QCM : Droit constitutionnel et théorie de l’État (42 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans la pensée des Anciens, que désigne la notion de politeia ?

Un texte écrit qui répartit les compétences et limite le pouvoir politique
Un mécanisme qui permet à chaque pouvoir de contrôler les autres pouvoirs
Une règle qui garantit la représentation des citoyens dans les décisions fiscales
La manière dont les institutions fonctionnent, parfois entendue comme la communauté elle-même

La manière dont les institutions fonctionnent, parfois entendue comme la communauté elle-même

Explication

La politeia décrit le fonctionnement des institutions et peut aussi désigner la communauté politique elle-même. La Constitution moderne se distingue notamment par son objectif de limitation du pouvoir, plutôt que par une simple description institutionnelle.

2. Quelle transformation illustre le passage d’un régime défendant l’intérêt commun à sa forme dégradée chez Aristote ?

L’aristocratie devient une démocratie lorsque les institutions représentent la communauté
La monarchie se dégrade en tyrannie lorsque le régime cesse de servir l’intérêt commun
La démocratie se dégrade en monarchie lorsque les citoyens choisissent un dirigeant
La tyrannie se transforme en monarchie lorsque le pouvoir revient à une seule personne

La monarchie se dégrade en tyrannie lorsque le régime cesse de servir l’intérêt commun

Explication

Dans la classification d’Aristote, la monarchie peut se dégrader en tyrannie lorsque le pouvoir ne sert plus l’intérêt commun. La tyrannie n’est donc pas la forme qui se transforme en monarchie dans cette distinction.

3. Quelle association le libéralisme du XVIIIe siècle établit-il entre Constitution et liberté ?

La Constitution est liée à l’unité nationale et à l’expansion territoriale
La Constitution est liée à la liberté politique et à la liberté individuelle
La Constitution est liée à la représentation fiscale et au contrôle des tribunaux
La Constitution est liée à la tradition dynastique et à l’autorité monarchique

La Constitution est liée à la liberté politique et à la liberté individuelle

Explication

Au XVIIIe siècle, le libéralisme associe la Constitution aux libertés politique et individuelle. La tradition dynastique et l’autorité monarchique ne constituent pas l’association mise en avant par cette conception libérale.

4. Quel lien Montesquieu établit-il entre l’étude de la Constitution coutumière anglaise et la séparation des pouvoirs ?

Il relie la séparation des pouvoirs à la suppression des institutions coutumières
Il relie la séparation des pouvoirs à la protection des libertés politiques
Il relie la séparation des pouvoirs à la concentration de l’autorité dans le Parlement
Il relie la séparation des pouvoirs à l’abolition de la représentation politique

Il relie la séparation des pouvoirs à la protection des libertés politiques

Explication

Dans *De l’esprit des lois*, Montesquieu étudie la Constitution coutumière anglaise et rattache la séparation des pouvoirs à la protection des libertés politiques. La concentration de l’autorité dans le Parlement contredit l’idée de pouvoirs séparés.

5. Une Constitution organise les institutions afin de limiter le pouvoir et de préserver la liberté politique : quelle conception cela illustre-t-il ?

La Constitution moderne, qui organise le pouvoir pour le limiter et protéger la liberté
La Constitution ancienne, qui décrit le fonctionnement institutionnel d’une communauté
La politeia, qui définit les compétences d’un roi soumis à une loi constitutionnelle
La Constitution coutumière, qui remplace la séparation des pouvoirs par leur fusion

La Constitution moderne, qui organise le pouvoir pour le limiter et protéger la liberté

Explication

La Constitution moderne organise l’exercice du pouvoir afin de le limiter et de préserver la liberté politique. La conception ancienne décrit plutôt le fonctionnement institutionnel, sans se définir par cet objectif de limitation.

6. Quelle innovation constitutionnelle est associée à la révolution américaine ?

Une Constitution coutumière qui repose sur des usages institutionnels non codifiés
Une Constitution écrite conçue comme une loi qui explicite les règles institutionnelles
Une déclaration fiscale qui détermine les compétences des représentants parlementaires
Un serment politique qui engage les représentants à proclamer la nation française

Une Constitution écrite conçue comme une loi qui explicite les règles institutionnelles

Explication

La révolution américaine est associée à l’innovation d’une Constitution écrite conçue comme une loi explicitant les règles institutionnelles. Le serment visant à doter la France d’une Constitution relève du Jeu de paume, et non de cette innovation américaine.

7. En vertu du principe « No taxation without representation », dans quelle situation la taxation est-elle interdite ?

Lorsque des citoyens sont représentés au Parlement mais contestent le montant de l’impôt
Lorsque des citoyens sont taxés sans être représentés au Parlement
Lorsque le Parlement adopte un impôt après avoir consulté les citoyens représentés
Lorsque des représentants discutent de l’impôt sans participer à son adoption

Lorsque des citoyens sont taxés sans être représentés au Parlement

Explication

Ce principe interdit de taxer des citoyens qui ne sont pas représentés au Parlement. La contestation du montant d’un impôt par des citoyens représentés ne correspond pas à la règle énoncée.

8. Quel rapport existe entre le pouvoir constituant et le roi de 1791 ?

Le roi de 1791 établit la Constitution et détermine les compétences du pouvoir constituant
Le roi de 1791 partage avec le pouvoir constituant la compétence de modifier chaque règle constitutionnelle
Le pouvoir constituant établit la Constitution, à laquelle le roi de 1791 est soumis comme pouvoir constitué
Le pouvoir constituant applique les lois du roi, qui reste extérieur aux pouvoirs constitués

Le pouvoir constituant établit la Constitution, à laquelle le roi de 1791 est soumis comme pouvoir constitué

Explication

Le pouvoir constituant crée la Constitution et fixe les compétences des pouvoirs constitués, dont fait partie le roi de 1791, soumis à celle-ci. Le roi n’est donc pas l’autorité qui établit la Constitution dans cette relation.

9. Quelle possibilité un juge américain obtient-il en 1803 dans l’affaire Marbury contre Madison ?

Modifier la Constitution lorsqu’une loi entre en conflit avec elle
Dissoudre le Parlement lorsqu’une loi méconnaît les droits des citoyens
Soumettre une loi contestée à l’approbation du pouvoir constituant
Écarter une loi qu’il estime contraire à la Constitution

Écarter une loi qu’il estime contraire à la Constitution

Explication

En 1803, dans l’affaire Marbury contre Madison, un juge américain peut écarter une loi contraire à la Constitution. Cette possibilité ne signifie pas qu’il puisse modifier la Constitution elle-même.

10. Quel est l’objet spécifique du droit constitutionnel ?

Les relations commerciales et les entreprises qui organisent les échanges économiques
Le pouvoir politique et ses acteurs institutionnels dotés d’une légitimité démocratique
Les rapports sociaux et les groupes qui structurent les activités professionnelles
Les procédures judiciaires et les magistrats chargés de trancher les litiges privés

Le pouvoir politique et ses acteurs institutionnels dotés d’une légitimité démocratique

Explication

Le droit constitutionnel porte sur le pouvoir politique et les acteurs institutionnels qui disposent d’une légitimité démocratique. Les procédures judiciaires relèvent d’un autre domaine et ne définissent pas son objet spécifique.

11. Une pratique institutionnelle évolue alors que le texte constitutionnel reste inchangé : quelle caractéristique du droit constitutionnel cette situation illustre-t-elle ?

Les institutions peuvent modifier le texte constitutionnel par leurs pratiques habituelles
Les règles restent figées et la pratique doit se conformer au texte sans variation
Les conjonctures déterminent les règles sans que le texte constitutionnel fixe de cadre
Les règles peuvent s’adapter aux conjonctures et la pratique institutionnelle peut évoluer

Les règles peuvent s’adapter aux conjonctures et la pratique institutionnelle peut évoluer

Explication

Le droit constitutionnel doit permettre l’adaptation des règles aux conjonctures et accorde une place importante à la pratique institutionnelle. L’évolution de la pratique ne signifie pas que le texte cesse de fixer un cadre.

12. Quelle organisation du pouvoir caractérise la féodalité ?

Un pouvoir unifié entre les mains d’un monarque sur l’ensemble du territoire
Un pouvoir morcelé entre plusieurs autorités seigneuriales sur un même territoire
Un pouvoir réparti entre des administrations centrales placées sous l’autorité royale
Un pouvoir partagé entre le monarque et des assemblées représentatives locales

Un pouvoir morcelé entre plusieurs autorités seigneuriales sur un même territoire

Explication

La féodalité se caractérise par le morcellement du pouvoir entre plusieurs autorités seigneuriales présentes sur un même territoire. Le pouvoir unifié entre les mains du monarque correspond plutôt à une dynamique de centralisation étatique.

13. Comment les monarques ont-ils contribué à centraliser le pouvoir à partir de moyens issus de l’organisation féodale ?

Ils ont abandonné les moyens féodaux et confié l’autorité territoriale aux seigneurs locaux
Ils ont remplacé les agents royaux par des représentants désignés par le pouvoir spirituel
Ils ont limité leur autorité au domaine royal afin de préserver l’autonomie des seigneuries
Ils se sont appuyés progressivement sur des moyens comme les missi dominici pour affirmer leur autorité

Ils se sont appuyés progressivement sur des moyens comme les missi dominici pour affirmer leur autorité

Explication

Les monarques se sont progressivement appuyés sur des moyens féodaux, notamment les missi dominici, pour étendre leur autorité et centraliser le pouvoir. Le maintien de l’autonomie seigneuriale ne décrit pas cette dynamique de centralisation.

14. Quels pouvoirs s’opposent dans le conflit théologico-politique ?

Le pouvoir judiciaire des monarques et le pouvoir militaire revendiqué par le pape
Le pouvoir spirituel des monarques et le pouvoir temporel revendiqué par le pape
Le pouvoir économique des seigneurs et le pouvoir législatif revendiqué par le pape
Le pouvoir temporel des monarques et le pouvoir spirituel revendiqué par le pape

Le pouvoir temporel des monarques et le pouvoir spirituel revendiqué par le pape

Explication

Le conflit oppose le pouvoir temporel détenu par les monarques au pouvoir spirituel revendiqué par le pape. Inverser ces deux formes de pouvoir constitue une confusion entre leurs titulaires respectifs.

15. Quelle thèse la bulle Unam Sanctam de Boniface VIII affirme-t-elle en 1302 ?

La supériorité du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel
La séparation des pouvoirs spirituel et temporel en deux domaines égaux
L’indépendance du pouvoir temporel à l’égard de toute autorité religieuse
La supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel

La supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel

Explication

En 1302, Boniface VIII affirme dans Unam Sanctam la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. L’indépendance temporelle est plutôt une revendication des monarques, et non la thèse défendue par la bulle.

16. Dans le chapitre XV du Prince, que distingue Machiavel lorsqu’il oppose la vérité effective de la politique à l’image idéale ?

Les décisions prises en temps de paix et celles prises en temps de guerre
La loi écrite par le prince et la coutume suivie par ses sujets
Le pouvoir civil exercé par le prince et le pouvoir spirituel de l’Église
Ce qui est dans la réalité politique et ce qui devrait être selon un idéal

Ce qui est dans la réalité politique et ce qui devrait être selon un idéal

Explication

La vérité effective porte sur la réalité telle qu’elle est, alors que l’image idéale décrit ce qui devrait être. Confondre la vérité effective avec le pouvoir civil oppose deux notions différentes, et non les deux façons d’envisager la politique.

17. Quelle conception Machiavel défend-il en distinguant la politique de la morale ?

Le pouvoir politique et le pouvoir spirituel constituent deux fonctions d’une même autorité
Le pouvoir politique tire sa légitimité de sa conformité aux prescriptions du pouvoir spirituel
Le pouvoir politique peut être pensé indépendamment du pouvoir spirituel et des normes morales
Le prince doit soumettre ses décisions aux mêmes règles morales que ses sujets

Le pouvoir politique peut être pensé indépendamment du pouvoir spirituel et des normes morales

Explication

Machiavel analyse le pouvoir politique indépendamment du pouvoir spirituel et distingue la politique de la morale. L’idée que la légitimité politique dépend des prescriptions spirituelles contredit cette autonomie.

18. Pourquoi Hobbes estime-t-il dangereux d’attribuer la souveraineté civile et la suprématie spirituelle à deux autorités distinctes ?

Parce que deux autorités empêchent la République de reconnaître des institutions religieuses
Parce que la séparation empêche les gouvernants civils de faire appliquer les décisions des tribunaux
Parce que deux maîtres suprêmes divisent l’autorité sur les mêmes sujets et menacent l’unité de la République
Parce que la suprématie spirituelle rend les sujets indépendants de toute règle civile

Parce que deux maîtres suprêmes divisent l’autorité sur les mêmes sujets et menacent l’unité de la République

Explication

Pour Hobbes, deux autorités suprêmes imposent deux maîtres au même groupe de sujets et compromettent l’unité de la République. La difficulté n’est pas la reconnaissance d’institutions religieuses, mais le partage de la suprématie.

19. Dans la distinction hobbesienne, quel ordre de subordination caractérise l’État plutôt que la théocratie ?

Le pouvoir spirituel est subordonné au pouvoir temporel
Les pouvoirs temporel et spirituel sont placés sous deux souverains séparés
Le pouvoir temporel est subordonné au pouvoir spirituel
Les pouvoirs temporel et spirituel sont réunis sans rapport de subordination

Le pouvoir spirituel est subordonné au pouvoir temporel

Explication

Chez Hobbes, l’État correspond à la subordination du pouvoir spirituel au pouvoir temporel. L’ordre inverse, où le civil dépend du spirituel, caractérise la théocratie.

20. À quel concept renvoie la souveraineté lorsqu’elle désigne un pouvoir de commandement plutôt qu’un droit de propriété ?

À la possession territoriale
Au dominium
À la juridiction privée
À l’imperium

À l’imperium

Explication

La souveraineté relève de l’imperium, c’est-à-dire du pouvoir de commander. Le dominium renvoie à la propriété et ne désigne donc pas cette autorité politique.

21. Pourquoi l’État ne peut-il pas aliéner sa souveraineté ?

Parce qu’elle dépend de l’accord renouvelé de chaque institution publique
Parce qu’elle porte sur une population plutôt que sur un bien matériel
Parce qu’elle appartient à titre privé aux gouvernants en fonction
Parce qu’elle n’est pas une chose susceptible d’être vendue ou cédée

Parce qu’elle n’est pas une chose susceptible d’être vendue ou cédée

Explication

La souveraineté ne peut être aliénée parce qu’elle n’est pas un bien que l’État pourrait vendre ou céder. Le fait qu’elle s’exerce sur une population ne constitue pas la raison de son inaliénabilité.

22. Quel rôle les institutions publiques jouent-elles dans la conception de l’État comme personne morale ?

Elles distinguent l’État des collectivités en lui retirant toute capacité juridique
Elles transfèrent la souveraineté des gouvernés aux gouvernants à chaque décision
Elles permettent de concevoir l’État comme titulaire de droits et d’obligations
Elles transforment la souveraineté en droit de propriété sur le territoire

Elles permettent de concevoir l’État comme titulaire de droits et d’obligations

Explication

La souveraineté présuppose des institutions publiques et permet de concevoir l’État comme une personne morale titulaire de droits et d’obligations. Elle ne transforme pas l’autorité politique en propriété sur le territoire.

23. Comment la souveraineté se comprend-elle selon ses dimensions politique et juridique ?

Elle exprime l’indépendance des gouvernants politiquement et la propriété de l’État sur le territoire juridiquement
Elle exprime la maîtrise de l’État sur le peuple politiquement et l’autonomie des tribunaux juridiquement
Elle exprime l’autonomie d’un peuple politiquement et la maîtrise de l’État sur le droit juridiquement
Elle exprime l’autonomie des institutions politiquement et la maîtrise des gouvernés sur le droit juridiquement

Elle exprime l’autonomie d’un peuple politiquement et la maîtrise de l’État sur le droit juridiquement

Explication

Sur le plan politique, la souveraineté exprime l’autonomie d’un peuple ; sur le plan juridique, elle désigne la maîtrise de l’État sur le droit. La propriété de l’État sur le territoire ne rend pas compte de cette distinction.

24. Une commune reçoit des compétences propres qu’elle exerce de manière autonome. Quel mécanisme institutionnel décrit cette situation ?

La centralisation, qui confie aux collectivités l’exécution des décisions de l’État
La décentralisation, qui confie des compétences propres aux collectivités territoriales
La fédéralisation, qui attribue des compétences souveraines aux collectivités territoriales
La déconcentration, qui confie des compétences propres aux relais territoriaux

La décentralisation, qui confie des compétences propres aux collectivités territoriales

Explication

La décentralisation attribue aux collectivités territoriales des compétences propres qu’elles exercent de manière autonome. La déconcentration est différente : les relais territoriaux y exercent des compétences appartenant à l’État.

25. Dans un État unitaire, quelle distinction permet de différencier décentralisation et déconcentration ?

La décentralisation confie les compétences de l’État à ses relais, tandis que la déconcentration donne des compétences propres aux collectivités
La décentralisation confie des compétences propres aux collectivités, tandis que la déconcentration fait exercer celles de l’État par ses relais territoriaux
La décentralisation supprime les compétences de l’État, tandis que la déconcentration transfère la fonction législative aux collectivités
La décentralisation rend les collectivités souveraines, tandis que la déconcentration partage la souveraineté entre les territoires

La décentralisation confie des compétences propres aux collectivités, tandis que la déconcentration fait exercer celles de l’État par ses relais territoriaux

Explication

La différence porte sur la nature des compétences exercées : les collectivités décentralisées ont des compétences propres, alors que les relais déconcentrés exercent celles de l’État. La proposition qui inverse ces deux mécanismes confond précisément leurs rôles.

26. Quelle organisation caractérise un État fédéral dans la conception statocentrée du fédéralisme ?

Des États fédérés coexistent avec un État fédéral souverain, au sein duquel deux niveaux de pouvoir sont organisés
Des États membres souverains coopèrent dans une association dépourvue d’un niveau fédéral de pouvoir
Des collectivités territoriales autonomes exercent des compétences attribuées par un État unitaire
Des administrations territoriales exercent les compétences de l’État sans disposer d’un pouvoir propre

Des États fédérés coexistent avec un État fédéral souverain, au sein duquel deux niveaux de pouvoir sont organisés

Explication

L’État fédéral réunit des États fédérés au sein d’un État fédéral souverain, avec deux niveaux de pouvoir coexistants. Une association dont les membres conservent leur souveraineté décrit plutôt une confédération.

27. Quelle caractéristique distingue une confédération d’un État fédéral concernant la souveraineté de ses membres ?

Les États membres d’une confédération partagent la souveraineté à parts égales avec l’État fédéral
Les États membres d’une confédération conservent leur souveraineté, contrairement aux États fédérés
Les États membres d’une confédération perdent leur souveraineté au profit des collectivités territoriales
Les États membres d’une confédération abandonnent leur souveraineté, contrairement aux États fédérés

Les États membres d’une confédération conservent leur souveraineté, contrairement aux États fédérés

Explication

Dans une confédération, les États membres conservent leur souveraineté, alors que les États fédérés ne sont pas souverains dans la conception présentée. L’idée d’un abandon de souveraineté par les membres confédérés inverse cette distinction.

28. Quelle combinaison de principes caractérise le fédéralisme ?

La subordination des États fédérés aux autorités fédérales et leur participation aux décisions territoriales
L’autonomie des États fédérés fixée par la loi ordinaire et leur exclusion des décisions fédérales
La souveraineté des États fédérés garantie par la Constitution et leur représentation dans les seules juridictions fédérales
L’autonomie des États fédérés garantie par la Constitution et leur participation aux décisions fédérales

L’autonomie des États fédérés garantie par la Constitution et leur participation aux décisions fédérales

Explication

Le fédéralisme repose à la fois sur une autonomie des États fédérés garantie par la Constitution et sur leur participation aux décisions fédérales. Une autonomie établie par une loi ordinaire ne correspond pas à la garantie constitutionnelle décrite.

29. Quel énoncé distingue correctement le pouvoir constituant des pouvoirs constitués ?

Le pouvoir constituant partage la souveraineté avec les pouvoirs constitués, qui déterminent librement leurs compétences
Le pouvoir constituant applique la Constitution, tandis que les pouvoirs constitués la révisent sans être liés par elle
Le pouvoir constituant est créé par la Constitution, tandis que les pouvoirs constitués la créent et disposent de compétences limitées
Le pouvoir constituant crée la Constitution, tandis que les pouvoirs constitués en procèdent et exercent des compétences limitées

Le pouvoir constituant crée la Constitution, tandis que les pouvoirs constitués en procèdent et exercent des compétences limitées

Explication

Le pouvoir constituant établit la Constitution, qui crée à son tour les pouvoirs constitués et limite leurs compétences. La proposition qui présente le pouvoir constituant comme créé par la Constitution inverse le rapport entre les deux notions.

30. Une assemblée modifie la Constitution déjà en vigueur selon la procédure prévue à cet effet. De quel pouvoir constituant s’agit-il ?

Du pouvoir constituant originaire, qui établit une Constitution initiale
Du pouvoir constituant dérivé, qui révise une Constitution en vigueur
Du pouvoir constitué, qui fonde une Constitution sans en être issu
Du pouvoir constituant originaire, qui adapte une Constitution existante

Du pouvoir constituant dérivé, qui révise une Constitution en vigueur

Explication

Le pouvoir constituant dérivé intervient pour réviser une Constitution déjà en vigueur. Le pouvoir constituant originaire établit une Constitution initiale, et ne désigne donc pas cette opération de révision.

31. Quelle idée fonde démocratiquement la légitimité des institutions dans la conception du pouvoir constituant ?

Le peuple se donne une Constitution et fonde ainsi la légitimité des institutions
Les collectivités territoriales se donnent une Constitution et fondent ainsi la légitimité de l’État
Le Parlement se donne une Constitution et fonde ainsi la souveraineté du peuple
Les institutions se donnent une Constitution et fondent ainsi la légitimité du peuple

Le peuple se donne une Constitution et fonde ainsi la légitimité des institutions

Explication

Le pouvoir constituant est conçu comme le pouvoir du peuple de se donner une Constitution, ce qui fonde démocratiquement la légitimité des institutions. Faire des institutions elles-mêmes l’origine de cette légitimité inverse le rapport décrit.

32. Lors d’une révision constitutionnelle selon l’article 89, quelle séquence s’applique après l’adoption du même texte par les deux assemblées ?

Le texte est approuvé par les deux assemblées à la majorité des trois cinquièmes, puis soumis au choix du Premier ministre
Le texte est approuvé par référendum ou, pour un projet soumis au Congrès par le Président, à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés
Le texte est approuvé par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes dans tous les cas, sans possibilité de référendum
Le texte est approuvé par référendum avant d’être voté en termes identiques par les deux assemblées

Le texte est approuvé par référendum ou, pour un projet soumis au Congrès par le Président, à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés

Explication

Après un vote en termes identiques par les deux assemblées, la révision est approuvée par référendum ou, pour un projet soumis au Congrès par le Président, à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. La voie du Congrès ne s’applique donc pas à tous les cas et ne supprime pas l’option référendaire.

33. Pourquoi une Constitution rigide est-elle plus difficile à réviser qu’une loi ordinaire ?

Parce que sa révision suit des procédures plus contraignantes que l’adoption d’une loi ordinaire.
Parce que sa révision dépend d’un accord entre les juridictions et les collectivités territoriales.
Parce que sa révision exige une nouvelle élection de toutes les institutions constitutionnelles.
Parce que sa révision doit être confirmée par une convention constitutionnelle non écrite.

Parce que sa révision suit des procédures plus contraignantes que l’adoption d’une loi ordinaire.

Explication

La rigidité constitutionnelle tient notamment aux procédures contraignantes auxquelles la révision est soumise. Une nouvelle élection des institutions n’est pas présentée comme la cause de cette rigidité.

34. En 1962, quelle procédure le général de Gaulle utilise-t-il pour faire adopter l’élection du Président de la République au suffrage universel direct ?

Une convention constitutionnelle approuvée par le Conseil constitutionnel.
Une loi ordinaire adoptée par les deux chambres du Parlement.
La procédure de révision constitutionnelle prévue par l’article 89.
Le référendum organisé sur le fondement de l’article 11.

Le référendum organisé sur le fondement de l’article 11.

Explication

En 1962, de Gaulle utilise l’article 11 et le référendum pour faire adopter cette réforme. L’article 89 est la procédure constitutionnelle prévue pour réviser la Constitution, ce qui explique la controverse sur ce recours.

35. Quelle difficulté soulève le fait que le pouvoir de révision soit encadré par la Constitution ?

La question de savoir s’il peut être exercé par les juridictions sans procédure particulière.
La question de savoir s’il peut être assimilé au pouvoir constituant souverain et illimité.
La question de savoir s’il peut modifier les lois ordinaires sans intervention du Parlement.
La question de savoir s’il peut supprimer les institutions sans modifier le texte constitutionnel.

La question de savoir s’il peut être assimilé au pouvoir constituant souverain et illimité.

Explication

L’encadrement du pouvoir de révision par la Constitution conduit à se demander s’il équivaut au pouvoir constituant souverain et illimité. Le fait qu’il soit encadré ne signifie pas que les juridictions puissent l’exercer sans procédure.

36. Qu’est-ce qui caractérise un changement constitutionnel informel ?

Il suspend l’application de la Constitution pendant une période déterminée.
Il modifie le texte constitutionnel en suivant la procédure de révision.
Il remplace les institutions constitutionnelles par des organes non élus.
Il transforme la pratique de la Constitution sans modifier son texte.

Il transforme la pratique de la Constitution sans modifier son texte.

Explication

Le changement informel transforme la manière dont la Constitution est pratiquée tout en laissant son texte intact. Une modification du texte par la procédure de révision constitue un changement formel.

37. Comment la répétition d’une pratique institutionnelle peut-elle contribuer à l’apparition d’une convention constitutionnelle ?

Elle peut créer un sentiment d’obligation attaché à la pratique répétée.
Elle peut transformer la pratique en décision juridictionnelle obligatoire.
Elle peut inscrire automatiquement la pratique dans le texte constitutionnel.
Elle peut conférer à la pratique la valeur d’une loi adoptée par le Parlement.

Elle peut créer un sentiment d’obligation attaché à la pratique répétée.

Explication

La répétition d’une pratique peut faire naître un sentiment d’obligation et la faire évoluer vers une convention constitutionnelle. Cette évolution ne modifie pas automatiquement le texte de la Constitution.

38. Dans la pratique française, de quoi dépend notamment la demande présidentielle de démission du Premier ministre ?

De la durée écoulée depuis la dernière révision constitutionnelle.
De l’existence d’une majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.
De l’existence d’une majorité gouvernementale au Sénat.
De la décision du Conseil constitutionnel sur la politique du gouvernement.

De l’existence d’une majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

Explication

Cette pratique dépend notamment de la présence d’une majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. La majorité au Sénat n’est pas le facteur mentionné pour expliquer la demande de démission.

39. Quel rôle général une Constitution remplit-elle dans l’organisation du pouvoir politique ?

Elle fixe les politiques publiques et attribue leur exécution aux juridictions.
Elle organise les institutions, attribue des compétences et limite le pouvoir.
Elle règle les relations entre les partis sans répartir les compétences publiques.
Elle définit les droits individuels sans organiser les institutions politiques.

Elle organise les institutions, attribue des compétences et limite le pouvoir.

Explication

La Constitution organise les institutions, répartit leurs compétences et limite le pouvoir. Elle ne se réduit donc pas à un texte définissant les droits individuels.

40. Que signifie l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen pour la définition d’une Constitution ?

Une société dotée d’une déclaration de droits possède une Constitution, même sans institutions distinctes.
Une société sans séparation des pouvoirs possède une Constitution si ses institutions sont écrites.
Une société dotée d’élections libres possède une Constitution, même sans garantie des droits.
Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution.

Une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution.

Explication

L’article 16 affirme qu’une société dépourvue de garantie des droits ou de séparation des pouvoirs n’a pas de Constitution. La tenue d’élections ne remplace pas ces garanties dans la définition énoncée.

41. Quelle conception de la liberté caractérise le libéralisme ?

Une liberté collective exercée par le peuple, qui fonde l’action politique commune.
Une liberté économique attribuée aux gouvernants, qui facilite la conduite de l’État.
Une liberté individuelle protégée, dont le libre exercice favorise le progrès humain.
Une liberté institutionnelle accordée aux organes, qui assure leur autonomie mutuelle.

Une liberté individuelle protégée, dont le libre exercice favorise le progrès humain.

Explication

Le libéralisme protège les libertés individuelles et considère leur libre exercice comme un moteur du progrès humain. La liberté collective et active relève plutôt de la conception démocratique distinguée de la liberté libérale.

42. Quelle distinction est nécessaire pour comprendre la séparation des pouvoirs ?

Distinguer les institutions élues des administrations chargées d’appliquer leurs décisions.
Distinguer les organes constitutionnels des fonctions législative, exécutive et juridictionnelle.
Distinguer les droits individuels des devoirs collectifs et des libertés publiques.
Distinguer les compétences nationales des compétences locales dans l’organisation territoriale.

Distinguer les organes constitutionnels des fonctions législative, exécutive et juridictionnelle.

Explication

La séparation des pouvoirs suppose de distinguer les organes constitutionnels des fonctions qu’ils exercent, notamment les fonctions législative, exécutive et juridictionnelle. La distinction entre institutions élues et administrations ne rend pas compte de cette articulation entre organes et fonctions.

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Chez les Anciens, que désigne descriptivement la politeia ?

Le fonctionnement des institutions.

À quelle communauté la politeia peut-elle aussi renvoyer chez les Anciens ?

À la communauté elle-même.

Quel philosophe est associé à la conception ancienne de la politeia ?

Aristote.

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