe du modèle européen.

19. Une Cour suprême américaine examine un recours mettant en cause un acte de l’exécutif fédéral. Ce recours entre-t-il dans les objets qu’elle peut contrôler au regard de la Constitution fédérale ?

Non, seuls les juges ordinaires peuvent examiner les actes de l’exécutif fédéral
Non, elle contrôle les actes étatiques mais pas ceux de l’exécutif fédéral
Non, elle contrôle les lois fédérales mais pas les actes de l’exécutif fédéral
Oui, elle peut apprécier la conformité de cet acte à la Constitution fédérale

Oui, elle peut apprécier la conformité de cet acte à la Constitution fédérale

Explication

Dans le modèle américain, la Cour suprême peut examiner la conformité à la Constitution fédérale des lois fédérales, des actes de l’exécutif fédéral et des lois fédérées. Limiter son contrôle aux lois fédérées ou exclure les actes de l’exécutif fédéral omet une catégorie expressément concernée.

20. Lors d’une instance en cours, une partie soutient qu’une disposition législative porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Quelle réforme permet au Conseil d’État ou à la Cour de cassation de saisir le Conseil constitutionnel dans cette situation ?

La réforme de 1958 instituant le contrôle de constitutionnalité en France
La réforme de 1978 ayant établi le contrôle constitutionnel en Espagne
La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 créant l’article 61-1
La loi constitutionnelle du 29 octobre 1974 ouvrant la saisine à des parlementaires

La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 créant l’article 61-1

Explication

La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a créé l’article 61-1, qui permet au Conseil d’État et à la Cour de cassation de saisir le Conseil constitutionnel dans le cadre d’une instance portant sur une atteinte alléguée aux droits et libertés garantis. La réforme de 1974 concerne l’élargissement de la saisine à 60 députés ou 60 sénateurs.

21. Un juge applique une loi contraire à la Constitution faute de mécanisme permettant d’en contrôler la conformité. Quel effet le contrôle de constitutionnalité vise-t-il à empêcher ?

Que les juridictions constitutionnelles interprètent les droits et libertés
Que la Constitution soit subordonnée aux actes de l’exécutif
Que la loi soit appliquée en pratique comme norme supérieure à la Constitution
Que les lois adoptées selon la procédure prévue échappent à toute contestation

Que la loi soit appliquée en pratique comme norme supérieure à la Constitution

Explication

Le contrôle de constitutionnalité rend effective la primauté de la Constitution et la hiérarchie des normes ; sans lui, la loi pourrait en pratique être appliquée même si elle est contraire à la Constitution. La seule régularité de la procédure législative ne garantit pas cette primauté.

22. Une loi a été adoptée par les organes compétents et selon la procédure prévue, mais elle porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Que peut permettre le contrôle de constitutionnalité ?

Écarter la Constitution lorsque la loi a été adoptée par les organes compétents
Sanctionner la loi en raison de l’atteinte au droit constitutionnel
Valider la loi dès lors que la procédure d’adoption a été respectée
Réexaminer la loi pour déterminer si son contenu est politiquement opportun

Sanctionner la loi en raison de l’atteinte au droit constitutionnel

Explication

Le contrôle peut sanctionner une loi qui porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, même si les organes compétents l’ont adoptée selon la procédure prévue. La régularité formelle ne suffit donc pas à soustraire son contenu au contrôle.

23. Deux juges donnent des définitions différentes de la liberté et de l’égalité en interprétant des dispositions constitutionnelles générales. Quel argument critique du contrôle constitutionnel cette situation illustre-t-elle ?

La légitimité démocratique directe des juridictions constitutionnelles
La garantie objective de la hiérarchie entre Constitution et loi
Le caractère subjectif de l’interprétation des droits et libertés
La régularité procédurale de l’adoption des lois contrôlées

Le caractère subjectif de l’interprétation des droits et libertés

Explication

La critique tient au fait que des notions générales comme la liberté et l’égalité peuvent recevoir des interprétations diverses, ce qui confère une part de subjectivité au contrôle. La protection des droits constitue plutôt une justification du contrôle, tandis que la primauté de la Constitution est un autre de ses fondements.

24. Après qu’une règle législative a été neutralisée pour contrariété à la Constitution, le pouvoir constituant dérivé souhaite en rétablir le contenu. Quelle démarche peut limiter le risque de gouvernement des juges ?

La faire appliquer sans nouvelle adoption par les autorités publiques
La rétablir par un acte réglementaire du gouvernement
L’adopter de nouveau sous la forme d’une loi ordinaire
L’adopter sous la forme d’une loi constitutionnelle

L’adopter sous la forme d’une loi constitutionnelle

Explication

Une règle neutralisée pour contrariété à la Constitution peut être réadoptée par le pouvoir constituant dérivé sous la forme d’une loi constitutionnelle. La réadoption sous forme de loi ordinaire ne répond pas à la contrariété constitutionnelle qui a conduit à sa neutralisation.

25. Dans la classification de Montesquieu, à quelle fonction correspond le pouvoir judiciaire ?

Conduire les relations internationales
Faire la loi
Exécuter la loi
Juger les crimes et les différends

Juger les crimes et les différends

Explication

Montesquieu associe le pouvoir judiciaire au jugement des crimes et des différends, confié aux juges. « Faire la loi » relève du pouvoir législatif, « exécuter la loi » de l’exécutif et les relations internationales du pouvoir fédératif chez Locke.

26. Dans un pays, une même autorité édicte les lois, les applique et tranche les litiges. Quel risque, selon Montesquieu, est alors accru ?

L’abus de pouvoir par concentration des fonctions
La domination d’un organe due à leur séparation
La disparition du pouvoir politique par pluralité des organes
L’abus limité aux dirigeants de mauvaise intention

L’abus de pouvoir par concentration des fonctions

Explication

Pour Montesquieu, les détenteurs du pouvoir tendent à en abuser, et ce risque augmente lorsque les fonctions politiques sont concentrées entre les mêmes mains. L’« équilibre » concerne la limitation réciproque des organes, la « pluralité » ne concentre pas les fonctions, et le risque ne dépend pas seulement des intentions.

27. Trois organes exercent séparément les fonctions politiques, mais l’un d’eux peut imposer seul ses décisions aux deux autres. Quel principe manque pour compléter la séparation des pouvoirs ?

Un équilibre empêchant la domination d’un organe
Une attribution de toutes les fonctions à un organe
Une collaboration sans faculté de limitation réciproque
Une séparation formelle des fonctions entre organes

Un équilibre empêchant la domination d’un organe

Explication

La séparation répartit les fonctions, mais elle ne suffit pas si un organe domine les autres : il faut aussi établir un équilibre par des freins et contrepoids. La « séparation formelle » est déjà présente, tandis que la concentration ou la collaboration sans limites ne préviennent pas cette domination.

28. Dans un régime inspiré de Montesquieu, chaque organe peut empêcher certaines décisions des autres et doit négocier avec eux pour agir. Quelle caractéristique cela illustre-t-il ?

Une séparation qui rend chaque organe indépendant de toute coopération
Un gouvernement modéré fondé sur des limites mutuelles et la collaboration
Une concentration qui confie l’action politique à un organe dominant
Une répartition des fonctions sans mécanisme de limitation réciproque

Un gouvernement modéré fondé sur des limites mutuelles et la collaboration

Explication

Montesquieu préconise un gouvernement modéré où les organes se limitent mutuellement par des facultés d’empêcher et collaborent pour agir efficacement. L’autonomie sans coopération, la domination d’un organe et la simple répartition des fonctions ne décrivent pas ce mécanisme.

29. Dans un régime parlementaire, le Gouvernement peut être renversé par le Parlement et révoqué politiquement par le Chef de l’État. Comment ce régime est-il qualifié ?

Régime parlementaire bireprésentatif
Régime parlementaire moniste
Régime parlementaire dualiste
Régime d’assemblée

Régime parlementaire dualiste

Explication

Le régime parlementaire est dualiste lorsque la responsabilité politique du Gouvernement peut être engagée devant le Parlement et le Chef de l’État. Le monisme suppose que le Parlement soit le seul organe concerné; le caractère bireprésentatif porte sur la représentation populaire, et le régime d’assemblée sur la concentration du pouvoir au Parlement.

30. Un Chef d’État perd le pouvoir de révoquer les ministres; le Parlement reste alors seul en mesure de mettre en jeu la responsabilité politique du Gouvernement. Quelle évolution s’est produite ?

Le régime parlementaire est passé du dualisme au monisme
Le régime est devenu un régime d’assemblée
Le régime est devenu bireprésentatif
Le régime parlementaire est passé du monisme au dualisme

Le régime parlementaire est passé du dualisme au monisme

Explication

La perte par le Chef de l’État du pouvoir de révoquer les ministres laisse au Parlement seul la possibilité de mettre en jeu la responsabilité du Gouvernement : le dualisme évolue donc vers le monisme. Le mouvement inverse, la représentation directe à la présidence et la concentration parlementaire ne correspondent pas à cette évolution.

31. Dans un régime parlementaire, le Président est élu au suffrage universel direct et le peuple est aussi représenté directement au Parlement. Comment qualifier ce régime du point de vue de la représentation ?

Régime dualiste
Régime présidentialiste
Régime bireprésentatif
Régime monoreprésentatif

Régime bireprésentatif

Explication

Le régime est bireprésentatif lorsque le peuple est directement représenté au Parlement et à la présidence, notamment parce que le Président est élu au suffrage universel direct. Le monoreprésentatif ne compte que le Parlement comme organe directement représentatif; le présidentialisme concerne la concentration au profit de l’exécutif, et le dualisme la responsabilité gouvernementale.

32. Une Constitution accorde une forte prépondérance au Parlement, qui concentre l’essentiel du pouvoir politique. De quel régime s’agit-il ?

Régime parlementaire équilibré
Régime présidentialiste
Régime d’assemblée
Régime de confusion des pouvoirs

Régime d’assemblée

Explication

Le régime d’assemblée concentre le pouvoir au profit du Parlement, tandis que le régime présidentialiste le concentre au profit de l’exécutif. La confusion des pouvoirs désigne une concentration plus complète, et un régime parlementaire équilibré ne se caractérise pas par la prépondérance d’un seul organe.

33. Dans une région, un agent local reçoit du pouvoir central des instructions et signe une décision au nom de l’État. De quel mécanisme s’agit-il ?

L’autonomie législative d’une région
La décentralisation vers une collectivité territoriale
La déconcentration des compétences de l’État
La fédéralisation de l’administration locale

La déconcentration des compétences de l’État

Explication

Dans la déconcentration, les agents locaux exercent les compétences au nom de l’État et restent soumis à son pouvoir hiérarchique. La décentralisation implique une personne morale distincte, la tutelle concerne le contrôle d’une collectivité et l’autonomie législative relève d’un degré institutionnel différent.

34. Une commune dotée de la personnalité morale gère une affaire locale par l’intermédiaire d’un conseil élu. Quel mécanisme décrit cette situation ?

La participation au pouvoir constituant fédéral
La déconcentration par des agents locaux
La décentralisation au profit d’une personne morale
La délégation hiérarchique à un représentant de l’État

La décentralisation au profit d’une personne morale

Explication

La décentralisation transfère des compétences à une personne morale distincte de l’État, qui gère certaines affaires par des organes élus. La déconcentration laisse les compétences exercées au nom de l’État, tandis que le pouvoir constituant concerne l’organisation constitutionnelle d’un État fédéral.

35. Une réforme accorde aux régions un pouvoir législatif dans plusieurs matières, alors que les collectivités d’un autre modèle ne disposent que d’une décentralisation limitée. Quelle distinction cette réforme illustre-t-elle ?

L’État unitaire classique est plus autonome que l’État régional
L’État régional et l’État unitaire classique accordent le même pouvoir législatif
L’État régional offre une autonomie plus poussée que l’État unitaire classique
L’État régional devient fédéral dès qu’une région légifère

L’État régional offre une autonomie plus poussée que l’État unitaire classique

Explication

L’État régional accorde aux collectivités une autonomie plus poussée, notamment législative, tandis que la décentralisation de l’État unitaire classique reste limitée. Assimiler cette autonomie à une fédération confond autonomie régionale et existence d’États fédérés.

36. Des régions disposent de compétences législatives, mais elles n’ont ni Constitution ni juridictions propres et participent peu à la révision constitutionnelle. Quelle qualification convient le mieux à l’État ?

Un État régional qui reste un État unitaire
Un État unitaire classique sans autonomie régionale
Une confédération d’États dotés de constitutions propres
Un État fédéral composé d’ordres juridiques distincts

Un État régional qui reste un État unitaire

Explication

Un État régional demeure un État unitaire lorsque les régions n’ont ni Constitution ni organes juridictionnels spécifiques et participent peu aux institutions étatiques. Le pouvoir législatif régional ne suffit donc pas à caractériser un État fédéral.

37. Au Canada, une matière législative n’est attribuée à aucune province par la répartition constitutionnelle. Selon la règle canadienne, à qui revient la compétence de droit commun ?

Aux provinces, au titre de leur compétence de droit commun
À l’État fédéral, au titre de sa compétence de droit commun
À une juridiction fédérale, au titre de sa compétence d’attribution
Aux provinces et à l’État fédéral conjointement

À l’État fédéral, au titre de sa compétence de droit commun

Explication

Au Canada, l’État fédéral détient la compétence législative de droit commun, tandis que les États fédérés disposent d’une compétence d’attribution. Attribuer la compétence générale aux provinces revient à appliquer le principe fédéral général plutôt que l’exception canadienne.

38. Lors de la création d’une fédération et lors de la modification de sa Constitution, par quels pouvoirs les États fédérés participent-ils à l’organisation fédérale ?

Par le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé
Par le pouvoir juridictionnel fédéral et le pouvoir exécutif fédéré
Par le pouvoir de tutelle et le pouvoir de déconcentration
Par le pouvoir législatif ordinaire et le pouvoir réglementaire local

Par le pouvoir constituant originaire et le pouvoir constituant dérivé

Explication

Les États fédérés participent à l’organisation de l’État fédéral en intervenant dans l’exercice du pouvoir constituant originaire et du pouvoir constituant dérivé. Leur représentation dans la législation ordinaire est une autre forme de participation, mais ne remplace pas cette intervention constitutionnelle.

39. Aux États-Unis, une proposition de révision constitutionnelle a obtenu l’accord de 30 États fédérés. Ce nombre atteint-il le seuil d’approbation requis, si la fédération compte 50 États ?

Oui, car 30 États dépassent la majorité simple
Oui, car 30 États représentent les trois cinquièmes
Non, car il faut l’accord des 50 États
Non, car il faut l’accord de 38 États

Non, car il faut l’accord de 38 États

Explication

La révision exige l’accord des trois quarts des États fédérés : 34×50=37,5\frac{3}{4} \times 50 = 37{,}5, donc il faut au moins 38 États. Trente États dépassent la majorité simple, mais n’atteignent pas ce seuil qualifié.

40. Dans un parlement fédéral, la première chambre représente la population et une seconde chambre comprend des représentants des États fédérés. Quel mécanisme permet cette représentation dans le fonctionnement législatif fédéral ?

Le bicaméralisme, par la représentation des États dans la seconde chambre
Le monocaméralisme, par la représentation des États dans la première chambre
Le contrôle juridictionnel, par la représentation des États au tribunal fédéral
Le pouvoir constituant, par la représentation des États dans le gouvernement fédéral

Le bicaméralisme, par la représentation des États dans la seconde chambre

Explication

Le bicaméralisme permet généralement aux États fédérés de participer au fonctionnement législatif fédéral grâce à leur représentation dans une seconde chambre. La première chambre représente la population, tandis que la révision constitutionnelle et le contrôle juridictionnel sont des mécanismes distincts.

41. Dans un système où les citoyens prennent eux-mêmes les décisions politiques, sans les confier à des élus, de quel mode d’exercice du pouvoir s’agit-il ?

La démocratie de coalition
La représentation proportionnelle
La démocratie représentative
La démocratie directe

La démocratie directe

Explication

La démocratie directe fait exercer le pouvoir directement par les citoyens ; la démocratie représentative le confie à des représentants élus. La démocratie représentative désigne la délégation aux élus, la représentation proportionnelle concerne la répartition des sièges et la démocratie de coalition renvoie à une alliance politique.

42. Dans une circonscription, une élection attribue les sièges à la liste qui recueille davantage de suffrages que chacune de ses concurrentes. Quelle règle de scrutin est appliquée ?

La démocratie représentative
Le scrutin majoritaire
La représentation proportionnelle
Le scrutin à quotient électoral

Le scrutin majoritaire

Explication

Le scrutin majoritaire attribue le ou les sièges au candidat ou à la liste qui obtient le plus de suffrages. La représentation proportionnelle répartit les sièges selon les voix, le quotient électoral sert au calcul dans ce mode de répartition, et la démocratie représentative concerne l’exercice du pouvoir par des élus.

43. Pour répartir 12 sièges, une commission compte 96 000 suffrages exprimés. Quelle opération doit-elle effectuer pour calculer le quotient électoral ?

Diviser 96 000 par 12
Multiplier 96 000 par 12
Soustraire 12 de 96 000
Diviser 12 par 96 000

Diviser 96 000 par 12

Explication

Le quotient électoral se calcule en divisant le total des suffrages exprimés par le nombre de sièges à pourvoir ; ici, il faut donc faire 96 000 divisé par 12. L’opération inverse inverse le rapport, la multiplication n’applique pas la formule et la soustraction ne calcule pas un quotient.

44. Aux législatives britanniques de 2024, Reform UK obtient 14,3 % des voix, mais seulement 5 sièges sur 650, soit 0,8 % des sièges. Quelle caractéristique du résultat ces chiffres illustrent-ils ?

Une forte surreprésentation de Reform UK en sièges
Une majorité de sièges remportée par Reform UK
Une représentation de Reform UK proportionnelle à ses voix
Une forte sous-représentation de Reform UK en sièges

Une forte sous-représentation de Reform UK en sièges

Explication

Avec 14,3 % des voix mais 0,8 % des sièges, Reform UK est fortement sous-représenté en sièges. La confusion entre parts de voix et de sièges efface cet écart, la surreprésentation concerne plutôt les travaillistes dans ces résultats, et 5 sièges ne constituent pas une majorité.

45. Quel effet le scrutin majoritaire tend-il à produire sur le système des partis, comme l’illustrent les cas des États-Unis et du Royaume-Uni ?

Il garantit la proportionnalité des sièges aux suffrages
Il favorise la représentation égale de nombreux partis
Il empêche l’alternance entre les forces politiques
Il favorise le bipartisme ou la bipolarisation

Il favorise le bipartisme ou la bipolarisation

Explication

Le scrutin majoritaire favorise le bipartisme, ou au moins la bipolarisation, en concentrant la compétition autour de forces capables de gagner des circonscriptions. La multiplication des partis représentés et la proportionnalité ne décrivent pas cet effet, tandis que la stabilité gouvernementale est un autre effet institutionnel et n’empêche pas l’alternance.

46. Une électrice apprécie un petit parti isolé, mais pense qu’il n’obtiendra aucun élu dans sa circonscription. Elle choisit un parti plus important, proche de ses convictions et susceptible de gagner. Quel comportement adopte-t-elle ?

Le vote utile en faveur d’un parti plus grand
La répartition proportionnelle des sièges entre les listes
Le vote de protestation pour un parti éloigné de ses convictions
La fusion formelle de son petit parti avec un grand parti

Le vote utile en faveur d’un parti plus grand

Explication

Le vote utile consiste ici à délaisser un petit parti isolé au profit d’un parti plus grand, proche des convictions de l’électrice et ayant des chances d’obtenir des élus. Une fusion est une décision entre partis, le vote de protestation ne correspond pas au choix décrit et la proportionnelle est une règle d’attribution des sièges.

47. Avant une élection au scrutin majoritaire, plusieurs partis concluent un accord qui leur permet d’obtenir ensemble une majorité politique. Quel effet institutionnel cet accord favorise-t-il après le scrutin ?

L’impossibilité d’une alternance gouvernementale ultérieure
La réduction du nombre de partis représentés sans majorité politique
La formation d’un gouvernement soutenu par une majorité
La formation d’une majorité négociée seulement après le scrutin

La formation d’un gouvernement soutenu par une majorité

Explication

Les accords conclus avant le scrutin peuvent dégager une majorité politique préconstituée, ce qui favorise la formation d’un gouvernement pouvant s’appuyer sur elle. Une majorité constituée seulement après le vote ne correspond pas au mécanisme décrit, la réduction du nombre de partis n’implique pas à elle seule une majorité, et une majorité ne supprime pas l’alternance.

48. Quel énoncé décrit le mieux le rapport entre scrutin majoritaire, stabilité gouvernementale et alternance politique ?

Il favorise l’alternance en empêchant la stabilité gouvernementale
Il rend la stabilité et l’alternance également impossibles
Il garantit la stabilité en empêchant l’alternance
Il favorise en principe la stabilité sans empêcher l’alternance

Il favorise en principe la stabilité sans empêcher l’alternance

Explication

Le scrutin majoritaire favorise en principe la stabilité gouvernementale, mais il n’empêche pas qu’une autre majorité arrive ensuite au pouvoir. Assimiler la stabilité à l’absence d’alternance transforme un effet général en garantie absolue, tandis que l’alternance ne rend pas impossible la stabilité entre deux changements politiques.

49. Quel principe définit le mandat représentatif dont bénéficie un élu après son élection ?

L’élu agit au nom du peuple en toute indépendance vis-à-vis de ses électeurs
L’élu agit au nom du peuple en suivant les directives de ses électeurs
L’élu agit au nom du peuple selon les décisions de son parti politique
L’élu agit au nom du peuple sous la menace d’une révocation électorale

L’élu agit au nom du peuple en toute indépendance vis-à-vis de ses électeurs

Explication

Le mandat représentatif permet à l’élu d’agir au nom du peuple ou de la Nation indépendamment de ses électeurs. Suivre leurs directives relève du mandat impératif, tandis que la révocation n’est pas un mécanisme du mandat représentatif.

50. Des électeurs désapprouvent le vote de leur représentant et cherchent à le révoquer juridiquement avant la prochaine élection. Que leur permet le mandat représentatif ?

Une révocation juridique dès que les électeurs contestent son vote
Une révocation juridique après une pétition adressée au représentant
Aucune révocation juridique pour s’être écarté de leurs directives
Une révocation juridique si le parti politique exclut le représentant

Aucune révocation juridique pour s’être écarté de leurs directives

Explication

Dans le mandat représentatif, les électeurs ne peuvent juridiquement ni imposer leurs directives ni révoquer leur représentant pour s’en être écarté. La révocation pour non-respect des consignes correspond au mandat impératif; une pression politique ou une exclusion du parti ne révoque pas le mandat.

51. Un délégué reçoit des consignes de ses mandants et s’en écarte lors d’une décision : quelle règle caractérise son mandat impératif ?

Il doit suivre les directives, mais l’écart ne peut entraîner sa révocation
Il peut suivre les directives du parti et être révoqué par ses électeurs
Il doit suivre les directives et peut être révoqué s’il s’en écarte
Il peut suivre son appréciation et conserve son mandat malgré cet écart

Il doit suivre les directives et peut être révoqué s’il s’en écarte

Explication

Le mandat impératif oblige son titulaire à suivre les directives de ses mandants et permet sa révocation en cas d’écart. L’indépendance relève du mandat représentatif, tandis que les consignes d’un parti ne sont pas celles qui définissent cette règle.

52. Quels sont les deux procédés d’intervention populaire directe dans la prise de décision en démocratie semi-directe ?

Le référendum et l’élection parlementaire
La pétition et la manifestation
La manifestation et le blocage
La pétition et le référendum

La pétition et le référendum

Explication

Les deux procédés mentionnés sont la pétition et le référendum. La manifestation et le blocage constituent des moyens de pression, tandis que l’élection parlementaire relève de la désignation des représentants.

53. Quel événement a eu lieu à Philadelphie le 4 juillet 1776 ?

L’entrée en vigueur de la Constitution fédérale après un vote des 13 colonies
L’adoption de la Déclaration d’indépendance par un Congrès représentant les 13 colonies
La proposition d’une Constitution fédérale par la Convention représentant les 13 colonies
La ratification de la Constitution fédérale par un Congrès représentant les 13 colonies

L’adoption de la Déclaration d’indépendance par un Congrès représentant les 13 colonies

Explication

La Déclaration d’indépendance a été adoptée à Philadelphie le 4 juillet 1776 par un Congrès représentant les 13 colonies britanniques. La proposition de Constitution fédérale date de 1787 et son entrée en vigueur de 1789.

54. Après leur indépendance, des colonies souhaitent conserver leurs constitutions propres tout en renforçant leur défense contre la puissance coloniale. Quelle évolution correspond à leur organisation ?

Elles deviennent des républiques à constitution commune, puis forment une Confédération en 1777
Elles deviennent des républiques à constitutions propres, puis adoptent une Constitution fédérale en 1777
Elles forment une Confédération en 1777, puis deviennent des républiques à constitutions propres
Elles deviennent des républiques à constitutions propres, puis forment une Confédération en 1777

Elles deviennent des républiques à constitutions propres, puis forment une Confédération en 1777

Explication

Après l’indépendance, les colonies se sont organisées en républiques dotées de constitutions propres, puis ont établi une Confédération en 1777 pour mieux se défendre. Une Constitution fédérale sera proposée plus tard, en 1787.

55. Lors d’une convention réunie à Philadelphie le 17 septembre 1787, quelle décision marque le dépassement du mandat initial de révision de l’accord de 1777 ?

Ratifier l’accord de 1777 plutôt que proposer une Constitution fédérale
Proposer une Constitution fédérale plutôt que se limiter à réviser l’accord de 1777
Mettre en vigueur la Constitution fédérale plutôt que réviser l’accord de 1777
Adopter la Déclaration d’indépendance plutôt que réviser l’accord de 1777

Proposer une Constitution fédérale plutôt que se limiter à réviser l’accord de 1777

Explication

Le 17 septembre 1787, la Convention de Philadelphie proposa une Constitution fédérale au lieu de se limiter à réviser l’accord de 1777. La Constitution n’est entrée en vigueur qu’en 1789; la Déclaration d’indépendance date de 1776.

56. Un président américain a déjà été réélu une fois depuis l’entrée en vigueur du 22e amendement en 1951. Combien de mandats supplémentaires peut-il obtenir par réélection ?

Un mandat supplémentaire de quatre ans
Deux mandats supplémentaires de quatre ans
Aucun mandat supplémentaire par réélection
Un mandat supplémentaire de deux ans

Aucun mandat supplémentaire par réélection

Explication

Le président est élu pour quatre ans et, depuis l’entrée en vigueur du 22e amendement en 1951, ne peut être réélu qu’une seule fois. Après une réélection, la limite est donc atteinte; la durée de quatre ans ne constitue pas une réélection supplémentaire.

57. En cours de mandat, le Président décède. Quelle conséquence s’applique à la fonction présidentielle ?

Le Congrès choisit un nouveau Président.
Le président du Sénat devient Président.
Une élection présidentielle est organisée.
Le Vice-Président lui succède.

Le Vice-Président lui succède.

Explication

En cas de décès ou d’empêchement du Président en cours de mandat, le Vice-Président lui succède. Le choix par le Congrès, l’élection immédiate et la succession par le président du Sénat ne correspondent pas à cette règle.

58. Depuis 1804, comment le Vice-Président est-il choisi lors de l’élection présidentielle ?

Il est nommé par le Président après l’élection, en fonction de leur complémentarité.
Il est élu parce qu’il arrive en deuxième position derrière le candidat présidentiel.
Il est élu sur le même ticket que le Président, en fonction notamment de leur complémentarité.
Il est choisi par le Sénat après chaque élection présidentielle.

Il est élu sur le même ticket que le Président, en fonction notamment de leur complémentarité.

Explication

Depuis 1804, le Président et le Vice-Président sont élus ensemble sur le même ticket, et la complémentarité contribue au choix du candidat vice-présidentiel. L’élection du candidat arrivé deuxième correspond à l’ancienne règle; la nomination présidentielle et le choix ordinaire par le Sénat sont des confusions.

59. Pendant que le Président exerce ses fonctions, quel rôle institutionnel caractérise le Vice-Président ?

Il préside la Chambre des représentants.
Il dirige le gouvernement comme un Premier ministre.
Il agit comme adjoint politique général du Président.
Il préside le Sénat, sans exercer de rôle politique général.

Il préside le Sénat, sans exercer de rôle politique général.

Explication

Le Vice-Président n’est ni un Premier ministre ni un adjoint politique général du Président; sa fonction institutionnelle notable est la présidence du Sénat. Le rôle de Premier ministre et celui d’adjoint général confondent sa fonction, tandis que la présidence de la Chambre attribue la fonction à une autre institution.

60. Le Président souhaite mettre fin aux fonctions d’un secrétaire fédéral, tandis que des membres du Congrès s’y opposent. Quelle règle s’applique ?

Le secrétaire ne peut être révoqué qu’après une destitution.
Le Président peut le révoquer après un nouvel accord du Sénat.
Le Congrès peut le révoquer malgré la décision du Président.
Le Président peut le révoquer; le Congrès ne peut pas le démettre.

Le Président peut le révoquer; le Congrès ne peut pas le démettre.

Explication

Les secrétaires sont révocables à tout moment par le Président et ne peuvent pas être démis par le Congrès. L’autorité de révocation du Congrès est erronée; l’accord du Sénat concerne la nomination, et la destitution n’est pas la règle indiquée.

61. Après une crise économique majeure et une guerre mondiale, les présidents prennent davantage d’initiatives dans les affaires intérieures et extérieures. Quelle évolution historique explique cette tendance ?

Le maintien des compétences des États a étendu les initiatives présidentielles.
La crise de 1929, la présidence de Roosevelt, la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide y ont contribué.
L’action du Congrès a transféré aux présidents l’initiative dans les deux domaines.
La guerre froide, à elle seule, explique l’extension des initiatives présidentielles.

La crise de 1929, la présidence de Roosevelt, la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide y ont contribué.

Explication

L’extension des initiatives présidentielles résulte de plusieurs facteurs historiques, notamment la crise de 1929, la présidence de Roosevelt, la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide. La guerre froide seule omet les autres facteurs; le rôle attribué au Congrès et le fédéralisme confondent des mécanismes distincts.

62. Un État fédéré adopte une règle de droit pénal dans son champ de compétence. De quel type de contrepoids s’agit-il ?

Du contrepoids vertical exercé par le fédéralisme.
Du contrepoids horizontal exercé par le Congrès.
Du contrôle juridictionnel exercé par la Cour suprême.
Du pouvoir de blocage exercé par le Président.

Du contrepoids vertical exercé par le fédéralisme.

Explication

Le fédéralisme constitue un contrepoids vertical, car les États conservent notamment une compétence législative de principe en matière pénale. Le Congrès est un contrepoids horizontal; le contrôle juridictionnel relève de la Cour suprême et le veto du Président.

63. Le Président souhaite faire adopter une loi et obtenir des crédits, mais le Congrès refuse. Quelle contrainte institutionnelle en découle ?

Il peut dissoudre le Congrès et convoquer de nouvelles élections législatives.
Il doit négocier avec le Congrès, qu’il ne peut dissoudre; son moyen de blocage est le veto.
Il peut écarter le Congrès et financer la mesure par décision présidentielle.
Il peut imposer la loi par veto et obtenir directement les crédits nécessaires.

Il doit négocier avec le Congrès, qu’il ne peut dissoudre; son moyen de blocage est le veto.

Explication

L’adoption des lois et l’octroi des crédits dépendent du Congrès; le Président doit donc négocier, ne peut pas dissoudre celui-ci et dispose du veto comme moyen de blocage. La dissolution, l’emploi du veto pour imposer une loi et l’octroi présidentiel direct de crédits sont des confusions.

64. Une réforme présidentielle repose sur un acte administratif dont la constitutionnalité est contestée. Quelle institution peut la remettre en cause par son contrôle ?

Le Congrès, par son contrôle de constitutionnalité.
La Cour suprême, par son contrôle de constitutionnalité.
Les États fédérés, par leur compétence législative.
Le Président, par l’exercice de son veto.

La Cour suprême, par son contrôle de constitutionnalité.

Explication

La Cour suprême peut remettre en cause des réformes présidentielles en contrôlant la constitutionnalité des lois et des actes administratifs. Le Congrès intervient dans le processus législatif, le veto est un pouvoir présidentiel de blocage, et les compétences étatiques ne constituent pas ce contrôle juridictionnel.

65. Après la défaite française face à la Prusse et la chute du Second Empire, quel événement a lieu à Paris le 4 septembre 1870 ?

La République est proclamée et un Gouvernement de Défense nationale est constitué
Un armistice est signé et une Assemblée constituante est constituée
Une Assemblée élue proclame la République et confie le pouvoir à Mac-Mahon
La monarchie est restaurée et un Gouvernement de Défense nationale est constitué

La République est proclamée et un Gouvernement de Défense nationale est constitué

Explication

Le 4 septembre 1870, après la chute du Second Empire à la suite de la guerre contre la Prusse, la République est proclamée à Paris et un Gouvernement de Défense nationale est constitué. L’armistice de janvier, l’Assemblée de février et Mac-Mahon correspondent à des étapes ultérieures.

66. Quel portrait correspond à l’Assemblée élue le 8 février 1871 au suffrage universel direct masculin ?

Près de 400 monarchistes, un peu plus de 250 républicains et une vingtaine de bonapartistes, élus par les femmes et les hommes
Une vingtaine de monarchistes, un peu plus de 250 républicains et près de 400 bonapartistes
Un peu plus de 250 monarchistes, près de 400 républicains et une vingtaine de bonapartistes
Près de 400 monarchistes, un peu plus de 250 républicains et une vingtaine de bonapartistes

Près de 400 monarchistes, un peu plus de 250 républicains et une vingtaine de bonapartistes

Explication

Sur environ 670 élus, l’Assemblée compte près de 400 monarchistes, un peu plus de 250 républicains et une vingtaine de bonapartistes. L’inversion des deux groupes principaux et la surévaluation des bonapartistes déforment les résultats ; le scrutin est masculin.

67. En novembre 1873, une loi attribue temporairement le pouvoir exécutif au maréchal de Mac-Mahon. Quelle durée la loi du Septennat fixe-t-elle ?

Trois ans
Cinq ans
Sept ans
Un an

Sept ans

Explication

La loi du Septennat du 20 novembre 1873 confie le pouvoir exécutif à Mac-Mahon pour sept ans. Cinq ans et trois ans sont des durées distinctes, tandis qu’un an ne correspond pas à cette loi.

68. Sous la IIIe République, un acte présidentiel est contesté alors qu’un ministre l’a contresigné et que le Gouvernement doit répondre de sa politique devant le Parlement. Quelle règle s’applique ?

Le président est irresponsable sauf haute trahison, et ses actes n’exigent pas de contreseing ministériel
Le président répond politiquement devant le Parlement, tandis que le Gouvernement est irresponsable
Le président est irresponsable sauf haute trahison, ses actes sont contresignés et le Gouvernement répond devant le Parlement
Le président et le Gouvernement répondent politiquement devant le Parlement pour chaque acte présidentiel

Le président est irresponsable sauf haute trahison, ses actes sont contresignés et le Gouvernement répond devant le Parlement

Explication

Le président est irresponsable sauf en cas de haute trahison, ses actes doivent être contresignés par un ministre et le Gouvernement est politiquement responsable devant le Parlement. L’irresponsabilité du président ne supprime pas le contreseing et ne transfère pas sa responsabilité politique au chef de l’État.

69. Lors du référendum du 21 octobre 1945, quelle décision recueille l’approbation de 95 % des votants ?

Faire de l’Assemblée élue le même jour une assemblée constituante
Adopter la première proposition constitutionnelle élaborée en 1946
Faire de l’Assemblée élue une assemblée chargée de promulguer la Constitution
Fixer l’organisation provisoire des pouvoirs publics par un texte joint

Faire de l’Assemblée élue le même jour une assemblée constituante

Explication

Le référendum du 21 octobre 1945 décide, avec 95 % d’approbation, que l’Assemblée élue le même jour sera constituante. L’organisation provisoire des pouvoirs publics recueille une approbation distincte de 65 %.

70. Une proposition constitutionnelle adoptée par l’Assemblée en avril 1946 crée un Parlement monocaméral puissant. Quel résultat subit-elle lors du référendum du 5 mai 1946 ?

Elle est rejetée par environ 10,5 millions de voix contre 9,5 millions
Elle est adoptée par environ 10,5 millions de voix contre 9,5 millions
Elle est rejetée par environ 9,5 millions de voix contre 10,5 millions
Elle est adoptée par référendum le 13 octobre 1946

Elle est rejetée par environ 10,5 millions de voix contre 9,5 millions

Explication

La première proposition, qui prévoyait un Parlement monocaméral puissant, est rejetée le 5 mai 1946 par environ 10,5 millions de voix contre 9,5 millions. Le scrutin d’octobre concerne la Constitution finalement adoptée, et non cette première proposition.

71. Après la révision constitutionnelle du 7 décembre 1954, quelle procédure d’investiture s’applique au Gouvernement ?

Une investiture collective du Gouvernement à la majorité simple
Une investiture collective du Gouvernement à la majorité absolue
Une double investiture individuelle des ministres à la majorité absolue
Une investiture collective du Gouvernement par le Conseil de la République

Une investiture collective du Gouvernement à la majorité simple

Explication

La révision de 1954 remplace la double investiture par une investiture collective du Gouvernement à la majorité simple. La majorité absolue et le transfert au Conseil de la République ne correspondent pas à la règle établie par cette révision.

72. Pour distinguer les deux chambres de la IVe République, quel profil décrit correctement leurs modes et durées d’élection ?

Les 619 députés sont élus au suffrage indirect pour cinq ans ; les 315 conseillers, au suffrage direct pour six ans, renouvelés par moitié tous les trois ans
Les 619 députés sont élus au suffrage direct pour cinq ans ; les 315 conseillers, au suffrage indirect pour six ans, renouvelés par moitié tous les trois ans
Les 619 députés sont élus au suffrage direct pour six ans ; les 315 conseillers, au suffrage indirect pour cinq ans, renouvelés par moitié tous les trois ans
Les 619 députés sont élus au suffrage direct pour cinq ans ; les 315 conseillers, au suffrage indirect pour six ans, tous renouvelés tous les trois ans

Les 619 députés sont élus au suffrage direct pour cinq ans ; les 315 conseillers, au suffrage indirect pour six ans, renouvelés par moitié tous les trois ans

Explication

L’Assemblée nationale compte 619 députés élus au suffrage direct pour cinq ans. Le Conseil de la République compte 315 membres élus au suffrage indirect pour six ans et renouvelés par moitié tous les trois ans ; les confusions portent ici sur le mode de scrutin, la durée ou le renouvellement.

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Quelles fonctions le droit remplit-il dans une société ?

Il régit, organise et pacifie les rapports entre les individus.

Quels rapports le droit privé gouverne-t-il ?

Les rapports entre particuliers ou avec des collectivités privées.

Dans quel manuel se trouve la définition du droit constitutionnel inspirée de PréloT et Boulouis ?

Dans *Institutions Politiques et droit Constitutionnel*.

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