Fiche de révision : Droit des obligations et responsabilités

Plan du Cours

  1. Obligations et force du contrat
  2. Formation et validité du contrat
  3. Effets et inexécution du contrat
  4. Circulation et extinction des obligations
  5. Évolution des responsabilités civiles
  6. Principes et application du droit pénal
  7. Infractions et faute pénale
  8. Intention et fautes pénales
  9. Élément matériel et faits justificatifs
  10. Responsabilité pénale des personnes
  11. Peines et extinction de la peine
  12. Fondements de la responsabilité civile
  13. Dommages et réparation civile
  14. Principes de la justice française
  15. Principes du procès et des juridictions
  16. Juridictions civiles et prud’homales
  17. Juridictions pénales et exécution des peines
  18. Cour de cassation et pourvoi

1. Obligations et force du contrat

Notions clés & Définitions

  • Obligation : Rapport juridique entre un créancier, qui peut exiger une prestation ou une abstention, et un débiteur, qui en est tenu.
  • Paiement : Extinction de l’obligation.

★ À maîtriser

  • En cas d’inexécution, le créancier peut demander la contrainte et une exécution forcée sous le contrôle de la justice.

  • Le débiteur répond de l’inexécution de son engagement avec son patrimoine, qui peut servir de garantie aux créanciers.

📌 L’obligation de résultat impose au débiteur un résultat précis, et son inexécution permet au créancier d’engager la responsabilité contractuelle par le seul constat que le résultat promis n’a pas été atteint.

  • L’article 1103 du Code civil dispose que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.

Compléments

  • Le créancier détient contre le débiteur un droit de créance, également appelé droit personnel, tandis que le débiteur est tenu d’une dette.

📌 Les obligations peuvent être en nature ou pécuniaires selon qu’elles portent ou non sur une somme d’argent.

Astuce mémo

Créancier : droit de créance ; débiteur : dette

2. Formation et validité du contrat

Notions clés & Définitions

  • Consentement : Rencontre de deux ou plusieurs volontés libres et concordantes, clairement exprimées.
  • Lésion : Déséquilibre financier existant au moment de la formation du contrat.

★ À maîtriser

  • La validité du contrat suppose un consentement, la capacité des parties et un objet, sans exiger un équilibre parfait entre leurs prestations.

📌 Une offre doit être précise, complète et non équivoque pour permettre une acceptation valable, et elle peut être assortie d’un délai raisonnable.

📌 Le contrat est formé lorsque l’offre est acceptée par une acceptation ferme et définitive, expresse ou tacite ; en principe, le silence ne vaut pas acceptation.

  • Les trois vices du consentement sont :
    • l’erreur
    • le dol
    • la violence

📌 L’erreur est une représentation inexacte de la réalité, tandis que le dol est une erreur provoquée par des manœuvres ou des mensonges déterminants émanant d’une partie.

Compléments

  • Les mineurs non émancipés doivent être assistés ou représentés, tandis que les majeurs protégés peuvent relever d’une tutelle, d’une curatelle ou d’une sauvegarde de justice.

Astuce mémo

Offre, négociation, acceptation

3. Effets et inexécution du contrat

★ À maîtriser

  • Les parties doivent exécuter le contrat de bonne foi et coopérer pendant son exécution, le créancier devant faciliter l’exécution par le débiteur.

  • En principe, aucune partie ne peut mettre fin unilatéralement au contrat, mais les parties peuvent le détruire par un nouvel accord dont les effets valent pour l’avenir.

  • Le juge ne peut pas modifier des clauses claires, mais il interprète les clauses obscures ou contradictoires en recherchant la volonté commune des parties.

  • La résolution sanctionne l’inexécution d’un contrat synallagmatique avec un anéantissement rétroactif, tandis que la résiliation sanctionne l’inexécution d’un contrat à exécution successive pour l’avenir.

  • La force majeure est caractérisée par :

    • l’imprévisibilité
    • l’extériorité
    • l’irrésistibilité

Compléments

📌 Une clause pénale évalue forfaitairement et à l’avance l’indemnité due en cas d’inexécution, son déclenchement supposant une mise en demeure du débiteur.

📌 Le juge peut réviser une clause pénale manifestement excessive ou dérisoire, à la hausse ou à la baisse, y compris en cas d’inexécution partielle.

4. Circulation et extinction des obligations

Notions clés & Définitions

  • Cession de créance : Acte juridique par lequel un créancier transmet à une autre personne le droit qu’il détient sur son débiteur.
  • Délégation : Opération par laquelle le délégué s’engage, sur l’ordre du délégant débiteur, à payer le délégataire créancier.
  • Prescription : Moyen d’acquérir ou de se libérer par l’écoulement d’un certain temps, dans les conditions déterminées par la loi.

★ À maîtriser

  • Le cours indique un délai de prescription de droit commun de 30 ans, un délai de 10 ans pour celui qui acquiert de bonne foi un immeuble et un délai de 5 ans notamment pour les créances périodiques.

📌 La compensation légale éteint automatiquement les obligations réciproques jusqu’à concurrence de la plus faible, tandis que la compensation judiciaire suppose une décision du juge.

Compléments

  • Une créance cédée se transmet avec ses accessoires, notamment avec ses vices, et le débiteur ainsi que les tiers doivent en être informés selon les formalités prévues.

  • Les titres négociables tels que les titres au porteur et les titres à ordre, notamment les chèques et les billets, transmettent la créance par endossement.

📌 La délégation exige le consentement des trois personnes et fait naître une nouvelle obligation qui éteint l’obligation originaire.

5. Évolution des responsabilités civiles

Notions clés & Définitions

  • Faute civile : Action volontaire ou non, ou omission, qui porte atteinte au droit d’autrui en lui causant un dommage.

★ À maîtriser

  • La responsabilité civile et la responsabilité pénale ont d’abord été confondues dans la justice privée, puis l’État s’est substitué à la victime, avant que la responsabilité civile ne se distingue progressivement de la responsabilité pénale avec l’individualisme des XVIIe au XIXe siècles.

  • L’assurance mutualise les risques par les primes versées par les assurés, mais peut affaiblir la prévention des dommages et conduire à une réparation forfaitaire.

Compléments

  • Jean Domat formule au XVIIe siècle une conception de la responsabilité civile fondée sur la faute, qui inspire les rédacteurs du Code civil de 1804.

  • La Cour de cassation a objectivé en 1885 la responsabilité pour les dommages causés par les animaux en limitant l’exonération du propriétaire ou du gardien au seul cas de force majeure.

  • En 1911, la Cour de cassation a garanti l’indemnisation des voyageurs victimes en matière de responsabilité contractuelle.

Astuce mémo

Industrialisation → risques de masse → réparation sans faute

6. Principes et application du droit pénal

Notions clés & Définitions

  • Droit pénal : Détermine les conduites antisociales et la réaction de la société contre ces comportements.

★ À maîtriser

📌 Selon le principe de légalité, une action ou une abstention ne peut être sanctionnée que si le législateur l’a visée dans un texte et l’a interdite sous la menace d’une peine.

📌 Selon l’article 112-1 du Code pénal, seuls sont punissables les faits constitutifs d’une infraction à la date où ils sont commis, ce qui fonde la non-rétroactivité de la loi pénale de fond.

Compléments

  • Le cours présente trois raisons au principe de légalité :

    • l’argument psychologique : la loi doit avertir avant de frapper
    • l’argument politique : le droit pénal fait partie du contrat social
    • l’argument institutionnel : la séparation des pouvoirs
  • Le cours cite cinq exceptions à la non-rétroactivité :

    • les lois interprétatives d’une loi antérieure obscure
    • les lois édictant des mesures de sûreté nouvelles d’application immédiate
    • les lois incriminant des atteintes à des valeurs essentielles de civilisation
    • les lois déclarées rétroactives par le législateur
    • l’application d’une loi plus douce

📌 Le droit pénal français applique le principe de territorialité aux infractions commises sur le territoire de la République, et les juridictions françaises peuvent aussi être compétentes pour certains crimes ou délits commis à l’étranger par des Français ou contre un Français.

  • La qualification des faits consiste à vérifier s’ils relèvent d’un texte répressif et sont punissables ; elle peut être modifiée pendant la procédure et le juge tranche les difficultés de qualifications incompatibles, exclusives ou concurrentes.

7. Infractions et faute pénale

★ À maîtriser

📌 Les infractions sont classées selon leur gravité en contraventions, délits et crimes, relevant respectivement du tribunal de police, du tribunal correctionnel et des cours d’assises.

📌 Le cours indique que le crime exige une intention, que le délit exige en principe une intention mais admet des exceptions comme l’imprudence ou la négligence, et qu’une contravention ne nécessite pas d’intentionnalité.

Compléments

  • Le cours indique que les contraventions ont une prescription de l’action de 1 an, les délits de 3 ans et les crimes de 10 ans.

  • Le cours présente les peines des contraventions comme des amendes de 38 à 1 500 €, celles des délits comme des amendes à partir de 3 750 € et de l’emprisonnement, et celles des crimes comme pouvant inclure la réclusion à perpétuité.

📌 La conception objective de l’intention s’appuie sur la connaissance ou la conscience de l’acte illicite et sur la volonté, tandis que la conception subjective la rapporte notamment à la personnalité, au mobile et aux formes de dol.

  • Le cours distingue la mise en danger par exposition à un danger de mort ou de blessures et violation manifestement délibérée d’une obligation, ainsi que la faute caractérisée, liée à des conséquences mortelles ou corporelles causées directement ou indirectement dans les conditions décrites.

Astuce mémo

Crime : intention ; contravention : intention non nécessaire

8. Intention et fautes pénales

★ À maîtriser

📌 Le cours distingue les crimes, qui supposent une intention, les délits, qui supposent une intention sauf exceptions comme l’imprudence ou la négligence, et les contraventions, qui ne nécessitent pas d’intentionnalité.

  • La conception objective situe l’intention dans la connaissance ou la conscience de commettre un acte illicite et dans la volonté manifestée par le comportement ou le résultat.

  • La conception subjective apprécie l’intention par référence à la personnalité, notamment au mobile et au dol général ou spécial.

📌 Le cours distingue la mise en danger, liée à l’exposition à un danger de mort ou de blessures et à la violation manifestement délibérée d’une obligation, de la faute caractérisée, qui peut causer directement ou indirectement la mort ou des blessures.

Compléments

  • Dans la conception objective, la connaissance de la loi repose sur la présomption que nul n’est censé ignorer la loi, absolue avant 1994 et relative depuis.

Astuce mémo

Conception objective : acte connu ; conception subjective : personnalité et mobile

9. Élément matériel et faits justificatifs

Notions clés & Définitions

  • Tentative : Un commencement d’exécution sans désistement volontaire, lorsque l’infraction échoue ou est interrompue par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.

★ À maîtriser

  • L’action pénale consiste à faire ce que la loi interdit, tandis que l’inaction consiste à ne pas faire ce que la loi ordonne.

  • La tentative suppose une intention irrévocable et un lien de causalité, et le désistement volontaire n’exclut l’incrimination que s’il est spontané.

  • L’ordre de la loi ou d’une autorité légitime exclut la responsabilité pénale, sauf si l’acte commandé par l’autorité est manifestement illégal.

  • L’état de nécessité justifie un acte normalement incriminé si le danger est actuel et imminent, n’a pas été provoqué par une faute antérieure, et si l’acte est nécessaire et proportionné.

  • La légitime défense des personnes exige cinq conditions :

    • une attaque actuelle ou imminente
    • une attaque injuste
    • une attaque véritable
    • une réponse nécessaire
    • une réponse proportionnée à la gravité de l’attaque

Compléments

📌 La tentative manquée n’atteint pas son objectif, mais la maladresse engage la responsabilité entière et l’impossibilité reçoit en principe le même traitement, sous réserve de controverse.

Astuce mémo

Préparation → commencement d’exécution → tentative

10. Responsabilité pénale des personnes

★ À maîtriser

  • En droit pénal, nul n’est responsable que de son propre fait, ce qui exclut la responsabilité pénale du fait d’autrui et la responsabilité pénale collective.

  • L’auteur commet ou tente l’infraction, le co-auteur y participe de façon déterminante, l’auteur moral fait accomplir l’acte par un tiers et le complice y participe sans que l’infraction dépende de lui.

  • Une personne morale est pénalement responsable des infractions commises pour son compte par ses organes ou ses représentants.

  • Les sanctions des personnes morales comprennent une amende égale au quintuple de celle prévue pour les personnes physiques ou, à défaut, de 1 000 000 €, ainsi que la dissolution et des peines complémentaires.

📌 Le trouble mental exonère pénalement si le discernement et le contrôle des actes sont totalement abolis au moment des faits, tandis que la contrainte exige une force irrésistible et imprévisible.

Compléments

📌 Un dirigeant peut être tenu responsable d’une infraction commise par un préposé ou de sa faute personnelle, et peut notamment s’exonérer par une délégation de pouvoir autorisée.

Astuce mémo

Responsabilité personnelle pour l’auteur ; responsabilité de la personne morale pour les infractions commises pour son compte

11. Peines et extinction de la peine

★ À maîtriser

  • La peine vise l’intimidation, la rétribution et la socialisation, et contribue à la dissuasion en amont ainsi qu’à l’élimination des délinquants en aval.

📌 Les peines principales sont prévues par les textes, les peines complémentaires s’y ajoutent et les peines alternatives, comme le travail d’intérêt général, visent à lutter contre l’emprisonnement.

📌 La récidive aggrave la peine lorsqu’une pluralité d’infractions est séparée par une condamnation définitive et peut transformer une contravention en délit ou un délit en crime.

  • La prescription de la peine est de 20 ans pour les crimes, 5 ans pour les délits et 2 ans pour les contraventions, et laisse subsister la condamnation tout en empêchant l’exécution de la peine.

📌 L’amnistie efface rétroactivement le caractère délictueux des faits et la condamnation, tandis que la grâce dispense totalement ou partiellement de l’exécution de la peine sans effacer la condamnation.

Compléments

📌 Le cumul réel concerne plusieurs infractions matériellement distinctes sans condamnation définitive intermédiaire, mais la règle est le non-cumul sauf exceptions, avec unité des poursuites et confusion des peines.

Astuce mémo

Amnistie : condamnation effacée ; grâce : condamnation maintenue

12. Fondements de la responsabilité civile

★ À maîtriser

  • La responsabilité civile peut résulter d’une faute délictuelle ou contractuelle, mais aussi être engagée sans faute, notamment pour des activités à risques ou des accidents.

  • La responsabilité civile délictuelle exige :

    • une faute
    • un dommage
    • un lien de causalité entre eux

📌 En cas de pluralité de responsables, la responsabilité in solidum permet à la victime de demander réparation intégrale à l’un d’eux, lequel peut ensuite exercer une action récursoire contre les autres.

📌 L’obligation de résultat est manquée dès que le résultat promis n’est pas atteint, tandis que l’obligation de moyens exige de démontrer l’insuffisance des moyens employés.

  • La responsabilité contractuelle suppose : un contrat valable, un dommage résultant de l’inexécution d’une obligation contractuelle, un lien contractuel entre le responsable et la victime

Compléments

  • La responsabilité civile du fait des choses inanimées exige que la chose ait joué un rôle actif dans le dommage, et le propriétaire est présumé gardien sauf preuve contraire, notamment en cas de dépossession ou de dessaisissement volontaire par contrat.

Astuce mémo

Faute ou fait générateur → dommage → lien de causalité

13. Dommages et réparation civile

★ À maîtriser

  • Les dommages patrimoniaux ont une incidence économique, tandis que les dommages extrapatrimoniaux portent notamment atteinte à l’honneur, à l’image ou à l’intégrité corporelle sans incidence économique directe.

  • La réparation en nature remet matériellement la chose en état, tandis que la réparation pécuniaire compense le préjudice par des dommages-intérêts équivalant exactement au préjudice.

  • Le principe de réparation intégrale impose de réparer tout le préjudice, mais rien que le préjudice, en déduisant les indemnisations déjà versées par des tiers afin d’éviter l’enrichissement de la victime.

  • La force majeure exonère si l’événement est irrésistible, imprévisible et extérieur, ces trois conditions étant cumulatives.

Compléments

  • Les dommages par ricochet des proches de la victime peuvent être indemnisés, qu’ils soient patrimoniaux ou extrapatrimoniaux.

📌 En matière contractuelle, la réparation est limitée aux dommages prévisibles sauf faute intentionnelle ou dolosive, et les parties peuvent convenir de limiter ou d’exclure le droit à réparation.

Astuce mémo

Réparation en nature : effacer ; réparation pécuniaire : compenser

14. Principes de la justice française

★ À maîtriser

  • La justice française comprend deux ordres, judiciaire et administratif, dont la dualité s’enracine dans les textes de 1790 et le décret de l’an III, puis dans la justice déléguée instaurée par la loi de 1872.

  • Le premier degré juge une affaire pour la première fois, le second degré la rejugе en fait et en droit, tandis que les juridictions suprêmes contrôlent la légalité sans rejuger les faits.

  • La procédure inquisitoire confère au juge un rôle important dans la conduite de l’instance et la recherche des preuves, tandis que la procédure accusatoire laisse aux parties la maîtrise du litige et fait du juge un arbitre.

  • Le principe du contradictoire impose au juge de faire respecter les droits de la défense et de veiller à son observation.

Compléments

  • La répartition des compétences entre la loi et le règlement prévoit notamment que la loi fixe les règles de création de nouveaux ordres de juridiction, la procédure pénale et le statut des magistrats, tandis que le règlement régit notamment les procédures civile et administrative et les règles de compétence.

📌 Les juridictions de droit commun ont une compétence générale de principe, tandis que les juridictions d’exception ne connaissent que des affaires que la loi leur attribue expressément.

Astuce mémo

Ordre judiciaire pour les litiges privés ; ordre administratif pour les litiges impliquant l’Administration

15. Principes du procès et des juridictions

★ À maîtriser

  • L’ordre administratif juge les litiges entre les particuliers et l’Administration ou entre administrations, tandis que l’ordre judiciaire traite les litiges entre particuliers et les juridictions pénales jugent les infractions.

  • La procédure inquisitoire confie au juge des pouvoirs étendus dans la conduite temporelle et matérielle de l’instance, tandis que la procédure accusatoire fait du procès la chose des parties, qui en déterminent l’objet et apportent les faits et preuves.

  • Le principe du contradictoire impose au juge de le faire respecter afin d’éviter l’arbitraire et de garantir l’exercice des droits de la défense.

  • Les débats sont en principe publics devant les juridictions civiles, pénales et administratives, mais peuvent se tenir à huis clos pour protéger notamment la moralité, l’ordre public, la sécurité nationale, les mineurs, la vie privée ou les intérêts de la justice.

Compléments

  • La publicité des audiences n’autorise pas la médiatisation du procès, et le code de procédure pénale interdit l’enregistrement ou la diffusion du procès devant une cour d’assises, sous réserve des dispositions restrictives mentionnées dans le cours.

Astuce mémo

Inquisitoire : le juge mène ; accusatoire : les parties conduisent

16. Juridictions civiles et prud’homales

Notions clés & Définitions

  • Tribunal judiciaire : Juridiction de droit commun du premier degré compétente en matière de droit privé lorsque la loi n’a pas attribué l’affaire à une autre juridiction.
  • Conseil de prud’hommes : Juridiction d’exception du premier degré chargée de concilier puis, à défaut, de juger les litiges individuels nés d’un contrat de travail ou d’apprentissage.
  • Cour d’appel : Juridiction de droit commun du second degré qui réexamine en fait et en droit les affaires jugées en premier ressort dans son ressort, sous réserve des conditions de recevabilité de l’appel.

Points essentiels

  • Au tribunal judiciaire, la procédure est écrite et l’avocat est obligatoire ; la formation collégiale comprend un nombre impair de juges, au moins trois, mais certaines affaires peuvent être confiées à un juge unique.

  • Le tribunal judiciaire possède une compétence exclusive dans certains domaines :

    • la famille
    • l’état civil
    • la nationalité
    • le mariage
    • le divorce
    • la filiation
    • l’autorité parentale
  • Le conseil de prud’hommes comprend cinq sections, composées chacune d’au moins trois conseillers employeurs et trois conseillers salariés, ainsi qu’un bureau de conciliation, un bureau de jugement et une formation de référé.

17. Juridictions pénales et exécution des peines

★ À maîtriser

  • Les juridictions pénales jugent les contraventions, les délits et les crimes, et leur organisation distingue les poursuites, confiées au ministère public, l’instruction et le jugement.

  • Le juge d’instruction recherche les preuves à charge et à décharge ; la mise en examen suppose des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation de la personne à l’infraction.

  • Le juge des libertés et de la détention décide exclusivement du placement en détention provisoire lorsqu’il est saisi par le juge d’instruction et ne peut pas juger l’affaire au fond.

  • Le tribunal de police juge les contraventions, le tribunal correctionnel juge les délits et la cour d’assises juge les crimes.

Compléments

  • En appel d’assises, le jury comprend douze jurés au lieu de neuf en première instance, et la décision est prise à la majorité qualifiée de dix voix.

  • Le juge de l’application des peines fixe les modalités d’exécution des peines et peut notamment ordonner des réductions de peine, des sorties sous escorte ou des permissions de visite.

Astuce mémo

Instruction → jugement → appel → application des peines

18. Cour de cassation et pourvoi

Notions clés & Définitions

  • Cour de cassation : Juge du droit qui vérifie la conformité des décisions aux règles de droit sans statuer sur les faits ; elle n’est donc pas un troisième degré de juridiction.
  • Tribunal administratif : Juge de droit commun en premier ressort du contentieux administratif, sauf lorsque la compétence est attribuée à une autre juridiction, notamment au Conseil d’État.
  • Tribunal des conflits : Unique juridiction compétente pour trancher les conflits d’attribution entre les ordres judiciaire et administratif.

★ À maîtriser

📌 Le pourvoi en cassation est ouvert sous des conditions restrictives : la décision doit avoir été rendue en dernier ressort et le moyen doit invoquer la violation d’une règle de droit.

  • La Cour de cassation uniformise l’application du droit sur le territoire en contrôlant les décisions susceptibles de diverger dans leur interprétation des mêmes textes.

📌 La Cour de cassation peut rejeter le pourvoi, rendant alors la décision attaquée irrévocable, ou casser la décision et renvoyer l’affaire pour qu’elle soit rejugée au fond ; elle peut exceptionnellement casser sans renvoi.

  • Les cours administratives d’appel, créées en 1987, statuent en principe sur les appels des jugements rendus en premier ressort par les tribunaux administratifs, sauf exceptions relevant du Conseil d’État.

  • La Cour des comptes exerce des attributions juridictionnelles en vérifiant les comptes publics et des attributions non juridictionnelles en examinant notamment l’exécution du budget de l’État et les comptes d’organismes publics.

  • Le Conseil d’État statue en cassation sur les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions administratives et peut aussi être juge d’appel ou juge de premier et dernier ressort dans les cas prévus.

  • Dans un conflit positif, les deux ordres se déclarent compétents ; dans un conflit négatif, aucun ordre ne souhaite juger l’affaire, ce qui risque de créer un déni de justice.

  • Le Conseil constitutionnel contrôle le respect par les pouvoirs législatif et exécutif de leurs domaines de compétence et veille aux principes et libertés à valeur constitutionnelle.

📌 Le Conseil constitutionnel contrôle les lois a priori et a posteriori par la QPC, et peut invalider une loi jugée contraire à la Constitution avec un effet immédiat ou différé.

📌 La saisine a priori est obligatoire pour les lois organiques et peut également être exercée par le président de la République, le Premier ministre, soixante députés ou soixante sénateurs ; a posteriori, une partie à un procès peut soulever une QPC.

Compléments

  • La Cour de cassation transmet une question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel après filtrage lorsqu’elle porte sur une liberté fondamentale et qu’elle est nouvelle ou présente un caractère sérieux.

  • Les tribunaux administratifs statuent généralement en formation collégiale de trois membres, mais peuvent siéger à juge unique, notamment en référé.

  • La loi du 24 mai 1872 institue le Conseil d’État comme juge administratif de droit commun et juridiction administrative suprême.

Astuce mémo

Les juges du fond examinent les faits ; la Cour de cassation contrôle le droit

Tableaux de synthèse

Catégories d’infractions

CatégorieJuridictionPrescription indiquée
ContraventionTribunal de police1 an
DélitTribunal correctionnel3 ans
CrimeCour d’assises10 ans

Responsabilités pénale et civile

CritèreResponsabilité pénaleResponsabilité civile
Personnes concernéesResponsabilité personnellePeut concerner autrui
ObjetSanctionner l’infractionRéparer le dommage
Conditions principalesÉléments légal, moral et matérielFait générateur, dommage et lien de causalité

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1. Dans une obligation juridique, quelle relation unit le créancier et le débiteur ?

2. Si un débiteur n’exécute pas son engagement, quelle démarche le créancier peut-il entreprendre ?

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Qu’est-ce qu’une obligation ?

Un rapport juridique entre un créancier et un débiteur.

Quelles conditions sont nécessaires à la validité du contrat ?

Un consentement, la capacité des parties et un objet.

Quel droit le créancier détient-il contre le débiteur ?

Un droit de créance, également appelé droit personnel.

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