QCM : Procédure législative et contrôle constitutionnel (70 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une règle organise les institutions de l’État et encadre les rapports entre une administration et un particulier. À quel ensemble de règles appartient-elle ?

Au droit des collectivités territoriales
Au droit privé
Au droit public
Au droit international public

Au droit public

Explication

Le droit public organise l’État et régit les rapports de l’État et de ses agents avec les particuliers. Le droit privé est un ensemble distinct, le droit international public porte sur les relations internationales, et le droit des collectivités territoriales est plus restreint.

2. Une université publique possède une personnalité juridique distincte de celle de l’État. Comment la qualifier ?

Une personne physique de droit public
Une personne morale de droit public
Une personne morale de droit privé
Un organe étatique dépourvu de personnalité juridique

Une personne morale de droit public

Explication

Les établissements publics, dont les universités publiques, sont des personnes morales de droit public. Une personne physique est un individu, un organe sans personnalité n’est pas une personne morale, et une personne morale de droit privé relève d’une autre catégorie.

3. Une commune doit choisir entre un projet avantageant un seul intérêt particulier et un projet répondant aux besoins collectifs. Quel principe doit guider son action ?

Faire primer le bien commun et l’intérêt général
Faire primer l’intérêt financier de la commune
Faire passer les besoins collectifs après les intérêts particuliers
Faire primer l’avantage du particulier concerné

Faire primer le bien commun et l’intérêt général

Explication

Une personne morale de droit public doit agir dans l’intérêt général et faire primer le bien commun sur les intérêts particuliers. L’avantage individuel et le seul intérêt financier de la commune ne remplacent pas ce principe.

4. Un propriétaire réclame un loyer impayé, tandis que l’administration fiscale recouvre un impôt impayé. Quelle comparaison décrit correctement les démarches évoquées ?

Le propriétaire et l’administration fiscale peuvent recouvrer leurs créances sans juge préalable
Le propriétaire peut recouvrer le loyer sans juge, mais l’administration fiscale doit saisir un juge
Le propriétaire doit saisir un juge, mais l’administration fiscale peut recouvrer l’impôt sans saisine préalable d’un juge
Le propriétaire et l’administration fiscale doivent saisir un juge avant tout recouvrement

Le propriétaire doit saisir un juge, mais l’administration fiscale peut recouvrer l’impôt sans saisine préalable d’un juge

Explication

Le propriétaire qui réclame un loyer impayé doit passer par un juge, alors que l’administration fiscale peut recouvrer un impôt impayé sans saisine préalable. Inverser ces démarches confond les deux situations; le pouvoir unilatéral de l’administration n’est pas attribué au propriétaire.

5. Un juriste examine les règles applicables à l’intérieur de la France, considérée comme un État déterminé. De quel type de droit s’agit-il ?

Du droit interne
Du droit de l’Union européenne
Du droit international public
Du droit constitutionnel

Du droit interne

Explication

Le droit interne est le droit applicable dans un État déterminé, ici la France. Le droit international public concerne les relations internationales, le droit de l’Union européenne est un domaine distinct, et le droit constitutionnel porte notamment sur les pouvoirs publics au sein de l’État.

6. Deux États négocient un accord avec une organisation internationale telle que l’ONU. Quel domaine du droit régit ce type de relations ?

Le droit international public
Le droit interne
Le droit constitutionnel
Le droit de l’Union européenne

Le droit international public

Explication

Le droit international public régit les relations entre États ainsi que celles entre États et organisations internationales, comme l’ONU. Le droit interne s’applique dans un État déterminé, le droit constitutionnel concerne les pouvoirs publics internes, et l’ONU n’est pas une institution de l’Union européenne.

7. Un dossier porte d’une part sur la circulation des travailleurs entre États et, d’autre part, sur la protection garantie par la CEDH. Quelle association des domaines est correcte ?

Circulation des travailleurs et CEDH : droit de l’Union européenne
Circulation des travailleurs : droit du Conseil de l’Europe ; CEDH : droit de l’Union européenne
Circulation des travailleurs et CEDH : droit du Conseil de l’Europe
Circulation des travailleurs : droit de l’Union européenne ; CEDH : droit du Conseil de l’Europe

Circulation des travailleurs : droit de l’Union européenne ; CEDH : droit du Conseil de l’Europe

Explication

Le droit de l’Union européenne traite notamment de la circulation des travailleurs, tandis que la CEDH relève du Conseil de l’Europe. Inverser ces rattachements confond les deux ensembles; attribuer les deux sujets à un seul d’entre eux efface leur distinction.

8. Un administré conteste un acte pris par une administration dans le cadre d’un service public. Quelle branche du droit public concerne principalement ce rapport ?

Le droit constitutionnel
Le droit de l’Union européenne
Le droit international public
Le droit administratif

Le droit administratif

Explication

Le droit administratif régit les rapports entre l’administration et les administrés et porte notamment sur les actes et les services publics. Le droit constitutionnel traite des rapports entre pouvoirs publics, le droit international public des relations internationales, et la circulation des travailleurs relève notamment du droit de l’Union européenne.

9. À quelle date Napoléon III capitule-t-il à Sedan après l’encerclement de l’armée française par les Prussiens ?

Le 2 septembre 1870
Le 4 septembre 1870
Le 1er septembre 1870
Le 3 septembre 1870

Le 2 septembre 1870

Explication

Napoléon III capitule à Sedan le 2 septembre 1870, après l’encerclement de l’armée française. Le 4 septembre correspond à l’annonce à Paris et à la proclamation de la République.

10. Après l’annonce de la défaite de Sedan, quel événement politique a lieu à Paris le 4 septembre 1870 ?

La République est proclamée
Napoléon III capitule à Sedan
L’Assemblée nationale est élue
Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif

La République est proclamée

Explication

La nouvelle de la défaite de Sedan parvient à Paris le 4 septembre 1870, où la République est proclamée. La capitulation a eu lieu deux jours plus tôt, et l’Assemblée est élue en février 1871.

11. Une assemblée élue en février 1871 compte 400 monarchistes et 250 républicains sur 675 sièges. Quelle interprétation explique cette majorité monarchiste ?

Les républicains ont obtenu la majorité des sièges
Les électeurs ont surtout choisi les candidats favorables à la poursuite de la guerre
Les électeurs ont surtout choisi entre la République et la monarchie
Les électeurs ont surtout choisi entre la guerre et la paix

Les électeurs ont surtout choisi entre la guerre et la paix

Explication

Les électeurs se sont principalement prononcés sur la guerre et la paix, et les candidats favorables à la paix ont remporté de nombreux sièges monarchistes. L’idée d’un choix constitutionnel inverse le motif du scrutin, tandis que les républicains étaient minoritaires.

12. Pendant la période d’attente avant de décider des institutions françaises, que désigne le pacte de Bordeaux ?

L’attentisme de l’Assemblée et l’engagement de Thiers à ne pas préjuger des institutions futures
La décision de l’Assemblée de restaurer immédiatement la monarchie
La fixation définitive de la durée du mandat présidentiel de Thiers
L’engagement de Thiers à établir immédiatement une constitution républicaine

L’attentisme de l’Assemblée et l’engagement de Thiers à ne pas préjuger des institutions futures

Explication

Le pacte de Bordeaux traduit l’attentisme de l’Assemblée et l’engagement de Thiers à ne pas anticiper la forme des institutions futures. Une restauration ou une constitution arrêtée immédiatement contredirait cette réserve.

13. Dans une négociation monarchiste, les orléanistes et les légitimistes acceptent le drapeau tricolore, mais le comte de Chambord le rejette au nom de sa conception de la royauté. Quelle distinction caractérise leurs positions ?

Le comte de Chambord accepte l’héritage révolutionnaire, contrairement aux orléanistes et aux légitimistes
Les républicains acceptent l’héritage révolutionnaire, contrairement aux trois courants monarchistes
Les orléanistes et les légitimistes acceptent l’héritage révolutionnaire, contrairement au comte de Chambord
Les orléanistes et les légitimistes rejettent l’héritage révolutionnaire, comme le comte de Chambord

Les orléanistes et les légitimistes acceptent l’héritage révolutionnaire, contrairement au comte de Chambord

Explication

Les orléanistes et les légitimistes acceptent notamment le drapeau tricolore comme héritage de la Révolution, tandis que le comte de Chambord le refuse en tant que roi de droit divin. Le refus du drapeau est donc attribué à Chambord, pas aux deux autres courants.

14. Le comte de Chambord refuse le compromis nécessaire à une restauration monarchique. Quelle conséquence politique en découle ?

La solution monarchiste est reportée au profit d’un autre prétendant vivant
La solution républicaine échoue et Chambord prend le pouvoir
La solution monarchiste aboutit et Mac-Mahon quitte le pouvoir
La solution monarchiste échoue et Mac-Mahon reste au pouvoir

La solution monarchiste échoue et Mac-Mahon reste au pouvoir

Explication

Le refus du compromis par Chambord annule la solution monarchiste et maintient Mac-Mahon au pouvoir; aucune restauration n’est possible du vivant du prétendant. Une restauration immédiate ou l’accession d’un autre prétendant contredit cette conséquence.

15. Un historien doit dater la loi qui fixe à sept ans le mandat présidentiel de Mac-Mahon. Quelle date doit-il retenir ?

Le 20 novembre 1874
Le 20 novembre 1873
Le 20 novembre 1875
Le 20 novembre 1870

Le 20 novembre 1873

Explication

La loi du septennat est adoptée le 20 novembre 1873 et fixe à sept ans la durée du mandat de Mac-Mahon. Les autres dates ne correspondent pas à cette loi.

16. Une disposition constitutionnelle prévoit un président élu à la majorité absolue pour sept ans, avec possibilité de réélection. Quel mode de désignation correspond à l’amendement Wallon ?

Le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale
Les électeurs au suffrage universel direct
Le Sénat réuni seul en Assemblée nationale
La Chambre des députés réunie seule en Assemblée nationale

Le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale

Explication

L’amendement Wallon prévoit l’élection du président à la majorité absolue par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Le suffrage universel direct et l’élection par une seule chambre ne correspondent pas à ce mode de désignation.

17. Quelle structure institutionnelle caractérise le Parlement instauré en 1875 ?

Deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés, avec une nette prépondérance de la Chambre
Deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés, avec une nette prépondérance du Sénat
Une assemblée unique réunissant les représentants du Sénat et de la Chambre des députés
Deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés, dans un bicaméralisme presque égalitaire

Deux chambres, le Sénat et la Chambre des députés, dans un bicaméralisme presque égalitaire

Explication

Le Parlement de 1875 comprend le Sénat et la Chambre des députés, et leurs attributions les placent dans un bicaméralisme presque égalitaire. La prépondérance du Sénat ou de la Chambre exagère l’inégalité, tandis que l’assemblée unique nie le bicaméralisme.

18. Un candidat de 39 ans souhaite entrer au Sénat au début de la Troisième République. Quelle caractéristique du mandat sénatorial s’applique à sa situation ?

Il satisfait à l’âge minimal de 25 ans requis pour être sénateur
Il satisfait à l’âge minimal de 30 ans requis pour être sénateur
Il ne satisfait pas à l’âge minimal de 40 ans requis pour être sénateur
Il satisfait à l’âge minimal de 35 ans requis pour être sénateur

Il ne satisfait pas à l’âge minimal de 40 ans requis pour être sénateur

Explication

À l’origine, l’accès au Sénat exige un âge minimal de 40 ans : un candidat de 39 ans ne remplit donc pas cette condition. Les seuils de 30, 35 et 25 ans ne correspondent pas à cette règle sénatoriale.

19. Dans un département, un collège électoral doit choisir les sénateurs élus. Qui doit participer à ce collège selon les règles de l’époque ?

Les députés du département, les conseillers généraux et les seuls maires des communes
Les électeurs du département, les conseillers généraux et un délégué municipal par commune
Les députés du département, les conseillers généraux et un délégué municipal par commune
Les députés du département et un délégué municipal par commune, sans les conseillers généraux

Les députés du département, les conseillers généraux et un délégué municipal par commune

Explication

Les sénateurs élus le sont au suffrage universel indirect par un collège départemental réunissant les députés du département, les conseillers généraux et un délégué municipal par commune. Le suffrage direct confond le mode de désignation, tandis que l’exclusion des conseillers généraux ou leur remplacement par les seuls maires modifie la composition du collège.

20. Après les élections d’octobre 1877, quelle conclusion décrit correctement la situation républicaine à la Chambre des députés ?

Les républicains perdent 40 sièges, mais conservent leur majorité au Sénat
Les républicains perdent 40 sièges et abandonnent leur majorité à la Chambre
Les républicains perdent 40 sièges, mais conservent leur majorité à la Chambre
Les républicains gagnent 40 sièges et conservent leur majorité à la Chambre

Les républicains perdent 40 sièges, mais conservent leur majorité à la Chambre

Explication

En octobre 1877, les républicains perdent 40 sièges tout en gardant la majorité à la Chambre des députés. La perte de sièges n’entraîne donc pas la perte de majorité; le résultat indiqué est une perte, et la majorité concernée est celle de la Chambre.

21. Le Parlement autorise le gouvernement à prendre, pendant six mois et dans un domaine défini, des mesures par décret, puis à les soumettre à ratification. De quel mécanisme s’agit-il ?

D’un décret-loi dont la ratification législative confère valeur de loi
D’une ordonnance dont l’avis consultatif confère valeur de loi
D’un règlement autonome dont la publication confère valeur de loi
D’une loi parlementaire dont le vote gouvernemental confère valeur de loi

D’un décret-loi dont la ratification législative confère valeur de loi

Explication

Le décret-loi repose sur une habilitation parlementaire limitée dans le temps et le domaine; sa ratification par le législateur lui confère valeur de loi. Le règlement autonome ne dépend pas de cette habilitation, un avis consultatif ne vaut pas ratification, et le gouvernement ne transforme pas une loi parlementaire par son propre vote.

22. Quelle description rend compte de la durée et de la fin de la Troisième République ?

Elle dure 65 ans, résiste à la Première Guerre mondiale et prend fin après la défaite de juin 1940
Elle dure 65 ans, résiste à la Première Guerre mondiale et prend fin après la défaite de juin 1944
Elle dure 65 ans, prend fin pendant la Première Guerre mondiale et précède la défaite de juin 1940
Elle dure 65 ans, résiste à la Première Guerre mondiale et prend fin après la victoire de juin 1940

Elle dure 65 ans, résiste à la Première Guerre mondiale et prend fin après la défaite de juin 1940

Explication

La Troisième République dure 65 ans, traverse la Première Guerre mondiale et s’achève après la défaite de juin 1940. La victoire en 1940 inverse l’issue du conflit, 1918 ne marque pas sa fin, et juin 1944 ne correspond pas à la défaite qui met fin au régime.

23. Lors de la préparation d’une nouvelle Constitution, un gouvernement consulte le comité consultatif et demande l’avis du Conseil d’État, mais ne soumet pas le projet définitif au référendum. Quelle condition de forme manque ?

La soumission du projet au Conseil d’État pour avis
La soumission du projet définitif au référendum
La consultation du comité consultatif
La garantie du suffrage universel pour l’origine des pouvoirs

La soumission du projet définitif au référendum

Explication

Les trois conditions de forme comprennent la consultation du comité consultatif, l’avis du Conseil d’État et la soumission du projet définitif au référendum; cette dernière étape manque dans le cas décrit. La garantie du suffrage universel est une condition de fond, et les deux autres démarches ont déjà été accomplies.

24. En examinant un projet constitutionnel, une équipe garantit le suffrage universel, sépare les pouvoirs exécutif et législatif, prévoit la responsabilité gouvernementale et protège l’indépendance judiciaire. Quelle condition de fond doit-elle encore vérifier ?

La nomination des membres du gouvernement par le Conseil d’État
La soumission du projet définitif au référendum
L’organisation des rapports avec les peuples associés à la République
La consultation du comité consultatif chargé d’examiner le projet

L’organisation des rapports avec les peuples associés à la République

Explication

Les cinq conditions de fond comprennent les garanties déjà mentionnées ainsi que l’organisation des rapports avec les peuples associés à la République. La consultation du comité et le référendum sont des conditions de forme, tandis que la nomination du gouvernement par le Conseil d’État ne fait pas partie de ces exigences.

25. À l’origine, quelle fonction principale était attribuée au Conseil constitutionnel dans l’équilibre institutionnel de 1958 ?

Réviser la Constitution et déterminer les compétences des assemblées parlementaires
Protéger les attributions du Parlement contre les empiètements de l’exécutif
Contrôler les traités internationaux et arbitrer leur application par les pouvoirs publics
Réguler les pouvoirs publics et défendre les attributions de l’exécutif face au Parlement

Réguler les pouvoirs publics et défendre les attributions de l’exécutif face au Parlement

Explication

À l’origine, le Conseil constitutionnel est conçu comme un régulateur des pouvoirs publics, notamment pour défendre l’exécutif face au Parlement. Le contrôle des traités, la révision constitutionnelle et la défense du Parlement contre l’exécutif ne correspondent pas à cette fonction initiale.

26. Quelle décision du Conseil constitutionnel a permis de contrôler une loi au regard du préambule de 1946, auquel renvoie celui de 1958 ?

La décision Interruption volontaire de grossesse du 15 janvier 1975
La décision refusant aux traités internationaux valeur de normes de contrôle
La décision reconnaissant la valeur de la Déclaration de 1789 en 1973
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

Dans la décision Liberté d’association du 16 juillet 1971, le Conseil contrôle la loi au regard du préambule de 1946. La décision de 1975 concerne notamment l’IVG et les traités, tandis que la reconnaissance de la Déclaration de 1789 est confirmée en 1973.

27. En 1975, une loi est contestée au regard d’un traité international, tandis qu’un autre grief invoque le préambule de 1946. Quelle approche le Conseil constitutionnel retient-il dans sa décision sur l’IVG ?

Il reconnaît la valeur constitutionnelle du préambule de 1946, mais refuse de contrôler la loi au regard du traité
Il reconnaît le traité et le préambule de 1946 comme normes de contrôle de même nature
Il contrôle la loi au regard du traité, mais écarte le préambule de 1946 comme norme constitutionnelle
Il refuse le contrôle au regard du traité et du préambule de 1946, faute de norme applicable

Il reconnaît la valeur constitutionnelle du préambule de 1946, mais refuse de contrôler la loi au regard du traité

Explication

Dans la décision IVG du 15 janvier 1975, le Conseil confirme la valeur constitutionnelle du préambule de 1946 et de la Déclaration de 1789, mais ne fait pas des traités des normes de contrôle de constitutionnalité. Traiter le traité comme norme de contrôle inverse cette distinction, et écarter le préambule la méconnaît.

28. Pour contrôler une loi, le Conseil constitutionnel doit identifier les normes qui composent le bloc de constitutionnalité. Quel ensemble doit-il retenir ?

Les articles de 1958, la Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement
La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement, sans les articles de 1958
Les articles de 1958, la Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et les lois organiques
Les articles de 1958, les traités internationaux, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement

Les articles de 1958, la Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement

Explication

Le bloc comprend les articles de la Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement. Les traités internationaux ne remplacent pas ces normes dans le contrôle de constitutionnalité, et les lois organiques ne figurent pas dans cette liste.

29. Un Premier ministre propose au président de la République une révision constitutionnelle, tandis que plusieurs députés envisagent aussi d’en déposer une. Qui peut prendre l’initiative selon l’article 89 ?

Le président sur proposition du Premier ministre, ou les membres du Parlement
Le président seul, ou les membres du Parlement avec l’accord du Sénat
Le Congrès, ou le président sur proposition de l’Assemblée nationale
Le Premier ministre seul, ou les membres du Parlement avec l’accord du président

Le président sur proposition du Premier ministre, ou les membres du Parlement

Explication

L’article 89 attribue l’initiative au président de la République sur proposition du Premier ministre ainsi qu’aux membres du Parlement. Le président n’agit donc pas seul dans cette procédure, et les étapes d’adoption n’appartiennent pas à l’initiative.

30. Une proposition de révision parlementaire est adoptée par l’Assemblée nationale, mais le Sénat en adopte une version modifiée. Quelle condition d’adoption n’est pas remplie ?

L’adoption du texte dans les mêmes termes par les deux assemblées
L’approbation préalable du texte par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes
L’adoption du texte par le Sénat avant son examen par l’Assemblée nationale
L’adoption du texte par l’Assemblée nationale à la majorité absolue

L’adoption du texte dans les mêmes termes par les deux assemblées

Explication

Le projet ou la proposition de révision doit être adopté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale n’a pas le dernier mot pour cette procédure, et la majorité des trois cinquièmes concerne l’approbation au Congrès d’une initiative exécutive.

31. Des parlementaires prennent l’initiative d’une révision et les deux assemblées l’adoptent dans les mêmes termes. Quelle voie d’approbation doit ensuite être utilisée ?

Le vote final de l’Assemblée nationale, qui peut écarter le Sénat
Le Congrès, statuant à la majorité des trois cinquièmes de ses membres
Le référendum, obligatoire lorsque l’initiative est parlementaire
La promulgation présidentielle, sans approbation supplémentaire

Le référendum, obligatoire lorsque l’initiative est parlementaire

Explication

Après l’adoption dans les mêmes termes par les deux assemblées, le référendum est obligatoire si l’initiative de la révision est parlementaire. L’approbation par le Congrès est une option liée à l’initiative exécutive; l’adoption des assemblées ne clôt pas à elle seule la procédure.

32. Une révision d’initiative exécutive a été adoptée dans les mêmes termes par les deux assemblées. Quelle option le président de la République peut-il choisir pour l’approbation finale ?

Soumettre la révision au référendum ou la faire approuver par le Congrès aux trois cinquièmes
Faire approuver la révision par le Congrès aux trois cinquièmes, le référendum étant exclu
Soumettre la révision au référendum ou la faire approuver par le Congrès à la majorité simple
Demander une nouvelle adoption par les deux assemblées, puis faire promulguer la révision

Soumettre la révision au référendum ou la faire approuver par le Congrès aux trois cinquièmes

Explication

Pour une initiative exécutive, le président peut choisir le référendum ou l’approbation du Congrès à la majorité des trois cinquièmes. Rendre le référendum obligatoire confond cette procédure avec l’initiative parlementaire, et une majorité simple ne satisfait pas le seuil prévu.

33. À l’origine de la Ve République, comment le président était-il élu ?

Au suffrage universel indirect par un collège d’environ 80 000 grands électeurs, majoritairement des élus communaux
Au suffrage universel direct par l’ensemble des électeurs, au scrutin majoritaire à deux tours
Au suffrage universel indirect par un collège composé principalement d’élus nationaux
Par les seuls parlementaires réunis en collège, au scrutin majoritaire à deux tours

Au suffrage universel indirect par un collège d’environ 80 000 grands électeurs, majoritairement des élus communaux

Explication

Le système initial reposait sur un collège d’environ 80 000 grands électeurs, dont 85 % étaient des élus communaux. Le suffrage direct correspond à la réforme de 1962, tandis que le Parlement seul ou les élus nationaux ne décrivent pas ce collège.

34. Quel changement le référendum du 28 octobre 1962 instaure-t-il pour l’élection présidentielle ?

L’élection au suffrage universel indirect selon un scrutin majoritaire à deux tours
L’élection au suffrage universel direct selon un scrutin proportionnel à un tour
L’élection au suffrage universel direct selon un scrutin majoritaire à deux tours
L’adoption du mandat présidentiel de cinq ans par référendum

L’élection au suffrage universel direct selon un scrutin majoritaire à deux tours

Explication

Le référendum du 28 octobre 1962 instaure le suffrage universel direct au scrutin majoritaire à deux tours. Le suffrage indirect est le système initial, le scrutin proportionnel à un tour ne correspond pas à cette réforme, et le quinquennat est adopté en 2000.

35. Au premier tour d’une présidentielle, aucun candidat ne recueille la majorité des suffrages exprimés. Qui participe au second tour ?

Le candidat arrivé en tête, qui est élu sans second tour
Les deux candidats arrivés en tête au premier tour
Le candidat arrivé en tête et tout candidat ayant dépassé un seuil de voix
Tous les candidats ayant obtenu des suffrages au premier tour

Les deux candidats arrivés en tête au premier tour

Explication

En l’absence de majorité des suffrages exprimés au premier tour, les deux candidats arrivés en tête s’affrontent au second. La règle ne prévoit ni seuil de maintien, ni maintien de tous les candidats, ni élection immédiate du premier.

36. Quelle durée de mandat présidentiel le référendum du 24 septembre 2000 adopte-t-il ?

Cinq ans
Six ans
Sept ans
Quatre ans

Cinq ans

Explication

Le référendum du 24 septembre 2000 adopte le quinquennat présidentiel. Les sept ans correspondent à la durée initiale du mandat, tandis que six et quatre ans ne sont pas les durées indiquées pour cette réforme.

37. Un acte est accompli par le président dans l’exercice de ses fonctions. Quel principe général de l’article 67 s’applique, sous réserve des exceptions constitutionnelles ?

Le président n’est pas responsable de cet acte en qualité de président
Le président bénéficie du même régime pour tout acte privé et officiel
Le président relève automatiquement de la Cour pénale internationale pour cet acte
Le président peut être destitué pour cet acte par une juridiction pénale

Le président n’est pas responsable de cet acte en qualité de président

Explication

L’article 67 écarte la responsabilité du président pour les actes accomplis en qualité de président, tout en maintenant les exceptions constitutionnelles. Une immunité sans exception est trop large, la destitution relève d’une procédure spécifique, et la compétence de la CPI concerne notamment les crimes internationaux visés.

38. Des faits imputés à un président en exercice sont qualifiés de crimes de guerre. Quelle juridiction peut engager sa responsabilité pénale internationale pour ces faits ?

La Cour pénale internationale
Le Parlement constitué en Haute Cour
Le Conseil constitutionnel
Une juridiction pénale française

La Cour pénale internationale

Explication

Pour des crimes de guerre, la responsabilité pénale internationale du président relève de la Cour pénale internationale. La Haute Cour intervient dans la destitution, tandis que les juridictions françaises sont concernées par la protection procédurale prévue pendant le mandat.

39. Une proposition de résolution visant la destitution est adoptée par les deux chambres à la majorité requise. Quelle étape constitutionnelle doit encore prononcer la destitution ?

Une décision de la Cour pénale internationale à la majorité des deux tiers
Une validation par le Conseil constitutionnel à la majorité simple
Un vote de la Haute Cour à la majorité des deux tiers
Une confirmation par le seul Sénat à la majorité simple

Un vote de la Haute Cour à la majorité des deux tiers

Explication

Après l’adoption par chacune des deux chambres à la majorité des deux tiers, la Haute Cour prononce la destitution à la même majorité. Le vote des chambres ne remplace pas cette décision finale; la CPI et le Conseil constitutionnel ne prononcent pas la destitution.

40. Dans une procédure engagée depuis la révision constitutionnelle de 2007, quel fondement et quelle nature de procédure s’appliquent à la destitution présidentielle ?

Un manquement aux devoirs incompatible avec le mandat, dans une procédure politique sans magistrats
Une faute pénale ordinaire, instruite par une procédure judiciaire française
Une haute trahison, examinée par une procédure judiciaire conduite par des magistrats
Un crime de guerre, jugé par une procédure politique devant le Parlement

Un manquement aux devoirs incompatible avec le mandat, dans une procédure politique sans magistrats

Explication

Depuis la révision de 2007, la destitution repose sur un manquement aux devoirs manifestement incompatible avec le mandat et suit une procédure politique sans intervention de magistrats. La haute trahison et la procédure judiciaire renvoient à l’ancien régime, tandis que les crimes de guerre relèvent de la responsabilité pénale internationale.

41. Une association estime qu’une loi méconnaît la Constitution. Quel acte le président peut-il accomplir dans le cadre de son rôle de gardien de la Constitution ?

Annuler lui-même la loi
Saisir le Conseil constitutionnel
Dissoudre l’Assemblée nationale
Promulguer la loi contestée

Saisir le Conseil constitutionnel

Explication

Pour veiller au respect de la Constitution, le président peut notamment saisir le Conseil constitutionnel. La dissolution relève de l’arbitrage, la promulgation clôt la procédure législative et l’annulation directe n’est pas le pouvoir décrit.

42. Une crise institutionnelle menace le fonctionnement des pouvoirs publics et la continuité de l’État. Quel rôle de l’article 5 correspond à cette situation ?

Le rôle de gardien de la Constitution
Le rôle de garant de l’indépendance nationale
Le rôle d’arbitre
Le rôle de chef du pouvoir réglementaire de droit commun

Le rôle d’arbitre

Explication

L’article 5 confie au président, par son arbitrage, la mission d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’État. La défense relève du rôle de garant, la saisine constitutionnelle du rôle de gardien, et le pouvoir réglementaire de droit commun revient au Premier ministre.

43. Lors d’une crise touchant la sécurité du territoire et les relations avec des États étrangers, quel fondement de l’article 5 justifie l’autorité présidentielle dans ces domaines ?

La compétence réglementaire de droit commun attribuée au Premier ministre
L’arbitrage assurant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’État
La garantie de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités
La vigilance sur le respect de la Constitution et la saisine du Conseil constitutionnel

La garantie de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités

Explication

Le rôle de garant porte notamment sur l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et le respect des traités, ce qui fonde l’autorité présidentielle en matière de défense et d’affaires étrangères. L’arbitrage concerne le fonctionnement des pouvoirs publics, tandis que le gardiennage constitutionnel et le pouvoir réglementaire sont des notions distinctes.

44. Un acte présidentiel relève des attributions propres visées par l’article 19. Quelle formalité ministérielle cette catégorie implique-t-elle ?

L’acte est dispensé de contreseing ministériel
L’acte exige l’avis des commissions des deux assemblées
L’acte exige la signature du Premier ministre à la place du président
L’acte exige un contreseing ministériel

L’acte est dispensé de contreseing ministériel

Explication

L’article 19 distingue les attributions propres, dispensées de contreseing ministériel, des attributions partagées qui l’exigent. L’avis des commissions parlementaires concerne certains emplois publics, et la signature du Premier ministre ne remplace pas celle du président pour qualifier une attribution propre.

45. Après le vote définitif d’une loi, le président n’a demandé aucune nouvelle délibération et aucun contrôle constitutionnel n’interrompt la procédure. Dans quel délai doit-il la promulguer ?

Dans un délai d’un mois
Dans un délai de quinze jours
Dans un délai de dix jours
Dans un délai de deux mois

Dans un délai de quinze jours

Explication

L’article 10 impose au président de promulguer la loi dans un délai de quinze jours, ce qui clôt la procédure législative et ordonne son exécution par les autorités de l’État. Les autres durées ne correspondent pas au délai indiqué pour la promulgation.

46. Un décret est délibéré en Conseil des ministres. Quelle répartition des compétences s’applique entre le président et le Premier ministre ?

Le Premier ministre le signe, tandis que le président détient le pouvoir réglementaire de droit commun
Le président le signe et détient aussi le pouvoir réglementaire de droit commun
Le président le signe, tandis que le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire de droit commun
Le Premier ministre le signe et détient aussi le pouvoir réglementaire de droit commun

Le président le signe, tandis que le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire de droit commun

Explication

L’article 13 prévoit que le président signe les décrets délibérés en Conseil des ministres, alors que l’article 21 confie au Premier ministre le pouvoir réglementaire de droit commun. Confier au Premier ministre la signature présidentielle ou attribuer au président la compétence réglementaire générale inverse cette répartition.

47. Quel arrêt du Conseil d’État a jugé qu’un décret délibéré en Conseil des ministres et signé par le président relève de sa compétence ?

L’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989
L’arrêt Meyet du 10 septembre 1992
L’arrêt Jamart du 7 février 1936
L’arrêt Arrighi du 6 novembre 1936

L’arrêt Meyet du 10 septembre 1992

Explication

Dans l’arrêt Meyet du 10 septembre 1992, le Conseil d’État a retenu que le décret délibéré en Conseil des ministres et signé par le président relève de la compétence de celui-ci. Les autres décisions proposées portent sur d’autres références jurisprudentielles.

48. Un décret présidentiel a été délibéré en Conseil des ministres. Pour l’abroger, quelle procédure faut-il appliquer selon le parallélisme des formes et des compétences ?

Un décret du Premier ministre suivant la même procédure
Un décret présidentiel adopté sans délibération en Conseil des ministres
Un décret du Premier ministre adopté sans délibération en Conseil des ministres
Un décret présidentiel suivant la même procédure

Un décret présidentiel suivant la même procédure

Explication

Le parallélisme des formes et des compétences impose que la modification ou l’abrogation soit prise par le président et suive la même procédure que le décret présidentiel initial. Un décret du Premier ministre change l’autorité compétente, tandis que l’absence de délibération méconnaît la procédure requise.

49. Par quel acte le président de la République accrédite-t-il les ambassadeurs français auprès des puissances étrangères et les ambassadeurs étrangers auprès de lui ?

Par des lettres de créance
Par un contreseing ministériel
Par une loi d’autorisation
Par la ratification d’un traité

Par des lettres de créance

Explication

L’article 14 prévoit que le président accrédite les ambassadeurs au moyen de lettres de créance. La ratification concerne les traités, le contreseing intervient dans certaines décisions présidentielles et l’autorisation législative concerne certains traités.

50. Lorsqu’un traité est négocié puis ratifié par le président de la République, quel rôle constitutionnel revient au Gouvernement ?

Il ratifie le traité à la place du président
Il autorise seul le traité par une loi
Il ne participe pas à la négociation du traité
Il participe à la négociation et contresigne la ratification

Il participe à la négociation et contresigne la ratification

Explication

L’article 52 confie au président la négociation et la ratification des traités avec contreseing ministériel, tandis que le Gouvernement participe à leur négociation. Attribuer la ratification au Gouvernement confond les rôles, l’exclure de la négociation omet sa participation, et l’autorisation par une loi relève de l’article 53 pour les traités concernés.

51. Un traité relève d’une catégorie pour laquelle l’article 53 exige une autorisation législative. Que doit faire le président avant de le ratifier ?

Ratifier le traité avant l’autorisation parlementaire
Obtenir le seul contreseing du ministre compétent
Obtenir l’autorisation du Parlement par une loi
S’en remettre à l’accord du Gouvernement seul

Obtenir l’autorisation du Parlement par une loi

Explication

Pour les traités visés par l’article 53, une loi doit autoriser la ratification avant que le président puisse engager la France. Le contreseing et l’accord du Gouvernement ne remplacent pas cette autorisation, et la ratification ne peut la précéder.

52. Dans une situation de défense nationale, quelle répartition des compétences correspond à la Constitution ?

Le président est chef des armées, le Premier ministre dispose de la force armée et le Gouvernement est responsable de la défense
Le président est chef des armées, le Premier ministre responsable de la défense et le Gouvernement dispose de la force armée
Le président dispose de la force armée, le Premier ministre est responsable de la défense et le Gouvernement est chef des armées
Le président est responsable de la défense, le Premier ministre chef des armées et le Gouvernement dispose de la force armée

Le président est chef des armées, le Premier ministre responsable de la défense et le Gouvernement dispose de la force armée

Explication

Les attributions sont partagées : l’article 15 fait du président le chef des armées, l’article 21 rend le Premier ministre responsable de la défense nationale et l’article 20 attribue au Gouvernement la disposition de la force armée. Les autres répartitions intervertissent ces compétences.

53. Un projet de loi vient d’être déposé. Quelle est la première étape de son examen parlementaire prévue par l’article 43 ?

Sa discussion en séance plénière
Son inscription à l’ordre du jour
Son adoption par un vote de l’assemblée
Son examen en commission

Son examen en commission

Explication

L’article 43 prévoit que les projets et propositions de loi déposés sont d’abord examinés en commission. La séance plénière intervient ensuite, tandis que l’inscription à l’ordre du jour est nécessaire à la discussion en séance et que le vote n’est pas l’étape initiale.

54. Après l’examen en commission d’une proposition de loi, quel texte est soumis à la discussion en séance plénière depuis la révision constitutionnelle de 2008 ?

Le texte initial de la proposition déposée
Le texte gouvernemental initial, même pour une proposition
Le rapport rédigé par la commission
Le texte adopté par la commission

Le texte adopté par la commission

Explication

Depuis la révision de 2008, le texte adopté par la commission est discuté en séance plénière, qu’il s’agisse d’un projet ou d’une proposition de loi. Le texte initial ou le rapport de commission ne remplace pas ce texte adopté.

55. Un parlementaire propose un amendement qui n’aborde pas le sujet principal d’un texte, mais présente avec lui un lien indirect. Quel est son statut au regard de l’article 45 ?

Il est recevable seulement après le vote du texte
Il constitue un cavalier législatif sans lien avec le texte
Il est irrecevable faute de lien direct avec le texte
Il satisfait au critère de lien avec le texte

Il satisfait au critère de lien avec le texte

Explication

L’article 45 exige un lien au moins indirect entre l’amendement et le texte en discussion ; un lien indirect satisfait donc ce critère. L’absence de tout lien caractérise le cavalier législatif, tandis qu’exiger un lien direct rendrait la règle plus stricte que celle prévue.

56. Le Gouvernement demande à une assemblée de voter sur un texte en ne retenant que les amendements qu’il a acceptés. Quelle procédure utilise-t-il ?

La procédure accélérée
L’inscription à l’ordre du jour
La procédure du vote bloqué
L’examen préalable en commission

La procédure du vote bloqué

Explication

Selon l’article 44, alinéa 3, le vote bloqué permet au Gouvernement de demander un vote sur le texte accompagné des seuls amendements qu’il a acceptés. La procédure accélérée concerne les délais d’examen, tandis que la commission et l’ordre du jour sont des étapes distinctes.

57. Quelle est la fonction d’une loi organique lorsque la Constitution prévoit son intervention ?

Mettre en œuvre ou préciser une disposition constitutionnelle
Modifier directement une disposition de la Constitution
Fixer les modalités d’application d’une loi ordinaire
Régler une matière sans lien avec une disposition constitutionnelle

Mettre en œuvre ou préciser une disposition constitutionnelle

Explication

Une loi organique met en œuvre ou précise une disposition constitutionnelle lorsque la Constitution le prévoit. La loi ordinaire n’a pas ce statut, une loi organique ne révise pas la Constitution et un règlement n’est pas une loi organique.

58. Des députés souhaitent déposer une proposition de loi de finances, tandis que le Premier ministre prépare un projet sur le même sujet. Qui peut prendre l’initiative de ce texte ?

Le ministre chargé des finances, à titre personnel
Les députés, par le dépôt d’une proposition de loi de finances
Le Premier ministre et les parlementaires conjointement
Le Premier ministre, seul habilité à en prendre l’initiative

Le Premier ministre, seul habilité à en prendre l’initiative

Explication

L’initiative d’un projet de loi de finances appartient au seul Premier ministre, et les parlementaires ne peuvent pas déposer de proposition dans ce domaine. L’initiative parlementaire et l’initiative conjointe méconnaissent cette règle, tandis que le ministre chargé des finances n’est pas l’autorité désignée.

59. Un projet de loi de finances déposé il y a soixante-douze jours n’a pas été adopté. Quelle procédure le Gouvernement peut-il alors utiliser ?

Mettre ses dispositions en vigueur par ordonnance
Procéder par ordonnance après un délai global de cinquante jours
Faire entrer les dispositions en vigueur après quarante jours
Faire entrer le projet en vigueur par son adoption automatique

Mettre ses dispositions en vigueur par ordonnance

Explication

Si la loi de finances n’est pas adoptée dans le délai global de soixante-dix jours à compter du dépôt, le Gouvernement peut mettre ses dispositions en vigueur par ordonnance. Le délai de cinquante jours concerne le financement de la sécurité sociale, et le dépassement ne vaut pas adoption automatique.

60. Un projet de loi de financement de la sécurité sociale n’a toujours pas été adopté cinquante-deux jours après son dépôt. Quelle possibilité le Gouvernement peut-il invoquer ?

Considérer le texte comme adopté du fait du dépassement du délai
Procéder par ordonnance après le délai global de cinquante jours
Soumettre obligatoirement le texte à une nouvelle délibération parlementaire
Procéder par ordonnance après le délai global de soixante-dix jours

Procéder par ordonnance après le délai global de cinquante jours

Explication

Lorsqu’un projet de loi de financement de la sécurité sociale n’est pas adopté dans le délai global de cinquante jours, le Gouvernement peut procéder par ordonnance. Le délai de soixante-dix jours concerne la loi de finances, et le dépassement ne rend pas le texte automatiquement adopté.

61. Le Sénat approuve une déclaration de politique générale à la demande du Gouvernement. Quelle conséquence constitutionnelle ce vote entraîne-t-il ?

Le Gouvernement doit remettre sa démission après le vote
Le Gouvernement devient responsable devant le Sénat
La déclaration vaut motion de censure contre le Gouvernement
Aucune conséquence constitutionnelle n’est attachée à ce vote

Aucune conséquence constitutionnelle n’est attachée à ce vote

Explication

Le Gouvernement est responsable devant la seule Assemblée nationale ; le vote du Sénat sur une déclaration de politique générale n’a pas de conséquence constitutionnelle prévue. La responsabilité devant le Sénat, l’assimilation à une motion de censure et l’obligation de démission ne découlent pas de ce vote.

62. Une motion de censure spontanée est signée par un dixième des députés, puis votée après quarante-huit heures. Quelle condition reste nécessaire pour qu’elle soit adoptée ?

Réunir la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale
Être votée dès son dépôt par la majorité des députés présents
Obtenir la signature de la majorité absolue des députés
Réunir la majorité simple des suffrages exprimés

Réunir la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale

Explication

La motion spontanée doit réunir la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale pour être adoptée ; le dixième des députés correspond au seuil de signature et le vote intervient après quarante-huit heures. La majorité simple ou celle des seuls députés présents ne remplace pas le seuil requis.

63. Après délibération du Conseil des ministres, le Premier ministre engage la responsabilité du Gouvernement sur son programme. À quelle majorité la confiance est-elle votée ?

À la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés
À la majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale
À la majorité simple
À l’unanimité des députés présents

À la majorité simple

Explication

La confiance sollicitée sur le programme ou une déclaration de politique générale, après délibération du Conseil des ministres, est votée à la majorité simple. La majorité absolue est exigée pour une motion de censure, tandis que les autres seuils ne sont pas prévus pour ce vote.

64. Le Premier ministre, autorisé par le Conseil des ministres, engage la responsabilité du Gouvernement sur un texte. Que faut-il pour empêcher que le texte soit considéré comme adopté par l’Assemblée nationale ?

Faire adopter une motion de censure à la majorité des suffrages exprimés
Déposer une motion de censure dans les quarante-huit heures et l’adopter à la majorité simple
Obtenir un vote négatif sur le texte à la majorité simple
Déposer une motion de censure dans les vingt-quatre heures et l’adopter à la majorité absolue des membres

Déposer une motion de censure dans les vingt-quatre heures et l’adopter à la majorité absolue des membres

Explication

Avec la procédure de l’article 49, alinéa 3, le texte est considéré comme adopté sauf si une motion de censure est déposée dans les vingt-quatre heures et adoptée à la majorité absolue des membres. Le délai de quarante-huit heures concerne la motion spontanée, et un simple dépôt ou une majorité simple ne suffit pas.

65. Le Conseil constitutionnel doit être composé selon la répartition prévue pour ses neuf membres. Quelle répartition des nominations faut-il appliquer ?

Trois nominations par le président de la République et six réparties également entre les présidents des assemblées
Six nominations par le président de la République, puis trois par les présidents des assemblées réunis
Trois nominations par chacune des trois autorités : le président de la République, celui de l’Assemblée nationale et celui du Sénat
Quatre nominations par le président de la République, puis deux par chacun des présidents des assemblées

Trois nominations par chacune des trois autorités : le président de la République, celui de l’Assemblée nationale et celui du Sénat

Explication

Les neuf membres sont nommés à parts égales par les trois autorités, soit trois nominations chacune. La répartition « six par le président de la République » concentre à tort les nominations, tandis que les deux autres propositions attribuent mal les sièges aux autorités.

66. Après une élection sénatoriale contestée, quelle fonction le Conseil constitutionnel exerce-t-il lorsqu’il vérifie la régularité du scrutin ?

La fonction de juge électoral des élections sénatoriales
La fonction de juge constitutionnel des lois parlementaires
La fonction de juge électoral des seules élections présidentielles
La fonction de juge électoral des seuls référendums

La fonction de juge électoral des élections sénatoriales

Explication

Le Conseil constitutionnel contrôle la régularité des élections sénatoriales en qualité de juge électoral, comme pour les élections présidentielles et législatives ainsi que les référendums. Le contrôle des lois relève d’une autre attribution, et sa compétence électorale ne se limite pas aux scrutins présidentiels ou référendaires.

67. Avant leur entrée en vigueur, une loi organique, le règlement d’une assemblée et une proposition de loi organisant un référendum d’initiative partagée sont examinés : quel régime s’applique à ces trois actes ?

Un contrôle de constitutionnalité facultatif sur saisine
Un contrôle de constitutionnalité obligatoire
Un contrôle facultatif pour les propositions référendaires
Un contrôle obligatoire réservé aux lois ordinaires

Un contrôle de constitutionnalité obligatoire

Explication

Ces trois catégories d’actes sont soumises obligatoirement au contrôle de constitutionnalité avant leur entrée en vigueur. Le contrôle facultatif dépend d’une saisine, et les lois ordinaires ne remplacent pas les catégories prévues par cette règle.

68. Une loi déjà promulguée est contestée à l’occasion d’un litige, tandis qu’un autre contrôle est engagé avant la promulgation d’une loi. Quelle distinction caractérise ces procédures ?

Le contrôle a priori intervient après la promulgation par voie d’action abstraite ; la QPC intervient avant la promulgation à l’occasion d’un litige
Le contrôle a priori intervient avant la promulgation, par voie d’action et abstraitement ; la QPC intervient après la promulgation à l’occasion d’un litige
Le contrôle a priori intervient après la promulgation à l’occasion d’un litige ; la QPC intervient avant la promulgation de façon abstraite
Le contrôle a priori intervient avant la promulgation à l’occasion d’un litige ; la QPC intervient après la promulgation par voie d’action abstraite

Le contrôle a priori intervient avant la promulgation, par voie d’action et abstraitement ; la QPC intervient après la promulgation à l’occasion d’un litige

Explication

Le contrôle a priori de l’article 61 est exercé avant la promulgation, par voie d’action et de manière abstraite, alors que la QPC de l’article 61-1 est soulevée après la promulgation à l’occasion d’un litige. Les autres descriptions inversent le moment, la voie ou le caractère de ces contrôles.

69. Un recours demande au Conseil constitutionnel de contrôler la constitutionnalité d’une loi adoptée directement par référendum. Quelle réponse découle de sa position sur ces lois ?

Le Conseil constitutionnel contrôle cette loi parce que le référendum impose un examen renforcé
Le Conseil constitutionnel ne contrôle pas cette loi, expression directe de la souveraineté nationale
Le Conseil constitutionnel contrôle cette loi comme une loi ordinaire votée par le Parlement
Le Conseil constitutionnel contrôle cette loi seulement si des parlementaires la contestent

Le Conseil constitutionnel ne contrôle pas cette loi, expression directe de la souveraineté nationale

Explication

Le Conseil constitutionnel considère les lois référendaires comme l’expression directe de la souveraineté nationale et ne contrôle pas leur constitutionnalité. Les lois parlementaires peuvent, elles, faire l’objet du contrôle a priori ; le recours ne transforme pas une loi référendaire en loi parlementaire.

70. Au cours d’un litige, une justiciable estime qu’une disposition législative porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Quel parcours peut suivre sa QPC ?

Elle la présente au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, qui la transmet sans filtrage au Conseil constitutionnel
Elle la soulève devant le Parlement, puis une commission parlementaire la transmet au Conseil constitutionnel
Elle la dépose directement devant le Conseil constitutionnel, qui la transmet au juge du litige après examen
Elle la soulève devant le juge saisi du litige, puis le Conseil d’État ou la Cour de cassation peut la transmettre après filtrage

Elle la soulève devant le juge saisi du litige, puis le Conseil d’État ou la Cour de cassation peut la transmettre après filtrage

Explication

Tout justiciable peut soulever une QPC devant le juge saisi du litige ; après filtrage, le Conseil d’État ou la Cour de cassation peut la transmettre au Conseil constitutionnel. La justiciable ne saisit donc pas directement le Conseil constitutionnel, et la transmission n’est pas dépourvue de filtrage.

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