Fiche de révision : Droit commercial : commerçant et patrimoine

Plan du Cours

  1. Définition et évolution historique
  2. Sources du droit commercial
  3. Particularités et rapprochement des droits
  4. Identification des actes de commerce
  5. Régime des actes commerciaux
  6. Exceptions et inexécution des obligations commerciales
  7. Régime des actes mixtes
  8. Identification du commerçant
  9. Patrimoine de l’entrepreneur individuel
  10. Sociétés et accès au commerce
  11. Accès et immatriculation au commerce
  12. Contentieux commercial et compétence
  13. Arbitrage et règlement privé
  14. Composition et nature du fonds
  15. Location-gérance du fonds
  16. Effets de la location-gérance
  17. Cession du fonds de commerce
  18. Conditions du bail commercial

Repères chronologiques

  1. 1673L'ordonnance de Savary, appelée code Savary, porte sur le commerce de terre.
  2. 2 et 17 mars 1791Le décret d'Allarde proclame la liberté du commerce et de l'industrie.
  3. 1807Le code de commerce français a été adopté sous Napoléon Ier.
  4. 18 septembre 2000Une recodification du code de commerce rassemble des textes développés en dehors de l'ancien code.
  5. 2008La prescription civile est alignée sur la prescription commerciale et est fixée à cinq ans.

1. Définition et évolution historique

Notions clés & Définitions

  • Droit commercial : Régit les commerçants et les actes de commerce, à l'exclusion de principe des artisans, professions libérales et agriculteurs.
  • Lettre de change : Instrument de paiement permettant de payer un créancier au moyen d'une créance détenue sur une autre personne.
  • Avarie commune : Technique permettant de mutualiser le risque de perte de marchandises en instituant une solidarité entre les propriétaires des navires et ceux des marchandises.

Points essentiels

  • Les premières traces de pratiques commerciales remontent à la Mésopotamie, notamment aux tablettes de Warka datées d'environ 2000 ans avant notre ère et au code d'Hammourabi daté d'environ 1700 avant notre ère.

Astuce mémo

Antiquité → Moyen Âge → ordonnances royales → Révolution → codification

2. Sources du droit commercial

Notions clés & Définitions

  • Usage commercial : Pratique ou comportement communément adopté dans un milieu professionnel donné, reposant sur une répétition et une acceptation par les acteurs de la vie des affaires.

★ À maîtriser

  • L'article 34 de la Constitution réserve à la loi la détermination des principes fondamentaux des obligations commerciales, tandis que l'article 38 permet de légiférer par ordonnance lorsque ses conditions sont réunies.

  • L'article 55 de la Constitution prévoit qu'un traité international ratifié prime une règle de droit interne.

  • Les usages conventionnels reposent sur la volonté supposée des parties et sont supplétifs, tandis que les usages de droit ont une force contraignante équivalente à celle d'une loi.

  • Les usages de droit comprennent: les usages secundum legem, qui secondent la loi, les usages praeter legem, autonomes par rapport à la loi, les usages contra legem, qui dérogent à une loi impérative

Compléments

  • Un parère est un document officiel émanant d'une autorité compétente et attestant l'existence d'un usage conventionnel.

Astuce mémo

Sources publiques imposées par les pouvoirs publics, usages privés issus des commerçants

3. Particularités et rapprochement des droits

★ À maîtriser

  • Les caractéristiques essentielles du droit commercial sont:

    • la rapidité
    • la simplicité
    • l'efficacité
    • la confiance
    • la sévérité
  • L'extension des procédures collectives a concerné:

    • les personnes morales et civiles en 1967
    • les artisans en 1985
    • les agriculteurs en 1988
    • les professions libérales en 2005

Compléments

📌 En matière commerciale, les clauses limitant les pouvoirs du dirigeant ne produisent pas d'effets à l'égard des tiers.

Astuce mémo

Rapiditié, confiance et efficacité → règles commerciales spécifiques

4. Identification des actes de commerce

Notions clés & Définitions

  • Courtage : Opération par laquelle un intermédiaire met en relation deux ou plusieurs personnes en vue de conclure un contrat sans participer à sa conclusion.
  • Lettre de change : Acte de commerce par la forme, indépendamment de son objet ou de la qualité de la personne qui l'endosse.

★ À maîtriser

📌 Les actes objectivement commerciaux sont commerciaux en raison de leur nature ou de leur forme, tandis que les actes subjectivement commerciaux le deviennent en raison du contexte professionnel dans lequel ils sont accomplis.

📌 L'achat d'un bien meuble ou immeuble en vue de sa revente et dans un but de profit constitue un acte de commerce, même s'il est isolé.

  • Les opérations de banque comprennent:

    • la réception de fonds remboursables du public
    • les opérations de crédit
    • les services bancaires de paiement
  • Les sociétés commerciales par la forme sont:

    • les sociétés en nom collectif
    • les sociétés en commandite simple
    • les SARL
    • les SA
    • les SAS
    • les SCA

📌 Un acte civil peut devenir commercial par accessoire lorsqu'il est accompli par un commerçant pour les besoins de son commerce.

Compléments

  • L'achat d'un immeuble en vue de sa revente est un acte de commerce, sauf lorsque l'acquéreur entend seulement édifier un ou plusieurs bâtiments pour les vendre en bloc ou par locaux, comme le promoteur immobilier.

📌 La cession de droits sociaux est commerciale lorsqu'elle a pour objet et pour effet de changer le contrôle de la société ou lorsqu'elle permet de maintenir ce contrôle.

Astuce mémo

Acte objectif : l'opération compte ; acte subjectif : l'entreprise et son auteur comptent

5. Régime des actes commerciaux

Notions clés & Définitions

  • Solidarité passive : Permet à un créancier de demander le paiement total de la dette à l'un quelconque des codébiteurs, le paiement par l'un libérant les autres.

Points essentiels

  • Les contestations relatives aux actes de commerce relèvent en principe de la compétence du tribunal de commerce.

  • Selon l'article L110-3 du code de commerce, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens à l'égard des commerçants, sauf disposition légale contraire.

  • Les formes ad probationem sont exigées pour faciliter la preuve de l'acte, tandis que les formes ad validitatem conditionnent sa validité même.

  • En matière commerciale, la solidarité passive entre codébiteurs est présumée, y compris lorsque les actes de commerce sont accomplis par des non-commerçants.

Astuce mémo

Liberté de preuve commerciale, formalisme civil ou protecteur

6. Exceptions et inexécution des obligations commerciales

Notions clés & Définitions

  • Solidarité : Modalité de l’obligation comportant plusieurs sujets et empêchant sa division, de sorte qu’un créancier peut demander le paiement total à un seul codébiteur et que le paiement par l’un libère les autres.
  • Acte mixte : Commercial pour une partie et civil pour l’autre, notamment lorsqu’il est conclu entre un commerçant et un non-commerçant.

Points essentiels

  • Les formes prescrites ad probationem imposent un écrit pour faciliter la preuve de certains contrats, notamment les contrats de transport terrestre de marchandises.

  • Les formes prescrites ad validitatem imposent un écrit ou des mentions particulières dont dépend la validité de l’acte, parfois sous peine de nullité.

  • En matière civile, la solidarité est légale ou conventionnelle et ne se présume pas en vertu des articles 1310 et 1313 du Code civil.

  • En matière commerciale, la solidarité passive entre débiteurs est présumée, mais cette présomption simple peut être écartée par le contrat et la solidarité active doit être expressément prévue.

  • Depuis la loi du 17 juin 2008, le délai de prescription de droit commun en matière civile et commerciale est de cinq ans, tandis que celui des baux commerciaux est de deux ans selon l’article L145-60 du Code de commerce.

Astuce mémo

Ad probationem prouve l’acte, ad validitatem le rend valable

7. Régime des actes mixtes

★ À maîtriser

  • Dans le régime dualiste des actes mixtes, chaque partie est soumise aux règles correspondant à la nature de son engagement : le droit commercial pour la partie tenue commercialement et le droit civil pour l’autre.

  • Lorsque le défendeur est non-commerçant, le demandeur doit saisir une juridiction civile, tandis que lorsque le défendeur est commerçant, le demandeur dispose d’une option entre juridiction civile et juridiction commerciale.

  • Une clause attributive de compétence territoriale est réputée non écrite, sauf si toutes les parties ont contracté comme commerçantes et si la clause a été spécifiée de manière très apparente conformément à l’article 48 du Code de procédure civile.

  • La preuve est libre contre un commerçant en vertu de l’article L110-3 du Code de commerce, mais un écrit est exigé en matière civile lorsque l’obligation dépasse 1500 euros selon l’article 1359 du Code civil.

Compléments

📌 Une clause compromissoire n’est valable dans un acte mixte que si elle est insérée dans un contrat conclu à raison d’une activité professionnelle, et elle est inopposable à la partie non professionnelle.

Astuce mémo

Le commerçant relève du commercial, le non-commerçant du civil

8. Identification du commerçant

Notions clés & Définitions

  • Commerçant : Celui qui exerce des actes de commerce et en fait sa profession habituelle conformément à l’article L121-1 du Code de commerce.

★ À maîtriser

📌 L’activité commerciale doit être exercée habituellement, à titre professionnel, dans un but lucratif et de manière indépendante.

  • L’indépendance du commerçant est une indépendance juridique impliquant qu’il exploite son activité à ses risques et périls, ce qui exclut notamment les salariés et les VRP.

📌 Le commerçant de droit remplit les conditions de l’article L121-1 et est immatriculé au RCS, tandis que le commerçant de fait remplit ces conditions sans être immatriculé.

📌 Le commerçant de fait supporte toutes les charges et obligations du commerçant de droit, mais ne peut invoquer les avantages attachés à ce statut selon l’article L123-8 du Code de commerce.

Compléments

📌 Depuis la loi Pacte de 2019, le chef d’entreprise doit déclarer le statut de son conjoint et, en l’absence de déclaration, le conjoint est soumis au statut de conjoint salarié.

  • Depuis 2021, le statut de conjoint collaborateur ne peut être choisi pour une durée supérieure à cinq ans.

Astuce mémo

Activité commerciale, habitude, profession et indépendance

9. Patrimoine de l’entrepreneur individuel

Notions clés & Définitions

  • Unicité du patrimoine : Principe selon lequel une personne ne possède qu’un seul patrimoine servant de gage à l’ensemble de ses créanciers, conformément à l’article 2284 du Code civil.

★ À maîtriser

  • La loi du 14 février 2022 a instauré pour l’entrepreneur individuel une séparation de plein droit entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel, applicable à compter du 15 mai 2022.

  • Le patrimoine professionnel de l’entrepreneur individuel comprend les biens utiles à son activité professionnelle, tandis que les biens qui n’y sont pas utiles relèvent de son patrimoine personnel.

  • Les créanciers professionnels ne peuvent en principe poursuivre que le patrimoine professionnel et les créanciers personnels que le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel.

  • Lorsque l’entrepreneur individuel cesse toute activité professionnelle indépendante ou décède, son patrimoine professionnel et son patrimoine personnel sont réunis sous réserve des articles L631-3 et L640-3 du Code de commerce.

Compléments

📌 L’entrepreneur individuel peut renoncer à la séparation des patrimoines à la demande d’un créancier professionnel pour un engagement déterminé, après un délai de réflexion de sept jours pouvant être réduit à trois jours sous condition.

  • L’entrepreneur individuel peut transmettre l’intégralité de son patrimoine professionnel à titre onéreux, à titre gratuit entre vifs ou par apport en société sans le liquider, sous les conditions prévues par les articles L526-27 et L526-30 du Code de commerce.

Astuce mémo

Patrimoine professionnel séparé → protection des créanciers personnels

10. Sociétés et accès au commerce

Notions clés & Définitions

  • Société commerciale : Personne morale qui exerce une activité commerciale et dispose d’un patrimoine, de dettes et de créanciers distincts de ceux de ses associés.
  • Groupement d’intérêt économique : Structure qui facilite ou développe l’activité économique de ses membres et améliore ou accroît les résultats de cette activité selon l’article L251-1 du Code de commerce.

★ À maîtriser

  • Dans une société à risque limité, les associés répondent des dettes sociales à hauteur de leurs apports, tandis que dans une société à risque illimité, ils sont tenus indéfiniment des dettes sociales.

  • La liberté d’entreprendre permet à toute personne physique ou morale d’exercer l’activité commerciale ou industrielle de son choix, mais elle peut être limitée par la loi, l’intérêt général ou une convention.

  • Un mineur non émancipé ne peut pas être commerçant, tandis qu’un mineur émancipé peut le devenir avec l’autorisation du juge des tutelles ou du président du tribunal judiciaire.

  • Une clause de non-concurrence valable doit être:

    • limitée quant à l’activité interdite
    • limitée dans le temps
    • limitée dans l’espace
    • proportionnée à l’objectif recherché

Compléments

  • La loi du 11 juillet 1985 a permis la création d’une société unipersonnelle sous la forme de l’EURL, puis la loi du 11 juillet 1999 a créé la SASU.

Astuce mémo

Liberté d’entreprendre, mais incapacités et restrictions

11. Accès et immatriculation au commerce

Notions clés & Définitions

  • Registre national des entreprises : Registre unique dématérialisé tenu par l’INPI, créé dans le cadre de la loi Pacte de 2019 pour simplifier les formalités.

★ À maîtriser

  • Les clauses de non-concurrence sont valables si elles portent sur une activité précisément définie, sont limitées dans le temps et dans l’espace, et restent proportionnées à l’objectif recherché.

  • L’immatriculation au RCS doit être demandée au plus tôt un mois avant le début de l’activité et au plus tard quinze jours après celui-ci.

  • L’immatriculation d’une personne physique au RCS fait présumer sa qualité de commerçant, tandis que l’immatriculation d’une personne morale marque le début de sa personnalité juridique sans créer une présomption de commercialité.

Compléments

  • En cas de violation d’une clause de non-concurrence, la partie victime peut saisir le juge, qui peut interdire la poursuite de l’activité sous astreinte, notamment en référé.

Astuce mémo

Immatriculation → information des tiers → opposabilité

12. Contentieux commercial et compétence

★ À maîtriser

  • Le juge judiciaire est le juge de droit commun du contentieux privé, tandis que le tribunal de commerce n’est compétent que lorsqu’un texte lui attribue compétence.

  • La compétence territoriale appartient en principe à la juridiction du domicile du défendeur, ou au siège social lorsque le défendeur est une personne morale.

  • Les clauses attributives de compétence territoriale sont valables entre commerçants si elles sont très apparentes dans l’engagement de la partie à laquelle elles sont opposées.

  • La compétence matérielle ne peut en principe pas être aménagée conventionnellement en matière commerciale, et une clause insérée dans un acte mixte est inopposable au défendeur non commerçant.

Compléments

  • Les juges consulaires sont des commerçants, artisans ou représentants de sociétés commerciales élus par des représentants du monde professionnel et exercent leurs fonctions bénévolement.

Astuce mémo

Juge judiciaire de droit commun ≠ tribunal de commerce spécialisé

13. Arbitrage et règlement privé

Notions clés & Définitions

  • Arbitrage : Pratique par laquelle les parties confient à une personne privée le soin de trancher leur litige en dehors des juridictions étatiques.

★ À maîtriser

📌 La clause compromissoire concerne les litiges qui pourraient naître d’un contrat, tandis que le compromis soumet à l’arbitrage un litige déjà né.

  • Une sentence arbitrale peut être rendue, faire l’objet d’un recours en annulation, puis recevoir l’exequatur du juge de l’exécution afin de pouvoir être exécutée de force.

Compléments

📌 La convention d’arbitrage doit être écrite, mais depuis 2011 elle n’a plus besoin de désigner les arbitres ni de préciser leurs modalités de désignation.

Astuce mémo

Convention → arbitre → sentence → exequatur

14. Composition et nature du fonds

Notions clés & Définitions

  • Fonds de commerce : Bien meuble incorporel composé de biens meubles corporels et incorporels, sans comprendre d’immeuble.

★ À maîtriser

  • La clientèle est l’élément indispensable du fonds de commerce : sans clientèle réelle et certaine, il n’existe pas de fonds de commerce.

  • Le brevet confère un droit exclusif d’exploitation d’une invention nouvelle susceptible d’application industrielle pendant vingt ans, sans renouvellement possible.

Compléments

📌 La clientèle correspond à une relation commerciale relativement stable avec le commerçant, tandis que l’achalandage désigne traditionnellement les clients de passage attirés par le lieu du commerce.

  • La marque est protégée par son enregistrement à l’INPI pendant dix ans, avec un renouvellement indéfini.

  • Les dessins et modèles protègent l’apparence originale d’un produit pendant cinq ans à compter du dépôt, avec des prorogations de cinq ans dans la limite de vingt-cinq ans.

Astuce mémo

Un portefeuille de biens meubles, dont la clientèle est le cœur

15. Location-gérance du fonds

Notions clés & Définitions

  • Location-gérance : Contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce en concède totalement ou partiellement l’exploitation à un gérant qui l’exploite à ses risques et périls.

★ À maîtriser

📌 Le contrat de location-gérance doit être publié dans un registre d’annonces légales dans les quinze jours de sa conclusion.

📌 Jusqu’à la publication du contrat de location-gérance, le loueur est solidairement responsable des dettes contractées par le locataire-gérant relativement à l’exploitation du fonds.

Compléments

📌 Les créanciers du propriétaire peuvent demander au tribunal de commerce l’exigibilité immédiate de leurs créances dans les trois mois suivant la publication de la mise en location-gérance lorsque celle-ci met en péril leur recouvrement.

Astuce mémo

Contrat → publicité → exploitation par le locataire-gérant → responsabilités

16. Effets de la location-gérance

Notions clés & Définitions

  • Garantie d’éviction : Oblige le bailleur à assurer au locataire-gérant la jouissance paisible du fonds et à ne pas le concurrencer personnellement, sans l’obliger à le protéger contre la concurrence des tiers.

★ À maîtriser

  • Les créanciers peuvent demander au tribunal de commerce de déclarer leurs créances immédiatement exigibles si la location-gérance met en péril leur recouvrement, dans les trois mois suivant la publication du contrat.

  • Jusqu’à la publication du contrat, le bailleur est solidairement tenu des dettes contractées par le locataire-gérant relativement à l’exploitation du fonds, lorsque ces dettes sont nécessaires à cette exploitation. — Ch.com, 8 janvier 1980

  • Le locataire-gérant doit exploiter le fonds conformément à sa destination, le faire fructifier et ne peut pas le sous-louer sauf autorisation contractuelle.

  • À la fin de la location-gérance, les dettes du locataire-gérant deviennent immédiatement exigibles, mais le propriétaire n’est pas tenu de reprendre ses marchandises. — Art L144-9

Compléments

📌 Le locataire-gérant et le propriétaire du fonds sont solidairement tenus au paiement des impôts directs pendant toute la durée du contrat.

Astuce mémo

Le bailleur garantit le fonds, tandis que le locataire-gérant l’exploite et le fait fructifier.

17. Cession du fonds de commerce

Notions clés & Définitions

  • Cession du fonds de commerce : Opération par laquelle le propriétaire, appelé cédant, transfère ce fonds à titre onéreux à un acquéreur, appelé cessionnaire.

★ À maîtriser

📌 La cession d’un fonds de commerce est un acte de commerce pour le cédant et le cessionnaire, et un époux marié sous un régime de communauté ne peut céder le fonds sans le consentement de son conjoint.

📌 Le prix de cession doit être déterminé ou déterminable et ne doit pas être dérisoire ; les droits de mutation sont de 0 % jusqu’à 23 000 €, de 2 % entre 23 000 et 107 000 €, de 0,60 % entre 107 000 et 200 000 €, et de 2,6 % au-delà de 200 000 €.

  • La cession doit être publiée dans les quinze jours au BODACC et dans un journal d’annonces légales, puis le prix reste indisponible pendant dix jours afin de permettre aux créanciers de former opposition.

📌 Le cédant doit informer les salariés au plus tard deux mois avant la cession afin qu’ils puissent présenter une offre, et le défaut d’information expose à une amende civile pouvant atteindre 2 % du prix de vente.

📌 Le cédant garantit le cessionnaire contre les vices cachés et doit agir dans les deux ans suivant la découverte du vice, tandis que le cédant doit aussi garantir la possession paisible et s’abstenir de concurrencer le cessionnaire.

Compléments

📌 Le privilège du vendeur doit être inscrit au greffe du tribunal de commerce dans les trente jours suivant l’acte pour être opposable aux tiers, et il est valable dix ans renouvelables.

Astuce mémo

Conditions, publicité, effets : former, informer, transférer.

18. Conditions du bail commercial

Notions clés & Définitions

  • Bail commercial : Contrat par lequel le bailleur assure au locataire, propriétaire d’un fonds de commerce, la jouissance des lieux en contrepartie d’un loyer.

Points essentiels

  • Le bailleur mineur non émancipé ou majeur sous tutelle ne peut pas conclure seul un bail commercial avec droit au renouvellement, sauf autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille.

  • Le preneur doit en principe être un commerçant immatriculé au RCS, mais le propriétaire qui a donné son fonds en location-gérance n’a pas besoin d’être immatriculé pour bénéficier du statut.

  • Le bail commercial porte sur un immeuble ou un local fixe destiné à l’exercice d’une activité commerciale et capable de capter la clientèle, les constructions mobiles ou démontables étant exclues sauf construction édifiée avec l’accord du propriétaire du terrain.

  • Le bail commercial doit en principe durer au moins neuf ans, le preneur pouvant le résilier à chaque période triennale. — Art L145-4 al 1

  • Le bail dérogatoire dure au maximum trois ans, tandis que la convention d’occupation précaire repose sur une cause objective de précarité indépendante de la seule volonté des parties.

  • Depuis la loi Pinel, un état des lieux d’entrée et de sortie est obligatoire et son absence empêche le bailleur de se prévaloir de la présomption de réception des locaux en bon état.

  • La déspécialisation partielle permet au preneur d’ajouter une activité connexe ou complémentaire après information du bailleur, qui dispose de deux mois pour contester.

  • La déspécialisation totale permet l’adjonction ou la substitution d’une activité différente, mais le preneur doit demander l’autorisation du bailleur, qui dispose de trois mois pour répondre.

  • Le preneur peut céder son bail avec son fonds de commerce, et le bailleur ne peut pas interdire cette cession mais peut exiger une garantie du preneur initial, l’agrément du nouveau preneur ou son intervention à l’acte.

  • En cas de non-paiement du loyer, le bailleur ne peut pas résilier directement le bail commercial : il doit délivrer un commandement de payer laissant au preneur un délai d’un mois pour s’exécuter.

  • La révision triennale du loyer est plafonnée par la variation de l’indice trimestriel des loyers commerciaux ou de l’indice trimestriel des activités tertiaires, sauf hausse de plus de 10 % de la valeur locative due à une modification des facteurs locaux de commercialité.

  • La révision triennale du loyer commercial est plafonnée par la variation de l’indice trimestriel des loyers commerciaux ou de l’indice trimestriel des activités tertiaires, conformément à l’article L145-38 du Code de commerce et à l’article L112-2 du Code monétaire et financier.

  • Le plafonnement de la révision triennale est écarté lorsque la valeur locative a augmenté de plus de 10 % en raison d’une modification des facteurs locaux de commercialité, mais l’augmentation du loyer ne peut alors dépasser 10 % par an jusqu’à atteindre la nouvelle valeur locative.

  • Une clause d’échelle mobile fait varier périodiquement le loyer selon un indice en lien avec l’activité du commerçant et n’est valable que si elle permet une variation à la hausse comme à la baisse.

  • À la fin du bail commercial, le locataire peut demander le renouvellement six mois avant le terme par acte extrajudiciaire, le bailleur peut donner congé six mois avant le terme en motivant sa décision, ou l’absence de manifestation des parties entraîne la tacite reconduction en bail à durée indéterminée.

Astuce mémo

Bail commercial : bailleur capable, preneur commerçant, local exploitable, durée protégée.

Tableaux de synthèse

Types d'actes de commerce

TypeCritèreExemple
Par natureNature de l'opérationAchat-revente
Par la formeForme de l'acteLettre de change
Par accessoireLien avec une obligation commercialeCautionnement d'une dette commerciale
SubjectifActivité de l'entreprise ou qualité du commerçantEntreprise de transport

Statuts du conjoint du commerçant

StatutCaractéristiqueProtection ou limite
Conjoint salariéTravail rémunéré dans un lien de travailProtection sociale
Conjoint associéParticipation à une société exploitant l’activitéResponsabilité liée aux apports
Conjoint collaborateurActivité régulière sans rémunérationDurée maximale de cinq ans

Teste tes connaissances

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1. Concernant la définition et l'évolution historique du droit commercial :

2. Parmi les propositions suivantes concernant la lettre de change, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Droit commercial : commerçant et patrimoine avec 91 flashcards interactives.

Qu'impose le droit commercial selon sa définition ?

Il régit les commerçants et les actes de commerce.

Qu'exclut le droit commercial de son champ d'application ?

Les artisans, professions libérales et agriculteurs.

Où trouve-t-on les premières traces de pratiques commerciales ?

En Mésopotamie, notamment aux tablettes de Warka.

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