QCM : Sources et réalisation du droit (73 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une société où des règles encadrent les échanges tout en protégeant les libertés, quelle fonction le droit remplit-il ?

Organiser les rapports sociaux et permettre d’agir librement dans un cadre protecteur
Interdire aux individus d’agir librement afin d’imposer une organisation uniforme
Garantir les droits des individus en supprimant les règles qui encadrent leurs rapports
Intervenir après les conflits pour trancher les litiges et canaliser la violence

Organiser les rapports sociaux et permettre d’agir librement dans un cadre protecteur

Explication

Le droit organise les relations sociales et délimite un cadre dans lequel les individus peuvent agir librement tout en bénéficiant du respect de leurs droits. L’interdiction de toute liberté nie cette fonction, la résolution des litiges ne décrit que l’intervention en aval, et la suppression des règles confond protection des droits et absence de cadre.

2. Que signifie la formule « Ubi societas ibi jus » ?

Là où il y a une société, il y a du droit
Là où il y a du droit, une société doit disparaître
Là où il y a un État, il y a nécessairement une société
Là où il y a des règles écrites, il y a une société

Là où il y a une société, il y a du droit

Explication

La formule signifie que le droit est présent dès lors qu’existe une société. Dire que le droit fait disparaître la société inverse le lien, tandis que l’État ou les règles écrites ajoutent des conditions qui ne figurent pas dans la formule.

3. Un étudiant cherche à désigner l’ensemble des règles juridiques en vigueur en France à une date précise ; quel terme doit-il employer ?

Les droits subjectifs
Le droit historique
La science du droit
Le droit positif

Le droit positif

Explication

Le droit positif désigne les règles de droit en vigueur à un instant donné dans le droit français. La science du droit est une connaissance méthodique du droit, les droits subjectifs sont des prérogatives, et le droit historique ne désigne pas les règles actuellement en vigueur.

4. Une municipalité adopte des règles pour encadrer les usages d’un espace public, puis un tribunal tranche un litige né de leur application. Comment ces deux interventions illustrent-elles les moments où le droit agit ?

En aval, il organise les rapports ; en amont, il résout les conflits
En amont, il organise les rapports ; en aval, il résout les conflits
À chaque étape, il intervient seulement pour punir les contrevenants
En amont, il sanctionne les litiges ; en aval, il prévient leur apparition

En amont, il organise les rapports ; en aval, il résout les conflits

Explication

Le droit intervient en amont pour organiser les rapports sociaux et prévenir les conflits, puis en aval pour résoudre les litiges et canaliser la violence. La résolution en amont et l’organisation en aval inversent ces fonctions, tandis que la seule sanction néglige l’organisation préventive.

5. Dans un cours, on distingue les règles qui organisent les rapports sociaux et peuvent être sanctionnées par l’État des prérogatives reconnues aux personnes. Comment nomme-t-on le premier ensemble ?

La science du droit
Les droits subjectifs
Le droit conventionnel
Le droit objectif

Le droit objectif

Explication

Le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite qui organisent les rapports sociaux et dont la violation peut être sanctionnée par l’État. Les droits subjectifs désignent les prérogatives accordées aux personnes, la science du droit en est l’étude méthodique, et le droit conventionnel est une catégorie plus limitée.

6. Une association reconnue par les règles juridiques peut revendiquer une prérogative que celles-ci lui garantissent. Comment qualifier cette prérogative ?

Une sanction étatique
Une règle impersonnelle
Du droit objectif
Un droit subjectif

Un droit subjectif

Explication

Un droit subjectif est une prérogative que le droit objectif reconnaît et garantit à un individu ou à un groupe. Le droit objectif désigne les règles qui fondent cette prérogative, tandis qu’une règle impersonnelle et une sanction étatique ne sont pas la prérogative revendiquée.

7. Une règle prévoit un régime pour toutes les personnes appartenant à une catégorie définie, sans désigner de noms. Quel caractère de la règle de droit cette situation illustre-t-elle ?

Son caractère permanent et stable
Son caractère universel et intemporel
Son caractère individuel et concret
Son caractère général et impersonnel

Son caractère général et impersonnel

Explication

Une règle générale et impersonnelle s’applique aux personnes placées dans une catégorie ou une situation déterminée, sans viser des individus nommément désignés. « Universel et intemporel » écarte à tort les catégories, la permanence porte sur la durée, et une norme individuelle vise une situation concrète déterminée.

8. Une règle demeure en vigueur après la publication d’une nouvelle règle de rang inférieur, qui ne la modifie pas. Quel principe s’applique à l’ancienne règle ?

Elle reste applicable seulement aux personnes nommées lors de son adoption
Elle cesse de s’appliquer, car toute règle nouvelle la remplace
Elle cesse de s’appliquer, car sa stabilité exclut toute modification
Elle reste applicable, car la règle nouvelle est de rang inférieur

Elle reste applicable, car la règle nouvelle est de rang inférieur

Explication

Une règle conserve son caractère permanent et stable tant qu’elle n’est pas modifiée par une règle de même rang ou de rang supérieur dans la hiérarchie des normes. Une règle nouvelle de rang inférieur ne suffit donc pas à la modifier ; la nouveauté ne remplace pas automatiquement les règles antérieures, et la permanence ne transforme pas la règle en décision individuelle.

9. Une personne ne respecte pas une obligation juridique et l’État peut faire intervenir une juridiction pour en imposer le respect. Quelle caractéristique de la règle de droit cette situation illustre-t-elle ?

Son caractère moral assorti d’une réprobation personnelle
Son caractère facultatif assorti d’une simple recommandation
Son caractère religieux assorti d’une sanction communautaire
Son caractère obligatoire assorti d’une sanction étatique possible

Son caractère obligatoire assorti d’une sanction étatique possible

Explication

La règle de droit impose un comportement et son non-respect peut entraîner une sanction de l’État. La réprobation personnelle relève de la morale, la sanction communautaire de prescriptions religieuses et la recommandation n’a pas de caractère obligatoire.

10. Deux entreprises concluent une convention qui écarte une loi protégeant l’ordre public. Quelle règle s’applique à cette clause au regard de l’article 6 du Code civil ?

La clause prévaut dès qu’elle est acceptée
La clause vaut si elle poursuit un intérêt économique
La clause ne peut déroger à cette loi
La clause relève de la morale sans effet juridique

La clause ne peut déroger à cette loi

Explication

L’article 6 du Code civil interdit aux conventions particulières de déroger aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes mœurs. Faire prévaloir le contrat méconnaît cette limite, tandis que l’ordre public n’est pas une règle supplétive et que la disposition a un effet juridique.

11. Une personne éprouve un remords après avoir manqué à un devoir de conscience, sans qu’aucune sanction étatique ne soit prévue. Comment caractériser la sanction de ce devoir ?

Une sanction étatique relevant du droit pénal
Une sanction civile imposée par un tribunal
Une sanction administrative décidée par une autorité
Une sanction individuelle relevant de la morale

Une sanction individuelle relevant de la morale

Explication

La violation d’une règle morale est sanctionnée par l’individu lui-même, par exemple par le remords, et non par l’État. Une peine pénale, une sanction civile ou une sanction administrative relèvent au contraire de mécanismes juridiques étatiques.

12. Quelle liste regroupe les trois grandes catégories de sanctions juridiques ?

Pénales, morales et religieuses
Administratives, religieuses et contractuelles
Civiles, disciplinaires et morales
Administratives, pénales et civiles

Administratives, pénales et civiles

Explication

Les sanctions juridiques se classent en sanctions administratives, pénales et civiles. Les dommages et intérêts ou l’exécution forcée sont des formes possibles de sanction civile, tandis que les sanctions morales et religieuses ne sont pas des catégories de sanctions juridiques étatiques.

13. Pour résoudre un litige, une juriste doit identifier la règle, vérifier si ses conditions sont remplies au regard des faits, puis répondre à la question posée. Quel ordre correspond au syllogisme juridique ?

Conclusion, majeure, mineure
Mineure, conclusion, majeure
Majeure, conclusion, mineure
Majeure, mineure, conclusion

Majeure, mineure, conclusion

Explication

Le syllogisme commence par la majeure, qui identifie les règles applicables, puis la mineure confronte ces règles aux faits pertinents et vérifie leurs conditions, avant la conclusion. Commencer par la conclusion ou placer l’examen des faits avant l’identification de la règle inverse ces étapes.

14. Dans un procès, le texte applicable est clair, mais les parties présentent des versions différentes des événements et produisent des preuves contradictoires. Pourquoi une interprétation est-elle nécessaire ?

Pour créer une règle générale à partir des déclarations des parties
Pour éviter l’examen des faits en appliquant le texte automatiquement
Pour écarter le texte clair et lui substituer une autre règle
Pour apprécier les preuves et établir les faits pertinents

Pour apprécier les preuves et établir les faits pertinents

Explication

L’interprétation peut être nécessaire non seulement lorsque la règle est obscure, mais aussi lorsque les faits doivent être établis par l’appréciation des preuves. Remplacer un texte clair ou créer une règle générale ne répond pas à cette difficulté probatoire.

15. Un juge constate qu’une règle générale et une règle spéciale régissent le même cas. Aucune règle nouvelle n’est intervenue et les deux normes sont de rang égal. Laquelle doit prévaloir ?

La règle de rang inférieur
La règle spéciale
La règle la plus ancienne
La règle générale

La règle spéciale

Explication

En cas de conflit entre une règle spéciale et une règle générale applicables, le droit spécial l’emporte. La portée plus large du droit général ne lui donne pas priorité, et la priorité chronologique suppose une règle nouvelle contraire tandis que la hiérarchie favorise la norme supérieure.

16. Après un incident précis, une autorité impose une conduite à deux personnes nommément désignées afin de régler leur situation. En quoi cette décision se distingue-t-elle d’une règle de droit générale ?

Elle précède les faits et vise une catégorie de situations futures
Elle vise des destinataires identifiés et répond à un fait concret
Elle formule une règle abstraite destinée à des personnes indéterminées
Elle s’applique à toute situation comparable sans destinataire désigné

Elle vise des destinataires identifiés et répond à un fait concret

Explication

Une décision individuelle intervient à propos d’une situation concrète et vise des destinataires identifiés. La règle générale précède les faits et prévoit des catégories de situations, plutôt que de résoudre après coup le cas de personnes désignées.

17. Une personne signe un document dans le but de transférer une obligation à une autre personne. Quelle caractéristique permet de qualifier cette démarche d’acte juridique ?

C’est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit.
C’est un événement qui produit des conséquences juridiques sans volonté.
C’est une manifestation de volonté qui crée uniquement des obligations.
C’est une décision prise par une autorité afin de produire des effets de droit.

C’est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit.

Explication

Un acte juridique est une manifestation de volonté ayant pour but de produire des effets de droit, notamment de créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. L’événement sans volonté relève du fait juridique, la création d’obligations n’est qu’un effet possible, et la décision d’autorité se distingue de l’acte juridique.

18. Une personne fait seule une déclaration destinée à produire des effets de droit. Quelle qualification distingue correctement cette déclaration d’un contrat ?

Un contrat, car toute manifestation de volonté constitue un accord.
Un acte unilatéral, car il ne peut produire aucune obligation.
Un acte unilatéral, car une seule volonté individuelle s’exprime.
Un contrat, car tout acte produisant des effets de droit exige plusieurs personnes.

Un acte unilatéral, car une seule volonté individuelle s’exprime.

Explication

Un acte unilatéral émane d’une seule volonté, tandis qu’un contrat suppose au moins deux personnes. L’idée que toute manifestation forme un accord confond acte juridique et contrat, et une déclaration unilatérale peut produire des effets de droit.

19. Deux personnes s’accordent oralement sur une prestation, sans rédiger de document ni adopter une forme particulière. Quel principe permet en principe la formation de leur contrat ?

La force obligatoire, car le contrat se forme par l’exécution des obligations.
La liberté contractuelle, car le contrat exige une forme choisie par les parties.
Le formalisme, car un contrat exige en principe un écrit signé.
Le consensualisme, car la rencontre des volontés suffit en principe.

Le consensualisme, car la rencontre des volontés suffit en principe.

Explication

Le consensualisme signifie qu’en principe la rencontre des volontés forme le contrat, sans qu’un écrit ou une forme précise soit requis. L’exigence générale d’un écrit relève d’une confusion avec le formalisme, tandis que la force obligatoire concerne les effets d’un contrat déjà formé.

20. Dans un contrat de vente, le vendeur doit livrer le bien et l’acheteur doit payer le prix. Comment classer ce contrat au regard des obligations des parties ?

Comme unilatéral, car une seule partie est débitrice d’une obligation.
Comme synallagmatique, car les prestations ont nécessairement une valeur égale.
Comme synallagmatique, car chaque partie est créancière et débitrice d’obligations.
Comme unilatéral, car le contrat ne fait naître qu’une obligation au total.

Comme synallagmatique, car chaque partie est créancière et débitrice d’obligations.

Explication

Un contrat synallagmatique crée des obligations réciproques : chaque partie est créancière d’au moins une obligation et débitrice d’au moins une autre. Une obligation à la charge d’une seule partie caractérise le contrat unilatéral, et la réciprocité n’implique pas que les prestations soient équilibrées.

21. Après une affaire fortement médiatisée, plusieurs lois sont adoptées rapidement, puis certaines sont modifiées ou abrogées avant d’avoir été éprouvées. Quel phénomène cette situation illustre-t-elle ?

L’inflation législative, caractérisée par la prolifération de lois rapidement remaniées.
La codification, caractérisée par le regroupement cohérent de règles existantes.
L’évaluation normative, caractérisée par l’examen préalable des effets d’une règle.
La stabilité législative, caractérisée par la continuité des règles dans le temps.

L’inflation législative, caractérisée par la prolifération de lois rapidement remaniées.

Explication

L’inflation législative désigne la prolifération de lois, souvent adoptées en réaction à des situations médiatisées et parfois modifiées ou abrogées avant d’avoir été éprouvées. La codification regroupe des règles, la stabilité suppose leur continuité et l’évaluation ne décrit pas cette multiplication rapide.

22. Une loi demande aux citoyens d’adopter une conduite, mais ne prévoit aucune conséquence en cas de non-respect. Quelle caractérisation correspond à cette règle ?

Une loi normative et sanctionnée, puisque toute prescription entraîne une peine.
Une loi dépourvue de sanction, puisqu’elle prescrit une conduite sans prévoir de sanction.
Une loi dépourvue de normativité, puisqu’elle prescrit une conduite sans sanction.
Une loi dépourvue de sanction et de normativité, puisqu’elle ne prévoit pas de peine.

Une loi dépourvue de sanction, puisqu’elle prescrit une conduite sans prévoir de sanction.

Explication

Une loi dépourvue de sanction prescrit bien une conduite, mais ne prévoit pas de sanction. L’absence de normativité signifie plutôt que la loi ne prescrit ni n’interdit aucun comportement; elle ne se déduit donc pas du seul défaut de sanction.

23. Quelle exigence le Conseil constitutionnel a-t-il formulée le 29 septembre 2004 à propos de la loi, en reliant la normativité à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

La loi doit être claire et intelligible, et son absence de normativité peut contrevenir à l’article 6.
La loi doit démontrer son efficacité économique avant de respecter l’article 6.
La loi doit être écrite dans une forme unique et respecter l’article 6.
La loi doit prévoir une sanction pour chaque conduite et respecter l’article 6.

La loi doit être claire et intelligible, et son absence de normativité peut contrevenir à l’article 6.

Explication

Le Conseil constitutionnel a affirmé que la loi devait être claire et intelligible et que son absence de normativité pouvait contrevenir à l’article 6 de la Déclaration. La sanction, une forme écrite unique et l’efficacité économique ne constituent pas les exigences énoncées dans cette affirmation.

24. Une règle morale concerne le devoir d’une personne envers elle-même, sans encadrer ses relations avec autrui. Quelle distinction avec le droit cette situation met-elle en évidence ?

La morale et le droit encadrent de la même manière les devoirs envers soi-même.
La morale porte aussi sur les devoirs envers soi-même, contrairement au droit présenté ici.
Le droit porte sur les devoirs envers soi-même, contrairement à la morale.
La morale concerne les relations sociales, tandis que le droit règle les devoirs envers soi-même.

La morale porte aussi sur les devoirs envers soi-même, contrairement au droit présenté ici.

Explication

La morale concerne les devoirs envers autrui et envers soi-même, tandis que le droit encadre les relations sociales sans régir la relation de chacun à lui-même. Attribuer au droit les devoirs envers soi-même inverse cette distinction, et limiter la morale aux devoirs envers autrui en omet une partie.

25. Qu’est-ce qui définit un ordre juridique ?

Un ensemble de règles de conduite dont l’application ne fait l’objet d’aucun contrôle organisé
Un mécanisme de sanction des comportements, sans fonction de production ni d’exécution des règles
Un groupe social uni par un intérêt commun, sans organisation de la production des règles
Un système social coordonnant la production, l’exécution et le contrôle des règles, ainsi que leur sanction

Un système social coordonnant la production, l’exécution et le contrôle des règles, ainsi que leur sanction

Explication

Un ordre juridique coordonne les structures qui produisent et appliquent les règles, en contrôlent le respect et sanctionnent leur violation. Le simple groupe social omet cette organisation, l’ensemble de règles néglige les fonctions structurelles et la sanction isolée ne décrit qu’une partie du système.

26. Dans une communauté, un juge ne trouve aucune règle permettant de trancher une situation nouvelle. Quel caractère de l’ordre juridique cette lacune met-elle en défaut ?

La stabilité, qui suppose que la composition du groupe social s’inscrive dans la durée
La cohérence, qui suppose que les règles et les institutions ne se contredisent pas excessivement
La complétude, qui suppose une solution juridique pour chaque situation susceptible de se présenter
L’unité, qui suppose que les organes relèvent d’un même ordre juridique

La complétude, qui suppose une solution juridique pour chaque situation susceptible de se présenter

Explication

La complétude signifie qu’une solution juridique doit exister pour chaque situation susceptible de se présenter. L’unité concerne l’organisation commune, la cohérence les contradictions entre éléments, et la stabilité la durée du groupe social.

27. Une loi fixe les obligations des vendeurs, tandis qu’une autre règle désigne l’autorité chargée de contrôler leur respect. Comment classer ces deux règles, dans cet ordre ?

Règle substantielle, puis règle structurelle
Deux règles structurelles
Deux règles substantielles
Règle structurelle, puis règle substantielle

Règle substantielle, puis règle structurelle

Explication

La règle qui fixe les obligations détermine le contenu des droits et conduites : elle est substantielle. La règle qui organise le contrôle relève de la structure; l’inversion confond ces fonctions, et le seul fait qu’une règle soit législative ne détermine pas sa catégorie.

28. Une commune organise un service public et encadre les rapports entre ses agents et les usagers. Quelle branche du droit correspond principalement à cette situation ?

Le droit privé, car les usagers sont des personnes privées
Le droit public, car la commune agit dans l’organisation d’un service d’intérêt général
Le droit commercial, car la commune organise une activité de service
Le droit civil, car la situation implique des relations entre personnes

Le droit public, car la commune agit dans l’organisation d’un service d’intérêt général

Explication

Le droit public organise les collectivités publiques et leurs relations avec les particuliers, notamment au regard de l’intérêt général. La présence d’usagers privés ne transforme pas cette organisation publique en rapport de droit privé, et la situation ne relève pas pour autant du droit civil ou commercial.

29. Un litige entre particuliers porte sur une question pour laquelle la branche spécialisée applicable ne prévoit aucune règle. Quel droit a vocation à combler ce silence ?

Le droit civil, en tant que droit commun du droit privé
Le droit commercial, en tant que droit commun de toutes les branches privées
Le droit public, en tant que droit supplétif des rapports entre particuliers
Aucune règle, car le silence d’une branche exclut une solution juridique

Le droit civil, en tant que droit commun du droit privé

Explication

Lorsque les règles d’une branche du droit privé sont silencieuses, le droit civil, qui en constitue le droit commun, a vocation à s’appliquer. Le droit commercial n’est pas le droit commun de toutes les branches, et le silence de la règle spéciale n’exclut pas le recours au droit civil.

30. Deux sociétés concluent une opération commerciale. Quelle branche du droit régit principalement leurs affaires ?

Le droit civil
Le droit du travail
Le droit commercial
Le droit public

Le droit commercial

Explication

Le droit commercial régit les affaires entre commerçants et sociétés. Le droit civil constitue le droit commun privé, le droit public concerne notamment l’organisation des pouvoirs publics, et le droit du travail porte sur les relations de travail.

31. Quelle représentation décrit les normes juridiques comme hiérarchisées, certaines étant supérieures à d’autres ?

Le droit civil
La pyramide de Kelsen
Le contrôle de proportionnalité
Le réseau des normes

La pyramide de Kelsen

Explication

La pyramide de Kelsen représente les normes selon une hiérarchie, certaines étant supérieures à d’autres. Le réseau rend compte de rattachements multiples, tandis que le droit civil et le contrôle de proportionnalité désignent d’autres notions.

32. Un juge doit arbitrer un conflit entre la liberté d’expression et la liberté de culte, deux droits fondamentaux de même valeur. Quelle démarche convient ?

Retenir le droit invoqué en premier sans examiner l’atteinte portée à l’autre
Appliquer une hiérarchie qui place d’emblée l’un des deux droits au-dessus de l’autre
Mettre en balance les intérêts et contrôler la proportionnalité de l’atteinte
Recourir au droit civil pour départager les deux libertés fondamentales

Mettre en balance les intérêts et contrôler la proportionnalité de l’atteinte

Explication

Des droits fondamentaux de même valeur ne se départagent pas par la hiérarchie : le juge met en balance les intérêts et contrôle la proportionnalité de l’atteinte. Prétendre qu’un droit est d’emblée supérieur impose une hiérarchie absente, tandis que négliger la proportionnalité ou invoquer le droit civil ne résout pas ce conflit.

33. Dans l’étude des relations entre ordres juridiques, quels deux types de rapports sont notamment distingués ?

Les rapports entre ordres étatiques et les rapports entre un ordre étatique et l’ordre international général
Les rapports entre les institutions de l’Union, ainsi que les rapports entre juridictions nationales
Les rapports entre un ordre étatique et l’ordre de l’Union, à l’exclusion des rapports entre ordres étatiques
Les rapports entre un ordre étatique membre de l’Union et l’ordre de l’Union, ainsi que les rapports entre ordres étatiques

Les rapports entre un ordre étatique membre de l’Union et l’ordre de l’Union, ainsi que les rapports entre ordres étatiques

Explication

Les relations examinées comprennent à la fois celles entre un État membre et l’ordre de l’Union et celles entre ordres étatiques. Les institutions de l’Union et les juridictions nationales sont une confusion avec des acteurs, tandis que l’exclusion des rapports entre ordres étatiques omet l’un des deux types.

34. Un tribunal national hésite sur le sens d’une règle de l’Union nécessaire pour trancher un litige dont il est saisi. Quelle démarche correspond au renvoi préjudiciel ?

Interroger la CJUE sur l’interprétation de la règle de l’Union à appliquer au litige
Demander à la CJUE d’annuler la loi nationale au regard de la Constitution
Saisir directement la CJUE pour faire sanctionner l’État membre concerné
Transmettre la question à une institution de l’Union pour qu’elle tranche le litige

Interroger la CJUE sur l’interprétation de la règle de l’Union à appliquer au litige

Explication

Le renvoi préjudiciel permet à une juridiction nationale d’interroger la CJUE sur l’interprétation du droit de l’Union afin de l’appliquer à un litige. Le recours direct vise à faire respecter les règles de l’Union par un État ou une institution; l’annulation d’une loi nationale et la décision par une institution ne correspondent pas à ce mécanisme.

35. Une réforme constitutionnelle envisagée soulève des obstacles particuliers et la Constitution occupe la place supérieure dans l’ordre des normes. Quelles caractéristiques de la Constitution expliquent ces deux éléments ?

Elle est écrite, difficile à modifier et placée au même niveau que les lois ordinaires
Elle est écrite, difficile à modifier et placée au sommet de la hiérarchie des normes
Elle est écrite, facile à modifier et placée au-dessous des traités internationaux
Elle est coutumière, facile à modifier et placée au sommet de la hiérarchie des normes

Elle est écrite, difficile à modifier et placée au sommet de la hiérarchie des normes

Explication

La Constitution est écrite, difficile à modifier et située au sommet de la hiérarchie des normes. Une Constitution coutumière ou facile à réviser contredit ces caractéristiques, tandis que la placer au niveau des lois ordinaires nie sa position supérieure.

36. Comment caractériser un traité international et quelles formes peut-il prendre ?

Un accord entre un État et un particulier, qui peut être bilatéral ou multilatéral
Un acte adopté par une organisation internationale, qui peut être individuel ou collectif
Un accord conclu entre États consentants, qui peut être bilatéral ou multilatéral
Une règle imposée aux États sans leur consentement, qui peut être bilatérale ou multilatérale

Un accord conclu entre États consentants, qui peut être bilatéral ou multilatéral

Explication

Un traité international est un accord par lequel des États consentent à s’engager; il peut être bilatéral ou multilatéral. Un acte unilatéral d’organisation, un contrat avec un particulier ou une obligation imposée sans consentement ne correspond pas à cette définition.

37. Un traité a été signé et ratifié, mais il n’a pas encore été publié. Quelle étape lui manque-t-il pour entrer dans l’ordre juridique français ?

Une signature renouvelée après la ratification
Une approbation judiciaire préalable
La publication
Une seconde ratification

La publication

Explication

L’entrée d’un traité dans l’ordre juridique français suppose qu’il soit signé, ratifié puis publié; dans le cas décrit, la publication manque. La ratification ne remplace pas cette étape, et ni une signature renouvelée ni une approbation judiciaire ne fait partie de cette séquence.

38. Une stipulation conventionnelle est invoquée par un particulier : elle vise à lui conférer un droit, mais laisse aux États une large marge de décision pour sa mise en œuvre. Peut-elle produire un effet direct selon les critères applicables ?

Oui, car la ratification rend toute stipulation directement invocable
Oui, car la création d’un droit pour un particulier suffit à elle seule
Non, car elle n’est pas suffisamment précise et inconditionnelle
Non, car seuls les traités bilatéraux peuvent produire un effet direct

Non, car elle n’est pas suffisamment précise et inconditionnelle

Explication

L’effet direct suppose cumulativement que la stipulation crée des droits pour les particuliers et qu’elle soit suffisamment précise et inconditionnelle. La marge de décision laissée aux États fait défaut à ce dernier critère; la seule création d’un droit ou la ratification ne suffit pas.

39. Une autorité limite un droit garanti par la Convention européenne des droits de l’homme. Quelle justification satisfait les exigences applicables à une telle restriction ?

Une restriction prévue par la loi et poursuivant un but légitime, même si elle est disproportionnée
Une restriction nécessaire et proportionnée, même si aucun but légitime ne la justifie
Une restriction poursuivant un but légitime et proportionnée, même sans base légale
Une restriction prévue par la loi, poursuivant un but légitime et nécessaire et proportionnée dans une société démocratique

Une restriction prévue par la loi, poursuivant un but légitime et nécessaire et proportionnée dans une société démocratique

Explication

Une restriction doit être prévue par la loi, poursuivre un but légitime, être nécessaire dans une société démocratique et rester proportionnée au but poursuivi. La disproportion, l’absence de but légitime ou l’absence de base légale fait manquer une exigence distincte.

40. Quelle caractéristique définit un principe général du droit ?

Une règle obligatoire non écrite, parfois dégagée avant sa codification
Une pratique répétée que le groupe social estime juridiquement obligatoire
Une décision judiciaire qui produit effet entre les parties au litige
Une règle écrite adoptée par le Parlement et immédiatement codifiée

Une règle obligatoire non écrite, parfois dégagée avant sa codification

Explication

Un principe général du droit est une règle obligatoire non écrite, que le juge ou la doctrine peut dégager avant sa codification. La règle parlementaire écrite relève de la législation, la pratique obligatoire de la coutume et l’effet entre parties de l’autorité de la chose jugée.

41. Dans une communauté, un comportement est répété et largement observé, mais ses membres ne le considèrent pas comme juridiquement obligatoire. Quel élément nécessaire à la coutume fait défaut ?

L’élément matériel, soit la répétition du comportement dans le groupe
La codification, soit l’inscription de la pratique dans un texte légal
La généralité, soit l’observation du comportement par les personnes concernées
L’élément psychologique, soit la croyance en son caractère obligatoire

L’élément psychologique, soit la croyance en son caractère obligatoire

Explication

La coutume exige à la fois une pratique constante et générale et la croyance qu’elle est juridiquement obligatoire. La répétition et la généralité décrivent l’élément matériel, tandis que la codification n’est pas l’élément psychologique.

42. Une loi renvoie expressément aux usages d’une profession pour préciser une modalité qu’elle ne fixe pas elle-même. De quel type de coutume s’agit-il ?

Une coutume praeter legem, qui comble un silence de la loi
Une coutume contra legem, qui contredit une règle légale
Une coutume secundum legem, appelée par la loi pour la compléter
Une pratique sans rapport avec la loi et dépourvue de fonction complémentaire

Une coutume secundum legem, appelée par la loi pour la compléter

Explication

La coutume secundum legem intervient lorsque la loi y renvoie et sert à la compléter. La coutume praeter legem comble un silence légal, tandis que la coutume contra legem contredit une règle légale.

43. Quelle situation correspond à la définition de la coutume ?

Une série de décisions judiciaires rendues dans des litiges similaires
Une règle écrite adoptée par le législateur pour encadrer un comportement
Une pratique sociale répétée, tenue pour juridiquement obligatoire par le groupe
Une règle non écrite dégagée par un juge avant sa codification

Une pratique sociale répétée, tenue pour juridiquement obligatoire par le groupe

Explication

La coutume est une pratique sociale répétée que le groupe concerné perçoit comme juridiquement obligatoire. Une règle dégagée par le juge peut être un principe général, une série de décisions relève de la jurisprudence et une règle écrite est législative.

44. Un juriste affirme que seules les règles écrites émanant du Parlement constituent du droit. Quelle conception de la jurisprudence exprime-t-il ?

La vision légicentriste, qui ne reconnaît pas la jurisprudence comme source de droit
Une conception fondée sur le précédent obligatoire des cours supérieures
La vision réaliste, qui reconnaît comme droit les règles suivies par la société
Une conception qui traite toute décision judiciaire comme une coutume

La vision légicentriste, qui ne reconnaît pas la jurisprudence comme source de droit

Explication

La vision légicentriste limite le droit aux règles écrites émanant du Parlement et ne considère donc pas la jurisprudence comme une source de droit. La vision réaliste retient plutôt les règles socialement suivies avec la conviction qu’elles sont obligatoires.

45. Un juge envisage de régler un litige en édictant une disposition générale et réglementaire applicable à des causes similaires. Quelle règle du Code civil s’y oppose ?

La règle française selon laquelle le précédent ne lie pas formellement les juridictions du fond
L’article 1355, qui limite l’autorité de la chose jugée aux parties
L’article 5, qui prohibe les arrêts de règlement
L’article 4, qui interdit le déni de justice

L’article 5, qui prohibe les arrêts de règlement

Explication

L’article 5 du Code civil interdit au juge de prononcer des dispositions générales et réglementaires sur les causes soumises, ce qui prohibe les arrêts de règlement. L’article 4 impose de trancher les litiges, et l’article 1355 concerne les effets de la décision entre les parties.

46. Une juridiction du fond française examine une solution de la Cour de cassation rendue dans une affaire comparable. Quel statut cette solution a-t-elle pour elle ?

Elle la lie formellement comme un précédent obligatoire
Elle ne la lie pas formellement, même si elle peut être suivie en pratique
Elle ne peut pas la prendre en considération dans son raisonnement
Elle s’impose aux parties et aux tiers comme une règle législative

Elle ne la lie pas formellement, même si elle peut être suivie en pratique

Explication

En France, les décisions de la Cour de cassation ne lient pas formellement les juridictions du fond, même si celles-ci les suivent souvent en pratique. Le précédent obligatoire caractérise les systèmes de common law, et l’autorité relative de la chose jugée concerne les parties au litige.

47. Un juge saisi d’un litige constate qu’aucune règle légale ne prévoit le cas. Quelle obligation lui impose l’article 4 du Code civil ?

Édicter une disposition générale applicable à tous les cas semblables
Suivre nécessairement une décision antérieure de la Cour de cassation
Refuser de statuer jusqu’à ce que le Parlement adopte une règle
Trancher le litige malgré l’absence de règle légale applicable

Trancher le litige malgré l’absence de règle légale applicable

Explication

L’article 4 interdit le déni de justice : le juge doit trancher le litige même si la loi ne prévoit pas de règle applicable. Refuser de statuer méconnaîtrait cette obligation, tandis qu’édicter une règle générale relève de l’interdiction des arrêts de règlement.

48. Un juge doit appliquer une règle générale à un cas concret, mais le texte ne précise pas comment résoudre le point litigieux. Quel rôle la jurisprudence peut-elle jouer ?

Préciser le sens de la règle ou combler la lacune
Formuler un avis dépourvu de rôle dans le litige
Modifier formellement la loi par une décision judiciaire
Appliquer le texte sans en préciser le sens

Préciser le sens de la règle ou combler la lacune

Explication

La jurisprudence peut créer du droit en interprétant une règle existante ou en comblant une lacune. L’application mécanique néglige l’interprétation, la modification formelle relève du législateur et le rôle simplement consultatif ne correspond pas à cette fonction.

49. Un gardien cause un dommage avec une chose, sans qu’une règle particulière sur cette chose soit applicable. Quelle interprétation jurisprudentielle de l’article 1242, alinéa 1, peut fonder la responsabilité ?

Un principe général de responsabilité du fait des choses gardées
Une responsabilité limitée aux bâtiments et aux incendies
Une responsabilité fondée sur la faute personnelle du gardien
Une responsabilité limitée aux actes des personnes dont on répond

Un principe général de responsabilité du fait des choses gardées

Explication

La jurisprudence a interprété l’article 1242, alinéa 1, comme fondant un principe général de responsabilité du fait des choses gardées, au-delà de l’intention initiale du législateur. Les bâtiments et incendies renvoient à la portée envisagée en 1804, tandis que la faute personnelle et le fait d’autrui sont d’autres fondements.

50. Comment caractériser la place de la jurisprudence dans les sources du droit et son rôle concret dans l’interprétation de la loi ?

Une source principale qui remplace la loi dans son application
Une source équivalente à la loi dans la hiérarchie juridique
Une source d’appoint secondaire qui guide concrètement l’interprétation
Une source consultative qui n’influence pas l’interprétation judiciaire

Une source d’appoint secondaire qui guide concrètement l’interprétation

Explication

La jurisprudence reste une source d’appoint secondaire, tout en jouant en pratique un rôle décisif pour guider l’interprétation de la loi. La qualifier de source principale ou équivalente à la loi exagère son statut, tandis qu’un rôle sans influence contredit son effet pratique.

51. Deux chambres rendent des décisions divergentes sur une question, puis une juridiction opère un revirement. Pourquoi est-il alors difficile de déterminer si une règle jurisprudentielle est acquise ?

Le revirement confirme que la règle antérieure est demeurée stable
L’absence de publication empêche de connaître les décisions rendues
Les divergences entre chambres clarifient la règle applicable
Les divergences et les revirements rendent incertaine la règle applicable

Les divergences et les revirements rendent incertaine la règle applicable

Explication

Des arrêts difficiles à comprendre, des divergences entre chambres et des revirements peuvent rendre incertaine l’existence d’une règle jurisprudentielle acquise. L’incertitude tient donc à l’interprétation et à l’évolution des décisions, non à une absence nécessaire de publication.

52. Que désigne la doctrine en droit ?

Les usages suivis par les professionnels dans leur activité
Les opinions critiques des spécialistes qui étudient ou enseignent le droit
Les règles générales adoptées par le législateur
Les décisions rendues par les juridictions sur des litiges

Les opinions critiques des spécialistes qui étudient ou enseignent le droit

Explication

La doctrine regroupe les opinions des spécialistes du droit, notamment ceux qui l’enseignent ou écrivent à son sujet et en proposent une appréciation critique. Les décisions relèvent de la jurisprudence, les usages de la pratique et les règles adoptées de la législation.

53. Une juriste publie une interprétation argumentée d’une loi, mais un juge doit ensuite trancher un litige portant sur cette loi. Quelle force l’analyse de la juriste a-t-elle pour le juge ?

Aucune force obligatoire, même si elle peut éclairer le juge
Une force obligatoire dès lors que l’analyse est argumentée
Une force contraignante dès qu’elle est publiée
Un pouvoir de trancher le litige à la place du juge

Aucune force obligatoire, même si elle peut éclairer le juge

Explication

L’interprétation doctrinale n’a pas de force obligatoire, car la doctrine ne détient pas de pouvoir décisionnaire ; le juge fixe le sens contraignant de la règle. Une argumentation peut convaincre, mais elle ne lie pas le juge et ne lui retire pas son pouvoir de décision.

54. Des juges sont convaincus par l’argumentation d’un ouvrage juridique et modifient leur interprétation d’une règle. Quel effet de la doctrine cet exemple illustre-t-il ?

Une autorité obligatoire qui s’impose aux juridictions
Un pouvoir décisionnaire exercé par l’auteur de l’ouvrage
Une influence indirecte par la qualité de son argumentation
Une fonction limitée à faire connaître la règle existante

Une influence indirecte par la qualité de son argumentation

Explication

La doctrine peut influencer indirectement le droit en convainquant notamment les juges ou le législateur par la qualité de ses arguments. Cette influence ne confère pas aux auteurs une autorité obligatoire ni un pouvoir décisionnaire.

55. Dans une profession, des praticiens suivent un usage établi pour mettre en œuvre une norme, mais aucun juge n’a fixé de règle sur ce point. Comment qualifier cet usage ?

Une activité sans rapport avec l’interprétation de la norme
Une règle de droit autonome issue de l’usage professionnel
Une pratique d’interprétation et de mise en œuvre, non une source équivalente à la jurisprudence
Une règle jurisprudentielle créée par les professionnels concernés

Une pratique d’interprétation et de mise en œuvre, non une source équivalente à la jurisprudence

Explication

La pratique interprète et met en œuvre les normes, mais elle ne constitue pas à elle seule une règle de droit ni une source équivalente à la jurisprudence. Un usage professionnel n’est donc pas une règle créée par un juge, même s’il participe à l’application concrète du droit.

56. Une situation peut relever d’une règle ancienne puis d’une règle nouvelle. Quelle branche du droit régit le conflit entre ces règles successives dans le temps ?

L’interprétation législative
Le contrôle de constitutionnalité
Le droit de l’entrée en vigueur
Le droit transitoire

Le droit transitoire

Explication

Le droit transitoire régit les conflits de règles dans le temps lorsqu’une situation peut relever de deux règles successives. Le contrôle de constitutionnalité concerne la conformité des normes, l’entrée en vigueur fixe le début des effets d’une loi et l’interprétation en éclaire le sens.

57. Quelle règle générale l’article 2 du Code civil énonce-t-il à propos de l’application de la loi dans le temps ?

La loi dispose pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif
La loi dispose pour le passé et n’a point d’effet pour l’avenir
La loi ne produit d’effet qu’après contrôle du juge
La loi entre en vigueur le lendemain de sa publication

La loi dispose pour l’avenir et n’a point d’effet rétroactif

Explication

L’article 2 énonce que la loi ne dispose que pour l’avenir et qu’elle n’a point d’effet rétroactif. L’effet rétroactif général inverse ce principe, tandis que le lendemain de la publication relève de l’article 1 et que le contrôle judiciaire préalable n’est pas la règle énoncée ici.

58. Une loi nouvelle régit les situations qui se produiront après son entrée en vigueur, mais ne s’applique pas aux situations déjà passées. Quelle distinction décrit ces deux principes ?

L’application immédiate concerne l’avenir, et la non-rétroactivité protège les situations passées
La loi ancienne régit l’avenir, et la loi nouvelle régit les situations passées
La non-rétroactivité concerne l’avenir, et l’application immédiate protège les situations passées
La rétroactivité concerne l’avenir, et l’application immédiate régit les situations passées

L’application immédiate concerne l’avenir, et la non-rétroactivité protège les situations passées

Explication

L’application immédiate fait régir à la loi nouvelle les situations à venir, tandis que la non-rétroactivité l’empêche de régir les situations passées. Inverser ces fonctions confond les deux principes ; maintenir la loi ancienne pour l’avenir ou appliquer la loi nouvelle au passé les dénature.

59. Un contrat d’abonnement conclu entre deux personnes fixe les règles de leur relation. Comment qualifier cette situation juridique selon son mode de formation ?

La constitution d’une situation juridique
Les effets d’une situation juridique
Une situation juridique contractuelle
Une situation juridique légale

Une situation juridique contractuelle

Explication

Une situation juridique contractuelle résulte d’un contrat conclu entre les personnes, comme un abonnement. Une situation légale est réglementée par la loi, tandis que la constitution désigne la naissance d’une situation et ses effets, les droits et obligations qu’elle produit.

60. Une loi fixe une date d’entrée en vigueur, mais certaines de ses dispositions nécessitent des mesures d’application qui ne sont prises que plus tard. À quel moment ces dispositions entrent-elles en vigueur ?

À la date d’entrée en vigueur fixée pour les autres dispositions
Le lendemain de la publication de la loi
À la date d’entrée en vigueur des mesures d’application
À la date d’adoption de la loi

À la date d’entrée en vigueur des mesures d’application

Explication

Selon l’article 1, les dispositions dont l’exécution nécessite des mesures d’application entrent en vigueur à la date de ces mesures. La date fixée pour les autres dispositions, le lendemain de la publication à défaut de date fixée, et la date d’adoption ne remplacent pas cette règle particulière.

61. En matière civile, le législateur adopte une loi prévoyant des effets rétroactifs. Quelle proposition décrit correctement son pouvoir ?

Il ne peut déroger à l’article 2 que pour une loi pénale plus douce
Il ne peut prévoir la rétroactivité, car l’article 2 a valeur constitutionnelle
Il peut prévoir la rétroactivité sans contrôle du juge
Il peut prévoir la rétroactivité, sous réserve du contrôle du juge

Il peut prévoir la rétroactivité, sous réserve du contrôle du juge

Explication

En matière civile, l’article 2 n’a pas valeur constitutionnelle : le législateur peut donc prévoir une rétroactivité, sous réserve du contrôle du juge. Cela ne signifie pas que cette rétroactivité échappe à tout contrôle, et la règle pénale plus douce relève d’un principe distinct.

62. Une loi nouvelle clarifie le sens d’une loi antérieure, sans ajouter de règle ni de droit nouveau, et reconnaît un droit préexistant devenu controversé en raison d’une définition imparfaite. Comment la qualifier ?

Une loi pénale plus douce
Une loi de validation
Une loi créatrice de droit nouveau
Une loi interprétative

Une loi interprétative

Explication

Une loi interprétative éclaire le sens d’une loi antérieure sans innover et reconnaît un droit préexistant rendu controversé par une définition imparfaite. La création d’un droit nouveau suppose une innovation, la validation vise des actes administratifs et la loi pénale plus douce réduit la sévérité pénale.

63. Une loi pénale moins sévère s’applique à une infraction commise avant son entrée en vigueur, mais l’affaire n’a pas encore donné lieu à une condamnation définitive. Le législateur tente d’écarter cette application. Quelle règle s’impose ?

La loi moins sévère s’applique seulement après une condamnation définitive
La loi moins sévère s’applique et le législateur ne peut y déroger
Le législateur peut écarter l’application de la loi moins sévère
La loi ancienne s’applique jusqu’à la condamnation définitive

La loi moins sévère s’applique et le législateur ne peut y déroger

Explication

La rétroactivité in mitius applique la loi pénale moins sévère aux infractions antérieures qui n’ont pas donné lieu à une condamnation définitive, et le législateur ne peut y déroger. Elle ne s’étend pas ici aux condamnations définitives, et le principe de non-rétroactivité ne permet pas d’écarter cette règle favorable.

64. Une loi nouvelle fixe des règles transitoires pour les procédures en cours. Quelle démarche le juge doit-il suivre ?

Appliquer directement la loi nouvelle à toutes les situations antérieures
Appliquer les dispositions transitoires, sous réserve du contrôle au regard de l’article 6 § 1 de la CEDH
Appliquer les dispositions transitoires sans examiner leur conformité à la CEDH
Écarter les dispositions transitoires et appliquer l’article 2 du Code civil

Appliquer les dispositions transitoires, sous réserve du contrôle au regard de l’article 6 § 1 de la CEDH

Explication

Le juge applique les dispositions transitoires prévues par le législateur, sous réserve du contrôle fondé sur le droit à un procès équitable garanti par l’article 6 § 1 de la CEDH. L’article 2 du Code civil concerne le silence de la loi, tandis que l’absence de contrôle méconnaît cette réserve.

65. Aucune disposition transitoire ne figure dans une loi entrée en vigueur le 1er janvier. Un contrat est conclu le 10 janvier, après cette entrée en vigueur. Quelle loi régit sa constitution ?

La loi nouvelle, car le contrat est constitué après son entrée en vigueur
La loi nouvelle, car elle remet en cause les situations constituées avant son entrée en vigueur
La loi ancienne, car l’absence de dispositions transitoires bloque son application
La loi ancienne, car les contrats relèvent de la loi en vigueur à leur conclusion

La loi nouvelle, car le contrat est constitué après son entrée en vigueur

Explication

En l’absence de dispositions transitoires, la loi nouvelle régit la constitution des situations juridiques nouvelles, qu’elles soient contractuelles ou légales. La règle de maintien de la loi ancienne concerne les contrats déjà conclus, et non un contrat constitué après l’entrée en vigueur.

66. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’une tutelle légalement constituée se poursuit. Quelle loi régit les effets de cette tutelle qui se produisent après l’entrée en vigueur ?

La loi ancienne, car la tutelle a commencé avant la réforme
La loi nouvelle, y compris pour la constitution passée de la tutelle
La loi ancienne, comme pour les effets d’un contrat en cours
La loi nouvelle, pour les effets futurs de cette situation légale

La loi nouvelle, pour les effets futurs de cette situation légale

Explication

La loi nouvelle s’applique aux effets futurs des situations légales nées avant son entrée en vigueur, comme une tutelle en cours. Le maintien de la loi ancienne concerne en principe les effets des contrats conclus auparavant, et la loi nouvelle ne remet pas en cause la constitution passée de la tutelle.

67. Un contrat est toujours en cours lorsqu’une loi nouvelle entre en vigueur. Le législateur déclare expressément cette loi d’ordre public. Quel effet peut-elle produire sur le contrat ?

Régir la validité initiale du contrat comme s’il avait été conclu sous cette loi
Rester sans effet sur le contrat, même pour ses effets futurs
S’appliquer immédiatement aux effets futurs du contrat en cours
S’appliquer aux effets futurs seulement si les parties modifient le contrat

S’appliquer immédiatement aux effets futurs du contrat en cours

Explication

Une loi d’ordre public peut s’appliquer immédiatement aux effets futurs d’un contrat en cours lorsqu’elle est déclarée telle par le législateur ou reconnue par le juge pour un impérieux motif d’intérêt général. Cette règle ne transforme pas la loi nouvelle en loi régissant rétroactivement la validité initiale du contrat.

68. Quel principe caractérise l’organisation législative française depuis 1804, malgré l’existence de certaines exceptions territoriales ?

Le principe de règles locales distinctes pour chaque territoire français
Le principe d’une autonomie législative générale des territoires français
Le principe d’une loi étrangère commune à l’ensemble du territoire
Le principe d’une loi nationale unique sur le territoire français

Le principe d’une loi nationale unique sur le territoire français

Explication

Depuis 1804, le principe d’unité de législation fait prévaloir une loi nationale unique sur le territoire français, même si des exceptions territoriales existent. L’autonomie générale et la fragmentation en règles locales ne décrivent pas ce principe.

69. Une loi française adoptée après 1946 est invoquée en Guyane, sous réserve d’une éventuelle adaptation territoriale. Selon quel régime s’applique-t-elle ?

L’inapplicabilité de la loi, sauf reprise par un texte local
La spécialité législative, qui subordonne l’application à une loi organique
L’assimilation législative, qui rend la loi applicable de plein droit
L’application conditionnée à une autorisation de la collectivité territoriale

L’assimilation législative, qui rend la loi applicable de plein droit

Explication

La Guyane est un DROM : selon le principe d’assimilation législative de l’article 73 de la Constitution, les lois postérieures à 1946 y sont applicables de plein droit, sous réserve d’adaptations possibles. La spécialité législative et les conditions fixées par une loi organique concernent les COM.

70. Un litige comporte un élément d’extranéité et plusieurs lois nationales pourraient régir la situation. À quoi sert la règle de conflit de lois ?

À déterminer quelle loi nationale est applicable à la situation
À imposer la loi du juge saisi quelle que soit la situation
À désigner le tribunal compétent pour juger le litige
À trancher directement le fond du litige selon une règle matérielle

À déterminer quelle loi nationale est applicable à la situation

Explication

Face à une situation comportant un élément d’extranéité, une règle de conflit de lois sert à déterminer quelle loi nationale s’applique. Elle ne tranche pas directement le fond et ne désigne pas, à elle seule, le tribunal compétent.

71. Un juge doit déterminer le texte européen pertinent pour un litige contractuel, puis pour un litige extracontractuel. Quelle association est correcte ?

Rome II pour les obligations contractuelles et Rome II pour les obligations extracontractuelles
Rome I pour les obligations contractuelles et Rome II pour les obligations extracontractuelles
Rome II pour les obligations contractuelles et Rome I pour les obligations extracontractuelles
Rome I pour les obligations contractuelles et Rome I pour les obligations extracontractuelles

Rome I pour les obligations contractuelles et Rome II pour les obligations extracontractuelles

Explication

Rome I détermine la loi applicable aux obligations contractuelles, tandis que Rome II concerne les obligations extracontractuelles. L’inversion des règlements ou l’attribution des deux catégories à un seul règlement confond leurs champs respectifs.

72. Quelle institution veille à la bonne application du droit de l’Union et à l’uniformité de son interprétation sur le territoire de l’Union ?

La Commission européenne
Le Parlement européen
La Cour de justice de l’Union européenne
Les juridictions nationales

La Cour de justice de l’Union européenne

Explication

La Cour de justice de l’Union européenne veille à la bonne application du droit de l’Union et à l’uniformité de son interprétation. Le Parlement européen participe à la fonction législative, les juridictions nationales tranchent les litiges internes et la Commission exerce notamment des fonctions exécutives.

73. Une loi française doit-elle s’appliquer en Polynésie française sans condition particulière, ou son application relève-t-elle du principe de spécialité législative ?

Elle s’applique de plein droit comme dans les DROM
Elle s’applique dans les conditions déterminées par une loi organique
Elle s’applique selon la décision de chaque juridiction locale
Elle s’applique après une adaptation décidée par l’administration

Elle s’applique dans les conditions déterminées par une loi organique

Explication

En Polynésie française, qui est une COM, l’application des lois françaises dépend des conditions déterminées par une loi organique, conformément au principe de spécialité législative. L’application de plein droit correspond au principe applicable dans les DROM ; la décision des juges ou une simple adaptation administrative ne remplace pas la loi organique.

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Comment le droit organise-t-il les rapports sociaux ?

Par des règles qui organisent les rapports sociaux.

Que permet le droit aux individus dans le cadre des règles ?

D’agir librement tout en bénéficiant du respect de leurs droits.

Que signifie « Ubi societas ibi jus » ?

Là où il y a une société, il y a nécessairement du droit.

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