QCM : Droit commercial (71 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet du droit commercial en droit français ?

L’ensemble des règles de droit privé applicables aux commerçants et aux actes de commerce
L’ensemble des règles de droit public applicables aux commerçants et aux actes de commerce
L’ensemble des règles de droit privé applicables aux sociétés et à leurs associés
L’ensemble des règles de droit privé applicables aux distributeurs et aux opérations de vente

L’ensemble des règles de droit privé applicables aux commerçants et aux actes de commerce

Explication

Le droit commercial regroupe les règles de droit privé applicables aux commerçants et aux actes de commerce. Le droit des sociétés restreint indûment son champ, le droit public se trompe de branche, et la distribution en donne une définition trop étroite.

2. Une entreprise fabrique des équipements, transporte des marchandises et propose des services bancaires. Pourquoi ces activités peuvent-elles relever du domaine du droit commercial ?

Parce que ce domaine vise les services, mais exclut les activités industrielles et productives
Parce que ce domaine comprend la production, mais exclut les services bancaires et de transport
Parce que ce domaine comprend l’industrie, la production et une part importante des services
Parce que ce domaine se limite à la revente des équipements aux clients

Parce que ce domaine comprend l’industrie, la production et une part importante des services

Explication

Le domaine du droit commercial dépasse la distribution et inclut l’industrie, la production ainsi qu’une part importante des services, notamment bancaires et de transport. La revente seule réduit ce champ, l’exclusion des services méconnaît leur inclusion, et l’exclusion de l’industrie méconnaît celle de la production.

3. Un litige commercial ne relève d’aucune règle spéciale. Quelle règle le juge doit-il appliquer en droit français ?

Le droit commercial, même en l’absence de règle spéciale
La règle spéciale applicable à une autre situation commerciale
Le droit commercial, qui constitue le droit commun
Le droit civil, qui constitue le droit commun

Le droit civil, qui constitue le droit commun

Explication

Le droit civil constitue le droit commun et s’applique aux situations commerciales lorsqu’aucune règle commerciale spéciale ne déroge à la règle générale. Dire que le droit commercial est le droit commun inverse leur rapport, le qualifier d’autonome méconnaît l’application du droit civil, et une règle spéciale hors de son domaine ne gouverne pas le litige.

4. Quel contexte historique explique l’émergence du droit commercial au Moyen Âge ?

La création du code de commerce au début du XIXe siècle et le recul des échanges européens
Le renouveau des échanges européens à partir de la fin du XIe siècle et la multiplication des foires
La codification des usages commerciaux sous Louis XIV et l’unification des marchés européens
Le développement des échanges européens avant le XIe siècle et la disparition des foires

Le renouveau des échanges européens à partir de la fin du XIe siècle et la multiplication des foires

Explication

Le droit commercial s’est développé à partir des usages des marchands, dans le contexte du renouveau des échanges européens à partir de la fin du XIe siècle et de la multiplication des foires. La codification sous Louis XIV et le code de 1807 sont postérieurs, tandis que l’option situant l’essor avant le XIe siècle déplace la période.

5. Un contrat commercial ne contient aucune clause réglant une question, et aucune règle spéciale ne s’applique. Quelle règle gouverne cette question ?

Aucune règle, car le silence du contrat exclut le droit civil
La règle commerciale spéciale, même si aucune ne régit la question
La règle générale du droit civil, même si une règle spéciale inconciliable existe
La règle générale du droit civil, applicable en l’absence de règle spéciale

La règle générale du droit civil, applicable en l’absence de règle spéciale

Explication

En l’absence de règle spéciale, le droit civil s’applique aux relations commerciales; lorsqu’une règle spéciale est inconciliable avec la règle générale, elle prévaut. Une règle spéciale inexistante ne peut s’appliquer, le silence contractuel n’écarte pas le droit civil, et la priorité donnée à la règle générale méconnaît la primauté du spécial.

6. Un projet établit une règle fondamentale en matière commerciale, tandis qu’un autre traite d’une matière non réservée à la loi. Quelle répartition des compétences s’applique ?

La loi pour le principe fondamental et le règlement pour la matière résiduelle
Le règlement pour le principe fondamental et la loi pour la matière résiduelle
La loi pour le principe fondamental et pour la matière résiduelle
Le règlement pour le principe fondamental et pour la matière résiduelle

La loi pour le principe fondamental et le règlement pour la matière résiduelle

Explication

Les principes fondamentaux en matière commerciale relèvent de la loi selon l’article 34, tandis que les matières non réservées à la loi relèvent du règlement selon l’article 37. L’inversion confond ces articles, et attribuer les deux matières à un seul domaine ignore cette répartition.

7. Dans un secteur commercial, une pratique est tacitement adoptée par les parties à leurs contrats, tandis qu’une autre est reconnue par la jurisprudence comme règle générale. Comment les qualifier ?

Les deux sont des usages de droit, car elles sont suivies dans le secteur
La première est un usage de droit; la seconde, un usage de fait
Les deux sont des usages de fait, car elles proviennent de pratiques commerciales
La première est un usage de fait; la seconde, un usage de droit

La première est un usage de fait; la seconde, un usage de droit

Explication

L’usage de fait tire son autorité du contrat et correspond à une adhésion tacite, alors que l’usage de droit est une règle générale reconnue par la jurisprudence et possède une valeur juridique propre. Inverser les qualifications confond leurs fondements; les deux autres réponses attribuent à tort la même qualification aux deux pratiques.

8. Une loi nationale postérieure contredit une règle applicable d’un traité international. Quelle règle prévaut au regard de l’article 55 de la Constitution ?

La règle de la loi nationale postérieure
La règle du traité international
Aucune des deux règles, car la contradiction les neutralise
La règle de la loi nationale, car elle est plus récente

La règle du traité international

Explication

L’article 55 de la Constitution confère aux traités internationaux une valeur supérieure aux lois nationales, y compris aux lois postérieures. La date plus récente de la loi ne renverse pas cette hiérarchie; limiter la primauté aux lois antérieures ou neutraliser les deux règles contredit cette supériorité.

9. Une chambre commerciale diffuse un contrat type largement adopté par les entreprises, sans qu’un texte lui attribue de force juridique. Quelle valeur cet usage peut-il acquérir grâce à son succès pratique ?

Une valeur d’usage reconnue par la pratique
Aucune valeur reconnue en l’absence de force juridique
Une force juridique obligatoire dès sa diffusion
Une valeur légale accordée par homologation étatique

Une valeur d’usage reconnue par la pratique

Explication

Ces documents n’ont pas en eux-mêmes de force juridique, mais leur succès pratique peut leur conférer une valeur d’usage. La force obligatoire intrinsèque confond usage et droit, l’homologation étatique ajoute une condition non indiquée, et l’absence de toute valeur écarte à tort la valeur d’usage.

10. Quelle décision de la Cour de cassation a reconnu en France que la règle de droit n’est pas le monopole des États ?

Une décision du Conseil d’État de 1991
L’arrêt Valenciana de 1991
Un arrêt de la CJUE sur la primauté
Le traité de Maastricht de 1992

L’arrêt Valenciana de 1991

Explication

En 1991, dans l’arrêt Valenciana, la Cour de cassation a reconnu que la règle de droit n’est pas le monopole des États. La primauté européenne relève d’une autre question, le Conseil d’État n’est pas l’auteur de cette reconnaissance, et Maastricht est un traité, non cet arrêt.

11. Une loi nationale postérieure entre en conflit avec une disposition du droit de l’Union européenne. Quelle règle doit guider la résolution de ce conflit ?

Accorder la même priorité aux deux dispositions
Faire primer le droit de l’Union seulement sur les lois antérieures
Faire primer la loi nationale en raison de sa postériorité
Faire primer le droit de l’Union sur la disposition interne

Faire primer le droit de l’Union sur la disposition interne

Explication

Le principe de primauté impose que le droit de l’Union prévale sur les dispositions internes, qu’elles soient antérieures ou postérieures. La postériorité de la loi nationale ne renverse pas cette priorité, et la primauté ne se limite pas aux lois antérieures ni à une égalité entre normes.

12. Un acte de l’Union fixe un objectif à atteindre, mais laisse à chaque État le choix de la forme et des moyens. De quel type d’acte s’agit-il ?

Une directive
Un règlement
Un traité du droit primaire
Un acte dépourvu d’obligation pour les États

Une directive

Explication

Une directive lie les États membres quant aux objectifs à atteindre tout en leur laissant le choix de la forme et des moyens. Un règlement est directement obligatoire dans tous ses éléments, un traité relève du droit primaire, et la directive conserve bien une obligation concernant l’objectif.

13. Dans une circonscription, une institution publique est placée sous tutelle de l’État, dirigée par des chefs d’entreprise élus et chargée de représenter les intérêts économiques locaux. Quelle institution correspond à cette description ?

Une chambre de commerce et d’industrie
Un syndicat professionnel
Un ordre professionnel
Un service directement administré par l’État

Une chambre de commerce et d’industrie

Explication

Les chambres de commerce et d’industrie sont des établissements publics sous tutelle de l’État, administrés par des dirigeants d’entreprise élus et chargés de représenter les intérêts économiques de leur circonscription. Un syndicat défend les intérêts de ses membres, un ordre contrôle une profession réglementée, et la chambre n’est pas décrite comme directement administrée par l’État.

14. Une chambre de commerce et d’industrie souhaite soutenir les entreprises et contribuer à la vie économique locale. Quelle action relève de ses attributions ?

Fixer les objectifs obligatoires des directives européennes
Prononcer des sanctions disciplinaires contre les membres d’une profession réglementée
Représenter les entreprises sans fournir de services ni de conseils
Délivrer des parères, proposer des formations et conseiller le gouvernement

Délivrer des parères, proposer des formations et conseiller le gouvernement

Explication

Les chambres peuvent délivrer des parères, proposer des formations, conseiller le gouvernement et gérer certains domaines de la vie économique. Le contrôle disciplinaire relève plutôt d’un ordre, limiter leur rôle à la représentation omet leurs missions de service et de conseil, et elles ne fixent pas les objectifs des directives.

15. Une profession réglementée cherche un organisme doté de prérogatives de puissance publique pour contrôler ses membres. Quel organisme répond à ce rôle ?

Une chambre de commerce et d’industrie
Un syndicat professionnel
Un ordre professionnel
Un organisme de formation professionnelle

Un ordre professionnel

Explication

Un ordre professionnel est doté de prérogatives de puissance publique et contrôle les membres d’une profession réglementée. Le syndicat étudie et défend les intérêts professionnels, la chambre représente les intérêts économiques de sa circonscription, et la formation ne définit pas la fonction de contrôle visée.

16. Une juriste compare deux approches : l’une applique le droit commercial en raison de la qualité de commerçant d’une personne, l’autre en raison de la nature de l’opération. Comment les caractérise-t-elle ?

Les deux sont subjectives, mais fondées sur des professions différentes
Les deux sont objectives, mais fondées sur des actes différents
La première est objective et la seconde subjective
La première est subjective et la seconde objective

La première est subjective et la seconde objective

Explication

La conception subjective s’attache à la qualité de commerçant, tandis que la conception objective dépend de la nature de l’acte. Inverser ces critères, ou présenter les deux approches comme reposant sur le même critère, traduit la confusion entre les conceptions.

17. Un étudiant résume le droit commercial français comme étant principalement fondé sur les actes, tout en reconnaissant que la qualité de commerçant demeure pertinente. Quelle conception décrit-il ?

Une conception objective, qui écarte la qualité de commerçant
Une conception autonome, fondée sur les usages professionnels
Une conception subjective, fondée principalement sur la qualité professionnelle
Une conception mixte, principalement objective avec une dimension subjective

Une conception mixte, principalement objective avec une dimension subjective

Explication

Le droit français retient une conception mixte, principalement objective, mais conserve une dimension subjective puisque les commerçants accomplissent des actes de commerce. Le réduire à l’une des deux conceptions efface cette combinaison.

18. Une entreprise achète des machines dans le but de les revendre avec une marge. Quelle caractéristique rend cet achat commercial au titre de l’achat pour revendre ?

L’achat d’un bien avec l’intention de le revendre pour réaliser un bénéfice
L’achat d’un bien destiné à être utilisé durablement dans l’activité
L’achat d’un bien en vue de le conserver puis de le transmettre
L’achat d’un bien suivi d’une revente sans intention de bénéfice

L’achat d’un bien avec l’intention de le revendre pour réaliser un bénéfice

Explication

L’achat pour revendre est commercial lorsque le bien meuble ou immeuble est acquis avec l’intention de le revendre afin de réaliser un bénéfice, sous réserve des exceptions immobilières. Un achat destiné à l’usage, à la conservation ou à une revente sans intention de bénéfice ne répond pas à cette définition.

19. Une société achète un immeuble afin d’y construire plusieurs bâtiments, puis de les vendre séparément. Comment qualifier l’opération ?

Une activité commerciale de marchand de biens
Une opération commerciale de location immobilière
Une opération civile de promotion immobilière
Un achat commercial d’immeuble en vue de sa revente

Une opération civile de promotion immobilière

Explication

L’achat d’un immeuble en vue d’édifier des bâtiments puis de les vendre en bloc ou par locaux relève de la promotion immobilière civile. La commercialité de l’achat pour revente concerne notamment la revente sans cette construction préalable.

20. Une personne s’interpose entre deux parties afin de faciliter leur relation, que l’opération envisagée soit civile ou commerciale. De quel type d’activité s’agit-il ?

D’une opération bancaire
D’une activité de représentation commerciale
D’une activité intermédiaire
D’une activité de vente pour compte propre

D’une activité intermédiaire

Explication

Une activité intermédiaire consiste à s’interposer dans les rapports entre des personnes, indépendamment du caractère civil ou commercial de l’opération concernée. La représentation d’une partie ou la vente pour compte propre ne définit pas cette notion générale.

21. Dans une transaction, un professionnel conclut en son propre nom, mais pour le compte d’un client. Quel rôle exerce-t-il ?

Agent d’affaires
Courtier
Mandataire agissant au nom du client
Commissionnaire

Commissionnaire

Explication

Le commissionnaire agit en son propre nom pour le compte d’autrui. L’agent d’affaires gère les affaires d’autrui en vertu d’un mandat, tandis que le courtier rapproche deux partenaires sans représenter l’un d’eux.

22. Une personne réalise isolément une opération de courtage entre deux particuliers. Quel est le statut commercial de cette opération ?

Elle devient commerciale si le courtier représente une partie
Elle est commerciale à condition d’être exercée en entreprise
Elle est commerciale même si elle est réalisée isolément
Elle reste civile parce que les deux parties sont des particuliers

Elle est commerciale même si elle est réalisée isolément

Explication

L’opération de courtage est commerciale même lorsqu’elle est réalisée isolément par un particulier. L’exigence d’une activité en entreprise concerne les agents d’affaires et les commissionnaires, non le courtage.

23. Une banque reçoit des fonds remboursables du public, accorde un crédit et réalise des paiements pour un client. Pour qui l’opération bancaire est-elle en principe commerciale ?

Pour le client, tandis qu’elle est en principe civile pour la banque
Pour la banque professionnelle, tandis qu’elle est en principe civile pour le client
Pour aucune des parties, sauf si les fonds sont investis
Pour les deux parties, dès qu’un paiement est réalisé

Pour la banque professionnelle, tandis qu’elle est en principe civile pour le client

Explication

Les opérations de banque comprennent la réception de fonds remboursables du public, le crédit et les paiements bancaires. Elles sont commerciales pour le professionnel, mais en principe civiles pour le client.

24. Une personne organise une activité structurée et répétée, mais exerce une profession civile. Que montrent ces caractéristiques, à elles seules, quant à la commercialité de ses actes ?

Elles ne suffisent pas à établir que ses actes sont commerciaux.
Elles établissent que ses actes sont commerciaux dès qu’il y a entremise.
Elles établissent que ses actes sont commerciaux en raison de leur répétition.
Elles établissent que ses actes sont commerciaux en raison de l’entreprise.

Elles ne suffisent pas à établir que ses actes sont commerciaux.

Explication

L’entremise, l’entreprise et la répétition ne suffisent pas isolément à définir la commercialité. Assimiler l’entreprise, la répétition ou l’entremise à un critère suffisant confond un indice avec une condition décisive.

25. Une société commerciale achète du mobilier destiné à équiper ses bureaux dans le cadre de son activité professionnelle. Quel caractère cet acte prend-il par accessoire ?

Un caractère civil, car seule une personne physique peut agir commercialement par accessoire.
Un caractère commercial, car tout achat de bien est un acte commercial par nature.
Un caractère commercial, car l’acte est accompli par un commerçant dans sa profession.
Un caractère civil, car l’achat de mobilier reste détaché de l’activité professionnelle.

Un caractère commercial, car l’acte est accompli par un commerçant dans sa profession.

Explication

Les actes accomplis par un commerçant dans l’exercice de sa profession deviennent commerciaux par accessoire, que le commerçant soit une personne physique ou morale. La restriction aux personnes physiques méconnaît cette règle, l’acte personnel resterait civil et l’achat n’est pas commercial par nature du seul fait qu’il porte sur un bien.

26. Un commerçant achète un réfrigérateur pour son domicile, sans rapport avec son activité professionnelle. Quel caractère cet achat conserve-t-il ?

Un caractère commercial, car l’acheteur possède la qualité de commerçant.
Un caractère civil, car l’achat est sans lien avec son commerce.
Un caractère commercial, car tout acte accompli par un commerçant est professionnel.
Un caractère commercial, car l’achat d’un appareil relève du commerce par nature.

Un caractère civil, car l’achat est sans lien avec son commerce.

Explication

La commercialité par accessoire exige à la fois que l’auteur soit commerçant et que l’acte soit lié à son commerce ; un achat pour usage personnel demeure civil. La qualité de commerçant ne suffit pas, et l’achat domestique n’est pas commercial par nature.

27. Un commerçant conclut un contrat dont le lien avec son activité est incertain. Il soutient que l’opération concerne sa vie privée. Qui doit apporter la preuve de l’absence de lien avec le commerce ?

Aucune partie, car la présomption ne peut pas être renversée.
Celui qui invoque la commercialité, car il doit prouver le lien professionnel.
Le commerçant, car il doit établir que l’acte relève de sa profession.
Celui qui affirme que l’acte est sans lien avec le commerce.

Celui qui affirme que l’acte est sans lien avec le commerce.

Explication

Les actes du commerçant sont présumés commerciaux par accessoire, mais cette présomption simple peut être renversée par celui qui soutient que l’acte est sans lien avec son commerce. Exiger la preuve du commerçant inverse la charge ; rendre la présomption irréfragable ou la faire peser sur celui qui invoque la commercialité méconnaît la règle.

28. Quelle composition caractérise les tribunaux de commerce français ?

Des juges élus et un greffier, sans magistrats professionnels.
Des juges élus et des arbitres, sans greffier.
Des magistrats professionnels et un greffier, sans juges élus.
Des magistrats professionnels, des juges élus et un greffier.

Des juges élus et un greffier, sans magistrats professionnels.

Explication

Les tribunaux de commerce sont des juridictions de premier degré composées de juges élus et d’un greffier, et non de magistrats professionnels. La composition avec des magistrats professionnels confond ces tribunaux avec d’autres juridictions, tandis que les arbitres ne font pas partie de leur composition.

29. Deux sociétés commerciales contestent une obligation née entre elles. Quelle juridiction est compétente en raison de la matière ?

Le tribunal judiciaire, car les contestations contractuelles relèvent de la justice civile.
Le tribunal de commerce, pour une contestation relative à un engagement entre commerçants.
Le tribunal de commerce, uniquement si le litige porte sur un acte de commerce entre toutes personnes.
Un tribunal arbitral, car tout litige entre sociétés commerciales est arbitral.

Le tribunal de commerce, pour une contestation relative à un engagement entre commerçants.

Explication

L’article L. 721-3 attribue notamment aux tribunaux de commerce les contestations relatives aux engagements entre commerçants. Le tribunal judiciaire n’est pas compétent du seul fait qu’il s’agit d’un contrat, l’arbitrage dépend de l’accord des parties, et la compétence ne se limite pas aux actes de commerce entre toutes personnes.

30. Dans un acte mixte, un commerçant veut poursuivre un particulier non-commerçant qui est défendeur. Devant quelle juridiction doit-il l’assigner ?

Devant un tribunal arbitral sans accord préalable.
Au choix devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce.
Devant le tribunal judiciaire.
Devant le tribunal de commerce.

Devant le tribunal judiciaire.

Explication

Dans un acte mixte, le non-commerçant défendeur doit être assigné devant le tribunal judiciaire. L’option entre tribunal judiciaire et tribunal de commerce s’applique lorsque le commerçant est défendeur et que le non-commerçant agit ; l’acte mixte n’entraîne pas automatiquement la compétence commerciale.

31. Deux parties choisissent, par accord, de confier leur litige à un arbitre privé. Quel rôle l’arbitre exerce-t-il ?

Il tranche le litige comme un juge privé dans un mode de justice non étatique.
Il conseille les parties sur une issue possible sans trancher le litige.
Il aide les parties à négocier sans rendre de décision juridictionnelle.
Il statue au nom d’une juridiction étatique après accord des parties.

Il tranche le litige comme un juge privé dans un mode de justice non étatique.

Explication

L’arbitrage est un règlement privé et non étatique fondé sur l’accord des parties, et l’arbitre tranche le litige comme un juge privé. La médiation vise à faciliter un accord sans décision juridictionnelle, tandis qu’une juridiction étatique n’est pas un arbitre privé.

32. Quelle condition définit la qualité de commerçant au sens de l’article L. 121-1 du Code de commerce ?

Exercer des actes de commerce à titre de profession habituelle
Réaliser des actes de commerce de façon occasionnelle
Exercer une activité civile à titre de profession habituelle
Être immatriculé au registre du commerce et des sociétés

Exercer des actes de commerce à titre de profession habituelle

Explication

La qualité de commerçant suppose l’exercice d’actes de commerce constituant une profession habituelle. Une activité civile, des actes occasionnels ou la seule immatriculation ne répondent pas à cette définition.

33. Une vendeuse réalise régulièrement des ventes au nom d’une société, pour le compte de celle-ci et sans supporter les risques de l’activité. Quelle conclusion s’applique à sa situation ?

Elle est commerçante, car elle assume les risques de l’activité
Elle n’est pas commerçante, car elle agit pour le compte d’autrui
Elle est commerçante, car les ventes sont fréquentes
Elle n’est pas commerçante, car les actes de vente sont civils

Elle n’est pas commerçante, car elle agit pour le compte d’autrui

Explication

La qualité de commerçant exige une activité exercée de manière indépendante, en son nom, pour son compte et à ses risques. La fréquence des ventes ne suffit pas lorsque la personne agit pour autrui; la confusion consiste à attribuer à la salariée les risques de la société ou à traiter les ventes comme des actes civils.

34. Un investisseur signe régulièrement des effets de commerce et accomplit aussi des actes commerciaux accessoires à une activité civile, sans exercer d’activité commerciale par nature. Ces actes suffisent-ils à lui donner la qualité de commerçant ?

Oui, car tout acte commercial accessoire confère cette qualité à son auteur
Non, car les actes par la forme ou par accessoire ne fondent pas à eux seuls cette qualité
Oui, car la répétition d’actes par la forme constitue une profession commerciale
Non, car seuls les actes civils peuvent être accomplis par un non-commerçant

Non, car les actes par la forme ou par accessoire ne fondent pas à eux seuls cette qualité

Explication

La qualité repose sur l’exercice habituel et indépendant d’actes de commerce par nature, non sur des actes par la forme ou par accessoire pris isolément. La répétition ne transforme pas ces catégories en actes par nature, et un acte accessoire ne suffit pas à établir la qualité.

35. Une personne exerce effectivement une activité commerciale destinée à lui procurer des ressources, mais ses recettes restent très faibles. Quelle appréciation correspond à la notion de profession ?

L’activité constitue une profession dès la seule immatriculation
L’activité peut constituer une profession si l’intention de profit est présente
L’activité constitue une profession seulement si elle assure des revenus élevés
L’activité ne constitue pas une profession si le profit est faible

L’activité peut constituer une profession si l’intention de profit est présente

Explication

Une profession doit être réelle et effective, et l’intention de dégager un profit suffit même si l’activité rapporte peu ou pas. Un faible profit n’efface pas cette intention; l’immatriculation seule ne prouve pas une activité effective, et des revenus élevés ne sont pas requis.

36. Quel profil correspond à la définition générale de l’artisan ?

Un professionnel indépendant exerçant pour son compte une activité principalement manuelle dans une entreprise de faible dimension
Un salarié exerçant une activité principalement manuelle dans une entreprise de faible dimension
Un professionnel indépendant dirigeant une activité principalement intellectuelle dans une entreprise de faible dimension
Un professionnel indépendant revendant principalement des marchandises dans une entreprise de grande dimension

Un professionnel indépendant exerçant pour son compte une activité principalement manuelle dans une entreprise de faible dimension

Explication

L’artisan est indépendant, travaille pour son compte, exerce une activité principalement manuelle et dispose d’une entreprise de faible dimension. La revente, le salariat ou une activité principalement intellectuelle ne correspondent pas à ce profil.

37. Une entreprise indépendante de réparation emploie dix salariés et exerce cette activité à titre secondaire. Au regard de la définition légale du secteur artisanal, quel constat convient ?

Elle en est exclue, car le seuil exige moins de dix salariés
Elle en est exclue, car l’activité doit être exercée à titre principal
Elle entre dans la définition, car elle respecte le seuil et le type d’activité
Elle en est exclue, car la réparation ne relève pas du secteur artisanal

Elle entre dans la définition, car elle respecte le seuil et le type d’activité

Explication

La loi retient une activité indépendante de production, transformation, réparation ou prestation de services exercée à titre principal ou secondaire par une structure n’employant pas plus de dix salariés. Dix salariés respectent le seuil; les erreurs consistent à exclure l’égalité au seuil, l’activité secondaire ou la réparation.

38. Deux ateliers réalisent des objets : dans le premier, l’artisane les transforme principalement de ses mains et tire ses bénéfices de ce travail; dans le second, le dirigeant gagne surtout en achetant et revendant des marchandises. Quel critère distingue le mieux l’artisan du commerçant ?

L’artisane et le commerçant se distinguent selon que la transformation est faite par une machine
L’artisane tire ses bénéfices de son travail personnel de transformation, sans spéculer sur la marchandise
L’artisane se distingue par la spéculation sur le travail de ses salariés plutôt que par son travail manuel
L’artisane tire ses bénéfices de l’achat-revente, tandis que le commerçant transforme personnellement les produits

L’artisane tire ses bénéfices de son travail personnel de transformation, sans spéculer sur la marchandise

Explication

Selon la jurisprudence, l’artisan travaille principalement de ses mains et tire ses bénéfices de son activité personnelle de transformation, sans spéculer sur la marchandise ou le travail d’autrui. Le profit de la revente et la spéculation sur les salariés relèvent de confusions avec l’activité commerciale; le critère ne se réduit pas à l’usage d’une machine.

39. Un exploitant achète de jeunes animaux, les élève pendant un cycle biologique, puis les revend. Le cycle biologique rend-il son activité commerciale ?

Non, car l’accomplissement du cycle biologique ne rend pas l’activité agricole commerciale
Oui, car l’élevage transforme nécessairement l’activité en commerce
Oui, car toute revente après un achat constitue une activité commerciale
Non, car la revente est civile même lorsqu’elle ne relève pas d’une activité agricole

Non, car l’accomplissement du cycle biologique ne rend pas l’activité agricole commerciale

Explication

L’activité agricole est civile; elle ne devient pas commerciale du seul fait qu’un cycle biologique animal ou végétal s’accomplit entre l’achat et la revente. Assimiler toute revente ou l’élevage en lui-même à une activité commerciale méconnaît ce principe.

40. Quel texte a posé le principe de liberté du commerce et de l’industrie, ensuite réaffirmé par la loi Royer du 27 décembre 1973 ?

La loi Le Chapelier de 1791
Le Code de commerce napoléonien
Le décret d’Allarde de 1791
La loi Royer du 27 décembre 1973

Le décret d’Allarde de 1791

Explication

Le principe de liberté du commerce et de l’industrie a été posé par le décret d’Allarde de 1791, puis réaffirmé par la loi Royer. La loi Royer est le texte de réaffirmation, la loi Le Chapelier est associée à l’abolition des corporations, et le Code de commerce napoléonien n’est pas le texte fondateur indiqué.

41. Une loi limite l’accès à une activité commerciale pour un motif d’intérêt général, mais impose une charge manifestement excessive au regard de cet objectif. Quelle appréciation convient ?

La restriction est valable dès lors qu’elle poursuit un intérêt général
La restriction est contestable parce qu’elle est disproportionnée
La restriction est valable dès lors qu’elle concerne une activité commerciale
La restriction est contestable parce que le législateur ne peut limiter cette liberté

La restriction est contestable parce qu’elle est disproportionnée

Explication

Le législateur peut restreindre la liberté d’entreprendre, mais ne doit pas y porter atteinte de manière arbitraire ou disproportionnée. Dire qu’aucune limitation n’est possible méconnaît ce pouvoir, tandis que l’existence d’un intérêt général ne suffit pas à rendre proportionnée une mesure excessive.

42. Quelle caractéristique peut justifier l’interdiction d’une activité commerciale ?

Son exercice exige une déclaration préalable
Ses produits ou services sont hors du commerce
Son exercice relève d’un agrément administratif
Son activité est exploitée par une entreprise privée

Ses produits ou services sont hors du commerce

Explication

Une activité peut être interdite parce que ses produits ou services sont hors du commerce, ou parce qu’elle relève d’un monopole public. Une déclaration ou un agrément relève plutôt de l’encadrement d’une activité réglementée, et une exploitation privée ne constitue pas en soi le motif donné.

43. Un monopole est maintenu et l’État établit qu’il répond à l’intérêt général, avec une portée strictement proportionnée aux exigences de cet intérêt. Que permet le principe applicable ?

Le monopole doit disparaître dès qu’il est justifié par l’intérêt général
Le monopole peut subsister
Le monopole doit disparaître dès qu’il limite la concurrence
Le monopole peut subsister même s’il dépasse les exigences de l’intérêt général

Le monopole peut subsister

Explication

Selon le TFUE, un monopole peut subsister s’il est justifié par l’intérêt général et strictement proportionné aux exigences de celui-ci. L’interdiction automatique de tout monopole ignore cette possibilité, tandis qu’un dépassement des exigences ferait défaut à la proportionnalité requise.

44. Un mineur non émancipé hérite d’un fonds de commerce. Peut-il l’exploiter lui-même ou par l’intermédiaire de son représentant légal ?

Oui, s’il agit par l’intermédiaire de son représentant légal
Oui, puisque l’héritage lui donne la qualité de commerçant
Non, son incapacité de jouissance l’en empêche dans les deux cas
Oui, à condition d’obtenir l’autorisation du juge des tutelles

Non, son incapacité de jouissance l’en empêche dans les deux cas

Explication

Le mineur non émancipé est frappé d’une incapacité de jouissance qui lui interdit d’exercer le commerce, directement comme par représentant. L’autorisation judiciaire évoquée concerne le mineur émancipé, et la propriété héritée du fonds ne confère pas à elle seule le droit de l’exploiter.

45. Une personne mineure émancipée demande à exercer le commerce après son émancipation. Quelle démarche peut lui permettre d’y accéder ?

Obtenir une autorisation expresse du président du tribunal judiciaire
Attendre sa majorité sans solliciter d’autorisation
Obtenir une autorisation expresse du représentant légal
Déposer une simple déclaration auprès du greffe

Obtenir une autorisation expresse du président du tribunal judiciaire

Explication

Depuis la loi de 2010, le mineur émancipé peut exercer le commerce après autorisation expresse : le juge des tutelles peut l’accorder lors de l’émancipation, ou le président du tribunal judiciaire ultérieurement. L’émancipation seule ne suffit donc pas, et une déclaration ne remplace pas l’autorisation.

46. Une commerçante est placée sous curatelle, tandis qu’un autre commerçant est placé sous tutelle. Quelle distinction s’applique à la poursuite de leur activité ?

La personne sous curatelle peut poursuivre avec assistance, celle sous tutelle doit cesser
Les deux peuvent poursuivre sans assistance si elles possèdent déjà un fonds
Les deux doivent cesser, et leurs actes sont nuls de plein droit
La personne sous tutelle peut poursuivre avec assistance, celle sous curatelle doit cesser

La personne sous curatelle peut poursuivre avec assistance, celle sous tutelle doit cesser

Explication

La tutelle empêche l’exercice du commerce : le commerçant doit cesser son activité et les actes effectués sont nuls de plein droit. La personne sous curatelle peut, elle, poursuivre son activité avec l’assistance de son curateur pour les actes concernés; inverser ces régimes ou étendre la nullité à la curatelle confond leurs effets.

47. Un juge prononce une interdiction d’exercer le commerce comme peine alternative, puis envisage dans une autre affaire une peine complémentaire temporaire. Quelles durées maximales s’appliquent ?

Cinq ans comme peine alternative et quinze ans comme peine complémentaire temporaire
Quinze ans comme peine alternative et cinq ans comme peine complémentaire temporaire
Quinze ans dans les deux cas, car toute interdiction est complémentaire
Cinq ans dans les deux cas, car toute interdiction est temporaire

Cinq ans comme peine alternative et quinze ans comme peine complémentaire temporaire

Explication

L’interdiction prononcée comme peine alternative ne peut dépasser cinq ans; comme peine complémentaire temporaire, elle ne peut dépasser quinze ans, et elle peut aussi être définitive. Inverser les plafonds ou appliquer une durée unique confond les régimes attachés aux deux peines.

48. Comment caractériser l’entrepreneur individuel qui exerce une activité commerciale en son nom sans créer de structure distincte ?

Une personne morale constituée par un associé
Une personne physique exerçant en son nom
Un salarié agissant au nom de son employeur
Un groupement de personnes agissant en commun

Une personne physique exerçant en son nom

Explication

L’entrepreneur individuel est une personne physique qui exerce l’activité en son nom, sans personne morale distincte. La société dotée de la personnalité morale, le groupement et le salarié correspondent à des formes différentes d’exercice.

49. Un entrepreneur individuel doit de l’argent à la fois à un fournisseur professionnel et à un créancier personnel. Quel patrimoine constitue leur gage général ?

Un patrimoine propre à chaque créancier
Le patrimoine professionnel pour les dettes professionnelles
Le même patrimoine de l’entrepreneur
Le patrimoine personnel pour les dettes personnelles

Le même patrimoine de l’entrepreneur

Explication

Selon la théorie de l’unité du patrimoine d’Aubry et Rau, le patrimoine de l’entrepreneur individuel constitue le gage général de ses créanciers personnels et professionnels. La séparation entre patrimoines ou entre catégories de créanciers confond l’entreprise individuelle avec une organisation patrimoniale distincte.

50. Une entrepreneuse individuelle possède sa résidence principale et un autre immeuble personnel non affecté à son activité. Quelle protection s’applique de plein droit à la résidence principale ?

L’insaisissabilité de la résidence principale
La saisissabilité liée à l’usage professionnel
L’insaisissabilité automatique des deux immeubles
Une déclaration notariale pour la résidence principale

L’insaisissabilité de la résidence principale

Explication

Depuis la loi Macron du 6 août 2015, la résidence principale de l’entrepreneur individuel est insaisissable de plein droit. La protection des autres immeubles personnels nécessite une déclaration notariée, contrairement à l’extension automatique à tous les immeubles.

51. Quelle finalité caractérise le groupement qu’est une société au sens de l’article 1832 du Code civil ?

Réaliser des bénéfices ou des économies
Obtenir une immatriculation sans constituer de groupement
Affecter des biens à l’activité d’un entrepreneur individuel
Poursuivre un but non lucratif sans bénéfices ni économies

Réaliser des bénéfices ou des économies

Explication

La société est un groupement de personnes et de biens constitué pour réaliser des bénéfices ou des économies. Le but non lucratif, l’affectation patrimoniale individuelle et l’immatriculation prise isolément ne caractérisent pas cette définition.

52. Deux époux sont mariés sous le régime de la séparation de biens. L’un exploite un fonds de commerce : qui peut le gérer ?

Les deux époux conjointement pour chaque acte de gestion
Le conjoint non commerçant, en qualité de copropriétaire
L’époux commerçant après accord exprès de son conjoint
L’époux commerçant, sans autorisation de son conjoint

L’époux commerçant, sans autorisation de son conjoint

Explication

Sous le régime de séparation de biens, l’époux commerçant est seul propriétaire du fonds et peut le gérer sans autorisation de son conjoint. La cogestion communautaire et l’accord exprès du conjoint ne sont pas requis dans ce régime.

53. Quel bien constitue un acquêt dans le régime de communauté ?

Un bien possédé par un époux avant le mariage
Un bien reçu par succession pendant le mariage
Un bien reçu gratuitement pendant le mariage
Un bien acquis à titre onéreux pendant le mariage

Un bien acquis à titre onéreux pendant le mariage

Explication

Les acquêts sont les biens acquis à titre onéreux pendant le mariage et appartiennent à la communauté. Les biens reçus gratuitement ou par succession, ainsi que ceux possédés avant le mariage, relèvent des biens propres plutôt que des acquêts.

54. Sous un régime de communauté, un époux commerçant crée son fonds pendant le mariage, sans participation de son conjoint à l’activité. À qui appartient le fonds ?

À l’époux commerçant, comme fonds propre
Au conjoint non commerçant, comme fonds propre
À l’époux commerçant, comme bien reçu gratuitement
À la communauté, comme fonds commun

À la communauté, comme fonds commun

Explication

Un fonds créé par l’époux commerçant pendant le mariage est commun, même si le conjoint ne participe pas à l’activité. La création avant le mariage ou la réception par succession ou donation peut en revanche conduire à qualifier le fonds de propre.

55. Sous un régime de communauté, un époux commerçant veut vendre le fonds de commerce commun. Quelle condition doit-il respecter ?

Informer son conjoint sans recueillir son consentement
Prouver que la vente est nécessaire à l’activité commerciale
Obtenir le consentement de son conjoint
Agir seul en invoquant la gestion exclusive du fonds

Obtenir le consentement de son conjoint

Explication

La vente d’un fonds de commerce commun exige le consentement du conjoint, malgré le pouvoir de gestion de l’époux commerçant. La gestion exclusive concerne les actes nécessaires à l’activité, mais ne supprime pas la règle de cogestion pour la vente.

56. Le conjoint d’une commerçante exploite avec elle le même commerce, sans exercer d’activité commerciale distincte. Selon l’article 121-3, à quelle condition est-il réputé commerçant ?

S’il apporte une aide régulière dans le commerce de son épouse
S’il accomplit avec son épouse des actes de commerce habituels
S’il exerce une activité commerciale séparée de celle de son épouse
S’il participe à la gestion du fonds exploité par son épouse

S’il exerce une activité commerciale séparée de celle de son épouse

Explication

L’article 121-3 rattache la qualité de commerçant du conjoint à l’exercice d’une activité commerciale séparée. Une aide, une participation habituelle ou une gestion commune ne constitue pas en soi cette activité séparée.

57. Un conjoint participe à l’exploitation du commerce familial. L’autre soutient que sa non-commercialité ne peut pas être remise en cause. Quelle réponse correspond à l’interprétation jurisprudentielle ?

La présomption ne peut être renversée que par une inscription au RCS
La présomption disparaît dès qu’une activité commerciale est exercée séparément
La présomption est simple et peut être renversée par la preuve d’une coexploitation
La présomption est irréfragable dès lors que les époux sont mariés

La présomption est simple et peut être renversée par la preuve d’une coexploitation

Explication

La non-commercialité du conjoint est une présomption simple, renversable notamment par la preuve d’actes de commerce répétés, habituels et indépendants exercés ensemble. La qualifier d’irréfragable confond les deux types de présomption, tandis que l’activité séparée et l’inscription au RCS ne sont pas les conditions de cette preuve de coexploitation.

58. Deux époux coexploitent un commerce et remplissent les critères de la coexploitation. Un seul s’immatricule au RCS. Quel est le statut de l’époux non immatriculé ?

Commerçant de fait, sans pouvoir revendiquer les avantages du statut
Associé de fait, avec les droits liés à la qualité d’associé
Conjoint non-commerçant, puisque l’autre époux est immatriculé
Commerçant de droit, avec les avantages attachés à l’immatriculation

Commerçant de fait, sans pouvoir revendiquer les avantages du statut

Explication

En cas de coexploitation, les deux époux sont commerçants et doivent s’immatriculer ; celui qui ne le fait pas est commerçant de fait et ne peut invoquer les avantages du statut. Le commerçant de droit est celui qui est immatriculé, et l’absence d’immatriculation n’efface pas la qualité de commerçant résultant de la coexploitation.

59. Une personne travaille gratuitement dans l’entreprise commerciale familiale, sans être salariée ni associée. Quel statut correspond à cette situation ?

Le statut de conjoint collaborateur
Le statut de commerçant coexploitant
Le statut de conjoint salarié
Le statut de conjoint associé

Le statut de conjoint collaborateur

Explication

Le conjoint collaborateur participe à l’activité, travaille à titre gratuit et n’est ni salarié ni associé. Le statut salarié suppose une relation de travail rémunérée, tandis que le statut d’associé suppose une participation en qualité d’associé.

60. Un conjoint commun en biens participe à l’exploitation de l’entreprise. Pour un acte de disposition sur un bien commun qui ne relève pas de la cogestion, quel principe s’applique ?

Seul le conjoint participant peut accomplir l’acte
Chacun peut accomplir seul l’acte
Les deux doivent consentir à l’acte
Seul l’époux commerçant peut accomplir l’acte

Chacun peut accomplir seul l’acte

Explication

La participation du conjoint rétablit le principe de gestion concurrente : chacun peut agir seul sur les biens communs, sous réserve des actes soumis à cogestion. Exiger systématiquement deux consentements confond gestion concurrente et cogestion ; réserver l’acte à un seul époux relève d’autres configurations.

61. Le conjoint d’un commerçant travaille dans l’entreprise. Le commerçant veut donner seul le fonds commun en location-gérance. Que requiert l’article L121-5 ?

L’autorisation du juge en remplacement du conjoint
Le consentement exprès du conjoint
La simple information préalable du conjoint
L’accord des créanciers du fonds de commerce

Le consentement exprès du conjoint

Explication

Lorsque le conjoint travaille dans l’entreprise, l’article L121-5 interdit au commerçant de donner seul le fonds en location-gérance : le consentement exprès du conjoint est requis. Cette exigence s’applique même si la location-gérance n’est pas une aliénation ou une constitution de droit réel.

62. Un commerçant produit sa comptabilité pour soutenir une créance contre un client non commerçant. Quelle valeur probante le juge peut-il lui reconnaître ?

Une preuve irréfragable qui s’impose au juge
Une preuve parfaite qui suffit à établir la créance
Un document sans aucune valeur dans le litige
Un indice à apprécier avec les autres éléments

Un indice à apprécier avec les autres éléments

Explication

Contre un non-commerçant, la comptabilité du commerçant n’a pas de force probante particulière, mais elle peut servir d’indice avec d’autres éléments appréciés par le juge. La preuve parfaite concerne les rapports entre commerçants ; l’absence de force probante particulière ne rend pas la comptabilité inutile.

63. Dans un litige portant sur une facture déterminée, le juge demande uniquement les extraits comptables nécessaires au dossier, sans les transmettre à l’adversaire. S’agit-il d’une communication ou d’une production en justice ?

Une expertise comptable
Une production en justice
Une communication en justice
Une tenue régulière de la comptabilité

Une production en justice

Explication

La production en justice porte sur les seuls éléments nécessaires au litige et ne les communique pas à l’adversaire. La communication met l’intégralité des documents comptables à la disposition du juge et de l’autre partie.

64. Une commerçante remplace une partie de son matériel et change son enseigne, tout en conservant les personnes qui viennent régulièrement acheter dans son magasin. Quel élément demeure essentiel à l’existence de son fonds de commerce ?

La composition constante des biens
La clientèle
L’enseigne du magasin
Le matériel d’exploitation

La clientèle

Explication

Le fonds réunit des éléments dont la composition peut varier autour d’une clientèle, qui en est l’élément essentiel. Le matériel et l’enseigne peuvent attirer cette clientèle, tandis que la composition stable n’est pas une caractéristique du fonds.

65. Un analyste décrit une activité commerciale, puis identifie séparément les biens réunis autour de sa clientèle. Quelle qualification juridique convient à ces biens réunis, sans les confondre avec l’activité économique ni avec une personne morale ?

Une personne morale, distincte de l’activité économique
Une entreprise, notion économique dotée d’une personnalité morale
Une entreprise, notion juridique dotée d’une personnalité morale
Un fonds de commerce, notion juridique sans personnalité morale

Un fonds de commerce, notion juridique sans personnalité morale

Explication

Le fonds de commerce est une notion juridique distincte de l’entreprise, qui est économique, et il ne possède pas la personnalité morale. Assimiler le fonds à l’entreprise confond les notions; lui attribuer une personnalité morale ou le qualifier de personne morale lui prête un statut qu’il n’a pas.

66. Un fonds regroupe plusieurs actifs affectés à une clientèle, mais ne comprend pas de passif qui lui soit propre. De quelle catégorie juridique relève-t-il ?

Un patrimoine avec passif propre
Une universalité de droit
Une personne morale sans patrimoine
Une universalité de fait

Une universalité de fait

Explication

Le fonds est une universalité de fait : des éléments d’actif sont réunis autour d’une clientèle, sans passif propre. L’universalité de droit renvoie au patrimoine, tandis que l’existence d’un passif propre ou d’une personne morale ne correspond pas à la nature du fonds.

67. Dans le contexte d’un commerce, que désigne la clientèle ?

Les salariés qui travaillent habituellement pour le commerçant
Les personnes qui s’approvisionnent habituellement auprès du commerçant
Les fournisseurs qui livrent régulièrement le commerçant
Les personnes qui ont acheté une seule fois auprès du commerçant

Les personnes qui s’approvisionnent habituellement auprès du commerçant

Explication

La clientèle désigne les personnes qui viennent s’approvisionner habituellement auprès du commerçant. Les fournisseurs et les salariés ont d’autres rôles, et un achat isolé ne suffit pas à caractériser cette relation habituelle.

68. Un commerçant cède son fonds avec l’appellation sous laquelle il exerce son activité. Quel élément incorporel est ainsi transmis ?

L’enseigne
Le nom commercial
La marque
Le droit au bail

Le nom commercial

Explication

Le nom commercial est l’appellation sous laquelle le commerçant exerce son activité et peut être transmis avec le fonds. L’enseigne individualise extérieurement le commerce, la marque distingue des produits ou services, et le droit au bail concerne l’occupation des locaux.

69. Une commerçante loue les locaux où elle exploite son fonds. Quel contrat encadre cette location et contribue à protéger la pérennité de sa clientèle ?

La cession du fonds de commerce
Le crédit-bail du matériel
Le bail commercial
La transmission du nom commercial

Le bail commercial

Explication

Le bail commercial est le contrat de location des locaux dans lesquels le commerçant exploite son fonds; son statut protège notamment la pérennité de la clientèle. La cession porte sur le fonds, le crédit-bail concerne un équipement et le nom commercial est un élément incorporel distinct.

70. Une locataire commerciale remplit les conditions du statut des baux commerciaux et son bail arrive à son terme. Quelle protection le statut lui ouvre-t-il ?

Obtenir le renouvellement du bail ou, à défaut, une indemnité d’éviction
Obtenir une prolongation triennale ou, à défaut, une indemnité de loyer
Obtenir le renouvellement du fonds ou, à défaut, une indemnité de clientèle
Obtenir automatiquement la propriété des locaux ou une indemnité de vente

Obtenir le renouvellement du bail ou, à défaut, une indemnité d’éviction

Explication

Le statut permet au locataire qui en remplit les conditions d’obtenir le renouvellement du bail ou, à défaut, une indemnité d’éviction. La durée minimale et les périodes triennales concernent la durée et la résiliation du bail, non le remplacement de cette protection par la propriété des locaux ou le renouvellement du fonds.

71. Un commerçant signe un bail commercial et souhaite savoir quelle durée minimale s’applique, même s’il pourra éventuellement le résilier à une échéance triennale dans les conditions prévues. Quelle durée minimale doit-il retenir ?

Six ans
Trois ans
Douze ans
Neuf ans

Neuf ans

Explication

Le bail commercial est conclu pour une durée minimale de neuf ans, même si le locataire peut, sous les conditions prévues, y mettre fin à chaque période triennale. Trois ans correspond à une échéance possible de résiliation, et non à la durée minimale; six et douze ans ne sont pas les durées indiquées par cette règle.

Révisez avec les flashcards

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Quelles règles le droit commercial regroupe-t-il ?

Les règles de droit privé applicables aux commerçants et aux actes de commerce.

Quels secteurs le droit commercial couvre-t-il au-delà de la distribution ?

L’industrie, la production et une part importante des services.

Quel rôle le droit civil joue-t-il en l’absence de règle commerciale spéciale ?

Il s’applique aux situations commerciales.

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