QCM : Droit constitutionnel fondamental (44 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une société donnée, que désigne le droit positif à une époque déterminée ?

Les opinions des juristes sur les règles
Les principes de justice souhaités
L’ensemble des règles juridiques en vigueur
Les droits inhérents à chaque être humain

L’ensemble des règles juridiques en vigueur

Explication

Le droit positif regroupe les règles juridiques effectivement en vigueur dans une société à une époque donnée. Les droits inhérents relèvent du droit naturel, tandis que les opinions des juristes et les principes souhaités désignent d’autres notions.

2. Une règle supérieure fixe la procédure par laquelle une autorité peut adopter une règle inférieure, puis le contenu de cette règle est comparé à celui de la règle supérieure. Comment qualifier ces deux aspects, dans cet ordre ?

Hiérarchie statique, puis hiérarchie statique
Hiérarchie dynamique, puis hiérarchie dynamique
Hiérarchie statique, puis hiérarchie dynamique
Hiérarchie dynamique, puis hiérarchie statique

Hiérarchie dynamique, puis hiérarchie statique

Explication

La hiérarchie dynamique encadre la création d’une norme inférieure, tandis que la hiérarchie statique concerne la conformité de son contenu. Inverser les termes confond création et conformité, et qualifier les deux aspects de dynamiques ou de statiques méconnaît leur distinction.

3. Le Parlement habilite le Gouvernement à agir pendant un délai limité dans un domaine relevant normalement de la loi. Quelle mesure le Gouvernement peut-il prendre dans ces conditions ?

Une loi adoptée par le Gouvernement à la place du Parlement
Une ordonnance portant sur des mesures hors du domaine de la loi
Une ordonnance portant sur des mesures du domaine de la loi
Une ordonnance sans limitation de durée dans le domaine de la loi

Une ordonnance portant sur des mesures du domaine de la loi

Explication

L’article 38 permet au Gouvernement, après habilitation parlementaire et pour un délai limité, de prendre par ordonnance des mesures relevant normalement du domaine de la loi. La loi est normalement votée par le Parlement, et l’ordonnance décrite ici suppose une habilitation et une durée limitée.

4. Pour préparer une nouvelle Constitution, les autorités s’appuient sur une loi adoptée selon la procédure de révision de la Constitution de 1946. Quelle loi fixe cette démarche et les principes à respecter ?

La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940
La loi constitutionnelle du 3 juin 1958
Le référendum du 28 septembre 1958
La promulgation du 4 octobre 1958

La loi constitutionnelle du 3 juin 1958

Explication

La loi constitutionnelle du 3 juin 1958, adoptée selon la procédure de révision de la Constitution de 1946, organise l’élaboration du nouveau texte et impose des principes à respecter. Le 28 septembre correspond au référendum, le 4 octobre à la promulgation, et le 10 juillet 1940 relève d’une autre rupture institutionnelle.

5. Une autorité française prépare une norme inférieure à la Constitution. Quelles exigences constitutionnelles doivent encadrer cette norme ?

Le contrôle après adoption, sans encadrement préalable
Les conditions de création, sans règles de fond applicables
Les règles de fond applicables, sans conditions de création
Les conditions de création et les règles de fond applicables

Les conditions de création et les règles de fond applicables

Explication

Dans l’ordre juridique interne français, la Constitution encadre la création des normes inférieures et leur impose aussi des règles de fond. Se concentrer sur un seul de ces aspects omet l’autre, tandis que limiter son rôle au contrôle après adoption néglige son encadrement de la production normative.

6. Que signifie l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 au sujet de l’existence d’une Constitution ?

Une Constitution existe dès que les droits sont proclamés, même sans garantie.
Une Constitution existe lorsque les pouvoirs sont subordonnés à un organe unique.
Sans garantie des droits et séparation des pouvoirs, une société n’a pas de Constitution.
Une Constitution suppose que les gouvernants soient élus au suffrage universel.

Sans garantie des droits et séparation des pouvoirs, une société n’a pas de Constitution.

Explication

L’article 16 affirme qu’une société sans garantie des droits et sans séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution. La simple proclamation des droits ne remplace pas leur garantie, et l’article ne pose pas l’élection des gouvernants comme critère.

7. Une personne affirme qu’un droit appartient à tout être humain du seul fait de son humanité, même si l’État ne le reconnaît pas : à quelle conception se réfère-t-elle ?

Au droit positif
À une décision juridictionnelle
Au droit naturel
À une règle législative

Au droit naturel

Explication

Le droit naturel désigne la conception selon laquelle certains droits appartiennent à chacun du seul fait de son humanité, indépendamment de leur reconnaissance étatique. Le droit positif concerne les règles en vigueur, tandis qu’une règle législative ou une décision juridictionnelle relève d’actes juridiques déterminés.

8. Une règle est créée et appliquée dans un cadre juridique déterminé, et l’autorité publique peut en imposer le respect : comment la caractériser ?

Comme un principe moral indépendant du droit
Comme un texte écrit sans portée normative
Comme une règle sanctionnée automatiquement
Comme une règle appartenant à un ordre juridique

Comme une règle appartenant à un ordre juridique

Explication

Une règle juridique appartient à un ordre juridique déterminé, dans lequel elle est créée, reconnue ou appliquée, et peut être assortie d’une sanction ou imposée par l’autorité publique. La validité morale ne suffit pas à établir cette appartenance, et une sanction n’est pas nécessairement automatique.

9. Lors de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, aucune règle constitutionnelle antérieure ne fixe qui doit la rédiger ni la procédure d’adoption. Que montre cette situation ?

Le pouvoir constituant originaire est défini par une majorité d’adoption imposée
Le pouvoir constituant originaire doit respecter les règles de l’ancienne Constitution
Le pouvoir constituant dérivé choisit librement sa procédure de révision
Le pouvoir constituant originaire n’est pas encadré par des règles constitutionnelles antérieures

Le pouvoir constituant originaire n’est pas encadré par des règles constitutionnelles antérieures

Explication

Le pouvoir constituant originaire n’est pas soumis à des règles constitutionnelles antérieures déterminant la rédaction ou l’adoption de la nouvelle Constitution. La liberté juridique ne signifie pas qu’il n’existe aucune contrainte politique ou sociale, mais ces contraintes ne sont pas des règles constitutionnelles antérieures.

10. Quel domaine le droit constitutionnel étudie-t-il principalement ?

Les règles relatives à la Constitution et aux pouvoirs publics
Les règles relatives aux poursuites et aux procès pénaux
Les règles relatives aux campagnes et aux élections
Les règles relatives aux contrats entre personnes privées

Les règles relatives à la Constitution et aux pouvoirs publics

Explication

Le droit constitutionnel étudie les règles relatives à la Constitution ainsi qu’à l’organisation et au fonctionnement des pouvoirs publics. Les contrats privés et la procédure pénale relèvent d’autres domaines, tandis que l’étude des élections ne couvre qu’un aspect possible de la vie politique.

11. Après la disparition d’un régime, un nouvel ordre constitutionnel est établi sans suivre une procédure prévue par l’ancienne Constitution. De quel pouvoir s’agit-il ?

Du pouvoir constituant originaire
Du pouvoir de contrôle constitutionnel
Du pouvoir constituant dérivé
Du pouvoir législatif ordinaire

Du pouvoir constituant originaire

Explication

Le pouvoir constituant originaire établit une nouvelle Constitution sans être soumis à un cadre constitutionnel antérieur. Le pouvoir constituant dérivé, lui, modifie une Constitution existante selon les règles qu’elle prévoit.

12. Un élève doit associer à l’article 2 de la Constitution française la langue de la République, l’emblème, l’hymne et la devise. Quelle série convient ?

Le français, le drapeau tricolore, « La Marseillaise » et « Liberté, Égalité, Fraternité »
Le français, le drapeau tricolore, « La Marseillaise » et « E pluribus unum »
Le français, le bonnet phrygien, « Le Chant des partisans » et « Liberté, Égalité, Fraternité »
Le castillan, le drapeau tricolore, « La Marseillaise » et « Liberté, Égalité, Fraternité »

Le français, le drapeau tricolore, « La Marseillaise » et « Liberté, Égalité, Fraternité »

Explication

L’article 2 désigne le français, le drapeau tricolore, « La Marseillaise » et « Liberté, Égalité, Fraternité » comme langue, emblème, hymne et devise de la République. Le castillan relève de l’Espagne, « E pluribus unum » est une devise américaine, et les autres symboles proposés ne correspondent pas à ceux énumérés.

13. Une Constitution en vigueur habilite une institution à la réviser, tout en encadrant cette révision par des règles qu’elle a fixées. Comment qualifier ce pouvoir de révision ?

Un pouvoir institué par la Constitution existante
Un pouvoir législatif créé par le Gouvernement
Un pouvoir constituant originaire établissant un nouveau cadre
Un pouvoir autonome sans cadre constitutionnel antérieur

Un pouvoir institué par la Constitution existante

Explication

Le pouvoir constituant dérivé est institué parce que la Constitution existante le crée et encadre son exercice. Le pouvoir originaire établit un nouveau cadre, le pouvoir législatif est une autre fonction, et l’absence de cadre caractérise la confusion avec le pouvoir originaire.

14. Une étude du droit constitutionnel mobilise aussi l’histoire et la sociologie : qu’est-ce qui caractérise néanmoins sa démarche propre ?

Elle adopte une méthode sociologique qui remplace l’analyse juridique
Elle conserve une méthode juridique qui lui est propre
Elle adopte une méthode linguistique qui remplace l’analyse juridique
Elle adopte une méthode historique qui remplace l’analyse juridique

Elle conserve une méthode juridique qui lui est propre

Explication

Le droit constitutionnel est proche de plusieurs disciplines, notamment l’histoire et la sociologie, tout en conservant sa propre méthode juridique. Le recours à ces disciplines voisines n’implique pas que l’une d’elles se substitue à l’analyse juridique.

15. Un pouvoir constituant originaire n’est soumis à aucune procédure constitutionnelle antérieure, mais les circonstances économiques et sociales influencent fortement le contenu du nouveau texte. Quelle analyse convient ?

Sa liberté juridique coexiste avec des contraintes non juridiques
Ces contraintes prouvent qu’il suit une procédure constitutionnelle antérieure
Ces contraintes transforment son action en révision de la Constitution existante
Sa liberté juridique exclut l’influence des circonstances économiques et sociales

Sa liberté juridique coexiste avec des contraintes non juridiques

Explication

Le pouvoir constituant originaire est libre à l’égard d’un cadre constitutionnel antérieur, mais il peut subir des contraintes politiques, sociales, historiques ou économiques. Les circonstances de fait ne constituent pas pour autant une procédure constitutionnelle antérieure ni une révision opérée par le pouvoir dérivé.

16. Dans un domaine relevant de l’Union européenne, une règle française contredit une règle de l’Union applicable. Quelle règle doit être appliquée ?

La règle française, car elle appartient à l’ordre interne
La règle française, après une révision de la Constitution
La règle nationale, sauf si un juge constitutionnel l’écarte
La règle de l’Union applicable dans le domaine concerné

La règle de l’Union applicable dans le domaine concerné

Explication

Dans les domaines relevant de l’Union, le principe de primauté conduit à appliquer la règle de l’Union lorsqu’une règle nationale applicable la contredit. La supériorité des traités sur les lois sous conditions relève de l’article 55, et l’article 54 concerne la compatibilité préalable d’un engagement avec la Constitution.

17. Quel est l’objet du contrôle de constitutionnalité d’une loi en France ?

Vérifier le respect des procédures parlementaires et des normes auxquelles la loi reconnaît une valeur législative
Vérifier le respect de la Constitution et des normes auxquelles elle reconnaît une valeur constitutionnelle
Vérifier le respect des lois ordinaires et des normes auxquelles elles reconnaissent une valeur législative
Vérifier le respect de la Constitution sans tenir compte des normes auxquelles elle reconnaît une valeur constitutionnelle

Vérifier le respect de la Constitution et des normes auxquelles elle reconnaît une valeur constitutionnelle

Explication

Le contrôle de constitutionnalité vérifie qu’une loi respecte la Constitution ainsi que les normes auxquelles celle-ci reconnaît une valeur constitutionnelle. Le limiter à la procédure parlementaire, écarter les normes de valeur constitutionnelle associées ou le ramener au respect des lois ordinaires en change l’objet.

18. Un accord international a été régulièrement ratifié et publié, et l’autre partie l’applique. Quelle autorité possède-t-il dans l’ordre interne par rapport aux lois ?

Une autorité supérieure à celle des lois
Une autorité égale à celle des lois
Une autorité subordonnée aux lois
Une autorité supérieure à celle de la Constitution

Une autorité supérieure à celle des lois

Explication

L’article 55 accorde aux traités et accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, sous réserve de leur application par l’autre partie, une autorité supérieure à celle des lois. La Constitution demeure la norme suprême dans l’ordre interne; le contrôle préalable de compatibilité relève de l’article 54.

19. En 1958, une grave crise politique, liée notamment à la guerre d’Algérie, conduit les responsables à remplacer la Constitution de 1946. Quel changement institutionnel est alors recherché ?

Le rétablissement de la Constitution de 1940
Une révision limitée de la Constitution de 1946
L’élaboration d’une nouvelle Constitution
Le remplacement de la Constitution de 1958 par celle de 1946

L’élaboration d’une nouvelle Constitution

Explication

La crise politique de 1958, liée notamment à la guerre d’Algérie, conduit à élaborer une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 1946. Une révision limitée ne correspond pas à cet objectif, la guerre mondiale renvoie au contexte de 1940, et le remplacement n’allait pas de la Constitution de 1958 vers celle de 1946.

20. Dans une communauté, une pratique ancienne se répète et ses membres la suivent parce qu’ils la considèrent juridiquement obligatoire. Quel élément permet de qualifier cette pratique de coutume juridique ?

La seule répétition ancienne, même sans conviction juridique
La seule conviction d’obligation, sans pratique répétée
La réunion d’une pratique répétée et de l’opinio juris
L’adoption écrite selon une procédure constitutionnelle spéciale

La réunion d’une pratique répétée et de l’opinio juris

Explication

La coutume juridique associe un élément matériel — une pratique répétée — et un élément psychologique, l’opinio juris, c’est-à-dire la conviction de son caractère obligatoire. L’ancienneté seule ou la conviction sans pratique ne réunit pas ces deux éléments, tandis qu’un texte adopté par procédure spéciale relève de la Constitution formelle.

21. Un groupe de représentants est spécialement mandaté pour élaborer une nouvelle Constitution. Comment qualifie-t-on cet organe ?

Une assemblée de ratification
Une assemblée législative ordinaire
Une commission de rédaction
Une assemblée constituante

Une assemblée constituante

Explication

Une assemblée constituante est spécialement chargée d’élaborer ou de réviser une Constitution. Une assemblée législative vote les lois ordinaires, une commission de rédaction prépare un texte sans être nécessairement une assemblée constituante, et un organe de ratification se prononce sur un texte déjà élaboré.

22. La Californie établit des règles fondamentales pour ses pouvoirs locaux, tout en restant soumise à la Constitution fédérale des États-Unis. Quelle conclusion convient ?

La Californie a une constitution propre pour ses pouvoirs locaux, subordonnée au cadre fédéral
La soumission au cadre fédéral empêche la Californie d’avoir une constitution propre
La Californie est un État souverain doté d’une constitution sans lien avec le cadre fédéral
La Constitution fédérale est la constitution propre qui organise uniquement les pouvoirs californiens

La Californie a une constitution propre pour ses pouvoirs locaux, subordonnée au cadre fédéral

Explication

La Californie possède une constitution qui régit ses pouvoirs locaux tout en restant soumise à la Constitution fédérale. Cela ne fait pas d’elle un État souverain, ne réduit pas la Constitution fédérale aux pouvoirs californiens et n’exclut pas l’existence de règles constitutionnelles locales.

23. Une assemblée attribue juridiquement l’adoption d’une Constitution au peuple, tandis que des personnes identifiables en ont rédigé le texte. Comment qualifier respectivement le peuple et ces rédacteurs ?

Auteur juridique et auteurs textuels
Auteurs textuels et titulaire du pouvoir dérivé
Auteur textuel et auteur juridique
Promulgateur et auteurs juridiques

Auteur juridique et auteurs textuels

Explication

L’auteur juridique est celui auquel l’adoption du texte est attribuée juridiquement; l’auteur textuel désigne ceux qui ont concrètement participé à sa rédaction. L’approbation du peuple peut établir son statut d’auteur juridique sans en faire le rédacteur du texte.

24. Un projet de réforme constitutionnelle doit préciser qui détient le pouvoir exécutif, comment les députés sont élus et quelles étapes permettent d’adopter une loi. Quelle fonction de la Constitution ce projet met-il en œuvre ?

Affirmer l’identité nationale au moyen des symboles de l’État
Répartir les compétences entre l’État fédéral et les entités fédérées
Organiser les pouvoirs, désigner leurs détenteurs et régler leur exercice
Désigner les détenteurs des pouvoirs sans fixer leur mode d’exercice

Organiser les pouvoirs, désigner leurs détenteurs et régler leur exercice

Explication

La Constitution organise les pouvoirs politiques, indique qui les détient et précise les modalités de leur exercice, dont les élections et la procédure législative. L’identité nationale renvoie à sa dimension symbolique, la désignation seule omet les modalités d’exercice, et la répartition fédérale concerne une distinction entre types d’État.

25. Une association organise les fonctions de ses organes par des règles fondamentales, sans être un État souverain. Ces règles peuvent-elles être désignées comme une Constitution ?

Non, car une Constitution concerne nécessairement un État souverain
Non, car une Constitution doit être réunie dans un document unique
Oui, dès lors que toute règle interne porte le nom de Constitution
Oui, car la notion peut désigner les règles fondamentales organisant une collectivité

Oui, car la notion peut désigner les règles fondamentales organisant une collectivité

Explication

La Constitution est un concept juridique désignant les règles fondamentales qui organisent un pouvoir ou une collectivité ; elle est traditionnellement liée à l’État, mais peut concerner d’autres organisations. La souveraineté et l’existence d’un document unique ne sont pas des conditions nécessaires, et toute règle interne n’est pas pour autant fondamentale.

26. Un souverain accorde une nouvelle Constitution à la population sans la faire adopter directement par celle-ci. De quel modèle s’agit-il ?

Une Constitution adoptée par référendum
Une Constitution révisée par le Parlement
Une Constitution octroyée
Une Constitution élaborée par une assemblée constituante

Une Constitution octroyée

Explication

Une Constitution octroyée est accordée unilatéralement par le chef de l’État et ne procède pas, à l’origine, d’une adoption populaire directe. L’adoption par référendum suppose un vote populaire, la révision parlementaire relève d’une procédure distincte et l’assemblée constituante désigne un organe chargé d’élaborer ou de réviser le texte.

27. Une constitution prévoit des élections concurrentielles, mais les institutions du pays fonctionnent en pratique de manière beaucoup moins démocratique. Quelle distinction permet d’analyser cette situation ?

Distinguer les élections prévues de la répartition des compétences fédérales
Distinguer la souveraineté nationale de la souveraineté des entités fédérées
Distinguer le compromis politique initial de la procédure législative
Distinguer les règles constitutionnelles du fonctionnement politique réel

Distinguer les règles constitutionnelles du fonctionnement politique réel

Explication

Les dispositions constitutionnelles décrivent le cadre juridique, qui peut différer du fonctionnement réel des institutions. La souveraineté fédérée, le compromis initial et la répartition fédérale sont des notions distinctes et ne caractérisent pas l’écart entre texte et pratique.

28. Une loi est déjà entrée en vigueur et une personne, au cours d’un procès, conteste une disposition au regard des droits et libertés constitutionnels. Quelle voie correspond à cette situation ?

Une QPC prévue par l’article 61-1, après filtrage
Un contrôle prévu par l’article 61, avant promulgation
Un contrôle prévu par l’article 61, après entrée en vigueur
Une QPC prévue par l’article 61-1, sans filtrage

Une QPC prévue par l’article 61-1, après filtrage

Explication

L’article 61-1 prévoit la QPC après l’entrée en vigueur d’une loi, à l’occasion d’un procès et après filtrage. L’article 61 concerne le contrôle avant promulgation, tandis que la QPC comporte une étape de filtrage.

29. Dans un pays, la Constitution ne peut être révisée qu’au terme d’une procédure plus difficile que l’adoption d’une loi ordinaire. Comment qualifie-t-on cette Constitution ?

Une Constitution coutumière
Une Constitution rigide
Une Constitution souple
Une Constitution sans possibilité d’évolution

Une Constitution rigide

Explication

Une Constitution est rigide lorsque sa révision est plus difficile que l’adoption d’une loi ordinaire. Une procédure identique ou comparable caractérise une Constitution souple ; l’évolution informelle ne détermine pas, à elle seule, la rigidité, et la rigidité n’implique pas l’absence de changement.

30. Une règle fixe la répartition des pouvoirs entre les institutions et garantit certaines libertés fondamentales. Selon quel critère cette règle relève-t-elle de la Constitution matérielle ?

Son contenu porte sur l’organisation fondamentale de l’État et les droits
Sa rédaction figure dans un document constitutionnel unique
Son adoption suit une procédure particulière de révision
Son application repose sur une pratique répétée jugée obligatoire

Son contenu porte sur l’organisation fondamentale de l’État et les droits

Explication

La Constitution matérielle se définit par les matières traitées, notamment l’organisation de l’État, la répartition du pouvoir et certains droits fondamentaux. La procédure d’adoption relève de la forme, la pratique obligatoire de la coutume, et le document unique n’est pas un critère matériel.

31. Dans une étude juridique, comment désigne-t-on l’ensemble des opinions, analyses et travaux produits par les juristes à propos du droit ?

La jurisprudence
La législation
L’ordre juridique
La doctrine

La doctrine

Explication

La doctrine regroupe les opinions, analyses et travaux des juristes sur le droit. L’ordre juridique désigne les règles en vigueur, la jurisprudence les décisions des tribunaux et la législation les textes adoptés par le législateur.

32. Un traité que la France envisage de ratifier contient une clause contraire à la Constitution. Quelle étape est requise avant sa ratification ?

Demander au juge judiciaire de contrôler la loi d’application
Publier le traité pour lui donner autorité sur les lois
Appliquer le traité dès sa signature, malgré la contradiction
Réviser la Constitution pour la rendre compatible avec l’engagement

Réviser la Constitution pour la rendre compatible avec l’engagement

Explication

L’article 54 impose une révision constitutionnelle avant la ratification ou l’approbation d’un engagement comportant une clause contraire à la Constitution. La publication et l’autorité supérieure aux lois relèvent de l’article 55, tandis que le contrôle des lois par la Cour de cassation concerne une autre question.

33. Lorsqu’une révision de la Constitution française de 1958 est envisagée, quelle procédure constitutionnelle le pouvoir constituant dérivé doit-il respecter ?

La procédure d’établissement d’une nouvelle Constitution
La procédure prévue par l’article 89
La procédure législative ordinaire du Parlement
La procédure prévue par l’article 49

La procédure prévue par l’article 89

Explication

L’article 89 de la Constitution de 1958 prévoit la procédure que doit suivre le pouvoir constituant dérivé pour réviser la Constitution. La procédure législative ordinaire et l’article 49 ne sont pas la procédure de révision visée, tandis qu’établir une nouvelle Constitution relève du pouvoir constituant originaire.

34. Une norme inférieure semble contredire une norme supérieure, mais aucun mécanisme ne permet de vérifier leur conformité. Quelle conséquence faut-il en tirer quant à la prééminence concrète de la norme supérieure ?

Sa prééminence concrète n’est pas vérifiée par un contrôle de conformité
Sa prééminence concrète est établie par la seule différence de rang
Sa prééminence concrète entraîne automatiquement l’inapplication de la norme inférieure
Sa prééminence concrète découle de la procédure de création de la norme inférieure

Sa prééminence concrète n’est pas vérifiée par un contrôle de conformité

Explication

Pour qu’une norme supérieure prévale concrètement, un contrôle doit permettre de vérifier que la norme inférieure la respecte. La différence de rang ne remplace pas ce contrôle, la régularité de création porte sur un autre aspect, et la contradiction ne rend pas automatiquement la norme inapplicable.

35. Un juriste décrit les règles applicables à une réforme et distingue cette analyse de son opinion personnelle sur ce que la réforme devrait être. Quel principe applique-t-il ?

La neutralité axiologique associée à Max Weber
Le jugement de valeur portant sur une règle
La doctrine comme ensemble des travaux des juristes
La prescription juridique définissant le droit souhaitable

La neutralité axiologique associée à Max Weber

Explication

La neutralité axiologique, associée à Max Weber, demande de distinguer la description et l’analyse du droit du jugement de valeur ou de la prescription. La prescription exprime ce que le droit devrait être, tandis que la doctrine rassemble les travaux des juristes.

36. En France, par quels moyens le peuple exerce-t-il la souveraineté nationale prévue à l’article 3 de la Constitution ?

Par ses représentants et par les décisions du gouvernement
Par ses représentants et par la voie du référendum
Par le Parlement et par la voie du référendum
Par les décisions du gouvernement et celles du Parlement

Par ses représentants et par la voie du référendum

Explication

L’article 3 prévoit que la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par référendum. Les représentants seuls omettent le référendum, tandis que le Parlement ou le gouvernement ne se substituent pas au peuple dans cette formulation.

37. Que signifie la hiérarchie des normes dans un système juridique ?

Le classement des normes selon leur date, les normes anciennes devant respecter les nouvelles
Le classement des normes selon leur domaine, les normes générales devant respecter les particulières
L’organisation des normes selon leur autorité, les normes inférieures devant respecter les supérieures
L’organisation des normes selon leur autorité, les normes supérieures devant respecter les inférieures

L’organisation des normes selon leur autorité, les normes inférieures devant respecter les supérieures

Explication

La hiérarchie organise les normes selon leur degré d’autorité et impose aux normes inférieures de respecter les normes supérieures. Le classement chronologique confond autorité et date, l’obligation inversée renverse le rapport de conformité, et le classement par domaine ne définit pas la hiérarchie des normes.

38. Un étudiant reconstitue les étapes finales de l’adoption de la Constitution de 1958. Quelle succession de dates doit-il retenir pour l’approbation populaire puis la promulgation ?

Référendum le 28 septembre, promulgation le 4 octobre 1958
Référendum le 3 juin, promulgation le 4 octobre 1958
Référendum le 10 juillet, promulgation le 28 septembre 1958
Référendum le 4 octobre, promulgation le 28 septembre 1958

Référendum le 28 septembre, promulgation le 4 octobre 1958

Explication

Le projet de Constitution est approuvé par référendum le 28 septembre 1958, puis promulgué le 4 octobre 1958. Le 3 juin est la date de la loi constitutionnelle qui organise l’élaboration, tandis que le 10 juillet renvoie à la loi constitutionnelle de 1940.

39. Dans un régime inspiré par les Lumières, une réforme vise à éviter l’absolutisme en soumettant les gouvernants à des règles supérieures et en séparant les pouvoirs. Quelle conception traduit-elle ?

Le pouvoir absolu des gouvernants
La concentration des pouvoirs publics
Le constitutionnalisme moderne
L’autonomie des décisions gouvernementales

Le constitutionnalisme moderne

Explication

Le constitutionnalisme moderne, influencé par les Lumières, cherche à prévenir l’absolutisme en soumettant le pouvoir à des règles supérieures et en favorisant la séparation des pouvoirs. La concentration des pouvoirs contredit cette séparation.

40. Un article constitutionnel est ambigu et doit être interprété pour déterminer la norme qu’il contient : quelle distinction faut-il appliquer ?

Le texte est le support écrit, la règle est son sens normatif dégagé par interprétation
Le texte interprété est une loi nouvelle, la règle est son acte d’adoption
Le texte est la règle interprétée, la règle est le support écrit de l’article
Le texte ambigu est dépourvu de valeur, la règle doit être écartée

Le texte est le support écrit, la règle est son sens normatif dégagé par interprétation

Explication

Le texte juridique est le support écrit, tandis que la règle de droit est le sens normatif que l’on peut en dégager par interprétation. L’ambiguïté n’annule pas le texte et son interprétation ne revient pas, à elle seule, à adopter une nouvelle loi.

41. Dans un pays, la Constitution garantit à des régions des compétences propres, réparties avec celles de l’État central. Quelle forme d’État cette organisation caractérise-t-elle ?

Un État unitaire
Un régime de souveraineté directe
Une démocratie représentative
Un État fédéral

Un État fédéral

Explication

Dans un État fédéral, les compétences sont réparties entre l’État fédéral et des entités fédérées dont les compétences sont garanties par la Constitution. Un État unitaire possède un seul ordre juridique étatique, tandis que les deux autres réponses portent sur des modes de participation politique.

42. Un projet constitutionnel cherche à prévenir l’arbitraire en soumettant l’action des gouvernants à des règles constitutionnelles. À quel courant de pensée correspond cette démarche ?

À l’administration publique
Au constitutionnalisme
À l’absolutisme
À la légitimation du pouvoir

Au constitutionnalisme

Explication

Le constitutionnalisme vise à encadrer et limiter le pouvoir politique, notamment le pouvoir arbitraire, par des règles constitutionnelles. L’absolutisme concentre le pouvoir, et l’organisation administrative ne désigne pas ce courant de limitation politique.

43. Une réforme française inscrit en 2024 à l’article 34 la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une IVG. Quel effet cette inscription produit-elle ?

Elle confie à la loi le pouvoir de supprimer cette liberté sans garantie constitutionnelle
Elle renforce la protection juridique de cette liberté et affirme son importance symbolique et politique
Elle exprime son importance symbolique et politique sans renforcer sa protection juridique
Elle désigne cette liberté comme un emblème national, au même titre que le drapeau

Elle renforce la protection juridique de cette liberté et affirme son importance symbolique et politique

Explication

L’inscription à l’article 34 renforce la protection juridique de la liberté de recours à l’IVG et affirme son importance symbolique et politique. La catégorie des emblèmes nationaux relève de l’article 2, et la constitutionnalisation ne se réduit pas à un geste symbolique ni à l’absence de garantie.

44. Une règle est intégrée à un texte adopté selon une procédure spéciale et ne peut être révisée que par une procédure déterminée. En quel sens est-elle constitutionnelle ?

Au sens coutumier, par une pratique acceptée comme obligatoire
Au sens matériel, par son contenu relatif aux pouvoirs
Au sens souple, par une révision comparable à une loi ordinaire
Au sens formel, par sa forme et sa procédure d’adoption

Au sens formel, par sa forme et sa procédure d’adoption

Explication

La Constitution formelle désigne un texte adopté selon une procédure particulière et révisable selon une procédure spécifique. Le critère du contenu est matériel, la pratique obligatoire caractérise la coutume, et une révision comparable à celle d’une loi ordinaire correspond à une Constitution souple.

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Qu’est-ce que le droit positif ?

L’ensemble des règles juridiques en vigueur dans une société à une époque donnée.

De quoi dépend la validité temporelle du droit positif ?

De l’époque considérée.

Qu’est-ce que le droit naturel ?

Une conception philosophique selon laquelle certains droits appartiennent à chaque être humain du seul fait de son humanité.

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