📌 La summa divisio du droit civil distingue les personnes, qui relèvent de l’être et sont sujets de droit, des choses, qui relèvent de l’avoir et sont objets de droit.
📌 La personnalité juridique est reconnue à toute personne, mais son exercice effectif dépend de la capacité juridique, qui peut être limitée notamment pour les mineurs et les majeurs sous tutelle.
Personnes = être et sujets de droit ; choses = avoir et objets de droit
Pour acquérir la personnalité juridique, l’enfant doit être né vivant et viable, conditions déduites notamment des articles 318, 725 et 906 du Code civil.
Selon l’article 55 du Code civil, la naissance doit être déclarée dans les 5 jours de l’accouchement à l’officier d’état civil du lieu de l’accouchement, avec un délai exceptionnel de 8 jours lorsque le lieu est éloigné.
L’enfant né vivant et viable puis décédé rapidement donne lieu à un acte de naissance et à un acte de décès, tandis que l’enfant né sans vie donne lieu uniquement à un acte d’enfant sans vie.
Naître vivant, être viable, déclarer la naissance
L’article L114-5 du Code de l’action sociale et des familles, issu de la loi du 4 mars 2002, prévoit que nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance.
Lorsque la faute d’une personne a directement provoqué le handicap d’un enfant à naître, son auteur doit réparer le préjudice corporel causé à l’enfant.
Depuis la loi anti-Perruche du 4 mars 2002, l’enfant ne peut pas demander réparation du seul fait de sa naissance handicapée, mais ses parents peuvent être indemnisés si une faute caractérisée a empêché la détection du handicap et le recours à l’avortement.
Naissance non désirée non indemnisable ; faute médicale caractérisée indemnisable
★ À maîtriser
L’embryon humain est juridiquement une chose humaine et non une personne, car la personnalité juridique n’est acquise qu’à la naissance.
L’homicide ne peut être retenu lorsque le fœtus meurt avant sa naissance, même s’il est viable et proche du terme, car l’homicide suppose la mort d’une personne.
L’adage infans conceptus considère l’enfant simplement conçu comme né chaque fois que cela va dans son intérêt, ce qui lui permet d’acquérir des droits mais pas d’obligations.
L’application de l’adage infans conceptus exige que l’enfant soit conçu au moment de l’événement, que l’intérêt soit le sien et qu’il naisse ensuite vivant et viable.
À sa naissance vivante et viable, l’enfant acquiert la personnalité juridique avec un effet rétroactif au jour de sa conception pour les droits qui servent son intérêt.
Compléments
📌 L’embryon désigne l’être humain pendant environ les 8 premières semaines de la vie, puis on parle de fœtus ; cette distinction est principalement médicale et non juridique.
Selon l’article 311 du Code civil, la période légale de conception s’étend du au jour avant la naissance.
L’interruption volontaire de grossesse est possible en France avant 12 semaines de grossesse sans justification, tandis que l’interruption médicale de grossesse suppose un danger pour la vie de la mère ou du fœtus.
La loi bioéthique du 2 août 2021 a créé l’interruption partielle de grossesse en cas de grossesse gémellaire, afin de protéger la vie de l’autre jumeau.
Le clonage reproductif humain est interdit, le clonage à des fins thérapeutiques est pénalement un délit et la recherche sur les embryons humains est soumise à des conditions strictes.
Conception puis intérêt de l’enfant puis naissance viable : rétroactivité de la personnalité juridique
★ À maîtriser
📌 Dans le coma ou l’état végétatif, la personne est considérée comme vivante et conserve sa personnalité juridique, contrairement à la mort cérébrale.
Compléments
📌 Le décès doit être déclaré à l’officier d’état civil de la commune où il est survenu dans les 24 heures suivant son constat, conformément à l’article 78 du Code civil.
Mort certaine avec cadavre ; mort incertaine sans cadavre
★ À maîtriser
Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort : les restes des personnes, y compris les cendres, doivent être traités avec respect, dignité et décence selon l’article 16-1-1 du Code civil.
Depuis la loi du 26 janvier 2016, le don d’organes repose sur une présomption de consentement, sauf opposition exprimée de son vivant dans le registre national ou par écrit auprès d’un proche.
Les deux modes de sépulture admis en droit français sont l’inhumation et la crémation, tandis que la congélation et la cryogénisation sont refusées.
La réserve héréditaire est la part des biens du défunt qui revient obligatoirement aux enfants, tandis que la quotité disponible est la part dont le défunt peut disposer librement.
La réserve héréditaire représente la moitié des biens avec un enfant, les deux tiers avec deux enfants et les trois quarts avec trois enfants ou plus, les parts étant ensuite réparties équitablement entre les enfants.
Compléments
📌 Lorsque le défunt n’a pas exprimé ses dernières volontés, la famille choisit entre l’inhumation et la crémation ; la violation volontaire de ces volontés est punie de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
📌 Un enfant peut être privé de succession s’il a commis une indignité successorale, notamment le meurtre de la personne dont il devait hériter.
Volonté du défunt, respect du cadavre, sépulture, transmission des biens
★ À maîtriser
📌 La cotité disponible permet de léguer librement ses biens à sa famille, à des amis ou à des associations, sous réserve du respect de l’ordre public.
Compléments
📌 Les personnes ne peuvent être enterrées que dans un cimetière ; les urnes cinéraires doivent également y être déposées, tandis que la dispersion des cendres en pleine nature est soumise à des règles de distance et est interdite dans les cours d’eau.
📌 Un enfant peut être exclu de la succession s’il est déclaré indigne, notamment lorsqu’il a tué la personne dont il devait hériter.
Réserve héréditaire imposée, cotité disponible libre
★ À maîtriser
Le suicide relève d’une liberté, tandis que l’euthanasie suppose qu’un tiers mette fin à la vie ou laisse mourir une personne ; la provocation au suicide constitue une infraction pénale.
L’euthanasie active consiste à accomplir un geste destiné à provoquer la mort, tandis que l’euthanasie passive consiste à ne pas empêcher un malade de mourir.
La loi Leonetti du 22 avril 2005 interdit au médecin de provoquer la mort, renforce les soins palliatifs et permet de respecter la volonté du patient qui souhaite arrêter les traitements, notamment pour éviter l’acharnement thérapeutique.
La loi Leonetti 2 du 2 février 2016 autorise, lorsque les soins sont arrêtés, une sédation profonde et continue jusqu’à la mort, sans consacrer pour autant un droit à mourir.
Pour un patient inconscient sans volonté connue, le médecin vérifie d’abord l’existence de directives anticipées, consulte ensuite la personne de confiance, puis la famille et les proches ; la décision finale appartient au médecin.
L’aide à mourir exige les conditions suivantes:
Compléments
📌 L’entrave à l’aide à mourir est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, tandis qu’une clause de conscience permet aux médecins et aux infirmiers de refuser d’y participer.
Suicide → euthanasie → soins palliatifs → aide à mourir
📌 L’absence correspond à une situation où une personne ne donne plus de nouvelles sans que son décès soit probable, tandis que la disparition concerne une personne dont les circonstances rendent le décès fort probable ou certain malgré l’absence de cadavre.
📌 La présomption d’absence exige que la personne ait cessé de paraître à son domicile et qu’elle ne donne plus de nouvelles ; le juge peut désigner un représentant pour administrer tout ou partie de ses biens.
📌 La déclaration d’absence fait présumer le décès et produit, après sa transmission à l’état civil, les effets du décès, notamment l’ouverture de la succession et la dissolution du mariage.
📌 Selon l’article 88 du Code civil, le décès peut être judiciairement déclaré lorsqu’une personne a disparu dans des circonstances mettant sa vie en danger et que son corps n’a pas été retrouvé, notamment lors d’un crash d’avion.
Absence : vie incertaine ; disparition : décès probable
★ À maîtriser
📌 La société poursuit un but lucratif et suppose un affectio societatis, tandis que l’association poursuit un but non lucratif.
Compléments
Société lucrative, association non lucrative
★ À maîtriser
📌 Une société acquiert la personnalité morale au moment de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés ; avant cette formalité, elle est dite en cours de formation.
📌 Une association acquiert la personnalité morale à la date de l’insertion au Journal officiel après déclaration en préfecture et dépôt de ses statuts ; une association non déclarée peut être licite mais ne peut pas agir en justice, signer des contrats ou avoir des droits et obligations.
📌 La personnalité morale d’une société dissoute subsiste pendant la liquidation de son patrimoine et prend fin à l’achèvement des opérations de liquidation.
Compléments
Contrat → publicité → personnalité morale → liquidation
📌 Selon la première chambre civile de la Cour de cassation, les personnes morales ne bénéficient pas du droit au respect de la vie privée, tandis que le Conseil d’État a reconnu ce droit dans un arrêt du 7 octobre 2022 concernant la Fondation Louis Vuitton.
Droits patrimoniaux communs, vie privée discutée
| Situation | Personnalité juridique | Effet principal |
|---|---|---|
| Enfant né vivant et viable | Acquise | Droits et obligations |
| Enfant né sans vie | Non acquise | Acte d’enfant sans vie à portée symbolique |
| Embryon ou fœtus | Non acquise | Protection juridique et droits conditionnels |
| Personne décédée | Perdue | Respect du cadavre et transmission successorale |
| Situation | Condition | Effet principal |
|---|---|---|
| Présomption d’absence | Plus de domicile ni nouvelles, sans danger établi | Personne présumée vivante |
| Déclaration d’absence | 10 ou 20 ans sans nouvelles selon le cas | Personne présumée morte |
| Disparition | Circonstances dangereuses ou décès certain sans corps | Décès judiciairement déclaré |
Teste tes connaissances sur Droit des personnes avec 45 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Quelle distinction fondamentale la summa divisio du droit civil établit-elle entre les personnes et les choses ?
2. Que désigne la personnalité juridique d’une personne ?
Mémorisez les concepts clés de Droit des personnes avec 85 flashcards interactives.
Quelle distinction fait la summa divisio du droit civil ?
Elle distingue les personnes des choses.
Qu'est-ce qu'une personne en droit civil ?
Un être qui jouit de la personnalité juridique.
À quoi dépend l'exercice effectif de la personnalité juridique ?
À la capacité juridique.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches