QCM : Droit constitutionnel et État (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une loi porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Quel mécanisme permet à un juge de vérifier cette loi et de la sanctionner si elle méconnaît la Constitution ?

La révision législative ordinaire
Le contrôle parlementaire préalable
Le contrôle de constitutionnalité
Le contrôle de légalité réglementaire

Le contrôle de constitutionnalité

Explication

Le contrôle de constitutionnalité permet à un juge de vérifier la conformité des lois à la Constitution et de sanctionner celles qui la méconnaissent. Le contrôle de légalité porte sur les règlements, la révision législative modifie la loi et le contrôle parlementaire n’est pas le mécanisme juridictionnel décrit.

2. Pourquoi la plupart des États européens ont-ils inscrit les droits et libertés dans leur Constitution après la Seconde Guerre mondiale ?

Pour protéger les droits contre des majorités parlementaires susceptibles d’adopter des lois liberticides
Pour limiter les droits fondamentaux aux périodes où le Parlement ne siège pas
Pour permettre aux majorités parlementaires de modifier plus aisément les droits protégés
Pour transférer aux électeurs le pouvoir de contrôler la conformité des lois

Pour protéger les droits contre des majorités parlementaires susceptibles d’adopter des lois liberticides

Explication

L’inscription des droits dans la Constitution vise à les mettre à l’abri de majorités parlementaires qui pourraient adopter des lois liberticides. La simplification des procédures, le renforcement du législateur et le contrôle direct par les électeurs ne correspondent pas à ce motif.

3. Dans une organisation politique, les gouvernants exercent le pouvoir au nom d’une entité abstraite distincte de leur personne. À quel modèle cette caractéristique correspond-elle ?

À un régime successoral, où le pouvoir se transmet par héritage
À la société féodale, où la terre fonde le pouvoir
À l’organisation féodale, où le pouvoir est individualisé
À l’État moderne, où le pouvoir est institutionnalisé

À l’État moderne, où le pouvoir est institutionnalisé

Explication

Dans l’État moderne, le pouvoir est institutionnalisé et exercé au nom de l’État, entité abstraite distincte des gouvernants. Le pouvoir personnel et la transmission liée à la terre ou à l’héritage renvoient à des traits de l’organisation féodale.

4. Quelle définition décrit l’État comme structure juridique et politique des communautés humaines contemporaines ?

Une juridiction chargée de contrôler la conformité des lois
Une communauté politique organisée autour de la détention de la terre
Un groupe de personnes physiques qui gouvernent en leur nom propre
Une structure qui organise et encadre les communautés humaines contemporaines

Une structure qui organise et encadre les communautés humaines contemporaines

Explication

L’État est une structure juridique et politique qui organise et encadre les communautés humaines contemporaines. Le groupe de gouvernants, la détention de la terre et la juridiction de contrôle désignent des notions distinctes.

5. En droit constitutionnel, que désigne la souveraineté de l’État ?

La puissance suprême de commandement exercée par l’État au moyen de son appareil politique et juridique
La volonté commune des individus qui partagent une langue, une histoire ou une culture
L’espace géographique délimité par des frontières où réside une communauté humaine
Le patrimoine matériel de l’État, composé des biens détenus par ses gouvernants et ses institutions

La puissance suprême de commandement exercée par l’État au moyen de son appareil politique et juridique

Explication

La souveraineté désigne la puissance suprême de commandement appartenant à l’État et exercée par son appareil politique et juridique. Le territoire, contrairement à un patrimoine, est l’espace où cette puissance s’exerce.

6. Quelle décision du Conseil constitutionnel affirme que les éléments du bloc de constitutionnalité ont tous la même valeur constitutionnelle ?

La décision Interruption volontaire de grossesse du 15 janvier 1975
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971
La décision Taxation d’office du 27 décembre 1973
La décision Loi de nationalisation du 16 janvier 1982

La décision Loi de nationalisation du 16 janvier 1982

Explication

Dans la décision Loi de nationalisation, le Conseil constitutionnel affirme qu’aucune hiérarchie ne peut être établie a priori entre les éléments du bloc. La décision Liberté d’association reconnaît plutôt la valeur constitutionnelle du préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie.

7. Quelle fonction le principe de non-ingérence remplit-il dans les relations entre États ?

Imposer une coordination entre États dans la définition de leurs politiques économiques
Permettre aux organisations internationales de remplacer les autorités nationales
Protéger l’indépendance de chaque État en empêchant les interventions dans ses affaires intérieures
Organiser le transfert de compétences nationales vers les institutions supranationales

Protéger l’indépendance de chaque État en empêchant les interventions dans ses affaires intérieures

Explication

Le principe de non-ingérence vise à préserver l’indépendance des États en interdisant en principe qu’un État intervienne dans les affaires d’un autre. Le transfert de compétences vers des institutions supranationales correspond plutôt à une limitation consentie de la souveraineté par l’adhésion à un système juridique.

8. À quelle période le traité de la CECA, présenté comme l’origine de l’Union européenne, a-t-il été conclu ?

En 1957, lors de la création de la CEE
En 1992, avec le traité de Maastricht
En 2009, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne
En 1951, au début de la construction européenne

En 1951, au début de la construction européenne

Explication

Le traité instituant la CECA date de 1951 et constitue le point de départ de l’Union européenne décrit dans le cours. Le traité de Maastricht, en 1992, marque une étape ultérieure et ne correspond pas à cette origine.

9. En quoi la définition matérielle d’une Constitution diffère-t-elle de sa définition formelle ?

La première décrit la place de la Constitution dans la hiérarchie juridique, tandis que la seconde concerne exclusivement les compétences des organes de l’État.
La première désigne les règles coutumières, tandis que la seconde désigne les pratiques politiques qui influencent leur application.
La première concerne les organes politiques, tandis que la seconde porte sur les droits fondamentaux qu’ils doivent respecter.
La première concerne son contenu et ses prescriptions, tandis que la seconde porte sur les caractéristiques de l’acte, notamment son adoption et sa modification.

La première concerne son contenu et ses prescriptions, tandis que la seconde porte sur les caractéristiques de l’acte, notamment son adoption et sa modification.

Explication

La définition matérielle s’attache aux règles que la Constitution énonce, alors que la définition formelle examine les caractéristiques de l’acte constitutionnel et sa place dans l’ordre juridique. Les compétences des organes relèvent du contenu constitutionnel et ne résument donc pas la définition formelle.

10. Quel effet la forme écrite d’une Constitution produit-elle sur la connaissance des règles du pouvoir et leur stabilité ?

Elle réduit la sécurité juridique en multipliant les interprétations possibles.
Elle permet aux gouvernants d’adapter les règles sans procédure particulière.
Elle transforme les usages politiques en règles juridiques obligatoires.
Elle facilite leur preuve et leur connaissance, tout en rendant leur modification plus difficile.

Elle facilite leur preuve et leur connaissance, tout en rendant leur modification plus difficile.

Explication

La forme écrite rend les règles constitutionnelles plus faciles à établir et à connaître, ce qui renforce la sécurité juridique et leur continuité. Les usages politiques peuvent influencer l’application du texte, mais ils ne deviennent pas pour autant des règles juridiques par leur seule répétition.

11. En période de concordance des majorités, comment répartir concrètement les rôles entre le président de la République et le Premier ministre dans la conduite de la politique nationale ?

Le gouvernement définit la politique nationale et le Parlement la met en œuvre.
Le président définit la politique nationale et le Premier ministre la met en œuvre.
Le Premier ministre définit la politique nationale et le président la met en œuvre.
Le Parlement définit la politique nationale et le président la met en œuvre.

Le président définit la politique nationale et le Premier ministre la met en œuvre.

Explication

Dans la pratique politique française en période de concordance des majorités, le président définit la politique nationale et le Premier ministre en assure la mise en œuvre, même si le schéma constitutionnel écrit attribue ces fonctions au Premier ministre. Le schéma écrit ne décrit donc pas à lui seul la répartition concrète des rôles politiques.

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Quel droit encadre le pouvoir politique et protège les libertés fondamentales ?

Le droit constitutionnel.

Pourquoi les États européens ont-ils constitutionnalisé les droits après la Seconde Guerre mondiale ?

Pour les protéger des majorités parlementaires susceptibles d’adopter des lois liberticides.

Qu’est-ce que l’État dans les sociétés contemporaines ?

Une structure juridique et politique qui organise et encadre les communautés humaines contemporaines.

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